Friends of the Richelieu. A river. A passion.



"Tout cedit pays est fort uny, remply de forests, vignes & noyers. Aucuns Chrestiens n'estoient encores parvenus jusques en cedit lieu, que nous, qui eusmes assez de peine à monter le riviere à la rame. " Samuel de Champlain


"All this region is very level and full of forests, vines and butternut trees. No Christian has ever visited this land and we had all the misery of the world trying to paddle the river upstream." Samuel de Champlain

Thursday, May 5, 2016

Le fracking doit être interdit en Australie selon un comité spécial nommé par le Sénat


Photo: le puits de Saint-Denis, courtoisie Johanne Béliveau

Le gouvernement australien doit interdire le fracking dit le rapport intérimaire

Ma traduction libre d'un reportage de Mining Weekly

Un rapport intérimaire rédigé par un comité spécial formé pour étudier les activités minières du gaz non conventionnel en Australie recommande que le gouvernement fédéral travaille avec les gouvernements des états et des territoires afin d'interdire le procédé de la fracturation hydraulique, ou le fracking, partout au pays.

En novembre, le Sénat a résolu d'établir un comité spécial sur les activités minières pour extraire le gaz non conventionnel afin d'examiner l'encadrement législatif, régulateur et politique de l'Australie afin de constater s'il est suffisant pour contrôler les activités minières qui extraient le gaz non conventionnel, dont l'extraction du gaz de houille et le gaz de schiste.

Présidé par le sénateur Glenn Lazarus du Queensland, le comité a mené un certain nombre d'audiences publiques et entendu des soumissions remises par des participants de l'industrie, ainsi que les communautés affectées. À part de recommander une interdiction sur toute activité de fracking partout en Australie, le comité spécial, dans son rapport intérimaire, a aussi recommandé que le gouvernement du Commonwealth travaille avec les gouvernements des états et des territoires afin de développer une stratégie nationale pour gérer la conduite des activités minières de gaz non conventionnel en Australie, et Lazarus questionne la capacité des gouvernements des états et des territoires de règlementer adéquatement l'industrie du gaz non conventionnel.

"L'extraction du gaz non conventionnel est une activité très technique et beaucoup d'expertise est requise pour mener l'industrie ainsi que d'en faire le monitorage et la règlementation. Le président se demande si les gouvernements des états et des territoires ont les ressources nécessaires pour fournir une surveillance régulatrice détaillée de l'extraction du gaz non conventionnel," lit-on dans le rapport.

À sa place, le comité spécial suggère que le gouvernement du Commonwealth nomme un commissaire d'extraction de gaz non conventionnel pour surveiller le comportement, la gérance, la règlementation et la conformité de toute l'industrie sur une base nationale. Il suggère également qu'un ombudsman de la ressource soit nommé pour appuyer les Australiens affectés par l'extraction, particulièrement dans les régions où le gaz de houille était présent.

Il a aussi été recommandé qu'un service légal communautaire soit implanté pour fournir aux propriétaires terriens et ceux affectés par l'industrie de la ressource et l'industrie d'extraction du gaz non conventionnel accès à des conseillers juridiques gratuits, et que le gouvernement fédéral implante un service de santé et médical dédié pour s'assurer que ceux qui sont affectés par les projets de la ressource aient accès à des services de santé.

De plus, le comité spécial a recommandé que les propriétaires terriens reçoivent le droit immédiat de refuser l'extraction sous leurs terres.

Il a aussi été suggéré qu'une législation devrait être introduite pour interdire les dons venant des compagnies de la ressource versés à des partis politiques, et que le gouvernement du Commonwealth travaille avec les gouvernements des états et des territoires pour amorcer une transition "urgente" vers les énergies vertes pour s'assurer que les sources d'énergie du pays soient assurées.

L'association Australian Petroleum Production & Exploration Association (Appea) a dénigré le rapport intérimaire, disant qu'il n'identifiait aucune preuve concrète ou scientifique pour appuyer la campagne de peur colportée par les opposants de l'industrie.

