Friends of the Richelieu. A river. A passion.



"Tout cedit pays est fort uny, remply de forests, vignes & noyers. Aucuns Chrestiens n'estoient encores parvenus jusques en cedit lieu, que nous, qui eusmes assez de peine à monter le riviere à la rame. " Samuel de Champlain


"All this region is very level and full of forests, vines and butternut trees. No Christian has ever visited this land and we had all the misery of the world trying to paddle the river upstream." Samuel de Champlain

Wednesday, December 31, 2014

Bonne Année 2015!

Future politique énergétique - Un début de réflexion en toute discrétion


Article publié dans Le Devoir 31 décembre 2014 |Alexandre Shields

Le gouvernement Couillard a décidé de lancer en plein temps des Fêtes la réflexion devant mener à l’élaboration de la future politique énergétique du Québec. Cette annonce passée inaperçue revêt une importance certaine, puisque la politique à venir en 2015 influencera durablement l’avenir de la province.

Les libéraux, qui se sont fait élire en promettant de faire preuve de « transparence », ont lancé le 22 décembre le site Web consacré à la future politique énergétique du Québec, a constaté Le Devoir.

Même si cette annonce n’a fait l’objet d’aucune attention médiatique, il s’agit d’une étape importante en vue des travaux à venir au cours des prochains mois. Le site en question définit en effet « la démarche » du gouvernement, présente « les thèmes » abordés et explique comment les citoyens pourront participer aux consultations publiques.

Le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN) précise ainsi que pour mener à bien cette démarche « rigoureuse, rassembleuse et ambitieuse », trois tables rondes d’experts se tiendront d’ici mai. On ne révèle pas l’identité des experts choisis par le gouvernement Couillard. Le public pourra y assister, à condition de s’inscrire à l’avance. Chaque table ronde sera suivie, le soir même, d’une consultation publique. Les gens qui s’inscrivent au préalable pourront alors prendre la parole pour une durée de cinq minutes.

La première table ronde, intitulée « Efficacité et innovation énergétiques », doit d’ailleurs avoir lieu dès janvier. Québec ne précise toutefois pas la date. Celle portant sur les « énergies renouvelables » se tiendra en mars. La dernière, concernant les « hydrocarbures fossiles », aura lieu en mai.

Délais courts

Tout indique par ailleurs que les travaux des prochains mois seront particulièrement intensifs, alors que la politique énergétique 2016-2025 doit être prête pour l’automne 2015. Le gouvernement Couillard doit en effet inclure des « démarches complémentaires » au processus, dont l’évaluation environnementale stratégique (EES) sur les hydrocarbures et celle sur Anticosti.

L’EES sur les hydrocarbures doit inclure le gaz de schiste, le pétrole qui se trouverait en Gaspésie et celui du golfe du Saint-Laurent. Et dans le cas d’Anticosti, les travaux d’exploration ont pris beaucoup de retard. Seuls 6 des 18 forages prévus en 2014 ont pu être complétés. Les autres doivent l’être en 2015. Impossible cependant de connaître les délais, donc de savoir quand l’EES sera terminée.

Pour Sylvain Archambault, de la Coalition Saint-Laurent, les délais prévus pour la réalisation des EES sur les énergies fossiles sont tout simplement « irréalistes ». Il rappelle ainsi qu’uniquement dans le cas du golfe, l’EES menée par la firme Genivar à la demande des libéraux a nécessité plus de trois ans de travaux. Le gouvernement estime toutefois que toutes les EES seront complétées à l’automne 2015, à temps pour le dépôt d’un projet de loi censé encadrer l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures.

Le MERN a d’ailleurs profité du lancement du site sur la future politique énergétique pour publier les deux premiers « fascicules » faisant partie des cinq documents « d’aide à la réflexion ». Dans le premier, consacré aux « tendances mondiales et continentales », il explique le rôle qu’il entend donner aux EES. « Le but de ces études est de déterminer les conditions adéquates à mettre en place pour une exploitation responsable des hydrocarbures », affirme-t-il clairement.

Dans ce même fascicule de 55 pages, le gouvernement Couillard prédit que l’oléoduc 9B d’Enbridge fera couler 300 000 barils de brut de l’Ouest vers Montréal en 2015. Il estime du même coup que « tout le pétrole raffiné au Québec serait canadien ou américain d’ici à la fin de l’année » 2015. Or, l’autorisation de l’inversion du flux dans ce tuyau de 40 ans est toujours contestée par la Communauté métropolitaine de Montréal. Celle-ci redoute les risques pour les cours d’eau de la région, en plus de se questionner sur les mesures d’urgence en cas de déversement.

Rapport tabletté ?

En relançant la réflexion sur l’avenir énergétique, le gouvernement Couillard reprend en partie depuis le début le travail effectué l’an dernier par la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec mise sur pied par le Parti québécois.

Son rapport, intitulé « Maîtriser notre avenir énergétique », avait été dévoilé en février par Le Devoir. Fruit de consultations publiques et de l’analyse de plus de 460 mémoires, ce document de 310 pages proposait un virage très ambitieux dans notre façon de consommer l’énergie, un changement qui passerait par une réduction draconienne de notre dépendance aux énergies fossiles.

Selon les auteurs du rapport, Québec devrait aussi absolument revoir en profondeur la stratégie de développement d’Hydro-Québec et freiner les projets hydroélectriques, mais aussi l’éolien, qui font perdre des milliards de dollars à l’État. Au total, les pertes dues à tous les moyens de production d’électricité mis en service depuis 2008 s’élèvent à 1,2 milliard de dollars par année, selon la Commission sur les enjeux énergétiques. Elles doivent atteindre deux milliards en 2025.

À la lecture des premiers fascicules publiés par le MERN, le coprésident de la défunte commission, Normand Mousseau, estime toutefois que les principales conclusions de son rapport ont été mises de côté par les libéraux.

Selon lui, la question de l’approvisionnement énergétique, largement abordée dans le fascicule, ne pose pas de réel problème au Québec. Il estime plus urgent de se questionner concrètement sur les moyens qui seront nécessaires pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. « Il sera difficile, selon ce qu’on voit, d’atteindre nos objectifs de réduction pour 2020 », prévient-il. « Il faut aussi se demander ce qu’on doit faire avec les importants surplus d’Hydro-Québec et analyser les coûts et les bénéfices de toute éventuelle exploitation pétrolière. »

M. Mousseau souligne en outre l’idée d’élaborer une politique énergétique qui puisse se déployer sur plus de 10 ans, mais aussi de mettre en place une véritable structure de gouvernance des questions énergétiques. Il est également impératif de se doter de politiques d’efficacité énergétique ambitieuses. Selon M. Mousseau, le gouvernement devrait s’inspirer d’exemples tirés d’autres États pour mener à bien l’ensemble de ses réflexions.

Lien: http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/427947/future-politique-energetique-un-debut-de-reflexion-en-toute-discretion

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Future energy policy: reflection starts very discreetly

My translation of above article:

The Couillard government decided to chose the Christmas holidays to start reflecting about the development of Quebec's future energy policy. This unnoticed announcement is certainly important, because the future policy to come in 2015 will have influence on the long term the future of the province.

The Liberals, that got elected by promising "transparency", launched on December 22 the Website dedicated to the future energy policy of Quebec, Le Devoir has learned.

Even if this announcement did not get any media's attention, it is an important step leading to the work to come during the next few months. The Website indeed defines the government's "approach", presents the "topics" that will be discussed and explains how the citizens will be able to participate in the public consultations.

The Energy and Natural Resources Ministry (MERN) then explains that so the approach be "thorough, unifying and ambitious", three experts' round tables will be held before May. The identity of the experts chosen by the Couillard government remains unknown. The public will be able to attend, but under the condition that people register in advance. Each round table will be followed, on the same night, by a public consultation. The people who will have registered in advance will then be able to speak for only 5 minutes.

The first round table called "Energy efficiency and innovation" should take place in January. Quebec does not mention the date, though. The one about the "renewables" will be held in March. The last one about "fossil fuels" will take place in May.

Short deadlines

Everything suggests that the next few months will be particularly intense, because the energy policy 2016-2025 has to be ready for Fall 2015. The Couillard government must indeed include "complementary approaches" to the process, including a strategic environmental assessment (EES) of hydrocarbons and one about Anticosti.

The EES on hydrocarbons must include shale gas, the oil in the Gaspésie and in the Gulf of St. Lawrence. Regarding Anticosti, exploration work has already lagged behind. Only 6 out of the 18 planned drilling in 2014 have been completed. The others should be done in 2015. It is impossible to find out more about the delays, so impossible to know when the EES will be finished.

Sylvain Archambault from the St. Lawrence Coalition, the planned deadlines for the two EES on fossil fuels are simply "unrealistic". He mentions that in the gulf case, the EES done by the group Genivar ordered by the Liberals took more than 3 years work. The government projects that all the EES will be completed by the Fall of 2015, in time for the presentation of the Bill that should oversee the exploration and exploitation of hydrocarbons.

The MERN took advantage of the future energy policy Website launch to publish its first two "booklets" that will be part of the 5 documents "to help the reflection". In the first one, dedicated to "global and continental trends", it explains the role to be given to the EES. "The aim of these studies is to determine adequate conditions to be put in place for a responsible exploitation of hydrocarbons", it clearly states.

In the same booklet of 55 pages, the Couillard government predicts that the Enbridge 9B pipeline will transport 300,000 barrels of crude from the West towards Montreal in 2015. It also estimates that "all the oil refined in Quebec would be Canadian or American by the end of the year" 2015. But the authorization for the inversion of this 40 year old pipeline is still challenged by the Montreal Metropolitan Community (of which Richelieu is part of). This group fears for the risks to the watercourses of the region, an also questions the emergency measures in case of a spill.

Ignored report?

By bringing up once more a reflection on our energy future, the Couillard government is going partly back to square one after all the work done last year by the Commission sur les enjeux énergétiques du Québec initiated by the Parti Québécois.

It's report, titled "Maîtriser notre avenir énergétique", had been made public last February by Le Devoir. The results of public consultations and the analysis of more than 460 commentaries, this 310 page document had proposed a very ambitious change of our energy consumption ways, a change that would include a draconian reduction of our dependence on fossil fuels.

As per the authors of the report, Quebec should also absolutely revise thoroughly the development strategy of Hydro-Quebec and put a stop to the hydro-electric projects, and also the wind projects that costs billions of dollars for the State. In total, losses because of all the electricity production projects put in place since 2008 come up to 1,2 billion dollars a year, says the Commission sur les enjeux énergétiques. These losses should come up to 2 billion by 2025.

After reading the first pamphlets published by the MERN, the co-president of the ex-commission, Normand Mousseau, thinks that the principal conclusions of his report were put aside by the Liberals.

He thinks that the question of energy supplies, very much covered by the pamphlet, is not a real problem for Quebec. He thinks it is more urgent to really question the ways that will be required to reduce our greenhouse gases emissions. "It will be difficult, by what we can observe, to attain our objectives of reduction for 2020", he warns. "We must also asks ourselves what must be done with the big surpluses of Hydro-Quebec and analyse the costs and benefits of any eventual oil exploitation."

