Friends of the Richelieu. A river. A passion.



"Tout cedit pays est fort uny, remply de forests, vignes & noyers. Aucuns Chrestiens n'estoient encores parvenus jusques en cedit lieu, que nous, qui eusmes assez de peine à monter le riviere à la rame. " Samuel de Champlain


"All this region is very level and full of forests, vines and butternut trees. No Christian has ever visited this land and we had all the misery of the world trying to paddle the river upstream." Samuel de Champlain

Thursday, May 8, 2014

Jessica continue de foncer

Photo: Anthony Hall
La propriétaire terrienne retourne en cour d'appel, continuant sa bataille contre le régulateur énergétique de l'Alberta.

L'appel du jugement précédent dans le cas légal de Jessica Ernst se poursuit jeudi.


Ma traduction libre du reportage d'Andrew Nikiforuk publié le 8 mai 2014 dans le quotidien The Tyee.

Est-ce que le régulateur pétrolier et gazier de l'Alberta a un devoir de protection envers les propriétaires terriens de l'Alberta lésés par l'empreinte industrielle à jamais envahissante des opérations de fracturations hydrauliques?

Ou est-ce que le régulateur peut refuser d'écouter les préoccupations des propriétaires et des citoyens, violant ainsi possiblement leurs droits selon la Charte?

Voici les questions que devront débattre un comité de 3 juges de la cour d'appel de l'Alberta demain (le 8 mai) à Calgary, poursuivant ainsi le procès de Jessica Ernst qui avance lentement au travers les dédales du système de justice du Canada.

Il y a 7 ans de cela, la consultante des pétrolières et propriétaire terrienne entamait un procès contre le gouvernement de l'Alberta, contre Energy Resources Conservation Board (ou ERCB, maintenant appelé Alberta Energy Regulator) et contre Encana Corporation pour $33 millions.

Le procès prétend qu'Encana a foré et fracturé des puits à faible profondeur dans des formations de houille directement dans la source locale d'eau potable entre 2001 et 2004 près de Rosebud, en Alberta, polluant ainsi le puits d'eau potable de Mme Ernst avec suffisamment de produits chimiques toxiques et de méthane pour le rendre inflammable.

Il prétend également que 2 régulateurs de la province (le ERCB et Alberta Environment) n'ont pas agit lors d'infractions documentées et cessé toute communication avec Mme Ernst, donnant l'excuse qu'elle était une "menace criminelle".

Surtout, la poursuite prétend que le ERCB a violé les droits de libre expression de Mme Ernst selon la Charte en lui défendant de contacter le comité pendant qu'elle s'occupait des problèmes de pollution sur sa propriété.

L'an passé, le juge Neil Wittman de la cour du banc de la Reine jugea que le procès contre Alberta Environment et Encana pouvait aller de l'avant.

Mais Wittman excluait le régulateur énergétique, décidant que la législation provinciale lui donnait immunité officielle vis-à-vis les requêtes selon la Charte et que le ERCB n'avait pas de devoir de protection envers Ernst.

L'appel de Mme Ernst de cette décision avance l'argumentaire que Wittman a fait erreur sur 3 points.

Ce que la cour va entendre

Les avocats de Mme Ernst, Murray Klippenstein et Cory Wanless, présenterons les arguments que la clause d'immunité officielle ne peut pas s'appliquer pour les requêtes sous la Charte. Comme le mentionnait la juge de la cour suprême Beverly McLachlin, la Charte "fournit un remède personnel contre une action gouvernementale inconstitutionnelle."

Mme Ersnt prétend que le régulateur a cessé toute communication et tout contact avec elle car elle aurait mis dans l'embarras l'agence en révélant publiquement sa négligence et devenait ainsi une menace physique pour l'agence.

"Si je ne vais pas en appel, cela deviendrait un précédent pour les régies de l'énergie qui sont en infraction sous la Charte des Droits et elles s'en tireraient indemnes," confiait Ernst au Tyee. "C'est une loi suprême du Canada."

Les avocats de Mme Ernst vont aussi présenter les argumentaires que Wittman faisait erreur dans son jugement qui excuse le régulateur de la requête selon la question du devoir de protection ou les obligations légales que pourrait avoir le régulateur envers les citoyens.

La cour a auparavant jugé que les agences gouvernementales peuvent et doivent un devoir de protection à la fois privé et publique. Un policier, par exemple, a un devoir privé de protection durant les enquêtes individuelles ainsi qu'un devoir de protection plus large envers le public pour protéger la communauté.

Les juges mettent en application deux tests légaux de cas impliquant le devoir de protection public. Une agence gouvernementale a un devoir en général si elle est près de l'individu (proximité) et a des objectifs de politiques primordiaux pour servir le public.

Dans leur factum pour les juges en appel, les avocats de Mme Ernst vont débattre que non seulement plusieurs membres du ERCB ont eu des contacts personnels avec Ernst, mais ont rassuré la propriétaire qu'elle pouvait se fier sur l'enquête du régulateur et le plan de charge pour faire respecter la loi pour la protection de son eau souterraine.

Par conséquent, "le ERCB est responsable d'assurer que les opérations pétrolières et gazières ne contaminent pas l'eau souterraine potable," et donc a un devoir de protection envers les propriétaires terriens pour s'assurer que les opérations pétrolières et gazières n'ont pas d'impacts catastrophiques pour leur (qualité de) vie, argument-ils.

Finalement, les avocats vont débattre que la clause d'immunité officielle de ERCB ne s'applique pas aux requêtes "d'omission négligente", ou les manquements à implanter son propre plan spécifique de Compliance Assurance and Enforcement.

En d'autres mots, Mme Ernst entame un procès contre le comité pour n'avoir pas agi, non pas pour ce qu'il a fait, vu ses propres devoirs déclarés envers les propriétaires terriens.

Glenn Solomon, un avocat de Calgary qui représente le ERCB, présentera l'argumentaire que le "ERCB a un devoir public de protection, et non pas un devoir privé de protection," et que tout dommage infligé à Mme Ernst devrait relever de la responsabilité du parti réglementé, donc Encana, et non pas le régulateur.

"L'imposition du devoir privé de protection entre le ERCB et les individus impactés par, ou en opposition au, développement pétrolier et gazier aurait des impacts de grande envergure et au détriment du développement pétrolier et gazier en Alberta," prétend Solomon dans son factum.

D'autres verdicts de cas impliquant la fracturation.

La fracturation hydraulique, l'injection de fluides à haute pression pour ouvrir des sources d'hydrocarbures autrefois non rentables, a provoqué des séries de procès en Alberta, au Texas, au Colorado, en Louisiane et en Pennsylvanie à cause de son empreinte importante, son usage extrême de l'eau, des problèmes de migration de gaz et à cause de préoccupations régulatrices.

Le mois passé, un jury au Texas a accordé $3 million à une famille pour les maladies qu'elle a souffert à cause de l'eau souterraine contaminée, la pollution de l'air et les déchets toxiques générés par les opérations de fracturation près de leur ranch dans le compté très foré de Wise.

"Plusieurs études ont démontré les effets nuisibles sur la santé pour ceux qui vivent ou travaillent près de ces sites, mais ces données n'ont pas vraiment changé les choses,", dit David Matthews, un avocat de Houston, cité par une agence de nouvelle locale.

"Ce verdict changera tout. Il devrait attirer l'attention des opérateurs de fracturations."

Le Conseil des académies canadiennes, l'un des groupes scientifiques les plus importants du Canada, a publié un rapport sur l'état de la fracturation hydraulique dans la nation, constatant que l'industrie a dépassé les données crédibles de niveau de référence, les connaissances scientifiques et le monitorage nécessaire.

Le mois passé, un avocat du gouvernement de l'Alberta argumentait en cour que le procès de Mme Ernst devrait être annulé parce qu'il déclencherait une marée de litiges contre la province.

Le procureur général de l'Alberta devrait intervenir durant l'appel, demain, contre Ernst. Il sera entendu dans la cour d'appel de Calgary dans la tour TransCanada Pipelines à partir de 10h.


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Alberta Landowner Takes Fight with Energy Regulator Back to Court

Jessica Ernst's appeal of previous ruling in fracking case starts Thursday.

By Andrew Nikiforuk, Yesterday, TheTyee.ca

Does Alberta's oil and gas regulator owe a "duty of care" to Alberta landowners affected by the growing industrial footprint of hydraulic fracturing operations?

Or can a regulator refuse to listen to the concerns of landowners and citizens, possibly violating their Charter rights?

These are the questions facing a panel of three Alberta appeal court justices tomorrow in Calgary as Jessica Ernst's lawsuit slowly marches its way through Canada's legal system.

Seven years ago, the oil patch consultant and landowner sued the Alberta government, the Energy Resources Conservation Board (or ERCB, now the Alberta Energy Regulator) and Encana Corporation for $33 million.

The lawsuit alleges that Encana drilled and fractured shallow coal bed methane wells directly in the local groundwater supply between 2001 and 2004 near Rosebud, Alberta, polluting Ernst's water well with enough toxic chemicals and methane to make it flammable.

