Friends of the Richelieu. A river. A passion.



"Tout cedit pays est fort uny, remply de forests, vignes & noyers. Aucuns Chrestiens n'estoient encores parvenus jusques en cedit lieu, que nous, qui eusmes assez de peine à monter le riviere à la rame. " Samuel de Champlain


"All this region is very level and full of forests, vines and butternut trees. No Christian has ever visited this land and we had all the misery of the world trying to paddle the river upstream." Samuel de Champlain

Tuesday, January 15, 2013

Gaz de schiste: la GRC et le SCRS sur le qui-vive

Photo: Robert Skinner

"Les écologistes opposants au gaz de schiste, en particulier au Québec, sont dans la ligne de mire de la GRC et du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), a appris La Presse. Les policiers craignent manifestement une radicalisation du mouvement ainsi qu'un rapprochement entre activistes, ou «extrémistes», écologistes du continent nord-américains.

Même si l'exploitation du gaz de schiste suscite la controverse et ne fait pas l'unanimité sur le plan politique dans la plupart des pays concernés, les manifestations d'opposants sur le terrain, tant au Canada qu'aux États-Unis, en particulier en Pennsylvanie, n'ont pas laissé la GRC indifférente.

Principale source d'inquiétude: le risque sérieux de glissement de la désobéissance civile vers la violence. La GRC avertit qu'il y a «possibilité que les industries, organisations et personnes qui sont impliquées [dans cette industrie] puissent être identifiées comme des cibles légitimes». Elle appelle donc à la vigilance et à rapporter au SCRS toute «activité suspecte, criminalité extrémiste ou menace à la sécurité nationale».

C'est ce que l'on lit dans un des bulletins d'alerte rédigés en 2011 et 2012 par l'«Équipe des renseignements relatifs aux infrastructures essentielles» de la GRC et obtenus, partiellement censurés, par La Presse en vertu de Loi sur l'accès à l'information.

Des documents qui s'intéressent aussi bien aux mouvements d'opposition aux sables bitumineux ou à la construction de pipelines en Colombie-Britannique qu'aux tactiques de Greenpeace ou à la menace terroriste islamiste!

Notant déjà un «nombre croissant d'incidents, plus particulièrement au Québec et au Nouveau-Brunswick», la GRC anticipe, parallèlement à l'expansion des gaz de schiste au Canada, une augmentation d'«événements conflictuels similaires à ceux qui visent déjà les industries des sables bitumineux et du nucléaire».

En juin 2011, la Sûreté du Québec a arrêté un Montréalais de 61 ans qui avait fait parvenir une lettre anonyme et fait des appels téléphoniques menaçants visant l'industrie gazière. Il conseillait même aux travailleurs et dirigeants de quitter le Québec. Cet acte avait toutefois été considéré comme isolé.

Les policiers semblent plus particulièrement préoccupés par l'entrée en scène aux États-Unis, sur le terrain de la lutte aux gaz de schiste, d'«extrémistes [...] liés à Earth First», ou La Terre d'abord, qui se présente sur son site web comme un «mouvement décentralisé d'écologie radicale».

Autre source d'inquiétude, le lancement par le mouvement américain Occupy Well Street - faisant référence à Occupy Wall Street - d'une pétition en ligne baptisée «Anti-Fracking Pledge of Resistance», «déjà signée par sept groupes environnementaux radicaux», lit-on. Les signataires de cet «engagement», endossé déjà par plusieurs Québécois selon ce que La Presse a pu vérifier, «acceptent» de «résister aux opérations de fracturation hydraulique ainsi qu'aux organisations qui les rendent possibles». Sont considérés comme des «cibles» de la contestation non seulement les entreprises sur le terrain qui s'impliquent de près ou de loin à ces activités d'extraction, mais aussi les fabricants de matériel, transporteurs, avocats, firmes d'ingénieurs et même les politiciens, selon ce manifeste.

NOTE PERSONNELLE: J'AI SIGNÉ CE "ANTI-FRACKING PLEDGE OF RESISTANCE" ET SUIS BIEN DÉCIDÉE À RESPECTER MON ENGAGEMENT.

«Il y a une possibilité réelle que les activistes canadiens se rapprochent de leurs homologues américains afin de comparer et développer leurs techniques d'action directes et de protestation», note la GRC.

Mise à part la surveillance de trois sites internet (incluant une page Facebook) de mouvements environnementalistes et autochtones de l'Ouest canadien, les documents consultés par La Presse ne donnent pas de détails sur les moyens qu'utilise la police pour surveiller les opposants au gaz de schiste.

Surprise de part et d'autre

Quoi qu'il en soit, le ton alarmiste de la GRC surprend autant les pro-gaz de schiste que ceux qui s'y opposent au Québec.

«C'est la première fois que j'entends parler de ces rapports», a affirmé Stéphane Gosselin, le directeur de l'Association pétrolière et gazière du Québec, un lobby présidé par Lucien Bouchard. Même s'il dit faire confiance au travail de la police, Stéphane Gosselin assure que jamais rien ne l'a inquiété dans ses relations avec les opposants.

Même surprise chez le coordonnateur du «Comité interrégional de vigilance sur les gaz de schiste de la vallée du Saint-Laurent», Serge Fortier. Le militant ne «comprend pas» les craintes de la GRC, car son mouvement de «sensibilisation du public» a toujours été pacifique, dit-il. «Il y a toujours des électrons libres qui veulent aller plus loin, mais nous ne les encourageons pas. Néanmoins, la résistance non violente ou la désobéissance civile ne sont pas à exclure si la discussion ne marche pas. Nous allons nous associer à un mouvement international de résistance. La force citoyenne est notre seule arme contre les lobbys».

Il ne croit pas en l'impartialité du Comité de l'évaluation environnementale stratégique (ÉES) sur le gaz de schiste mis sur pied les libéraux à la suite d'une recommandation du BAPE et qui devrait déposer son rapport en novembre.

Mais le nouveau ministre de l'Environnement, Yves-François Blanchet, semble peu favorable à cette industrie: «Rien ne milite présentement pour le gaz de shale, pas même l'économie» a-t-il écrit récemment sur son compte Twitter.

La GRC n'a pas été en mesure de commenter le dossier lorsque jointe par La Presse la semaine dernière."


Réaction de Greenpeace
Pour diffusion immédiate
La GRC se trompe de cible


Montréal, le 14 janvier 2013 – Voici la réaction de Greenpeace suite à l’article Gaz de schiste : la GRC et le SCRS sur le qui-vive paru aujourd’hui dans La Presse faisant état du rapport de la GRC de juillet 2012. Selon ce rapport, les mouvements citoyens mobilisés, les Premières Nations et tout opposant aux sables bitumineux et gaz de schiste sont des menaces pour la sécurité nationale.

« Il s’agit d’un nouvel épisode de la campagne de diffamation orchestrée par le gouvernement Harper afin de satisfaire les intérêts de l’industrie pétrolière et gazière », a résumé Nicolas Mainville, directeur de Greenpeace au Québec. « La GRC se trompe de cible en gardant à l’œil les citoyens animés par le bien commun et le pacifisme qui se lèvent pour dénoncer les menaces qui pèsent sur leur santé et leur environnement. Il n’y a actuellement d’extrême que la trop grande proximité entre le gouvernement Harper et les lobbies pétroliers et gaziers ».

Selon l’organisation, la responsabilité du gouvernement devrait être de protéger ses citoyens contre le mal-développement tel que proposé par le lobby du gaz de schistes, et non de tenter de criminaliser leur indignation.

Depuis 40 ans, Greenpeace pose des questions de société de première importance par le biais de la désobéissance civile pacifique. Plus grande organisation internationale indépendante au monde, Greenpeace n’a jamais eu recours à la violence dans aucune de ses activités.

Greenpeace rappelle que l’activisme n’est pas un crime et appel à tous les citoyens impliqués dans ces dossiers à toujours rester pacifiques et à ne pas se laisser intimider par ces tactiques.

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Lien: http://www.lapresse.ca/environnement/dossiers/gaz-de-schiste/201301/13/01-4610936-gaz-de-schiste-la-grc-et-le-scrs-sur-le-qui-vive.php

Shale gas: the RCMP and CSIS on high alert

The ecologists opposed to shale gas, especially in Quebec, are in the crosshairs of the RCMP and CSIS, the newspaper La Presse has learned. Indeed, the police fear a radicalization of the movement and associations with environmental activists, or extremists of North America.

Even if shale gas extraction is controversial and politicians are not unanimously supportive of the methods in most of the concerned countries, the opponents' rallies on site, in Canada as well as in the United States, in Pennsylvania especially, do not leave the RCMP indifferent.

The main source of concern: the serious risk of seeing civil disobedience getting violent. The RCMP warns that there is a possibility that the industry, the organizations and the people involved in this industry could be identified as legitimate targets. The RCMP is calling for vigilance and report to CSIS any suspect activity, extremist criminality or threat to national security.