"Malgré les meilleurs efforts du sénateur Lazarus pour enflammer le débat, le rapport du comité ne contient pas de preuves pour appuyer ses attaques contre l'industrie qu'il espère feront la page une," dit le président de l'Appea le docteur Malcolm Roberts.

Le comité spécial devrait présenter son rapport final avant la fin de juin cette année.

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Aus govt must ban fracking – report

Published in Mining Weekly on 5th May 2016 By: Esmarie Swanepoel

PERTH (miningweekly.com) – An interim report by a Select Committee on unconventional gas mining in Australia has recommended that the federal government work with state and territory governments to ban the process of hydraulic fracturing, or fracking, across the country.

In November, the Senate resolved to establish a Select Committee on unconventional gas mining to review the adequacy of Australia’s legislative, regulatory and policy framework for unconventional gas mining, including coal seam gas (CSG) and shale gas mining.

Chaired by Queensland senator Glenn Lazarus, the committee conducted a number of public hearings and heard submissions from industry participants, as well as affected communities. Apart from recommending a ban on all fracking activities across Australia, the Select Committee, in its interim report, also recommended that the Commonwealth government work with state and territory governments to develop a national strategy to manage the conduct of unconventional gas mining in Australia, with Lazarus calling into question the state and territory government’s ability to adequately regulate the unconventional gas industry.

“Unconventional gas mining is a highly technical activity and significant expertise is required to conduct the industry as well as to monitor and regulate it. The chair questions whether state and territory governments have the resources required to provide detailed regulatory oversight of unconventional gas mining,” the report read.

Instead, the Select Committee suggested that the Commonwealth government appoint an unconventional gas mining commissioner to oversee the conduct, management, regulation and compliance of the entire industry on a national basis. It also suggested that a resource ombudsman be appointed to support Australians affected by mining, particularly in areas where CSG was present.

It was also recommended that a community legal service be established to provide land-holders and those affected by the resource industry and unconventional gas mining industry with access to free legal advice, and that the federal government establish a dedicated health and medical service to ensure that those affected by resource projects have access to health services.

Further, the Select Committee recommended that land-holders be given the immediate right to refuse mining on their land.

It was also suggested that legislation should be introduced to ban donations from resource companies to political parties, and that the Commonwealth government work with state and territory governments to "urgently" transition to green energy to ensure that the country’s power supply was ensured.

The Australian Petroleum Production & Exploration Association (Appea) blasted the interim report, saying that it did not identify any factual or scientific evidence to support the fear campaign peddled by industry opponents.

“Despite Senator Lazarus’s best efforts to enflame the debate, the committee report contains no evidence to support his headline-seeking attacks on the industry,” said Appea CEO Dr Malcolm Roberts.

He added that the industry saw the inquiry as an opportunity to put the facts on the public record, and appreciated the "genuine interest" shown by Coalition and Labour senators participating in the inquiry.

“Most senators acknowledge that the claims made against the industry are flimsy and anecdotal. They also acknowledge the industry’s positive economic contribution.

“A compelling body of evidence from leading scientific institutions and independent experts shows that a properly regulated unconventional gas industry does not threaten the environment or public health. Again, most Senators who participated in the inquiry recognised this point.

“Activists and others opposed to the industry are entitled to be heard, but decision-making must be based on factual evidence.

“Unfortunately, the inquiry’s chair has shown that he is not interested in the facts. His recommendations are not supported by the evidence presented to the inquiry and, not surprisingly, are not supported by the majority of his committee members,” said Roberts.

The Select Committee was expected to table its final report before the end of June this year.

Link: http://www.miningweekly.com/article/aus-govt-must-ban-fracking-report-2016-05-05


Tuesday, May 3, 2016

La "planète" a besoin d'être sauvée??!!??