Mr Mousseau mentions the idea of elaborating an energy policy that could cover more than 10 years, and also put in place a real government structure over ambitious energy efficiency. As per Mr Mousseau, the government should inspire itself from examples taken from other states to better reflect on its options.

Tuesday, December 30, 2014

Mégaporcherie en Beauce: des citoyens s'opposent



La venue d’une porcherie de 2000 bêtes d’engraissement, ainsi que d’un lieu d’entreposage des lisiers, est loin de faire l’unanimité au Village de Saint-Alfred et dans les environs. Déjà, un regroupement de citoyens met tout en œuvre pour retarder le projet qui soulève la grogne.

L’établissement, une initiative d’entrepreneurs de Saint-Jules, serait situé sur le 1er Rang entre le rang Sainte-Marie et Saint-Étienne. Un groupe d’opposition, ainsi que les voisins immédiats qui s’inquiètent du bruit, du trafic, de l’odeur et de l’impact qu’un tel établissement aurait sur les cours d’eau environnants, demande aux instances politiques de retarder le processus afin de réviser la localisation de la porcherie.

Cependant, la compagnie qui souhaite exploiter un tel type d’industrie à Saint-Alfred rencontre toutes les normes environnementales. Le conseil municipal, qui ne peut empêcher un tel projet, est toutefois en pouvoir d’imposer des restrictions visant le bien-être des citoyens avant de délivrer le permis de construction. Un comité a été mis sur pied à cet égard.

À la suite de la consultation publique qui a eu lieu récemment, les opposants au projet déplorent que les promoteurs souhaitent utiliser une technologie dépassée à base de liquide à épandre dans le bassin versant près du Lac Fortin plutôt que d’utiliser la technique dite de « litière ». Selon ces derniers, cette façon de procéder serait plus respectueuse de l’environnement.

Rappelons que le Village croit en population depuis quelques années en mettant de l’avant une stratégie visant à attirer de nouvelles familles sur son territoire. De plus, au sein de cette municipalité comptant environ 500 habitants, un projet de développement domiciliaire autour du Lac Rond prend peu à peu de l’envergure. Dans la MRC Robert-Cliche, Saint-Alfred connaît un des plus forts taux de croissance en population. Ainsi, pour plusieurs, il devient primordial que les conseillers et le maire fassent tout en leur pouvoir pour imposer des mesures strictes aux instigateurs du projet, non pas pour nuire à l’entreprise, mais pour conserver les acquis et poursuivre dans la voie du développement.

Bien que la venue d’une porcherie puisse en inquiéter plus qu’un, un rapport environnemental se veut rassurant pour les citoyens de Saint-Alfred, mais moins pour Saint-Victor et Saint-Jules, alors que les vents dominants seraient majoritairement poussés vers ces deux municipalités.

Outre les voisins immédiats où seront érigées les installations, la venue d’une porcherie inquiète principalement en ce qui a trait au Lac Fortin. Entre autres, ce dernier, étant situé à proximité de la future porcherie, s’avère une prise d’eau potable importante pour la Ville de Beauceville. Récemment, le maire Luc Provençal a d’ailleurs fait valoir ses inquiétudes dans les médias à cet effet.

Les citoyens pourront en connaître davantage sur le développement du projet de la porcherie à Saint-Alfred alors qu’il y aura séance du conseil le 19 janvier prochain à 20 h. Pour l’occasion, les élus adopteront les restrictions qui seront imposées à l’entreprise afin d’octroyer le permis de construction.

Lien: http://www.enbeauce.com/actualites/politique/206265/le-projet-de-porcherie-a-saint-alfred-souleve-bien-des-doutes

Saturday, December 27, 2014

Boule Noire 1978 - 1994

BouBou vers l'âge de 14 ans.

Ma belle-soeur d'alors m'arrive un jour avec deux chatons de la même portée: une chatte toute noire, très timide, et son frère orange tigré, maître des lieux dès les premiers instants.

Mon mari et moi vivions dans un deuxième loué sur le bord de la rivière Richelieu, à la hauteur du barrage de Chambly. Les animaux étaient interdits, selon le bail que nous avions signé, mais qui peut refuser deux mignons chatons à sa belle-soeur?

Bien vite, je me rendis compte que le frère chassait sa soeur de la nourriture, du bol d'eau, de la litière, et elle se laissait faire. Elle n'aurait pas fait long feu dans une fourrière, alors c'est lui qui a abouti à la SPCA. La petite faisait une boule toute noire quand elle dormait, et c'était la montée de Boule Noire, alors c'est ainsi que je l'ai appelée. Mais dans la vie de tous les jours, elle répondait à l'appel: "BouBou!".

Je n'avais jamais rencontré un chat si peu sûr de lui-même. Je suis devenue sa mère, lui montrant des jeux, l'emmenant dans mon panier en bicycle, la promenant sur la propriété attachée à une corde. Mon mari d'alors était convaincu que les chats étaient stupides, mais en la voyant quérir la petite chaine que je lui lançais qu'elle me rapportait aussitôt, il s'est bien rendu compte qu'un chat est aussi intelligent que son maître veut lui permettre.

Je ne veux pas dire que sa vie a été facile: je travaillais alors, et je n'étais pas toujours là pour elle. J'ai perdu patience avec elle quelque fois, et je le regrette encore. Elle est déménagée avec moi dans ma nouvelle maison, a vécu mon divorce, mon temps seule à la maison, l'invasion d'un nouvel homme dans ma vie avec ses deux chattes à lui beaucoup plus âgées qu'elle. Ses deux compagnes mortes de vieillesse, elle semblait s'ennuyer, alors j'ai été chercher une soeur et un frère de 8 semaines, Molly et Paddy, pour lui tenir compagnie. Elle a fini la vie les pattes soudées par la vieillesse: à la fin, elle pouvait à peine monter sur le divan pour dormir, et se limitait à se glisser sur le plancher pour faire ses besoins. Après plusieurs semaines à couvrir les planchers de plastiques et tout nettoyer au retour du travail, j'ai dû me résigner à la faire endormir. Elle était encore si belle!

Toute noire, un regard perçant, les personnes qui ne la connaissaient pas lui trouvaient un air méchant, mais elle était d'une patience d'ange.

Elle est enterrée au fond du jardin, sous l'amélanchier, tout près de son ancienne amie et partenaire de jeu La Fouine (FouFouinne).

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

BooBoo came to me long before the Internet. My sister-in-law at the time shows up one day with two kittens from the same litter: a shy female all black one and her very outgoing orange tiger brother who bossed her around too much.

My husband and I lived on the second story of a once one family home right by the Richelieu River, right by the Barrage de Chambly icebreaker. The lease did have a clause that banned pets, but who can say no to 2 kittens from a sister-in-law?

I quickly realized that life would be impossible for the little black one with a brother that kept her out of the water bowl, the food and the litter box. She never challenged him and always backed away. I knew she would never make it in a shelter, and both of us at work during the day, her life would have been impossible with her brother around, so he is the one that was sent to the SPCA.

When she slept, she made this perfect little black ball of fur, so I called her Boule Noire, and also because this black French speaking singer was making the hit-parade in Quebec at the time. But in every day life, she answered to the call of "BooBoo!".

I had never seen a cat such unsure of herself. I became her mother, and showed her all kinds of tricks, brought her on bicycle rides in my basket, walked her on a leash. My husband thought that cats were stupid, until he saw her play fetch.

I won't say that she always had it easy: I was often away at work, and was not always there for her. I lost my temper with her a couple of times, and still regret it. She moved with me to my new house, went through my divorce with me, my time alone at home, the invasion of a new spouse and his 2 older cats. When the 2 cats died of old age, she seemed to miss them, so I went and picked up two siblings: Molly and Paddy, 8 weeks old. But she did not have much longer to live: her legs seemed to no longer work for her, and at some point, she barely could climb the sofa to sleep, and just slid off to urinate and defecate on the floor. After many weeks of covering the floors with plastic sheets and cleaning up coming back from work, I had to put her down. But she was still so beautiful!

Very black, with a piercing gaze, those that did not know her thought she looked nasty, but she had the patience of an angel.

She was put to rest beside her friend and play companion La Fouine (FouFouinne) in the back garden, under the Serviceberry.