It also alleges that two provincial regulators (the ERCB and Alberta Environment) failed to act on documented violations of the law and ceased all communication with Ernst on the grounds that she posed "criminal threats."

In particular, the lawsuit alleges that the ERCB violated Ernst's right to free expression under the Charter by banishing her from contact with the board while she was dealing with the pollution issues on her property.

Last year, Queen's Court Chief Justice Neil Wittmann ruled that the case against Alberta Environment and Encana could proceed to trial.

But Wittmann excluded the energy regulator, deciding that provincial legislation gave it statutory immunity from Charter claims and that the ERCB did not owe a duty of care to Ernst.

Ernst's appeal of that decision argues that Wittmann erred on three points.

What the court will hear

Ernst's lawyers Murray Klippenstein and Cory Wanless will argue that a statutory immunity clause cannot provide immunity from Charter claims. As Supreme Court Justice Beverly McLachlin has noted, the Charter "provides a personal remedy against unconstitutional government action."

Ernst claims the regulator stopped all communication and contact with her on the grounds that she embarrassed the agency with public revelations of negligence and posed a physical threat to the organization.

"If I hadn't appealed, there would have been a precedent for energy regulators to violate the Charter of Rights and get away with it," Ernst told the Tyee. "It's Canada's supreme law."

Ernst's lawyers will also argue that Wittmann erred in his ruling dismissing the regulator from the claim on the issue of duty of care or legal obligations the regulator may have before citizens.

The courts have ruled that government agencies can and do owe both private and public duties of care. A policeman, for example owes a private duty of care for individual investigations as well as a wider duty of care to the public to protect the community.

Judges apply two legal tests on cases involving public duty of care. A government agency generally owes a duty if they are close to the individual (proximity) and have overriding policy objectives to serve the public.

In their factum for the appeal judges, Ernst's lawyers argue that not only did several members of the ERCB have personal contact with Ernst, but they assured the landowner to rely on the regulator's investigation and enforcement scheme to protect her groundwater.

As a consequence, "the ERCB is responsible for ensuring the oil and gas operations do not contaminate potable groundwater," and therefore owes a duty of care to landowners to ensure oil and gas operations do not have a catastrophic impact on their lives, they argue.

Lastly, the lawyers will argue that ERCB's statutory immunity clause does not cover claims for "negligent omission," or failing to implement its own specific Compliance Assurance and Enforcement scheme.

In other words, Ernst is suing the board for what she claims it failed to do and not what it did do, given its own stated duties to landowners.

Glenn Solomon, a Calgary lawyer representing the ERCB, will argue that "the ERCB owes a public duty of care, not a private duty of care," and that any harm done to Ernst should be the responsibility of the regulated party, Encana, and not the regulator.

"The imposition of a private duty of care between the ERCB and individuals impacted by, or opposed to, oil and gas development would have wide-ranging and detrimental impacts on oil and gas development in Alberta," argues Solomon in his factum.

Other frack-case verdicts

Hydraulic fracturing, the injection of fluids at high pressure to break open previously uneconomic hydrocarbon sources, has sparked scores of lawsuits in Alberta, Texas, Colorado, Louisiana and Pennsylvania due to its large industrial footprint, extreme water use, gas migration problems, and regulatory concerns.

Last month, a Texas jury awarded a family $3 million for illnesses they suffered from contaminated groundwater, air pollution, and toxic waste caused by a fracking operation near their ranch in heavily-drilled Wise County.

"Many studies have shown the adverse health effects on those who live or work near these sites, but those findings haven't really changed anything," said Houston attorney David Matthews, as quoted by a local news agency.

"This verdict is a game changer. It should make fracking operators stand up and take notice."

The Council of Canadian Academies, one of Canada's premier scientific bodies, has issued a critical report on the state of hydraulic fracturing in the nation, finding the industry has outpaced credible baseline data, scientific knowledge and necessary monitoring.

Last month, an Alberta government lawyer argued in court that Ernst's lawsuit should be struck down because it would open a floodgate of litigation against the province.

The Attorney General of Alberta is expected to intervene in the appeal tomorrow against Ernst. It will be heard in the Calgary Court of Appeal at the TransCanada Pipelines Tower, beginning at 10 a.m. [Tyee]

Link: http://thetyee.ca/News/2014/05/07/Ernst-Appeal/

Wednesday, May 7, 2014

Un fléau de fuites de méthane afflige le gaz de schiste

Photo: Steve Beckow.com

Des scientifiques enquêtent sur les niveaux élevés de gaz nuisible relâché dans les régions fracturées.

Ma traduction libre d'un reportage d'Andrew Nikiforuk publié le 6 mai 2014 dans le quotidien The Tyee

Selon une série d'études scientifiques récentes faites aux États-Unis et en Australie, l'industrie du gaz de schiste doit faire face à un autre défi formidable: les fuites de méthane et de radon trois fois plus importantes que prévues.

Dans certains cas, le volume de méthane qui s'échappe, un gaz à effet de serre qui retient la chaleur 25 fois plus que le dioxyde de carbone, faut-il se rappeler, est si élevé qu'il remet en question l'affirmation que le gaz de schiste peut être un pont vers un futur énergétique plus propre, comme en fait la promotion le gouvernement de la Colombie-Britannique et les autres régions où le gaz de schiste est présent.

"Si le gaz naturel est un "pont" vers un futur énergétique plus durable, c'est un pont que l'on doit traverser avec beaucoup de précaution," prévient l'une des études de 2014 publiée dans la revue scientifique Science. "On doit faire preuve de diligence pour s'assurer que les taux de fuites sont suffisamment faibles pour atteindre nos objectifs."

Les nouvelles études qui quantifient les fuites de méthane, un problème qui date de longtemps pour l'industrie pétrolière et gazière, illustrent bien le besoin d'un monitorage strict de la qualité de l'air avant et après les forages gaziers afin de déterminer comment la fracturation hydraulique pourrait impacter les taux naturels de fuites.

De plus, les fuites de méthane semblent plus importantes dans les régions où l'industrie fracture les formations de houille, une ressource beaucoup plus riche en méthane que le schiste, ou là où il se trouve des mines de charbon déjà présentes.

Les études soulignent le peu de science qui a été faite sur les impacts des fracturations hydrauliques de haute pression faites avec des forages horizontaux. La technologie de force brute crée des fractures dans des formations géologiques profondes de roc en injectant des jets d'eau, de produits chimiques et du sable avec une telle force que l'opération peut provoquer de petits séismes.

"Je pense que ces études mettent en évidence le besoin de faire plus de monitorage avant, durant et après le développement, au niveau du sol et dans les airs pour localiser définitivement les sources de méthane," dit David Hugues, un spécialiste en énergie et charbon.

Plusieurs cas d'émissions très peu rapportés

L'une des premières études qui ont sonné l'alarme sur les manquement à rapporter les émissions de méthane par l'industrie et les régulateurs a été confirmée en partie par l'administration américaine U.S. National Oceanic and Atmospheric Administration l'an passée.

Publiée dans le Geophysical Research Letters, elle faisait un portrait dans le temps des niveaux de méthane dans une région de production de gaz de schiste au Utah pendant une journée complète en février 2013. Elle trouva un taux de fuites de 6% à 12% dans la région intensément fracturée. Une étude précédente avait rapporté un taux de fuite de 4% dans une région de gaz de schiste hautement fracturée au Colorado.

Cette découverte ébranla l'industrie autant que le gouvernement parce qu'on prenait pour acquis depuis longtemps que les taux de fuites de la production de gaz naturel était en moyenne de 1,5%.

Une telle perte de méthane dans l'atmosphère "annule tout avantage à court terme pour le climat venant du gaz naturel venant de cette région pour la production de l'électricité à comparé au charbon ou au pétrole," concluent les scientifiques.

Ces découvertes appuient également le travail fait par Robert Howarth, un expert en méthane de Cornell, qui avançait en 2011 que l'empreinte de gaz à effet de serre du schiste était beaucoup plus importante que le gaz conventionnel à cause des émissions de méthane venant des évents, des fuites et des fluides de reflux pendant le processus de forage.

Vinit ensuite une étude de 2013 menée par Harvard qui démontra, encore une fois, avec du monitorage en temps réel, l'importance des lacunes à rapporter les émissions de méthane par l'EPA des É.-U.

En utilisant les mesures atmosphériques prises à bord d'avions et des tours de communications, l'étude trouva que le méthane dans l'atmosphère au-dessus des régions intensément fracturées pour le pétrole et le gaz du sud-central des É.U. était 2,7 fois plus important que l'on s'attendait.

Les concentrations de propane, un autre indicateur de pollution générée par les activités pétrolières et gazières, étaient aussi élevées dans l'air au-dessus du Texas et l'Oklahoma où la fracturation ou l'injection des déchets de fracturations provoquaient des séries de séismes.