That's what can be read in alert bulletins sent out in 2011 and 2012 by the team of information regarding essential infrastructures of the RCMP and obtained by the newspaper La Presse thanks to the Access of Information Act, although the documents received were partially censured on reception.

Some documents that are of interest for opposition groups to the tar sands or the construction of pipelines in British Columbia and Greenpeace tactics or the menace of Islamic terrorism!

Observing that there are already a growing number of incidents, especially in Quebec and in New Brunswick, the RCMP foresees, with the expansion of shale gas in Canada, a growing number of events of conflict similar to those that already take aim at nuclear industries and working in the tar sands.

In June 2011, the Sûreté du Québec, the provincial police force, arrested a 61 year old Montrealer that had sent an anonymous letter and made menacing phone calls against the gas industry. He even recommended that workers and corporate leaders to leave Quebec. This had been considered as an isolated act.

Police seem particularly preoccupied by the emerging of extremists tied to Earth First in the United-States, or the group La Terre d'abord that claims on it's Web site that it is a decentralized movement of radical ecology.

Another worrisome source would be the American movement called Occupy Well Street, referring to the Occupy Wall Street movement, and the online petition called "Anti-Fracking Pledge of Resistance" (Note: I've signed it myself!), petition already signed by 7 radical environmental groups, can we read in the documents provided. The people who signed this pledge, some of which are from Quebec La Presse found out, accept to resist against the fracking operations and the organizations that make them possible. Considered as targets of the contestation are not only the enterprises in the field that are involved in the extraction activities, but the makers of the material, transportation facilities, lawyers, engineering firms and even the politicians, according to this manifest.

"There is a real possibility that Canadian activists get close to their American counterparts in order to compare and develop their direct action techniques and of protestation" writes the RCMP.

Besides the surveillance of 3 Websites (including one Facebook page) of environmentalists and indigenous people of Western Canada, the documents provided to La Presse do not go into details on the ways the police keep watch over the opponents of shale gas

Surprise from all sides

Anyway, the alarmist stance taken by the RCMP surprises as much the promoters of shale gas than those that oppose it in Quebec.

"It's the first time I've heard of such reports." says Stéphane Gosselin, the director of the Quebec Oil and Gas Association, a lobby group presided by Lucien Bouchard. Even if he says he trusts the work done by the police, Stéphane Gosselin assures us that nothing ever made him worry about his relations with the opponents.

The same surprise coming from the coordinator of the committee "Comité interrégional de vigilance sur les gaz de schiste de la vallée du Saint-Laurent", Serge Fortier. The militant does not understand the RCMP fears, because his group's aim is to make the public aware of the dangers of shale gas was always a peaceful one. "There has always been elements that want to do more, but we do not encourage them. In any case, non violent resistance or civil desobedience are not to be excluded if talking does not do the trick. We shall join forces with an international movement of resistance. The strength of the citizens is our only weapon against the lobbies."

He does not believe in the impartiality of the Strategic Environmental Assessment Committee on shale gas instigated by the Liberals after a provincial environmental public hearings body recommendation, of which the report should become available in November.

But the new Environment Minister, Yves-François Blanchet, does not seem very favorable to this industry: "Nothing is pushing shale gas right now, not even the economy" he wrote recently in is Twitter account.

The RCMP has not been able to comment about this when La Presse contacted them last week.

Monday, January 14, 2013

Gaz de schiste - communiqué de presse du RIGSVSL

Communiqué de presse Pour diffusion immédiate

Le Regroupement interrégional sur le gaz de schiste de la vallée du Saint-Laurent (RIGSVSL) déplore les agissements de l’opposition libérale

Sainte-Marie-de-Blandford, 10 janvier 2013

Dans un communiqué diffusé le 8 janvier sur le fil de presse [1], les porte-parole de l'opposition officielle en matière de développement durable et d'environnement, ainsi qu’en matière d'énergie, madame Yolande James et monsieur Pierre Paradis respectivement, ont tenu à réagir aux propos du ministre de l’Environnement, monsieur Yves-François Blanchet, au sujet du développement de l’industrie du gaz de schiste et dont faisait état plus tôt le journal Le Devoir [2]. Cette réaction des députés libéraux n’est en fait qu’une tempête dans un verre d’eau et reflète leur mauvaise foi.

Ainsi, madame James cite le micromessage du ministre « Rien ne milite présentement pour le gaz de shale, pas même l’économie » mais en l’amputant de la phrase qui le précède « Je suis favorable à toute approche basée sur la science. » Les députés James et Paradis s’indignent ensuite du fait que le ministre se prononce sur la question avant même que le comité de l’évaluation environnementale stratégique (ÉES) ait remis son rapport, comme si toute science s’y trouvait. Selon nous, le fait d’affirmer dans un « tweet » que « rien ne milite présentement pour le gaz de shale, pas même l’économie » ne contrevient en fait en rien au devoir de réserve auquel devrait s’astreindre un ministre. Est-ce que plutôt les députés de l’opposition ne désireraient-ils pas museler les ministres? Et couper toute communication entre ceux-ci
et les citoyens?...

À notre connaissance, citoyens et ministres peuvent commenter les évaluations environnementales en cours. Quelles que soient les éventuelles conclusions de l’évaluation stratégique, il demeure légitime, croyons nous, de se poser des questions et de s’informer. « Ce qui étonne plutôt, c’est de voir comment l’industrie fait confiance à ce comité d’évaluation environnementale stratégique et au rapport qui en sortira. De nombreuses études scientifiques ont déjà montré, indépendamment des études que mène l’ÉES, que l’exploration et l’exploitation du gaz et du pétrole de schiste soulèvent de sérieux problèmes environnementaux et que les arguments d’ordre économique avancés en leur faveur sont à tout le moins contestables. Alors, qu’est ce qui se mijote dans le dos des citoyens? », affirme Serge Fortier, porteparole du Regroupement interrégional gaz de schiste de la Vallée du St-Laurent.

D’ailleurs, la France, la Bulgarie et certains États des États-Unis ont déjà interdit la fracturation
hydraulique pour cause de manque d’informations fiables sur ses répercussions environnementales. Et, à supposer même que l’industrie du gaz de schiste arrive un jour à mettre au point une technologie d’exploitation acceptable, « sécuritaire », faudrait-il pour autant autoriser ce type de développement dans un contexte d’éventuel affranchissement aux hydrocarbures? Il est permis d’en douter…

Comme le soulignait avec pertinence, en décembre dernier, monsieur Thierry Pech, directeur de la rédaction du magazine Alternatives économiques, « l'exploitation de ces ressources nous ferait retomber dans la dépendance aux énergies fossiles et retarderait d'autant la mise au point de modes de production et de consommation plus sobres, plus efficaces et plus respectueux à la fois de notre écosystème et de notre intérêt de long terme. Bref, elle différerait dangereusement notre rendez-vous avec la réalité. Car, tandis que chacun a l'oeil rivé sur les compteurs d'une conjoncture économique incontestablement préoccupante, le réchauffement climatique se poursuit et s'aggrave. Décidément, les gaz de schiste ont
tout du cadeau empoisonné. » [3]

La perspective étroitement économiste que semblent adopter les porte-parole de l’opposition officielle [4], axée sur la seule création de richesses immédiates à des intérêts privés, alors que tous les risques connus et inconnus seraient à la charge du public, fait malheureusement l’impasse sur le débat plus large qui doit impérativement se tenir au Québec sur les grands enjeux énergétiques. Car nous avons le devoir de préserver notre environnement pour les générations futures. Le mouvement « Idle No More » ou « Jamais plus l’inaction » a de beaux jours devant lui.

Références :

[1] 8 janvier 2013. «Gaz de schiste - Le Parti Québécois se positionne encore sans avoir les conclusions des
études ». http://communiques.gouv.qc.ca/gouvqc/communiques/GPQF/Janvier2013/08/c4573.html

[2] Le Devoir. 8 janvier 2013. «Blanchet se montre peu favorable aux gaz de schiste».
http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/367848/blanchet-se-montre-peufavorable-aux-gaz-de-schiste

[3] Thierry Pech. Décembre 2012. Alternatives Économiques n° 319. «Tentation». http://www.alternativeseconomiques.
fr/page.php?controller=article&action=htmlimpression&id_article=61206&id_parution=1175

[4] «Nous nous questionnons sérieusement sur la façon dont le gouvernement péquiste gère ce dossier. Jusqu'à
maintenant, tout ce qu'il a réussi à faire, c'est d'inquiéter les marchés, a déclaré monsieur Paradis. » Tiré de [1].

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SOURCE
Regroupement Interrégional de la Vallée du St-Laurent
CONTACT
Serge Fortier, porte-parole, RIGSVSL / T 819 283-2023 / C 819 371-7370

Le Regroupement Interrégional de la Vallée du St-Laurent compte une centaine de comités locaux citoyens s’opposant à l’extraction du gaz de schiste en territoire québécois. Depuis 2010, ces comités réclament un moratoire sur le gaz de schiste au Québec et s’opposent à la fracturation de leur sous-sol et de leurs communautés.
Photo: LaNouvelle.net

Press Release

The organization that regroups all the citizens committees in the St. Lawrence Lowlands against shale gas (RIGSVSL) is sorry to see the Liberal Party Opposition's reaction to Environment Minister's Tweet.