Photo: NASA

Si on disait plutôt: ton enfant va souffrir d'asthme, ou d'autisme, à cause de la pollution; ou ton grand-père va mourir d'un ACV à cause de la pollution; ou le lait maternel de ta femme qui nourrit ton bébé est contaminé par des produits chimiques toxiques; ou même ta nourriture bio est contaminée par des pesticides. Çà serait pas mal plus juste que de dire que la planète a besoin d'être sauvée!!!!

En tout cas, ce serait plus réaliste, et peut-être l'urgence d'agir se ferait sentir un peu plus.

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I am so tired of hearing that we need to save earth! We should rather save the planet from ourselves! We are our own worse ennemy.

Monday, May 2, 2016

Les vergers de Richelieu



Hier, j'ai bien aimé la présentation de M. Beauregard, l'histoire de sa famille à Richelieu et ses racines, parrainée par la Société d'Histoire de la Seigneurie de Chambly . J'ai surtout aimé revoir la photo aérienne du verger et jardin qui ont déjà existé derrière l'église Notre-Dame-de-Bon-Secours à Richelieu.

J'ai appris que le verger, conçu pour apporter des revenus additionnels à la famille, n'a pas bien rempli sa fonction. Je ne suis pas surprise. D'autres résidents de Richelieu ont tenté la même aventure, de plus petite dimension, et pour d'autres motifs, bien sûr, mais avec les même résultats.

En effet, les Panet planteront un petit verger de pommiers, pruniers, poiriers et plusieurs vignes de raisins verts et raisins bleus derrière la maison (là où se trouve la piscine creusée aujourd'hui). C'était plutôt un jardin pour le plaisir de Mme, la mère de Henri. J'ai vu les arbres du verger mourir les uns après les autres, et seules quelques vignes ont survécu jusqu'à ce que le nouveau résident les remplace avec une haie de cèdres. Le nouveau propriétaire tente la même aventure, mais plus loin derrière la propriété, mettant autant l'accent sur les petits fruits que les nouveaux arbres fruitiers hybrides pour contrer ces problèmes. Moi-même, j'ai acheté ma propriété de Mme Kozak, dont le mari avait planté pommiers, pommetiers, amélanchier, pruniers et framboisiers dans l'intention de faire du vin. J'ai pu ainsi voir le pommier, puis ensuite les pruniers, périr au fil des ans, malgré mes bons soins. Seuls les pommetiers et les framboisiers produisent toujours.

J'expliquerais les problèmes ainsi: la proximité de la rivière et des Rapides de Chambly font que les vents dominants amènent beaucoup d'humidité, encourageant ainsi la propagation des champignons, problèmes fongiques, en d'autres mots, et les pucerons.

Aussi, les vents dominants de l'ouest et du sud tendent à faire monter l'air chaud des États-Unis, descendant la vallée de la rivière, provoquant ainsi souvent des printemps hâtifs, encourageant les arbres à ouvrir leurs bourgeons trop tôt, et ensuite des gels nocturnes et de l'aube les détruisent trop souvent quand les déplacements de l'air ambiant virent du nord et de l'est. Certaines années, la récolte au complet est ainsi condamnée. Bien souvent, une bonne année verra quelques fruits qui mûrissent sur l'arbre, et on se comptera chanceux cet été-là.

Les Américains ont une expression appropriée pour ce qu'on essaye de faire: nous sommes des "gentlemen farmers". C'est-à-dire qu'on ne compte pas sur le "fruit" de nos labeurs pour subvenir à nos besoins culinaires et financiers. C'est pour le pur plaisir de voir la plante profiter, les abeilles butiner, et un beau jour, mordre dans la chair sucrée (si on est chanceux!).

Sunday, May 1, 2016

Hiding in plain sight


A neighbor's cat sleeping in my backyard.