L'étude de Harvard précédait une autre étude en profondeur publiée dans la revue Science, financée en partie par une fondation lancée par George Mitchell, l'un des pionniers de la fracturation hydraulique moderne.

Elle trouva aussi une grande différence entre les taux d'émissions de méthane mesurées versus les estimés "officiels". Adam Brandt, un chercheur de l'université Stanford, avec 12 autres scientifiques, a rapporté qu'un petit nombre de sources qui fuyaient beaucoup comme les pipelines qui fuient, des trous de forages défectueux, des stations à gaz polluantes, et les citernes de stockage qui dégazent pourraient être les sources des taux élevés de méthane.

Les scientifiques ne pensaient pas que la fracturation hydraulique est la source première des fuites de méthane, mais remarquaient que les taux de fuites variaient beaucoup d'une région à l'autre.

"Une science améliorée pourrait aider à générer des politiques de réponses à coût modérés," disent-ils en conclusion.

Une étude de 2013 faite par l'université du Texas et le U.S. Environmental Defense Fund contredit ces découvertes en constatant que les émissions de méthane étaient moins importantes que les estimés de l'EPA des É.-U. dans des régions schisteuses exploitées. Mais l'industrie avait choisi les sites étudiés et les périodes de temps où les données avaient été colligées.

Le charbon joue son rôle

Le mois passé, une autre étude américaine avait rapporté qu'une inspection faite par avion sur une période de 2 jours avait trouvé d'importants panaches de méthane au-dessus des sites de puits de gaz de schiste au-dessus du sud-ouest de la Pennsylvanie, de 2 à 3 fois plus importantes que prévu durant des opérations de forage.

Les scientifiques ont avancé que quelques puits de gaz de schiste pourraient être les plus importantes sources d'émissions causant ces pointes de méthane dans l'atmosphère.

(Le concept de têtes de puits sources extrêmes de fuites, surtout dans des régions exploitées pour le pétrole et le gaz, n'est pas nouveau: une étude de 1996 publiée par la Society of Petroleum Engineers avait trouvé que 9,000 puits sur 20,000 dans la région Lloydminster, très exploitée pour son pétrole située dans l'ouest canadien, laissaient fuir tellement de méthane par le trou de puits, au travers du sol ou des nappes aquifères, que le problème pourrait coûter des centaines de millions de dollars pour les colmater.)

Les chercheurs avaient aussi avancé l'hypothèse que les activités de forage près des mines de charbon en fonction pourraient par mégarde provoquer les fuites de méthane venant de la houille en ouvrant des nouveaux passages.

À la différence des autres formations de roc contenant des hydrocarbures, la dureté moindre de la houille permet la création de réseaux complexes de fractures qui permettent les émissions de grandes quantités de méthane. Dans le passé, du méthane non éventé avaient provoqué des explosions terrifiantes dans des mines.

Andrew Revkin, le blogueur environnemental bien connu du New York Times, avait remarqué que les résultats laissent beaucoup penser "que les régulateurs devraient exiger le monitorage de la chimie locale de l'air avant, pendant et après les forages des puits gaziers."

Revkin avait aussi demandé à Louis Derry, un géologue de l'université Cornell, de commenter sur les implications de cette étude quand il s'agit de la houille.

"C'était possible qu'un petit nombre de puits contribuent beaucoup aux fuites de méthane dans une région exploitée, un problème facile à résoudre," dit Derry.

Mais "le vrai message de cette étude pourrait être que les fluctuations de gaz venant des opérations de houille ont été sous-estimées, et qu'elles sont pour la plupart responsable des endroits critiques," dit-il.

Il ajoute que les forages dans une région riche en houille pourrait "exiger des précautions spéciales pour prévenir des fuites éphémères" en plus du monitorage avant et après.

Comment l'Australie gère les fuites

Les études australiennes ont aussi constaté qu'il y a des problèmes importants de fuites de méthane et de radon dans les régions productrices de méthane dans les formations de houille dans le sud du Queensland et le nord de New South Wales.

En 2012, Isaac Santos et Damien Maher de l'université Southern Cross ont mesuré les concentrations de méthane dans l'atmosphère au-dessus des régions exploitées et fracturées dans la houille avec un spectromètre fixé à un véhicule.

Comme les études des É.-U. qui ont suivi, ils ont découvert que les émissions de méthane venant des régions en production étaient trois fois et demi plus importantes que l'on pensait.

Les scientifiques proposaient deux explications à leur découverte: des infrastructures fuyantes de l'industrie ou les fuites au travers le sol.

Toute région géologique qui contient des gisements gaziers connaît des fuites naturelles, mais aucune étude de niveau de référence n'a été faite par le gouvernement, avide de revenus venant des hydrocarbures, avant l'invasion de l'industrie valant des milliards.

En ce moment, des scientifiques de l'Australie tentent de savoir si les activités de forage comme la fracturation activent des fuites importantes de méthane qui relâcheraient du méthane et d'autres gaz comme du radon dans l'eau souterraine, dans des ruisseaux, dans le sol et dans l'atmosphère.

Le charbon est une source importante de méthane, alors il n'est pas surprenant que les niveaux sont plus élevés au-dessus des régions où il y a de la houille, fait remarquer David Hugues.

"Mais dire que ces niveaux sont liés au développement subséquent du méthane de houille ou de schiste, ou des mines qui étaient là au préalable, ou dus aux veines naturelles de houille nécessite des données prises avant, pendant et après," précise le géologue et consultant.

"Je pense que reconnaître ce besoin (d'avoir ces données) commence à se faire sentir auprès des gouvernements, mais je ne suis pas sûr à quel niveau cela a été réellement implanté."

"Il n'y a pas de volonté de réparer quoi que ce soit" dit ce scientifique

Une étude de suivi de 2013 mesurait les concentrations du gaz radon sur des stations de monitorage à la fois à l'intérieur et à l'extérieur des régions gazières exploitées au Kénia/Talinga au nord de Tara dans le sud du Queensland. Le radon est un gaz qui se retrouve naturellement dans le sol.

Les scientifiques ont trouvé des niveaux de radon dans l'atmosphère 3 fois plus élevés que la moyenne dans des régions où il y a une grande concentration de puits dans les formations de houille.

"On sait depuis des années que les anomalies de radon sont mesurées durant les séismes," explique Santos dans un communiqué de presse. "Quand la structure du soil prend de l'expansion ou se contracte et craque avant et durant les séismes, cela crée des passages qui relâchent le radon du sol dans l'eau souterraine et dans l'atmosphère."

"Nous avançons l'hypothèse qu'un processus analogue se produit quand la structure du sol est altérée pendant les forages pour le gaz de houille grâce aux procédés comme les forages, la fracturation hydraulique et les changements dans la nappe phréatique."

Damien Maher, l'un des co-auteurs de l'étude, dit que les découvertes laissent penser que les fuites de radon ne viennent pas seulement des trous de puits mais par les passages provoqués par les activités humaines que l'industrie n'avait pas prévu.

"Réparer les infrastructures est relativement facile. Réparer les changements dans la structure du sous-sol est beaucoup plus difficile," dit Maher.

Karlis Muehlenbachs, un expert de l'université de l'Alberta pour retracer les émissions de gaz qui fuient dans les champs d'exploitation pétrolières et gazières, doute que les régulateurs du pétrole et du gaz ont la jugeote ou les ressources pour faire du monitorage de niveau de référence dans l'atmosphère, encore moins réparer le système de production de gaz naturel plein de fuites du continent.

"Il n'y a pas de volonté de réparer quoi que ce soit," dit Muehlenbachs.

Pendant des années, Muehlenbachs a suggéré que les gouvernements obligent le monitorage de niveau de référence grâce aux prises d'empreintes digitales isotopiques du méthane, de l'éthane et du propane des puits en production, abandonnés, des fuites naturelles et des puits d'eau potable afin de protéger l'eau souterraine avant le début des forages et des fracturations.

Aucun régulateur n'a encore implanté ce protocole.

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Shale Gas Plagued By Unusual Methane Leaks

Scientists investigate high levels of damaging gas released in fracked areas.


By Andrew Nikiforuk, Yesterday, TheTyee.ca

According to a spate of recent scientific studies from the United States and Australia, the shale gas industry has generated another formidable challenge: methane and radon leakage three times greater than expected.

In some cases the volume of seeping methane, a greenhouse gas that traps heat 25 times more effectively than carbon dioxide, is so high it challenges the notion that shale gas can be a bridge to a cleaner energy future, as promoted by the government of British Columbia and other shale gas jurisdictions.

"If natural gas is to be a 'bridge' to a more sustainable energy future, it is a bridge that must be traversed carefully," warned one 2014 study published in Science. "Diligence will be required to ensure that leakage rates are low enough to achieve sustainability goals."

The new studies quantifying methane leakage, an age-old problem for the oil and gas industry, illustrate the need for extensive air monitoring before and after gas drilling to determine how hydraulic fracturing may impact natural leakage rates.