Monday, December 22, 2014

Le gaz de schiste, c'est vendre son âme au diable



Témoignage du citoyen Randy Heater, évacué de Sardis, en Ohio, suite à une fuite, en parlant de l'exploitation du gaz de schiste par fracturations hydrauliques: "Je crois que l'affaire n'en vaut pas la peine. J'en étais persuadé dès le début. Je sens que la vallée a vendu son âme au diable."

~~~~~~~~~~~~~~~~

For Heater, the jobs and money that oil and gas create don’t come close to outweighing the risks.

“I don’t think the trade-off is worth it. I haven’t thought that from the beginning,” he said. “ I feel like the valley sold its soul to the devil.”

Link: http://www.dispatch.com/content/stories/local/2014/12/22/evacuated-families-await-answers-on-gas-leak.html

Sunday, December 21, 2014

Saturday, December 20, 2014

Gaspésie: les forages se poursuivent



Par: Thierry Haroun le mercredi, 17 décembre 2014



Le forage exploratoire Haldimand 4 de Pétrolia à Sandy Beach avance rondement.

Au moment de notre passage sur les lieux, la foreuse du sous-traitant, Precision Drilling, était en pleine action et avait atteint 696 mètres de profondeur. L'expert de Pétrolia, Pierre Houle, a précisé aux journalistes invités, que le forage, qui se poursuit en continue, soit 24 heures par jour avec deux équipes qui se relaient aux 12 heures, pourrait atteindre deux kilomètres.

La valeur total des équipements situés sur le chantier est estimé à plus de 20 millions de dollars. Environ 300 mètres cubes d'eau sont nécessaires pour effecteur les travaux. Vingt-cinq personne y travaillent, principalement en provenance de Calgary. Le forage qui a débuté le 26 novembre devrait être complété vers le 10 janvier prochain. Le potentiel exploitable est évalué à sept million de barils. Les retombées économiques dans la région sont évaluées à quelque 1,5 millions de dollars, a fait valoir la porte-parole de la pétrolière, Marie-Claude Costisella, en point de presse.

Lien: http://www.radiochnc.com/nouvelles/item/p%C3%A9trolia-les-travaux-se-poursuivent.html

Complément d'information:

Haldimand numéro 4 : visite du site et problème de communication

Les relations sont tendues entre Pétrolia et des membres de la presse. La compagnie avait invité les journalistes mardi à visiter le site du puits Haldimand numéro 4. Mais, une fois sur place, l'ingénieur qui est responsable du forage n'était pas autorisé à répondre aux questions des journalistes de la télévision.

Lien: http://ici.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2014/12/16/016-gaspe-haldimand-numero-quatre-petrolia-forage.shtml

Note personnelle: Les médias n'ont pas pu filmer ni questionner l'ingénieur après sa présentation d'une heure. Seule la porte-parole de la compagnie avait la permission de répondre aux médias filmés après la présentation. Il semblerait que le forage se fera horizontalement vers les puits Haldimand 1 et 2. Impossible de savoir quand commencera le pompage de la ressource.

Aussi, il faut savoir que Junex a réussi à sortir 101 barils de pétrole de son puits Galt #4 dernièrement en retirant le reflux du forage. La compagnie prévoit pomper la ressource au printemps prochain.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
The drilling is on in Gaspé

My translation of above article:

The exploratory drilling of Haldimand 4 by Petrolia at Sandy Beach is forging ahead.

On our visit on site, Precision Drilling, the sub-contractor drillers, was in full action and had reached 696 meters deep. Pierre Houle, Petrolia's expert, said to the invited journalists that the drilling is going on 24 hours a day on 12 hour shifts and could drill for 2 kilometers.

The total value of the equipment on site is estimated at 20 million dollars. About 300 cubic meters of water is needed to do this work. Twenty-five people work there and most of them come from Calgary. The drilling started November 26 and should be done by January 10. The potential production is estimated at 7 million barrels. Economic downfall in the region is estimated at about $1,5 million dollars says Marie-Claude Costisella, spokesperson of the oil company, during the media briefing.

More information:

Haldimand #4: visit on site and communication problems

Relations are tense between Petrolia and the media. The company had invited journalists Tuesday to visit the well pad of Haldimand #4. But once on site, the engineer in charge of the drilling was not authorized to answer questions from the TV journalists.

Journalists were not able to question and film the engineer after his one hour presentation. Only the spokesperson had the authorization to answer questions from the TV media after his presentation. It seems that the horizontal drilling will be done in the direction of Haldimand #1 and #2. Impossible to find out when extraction pumping will start.

Also, Junex was able to extract 101 barrels of oil while pumping out drilling fluids from its Galt #4 well recently. It plans to start pumping next spring.


Friday, December 19, 2014

It was so full I could no longer move



You were filling up my home till there was no more room left for me. I was slowly suffocating from all the things that you kept buying and bringing from elsewhere, never throwing anything away, even when it was run down, broken or useless.

Now, I am slowly taking back control of my life and of my space: slowly, I'm emptying one room after another, throwing the useless and the broken and the grime away. And slowly I can breathe again. I can find my way in my things again. Slowly, I am pushing back what you would consider useful into corners, into rooms, into spaces that I will have to deal with later.

But for now, one room after another, I am taking back what was unreachable and unenjoyable because of all the stuff that was in the way. One room after another, I am going back down to the rafters, to the subfloor, until I can finish that room till it is completely done. Completely done, easy to clean, easy to enjoy, easy on the eyes.

One room after another, I am taking my life back, so I can enjoy what I have and from there, move forward.

La réalité et les faits sont têtus - c'est pour cela qu'ils finissent par s'imposer.



La réalité et les faits sont têtus. On peut les ignorer, les masquer, les décrire en les déformant, tenter de les contourner, on peut tout faire, ils restent là tels quels, indépendamment de ce qu'on tente de faire avec. Ils sont très têtus et c'est là une force absolument unique qui résiste à tout. Et qu'on peut exploiter.

Dans le dossier du gaz de schiste, dès le début (en novembre 2010 pour moi, mais d'autres étaient déjà actifs bien avant) des faits ont été perçus, de façon floue initialement, intuitivement sans doute chez des personnes clairvoyantes. J'ai alors commencé bien timidement, isolément à fouiller un peu autour de quelques réalités qui pointaient au travers du sol et qui commençaient à devenir progressivement très apparentes. Nous sommes devenus plusieurs à creuser, chacun avec ses outils, chacun avec son expertise propre. La réalité des faits autour de cette proposition d'industrie des gaz de schiste nous a guidé pour déterrer une à une plusieurs évidences.

Nous avons commencé à écrire des textes, des mémoires, des lettres aux ministres. Pas facile de réussir à emmener ces gens à voir les réalités qu'on avait déterrées, dégagées sur le terrain. Il y avait déjà beaucoup de personnes qui grenouillaient autour des gens de pouvoir pour leur montrer d'autres images; des images embellies d'où dégoulinait des dollars et des promesses de richesses. Les dirigeants pensaient n'avoir plus besoin de se déplacer pour venir s'informer sur le terrain: les lobbyistes leur commenteraient le sujet à partir de belles images. Des commissions d'études stratégiques commandaient des modélisations des phénomènes en cause; la commande des études était bien dirigée, bien stratégique justement car le lobby y était présent là aussi. On a produit des modèles qui donnait d'aussi aussi belles images que celles présentées par les lobbyistes. Ça devait donc être vrai toutes ces belles richesses qu'on pouvait avoir simplement en fracturant tout sous nos pieds.

On a continué de notre côté à déterrer, à dégager, à fouiller plus en détails les faits et la réalité. On a fait des conférences, des vidéos de vulgarisation sur cette réalité. On a persévéré sachant que les faits sont têtus; qu'il fallait certes sans cesse revenir sur eux, les rappeler les montrer tels qu'ils sont au plus grand nombre. Ce plus grand nombre est devenu vraiment très grand. On appelle ça maintenant l'acceptabilité sociale; c'est aussi une réalité. Les promoteurs pensaient pouvoir gérer celle-ci avec leurs outils usuels: les firmes de relations publiques. L'opinion publique ça se manipule et les oppositions ça se résorbe quand c'est bien géré pouvaient-ils croire. Mais cela n'a pas fonctionné comme ils l'avaient espéré; plus le temps passait, plus l'acceptabilité sociale diminuait. Les citoyens s'informaient de plus en plus et leur opposition grandissait encore plus.

Le marketing, ça marche mieux avec des boites de lessives qu'avec des tentatives de lessiver les cerveaux. L'industrie se payait comme beaux parleurs des personnalités; pas des experts si on en juge par ce qu'ils racontaient comme balivernes. C'était ce que la stratégie marketing avait conseillé: payer des personnalités prestigieuses pour détourner l'attention des faits. Talisman Energy de Calgary, le plus gros joueur s'était même payé un ancien premier ministre. La stratégie marketing a du être changée à quelques reprises vu ses insuccès manifestes.

Puis sous la pression populaire, sous la nécessité devenue incontournable, le gouvernement a confié au BAPE le soin de vider la question. Les citoyens et les experts indépendants ont alors enfin pu présenter les faits tels qu'ils les ont vécus, trouvés, déterrés. Les commissaires du BAPE ont consigné ces faits dans un rapport qui traite à la fois des études et visions des promoteurs (rapports gouvernementaux et mémoires de l'industrie) ainsi que des mémoires apportés par les opposants. En tranchant entre ces deux positions, les commissaires du BAPE ont fait un remarquable travail qui a permis enfin de nommer, décrire, analyser les faits perçus initialement il y a quatre ans.

Heureusement que les faits ont été têtus, qu'ils soient demeurés indestructibles. Plusieurs mensonges ne résistent jamais devant une vérité quand ils sont enfin placés côte-à-côte.

Merci au BAPE pour ce merveilleux cadeau de Noël.

Merci à tous ceux qui ont travaillé sans jamais douter de ce simple adage: "les faits sont têtus - il suffit d'y tenir et de les ramener sans cesse en avant-plan".

Signé: Marc Durand, Doct-ing en géologie appliquée et géotechnique

Lien: http://rochemere.blogspot.ca/2014/12/la-realite-et-les-faits-sont-tetus-cest.html

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Reality and facts are stubborn: that is why they always come through.

This is my translation of above opinion piece:

Reality and facts are stubborn. We can ignore them, mask them, describe them while deforming them, try to avoid them, we can do all that, but they remain there, as they were, no matter what we try to do with them. They are very stubborn, and that is an absolute unique force that resists everything. And that we can use.

In the shale gas file, ever since the beginning (that is November 2010 for me, but others where very much active much earlier than that) facts were observed, vaguely at first, intuitively no doubt by clairvoyant persons. That is when I slowly started, all by myself, to dig around a bit everywhere around a few realities that pocked through the ground and were starting to become progressively more and more apparent. We had become many to dig up, each with our own tools, each one of us with our own expertise. The reality of facts of this shale gas industry's proposition guided us to dig up one by one many evident facts.

We started to write some texts, papers, letters to the ministers. Not easy to bring these people to see the reality we had succeeded to dig up, cleared up on site. There were already a lot of people who moved around persons in power to show them other pictures: spruced up pictures from which money dripped with promises of more wealth. People in power thought they did not need to go out on site to get information any more: lobbyists would bring them reality with nice pictures. Commissions of strategic studies ordered models of phenomenas; the order of studies was well directed, strategically also because the lobby was also there. Models were produced that also gave nice pictures, as nice as those given by the lobbyists. They concluded it must all be true, all this wealth that would come simply by fracking under our feet.