Sainte-Marie-de-Blandford, Qc, January 10 2013

In a press release dated January 8 (1), the spokesperson for the official opposition in sustainable development, energy and environment affairs Ms Yolande James and Pierre Paradis were reacting on Yves-François Blanchet's Tweet, Quebec's Environment Minister, and the article subsequently published in Le Devoir (2). This reaction coming from Liberal ministers is but indeed a tempest in a glass of water and shows their bad faith.

Indeed, Ms James quotes the Minister's micro-message "Nothing pushes for shale gas at this time, not even the economy" but omitting the previous phrase "I am favorable to any approach based on science". The MPs James and Paradis are outraged to see the Minister speak out on the question even before the Strategic Environmental Assessment committee presents it's report, as if all the science in the world would be in it. We think that tweeting "nothing pushes shale gas right now, not even the economy" does not go against his duty to preserve objectivity as a Minister. Would it be that the MPs of the opposition wish to gag the Ministers? And shut off all communication between them and the citizens?

As far as we know, citizens and Ministers can comment about the environmental assessments currently going on right now. No matter the conclusions that will come out of the strategic assessment, it is still legitimate, we think, to ask questions and obtain information. "What is rather surprising, though, is to see how the industry is confident that this committee of the Strategic Environmental Assessment will come out with a report that will be in their favor. Many scientific studies have reported, independently from the studies made by this Assessment, that the exploration and extraction of shale oil and gas encounter grave environmental problems and the economic arguments in their favor are at the very least challengeable. So! What is going on behind closed doors?" asks Serge Fortier, spokesperson for the RIGSVSL.

By the way, France, Bulgaria and some states in the US have already banned fracking because of the missing reliable information on environmental impacts. And even if the shale gas industry does come up one day with a technology to make this extraction method acceptable and "safe", should this kind of development go ahead in a context of getting out of fossil fuels? It's very doubtful...

Like Thierrey Pech, chief editorial of the magazine "Alternatives économiques" pointed out last December: "the exploitation of this resource would take us back on being dependent on fossil fuels and would put back the refining of ways of producing and consuming that are more sober, more efficient and more respectful of our ecosystems and in our interests in the long term. In other words, it would dangerously put back our inevitable coming into touch with reality. Because, while each one of us is keeping an eye on an undeniably worrisome economy, climate change is still a reality and getting worse. Decidedly, shale gas is very much a poisoned apple." (3)

The narrow economist view of things that seem to adopt the spokespersons of the opposition (4) strictly based on immediate gains for private interests, while all the known and unknown risks would have to be managed by the public, is an unfortunate dead-end in the wider debate that must take place in Quebec about the energy file. Because we have the obligation to preserve our environment for future generations. The Idle No More movement will live great moments in the days to come.

References :

[1] January 8 2013. «Gaz de schiste - Le Parti Québécois se positionne encore sans avoir les conclusions des études» http://communiques.gouv.qc.ca/gouvqc/communiques/GPQF/Janvier2013/08/c4573.html

[2] Le Devoir. January 8 2013. «Blanchet se montre peu favorable aux gaz de schiste».
http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/367848/blanchet-se-montre-peufavorable-aux-gaz-de-schiste

[3] Thierry Pech. December 2012. Alternatives Économiques n° 319. «Tentation». http://www.alternativeseconomiques.
fr/page.php?controller=article&action=htmlimpression&id_article=61206&id_parution=1175

[4] «Nous nous questionnons sérieusement sur la façon dont le gouvernement péquiste gère ce dossier. Jusqu'à maintenant, tout ce qu'il a réussi à faire, c'est d'inquiéter les marchés, a déclaré monsieur Paradis. » Tiré de [1].

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SOURCE: Regroupement Interrégional de la Vallée du St-Laurent

CONTACT: Serge Fortier, porte-parole, RIGSVSL / T 819 283-2023 / C 819 371-7370

The Regroupement Interrégional de la Vallée du St-Laurent (RIGSVSL) regroups about a hundred citizens' committees opposed to shale gas extraction in Quebec. Since 2010, these committees demand a moratorium on shale gas in Quebec and are opposed to fracking under their territory and their communities.




Sunday, January 13, 2013

Gaz de schiste - le Ministre de l'Environnement et son Tweet

Photo: Radio-Canada.ca

"Blanchet se montre peu favorable aux gaz de schiste
Le ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, Yves-François Blanchet, a clairement signifié dimanche qu’il n’est pas très ouvert au développement de l’industrie du gaz de schiste.

« Rien ne milite présentement pour le gaz de shale, pas même l’économie », a-t-il soutenu dans un commentaire publié sur le réseau Twitter. Le ministre a toutefois refusé de discuter de cette affirmation lundi. Son attachée de presse, Catherine Salvail, a d’abord indiqué que M. Blanchet serait prêt à répondre aux questions du Devoir. « Malheureusement, le ministre ne pourra vous téléphoner. En fait, il ne souhaite pas ajouter de commentaires à ce sujet pour le moment », a-t-elle finalement répondu quelques minutes plus tard.

Le ministre, qui est responsable du dossier du gaz de schiste, a d’abord publié samedi un lien sur Twitter, lien qui menait à un texte faisant état d’une étude scientifique américaine portant sur les impacts du gaz de schiste. Cette étude, menée par la National Oceanic and Atmospheric Administration et des chercheurs de l’Université du Colorado, conclut que les émanations de méthane de certains puits dans l’Utah sont quatre fois plus importantes que prévu. Cela indiquerait que le gaz de schiste produit autant de gaz à effet de serre que la pire des énergies fossiles, soit le charbon.

Favorable à la science

Interpellé par un internaute réagissant au fait que l’étude en question portait sur une seule région, le ministre a dit être « favorable à toute approche basée sur la science ». Mais il a aussitôt ajouté que « rien ne milite présentement » pour le développement de ce gaz non conventionnel, qu’on retrouve dans les basses-terres du Saint-Laurent.

Le bref commentaire d’Yves-François Blanchet a fait réagir le président et chef de la direction de Questerre Energy, Michael Binnion. « Si, comme vous le dites, vous vous en remettez à la science, attendrez-vous [l’évaluation environnementale stratégique] avant de prendre position ? », a laissé tomber le dirigeant de cette entreprise active dans le secteur gazier. L’échange ne s’est pas poursuivi.

Le gouvernement péquiste de Pauline Marois n’en est pas à ses premières salves contre cette industrie controversée. L’automne dernier, la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, s’était d’ailleurs attiré les foudres du lobby de l’énergie fossile en affirmant qu’elle ne voyait « pas le jour où il y aura des technologies qui permettront une exploitation sécuritaire » de ce gaz, extrait par fracturation hydraulique.

Le président de l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ), Lucien Bouchard, avait dénoncé cet « interdit inconditionnel et a priori » de la ministre, alors qu’une évaluation environnementale est en cours afin de déterminer comment exploiter cette ressource de façon « responsable ».

Forcée de réagir, la première ministre avait alors dû se montrer plus ouverte aux entreprises gazières en faisant valoir que « tous les impacts » de l’industrie seraient évalués avant que le gouvernement ne prenne une décision. Quelques semaines plus tard, après avoir réitéré des réticences certaines, la ministre Ouellet a indiqué qu’elle ne se prononcerait plus sur ce dossier.

Travaux en cours

Le comité chargé de mener l’évaluation environnementale stratégique de l’industrie du gaz de schiste poursuit présentement ses travaux. Selon ce qu’on a indiqué en décembre au Devoir, une porte-parole du ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, un document préliminaire devrait être présenté au cours des prochains mois.

Il n’a pas été possible de savoir de quelle façon le comité a décidé d’intégrer la question pétrolière dans ses travaux. Au printemps dernier, le ministre libéral Pierre Arcand avait ajouté ce volet au mandat du comité, mais sans changer sa composition, les délais prévus pour l’étude ou le budget consenti par Québec. Le comité, mis sur pied dans le sillage de la publication d’un rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, doit remettre son rapport à l’automne 2013."

Reportage signé Alexandre Shields publié le 8 janvier 2013 dans Le Devoir ici: http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/367848/blanchet-se-montre-peu-favorable-aux-gaz-de-schiste

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Blanchet seems little in favor of shale gas

Environment Minister Yves-François Blanchet clearly indicated Sunday that he was not very much in favor of seeing the development of the shale gas industry.

"Nothing is pushing for shale gas right now, not even the economy." he wrote in a comment on Twitter. The Minister refused to discuss this comment Monday, though. His press secretary Catherine Salvail started to say that Mr Blanchet would be willing to answer Le Devoir's questions. "Unfortunately, the Minister will not be able to call you. In fact, he does not wish to add any comment on this subject for the moment." she finally said a few minutes later.