In addition, methane seepage seems most pronounced in areas where industry has been fracturing seams of coal, a resource much richer in methane than shale rock, or where there are existing underground coal mines.

The studies underscore how little science has been done on the impact of high-pressured hydraulic fracturing combined with horizontal drilling. The brute-force technology creates fractures in deep rock formations by injecting streams of water, chemicals and sand with such force that the activity can cause small earthquakes.

"I think these studies point out the need for more monitoring before, during and after development on the ground and in the air to definitively point out the methane sources," energy and coal specialist David Hughes said.

Many instances of under-reported emissions

One of the first studies to sound the alarm on the under-reporting of methane emissions by industry and regulators was partly supported by the U.S. National Oceanic and Atmospheric Administration last year.

Published in Geophysical Research Letters, it took a snapshot of methane levels in a producing shale gas field in Utah over one day in Feb. 2013. It found a leakage rate of six to 12 per cent in the well-fractured basin. A previous study found a four per cent leakage rate in a heavily fracked shale gas field in Colorado.

The finding shook both industry and government, because it had been long assumed that leakage rates from natural gas production averaged around 1.5 per cent.

Such a significant loss of methane to the atmosphere "negates any short-term climate benefit of natural gas from this basin for electricity generation compared to coal and oil," concluded the scientists.

The findings also supported work by Cornell methane expert Robert Howarth, who argued in 2011 that the greenhouse gas footprint of shale was significantly larger than conventional gas due to methane emissions from venting, leaks and flow back fluids during the drilling process.

Then came a 2013 Harvard-led study in which real time monitoring again confirmed the significant under-reporting of methane emissions by the U.S. Environmental Protection Agency.

Using atmospheric measurements from airplanes and communication towers, the study found methane in the atmosphere above the heavily fracked oil and gas fields of the south-central U.S. at rates 2.7 times higher than expected.

Concentrations of propane, another indicator of pollution from oil and gas activity, were also high in the air above Texas and Oklahoma where fracking or the injection of fracking waste has triggered swarms of earthquakes.

The Harvard study was followed by another comprehensive study published in Science and funded in part by a foundation set up by George Mitchell, one of the pioneers of modern hydraulic fracturing.

It also found a big difference between measured methane emission rates versus "official" estimates. Stanford University researcher Adam Brandt and 12 other scientists reported that a small number of high-emitting sources such as leaky pipelines, faulty wellbores, polluting gas plants, and venting storage tanks might account for the high rates of methane.

The scientists didn't think that hydraulic fracturing was the dominant source of methane seepage, but noted that rates of leakage varied greatly from basin to basin.

"Improved science would aid in generating cost-effective policy responses," they concluded.

A 2013 study by the University of Texas and U.S. Environmental Defense Fund contradicted these findings by finding methane emissions lower than estimated by the U.S. EPA in shale fields. But industry picked the sites that were studied and the times that data was collected.

Coal plays a role

Last month, another U.S. study reported that an airplane survey over a two-day period found large plumes of methane above shale gas well pads over southwestern Pennsylvania two to three times order of magnitude greater than expected during drilling operations.

The scientists suggested that just a few shale gas wells may be super methane leakers and account for the large spikes of methane in the atmosphere.

(The concept of extremely leaky wellheads in particular oil and gas fields isn't new: one 1996 study published by the Society of Petroleum Engineers found that 9,000 out of 20,000 wells in the Lloydminster heavy oil region of western Canada were leaking methane so prolifically through the wellbore, soils or aquifers that the problem would cost hundreds of millions of dollars to fix.)

The researchers also hypothesized that drilling activity near active underground coal mines may inadvertently trigger the escape of methane from the coal by opening new pathways.

Unlike other hydrocarbon-bearing rocks, the softness of coal creates complex fracture networks that release large amounts of methane. In the past, unvented methane has caused horrific mine explosions.

Andrew Revkin, the respected New York Times environment blogger, noted that the results strongly suggest "that regulators should require monitoring of local air chemistry before, during and after drilling of gas wells."

Revkin also asked Louis Derry, a Cornell University geologist, to comment on the study's implications in regards to coal.

"It was possible that a small number of wells contribute heavily to methane leakage in a producing field -- a largely fixable problem," Derry said.

But "the real message of this study may be that gas fluxes from coal operations have been underestimated, and that they are mostly responsible for the hotspots," he said.

He added that drilling in a coal-rich area may "require special precautions to prevent transient leaks" in addition to pre and post-air monitoring.

Australia's approach to leakage

Australian studies have also found significant problems with methane and radon leakage from fields producing coal-bed methane in southern Queensland and northern New South Wales.

In 2012, Isaac Santos and Damien Maher at Southern Cross University measured concentrations of methane in the atmosphere above fractured coal-bed methane fields with a spectrometer mounted on a vehicle.

Like subsequent U.S. studies, they found methane emissions in producing fields were three-and-a-half times more than expected.

The scientists offered two explanations for the findings: leaky industry infrastructure or seepage through soils.

Any geological area that has gas deposits will have natural seepage, but no baseline studies were done by government, eager for hydrocarbon revenue, prior to the launch of the billion-dollar industry.

Australian scientists are now trying to figure out whether drilling activities such as fracking are activating large methane escapes by releasing methane and other gases such as radon into groundwater, creeks, soils and the atmosphere.

Coal is a major source of methane, so it's not surprising that levels are higher over coal fields, noted David Hughes.

"But saying these levels are related to later [coal-bed methane] or shale development or initial mining or natural outcrops of coal again needs the data before, during and after," added the geologist and consultant.

"I think the recognition of this need is dawning on governments, but I'm unsure of the level to which it has actually been implemented."

'There is no will to fix anything': scientist

A 2013 follow-up study measured radon gas concentrations at monitoring stations both inside and outside the Kenya/Talinga gas fields north of Tara in southern Queensland. Radon is a naturally occurring gas in the soil.

The scientists found radon levels in the atmosphere three times higher than average in areas with a high density of coal seam wells.

"It has been known for years that radon anomalies can be observed during earthquakes," explained Santos in a press release. "As the soil structure expands or contracts and cracks before and during an earthquake, it creates conduits for the release of soil radon into groundwater and the atmosphere."

"We hypothesize that an analogous process is happening when the soil structure is altered during coal seam gas mining through processes such as drilling, hydraulic fracturing and alteration of the water table."

Damien Maher, one of the study's co-authors, said the findings suggested the radon leaks are not only coming from wellbores but through new man-made pathways that industry had not accounted for.

"Fixing the infrastructure is relatively easy. Fixing up the changes in the soil structure is much more difficult," said Maher.

Karlis Muehlenbachs, a University of Alberta expert on tracing stray gases from oil and gas fields, doubts that oil and gas regulators have the gumption or the resources to do baseline atmospheric monitoring, let alone fix the continent's leaky natural gas production system.

"There is no will to fix anything," Muehlenbachs said.

For years Muehlenbachs has proposed that governments mandate baseline monitoring, through isotopic fingerprinting, of methane, ethane and propane from producing wells, abandoned wells, natural seeps and water wells in order to protect groundwater prior to drilling and fracking.

No regulator has yet implemented his protocol. [Tyee]

Link: http://www.thetyee.ca/News/2014/05/06/Shale-Gas-Methane-Leaks/

Tuesday, May 6, 2014

Difficile pour les villes de protéger l'eau potable

Ristigouche-Sud-Est met en demeure sa compagnie d'assurances

La Municipalité de Ristigouche-Sud-Est met en demeure la Mutuelle des municipalité du Québec qui refuse de la dédommager dans la cause qui l'oppose à Gastem.

Cette société d'exploration gazière et pétrolière poursuit la municipalité pour 1,5 million de dollars parce qu'elle a adopté un règlement pour protéger l'eau potable en interdisant les forages à moins de deux kilomètres ce qui a contraint Gastem à abandonner son projet de forage.

La Mutuelle des municipalités du Québec refuse de payer, elle prétexte que la municipalité aurait agi de mauvaise foi pour protéger ses sources d'eau potable tout comme le prétend Gastem.

Le maire de Ristigouche Sud-Est, Francois Boulay, n'est revient pas : « Comment se fait-il qu'avec leur expérience dans tous les dossiers municipaux à travers la province du Québec, qu'ils ont encore de la difficulté à savoir s'ils devraient prendre notre dossier ou pas ».

De son côté, la Fédération québécoise de municipalités du Québec presse le nouveau gouvernement libéral d'encadrer les forages à proximité des sources d'eau potable afin d'éviter que d'autres municipalités se retrouvent dans la même situation.

« C'est au Ministère de l'environnement de prendre les moyens. Je pense que le règlement est prêt, sauf que ça va prendre quelqu'un pour le déposer et le faire entériner par l'assemblée nationale dans les plus bref délais », a affirmé le président de la Fédération des municipalités du Québec, Richard Lehoux.

Le gouvernement du Québec semble cependant vouloir attendre le jugement de la Cour d'appel dans l'affaire Gaspé contre Pétrolia avant de d'adopter un règlement pour tout le Québec.