Saturday, April 30, 2016

Energy East: The Twisted Pipeline


Photo: mining.com

Énergie Est - Le tortueux chemin d’un pipeline


SEE ENGLISH TRANSLATION BELOW

Reportage publié dans Le Devoir le 30 avril 2016 |Alexandre Shields


Depuis qu’elle a présenté son projet Énergie Est, TransCanada a refusé à plusieurs reprises de se soumettre aux lois environnementales en vigueur au Québec. Si elle vient d’accepter de le faire, c’est à la suite d’une entente négociée avec le gouvernement. Il faut dire qu’au-delà des personnalités québécoises influentes qu’elle mobilise pour promouvoir son pipeline, la pétrolière ne reconnaît pas le droit à la province de statuer sur sa construction. Et l’entreprise sait très bien que la pression sur le Québec est très forte, tant l’économie canadienne demeure dépendante du secteur pétrolier.

1er août 2013. Le traumatisme de la tragédie humaine et environnementale de Lac-Mégantic est encore omniprésent, un peu plus de trois semaines après le déraillement et l’explosion d’un train transportant du pétrole brut en plein coeur de la petite municipalité. C’est la date fixée par TransCanada pour présenter pour la première fois son projet de pipeline Énergie Est. En plus d’affirmer qu’une telle infrastructure permettrait de réduire les importations pétrolières, la multinationale albertaine insiste alors sur la sécurité des pipelines. Le moment est pour le moins bien choisi.

En plein été, l’annonce ne fait pas vraiment de vagues. Il faut dire qu’on sait alors peu de choses de cet imposant pipeline, le plus important du genre en Amérique du Nord. La campagne de promotion ne s’en met pas moins rapidement en place. En plus des lobbyistes déjà à pied d’oeuvre, TransCanada peut compter sur l’appui indéfectible du gouvernement Harper.

Dans les mois qui suivent, le ministre fédéral des Ressources naturelles, Greg Rickford, vante, à Montréal, cette « solution d’avenir » pour le Québec. Le futur premier ministre du Québec, Philippe Couillard, manifeste aussi son appui au projet au cours de la campagne de mars 2014. Le chef libéral qualifie même de « belle occasion » l’idée d’exporter du pétrole des sables bitumineux à partir d’un port qui serait situé à Cacouna.

Travaux et amende

Appui de Québec ou pas, la cause est alors déjà entendue pour TransCanada. Et sa position, ferme, est toujours la même deux ans plus tard : seul le gouvernement fédéral a le pouvoir d’autoriser ou non le projet de pipeline d’exportation.

C’est dans ce contexte que la pétrolière entreprend en avril 2014 les levés sismiques en plein coeur de la pouponnière de bélugas du Saint-Laurent, sans avoir demandé la permission au gouvernement du Québec. Il faudra d’ailleurs une plainte déposée par le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE) quelques mois plus tard pour que le gouvernement finisse par imposer une amende à TransCanada. Pour avoir mené ses travaux sans certificat d’autorisation, la compagnie a écopé d’une amende de 5000 dollars.

C’est aussi à la suite d’une action judiciaire entreprise par le CQDE que TransCanada acceptera finalement d’attendre l’autorisation de Québec avant de mener des forages à Cacouna. On connaît la suite. Même si la pétrolière ne fournit pas au ministère de l’Environnement l’avis scientifique réclamé à plusieurs reprises, Québec l’autorise à procéder. Il faudra, encore une fois, une requête des groupes environnementaux pour faire cesser les forages. Et la Cour blâme alors directement le ministre David Heurtel.

Aux prises avec une controverse de plus en plus vive, les libéraux réclament finalement une étude d’impact du projet, comme la Loi sur la qualité de l’environnement le prévoit depuis plus de 35 ans pour tout pipeline de plus de deux kilomètres. Le gouvernement Couillard ferme du même coup la porte à l’évaluation des émissions de gaz à effet de serre liées à la production pétrolière qui sera transportée par Énergie Est.

Qu’importent les demandes du Québec, TransCanada refuse de respecter la législation et de produire une étude d’impact, au point où le ministre Heurtel décide finalement de mandater le BAPE en juin 2015 sans avoir ce document essentiel en main. Le ministère de l’Environnement autorise du même coup la réalisation de travaux préliminaires, dont des levés sismiques dans le Saint-Laurent.