As for us, we continued to dig up, dig out, rummage through to get more details of facts and reality. We did conferences, videos to make this reality more people friendly. We persevered, knowing that facts are stubborn; knowing that we had to return again and again to facts, to recall them, to show them like they really are to as much people as possible. This greater number has really become very big. Now, we call it social license, social acceptability; that is also a reality. Promoters thought they could manage this with their usual tools: public relations firms. Public opinion can be manipulated, and opposition can be curbed when it is well managed, or so they thought. But it did not work like they hoped it would; as time went by, social acceptability was going down. Citizens were more and more informed, and their opposition kept growing.

Marketing works better with laundry soap than with brain washing. The industry paid nice talking personalities; not experts judging by the unbelievable stuff they kept repeating. That is what the marketing strategy had advised them: pay well-known personalities to distract their attention from the facts. Talisman Energy from Calgary, the biggest player, had even bought itself an ex-PM. The marketing strategy had to be changed a few times because of obvious and many failures.

Then, under popular pressure, under the necessity that became unavoidable, the government gave the BAPE the job of digging up the question. The citizens and the independent experts then finally were able to present the facts as they lived them, as they found them, as they dug them up. The BAPE commissioners put down those facts in a report that covers the studies as well as the vision of the promoters (government reports and industry papers) as well as the papers presented by the opposition. By ruling between these two positions, the BAPE commissioners did a remarkable job that allowed, at last, to describe, to analyse the perceived facts of four years ago initially.

Thankfully, facts have been stubborn, and have remained indestructible. Many lies never resist confronted with the truth when they are put side by side.

Thank you, the BAPE, for this marvellous Christmas gift.

Thank you, all of you that worked without never doubting this simple saying: "facts are stubborn - just hold on to them and forever bring them up front".`

Signed: Marc Durand, Doctor-Engineer in Applied Geology and geo-technique

Thursday, December 18, 2014

Ma chronologie sur la mobilisation contre le gaz de schiste au Québec



Encore une fois, je crois qu'une petite mise au point est nécessaire.

C'est sûr que vers la fin de l'an 2009, seule, je n'aurais pas pu faire retentir la sonnette d'alarme et me faire entendre pour prévenir le Québec des effets néfastes de la fracturation hydraulique: l'AQLPA, avec son communiqué de presse de septembre 2009, entrait officiellement dans la bataille (et non pas en 2008).

Tout le long de l'an 2008, je voyais des reportages et des luttes citoyennes aux États-Unis qui laissaient voir un désastre déjà bien enclenché. J'ai vite compris, après avoir passé au peigne fin les articles, les rapports et les sites Web des groupes environnementaux de langue francophone, que je devais faire une analyse brève, mais qui couvrait les problèmes principaux du fracking, et je devais le faire avec une documentation irréprochable pour qu'on ne m'accuse pas d'émotivité. Un de mes problèmes était que je ne trouvais pas de traduction officielle pour "hydraulic fracturing", ni pour "fracking". J'ai pris une chance avec "fracturation hydraulique".

Une fois mon analyse rédigée, j'ai profité de l'expérience et des talents éditoriaux de la journaliste Denise Proulx qui a peaufiné mon texte et l'a publié sur son site GaïaPresse le 10 février 2009.

Lien: http://gaiapresse.ca/analyses/que-savons-nous-de-la-fracturation-hydraulique-88.html

Avec quelques changements mineurs, mon analyse a aussi été publiée dans le livre virtuel de MCN21 (Maître Chez Nous) en mars 2009, un collectif colligé grâce au travail, entre autres, de Daniel Breton et Kim Cornelissen.

Bientôt, un groupe de citoyens de Saint-Marc-sur-Richelieu entrait dans la danse, et nous a nourri avec d'excellentes documentations que j'aidais à étoffer avec d'autres recherchistes.

Lien: http://mobilisationgazdeschiste.blogspot.ca/

Un résumé de mes démarches se trouve aussi sur une autre entrée de blog ici: http://lesamisdurichelieu.blogspot.ca/2010/04/danger-gaz-de-schiste.html

D'autres étapes remarquables de mon cheminement sont le lancement de mon blog en décembre 2009, grâce auquel j'ai pu traduire et faire connaître des études et des rapports sur le gaz de schiste et la fracturation hydraulique.

Cherchant des photos pour illustrer mes entrées de blog, j'ai trouvé l'excellent travail de Will Koop en Colombie-Britannique. Après avoir traduit en français certains de ses textes, j'ai entré en communication avec lui pour avoir la permission de reproduire des photos qu'il avait prises dans les champs d'exploitation du nord-est de sa province. Constatant le sérieux de mon travail, il m'accorda la permission d'utiliser son travail, et me demanda de traduire certains de ses textes.

Lien: http://www.bctwa.org/FrackingBC.html

C'est Will Koop qui me mit en contact avec Jessica Ernst, qui cherchait un bénévole de confiance pour traduire ses communiqués de presse en français.

Lien: http://www.ernstversusencana.ca/

Revue de presse sur le gaz de schiste en Amérique du Nord

Et la revue de presse? me demandez-vous. Comment cela a-t-il commencé?

Hé bien, au début, quelques personnes ont exprimé le désir d'être tenues au courant des résultats de mes recherches sur la Toile. La plupart des Francophones, je résumais ce que je trouvais en une phrase et fournissait le lien, et cela au fur à mesure que je trouvais quelque chose d'intéressant et ou de nouveau.

Mais je me suis vite rendue compte que j'envoyais plusieurs courriels par jour, et que ma liste de personnes intéressées allongeait à chaque semaine, au fur à mesure que la nouvelle se propageait.

Alors le 10 août 2010, j'ai décidé que j'accumulerais les liens et que j'enverrais un courriel par jour seulement. Bientôt, je divisais ce qu'on a finalement donné le nom de "revue de presse" en trois:

Première partie: les nouvelles au Canada. Les nouvelles générales en premier, ensuite le Québec, ensuite les autres provinces d'est en ouest.

Deuxième partie: les nouvelles trouvées sur des sites Web et blogues. J'ai vite constaté qu'il y avait plusieurs personnes fiables et consciencieuses, surtout aux États-Unis, qui faisaient un peu la même chose que moi.

Troisième partie: les nouvelles aux États-Unis. Nouvelles générales au début, ensuite état par état, en commençant par les états du nord-est, descendant vers le sud, ensuite vers l'ouest.

Alors chaque lien était présenté ainsi: l'origine (pays, province ou état), un résumé du sujet de l'article ou de l'étude, et le lien pour consulter l'article en question.

Bientôt, il y avait tellement de nouvelles à partager que je décida de me limiter aux impacts sur la santé, l'environnement, et le milieu social. Je me limitais aussi à l'Amérique du Nord: il y avait amplement de quoi à se mettre sur la dent ici.

Pendant trois ans et demi, je me suis levée entre 4 et 5 heures du matin pour travailler environ 3 heures, déjeuner, distribuer ma revue de presse par courriel, et ensuite travailler encore quelques heures pour préparer le courriel du lendemain.

La liste de personnes qui recevaient ma revue de presse comptait plusieurs centaines de citoyens, scientifiques, élus municipaux et provinciaux, journalistes et membres dans des groupes environnementaux. Deux sites se sont mis à archiver ma revue de presse: Gaïapresse et Souffle Court (que je ne trouve plus).

The rest, as they say, is history...

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

My timeline of shale gas in French Quebec

I think that it's time once more for me to clear things up.

It is obvious that near the end of 2009, I could not have sounded the alarm and made myself heard by the people in my province to warn them about the risks of fracking all by myself: the environmental group AQLPA, with its press release in September 2009, officially joined the fray (and not in 2008).

All through 2008, I picked up a few articles and Websites in the US that clearly showed the controversial practice was disastrous. And I quickly found out after going through French media, reports and Websites of French-speaking environmental groups, that I had to whip up a clear, short but very accurate summary of the problems of fracking in French, back it up with irreproachable references, and make it known at large, fast!

One of my problems is that I could not find an official French translation for "hydraulic fracturing", never mind the kinky term "fracking"! I just went ahead with "fracturation hydraulique", and it stuck. At the time, the French media was still stuck in the debate of the options between "shale" or "schiste". The method used to extract fossil fuels out of bedrock was ignored completely at the time in my mostly French speaking province of Quebec.

All through the winter of 2008-2009, even through the Christmas holidays, I worked on my analysis of the file with the help of the talented environmental independent journalist Denise Proulx who was launching a Website on French environmental news called GaïaPresse. She polished my text and finally published it on February 10 2009 on her site.

Link: http://gaiapresse.ca/analyses/que-savons-nous-de-la-fracturation-hydraulique-88.html

After a few minor changes, my analysis was also published in the virtual book published by an alternative energy-environmental group called MCN21 in March 2009, a collective put together mostly by Daniel Breton and Kim Cornelissen, two well known people in the environmental arena.

Soon, a group of citizens of Saint-Marc-sur-Richelieu, people I had proudly battled alongside with to fight industrial pigfarms in the past. These dedicated citizens provided us with excellent documentation on line that I gladly fed more info as it came along, some of which I translated in French to ease their work, along with other volunteer researchers.

Link: http://mobilisationgazdeschiste.blogspot.ca/

I've also documented some of my work about this time in another blog entry here: http://lesamisdurichelieu.blogspot.ca/2010/04/danger-gaz-de-schiste.html

Other remarkable events in my timeline would be the launching of my blog in December 2009, something I did to help me spread the information around in both French and English by translating and featuring studies and reports on shale gas and fracking.

Beleiving in the power of photographs to make my blog entries more palatable, after searching the Web far and wide, I came across the excellent work of Will Koop in B.-C. After I translated in French some of his work, I emailed him to get his OK to use some of the photographs he took over the shale field in northern B.-C.. He agreed, let me use his photos and asked me to do a few translations in return.

Link: http://www.bctwa.org/FrackingBC.html

Will Koop is the one that connected me with Jessica Ernst who was looking for a reliable volunteer to translate some of her press releases to be posted on her own Website.

Link: http://www.ernstversusencana.ca/

The rest, as they say, is history...

Wednesday, December 17, 2014

Gaz de schiste: Un rapport implacable



Les avantages pour le Québec ne sont pas démontrés, selon le BAPE

Article publié dans Le Devoir le 16 décembre 2014 |Alexandre Shields

S’il laisse l’industrie du gaz de schiste s’implanter ici, le Québec s’exposera à de sérieux risques pour la santé des citoyens, l’environnement et même l’économie, constate le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE). Tout cela alors que les bénéfices de la filière fossile ne sont pas démontrés et que l’acceptabilité sociale n’est pas au rendez-vous.

Le rapport publié lundi conclut que les avantages tant vantés par le lobby gazier apparaissent pour le moins incertains, pour ne pas dire improbables. C’est d’ailleurs ce qui a fait dire aux groupes environnementaux que ce document de 500 pages constitue le dernier clou dans le cercueil d’une industrie très controversée au Québec.

Les commissaires du BAPE insistent ainsi sur « l’ampleur des impacts potentiels associés aux activités de l’industrie du gaz de schiste dans un milieu aussi peuplé et aussi sensible que les basses-terres du Saint-Laurent ».

La liste des impacts redoutés pour les communautés qui devraient vivre dans les secteurs exploités est d’ailleurs longue : « détérioration de la qualité de l’air, augmentation du bruit, de la circulation routière et de la pollution lumineuse, diminution de la valeur des propriétés situées à proximité des plateformes de forage, impacts sur les paysages, risques d’accidents technologiques, impacts sociaux et impacts sur la santé ».

Les activités de l’industrie pourraient également entraîner des conséquences sur la qualité de l’environnement, « en particulier sur la qualité des eaux de surface et des eaux souterraines, sur les aires protégées et les milieux humides, et entraîner la fragmentation des milieux forestiers ».

Le BAPE constate du même coup qu’on connaît mal le sous-sol des zones où seraient forés les puits gaziers. Or, ces connaissances sont essentielles pour évaluer « d’éventuelles voies de migration des contaminants vers les aquifères ». Quant aux sources d’eaux de surface, elles pourraient subir des ponctions susceptibles de menacer leur intégrité.