The Minister, who is in charge of the shale gas file, first published a link on Twitter Saturday, a link that led to a text referring to an American scientific study on the impacts of shale gas. This study, led by the National Oceanic and Atmospheric Administration and researchers at Colorado University, comes to the conclusion that methane leaks of some wells in Utah are 4 times more than previously estimated. This would indicate that shale gas emits as much climate change gases as the worst fossil fuel: coal.

Favorable to science

Questioned by an Internet user reacting to the fact that this study applied to only one area, the Minister said being favorable to any approach based on science, but added that nothing made this unconventional gas development a good choice, the kind found in the St. Lawrence Lowlands.

This brief comment from Yves-François Blanchet made the CEO of Questerre Energy Michael Binnion react: "If, like you said, you would leave it to science to decide, will you wait for the Strategic Environmental Assessment before taking position?" said the head of this company in the gas industry. The conversation stopped at this point.

This is not the first attack against the PQ government of Pauline Marois coming from this controversial industry. Last Fall, the Natural Resources Minister Martine Ouellet was on the receiving end of assaults coming from the fossil fuel industry after saying that she could not see the day when technology would permit safe extraction of this gas using the hydraulic fracturing method.

The president of the Quebec Oil and Gas Association (APGQ), Lucien Bouchard, had condemned this unconditional and prejudiced ban coming from the Minister when a Strategic Environmental Assessment was on in order to determine how to extract this resource in a responsible way.

Having no choice but to react, the Prime Minister had then to show more openness towards the gas industry by saying that all the impacts of the industry would be evaluated before the government would take a decision. A few weeks later, after reluctantly repeating some apprehensions, Minister Ouellet said she would no longer comment on the question.

Work in progress

The committee in charge of the Strategic Environmental Assessment of the shale gas industry is still working on this assignment. By what was indicated to the Devoir in December, a spokesperson of the Environment Ministry said that a preliminary document would be ready in the following months.

It was not possible to know in what way the committee has decided to include the shale oil question. Last Spring, Liberal Minister Pierre Arcand had added this point to the workload of the committee, but without changing their members, the due date or their budget. The committee, formed after the publication of the provincial environmental public hearings body's report, should present it's own report by Fall 2013.

Saturday, January 12, 2013

Gaz de schiste - si propre que çà?

New research shows leaking methane from Boston's delivery system -- up to five per cent of total carried. Yellow spikes indicate methane concentrations exceeding 2.5 parts per million. Source: New York Times. - la nouvelle recherche démontrant les fuites dans le système de distribution de Boston, les lignes jaunes indiquent des concentrations au-dessus de 2,5 ppm.


Est-ce que le gaz de schiste est aussi propre comme le prétend l'industrie? Voici une traduction libre d'un reportage, le dernier d'une série d'Andrew Nikiforuk, journaliste indépendant et écrivain, conçue lors d'une rencontre avec Anthony Ingraffea à Calgary, en Alberta, à la fin décembre 2012.

Toutes les entrevues dans leur format original peuvent être téléchargées avec ce lien: http://thetyee.ca/Series/2013/01/08/Fracking-Myths-And-Realities/

Le dernier mythe et le plus largement répandu par l'industrie et les gouvernements au sujet du gaz de schiste et que c'est une source alternative d'énergie qui est propre, et même qualifiée de "verte".

Le gouvernement de la Colombie-Britannique dit du gaz naturel que c'est le combustible fossile le plus propre du monde et est la clé vers un avenir sevré du carbone.

Mais nous devons creuser davantage à la recherche de la vérité dit l'expert en fracturation hydraulique de Cornell University Anthony Ingraffea, qui a des décennies de recherche sous la ceinture et est à la base de cette série de reportages qui se termine avec celui-ci.

Si l'on compare le gaz naturel avec le pétrole et le charbon, le gaz naturel génère en effet moins de CO2 quand il brûle.

Mais le gaz de schiste n'est pas du gaz naturel conventionnel. Il demande beaucoup plus d'énergie à extraire et produire et contient souvent de grande concentrations de CO2 ou de sulfure d'hydrogène. De plus, l'échelle d'émissions fugitives et de fuites de méthane générées par les développements de gaz de schiste mettent au défi les affirmations de l'industrie et des gouvernements à propos de sa "propreté".

Avertissements sur les relâchements catastrophiques de méthane

Plusieurs scientifiques, dont Ingraffea, se doutent maintenant que le développement rapide des formations de gaz non conventionnel comme le méthane de schiste et des formations de charbon pourraient provoquer de telles émanations de méthane qu'elles pourraient contribuer à un déclenchement de système climatique alternatif de la planète.

Le méthane n'est pas seulement le deuxième plus important gaz qui contribue aux changements climatiques mais emprisonne aussi l'énergie de la chaleur dans l'atmosphère plus efficacement que le CO2. Il est 33 fois plus puissant que le CO2 sur une période de 100 ans ou 105 fois plus puissant sur une période de 20 ans. En d'autres mots, des émanations à cour terme de méthane peuvent faire plus de tort que les émissions de CO2.

"Chaque 1% de fuite de production dans la vie d'un puits provoque à peu près le même impact climatique que de brûler le méthane 2 fois." explique Ingraffea.

L'industrie du gaz naturel est maintenant la plus importante source de fuites de méthane dans l'atmosphère après les fermes industrielles (élevages intensifs) et les sites d'enfouissement.

La majorité du problème vient des fuites. Le méthane s'échappe dans l'air libre pendant les forages ainsi que pendant le reflux des fluides de fracturations à la surface. Certaines fuites se produisent durant la compression du gaz naturel et d'autres pendant le transport par gazoducs.

Les stations de gas naturel qui filtrent le gaz des impuretés et de l'eau connaissent aussi beaucoup de fuites de méthane. L’Association canadienne des producteurs pétroliers ont déjà évalué les fuites d'une station typique de gaz (sweet gas) pourraient aller jusqu'à 188 tonnes de méthane par année et une station de gaz sulfureux (sour gas) pourrait laisser échapper jusqu'à 251 tonnes. Mais un sondage de 2004 fait par Allan Chambers, un chercheur de l'Alberta, en utilisant une caméra spéciale pour détecter le radar et les fuites de gaz a trouvé de vraies fuites de méthane à six stations gazières de l'Alberta qui avaient des fuites de 4 à 8 fois plus importantes que les estimés de l'industrie. La station de sweet gas laissait fuir 1264 tonnes tandis que la station de gaz sulfureux laissait fuir 1020 tonnes par année.

L'échelle des taux de fuites a surpris les chercheurs. Dans une ville comme Boston, le système de distribution local de gaz a des fuites qui sont évaluées à 5% du produit selon une nouvelle recherche de Nathan Phillips, géographe de l'université de Boston. L'étude, la première du genre, a trouvé des fuites généralisées partout dans le système de distribution qui prend de l'âge, un total de 3,300 fuites, qui endommagent les arbres et gaspille des millions de dollars.

On évalue les fuites de méthane provenant des puits de gaz conventionnel non fracturés et des stations de gaz varient de ,4% à 2%.

Mais de nouvelles études sur les nouveaux sites de forages fracturés de gaz naturel indiquent que les taux de fuites venant des puits peuvent varier de 4% à 9% de la production totale de méthane ou de gaz naturel. C'est presque le double ou le triple de ce qu'on avait évalué comme fuites.

Une étude publiée en 2013 dans la revue scientifique Nature, publication reconnue mondialement, démontrait que les puits dans les régions exploitées et fracturées pour le gaz au Colorado et au Utah laissaient échapper 9% de leur méthane dans l'air.

Plus çà fuit, plus c'est sale

Selon plusieurs scientifiques, des fuites au-dessus de 2% durant les débuts de la production du gaz naturel rendent la flamme bleue une source sale d'énergie aussi problématique que le charbon ou le bitume.

Une étude de 2011 australienne a trouvé que les gains obtenus pour combattre les changements climatiques en échangeant les centrales au charbon au gaz naturel étaient tout simplement perdus à cause des taux de fuites de méthane conventionnel qui sont de 10% par les puits et les gazoducs.

On évalue en ce moment que les émissions de méthane venant du gaz de schiste sont presque 30 fois plus élevées que le gaz conventionnel durant la durée de vie d'un puits.

Le système global du climat est si sensible aux augmentations de méthane qu'une étude récente faite par le scientifique Drew Shindell de la NASA concluait qu'à moins que les émissions de méthane et de charbon noir (un autre puissant générateur de GES) ne soient pas rapidement diminuées, la planète se réchauffera de 1,5 degrés Centigrades d'ici l'an 2030 et de 2 degrés Centigrades d'ici 2045-2050 peut importe les réductions d'émissions de CO2.

Shindell vise tout particulièrement les réductions de fuites de méthane venant de l'industrie du gaz naturel comme étant une façon importante de ralentir les changements climatiques et améliorer la santé humaine.