Lien: http://ici.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2014/05/05/010-ristigouche-gastem-mmq.shtml

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My translation of above article:

Ristigouche-Sud-Est sends a letter of intent to sue to its insurance company

The municipality of Ristigouche-Sud-Est sends a letter of intent to sue the Quebec Mutual of Municipalities that refuses to indemnify it in the case against Gastem.

This oil and gas exploration company is suing the municipality for $1,5 million for having adopted a bylaw to protect drinking water by banning drilling within 2 km, which forced Gastem to drop its drilling project.

The Quebe Mutural of Municipalities refuses to pay, saying that the municipality is acting in bad faith in protecting its drinking water sources, repeating what Gastem is claiming.

Francoins Boulay, the Mayor of Ristigouche Sud-Est, can't get over it: "How is it that with their experience in all kinds of municipal cases throughout the province of Quebec, they still have a hard time deciding if they should accept our case or not".

As for the Quebec Federation of Municipalities, it is still asking the Liberal government to oversee drilling near drinking water sources to avoid seeing other municipalities ending up in the same situation.

"It is up to the Environment Ministry to act. I think that the regulation is ready, but somebody must sponsor it and have it voted in by the National Assembly as soon as possible", says the president of the Quebec Federation of Municipalities, Richard Lehoux.

The Quebec government seems to want to wait for the Appeals Court judgement in the Gaspé case against Petrolia before voting in a regulation covering all Quebec.

Sunday, May 4, 2014

Schiste: "L'avenir est inquiétant"

Photo: Paul-Henri Frenière

En entrevue au journal MOBILES, le porte-parole du Regroupement interrégional sur le gaz de schiste de la vallée du Richelieu n'a pas caché son inquiétude. « En général, je suis quelqu'un d'optimiste. Il le faut pour l'avenir de mes enfants et de mes petits-enfants. Mais je dois avouer qu'à ce moment-ci, j'ai de la difficulté à trouver des éléments positifs dans l'évolution des choses » confie-t-il.

Malgré des problèmes de santé, Jacques Tétreault a assisté à pratiquement tous les exposés d'experts qui ont défilé durant les 11 jours qu'a duré la première partie de l'enquête du BAPE portant sur les enjeux liés à l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste des basses-terres du Saint-Laurent.

Des universitaires venaient présenter le résultat des recherches qu'on leur avait commandées dans le cadre de l'Étude environnementale stratégique. Un flot continu d'informations, parfois inutiles, qui contribueraient finalement à noyer le poisson, estime Jacques Tétreault.

« Imaginez. On a demandé à un chercheur s'il y avait suffisamment d'eau au Québec pour alimenter la fracturation hydraulique. Au Québec! Dans la vallée du Saint-Laurent, l'une des plus grandes réserves d'eau douce au monde. Celle-là, je l'ai trouvée drôle... »

Mais Jacques Tétreault n'a pas eu l'occasion de rire souvent durant ces audiences. Des audiences qui, précisons-le, ne recevaient pas les opinions de ceux qui étaient dans la salle ou dans les autres villes où étaient diffusés les exposés via le web.

Un geste d'éclat... sans couverture médiatique

La nuit précédant la présentation portant sur l'acceptabilité sociale des « communautés d’accueil », Jacques Tétreault avait de la difficulté à dormir. « Je savais que le lendemain, un chercheur de l'Université du Québec à Rimouski tenterait de démontrer que l'opposition des citoyens envers l'exploitation du schiste pourrait être renversée à la longue. Il fallait simplement les convaincre. Ça m’écœurait. Il fallait faire quelque-chose».

Tôt le matin, il a communiqué avec ses collaborateurs du Regroupement. Il leur a proposé de faire un geste d'éclat pour signifier leur désaccord. « C'était inacceptable. C'était comme si dès le départ, le BAPE estimait que la cause pour laquelle nous nous battons depuis quatre ans n'avait aucun sens. Que nous n'avions rien compris et qu'il fallait juste plus de temps pour nous convaincre ».

Pendant la période de questions suivant l'exposé, un membre du Regroupement, Richard Chartier, a présenté une pile de signatures de citoyens qui s'opposent au projet : prés de 30 000 noms qui s'ajoutent à ceux, encore plus nombreux, déjà déposés à l'Assemblée nationale depuis 2012.

Puis, la bande à Jacques Tétreault, suivant son invitation, est carrément sortie de la salle, imitée en cela par leurs amis de Bécancour et de Saint-Agapit qui regardaient la scène sur leurs écrans. Un geste qui est demeuré malheureusement peu connu puisque aucun média, régional ou national, n'était présent.

« Entre les audiences de 2012 et celles d'aujourd'hui, il aurait fallu faire un large débat public. Ce qui n'a pas été fait, déplore Jacques Tétreault. J'ai comme l'impression que le gouvernement, de concert avec l'industrie, veut étirer les choses (et épuiser les militants bénévoles) jusqu'au moment où le prix du gaz et du pétrole va monter ».

Après la deuxième partie des audiences qui aura lieu en juin, le BAPE devrait déposer son rapport en novembre. Et le gouvernement ne sera aucunement tenu de respecter les recommandations. "On retrouve beaucoup de hauts fonctionnaires de l'ancien gouvernement libéral qui travaillent maintenant pour l'industrie pétrolière ou gazière. Avec le retour des Libéraux, je suis loin d'être rassuré pour l'avenir... " conclut-il.

Lien: http://journalmobiles.com/environnement/schiste-lavenir-est-inquietant

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Shale: "The future is worrisome"

Here is my translation of above interview

In an interview with the newspaper MOBILES, the spokesperson for the group RIGSVSL (representing a multitude of citizen groups against shale gas and hydrocarbons across Quebec) did not hide his concerns. "I'm usually an optimist. I have to be, for the future of my children and my grandchildren. But I have to admit that right now, I'm having a hard time finding positive points in the way things are evolving", he says.

Even though he has health problems, Jacques Tétreault was present at almost every expert presentations during the 11 days of the first part on the BAPE inquiry on the questions around the exploration and the exploitation of shale gas in the St. Lawrence Lowlands.

University members presented the results of the research they had to do for the Strategic Environmental Assessment. A continuous flow of information, some of it useless, eventually helped to sidestep the real issues, Jacques Tétreault thinks.

"Can you imagine? They asked a researcher if there was enough water in Quebec to feed fracking. In Quebec! In the St. Lawrence valley, one of the greatest fresh water reserves in the world. I found that one kind of funny..."

But Jacques Tétreault did not laugh very often during the hearings. Hearings that did not accept the opinions of the people in the audience or from the other municipalities where the presentations were projected through the Web.

Dramatic gesture...without any media coverage

The night before the presentation on social acceptability from the "host communities", Jacques Tétreault had a hard time falling asleep. "I knew that the next day, a researcher from the Quebec University in Rimouski would try to demonstrate that the citizen opposition to shale gas exploitation could be reversed in time. All they had to do is convince them. That really disgusted me. We had to do something".

Early next morning, he contacted his colleagues in the group. He proposed to do a dramatic gesture to illustrate the opposition. "It was unacceptable. It seems that from the very start, the BAPE thought that the cause we were fighting for the past 4 years made no sense. Like we did not understand anything and all they had to do was take more time to convince us."

During the question period after the presentation, Richard Chartier, one of the members of the group, presented a pile of signatures of citizens opposed to the fracking project: almost 30,000 names added to those even more numerous, already presented to the National Assembly since 2012.

Then Jacques Tétreault's group, after his signal, left the room, just like their friends in Bécancour and St. Agapit that were following the hearing on their screens. A gesture that was left ignored by most because no media, regional or national, was there.

"Between the hearings of 2012 and today's, a large public debate should have been organized. But it was not done, laments Jacques Tétreault. I have the impression that the government, together with the industry, wants to extend things (and exhaust the volunteer activists) until the price of gas and oil rises".

After the second part of the hearings that will be in June, the BAPE should present its report in November. And the government will not have to follow its recommendations. "Many of the same major public servants of the previous liberal government that now work for the oil of gas industry. With the Liberals back in power, I'm far from being reassured for the future..." he says in conclusion.

Friday, May 2, 2014

Gaz de schiste: PAS SI VITE! dit ce rapport


Au Canada, l'ampleur de la fracturation hydraulique dépasse nos connaissances scientifiques selon un récent rapport

Voici ma traduction d'un reportage d'Andrew Nikiforuk publié dans le quotidien The Tyee

Dans l'encadré:

LE RAPPORT SUR LE FRACKING FAIT UNE LISTE DES INCONNUS:

-Absence d'information importante sur les données de fond sur les conditions géologiques et environnementales dans les régions où il y a du gaz de schiste;

-La performance des éléments clés de la technologie du développement du gaz de schiste;

-Les voies d'accès, le sort et le comportement des contaminants de l'industrie dans l'eau souterraine;

-Le taux et le volume des émissions fugitives du méthane;

-Les effets cumulatifs du développement sur les communautés et les terres;

-Les risques que court l'être humain exposé aux substances chimiques de l'industrie;

Une étude commandée par Environnement Canada conseille une approche ralentie

L'une des plus importants groupes scientifique du Canada a rendu public un rapport critique sur l'état de la fracturation hydraulique dans la nation, affirmant que l'industrie a dépassé les données de base crédibles, nos connaissances scientifiques et un monitorage nécessaire.