Gaz à effet de serre

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) associées aux activités de l’industrie alourdiraient en outre le bilan québécois. En cas de développement majeur, on évoque une hausse de 23,2 % des émissions de GES du Québec. Les fuites de méthane survenant après la fermeture des puits seraient particulièrement problématiques, selon le BAPE. « Elles pourraient contribuer de façon importante à l’émission de GES dans la mesure où seulement 15 % à 20 % du gaz aurait été extrait à la fermeture du puits. »

Qui plus est, les commissaires ont constaté que l’industrie n’a toujours pas démontré sa capacité à assurer l’intégrité à long terme des puits forés. Cette réalité vaut aussi pour les autorités gouvernementales. Dans le cas du Québec, 20 des 31 puits de gaz de schiste forés au cours des dernières ont laissé fuir du méthane, un GES beaucoup plus puissant que le CO2.

La situation pourrait devenir sérieuse en cas de développement commercial majeur. Les contribuables risqueraient un jour d’être obligés d’assumer les coûts du « passif environnemental » que représenteront les puits orphelins. Or, ceux-ci pourraient s’avérer nombreux. Selon les scénarios évoqués, entre 1000 et 9000 puits de gaz de schiste pourraient être forés sur une période de 10 à 20 ans.

Non rentable

À plus court terme, « la présence des activités d’exploration pourrait entraîner des effets négatifs sur certains secteurs économiques des régions d’accueil, tels que les secteurs agricole, touristique et agrotouristique ».

Pire, l’industrie s’avérerait tout simplement non rentable pour le Québec. « Avec les prix du gaz naturel actuels et projetés, les redevances et les autres avantages financiers perçus par le Québec seraient insuffisants pour compenser les coûts et les externalités pour la société et l’environnement ou pour assurer la rentabilité de l’industrie », analyse le BAPE.

Même si le prix du gaz atteignait un niveau permettant d’assurer la rentabilité de l’industrie, « il n’est pas démontré que l’exploitation du gaz de schiste serait avantageuse pour le Québec en raison de l’ampleur des coûts et des externalités potentiels par rapport aux redevances qui seraient perçues par le gouvernement ». Quant au gaz produit, il serait destiné en bonne partie à l’exportation.

Au-delà des constats sévères sur les impacts potentiels pour la santé humaine, l’environnement et les finances publiques, le rapport répète aussi que l’acceptabilité sociale est « loin d’être acquise ». Le « manque de transparence » des gazières serait notamment en cause, de même que la « perte de confiance » envers les autorités gouvernementales.

Ce sont les libéraux qui ont accordé la quasi-totalité des permis d’exploration dans la vallée du Saint-Laurent, et ce, entre 2006 et 2010. L’industrie s’est alors lancée dans des projets d’exploration, et ce, avant même la tenue d’une évaluation environnementale. Devant le tollé, le gouvernement Charest a finalement mandaté le BAPE en 2010, puis commandé une évaluation environnementale stratégique (EES) en 2011. Les péquistes ont ensuite mandaté de nouveau le BAPE, dont le rapport a été publié lundi.

Entre-temps, l’industrie gazière n’a pas renoncé à ses droits d’exploration au Québec. La plus récente version de la carte présentant les permis d’exploration détenus dans le sud du Québec montre que l’essentiel des permis d’exploration qui étaient en place en 2010 sont toujours actifs.

Un total de 12 entreprises contrôlent des permis couvrant de larges pans de cette vaste région. Les principaux détenteurs sont la québécoise Junex, mais aussi les albertaines Talisman Energy et Molopo Canada. La rive sud du Saint-Laurent est ainsi largement couverte par des permis, essentiellement en Montérégie, dans le Centre-du-Québec et en Estrie. Même chose tout le long de la rive nord, entre Montréal et l’île d’Orléans. La superficie totale couverte dans les basses terres avoisine les 25 000 km2.

Lien: http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/426849/gaz-de-schiste-un-rapport-implacable

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Shale gas: an implacable report

The advantages for Quebec have not been proven says the BAPE

My translation of article written by Alexandre Shields published in Le Devoir December 16 2014

If Quebec lets the shale gas industry develop here, the province will expose itself to serious risks for the health of its citizens, the environment and even its economy, observes the provincial environmental public hearings body called a BAPE. All this while the benefits of the fossil fuel file have not been proven and social license is lacking.

The report made public Monday comes to the conclusion that the advantages so boasted by the gas lobby seem to be uncertain to say the least, and possibly even improbable. This is why environmental groups say that the 500 page document is the last nail in the controversial industry's coffin in Quebec.

The BAPE's commissioners insist on "the amplitude of the potential impacts associated with shale gas industry activities in such a populated area and so delicate like the St. Lawrence Lowlands".

The list of dreaded impacts for the communities that would live within the exploited sectors is very long: "deterioration of air quality, more noise, more traffic circulation, more light pollution, lower property value near drilling pads, impacts on the landscape, risk of technological accidents, social impacts and impacts on health".

Industry activities could also bring consequences to the quality of the environment, "particularly on surface water quality and groundwater, on protected areas and wetlands, and bring fragmentation to wooded areas".

The BAPE also observes that we are lacking in our knowledge about the zones where the gas wells would be drilled. This knowledge is essential to assess "eventual migration passages of contaminants towards aquifers". As for surface water sources, they could be drained enough to threaten their integrity.

Greenhouse gases.

Greenhouse gases emissions that come with industry activities would add to the Quebec record. In the case of major development, an increase of 23,3% of greenhouse gases are suggested for Quebec. Methane leaks that come after the closing of wells would be particularly problematic, mentions the BAPE. "They could greatly contribute to the greenhouse gases emissions, especially that only 15% to 20% of the gas would have been extracted at the time of closing the well."

Plus, the commissioners have observed that the industry still has not proven its capacity to insure the integrity of the drilled wells on the long term. This reality also applies to the government authorities. In Quebec, 20 of the 31 shale gas wells drilled in the past years have let methane leak out, a greenhouse gas much more damaging than CO2.

The situation could become serious in the case of major commercial development. Taxpayers would risk one day of having to bear the costs of the "environmental liabilities" the abandoned wells would become. Their numbers could climb quickly. Depending on different scenarios, between 1,000 and 9,000 shale gas wells could be drilled on a time frame of between 10 to 20 years.

Not profitable

On the short term, "the presence of exploration activities could incur negative effects on certain economic sectors within the region affected, like agriculture, tourism and agrotourism".

Even worse, the industry would simply be non profitable for Quebec. "With present and projected natural gas prices, royalties and other financial benefits collected by Quebec would be insufficient to compensate the costs and externalities for society and the environment or to insure the cost-effectiveness of the industry", reads the BAPE report.

Even if the price of gas would get to the point where it would insure the profitability of the industry, "it has not been proven that the exploitation of shale gas would be advantageous for Quebec because of the amplitude of the costs and potential externalities compared to the royalties that would be collected by the government". As for the gas extracted, it would be for export for the most part.

On top of the harsh conclusions on the potential impacts for human health, the environment and public finances, the report also repeats that social license is far from being attained. The "lack of transparency" of the gas industry would be partly to blame, and also the "lost of confidence" towards governmental authorities.

The Liberals have almost accepted all the exploration permits requested in the St. Lawrence Valley between 2006 and 2010. The industry then sent out to exploration projects even before an environmental assessment. Because of public outcry, the Charest government finally mandated a BAPE in 2010, then launched a Strategic Environmental Assessment (EES) in 2011. The PQ party then mandated a new BAPE, of which the report was published Monday.

In the meantime, the gas industry did not give up its exploration rights in Quebec. The most recent version of the map showing exploration permits in the southern part of Quebec shows that most of the exploration permits that were active in 2010 still are.

A total of 12 companies control the permits covering large tracts of this vast region. The principal holders are the Quebec company Junex, and also Alberta companies Talisman Energy and Molopo Canada. The St. Lawrence southshore is thus mostly covered by permits, mostly in the Montérégie, the Centre-du-Quebec and Eastern Townships. The same goes for the north shore between Montreal and the Island of Orléans. The total surface in the Lowlands is near 25,000 square kilometers.

Tuesday, December 16, 2014

Victoire collective contre le gaz de schiste

Photo of the author taken by François Pesant of Le Devoir

Texte de Dominic Champagne publié dans Le Devoir le 16 décembre 2014

Ce n’est pas tous les jours qu’on a des raisons de se réjouir autant !


Je suis en feu ! Je jubile ! Après quatre ans, quatre ans de labeur intense ! J’ai envie de vous embrasser tous et toutes autant que vous êtes ! C’est une victoire collective immense ! Pour des milliers d’hommes et de femmes qui se sont reconnus, retrouvés, qui se sont battus, qui ont poussé à la roue, avec angoisse et détermination !

Une victoire de la conscience collective, de la société civile, de l’éveil démocratique, de l’exigence écologique et de cette institution extraordinaire qu’est le BAPE, dont on espérait tant qu’elle ne serait pas pervertie par les jeux d’influence.

Il faut croire en nous-mêmes ! Croire en notre exigence et en notre potentiel. Croire en notre droit de refuser ce qui va à l’encontre de l’intérêt public. Et maintenant, tous en choeur, marcher vers l’avenir, vers la si nécessaire transition à laquelle nous sommes conviés ! Exiger que le Québec se dote d’un plan crédible de transition. Qui puisse enrichir la collectivité et la qualité de la vie !

Yes we can ! Merci, bravo à tous ceux et celles qui ont été là, qui sont là, qui seront là. Parce qu’on le sait, l’industrie n’a pas dit son dernier mot. Mais on ne va pas bouder notre plaisir. Voici les dernières lignes du rapport, sans équivoque : « En conclusion, en raison de l’ampleur des impacts potentiels associés aux activités de l’industrie du gaz de schiste dans un milieu aussi peuplé et aussi sensible que les basses-terres du Saint-Laurent, en raison également des incertitudes qui subsistent quant aux impacts potentiels sur la qualité de l’eau des aquifères et à la capacité de l’industrie de préserver l’intégrité des puits à très long terme, la commission d’enquête est d’avis qu’il n’est pas démontré que l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste dans les basses-terres du Saint-Laurent avec la technique de fracturation hydraulique, serait avantageuse pour le Québec. »

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Collective victory against shale gas

My translation of Dominic Champagne's reaction to the report of the latest BAPE on shale gas in Quebec.

It is not every day that we have reasons to rejoice so much!

I'm on fire! I'm jubilant! After four years, four years of hard work! I want to kiss you all right now! This is a great collective victory! For thousands of men and women that have found themselves, recognized themselves, that have fought, that have put their shoulder to the grind, in anguish and with determination!

A victory for the collective conscience, for civil society, for a democratic awakening, for an ecological requirement and this extraordinary institution called a BAPE, of which we were hoping so much that it would not be perverted by power games.

We have to believe in ourselves! Believe in our requirements and our potential. Believe in our right to refuse that which goes against public interest. And now, all together, marching forward, towards the necessary transition we have all invited ourselves to! Demand that Quebec gives itself a credible transition plan. One that could enrich the collectivity and the quality of life!