Cuire le climat avec du gaz

En ce moment, les niveaux de CO2 dans l'atmosphère se tiennent à 393 parties par million et augmentent de 2ppm à chaque année à cause de l'exploitation et la consommation des combustibles fossiles et la destruction du couvert forestier de la planète.

Des scientifiques sont d'accord pour dire qu'une fois l'atmosphère atteindra des concentrations de CO2 de 450 ppm d'ici 30 ans, de très très mauvais évènements se produiront, dit Ingraffea, dont des tempêtes plus dangereuses, des sécheresses qui se prolongent, des pluies torrentielles et des inondations sur les côtes.

"Nous n'avons pas cent ans pour réparer le problème, pourtant l'industrie calcule qu'il y a assez de gaz de schiste pour nous durer un autre 100 ans." explique l'ingénieur.

Alors, contrairement à ce qu'affirment l'industrie et les promoteurs gouvernementaux du gaz de schiste, le gaz naturel n'est pas un combustible fossile propre. Et ce n'est pas un "pont" vers la propreté non plus. De plus, une quantité du gaz de schiste de la Colombie-Britannique contient 12% de CO2 qui est pour la majorité ventilé dans l'atmosphère.

Des émissions fugitives et des fuites venant de la production du gaz de schiste de la Colombie-Britannique totalise maintenant entre l'équivalent de 12 à 22 millions de tonnes de CO2 par année. Cela veut dire que la croissance de la production du gaz de schiste rend impossible l'atteinte des cibles de diminutions de GES de la province.

Ressources naturelles Canada admet maintenant que le gaz de schiste vient seulement avec une augmentation moyenne de GES de 4% que le gaz conventionnel et que les taux d'émissions de la production de la région Horn River en Colombie-Britannique est 10% plus élevée. Toutefois, des rapports fédéraux révèlent aussi que les données sur les émissions du gaz de schiste laissent beaucoup à désirer et que les millions de dollars ont été investis pour extraire ces ressources sans apparemment comprendre beaucoup les impacts environnementaux.

Pourtant, en bout de ligne, le cas du gaz de schiste est bien clair selon Ingraffea: ce n'est pas une solution pour combattre les changements climatiques mais un autre problème qui y contribue. "Tout au cour de son cycle de vie, le gaz naturel non conventionnel n'est probablement pas plus propre que le charbon ou le pétrole, et le gas conventionnel est comparable aux autres combustibles fossiles." conclue Ingraffea.

De plus, le développement rapide du gaz de schiste ne fera qu'empirer les changements climatiques et pourrait devenir, si on ne l'arrête pas, un point de non retour vers un chaos climatique.

Connaissant ces faits scientifiques, Ingraffea appuie la réduction de l'usage des combustibles fossiles et un moratoire sur la production du gaz de schiste tout en investissant de façon pointilleuse dans des formes renouvelables d'énergie comme le géothermique, l'éolien et le solaire.

"Ce n'est pas sorcier, mais çà demande une volonté politique."

Photo: coalitionforahealthycounty.wordpress.com

"Shale Gas: How Clean Is It?

Fracked fuel far more dirty than industry, governments claim. Final myth in series.

By Andrew Nikiforuk, Yesterday, TheTyee.ca

The last and most prevalent myth about shale gas is that it's a clean, even green, alternative energy.

The government of British Columbia calls natural gas "the world's cleanest fossil fuel" and a path to a low carbon future.

But you have to dig much deeper for the truth, says Cornell University fracking expert Anthony Ingraffea, whose decades of research are a main basis for this series ending today.

Compared to oil and coal, natural gas does indeed produce less CO2 gas when it's burned.

But shale gas is not conventional natural gas. It's much more energy intensive and often contains high amounts of CO2 or hydrogen sulfide. Moreover the scale of fugitive emissions and methane leakage from shale gas developments squarely challenges both industry and government claims about its cleanliness.

Warnings of catastrophic methane releases

Many scientists, including Ingraffea, now suspect that the rapid development of unconventional gas deposits such as shale and coal bed methane could result in such huge methane releases that they could help tip the planet into an "alternate climate system."

Methane is not only the second most important gas contributing to global climate change but traps heat energy in the atmosphere more effectively than CO2. It is 33 times more potent than CO2 over a 100 year period or 105 times more powerful over a 20 year period. In other words, short term releases of methane can do more damage than CO2 emissions.

"Each one per cent lifetime production leakage in a well produces about the same climate impact as burning the methane twice," explains Ingraffea.

The natural gas industry is now the largest source of methane releases into the atmosphere after factory farms and landfills.

Most of the problem comes from leakage. Methane wafts into the air during drilling as well as during frack fluid flowback. Some leaks occur during the compression of natural gas and others during pipeline transport.

Natural gas plants,which scrub the gas free of impurities and water, also leak substantive amounts of methane. The Canadian Association of Petroleum Producers once estimated that a typical sweet gas plant might leak 188 tonnes of methane a year and a sour gas plant about 251 tonnes. But a 2004 survey by Alberta researcher Allan Chambers using a special radar and gas leak camera found real methane leaks at six Alberta gas plants were four to eight times higher than industry estimates. The sweet plant leaked 1264 tonnes while the sour plant leaked 1020 tonnes a year.

The scale of leakage rates has stunned researchers. In a city like Boston the local gas delivery system leaks as much as five per cent of the product according to new research from Boston University geographer Nathan Phillips. The study, the first of its kind, found pervasive methane leaks throughout an aging delivery system (some 3,300 leaks) that damaged trees and wasted millions of dollars.

Estimates on methane leakage from non-fracked, conventional gas wells and gas plants range from .4 per cent to two per cent.

But new studies on heavily fracked natural gas fields indicate leakage rates from wells can range anywhere from four to nine per cent of total methane or natural gas production. That's nearly double or triple of previous estimates of leakage.

A 2013 study in Nature, one of the world's leading scientific journals, found that well–fractured gas fields in Colorado and Utah were leaking nine per cent of their methane into the air.

The leakier the dirtier

According to many scientists any leakage above two per cent in upstream natural gas production makes the blue flame a dirty source of energy as problematic as coal or bitumen.

One 2011 Australian study found that any climate gains made in converting coal-fired power stations to natural gas were simply lost by conventional methane leakage rates of 10 percent from wells and pipelines.

It is now estimated that methane emissions from shale gas are nearly 30 times more than those of conventional gas over the lifetime of a well.

The global climate system is so responsive to increases in methane that a recent study by NASA scientist Drew Shindell concluded that that unless emissions of methane and black carbon (another potent heat trapper) are quickly curtailed, the Earth will warm to 1.5 degrees Centigrade by 2030 and to two degrees Centigrade by 2045 to 2050 regardless of CO2 reductions.

Shindell specifically targeted reductions in methane leaks from the natural gas industry as an important way to slow down climate change and improve human health.

Cooking the climate with gas

Right now CO2 levels in the atmosphere stand at 393 parts per million and are increasing 2 ppm every year due to the exploitation and burning of fossil fuels and the destruction of global forest cover.

Scientists agree that once the atmosphere hits CO2 concentrations of 450 ppm within 30 years "really bad things will start to happen," says Ingraffea, including more dangerous storms, prolonged droughts, torrential rains and coastal flooding.

"We haven't got a hundred years to fix the problem yet industry calculates there is enough shale gas to last hundred years," explains the engineer.

So, contrary to the claims of industry and government shale gas promoters, natural gas is not a "clean fossil fuel." Nor is it a bridge to cleanliness. In addition some of British Columbia's shale gas comes with a 12 per cent CO2 content, which is mostly vented into the atmosphere.

Fugitive emissions and leaks from BC's shale gas production now total between 12 and 22 million tonnes of CO2 equivalent a year. That means any expansion of shale gas production makes it impossible for the province to meet any of its climate change goals.

Natural Resources Canada now admits that shale gas comes with only a four per cent higher GHG emissions on average than conventional gas and that B.C.'s Horn River emission rate is 10 per cent higher. However, federal reports also reveal that data on shale gas emissions is extremely poor and that "millions of dollars has been invested in these resources with apparently little understanding of some of the environmental impacts."

Still, the bottom line on shale gas, says Ingraffea, is clear: it is not a climate change solution but another problem. "Over its life cycle, unconventional natural gas is likely no cleaner than coal or petroleum, and conventional gas comparable to other fossil fuels," concludes Ingraffea.

Moreover rapid shale gas development will exacerbate global climate change and could become, if not curtailed, a major tipping point into climate chaos.

Given these scientific facts Ingraffea supports a reduction in fossil fuel usage and a moratorium on shale gas production combined with focused investments in renewable forms of energy including, geothermal, wind, and solar.

"That's not rocket science but it does take political will." "

Link: http://thetyee.ca/News/2013/01/10/How-Clean-Is-Shale-Gas/
Photo: powderriverbasin.org

Friday, January 11, 2013

Gaz de schiste - ces fuites qui fuient

Ces puits fracturés fuient-ils souvent?