De plus, les menaces à l'eau souterraine sont réelles et immédiats à cause des gaz fuyants qui migrent le long des trous de puits abandonnés qui fuient, le long des fractures naturelles dans le roc et les failles perméables, selon eux.

"Ces voies de passage peuvent permettre la migration de gaz et possiblement des fluides salés après une longue période de temps, avec des impacts potentiels cumulatifs substantiels sur la qualité de l'eau dans la nappe aquifère," fait remarquer le rapport le Conseil des académies canadiennes.

La science de base sur la technologie de force brute d'une dizaine d'années qui fait éclater les formations de roc grâce à de l'eau, des produits chimiques et du sable, est toujours à ses débuts.

"La connaissance scientifique de base nécessaire pour évaluer les risques potentiels courus pour l'eau souterraine sur une échelle régionale est pour la plupart manquante," continue le rapport.

Le rapport de 292 pages, présidé par John Cherry, un hydrologue de renom de l'université de Guelph, s'est penché sur les impacts de la technologie sur l'eau, la santé humaine, les activités sismiques, l'intégrité des puits, les émissions de gaz à effet de serre et les terres.

Jusqu'à date, l'industrie a injecté à haute pression des fluides dans plus de 150,000 puits horizontaux en Amérique du Nord afin de fracturer des formations de roc auparavant non rentables pour en extraire le pétrole et le gaz.

Le rapport admet que les impacts les plus contestés de la fracturation hydraulique pourraient prendre des années à rejoindre la surface dans les communautés et les écosystèmes.

"Cela inclut la création de passages souterrains entre les horizons de schiste qui se font fracturer et l'eau douce souterraine, les fuites de gaz le long des puits abandonnés, et les effets cumulatifs sur les terres et les communautés."

En ce moment, le monitorage est inadéquat, selon le rapport, mais ce qui a été fait jusqu'à date "indique que les fuites de gaz dans les nappes aquifères et dans l'atmosphère sont assez fréquents pour être préoccupants. Vu la densité probable des puits de gaz dans le futur, on s'attend à ce que le développement du gaz de schiste ait un impact plus considérable à long terme que le développement du pétrole et du gaz conventionnels."

Le développement met à risque la "qualité de vie" selon le rapport

Au travers le pays, des milliers de citoyens se sont objectés contre la fracturation hydraulique et les gouvernements provinciaux qui ont soifs pour les revenus qu'ils pourraient tirer des hydrocarbures.

Les Premières Nations du Nouveau-Brunswick on bloqué des rues dernièrement afin de protéger des terres traditionnelles d'une industrialisation dont on ne veut pas.

Au Québec, des communautés agricoles sont préoccupés par ce qui pourrait arriver à leurs nappes aquifères et leur gagne-pain ont forcé le gouvernement d'établir un moratoire sur la fracturation hydraulique.

Au nord de la Colombie-Britannique, où l'industrie a envahi les communautés rurales et les Premières nations, une campagne de bombes contre le foreur de gaz de schiste le plus agressif de la région, Encana, a enclenché une enquête coûteuse de plusieurs millions de dollars par la GRC il y a plusieurs années.

Et dans Lethbridge, en Alberta, des protestations par milliers venant des résidents et des politiciens locaux hier ont mis en échec une application d'une compagnie asiatique qui voulait fracturer des formations situées sous un développement immobilier de banlieue habité par plus de 10,000 personnes.

Le rapport confirme ce que plusieurs communautés rurales et des Premières Nations de la C.-B. disent depuis des années: "Les effets cumulatifs du grand nombre de puits et des infrastructures s'y rattachant nécessaires pour développer la ressource impose toujours des impacts substantiels sur les communautés et les écosystèmes."

Des groupes dans l'est du Canada, ajoute le rapport, "ne croient pas que leurs gouvernements a la capacité de règlementer l'industrie de façon efficace et protéger l'environnement tout en maximisant les opportunités économiques."

Si le développement du gaz de schiste prend de l'ampleur, car des dizaines de millier de puits sont sur les cartons pour l'Alberta et la C.-B., "les risques pour la qualité de vie et le bien-être dans certaines communautés pourraient devenir importants à cause de la combinaison de différents facteurs liés à l'usage des terres, la qualité de l'eau, la qualité de l'air, et la perte de la tranquillité rurale, entre autres."

Des impacts potentiels et documentés sur l'eau souterraine "n'ont pas été monitorés systématiquement, les prédictions demeurent peu fiables, et des approches de monitorage efficace et consistant doivent être développées."

Une industrie qui a été trop loin trop vite

En l'absence de données de base (niveau de référence) environnementales crédibles, le rapport dit que l'industrie est probablement allé trop loin, trop vite, et le rapport conseille une approche plus lente.

"Dans la plupart des cas, l'extraction du gaz de schiste est allé de l'avant sans qu'on ait au préalable cumulé des données de niveau de référence (par exemple la qualité de l'eau souterraine avoisinante, l'habitat critique pour la faune et la flore). Cela rend difficile l'identification et la caractérisation des impacts environnementaux qui pourraient être liés ou blâmés au développement par erreur."

Le rapport pointe du doigt l'intégrité d'un puits comme étant un problème, parce que tout puit pétrolier ou gazier fuit en prenant de l'âge. Mais les puits fracturés ont tendance à fuir plus souvent à cause des grandes pressions qu'ils doivent encaisser.

"L'information concernant les impacts des fuites du gaz naturel sur les coffrages cimentés mal faits sur l'eau douce souterraine est insuffisante," dit le rapport.

"La nature et le taux de détérioration du ciment sont mal compris et il y a seulement de l'information minimime ou trompeuse disponible au grand public. Il manque aussi de la recherche sur les méthodes pour détecter et mesurer les fuites des gaz à effet de serre dans l'atmosphère," ajoute le rapport.

Vu de telles faiblesses et le fait que le gouvernement pourrait devoir faire le monitorage des puits de gaz de schiste qui fuient pendant des décennies, un rapport allemand sur la fracturation hydraulique suggérait que le gouvernement "aille de l'avant lentement et avec précaution," et mener une recherche de base à long terme.

Le rapport a découvert que les solutions technologiques pourraient minimiser certains impacts, mais pas tous.

"Ce n'est pas clair qu'il y ait des solutions technologiques pour prendre soin de tous les risques pertinents, et c'est difficile d'évaluer l'efficacité de la règlementation actuelle à cause du manque de monitorage scientifique. La recherche nécessaire pour fournir l'encadrement afin de prendre des décisions améliorées et basées sur la science concernant les impact cumulatifs environnementaux commence à peine."

En conclusion, le rapport mentionne que "Il n'existe pas de systèmes d'identification et de gestion en place pour identifier ces régions au Canada où la fracturation hydraulique va être si dangereuse qu'elle ne devrait pas s'y faire."

Des milliers de puits permis en C.-B., en Alberta

Le rapport ajoute des faits qui contredisent d'autres constatations et développements.

Il remarque les preuves sur les fuites de méthane venant des régions gazières développées sont "en changements continuels", malgré que d'autres études récentes mettent au défi les affirmations de l'industrie qui disent que le gaz naturel est un outil propre pour combattre les changements climatiques.

Le rapport fait erreur en affirmant que les torchères ou le brûlage des gaz non désirés sont à la baisse en Alberta. Selon un rapport sur les torchères de 2013, la régie de l'énergie de l'Alberta appelée Alberta Energy Regulator reconnaît une augmentation de 25,9% entre 2011 et 2012 de gaz non désirés débarrassés par torchères dans l'atmosphère à cause "d'une augmentation de production de pétrole brut et le bas prix du gaz, ce qui fait la rentabilité de conservation un plus grand défi."

Le Regulator jette le blâme de l'augmentation des torchères sur "le nombre d'opérations de fracturations horizontales à plusieurs étapes en 2012. Cela prend plus de temps à récupérer les fluides et nettoyer les puits durant ces opérations, ce qui résulte à de plus importants volumes à brûler par torchère et augmente la durée des torchères."

The Tyee a rapporté l'erreur au Conseil des académies canadiennes et attend un retour d'appel.

Le rapport cite également que "c'est reconnu que la régulation canadienne et les pratiques acceptées sont quelque peu plus sévères" que la règlementation pétrolière et gazière aux É.-U., bien que les régulateurs du Canada soient financés à 100% par l'industrie.

L'agence Alberta Energy Regulator a abandonné dernièrement plusieurs cas évidents de contamination de l'eau de puits par le méthane à cause des activités pétrolières et gazières sans explication.