Yes we can! Thank you and bravo to all of you that were there, that are there, that will be there. Because, as we all know, the industry has not had it's last word. But we shall not deny ourselves the pleasure of victory. Here are the last lines of the report that are very clear: "In conclusion, because of the magnitude of the potential impacts associated with the activities of the shale gas industry in such a populated area and so sensitive like the St. Lawrence Lowlands, also because of the uncertainties that remain regarding the potential impacts on groundwater quality and the capacity of the industry to preserve the integrity of the wells on the very long term, the inquiry commission is of the opinion that it has not been shown that the exploration and the exploitation of shale gas in the St. Lawrence Lowlands using the hydraulic fracturing technique, would be advantageous for Quebec."

Monday, December 15, 2014

Gaz de schiste: pas d’avantages pour le Québec, juge le BAPE


Article publié dans Le Devoir le 15 décembre 2014 12h28 |Alexandre Shields

Malgré ce que répète le lobby du gaz de schiste, rien ne prouve que le développement de cette industrie serait avantageux pour le Québec. L’acceptabilité sociale n’est pas non plus au rendez-vous, conclut le rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) dans son rapport rendu public lundi matin.

« La commission a constaté qu’il n’était pas démontré que l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste dans les basses-terres du Saint-Laurent, avec la technique de fracturation hydraulique, serait avantageuse pour le Québec en raison de l’ampleur des coûts et des externalités potentiels par rapport aux redevances qui seraient perçues par le Québec », souligne ainsi le BAPE.

L’organisme constate également que le cadre législatif actuel n’est absolument pas adapté à l’exploration et à l’exploitation des énergies fossiles. « Si l’industrie devait prendre son essor au Québec, ce ne serait pas avant qu’un encadrement législatif et réglementaire adapté, associant les instances locales et régionales, soit adopté. Son application rigoureuse et transparente devrait répondre aux nombreuses exigences que poseraient l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste sur le territoire. »

Le BAPE estime qu’il existe des « lacunes » dans les connaissances des fractures naturelles du sous-sol, ce qui empêche de déterminer s’il serait possible que les nappes phréatiques soient contaminées par l’industrie du gaz de schiste.

Le gouvernement devrait en outre acquérir davantage d’information sur les cours d’eau des basses-terres du Saint-Laurent, qui risquent de subir des pressions importantes en cas de prélèvements d’eau par les gazières pour répondre à leurs besoins.

L’acceptabilité sociale, un prérequis

Point majeur, le BAPE souligne que l’acceptabilité sociale n’est tout simplement pas au rendez-vous. « Le rétablissement du lien de confiance entre les citoyens, l’industrie et les instances gouvernementales est un prérequis incontournable à l’acceptabilité sociale de ces activités sur le territoire », explique l’organisme.

Le ministre des Ressources naturelles et de l’Énergie, Pierre Arcand, a lui-même admis la semaine dernière que l’acceptabilité sociale n’est pas acquise au Québec pour le retour des foreuses des gazières. Au nom du regroupement Vigilance hydrocarbures, Québec solidaire a déposé en novembre, à l’Assemblée nationale, 34 000 formulaires signés par des citoyens de la vallée du Saint-Laurent qui s’opposent à la présence de l’industrie du gaz de schiste. Cela porte à 66 000 le nombre de refus formels dans le sud de la province.

Le mois dernier, le président de l’Association pétrolière et gazière du Québec, Michael Binnion, a toutefois affirmé que les Québécois pourraient se montrer plus ouverts à l’implantation de tours de forage entre Québec et Montréal. « En 2010, les gens ne comprenaient pas les problèmes énergétiques du Québec. Mais maintenant, ils comprennent qu’il y a un problème avec l’approvisionnement en pétrole et l’approvisionnement sécuritaire en gaz », a-t-il fait valoir dans le cadre de l’assemblée annuelle de l’organisation. Peut-être que les Québécois ne sont pas prêts à accepter l’exploitation du gaz de schiste, a-t-il néanmoins ajouté, mais « c’est plus près qu’en 2010 ».

Permis actifs

La plus récente version de la carte présentant les permis d’exploration détenus dans le sud du Québec montre par ailleurs que l’essentiel des permis d’exploration qui étaient en place en 2010 sont toujours actifs.

Un total de 12 entreprises contrôlent des permis couvrant de larges pans de cette vaste région. Les principaux détenteurs sont la québécoise Junex, mais aussi les albertaines Talisman Energy et Molopo Canada. La rive sud du Saint-Laurent est ainsi largement couverte par des permis, essentiellement en Montérégie, dans le Centre-du-Québec et en Estrie. Même chose tout le long de la rive nord, entre Montréal et l’île d’Orléans. La superficie totale couverte dans les basses terres avoisine les 25 000 km2.

Mais tout le développement de cette industrie est stoppé depuis 2010, alors que le gouvernement libéral avait mandaté le BAPE pour étudier cette industrie controversée. Une évaluation environnementale stratégique (EES) menée à la suite de ce premier BAPE a souligné, dans un rapport rendu public en février, de nombreux risques environnementaux liés au gaz de schiste.

Le rapport de l’EES précise ainsi que « toute exploration et exploitation du gaz de schiste au Québec feront augmenter le bilan des gaz à effet de serre ». Cette industrie « pourrait avoir un impact important sur la qualité de l’air à l’échelle locale et à l’échelle régionale dans les sous-régions à haute densité d’implantation ».

L’EES constate aussi que les volumes d’eaux usées à traiter pourraient devenir trop importants pour les capacités de traitement actuelles. Qui plus est, les ouvrages municipaux d’assainissement des eaux « n’ont pas été conçus pour traiter les eaux de reflux ». Selon les scénarios évoqués par l’EES, entre 1000 et 9000 puits de gaz de schiste pourraient être forés sur une période de 10 à 20 ans. Cela signifie un rythme annuel de 349 à 2101 puits.

Lien: http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/426764/gaz-de-schiste-pas-d-avantages-pour-le-quebec-juge-le-bape

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Shale gas has no benefits for Quebec says the BAPE

My translation of above article.

No matter what the shale gas lobbyists say, nothing proves that the development of this industry would be to the advantage of Quebec. There is no social acceptability either, arrives at the conclusion the report of the provincial environmental public hearings body (BAPE) made public Monday morning.

"The commission observed that it was not sufficiently demonstrated that the exploration and the exploitation of shale gas in the St. Lawrence Lowlands with the hydraulic fracturing technique would be advantageous for Quebec because of the great costs and potential externalities compared to the royalties that would be collected by Quebec", mentions the BAPE.

The group also observed that the actual legislative oversight is absolutely not adapted to the exploration and exploitation of fossil fuels. "If the industry would come to flourish in Quebec, it would not be before an adapted legislative and regulatory framework, linking local and regional authorities, be adopted. Its rigorous and transparent application should then answer to the many requirements made necessary by the exploration and exploitation of shale gas in the territory."

The BAPE maintains that there are "shortcomings" in our knowledge of underground natural fractures which would prevent us from determining if it would be possible that groundwater be contaminated by the shale gas industry.

The government should also get more information on the watercourses in the St. Lawrence Lowlands that risk being under heavy pressure in case of water withdrawal by the gas industry to get the water they need.

Social acceptability: a prerequisite

A major point, the BAPE stresses that there is simply no social acceptability. "Restoring confidence between citizens, the industry and government authorities is an indispensable prerequisite to social acceptability of these activities in the territory", explains the group.

The Natural Resources and Energy Minister Pierre Arcand, had himself admitted last week that social acceptability is not acquired in Quebec for the return of gas drilling. In the name of the group Vigilance hydrocarbures, Québec solidaire had presented to the National Assembly in November, 34,000 signed letters by citizens of the St. Lawrence Valley opposed to the presence of the shale gas industry. That would bring the number of formal refusals to 66,000 in the southern part of the province.

Last month, Michael Binnion, the president of the Quebec Oil and Gas Association, had said that the people of Quebec could prove to be more open to the development of drilling derricks between Quebec City and Montreal. "In 2010, the people did not understand the energy problems of Quebec. But now, they understand that there is a problem in the supply of oil and the secure supply of gas" he said at the annual meeting of the Association. Maybe that the people of Quebec are not ready to accept shale gass exploitation, he added, but "it is better than in 2010".

Active permits

The most recent version of the map showing the exploration permits in the southern part of Quebec shows that most of the exploration permits that were there in 2010 are still active.

A total of 12 companies control the permits covering large sections of this vast region. The principal holders are the Quebec company Junex, but also from Alberta, there are Talisman Energy and Molopo Canada. The southshore of the St. Lawrence is mostly covered by permits, mostly in the Montérégie region, in the Centre-du-Quebec and in the Eastern Townships. The same for the northshore between Montreal and the Island of Orleans. The total surface covered in the Lowlands is near 25,000 square km.

But all development of this industry is stopped since 2010, when the Liberal government had given the BAPE a mandate to study this controversial industry. A Strategic Environmental Assessment (EES) done after this first BAPE mentioned in a report made public in February, the many environmental risks that come with shale gas.

The EES report read "All exploration and exploitation of shale gas in Quebec will raise the greenhouse gases numbers". This industry "could have an important impact on the air quality on a local scale and on a regional scale in the sub-regions where there would be heavy development".

The EES also concluded that the great volumes of wastewater to be treated could become too much for the present treatment capacity. Plus, municipal installations to treat wastewater "have not been made to treat flowback waters". As per the scenarios brought up by the EES, between 1,000 and 9,000 shale gas wells could be drilled over a period of 10 to 20 years. That would mean a range of between 349 to 2101 wells per year.

Saturday, December 13, 2014

Des arbres de Noël qu'on se passerait bien!

Pierre Bluteau, résidant de Leclercville, s’inquiète de voir «pousser» des têtes de puits un peu partout dans les villages environnants, comme ici à Saint-Édouard de Lotbinière. Photo Annik MH de Carufel

L'industrie appelle ces gugusses de têtes de puits des "Christmas trees". Pas de blague. On s'en passerait bien, ici, au Québec. Vive plutôt le conifère!

Merci à la journaliste Jessica Nadeau et l'EX Rue Frontenac pour n'avoir pas tardé à répandre la nouvelle.

Lien: http://exruefrontenac.com/nouvelles-generales/environnement/26250-gaz-de-schiste

Thursday, December 11, 2014

L'Alberta n'ira pas en appel, la poursuite de Jessica pourra aller de l'avant

Photo: Jessica Ernst et ses avocats courtoisie Dr Anthony Hall

Ma traduction libre d'un reportage d'Andrew Nikiforuk.

Jessica Ernst, la femme d'affaires et scientifique indépendante pour l'industrie pétrolière met au défi les règlements sur la fracturation hydraulique en Alberta et a remporté une autre victoire légale.

Le gouvernement de l'Alberta n'a pas été en appel suite à un jugement rendu dernièrement qui permet à Mme Ernst de poursuivre Alberta Environment pour l'enquête présumée négligente de la contamination de puits d'eau potable durant des fracturations hydrauliques effectuées dans des veines de houille peu profondes au coeur de l'Alberta.

Le gouvernement de l'Alberta, qui est très dépendant des revenus venant des hydrocarbures, n'a pas donné de raisons à Canadian Press pour ne pas avoir été en appel.

Le mois dernier, le juge en chef de l'Alberta Neil Wittman a rejeté tous les arguments clés apportés par le gouvernement de l'Alberta contre la poursuite de Mme Ernst, mentionnant qu'il craignait que sa poursuite pourrait enclencher une marée de poursuites contre un gouvernement qui encourage la fracturation hydraulique dans les puits énergétiques grâce à plusieurs subventions.