Ottawa favorable

La situation demeure au beau fixe jusqu’à ce que le CQDE dépose une nouvelle demande en justice en février dernier pour tenter de forcer TransCanada à se conformer aux dispositions des lois environnementales québécoises. Encore une fois mis au pied du mur parce qu’il ne fait pas appliquer ses propres lois, le gouvernement Couillard dépose finalement une demande d’injonction similaire.

C’est cette étape qui a finalement mené à une entente entre le gouvernement du Québec et la pétrolière en vue de la production d’une étude d’impact. Mais au lieu d’y mettre des mois de travail, comme cela serait la norme pour un tel projet industriel, le tout doit être réalisé d’ici le 6 juin. Pour David Heurtel, il est néanmoins clair que TransCanada « se soumet » à la réglementation provinciale. Pour autant que l’étude du Québec ne retarde pas le processus d’approbation qui doit, selon l’entreprise, provenir du fédéral. Et qui semble en voie d’être acquis.

D’ailleurs, il ne fait aucun doute que le gouvernement canadien a bien entendu le message lancé par l’Alberta, la Saskatchewan et l’industrie pétrolière : le pays a besoin des pipelines pour mettre en marché ses imposantes réserves pétrolières, les troisièmes en importance dans le monde. Avant même l’élection des libéraux, Stéphane Dion s’était porté à la défense des sables bitumineux et du transport de pétrole par pipelines. La ministre de l’Environnement, Catherine McKenna, ne voit pas non plus d’incohérence entre la croissance de la production pétrolière et la volonté du gouvernement Trudeau de lutter contre les changements climatiques.

Avec les projets bloqués vers la côte ouest et vers les États-Unis, le pipeline Énergie Est revêt une importance encore plus grande. Sans lui, impossible d’augmenter le rythme d’extraction du pétrole des sables bitumineux, comme le prévoit l’industrie. Dans ce contexte, la pression sur le Québec est plus forte que jamais. Il faut se rappeler les attaques virulentes lancées à la suite de l’opposition formelle de la Communauté métropolitaine de Montréal. De telles attaques n’ont jamais été dirigées contre la Colombie-Britannique, où deux projets de pipelines sont actuellement bloqués.

Pipeline nécessaire ?

Reste une question majeure, au-delà des risques environnementaux qui demeurent toujours peu documentés : le Québec et l’est du Canada ont-ils besoin de ce pipeline, vecteur de division sociale destiné d’abord à exporter le pétrole de l’Ouest ?

Malgré les arguments selon lesquels le projet de TransCanada permettra de mettre pour ainsi dire fin aux importations pétrolières dans l’est, la réalité est en effet tout autre. En fait, la raffinerie de Valero à Lévis refuse de donner des précisions sur ses achats éventuels du pétrole provenant d’Énergie Est. Quant à celle d’Irving, à Saint-Jean, elle s’est seulement engagée à acheter 50 000 barils par jour, sur une capacité de raffinage de 300 000 barils. Le reste continuera d’être importé, notamment d’Arabie saoudite.

Qui plus est, la majorité des besoins en brut du Québec sont désormais comblés depuis l’inversion du flux de pétrole dans l’oléoduc 9B d’Enbridge. Au final, selon les données actuellement disponibles, au moins 900 000 barils par jour seront directement exportés vers des marchés étrangers. Le Québec ne servira donc que de territoire de transit pour ce pétrole. TransCanada songe d’ailleurs toujours à construire ici un port pour exporter une partie de ce brut.

Les émissions

Selon les scénarios présentés, TransCanada compte exporter du pétrole vers l’Europe, l’Inde et les États-Unis. Qui plus est, en plus du pétrole de l’Ouest, le pipeline pourrait transporter jusqu’à 300 000 barils par jour en provenance du Dakota du Nord. Ce pétrole, importé au Canada par le pipeline Upland, puis transporté d’ouest en est, pourrait donc en théorie être de nouveau exporté vers les États-Unis.