Elle débat actuellement en cour qu'elle n'a pas de "devoir de protection" des propriétaires terriens.

Bien que le rapport est en faveur de l'importance d'avoir des données de base (niveau de référence), les régulateurs ont rendu cela impossible en permettant des milliers de puits fracturés horizontalement en Alberta et en C.-B.

Environnement Canada avait demandé au Conseil des académies canadiennes, un OBNL qui appui des études d'experts basées sur des preuves en questions de politiques publiques, de mener cette étude il y a plus d'un an de cela.


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Fracking Growth Outpacing Scientific Knowledge in Canada: Report

Environment Canada-commissioned study urges a 'go slow' approach.

By Andrew Nikiforuk, Today, TheTyee.ca

One of Canada's premier scientific bodies has issued a critical report on the state of hydraulic fracturing in the nation, saying the industry has outpaced credible baseline data, scientific knowledge and necessary monitoring.

Moreover, threats to groundwater are real and immediate due to stray gases migrating along leaky and abandoned wellbores, natural fractures in rock, and permeable faults, it found.

"These pathways may allow for migration of gases and possibly saline fluids over long time scales, with potentially substantial cumulative impact on aquifer water quality," noted the Council of Canadian Academies report.

Basic science on the 10-year-old brute force technology, which blasts rock formations open with water, chemicals and sand, remains in its infancy.

"The basic scientific knowledge needed to evaluate potential risks to groundwater on the regional scale is largely lacking," reads the report.

The 292-page report, chaired by John Cherry, a respected hydrologist at the University of Guelph, took a look at the technology's impact on water, human health, earthquake activity, well integrity, greenhouse gases and the land.

To date, industry has injected highly-pressurized fluids down more than 150,000 horizontal wells in North America in order to break apart previously uneconomic rock formations containing oil and gas.

The report acknowledges that some of the most challenging impacts of hydraulic fracturing may take years to surface in communities and ecosystems.

"These include the creation of subsurface pathways between the shale horizons being fractured and fresh groundwater, gas seepage along abandoned wells, and cumulative effects on the land and communities."

Monitoring is currently inadequate, the report notes, but what has been done "indicates that gas leakage into aquifers and the atmosphere is frequent enough to raise concern. Given the likely future density of gas wells, shale gas development is expected to have a greater long-term impact than conventional oil and gas development."

Development 'risks quality of life': report

Across the country, thousands of citizens have protested against hydraulic fracturing and provincial governments hungry for hydrocarbon revenue.

First Nations in New Brunswick recently blockaded roads to protect traditional lands from unwanted industrialization.

In Quebec, farm communities worried about the fate of communal aquifers and their livelihoods forced the government to pose a moratorium on fracturing.

In northern British Columbia, where industry has overwhelmed rural communities and First Nations, a bombing campaign against the region's most aggressive shale gas driller, Encana, resulted in a costly multi-million dollar RCMP investigation several years ago.

And in Lethbridge, Alberta, protests by thousands of residents and local politicians yesterday defeated an application by an Asian firm to fracture formations under a suburb housing 10,000 people.

The report confirmed what many rural communities and B.C. First Nations have said for years: "The cumulative effects of the large number of wells and related infrastructure required to develop the resource still impose substantial impacts on communities and ecosystems."

Groups in eastern Canada, adds the report, "do not believe that their governments have the capacity to regulate the industry effectively and protect the environment while maximizing economic opportunities."

If shale gas development expands, and tens of thousands of wells are planned for Alberta and B.C., "the risks to quality of life and well-being in some communities may become significant due to the combination of diverse factors related to land use, water quality, air quality, and loss of rural serenity, among others."

Potential and documented impacts to groundwater "are not being systematically monitored, predications remain unreliable, and approaches for effective and consistent monitoring need to be developed."

An industry too far, too fast

In the absence of credible environmental baseline data, the report notes that industry has probably moved too far, too fast and the report endorses a "go slow" approach.

"In most instances, shale gas extraction has proceeded without sufficient environmental baseline data being collected (e.g., nearby groundwater quality, critical wildlife habitat). This makes it difficult to identify and characterize environmental impacts that may be associated with or inappropriately blamed on this development."

The report flagged well integrity as a problem, because all oil and gas wells leak as they age. But fractured wells have a tendency to fail more often due to the high pressures they must withstand.

"Information concerning the impacts of leakage of natural gas from poor cement seals on fresh groundwater resources is insufficient," said the report.

"The nature and rate of cement deterioration are poorly understood and there is only minimal or misleading information available in the public domain. Research is also lacking on methods for detecting and measuring leakage of GHGs to the atmosphere," added the report.

Given such liabilities and the fact that government may have to monitor leaky shale gas wells for decades, a recent German report on hydraulic fracturing advocated that the government "take it slowly and tread carefully," and conduct long-term basic research.

The report found that technological fixes may minimize some impacts, but not all of them.

"It is not clear that there are technological solutions to address all of the relevant risks, and it is difficult to judge the efficacy of current regulations because of the lack of scientific monitoring. The research needed to provide the framework for improved science-based decisions concerning cumulative environmental impacts has barely begun."

In its conclusion, the report notes that, "There are no vulnerability identification and management systems in place to identify those areas in Canada where hydraulic fracturing will be so risky that it should not be undertaken."

Thousands of approved wells in BC, AB

The report also makes some points that contradict other recent findings and developments.

It notes evidence on methane seepage from natural gas fields is "in flux," though other recent studies squarely challenge industry's claim that natural gas is a clean climate change fighter.

The report makes an error in stating that flaring or the burning of unwanted gas has declined in Alberta. According to a 2013 flaring report, the Alberta Energy Regulator directly attributes a 25.9 per cent increase from 2011 to 2012 in the disposal of flared waste gas into the air "to an increase in new crude oil production and low gas prices, which makes the economic viability of conservation more challenging."

The regulator blamed the increase in flared gas to "the number of horizontal multistage fracturing operations in 2012. It takes longer to recover load fluids and clean out wells in these operations, which results in greater flare volumes and flaring duration."

The Tyee has reported the error to the Council of Canadian Academies and is waiting to hear back.

The report also states that "it is recognized that Canadian regulation and accepted practices are somewhat more stringent" than U.S. oil and gas regulations, though Canada's regulators are 100 per cent funded by industry.

The Alberta Energy Regulator recently abandoned many cases of clear-cut contamination of wellwater by methane from oil and gas activity with no explanation.

It is currently arguing in court that it owes no "duty of care" to landowners.

Although the report champions the importance of baseline data, regulators have hindered that possibility by approving thousands of fracked horizontal wells in Alberta and B.C.

Environment Canada asked the Council of Canadian Academies, a not-for-profit organization that supports evidence-based expert studies on public policy issues, to conduct the study more than a year ago. [Tyee]

FRACKING REPORT DETAILS UNKNOWNS

- Absence of important baseline information about both geological and environmental conditions in shale gas regions;

- Performance of key components of shale gas development technology;

- Pathways, fate, and behaviour of industry-related contaminants in groundwater;

- Rate and volume of fugitive methane emissions;

- Cumulative effects of development on communities and land;

- Risks of human exposure to industry-released chemical substances.

Link: http://thetyee.ca/News/2014/05/01/Frack-Slow-Report/

Cet après-midi

Thursday, May 1, 2014

S’informer avant d’exploiter


Une équipe de chercheurs québécois a récemment présenté au BAPE la première étude permettant de déterminer le niveau de contamination des eaux souterraines avant l’extraction du gaz de schiste

Article publié dans Le Devoir du 29 avril 2014 | Karl Rettino-Parazelli

S’il choisit de se lancer un jour dans l’exploitation du gaz de schiste, le Québec sera le premier endroit dans le monde à pouvoir mesurer précisément les impacts de sa décision. Une équipe de chercheurs québécois vient de présenter devant le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) une étude inédite détaillant les niveaux de contamination des eaux souterraines de la vallée du Saint-Laurent avant toute extraction.


En juin 2012, le Comité de l’évaluation environnementale stratégique (EES) sur le gaz de schiste a donné un an au centre de recherche en géochimie et géodynamique, le Geotop, pour mesurer la quantité de méthane, de radon et d’hélium présente dans les eaux souterraines convoitées par les compagnies gazières.


« On a pu aller vérifier les niveaux de gaz avant même qu’il y ait exploitation, explique l’un des membres de l’équipe de chercheurs, le professeur au Département de chimie et de biochimie de l’Université Concordia Yves Gélinas. Ça nous permet d’avoir une sorte de ligne de base, de point zéro à partir duquel on sait que si on trouve des concentrations plus élevées avec de l’exploration ou de l’exploitation, on pourra relier la contamination à l’activité industrielle. »


C’est la première fois qu’une telle approche est utilisée, souligne-t-il. Par le passé, des études semblables réalisées aux États-Unis ont permis d’évaluer la qualité de l’eau souterraine, mais seulement après le début de l’exploitation. « Les compagnies ont demandé quel était le niveau de méthane avant leur arrivée. Comme les autorités n’avaient pas l’information, ils n’ont jamais pu responsabiliser ces compagnies-là pour les fortes concentrations de gaz qu’il y avait dans les eaux souterraines à ces endroits-là. »



Pas alarmant


Pour éviter qu’une telle situation se produise ici, les chercheurs ont analysé des échantillons provenant de 130 puits — soit résidentiels, municipaux ou d’observation — situés entre Montréal et Québec, entre le Saint-Laurent et les Appalaches. Leur étude est l’une de celles contenues dans un rapport synthèse sur la filière du gaz de schiste au Québec. Ce volumineux document a servi de base à la première partie de l’audience publique du BAPE, qui s’est conclue le 17 avril.