Le gouvernement de l'Alberta prétendait que la poursuite de $33 millions de Mme Ernst n'avait pas de mérite; que le gouvernement n'a pas le devoir de protection envers les propriétaires privés lésés par de l'eau contaminée; et que le gouvernement bénéficie d'immunité statuaire.

Mais le jugement de Wittman a rejeté tous les points et a ordonné que la poursuite contre le gouvernement ait de l'avant. "Bien que ce soit une réclamation inhabituelle, je crois qu'il y a une chance raisonnable que Mme Ernst réussira à établir que l'Alberta a, à première vue, un devoir de protection," écrivit Wittman.

Mme Ernst apprécie avec précaution la décision du gouvernement. "Cela m'a coûté une année dans ma poursuite et beaucoup d'argent, mais c'est une victoire majeure," dit-elle.

"Il y aura beaucoup d'embûches à venir. Le gouvernement soutient que la fracturation hydraulique est sécuritaire et que la contamination des puits d'eau potable avec du méthane est un phénomène naturel. Je crois que ma poursuite, qui se base sur des données corporatives et réglementaires, fera la preuve d'une autre vérité."

Ernst ajoute qu'elle a hâte de voir la requête de la défense du gouvernement de l'Alberta "et le dévoilement de maintes détails peu flatteurs dans l'échange de documents."

Jusqu'à date, Mme Ernst a déposé plus de 2,000 documents avec Encana pour appuyer sa poursuite. Le géant gazier doit révéler ses documents d'ici le 19 décembre.

La poursuite jusqu'à date:

Depuis le début de la poursuite il y a sept ans, Mme Ernst prétend qu'Encana, une compagnie pionnière de la fracturation hydraulique, aurait foré et fracturé des puits de méthane dans des formations de houille peu profondes directement dans sa source d'eau souterraine locale entre 2001 et 2004 près de Rosebud, en Alberta, polluant ainsi le puits d'eau potable de Mme Ernst avec assez de produits chimiques toxiques et de méthane pour le rendre inflammable.

La poursuite prétend également que deux agences réglementaires provinciales, le Energy Resources Conservation Board (ERCB) et Alberta Environment, n'ont pas agi correctement suite à des violations documentées et répétées de la loi.

Le juge en chef Wittman, par contre, a retiré le ERCB de la poursuite l'année passée, prétendant qu'on ne pouvait pas poursuivre cette agence ou prétendre qu'elle enfreignait à la Charte canadienne des Droits à cause d'une clause immunitaire.

La poursuite de Mme Ernst prétend que le ERCB (qui s'appelle maintenant Alberta Energy Regulator) aurait violé ses droits constitutionnels en faussement l'accuser d'avoir fait des menaces criminelles et interdisant tout contact avec elle parce qu'elle a critiqué ouvertement l'agence.

Après que la cour d'appel de l'Alberta ait maintenu cette décision de Wittman en faveur du ERCB, Mme Ernst a dit à ses avocats de présenter ce cas à la Cour suprême.

Si la Cour suprême entend la cause (seulement un petit pourcentage sont entendus), les avocats de Mme Ernst présenteront l'argumentaire que les clauses immunitaires dans la législation provinciale ne peuvent pas protéger l'état et "bloquer un individu qui veut obtenir remédiation suite à une violation" de ses droits fondamentaux et ses libertés selon la Charte des Droits de la nation.

La réplique de ERCB

Glenn Solomon, un éminent avocat de Calgary qui représente le ERCB, a déposé une réplique à la déposition spéciale de Mme Ernst devant la Cour suprême.

"Le ERCB soumet qu'il n'y a pas de problème légal d'importance générale qui exigerait davantage de guides de cette Cour ni injustice quelconque envers le demandeur qui doit être remédié," y lit-on dans le document.

L'an passé, Solomon avait avisé un foreur pétrolier et gazier international qui cherchait de l'aide légale pour sa mère, Ann Craft, qui poursuivait les agences réglementaires en énergie, que de poursuivre des agences réglementaires était la même chose que déclarer une "Troisième Guerre Mondiale" et qu'un citoyen serait "fou" de le faire.

Durant une conversation enregistrée sur un cellulaire, Solomon, l'un des plus éminents litigeurs de l'Alberta dans le domaine de l'énergie, a aussi expliqué comment l'industrie multi-milliardaire de la fracturation hydraulique achetait activement le silence des propriétaires terriens qui réclamaient des dommages avec des ententes de paiements et des ententes de confidentialité.

Le fracking est toujours controversé:

La fracturation hydraulique, l'injection de fluides, de produits chimiques et de sable sous pression dans des formations rocheuses peu et très profondes aussi denses que du granit, a soulevé des préoccupations à cause de séismes, de fuites de méthane, de contamination d'eau souterraine, de fragmentation des terres et de la pollution toxique aérienne partout sur le continent.

Bien que les lobbyistes de l'industrie prétendent toujours que le fracking ne pose pas de dangers pour l'eau souterraine, des études et des livres de référence pour géologistes pétroliers racontent une histoire très différente.

Le guide professionnel appelé "The Nontechnical Guide to Petroleum Geology, Exploration, Drilling and Production" de Norman J. Hyne, par exemple, décrit les dangers sans lésiner: "Un puits peut être fracturé plusieurs fois durant sa durée de vie utile et dans certains cas, toutefois, la fracturation hydraulique peut endommager un puits en fracturant dans l'eau. Les fractures provoquées hydrauliquement s'étendent verticalement dans un réservoir d'eau qui inonde le puits qui s'emplit d'eau."

Le livre populaire est cité dans plusieurs textes de travail et sur des sites Web de l'industrie.

Mme Ernst dit que que la description de Hyne correspond à ce qui est arrivé à la nappe aquifère près de sa maison à Rosebud pendant le boom effréné de forages dans les veines peu profondes de sable et de houille contenant du méthane, une ressource non conventionnelle avec des rendements économiques marginaux.

À Rosebud, Encana a fracturé de façon répétitive directement dans la nappe aquifère, selon un rapport de 2005 fait par Hydrogeological Consultants. Le rapport a été révélé à Encana durant ce que l'on appelle un "document exchange", un échange de documents.


~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Alberta Won't Appeal Decision to Allow Jessica Ernst to Sue

Landowner's landmark lawsuit against the fracking industry continues.


By Andrew Nikiforuk, Yesterday, TheTyee.ca

Jessica Ernst, the businesswoman and oil patch scientist defiantly challenging the regulation of hydraulic fracturing in Alberta, has scored another legal victory.

The Alberta government will not appeal a recent ruling that allows Ernst to sue Alberta Environment for the alleged negligent investigation of water well contamination during the shallow fracking of coal seams in central Alberta.

The Alberta government, which is highly dependent on hydrocarbon revenue, gave no reason to the Canadian Press for not appealing the decision.

Last month, Alberta Chief Justice Neil Wittmann dismissed all key arguments made by the government of Alberta against the lawsuit of Ernst, including the fear that it may unleash a flood of lawsuits against a government that supports hydraulic fracking of energy wells with numerous subsidies.

The Alberta government argued that Ernst's $33-million lawsuit had no merit; that the government owed no duty of care to landowners with contaminated water; and that the government had statutory immunity.

But Wittmann's ruling disagreed on all major counts and ordered the lawsuit against the government to proceed. "While this is a novel claim, I find there is a reasonable prospect Ernst will succeed in establishing that Alberta owed her a prima facie duty of care," Wittmann wrote.

Ernst cautiously welcomed the government's decision. "It cost me a year of time in my lawsuit and lots of money, but it is a major victory," she said.

"There is still a lot of hell ahead. The government maintains that fracking is safe and that all methane contamination of water wells is natural. I think my lawsuit, which is built on corporate and regulatory data, will prove things differently."

Ernst added that she looks forward to the Alberta government's statement of defence "and the disclosure of many more dirty details in document exchange."

To date, Ernst has filed more than 2,000 documents with Encana to support her lawsuit. The gas giant must disclose its documents by Dec. 19.

The suit so far

Ernst's seven-year-old lawsuit alleges that Encana, a pioneer of hydraulic fracturing, drilled and fractured shallow coal bed methane wells directly in her local groundwater supply between 2001 and 2004 near Rosebud, Alberta, polluting Ernst's water well with enough toxic chemicals and methane to make it flammable.

The lawsuit also alleges that two provincial regulators, the Energy Resources Conservation Board (ERCB) and Alberta Environment, failed to act on documented and repeated violations of the law.

Chief Justice Wittman, however, struck the ERCB from the case last year on the grounds it couldn't be sued or charged with breaching Canada's Charter of Rights due to an immunity clause.

Ernst's lawsuit alleges that the ERCB (now the Alberta Energy Regulator) violated her constitutional rights by falsely accusing her of making criminal threats and banishing all contact with her due to her outspoken criticism of the board.

After Alberta's Court of Appeal upheld Wittmann's decision in favor of the ERCB, Ernst told her lawyers to take the case to the Supreme Court.

If the Supreme Court hears the case (only a small percentage are heard), Ernst's lawyers will argue that immunity clauses in provincial legislation cannot protect the state and "block an individual from seeking a remedy for breach" of her fundamental rights and freedoms under the nation's Charter of Rights.

ERCB's response

Glenn Solomon, a prominent Calgary lawyer representing the ERCB, filed a response to Ernst's special filing before the Supreme Court.

"The ERCB submits that there is no legal issue of general importance which requires further guidance from this Court nor any injustice to the Applicant to remedy," says the document.

Last year, Solomon advised a global oil and gas driller seeking legal help for his mother, Ann Craft, that suing energy regulators was akin to "World War Three" and that a citizen would be "crazy" to do so.

In a taped iPhone conversation, Solomon, one of Alberta's top energy litigators, also explained how the multi-billion-dollar fracking industry actively bought the silence of landowners claiming damages with buy-outs and confidentiality agreements.

Fracking still contentious

Hydraulic fracturing, the pressurized injection of fluids, chemicals and sand into shallow and deep rock formations as tight as granite, has sparked concerns about earthquakes, methane leaks, groundwater contamination, land fragmentation and toxic air pollution across the continent.

Although industry lobbyists still contend that fracking poses no risk to groundwater, studies and textbooks by petroleum geologists tell a vastly different story.

The Nontechnical Guide to Petroleum Geology, Exploration, Drilling and Production by Norman J. Hyne, for example, spells out the hazards bluntly: "A well can be fracked several times during its lifetime and in some instance, however, hydraulic fracturing can harm a well by fracking into water. The hydraulically induced fractures extend vertically into a water reservoir that floods the well with water."

The popular book is cited in numerous journals and industry websites.

Ernst said that Hyne's description fits what happened to the aquifer near her home in Rosebud, during a frenzied drilling boom for shallow sands and coal bed methane, an unconventional resource with marginal economic returns.

In Rosebud, Encana repeatedly fracked directly into the aquifer, according to a 2005 report by Hydrogeological Consultants. The report has been disclosed to Encana in what's known as a document exchange. [Tyee]

Link: http://thetyee.ca/News/2014/12/10/Alberta-Wont-Appeal-Ernst-Decision/

Wednesday, December 10, 2014

Parlons pour Jessica

Photo: Colin Smith

parlons pour Jessica

Ma traduction libre d'un poème trouvé sur le site Reading Children's Books


voici ce qu'est devenu l'avenir en Alberta
nous voyons une femme
qui a été brave
qui a tenu bon avec sa réclamation

voici ce qu'est devenu l'avenir en Alberta
Jessica Ernst travaille pour nous tous
elle fait voir la vérité au gouvernement de l'Alberta
qui doit accepter la vérité de ce qu'on lui a fait

voici ce qu'est devenu l'avenir en Alberta
nous sommes debout à côté de la barrière qui nous est toujours barrée
la barrière qui mène à l'endroit où brûle l'eau et la honte
quand allons-nous y entrer? quand avouerons-nous ce qu'on lui a fait?

voici ce qu'est devenu l'avenir en Alberta
une seule femme et l'entière industrie pétrolière et gazière contre elle
avec la pleine coopération des troupe du Parti Progessiste-Conservateur de l'Alberta
sans oublier les armées du Parti Progressiste-Conservateur du Canada