Certes, le transport de pétrole dans une société globalisée est une nécessité pour l’industrie. Mais cette même société globalisée signifie que les problèmes environnementaux doivent être abordés dans une perspective planétaire. Or, dans le cas d’Énergie Est, la question des émissions de gaz à effet de serre de l’industrie pétrolière demeure entière.

Il est en effet impossible pour le moment d’avoir une idée précise et détaillée des émissions liées à la production des 400 millions de barils de brut qui couleront chaque jour dans le pipeline de TransCanada. L’avis de projet transmis la semaine dernière au gouvernement du Québec n’en fait même pas mention. Il est également impossible de savoir dans quelle mesure le Québec évaluera cette question, alors que le gouvernement Couillard a rejeté cet enjeu à plus d’une reprise au cours des deux dernières années.

Bref, l’ensemble a de quoi susciter une certaine méfiance. Depuis le dévoilement du projet Énergie Est, on constate que TransCanada a mis beaucoup d’efforts pour en faire la promotion, tout en refusant à plusieurs reprises de se conformer à la législation québécoise. Quant au gouvernement Couillard, il a souvent été forcé, un peu malgré lui, d’agir pour appliquer ses propres lois. Au final, s’il reste encore deux années de débats, on sait d’ores et déjà que ce pipeline sera porteur d’une profonde discorde.

Lien: http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/469611/energie-est-le-tortueux-chemin-d-un-pipeline

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Energy East: The Twisted Path of a Pipeline

My translation of above article:

Since presenting its Energy East project, TransCanada has refused many times to obey current environmental laws in Quebec. If it has just accepted to do so, it is after a negotiated agreement with the government. It must be said that beyond the influential Quebec personalities mobilized to promote its pipeline, the oil company does not recognize the right of the province to statute on its construction. And the company knows very well that pressure to make Quebec move is very strong, because Canada's economy is dependent on the oil sector.

August 1 2013. The trauma caused by the human and environmental tragedy of Lac-Mégantic is still very present, a little more than three weeks after the derailment and explosion of a train moving crude oil right in the heart of the small municipality. That is the date given by TransCanada to present for the first time its Energy East pipeline project. On top of saying that such an infrastructure would help reduce oil imports, the Albertan multinational insists at that point on the safety of pipelines. The moment is well chosen.

Right in the middle of summer, the announcement does not create much of an impact. It must be said that at the time, very little was known about this imposing pipeline, the biggest of its kind in North America. Lobbyists are already hard at work, and TransCanada can count on unwavering backing from the Harper government.

During the following months, in Montreal, the Natural Resources federal minister Greg Rickford brags about this "solution of the future" for Quebec. Philippe Couillard, the future Prime Minister of Quebec, also expresses his support for the project during the March 2014 campaign. The Liberal Leader even qualifies the "nice occasion" the idea of exporting the oil from the tar sands from a harbor that would be built in Cacouna.

Work started and fine

With of without Quebec's accord, the cause is already heard for TransCanada. And its firm position is still the same two years later: only the federal government has the power to authorize or not the export bound pipeline project.

It is in this context that the oil company starts seismic surveying right in the heart of the beluga nursery in the St. Lawrence, without asking permission from the Quebec government. A complaint will have to be lodged by the CQDE (Centre Québécois du Droit de l'Environnement) a few months later for the government to finally impose a fine to TransCanada. For having done the work without an authorization certificate, the company gets a $5,000 fine.

It is also after a legal action from the CQDE that TransCanada finally accepts to wait for Quebec's authorization before drilling in Cacouna. We all know what happened next. Even if the oil company does not have scientific advice to give to the Environment ministry that had been requested many times, Quebec gives the go ahead anyway. Once more, it will take a statement of claim from the environmental groups to have the drilling stopped. And the court blames directly Minister David Heurtel at the time.

Caught in a more and more strong controversy, the Liberals finally ask for an impact study for the project, just like the Law on the Quality of the Environment demands it for more than 35 years now for any pipeline of more than two kilometers. At the same time, the Couillard government closes the door to an assessment of greenhouse gases emitted tied to the oil production that will be transported by Energy East.