Dans l’ensemble, l’équipe du Geotop a constaté que 18 puits présentaient des concentrations de méthane supérieures à la limite fixée par le gouvernement du Québec. Dans quatre puits, les concentrations ont même excédé le seuil de solubilité de ce gaz dans l’eau. « Quand on dépasse ce seuil, le méthane va naturellement dégazer, souligne M. Gélinas, qui a travaillé en collaboration avec Anja Moritz, l’une de ses étudiantes à la maîtrise. Donc si on a une eau stagnante dans un endroit fermé, ce qui est souvent le cas des puits, il y a une possibilité que le méthane s’accumule et qu’il y ait un danger d’explosion. » Le gouvernement a réclamé une « action immédiate » pour remédier à la situation.


Dans le cas du radon, six puits ont dépassé le seuil recommandé par l’Organisation mondiale de la santé, mais aucun n’a excédé le niveau établi par Santé Canada. Et pour ce qui est de l’hélium, on l’a retrouvé en concentrations plus élevées dans les basses terres du Saint-Laurent. Les résultats obtenus pour les trois gaz ne sont toutefois pas alarmants, résume le chercheur.


En fait, les chiffres sont moins intéressants que les phénomènes qu’ils décrivent. M. Gélinas et ses collègues ont voulu déterminer si le méthane recueilli provenait des eaux profondes, là où se trouve la roche renfermant le gaz de schiste, ou s’il avait plutôt été produit naturellement par des bactéries situées en eaux de surface.


« On utilise le méthane comme marqueur. S’il y a migration du gaz à travers les fissures naturelles de la roche ou celles qu’on crée, il y a un risque que le liquide de fracturation migre également », ajoute-t-il. Si ce liquide toxique utilisé lors de la fracturation hydraulique migre comme le fait le méthane, il peut contaminer l’eau souterraine servant à la consommation humaine. Heureusement, l’essentiel du méthane échantillonné a été produit naturellement en eaux peu profondes.


Recherche appliquée



L’étude présentée il y a quelques semaines aux commissaires du BAPE est tout à fait « valable », mais Yves Gélinas admet qu’il aurait aimé approfondir certaines questions, pousser la recherche encore plus loin. Il se demande, par exemple, pourquoi des échantillons prélevés au même endroit à l’automne puis au printemps avaient des concentrations différentes et ne provenaient pas de la même source.


« On a une image ponctuelle dans le temps, mais il faudrait faire un suivi régulier et retourner plusieurs fois par année pour voir la variabilité naturelle du méthane et la variation des sources. Ces recherches-là en sont à leurs débuts », affirme-t-il.


Les travaux des chercheurs du Geotop permettront néanmoins d’alimenter la réflexion entamée par le BAPE, qui devrait rendre public son rapport au début de l’année 2015. Ce sera ensuite au gouvernement de décider de la voie à suivre.


« Je vois les deux côtés de la médaille, répond M. Gélinas lorsqu’on lui demande de commenter l’épineux dossier des gaz de schiste. C’est évident que si on exploite le gaz de schiste pour remplacer du pétrole encore plus polluant, je vois les avantages que ça peut apporter au niveau sociétal et économique. Mais je partage aussi les sensibilités des gens qui pensent différemment et qui se demandent si on en a vraiment besoin ou qui se disent qu’il y a des avenues qu’on n’a pas encore assez explorées, comme la réduction de la consommation. »


Il se dit également sensible aux inquiétudes des habitants qui ont vu débarquer des compagnies gazières du jour au lendemain et qui, bien souvent, ne savent pas si la qualité de leur eau est menacée. Le professeur sait que son apport scientifique ne représente qu’une goutte dans un océan, mais compte tenu de l’importance de l’enjeu, il a l’agréable impression d’avoir fait oeuvre utile.
L’entrevue est réalisée avec Yves Gélinas, professeur agrégé au Département de chimie et de biochimie de l’Université Concordia

Lien: http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/406781/entretiensconcordia

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Get the information before extracting

A team of Quebec researchers recently presented to the BAPE (provincial environmental public hearings body) the first study to determine the level of contamination of groundwater before extracting shale gas.

This is my translation of an article written by Karl Rettino-Parazelli published in the newspaper Le Devoir April 29 2014.

If ever Quebec decides to do the exploitation of shale gas, it will be the first place in the world that measured precisely the impacts of its decision. A Quebec team of researchers just prensented before the BAPE a yet unpublished study giving the details of the levels of contamination of groundwater in the St. Lawrence valley before any extraction was done.

In June 2012, the Strategic Environmental Assessment board (ÉES) on shale gas gave one year for the research center in geochemistry an geodynamics called Geotop to measure the quantity of methane, of radon an of helium found in the groundwater in the areas the gas companies want to explore.

"We were able to verify the levels of gas even before there was any exploitation, explains one of the members of the research team, professor in the Department of chemistry and of biochemistry of the University of Concordia, Mr Yves Gélinas. That will let us have a kind of baseline, a point zero from which we will know if we find concentrations any higher with exploration or exploitation, we will be able to link the contamination to industrial activity."

It is the first time such an approach has been tempted, he points out. In the past, similar studies made in the US helped us estimate the quality of groundwater, but only after the beginning of exploitation. "The companies asked what was the level of methane before they got there. Since the authorities did not have that information, they were never able to make these companies responsible for the high concentration of gas found in the groundwater there."

Not alarming

To avoid such a situation happens here, the researchers have analyzed samples from 130 wells, either residential, municipal or observation (water) wells between Montreal and Quebec, between the St. Lawrence (River) and the Appalachian Mountains. Their study is one of those included in a synthesis report on the shale gas file in Quebec. This large document was used as the basis of the first part of the public hearings of the BAPE that ended April 17.

Overall, the Geotop team observed that 18 wells had superior methane concentrations than the Quebec government norm. In 4 wells, the concentrations were even above the solubility threshold of this gas in water. "When it goes beyond that threshold, the methane will naturally degas, says Mr Gélinas, who worked in collaboration with Anja Moritz, one of his students doing her Masters. So if there is a bit of stagnant water in a closed area, which is often the case with wells, there is the possibility that the methane will accumulate and there will be danger of explosion." The government has asked for "immediate action" to remediate the situation.

Six wells tested beyond the recommended norm for radon by the World Health Organization, but none went beyond the recommended norm of Health Canada. As for helium, the highest concentrations were found in the St. Lawrence Lowlands. The results for the 3 gases are not alarming, says the researcher.

Indeed, the numbers are less interesting than the described phenomenons. Mr Gélinas and his colleagues wanted to determine if the collected methane came from deep water where the shale containing the shale gas is, or if it had been produced naturally by bacteria found in surface water.

"We use methane as a marker. If there is gas migration through natural fractures in the rock or those we created, there is a risk that the fracking liquid migrates also", he adds. If this toxic liquid used during the hydraulic fracturing migrates like the methane does, it could contaminate groundwater that is source of drinking water. Thankfully, most of the methane sampled was produced naturally in shallow water.

Applied research

The report presented a few weeks ago to the BAPE commissioners is perfectly "valid", but Yves Gélinas admits he would have liked to delve deeper with some questions, do a little more research. For example, he wonders why samples taken at the same site in the Fall, then during Spring, had different concentrations and did not come from the same source.

"We have a spot image in time, but follow-ups should be done on a regular basis and return many times during a year to observe the natural variability of the methane and the variation of the sources. That kind of research is just beginning right now", he adds.

The work done by the Geotop researchers will nevertheless feed the reflection started by the BAPE that should make its report public in the beginning of 2015. It will then be up to the government to decide what to do.

I see both sides of the coin, says Mr Gélinas when we ask him to comment on the controversial shale gas. It is obvious that if we extract shale gas to replace oil that is even more polluting, I can see the social and economical advantage. But I also share the preoccupations of people thank think otherwise and wonder if we really need it or if there would not be unexplored solutions, like reducing our consumption."

He says he is also aware of the preoccupations of the residents that saw gas companies show up at their doorstep all of a sudden and very often do not know if the quality of their water is threatened. The professor knows that his scientific study is but a drop in an ocean, but because of the importance of what is involved, he has the good feeling of having provided a useful paper.

This is an interview with Yves Gélinas, Associate Professor in the Chemistry and Bio-Chemistry Department of Concordia University.