Quand l'industrie affirme que çà survient rarement, cela est un mythe. C'est un problème chronique bien documenté. Troisième reportage d'une série d'Andrew Nikiforuk dans le quotidien indépendant The Tyee.

L'une des affirmations les plus effrontées répétées par l'industrie du gaz de schiste va comme suit: les pétrolières et les gazières qui ont foré et fracturés un million de puits de gaz et de pétrole ont rarement eu des problèmes.

En d'autres mots, les fuites de fluides de fracturations ou de méthane sont un "phénomène rare".

Mais les données de l'industrie démolissent ces affirmations douteuses dit l'ingénieur de Cornell University Anthonhy Ingraffea. Celui-ci est la principale source d'information pour cette série de reportages, car il a étudié la science non linéaire des fractures de roc depuis 3 décennies.

De plus, des études de l'industrie démontrent clairement que de 5% à 7% de tous les puits pétroliers et gaziers nouvellement forés ont des fuites. En prenant de l'âge, le pourcentage des puits qui ont des fuites peut augmenter jusqu'à de 30% à 50%. Mais les pires fuites se voient dans les puits "déviés", ou les puits forés horizontalement, ceux habituellement fracturés hydrauliquement.

En réalité, des trous de puits qui fuient sont un problème persistant et chronique depuis des décennies. Même un reportage dans la revue Oil Field Review de 2003, publiée par Schlumberger, reconnaissait que depuis les premiers puits gaziers, des migrations incontrôlés d'hydrocarbures vers la surface ont été un défi pour l'industrie pétrolière et gazière.

On monte!

Le méthane, un gaz léger par nature, veut monter. Partout où les foreurs n'ont pas scellé et cimenté correctement les trous de puits dans le roc de schiste profond, le gaz va s'échapper et se déplacer grâce aux fissures dans le roc (les naturelles et celles produites par l'industrie) pour se retrouver dans l'eau souterraine, le fond des cours d'eau, les puits d'eau potable et même dans les sous-sols des maisons.

Le passage du temps peut affecter les fuites également. Les vieux travaux de cimentation qui se désagrègent expliquent en grande partie pourquoi les puits forés par des plate-formes dans le Golfe du Mexique rapportent des taux de fuite qui vont jusqu'à 60% après 16 années de service. Des puits abandonnés (orphelins) peuvent aussi devenir des sources majeures de pollution.

La Norwegian Petroleum Safety Authority rapporte que 18% de ses puits en haute mer ont des problèmes d'intégrité, tandis que l'Australie est affligée de fuites chroniques de ses puits de gaz non conventionnel dans les formations de charbon fracturées.

"Tout se qui prend de l'âge commence à faire défaut." explique Ingraffea. "J'ai 65 ans et j'ai dû me faire remplacer un genou.

Est-ce que l'Alberta fuit beaucoup?

En se fiant sur des rapports de l'industrie adressés aux régulateurs, et non pas sur des vérifications indépendantes, environ 5% des 300,000 puits pétroliers et gaziers de l'Alberta ont des fuites en ce moment. Mais une étude de 2009 faite par les scientifiques de l'Alberta Stephan Bachu et Theresa Watson on découvert que ces "puits déviés" avaient des taux de fuites typiquement à 60% en prenant de l'âge. De plus, les fracturations hydrauliques à grande pression augmentaient le potentiel de former des passages vers d'autres puits, vers l'air libre et vers l'eau souterraine.

Theresa Watson, maintenant un membre du comité de l'Alberta Energy Resources Conservation Board (ERCB), a aussi révélé qu'une augmentation du nombre de puits d'eau potable dans des régions pétrolières et gazières qui sont intensément fracturées pourrait augmenter les chances que le gaz, à cause de la migration dans des zones peu profondes, peut s'accumuler dans les bâtiments.

L'agence régulatrice de l'Alberta ne tient pas encore un registre des puits qui fuient de façon rigoureuse ni transparente mais remarque par contre que dans un rapport sur le terrain de 2011 que des fuites et des migrations de méthane sont routiniers et viennent avec des non respects à fort risque que les compagnies révèlent volontairement à l'agence. En Alberta, l'industrie est toujours une industrie qui se réglemente surtout elle-même.

Des fuites de fluides de fracturations toxiques sont aussi fréquentes parce que seulement 25% à 60% des produits chimiques dilués avec de l'eau utilisés pour faire exploser le schiste ou les formations de charbon sont récupérés.

Dans un rapport de l'EPA des É.-U. de 2004, on y lit que si les fluides de fracturations ont été injectés au-delà d'un point en dehors de la zone de capture du puits, ils ne seront pas récupérés par le pompage de production et, si ils demeurent mobiles, peuvent être disponibles pour migrer vers un aquifère.

Les taux de défaillances des puits de gaz de schiste dans des régions très fragmentées avec de la règlementation transparente est maintenant devenue un problème important. Pendant la course vers le gaz en Pennsylvanie, plus de 75 compagnies ont foré des milliers de puits et fracturé des formations rocheuses partout dans l'état en 2007. À cause du nombre d'accidents, de déversements et de fuites à la hausse, le Department of Energy a commencé à colliger et publier des statistiques disponibles au public.

Ce que 16,017 inspections ont trouvé

En 2012, Ingraffea et ses collègues ont passé au travers des rapports de ces 16,017 inspections qui ont été soumis depuis les 4 dernières années. Ce qu'ils ont trouvé est un taux important et constant de fuites de méthane au site du trou foré ou ce que le jargon de l'industrie appelle "bubbling in the cellar", des bulles dans la cave.

En 2010, 11 des 1,609 puits forés et fracturés ont connu des défaillances et fuient. C'est un taux d'échecs de 6,9%. En 2012, 67 des 1,014 puits avaient des fuites, un taux d'échecs de 7%.

"Nous avons regardés les infractions, pas les commentaires." dit Ingraffea. Souvent, les inspecteurs prenaient note qu'un puits avait des fuites comme une passoire, mais un avis d'infraction étaient en suspens. Comme conséquence, la note de 7% représente une sous-estimation importante des fuites de méthane, dit Ingraffea.

De plus, le taux de 7% inclut seulement les fuites à la tête du puits. Cela n'inclut pas les fuites qui surgissent dans le fond des cours d'eau, dans les puits d'eau potable, dans les étangs qui sont souvent à 2,000 pieds de distance du site de forage, après plusieurs opérations de fracturations.
Photo du puits de Leclercville prise par Pierre Bluteau

Çà fait beaucoup de puits qui fuient

En 2009, la compagnie Cabot Oil and Gas avait foré 68 nouveaux puits dans le Marcellus en Pennsylvanie, et le département de protection de l'environnement de l'état (DEP) arrivait à la conclusion que cela avait causé une contamination de grande envergure d'eau souterraine qui a lésé une douzaine de familles dans la ville de Dimock. Des régulateurs de l'état ont servi la compagnie 7 fois des avis d'infraction pour avoir manqué de rapporter des coffrages défectueux, insuffisants ou mal cimentés en dedans des 24 heures ou soumettre un plan de correction en dedans de 30 jours.

Mais ce problème récurrent va seulement s'empirer. L'industrie propose de forer entre 150,000 et 200,000 nouveaux puits afin d'exploiter le schiste du Marcellus en Pennsylvanie, la Virginie Occidentale et New York. Vu les pratiques courantes, cela veut dire qu'il y aura de 10,000 à 20,000 nouveaux puits qui fuiront du méthane dans l'atmosphère ou dans l'eau souterraine, et il y en aura beaucoup plus au cour du temps. "Cela fait beaucoup de puits qui fuient." dit Ingraffea.

Les preuves s'accumulent aussi sur les fluides toxiques utilisés pour les fracturations hydrauliques qui peuvent migrer vers des plans d'eau adjacents. Une étude de 2012 publiée dans le journal scientifique Ground Water prévoyait que les fracturations hydrauliques ouvrent davantage de passages pour les déplacements des fluides autant que pour le méthane. Et une étude récente faite par l'EPA des É.-U. à Pavilion, au Wyoming, a trouvé que des fluides toxiques avaient contaminé des sources d'eau potable locales.

Alors! Est-ce un mythe, ou la réalité, quand l'industrie affirme que les fuites sont rares?

La vérité scientifique est irréfutable dit Ingraffea: "Les migrations fluides venant des puits défectueux est un problème chronique bien connu avec un taux de récurrence que l'on peut prévoir." Des constructions de puits inadéquates et un manque de monitorage demeurent un problème persistant de l'industrie.

Les implications sur la santé sont aussi sérieuses. Les migrations de méthane ou de fluides de fracturations ont contaminé l'eau souterraine de façon répétitive partout en Amérique du Nord, ou ont pollué l'atmosphère avec leur méthane, un gaz à effet de serre très néfaste.

Le prochain reportage, le dernier de la série, sera sur la propreté du gaz naturel.
Photo: Olivier Croteau

"Shale Gas: How Often Do Fracked Wells Leak?

When industry says hardly ever, that's a myth. It's a documented, chronic problem. Third in a series.