No matter what Quebec wants, TransCanada refuses to respect the legislation and present an impact study, to the point that Minister Heurtel finally decides to mandate the BAPE in June 2015 without having this essential document in hand. The Environment ministry authorizes at the same time the realization of preliminary work, including seismic surveying in the St. Lawrence.

Ottawa favorable

The situation stays the same until the CQDE filed a new legal claim last February to try to force TransCanada to conform to the environmental laws dispositions of Quebec. Once more, backed up to the wall because it will not enforce its own laws, the Couillard government finally files a similar legal claim.

It is this final stage that finally led to an agreement between the Quebec government and the oil company in order to produce an impact study. But instead of taking months to do the work, like it would normally take for such an industrial project, everything must be completed by June 6. For David Heurtel, it is nevertheless clear that TransCanada "is submitting itself" to the provincial rules. As long as the study of Quebec does not delay the approval process that must, as per the company, come from the federal. And that seems to be a given.

Besides, there is no doubt that the Canadian government has well heard the message coming from Alberta, Saskatchewan and the oil industry: the country needs pipelines to market its important oil reserves, third in importance in the whole world. Even before the Liberal election, Stéphane Dion came to the defense of the tar sands and transportation of oil by pipelines. Catherine McKenna, Minister of the Environment, does not see any incoherence between increase of oil production and the Trudeau government's goal to fight climate change.

With projects blocked westward and to the US, the Energy East pipeline becomes even more important. Without it, it will be impossible to increase the tar sands oil extraction rhythm like the industry is planning it. In this context, the pressure on Quebec is stronger than ever. Remember the angry attacks against the formal opposition of the CMM. Such attacks have never been seen against BC where two pipeline projects are blocked right now.

Is the pipeline necessary?

There is one major question left, beyond the environmental risks that are still very little documented: do Quebec and Eastern Canada need this pipeline, social division vector first of all destined to export Western oil?

In spite of arguments that say that the TransCanada project will let put an end to oil imports in the East, the reality is very different. Indeed, the Valero refinery in Lévis refuses to give any precisions on its eventual purchases of oil coming from Energy East. As for Irving's refinery, in Saint-Jean, it only promises to buy 50,000 barrels a day, with a capacity of refining 300,000 barrels. The rest will continue to be imported, from Saudi Arabia among others.

Plus, the majority of Quebec's crude needs are now fulfilled by the inversion of Enbridge's 9B pipeline. In the end, as per the data presently available, at least 900,000 barrels per day will be directly exported abroad. Quebec will only be a transit zone for this oil TransCanada still wants to build a harbor to export a part of this crude.

Emissions

As per the scenarios presented, TransCanada wants to export oil to Europe, India and the US. Plus, on top of the oil coming from the West, the pipeline could move up to 300,000 barrels per day coming from North Dakota. This oil, imported into Canada by the pipeline Upland, then moved from west to east, could then in theory be exported back to the US.

Certainly, the transportation of oil in a globalized society is a necessity for the industry. But this same globalized society means that environmental problems must be confronted on a planetary perspective. But, in the case of Energy East, the question of greenhouse gases emitted by the oil industry remains unanswered.

It is indeed impossible right now to have an exact and detailed idea of the emissions tied to the production of the 400 million barrels of crude that will flow each day in TransCanada's pipeline. The notice of project presented to the Quebec government last week does not even mention it. It is also impossible to know up to what degree Quebec will assess this question, when the Couillard government rejected this issue more than once since the past few years.

In a nutshell, the whole thing is enough to create a certain mistrust. Since the unveiling of the Energy East project, we can see that TransCanada has put a lot of effort to promote it, while refusing many times to conform to Quebec legislation. As for the Couillard government, it has been forced, a bit despite itself, to act in order to enforce its own laws. In the end, if there is still two years of debate left, we already know that this pipeline will be the source of a lot of contention.