voici ce qu'est devenu l'avenir en Alberta
puisse-t-on dire la vérité dans les villes rurales et les hameaux
nous avons un gouvernement qui a nié la vérité aux gens
jusqu'à ce que Jessica Ernst ait dit ses mots de discipline et de courage

voici ce qu'est devenu l'avenir en Alberta
parlons pour Jessica
elle a fait le travail
d'une dixaine de milliers d'Albertains

Signé: Julie Ali
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

let us speak for Jessica


here is the future that has come to Alberta
we see one woman
who has been brave
stand firm in her claim

here is the future that has come to Alberta
Jessica Ernst works for all of us
she says the truth to the government of Alberta
which must accept the truth of what was done to her

here is the future that has come to Alberta
we stand by the side of the gate that is locked still to us
the gate to the place of burning water and shame
when will we enter there? when will we admit what was done to her?

here is the future that has come to Alberta
only one woman and the entire oil and gas industry against her
with the full cooperation of the troops in the Progressive Conservative Party of Alberta
not to mention the armies in the Progressive Conservative Party of Canada

here is the future that has come to Alberta
long may the truth be said in rural towns and hamlets
we have a government that has denied the truth to the people
until Jessica Ernst said her words of discipline and courage

here is the future that has come to Alberta
let us speak for Jessica
she has done the work
of ten thousand Albertans

Julie Ali

Link: http://readingchildrensbooks.blogspot.ca/2014/12/let-us-speak-for-jessica.html

Tuesday, December 9, 2014

Une autre espèce en péril menacée par le développement d'un port sur le Saint-Laurent

Photo: Sophie Poirier Environnement Canada
Le Port de Montréal prévoit commencer d'ici trois ans la construction d'un nouveau grand terminal pour navires marchands à Contrecoeur, en Montérégie. À terme, le site d'accueil des conteneurs dépassera même la taille de celui de Montréal. Mais la présence d'un poisson unique au monde, en voie de disparition, pourrait compliquer les choses.

Un texte de Thomas Gerbet

« Les navires vont arriver les uns après les autres au cours d'une même semaine », lance Daniel Dagenais, le vice-président aux opérations du Port de Montréal, en balayant avec son doigt les centaines d'hectares de terres agricoles qu'il souhaite développer entre les rives du fleuve et l'Autoroute 30. Jusqu'à 150, voire 200 porte-conteneurs s'ajouteraient chaque année dans la voie maritime.

Selon ses prévisions, le site accueillera dès 2021 deux nouveaux quais de 350 mètres chacun, ainsi qu'une aire d'entreposage, des bureaux, une voie ferroviaire de triage et quatre grues pour décharger les navires. Une deuxième phase d'expansion est prévue par la suite avec encore d'autres quais pour accueillir encore plus de navires porte-conteneurs.

« À Montréal, on arrive à un point de saturation », explique Daniel Dagenais. Dans quelques années, l'espace disponible pour accueillir les cargos ne sera plus suffisant pour soutenir l'augmentation des échanges commerciaux [surtout avec l'accord de libre-échange Canada-Union européenne]. D'où la volonté d'utiliser les quatre kilomètres de rives que l'administration portuaire possède à Contrecoeur.

Une espèce en voie de disparition

Pour construire les nouveaux quais, il va falloir draguer et remblayer de l'espace sur le fleuve. Des rives naturelles et des herbiers vont disparaître. « Il va y avoir destruction de l'habitat du poisson », reconnaît Daniel Dagenais.

Le poisson dont il parle, c'est le chevalier cuivré, le seul vertébré 100 % québécois. Il n'existe nulle part ailleurs dans le monde. Comme le béluga depuis peu, il est classé espèce « en voie de disparition » par le gouvernement fédéral. Il ne resterait que quelques centaines d'individus entre Valleyfield et Sorel, 2000 tout au plus.

« C'est son secteur d'alimentation », explique la biologiste Sophie Lemire, directrice du comité ZIP des Seigneuries. « Il se nourrit de mollusques dans les herbiers, surtout dans le corridor fluvial ». Elle mentionne par ailleurs les risques liés à l'augmentation de l'achalandage des navires : « ça va entraîner plus d'érosion, plus de matières en suspension. [...] Le poisson a besoin d'eaux plus calmes pour se nourrir ».

« Il y a déjà beaucoup d'herbiers qui ont disparu. S'il y a d'autres herbiers qui sont détruits, ça peut affecter le chevalier cuivré. Comme il est déjà menacé, ce serait important que dans son aire, il ait de quoi s'alimenter. [...] Il ne faudrait pas se retrouver ensuite avec une espèce disparue » — Sophie Lemire, biologiste
Le port de Montréal affirme qu'aucun chevalier cuivré n'est présent dans le secteur du développement portuaire. « Il n'y a en a pas à Contrecoeur », écrit la porte-parole du Port de Montréal, Sophie Roux, dans un courriel, en se référant aux études préliminaires menées par le Port. Cependant, plusieurs experts du chevalier cuivré que nous avons consultés remettent en doute cette affirmation.

Des cartes produites par la province placent l'habitat d'alimentation du chevalier cuivré à l'endroit même où seront construits les quais, et des poissons ont été localisés à la hauteur de la ville, quelques kilomètres en aval. Avant d'aller de l'avant avec le début de la construction des installations portuaires en 2018, le Port de Montréal devra obtenir une série d'autorisations environnementales des deux paliers de gouvernements.

La tâche ne sera pas facile. La loi fédérale sur les espèces en péril interdit, notamment, de « nuire » au poisson. Par ailleurs, le Comité sur la situation des espèces en péril du Canada considère comme « causes réelles de menace » contre le chevalier cuivré le « trafic commercial maritime accru » et « le développement des infrastructures du port dans le Saint-Laurent ».

Un programme gouvernemental de rétablissement du chevalier cuivré vise l'ajout de 4000 poissons adultes, élevés en laboratoire, d'ici 20 ans. Cependant, pour qu'ils puissent s'alimenter correctement, il leur faudrait 260 kilomètres carrés d'herbiers. Il n'y en a actuellement qu'entre 25 et 30 kilomètres carrés.
1000 emplois à long terme

Le Port de Montréal a tenu une rencontre publique il y a quelques jours à Contrecoeur. Il a promis 460 emplois par année durant la phase de construction et 1000 emplois à long terme, lors de l'exploitation.

« Les citoyens s'attendent à ce développement depuis des années, et là : ça s'en vient, ça s'en vient à grands pas », se réjouit la mairesse de Contrecoeur, Suzanne Dansereau. « Le port qui va fonctionner ici 12 mois par année, je pense qu'il va attirer d'autres industries qui vont créer beaucoup de richesse pour Contrecoeur. »

La mairesse pense qu'à terme, sa population pourrait passer de 7000 à 10 000 résidents. Elle anticipe aussi de bonnes nouvelles pour les habitants de Montréal : « ça va enlever de la congestion sur Notre-Dame ».

Le port en chiffres

Le terminal de Montréal reçoit et achemine déjà 1,3 million de conteneurs sur une capacité maximale de 1,7. « On pourrait étirer jusqu'à 2 millions, mais pas plus » explique le vice-président. À Contrecoeur, la capacité sera de 1,15 million de conteneurs dès la première phase et jusqu'à 3,5 au final. À lui tout seul, le site de Contrecoeur serait alors le deuxième port de conteneurs du Canada après Vancouver. Avec Montréal, les deux sites portuaires seraient aussi importants que New York.

Lien: http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/national/2014/12/08/001-port-contrecoeur-montreal-espece-peril-chevalier-cuivre.shtml


Photo: la Webmestre dans une manif contre un autre développement sauvage menaçant la survie du Chevalier cuivré - Yours truly in one of the many protest marches against another bad project for the Redhorse:


Another endangered species threatened by another port on the St. Lawrence River

My translation of exclusive report above:

By 2017, the Port of Montreal plans to start construction of a new big terminal for merchant ships in Contrecoeur, in the Montérégie region. When finished, the container receiving site will even be bigger than the one in Montreal. But the presence of a unique fish found nowhere else on earth, well on its way to oblivion, could complicate things somewhat.

"Ships will arrive one after the other within a same week", explains Daniel Dagenais, Port of Montreal operations vice-president, while pointing towards hundreds of acres of farmland he wishes to develop between the shores of the River and highway 30. Up to 150, maybe even 200 container ships would upper the maritime circulation at this level.

Forecasts predict that the site will see as soon as 2021 two new docks measuring 350 metres each, plus a depot area, offices, shunting yard and four cranes to unload ships. A second expansion phase is planned afterwards with even more docks to accept even more container ships.

"In Montreal, we are saturated", explains Daniel Dagenais. In a few years, available space to accept cargos will no longer be enough to keep up with commercial exchanges (especially with the Comprehensive Economic and Trade Agreement between the European Union and Canada - CETA). That it why the harbor administration wants to use the four kilometres of shoreline it owns in Contrecoeur.

A disappearing species

To build new docks, dredging will have to be done, and so will some filling in areas in the river. Natural shorelines and aquatic grasses will disappear. "There will be destruction of fish habitat", admits Daniel Dagenais.

He is especially referring to the Copper Redhorse, the only vertebrae a 100% Quebec native. It does not exist anywhere else in the world. Like the Beluga just recently, it is classified as an "endangered species" by the federal government. There is probably only a few hundred fish left between Valleyfield and Sorel, 2,000 at the most.

"This is where it feeds", explains biologist Sophie Lemire, director of the ZIP committee of the Seigneuries. "It feeds on mollusks in the reeds, especially in the river corridor". She also adds that risks that would come from the rise of shiop traffic "will cause more erosion, more suspended matter in the water.... This fish needs calmer waters to be able to feed".

"A lot of reeds and aquatic grasses have disappeared. If more are destroyed, it would be important that in this area, it has something to eat... if we don't want to see another species disappear" - Sophie Lemire, biologist

The port of Montreal is sure that no Copper Redhorse can be found right now in the harbor development region. "There are none in Contrecoeur", writes the spokesperson of the Port of Montreal, Sophie Roux, in an Email, referring to preliminary studies done by the Port. Although many Copper Redhorse exports we have consulted doubt very much that this is true.

Maps from the province show Copper Redhorse feeding habitat exactly where the docks are planned, and some fish have been found near the town, a few kilometers downriver. Before going ahead with construction of the harbor installations in 2018, the Port of Montreal will have to get a series of environmental authorizations from the two governments.

It will not be easy. Federal law on endangered species does not permit any activity that would adversely affect the fish. Also, the Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada (COSEWIC) considers "real causes of threat" against the Copper Redhorse "increase of commercial maritime traffic"and "development of infrastructures in the St. Lawrence harbor".

A governmental program to reestablish the Copper Redhorse hopes to add 4,000 adult fish, raised in a laboratory, in the next 20 years. But, to be able to feed adequately, they would need 260 square kilometres of aquatic grasses. Right now, there are but between 25 to 30 square kilometers.

1,000 long term jobs

The Port of Montreal had a public meeting a few days ago in Contrecoeur. It promised the creation of 460 new jobs per year during the construction phase and 1,000 long term jobs during the exploitation of the location.

"Citizens have been waiting for this development for years and now it is almost here", is happy to say Contrecoeur Mayor Suzanne Dansereau. "The port will be open here 12 months a year; I think it will attract other industries that will bring wealth for Contrecoeur."

In the end, the Mayor thinks that the population of her town could jump from 7,000 to 10,000. She anticipates good news also for Montreal residents: "there will be less traffic on Notre-Dame (street)".

Port stats:

The Montreal terminal accepts and forwards already 1,3 million containers with a maximum capacity of 1,7. "We could push it up to 2 million, but not more than that" explains the vice-president. In Contrecoeur, the capacity will be 1,15 million containers after the first phase and up to 3,5 when the work is completed. All by itself, the Contrecoeur site would then become the second biggest container harbor of Canada, after Vancouver. With Montreal, the two harbor sites would become as important as New York.