By Andrew Nikiforuk, Today, TheTyee.ca

One of the boldest claims made by the shale gas industry goes like this: oil and gas companies have drilled and fractured a million oil and gas wells with nary a problem.

In other words fracture fluid or methane leaks are "a rare phenomenon."

But industry data disproves this dubious claim says Cornell University engineer Anthony Ingraffea, the main source for this series, who has studied the non-linear science of rock fractures for three decades.

Moreover industry studies clearly show that five to seven per cent of all new oil and gas wells leak. As wells age, the percentage of leakers can increase to a startling 30 or 50 per cent. But the worst leakers remain "deviated" or horizontal wells commonly used for hydraulic fracturing.

In fact leaking wellbores has been a persistent and chronic problem for decades. Even a 2003 article in Oil Field Review, a publication of Schlumberger, reported that, "Since the earliest gas wells, uncontrolled migration of hydrocarbons to the surface has challenged the oil and gas industry."

Going up

Methane, by its very lightness, wants to go up. Where ever drillers have not properly sealed and cemented wellbores in deep shale rock, the gas will escape and move through rock fractures (existing or industry-made ones) into groundwater, stream beds, water wells and even the basements of houses.

Aging can affect leakage too. Old and decaying cement jobs largely explain why offshore oil wells in the Gulf of Mexico report leakage rates as high as 60 per cent after 16 years of service. Abandoned wells also can become major pollution portals.

The Norwegian Petroleum Safety Authority reports that 18 per cent of its deep offshore oil and gas wells have integrity problems, while Australia struggles with chronic leaks from fractured coal bed methane wells.

"Anything that ages starts to fail," explains Ingraffea. "I'm 65 and I've had a knee replaced."

How much of Alberta is leaking?

Based on industry reports to regulators as opposed to independent audits, about five per cent of Alberta's 300,000 oil and gas wells now leak. But a 2009 study by Alberta scientists Stephan Bachu and Theresa Watson found that so-called "deviated wells" (the same kind right angling used for fracturing shale gas and tight oil formations) typically experienced leakage rates as high as 60 per cent as they age. Moreover "high pressure fracturing" increased the potential to create pathways to other wells, the atmosphere and groundwater.

Theresa Watson, now a member of Alberta's Energy Resources Conservation Board, also disclosed that an increase in the number of water wells in heavily fractured oil and gas fields would increase "the likelihood that gas, due to migration through shallow zones, can accumulate in buildings."

Alberta's energy regulator does not yet keep track of leaking wells in a rigorous or transparent fashion but it does note in a 2011 Field Surveillance Report that leaks and methane migration are routine items of "high risk noncompliance" that companies voluntary disclose to the regulator. In Alberta the industry remains largely self-regulated.

Leaking of toxic fracture fluids is also common because only 25 to 60 per cent of diluted chemicals and water used to blast open shale or coal formations are ever recovered.

In a 2004 report the U.S. Environmental Protection Agency factually noted that "if fracturing fluids have been injected to a point outside of the well's capture zone, they will not be recovered through production pumping and, if mobile, may be available to migrate through an aquifer."

The failure rates of shale gas wells in heavily fractured jurisdictions with transparent regulation has now become a significant issue. During the shale gas rush in Pennsylvania more than 75 companies drilled thousands of wells and fractured rock formations throughout the state in 2007. Due to a rising number of accidents, spills and leaks, the Department of Energy started to compile and publish open public statistics.

What 16,017 inspection reports said

In 2012 Ingraffea and colleagues read through 16,017 inspection reports filed over the last four years. What they found was a significant and steady rate of methane leaks at the wellbore or what is known in industry jargon as "bubbling in the cellar."

In 2010, 111 of 1,609 wells drilled and fracked failed and leaked. That's a 6.9 per cent rate of failure. In 2012, 67 out of 1,014 wells leaked -- a seven per cent rate of failure.

"We looked at violations and not comments," adds Ingraffea. Quite often inspectors would note that a well was leaking like a sieve but that violation was pending. As a consequence the seven per cent figure represents a dramatic underestimate of methane leaks, says Ingraffea.

Moreover, the seven per cent figure only includes leaks at the wellhead. It does not include leaks that sprouted up in stream beds, water wells, or ponds often 2,000 feet away from the well site after steady fracking operations.

'That's a lot of leaking wells'

In 2009, Cabot Oil and Gas drilled 68 new Marcellus wells in Pennsylvania that the state's Department of Environmental Protection concluded resulted in extensive groundwater contamination for nearly a dozen families in the town of Dimock. State regulators cited the company seven times for "Failure to report defective, insufficient or improperly cemented casing within 24 hours or submit plan to correct within 30 days."

But this common problem will only get worse. Industry has proposed between 150,000 to 200,000 new wells to develop the Marcellus Shale in Pennsylvania, West Virginia and New York. Given current practices that means 10,000 to 20,000 new wells leaking methane into the atmosphere or groundwater and many more over their lifetimes. "That's a lot of leaking wells," says Ingraffea.

Evidence is also growing that toxic fluids used for hydraulic fracturing can also migrate into adjacent water bodies. A 2012 study in the journal Ground Water warned that hydraulic fracturing opens more pathways for the movement of both fluids and methane. And a recent study by the US Environmental Protection Agency in Pavilion, Wyoming, found that toxic fluids had contaminated local water supplies.

So what is it, myth or reality, when industry claims that leaks are rare?

The scientific truth is irrefutable says Ingraffea: "Fluid migration from faulty wells is a well-known chronic problem with an expected rate of occurrence." Inadequate well construction and monitoring remains a persistent industry problem.

The health implications are also serious. The migration of methane or fracking fluid has repeatedly contaminated groundwater across North America or polluted the atmosphere with methane, a potent greenhouse gas.

Tomorrow, last in the series: How clean is natural gas? [Tyee] "

Link: http://thetyee.ca/News/2013/01/09/Leaky-Fracked-Wells/
Photo: Annik MH de Carufel

Thursday, January 10, 2013

Gaz de schiste - dur, dur sur le paysage

Photo: Anthony Ingraffea

Quels sont les impacts du gaz de schiste sur le paysage?

Traduction libre d'un reportage, 2e d'une série, d'Andrew Nikiforuk, écrit après une entrevue avec Anthony Ingraffea.

L'affirmation de l'industrie qui dit que les puits regroupés aident à préserver les forêts et les terres agricoles est un mythe, dit un expert.

L'industrie du gaz de schiste dit qu'elle fait tout son possible pour minimiser ses impacts sur les terres boisées et agricoles, et c'est ici la source du 2e plus important mythe répandu par l'industrie.

Les lobbys de l'industrie comme l'Association des producteurs pétroliers canadiens (CAPP), par exemple, affirment qu'un site de puits de gaz naturel est à peu près de la taille d'un garage pour 2 automobiles et que la pratique d'avoir des sites de forage à plusieurs puits (multi-well drilling pads) a grandement réduit la surface perturbée au sol par les opérations de forages.

Mais Anthony Ingraffea, le professeur en ingénierie de l'université Cornell que nous avons rencontré dans le premier article de cette série, et qui a longtemps étudié la science de fracturer le roc et a travaillé comme consultant pour l'industrie, dit que les gens qui effectuent des fracturations hydrauliques ne disent pas tout des impacts sur le paysage.

"Premièrement, comment une industrie peut réduire ses impacts dans des régions où il ne s'est jamais fait de fracturation hydraulique auparavant?" dit Ingraffea.

En d'autres mots, comment est-ce qu'une industrie qui a à peine 10 ans d'histoire peut se vanter de minimiser ses impacts dans les régions sauvages du nord-est de la Colombie-Britannique, les plaines herbacées du Wyoming ou les communautés agricoles en Pennsylvanie?

Mais la réfutation d'Ingraffea ne s'arrête pas là.

Seize puits sur un site de forage

La pratique de forer jusqu'à 19 puits sur un site industriel a été perfectionnée dans le nord-est de la Colombie-Britannique.

Cela n'a pas été fait pour minimiser l'empreinte environnementale de l'industrie, mais bien pour concentrer ses machines et ses matériaux en un seul endroit afin de réduire les coûts et accélérer l'octroi des permis de forages.

De plus, ces sites de forages industriels, duquel les puits descendent à des angles dans toutes les directions sur plus de 2 kilomètres sous terre, représentent que les premières étapes de l'exploration. Cela ne représente pas la densité de développement nécessaire pour extraire le gaz de schiste au cour des années. Une étude en Alberta de 2012 prenait note que le développement commercial généralisé exigera des investissements importants en infrastructures sur la surface ainsi que des routes d'accès et provoquer ainsi beaucoup plus de dérangements sur le terrain.

Étant donné que seulement 6,500 sites de forages ont été forés sur ce que l'on prévoit être un nombre approchant plutôt 150,000 si l'on se fie à ce qui se fait en Pennsylvanie dans la formation du Marcellus, Ingraffea pense qu'on ne verra pas de réduction d'impacts.

En affirmant que des sites de forages à plusieurs puits réduira le nombre de puits uniques verticaux dans le paysage est aussi trompeur. Le gaz de schiste est tout simplement trop coûteux à extraire et complexe comme ressource pour être développé avec des puits verticaux conventionnellement espacés à un ou deux par site par lot de terrain.

"C'est faire une fausse comparaison" dit Ingraffea.

Des gros joueurs qui visent haut

En toute honnêteté, l'industrie est un perturbateur de terrain formidable. Les deux compagnies EnCana et Chesapeake Energy, deux gros joueurs dans le gaz de schiste, ont amassé chacune des propriétés qui égalent en surface l'état de la Virginie Occidentale, et ce pour le gaz de schiste seulement.

Les deux compagnies sont à fragmenter actuellement ces géographies avec des sites de forages à plusieurs puits à tous les deux milles par un mille d'espacement entre eux.

Chaque site de forage à plusieurs puits a l'air et fonctionne comme un site industriel occupé desservi par une flotte de centaines de camions pour plus d'un an. Le site doit aussi importer de grands volumes d'eau, de produits chimiques et de sable qui a été miné à des milliers de kilomètres du site.

Une usine de gaz de schiste fracturé peut aussi compter des bassins de rétention pour ses eaux usées, des évents ou des torchères de méthane et des gaz toxiques qui y sont associés, de la construction lourde de routes ainsi que de la construction intensive de gazoducs et d'autres pipelines.

Sur un seul site mufti-puits d'EnCana au nord-est de la Colombie-Britannique, la compagnie a consommé plus de ressources qu'une petite ville: elle a injecté 417 millions de gallons d'eau avec presque 80,000 tonnes de sable ainsi que 8 millions de gallons de produits chimiques à fracturer.

Vu l'intensité de tels sites industriels, les communautés agricoles et des Premières Nations du nord de la Colombie-Britannique se sont toutes deux plaintes amèrement des sites de forages uniques de 5 acres ainsi que des sites à plusieurs puits de 20 acres à cause du trafic lourd industriel, de la dévaluation des propriétés, de la pollution de l'air, de la contamination de l'eau ainsi que du bruit incessant.

Il y a eu comme conséquence que l'échelle de l'industrie et les activités autour des sites à plusieurs puits transforment inévitablement les communautés rurales en "site industriel", dit Ingraffea.

Le scientifique a visité les sites d'usines de gaz de schiste en Pennsylvanie, et il dit que l'industrie a nivelé des montagnes entières et emplit des vallées au complet afin d’accommoder des sites de forages monstrueux de plusieurs acres.

Des changements de qualité des terres

Les dérangements du sol par l'industrie du schiste sont très importants, aussi. Une étude aux É.-U. de 2012 concluait que le développement du gaz de schiste changera dramatiquement la qualité des sols agricoles privés et les forêts publiques. Selon Patrick Drohan, un chercheur en agriculture du Penn State (NDLT:université de la Pennsylvanie), le développement du gaz de schiste pourrait changer substantiellement les paysages de la Pennsyvanie.

De plus, le développement de nouvelles routes pour desservir les forages pourrait impacter l'intégrité des écosystèmes forestiers en augmentant la fragmentation du couvert forestier. L'industrialisation des forêts nordiques pourraient aussi exposer les cours d'eau en amont et les rivières en aval à de la pollution, selon Drohan.

Alors! La pratique de sites de forages à plusieurs puits et le regroupement des forages (cluster drilling), dont les impacts cumulatifs demeurent sans études d'impacts et sans encadrement la plupart du temps, ne réduisent pas les impacts du tout.

En réalité, leur déploiement facilite et prolonge l'industrialisation intense et laisse une empreinte plus grande et plus durable selon Ingraffea.

Les impacts sur la santé des communautés rurales sont aussi considérables. On peut penser au bruit et à la pollution lumineuse; aux émissions d'oxyde d'azote, aux déversements accidentels de fluides de fracturation; aux évents; aux petits séismes et aux fuites accidentelles de gaz toxiques comme le sulfure d'hydrogène.

Le prochain reportage sera sur les problèmes de fuites chroniques.
Photo: Jessica Ernst

"Shale Gas: How Hard on the Landscape?

Industry's claim that clustered wells preserve forests and farms is a myth, says expert. Second in a series.

By Andrew Nikiforuk, Today, TheTyee.ca

The shale gas industry claims that it is doing everything it can to minimize its impact on forests and farms, but therein lies the resource's second major myth.

Industry lobbyists such as Canadian Association of Petroleum Producers (CAPP), for example, claim that a natural gas well site is about the size of two car garage and that "the use of multi-well drilling pads have greatly reduced the area of land disturbed in drilling operations."

EnCana, a big shale gas player, adds its own twist to the claim: "One 250-by-250-metre-square multi-well pad produces some 15 square kilometres of resource, essentially replacing several hundred vertical wells and well sites, along with their associated roads and pipelines. The result is enhanced environmental performance through minimized land disturbance."

But Anthony Ingraffea, the Cornell University professor of engineering we met in the first article in this series, and who has long studied the science of rock fracturing and consulted to industry, says that frackers aren't telling the whole story about their impact on landscapes.

"First of all how does the industry reduce impact in places where high volume hydraulic fracturing has never been done before?" asks Ingraffea.

In other words how can a 10-year-old shale gas industry boast about minimizing disturbance in the wilds of northern British Columbia, the grasslands of Wyoming or farming communities in Pennsylvania?

But Ingraffea's rebuttal doesn't stop there.

Sixteen wells on one pad

The practice of drilling up to 16 wells on one industrial pad was first developed in northern British Columbia.

It was not done to minimize the industry's environmental footprint, but to concentrate machines and material in one place in order to reduce costs and accelerate well approvals.

Moreover these industrial fracking pads, from which wells angle out in all directions over two km underground, represent but the early stages of exploration. It doesn't reflect the density of development needed to extract shale gas overtime. A 2012 Alberta study noted that "widespread commercial development... will require significant investment in surface infrastructure facilities and roads" and much greater land disturbance.

Given that only 6500 wells sites have been drilled out of a proposed 150,000 for Pennsylvania's Marcellus shale gas play, Ingraffea says "I don't see any reduction in impact."

Saying that multi-pad wellsites will reduce the number of vertical single wells on the landscape is also a misnomer. Shale gas is just too expensive and complex a resource to be developed by vertical wells conventionally spaced at one or two wells per section of land.

"It is a false comparison," says Ingraffea.

Big players, big aims

By any honest measure the industry is a formidable land disturber. Both EnCana and Chesapeake Energy, two large shale gas players, have assembled separate land bases equal in size to the state of West Virginia for shale gas drilling alone.

Both companies are now actively fragmenting these geographies with multi-well pads every two miles by one mile.

Each multi-pad well site looks and performs like a busy factory site serviced by a fleet of hundreds of trucks for over a year. The site must also import vast volumes of water, chemicals and sand often quarried thousands of kilometres away.

A shale gas frack factory may also include wastewater ponds, the venting or flaring of methane and associated toxic gases, heavy road construction as well as extensive pipeline building.

At one EnCana multi-well site in northern B.C., the company consumed more resources than a small city: it injected 417 million gallons of water along with nearly 80,000 tons of sand as well as eight million gallons of fracking chemicals.

Given the intensity of such industrial sites both farming and First Nation communities in northern B.C. have complained bitterly about five-acre single well sites as well as 20-acre multi-well pads due to industrial traffic, property devaluation, air pollution, groundwater contamination and endless noise.

As a consequence the sheer scale of the industry and activity around multi-pad well sites inevitably turns rural communities into "an industrial site," says Ingraffea.

The scientist, who has visited shale gas factory sites across Pennsylvania, adds that the industry has flattened entire mountains and filled whole valleys to accommodate monstrous multi-acre drilling sites.

Land quality game changer

Land disturbance by the shale industry is highly significant too. A 2012 US study concluded that shale gas development will dramatically change the quality of both private agricultural land and public forests. According to Patrick Drohan, an agricultural researcher at Penn State, "shale-gas development could substantially alter Pennsylvania's landscape."

In addition "the development of new roads to support drilling could affect forest ecosystem integrity via increased fragmentation." The industrialization of northern forests could also place "headwater streams and larger downstream waterways at risk of pollution," according to Drohan.

So the use of multi-well pads and cluster drilling, whose cumulative impact remains unstudied and largely unregulated, does not really reduce impact at all.

In fact their very deployment "facilitates and prolongs intense industrialization and leaves a larger and long-term footprint," says Ingraffea.

The health impacts on rural communities are also considerable. They include noise and light pollution; nitrogen oxide emissions; fracture fluid spills; venting; mini-earthquakes and accidental releases of toxic gases such as hydrogen sulfide.

Tomorrow: The chronic leakage problem. [Tyee] "

Link: http://thetyee.ca/News/2013/01/08/Shale-Gas-Hard-On-Landscape/