Friends of the Richelieu. A river. A passion.



"Tout cedit pays est fort uny, remply de forests, vignes & noyers. Aucuns Chrestiens n'estoient encores parvenus jusques en cedit lieu, que nous, qui eusmes assez de peine à monter le riviere à la rame. " Samuel de Champlain


"All this region is very level and full of forests, vines and butternut trees. No Christian has ever visited this land and we had all the misery of the world trying to paddle the river upstream." Samuel de Champlain

Tuesday, December 9, 2014

Une autre espèce en péril menacée par le développement d'un port sur le Saint-Laurent

Photo: Sophie Poirier Environnement Canada
Le Port de Montréal prévoit commencer d'ici trois ans la construction d'un nouveau grand terminal pour navires marchands à Contrecoeur, en Montérégie. À terme, le site d'accueil des conteneurs dépassera même la taille de celui de Montréal. Mais la présence d'un poisson unique au monde, en voie de disparition, pourrait compliquer les choses.

Un texte de Thomas Gerbet

« Les navires vont arriver les uns après les autres au cours d'une même semaine », lance Daniel Dagenais, le vice-président aux opérations du Port de Montréal, en balayant avec son doigt les centaines d'hectares de terres agricoles qu'il souhaite développer entre les rives du fleuve et l'Autoroute 30. Jusqu'à 150, voire 200 porte-conteneurs s'ajouteraient chaque année dans la voie maritime.

Selon ses prévisions, le site accueillera dès 2021 deux nouveaux quais de 350 mètres chacun, ainsi qu'une aire d'entreposage, des bureaux, une voie ferroviaire de triage et quatre grues pour décharger les navires. Une deuxième phase d'expansion est prévue par la suite avec encore d'autres quais pour accueillir encore plus de navires porte-conteneurs.

« À Montréal, on arrive à un point de saturation », explique Daniel Dagenais. Dans quelques années, l'espace disponible pour accueillir les cargos ne sera plus suffisant pour soutenir l'augmentation des échanges commerciaux [surtout avec l'accord de libre-échange Canada-Union européenne]. D'où la volonté d'utiliser les quatre kilomètres de rives que l'administration portuaire possède à Contrecoeur.

Une espèce en voie de disparition

Pour construire les nouveaux quais, il va falloir draguer et remblayer de l'espace sur le fleuve. Des rives naturelles et des herbiers vont disparaître. « Il va y avoir destruction de l'habitat du poisson », reconnaît Daniel Dagenais.

Le poisson dont il parle, c'est le chevalier cuivré, le seul vertébré 100 % québécois. Il n'existe nulle part ailleurs dans le monde. Comme le béluga depuis peu, il est classé espèce « en voie de disparition » par le gouvernement fédéral. Il ne resterait que quelques centaines d'individus entre Valleyfield et Sorel, 2000 tout au plus.

« C'est son secteur d'alimentation », explique la biologiste Sophie Lemire, directrice du comité ZIP des Seigneuries. « Il se nourrit de mollusques dans les herbiers, surtout dans le corridor fluvial ». Elle mentionne par ailleurs les risques liés à l'augmentation de l'achalandage des navires : « ça va entraîner plus d'érosion, plus de matières en suspension. [...] Le poisson a besoin d'eaux plus calmes pour se nourrir ».

« Il y a déjà beaucoup d'herbiers qui ont disparu. S'il y a d'autres herbiers qui sont détruits, ça peut affecter le chevalier cuivré. Comme il est déjà menacé, ce serait important que dans son aire, il ait de quoi s'alimenter. [...] Il ne faudrait pas se retrouver ensuite avec une espèce disparue » — Sophie Lemire, biologiste
Le port de Montréal affirme qu'aucun chevalier cuivré n'est présent dans le secteur du développement portuaire. « Il n'y a en a pas à Contrecoeur », écrit la porte-parole du Port de Montréal, Sophie Roux, dans un courriel, en se référant aux études préliminaires menées par le Port. Cependant, plusieurs experts du chevalier cuivré que nous avons consultés remettent en doute cette affirmation.

Des cartes produites par la province placent l'habitat d'alimentation du chevalier cuivré à l'endroit même où seront construits les quais, et des poissons ont été localisés à la hauteur de la ville, quelques kilomètres en aval. Avant d'aller de l'avant avec le début de la construction des installations portuaires en 2018, le Port de Montréal devra obtenir une série d'autorisations environnementales des deux paliers de gouvernements.

La tâche ne sera pas facile. La loi fédérale sur les espèces en péril interdit, notamment, de « nuire » au poisson. Par ailleurs, le Comité sur la situation des espèces en péril du Canada considère comme « causes réelles de menace » contre le chevalier cuivré le « trafic commercial maritime accru » et « le développement des infrastructures du port dans le Saint-Laurent ».

Un programme gouvernemental de rétablissement du chevalier cuivré vise l'ajout de 4000 poissons adultes, élevés en laboratoire, d'ici 20 ans. Cependant, pour qu'ils puissent s'alimenter correctement, il leur faudrait 260 kilomètres carrés d'herbiers. Il n'y en a actuellement qu'entre 25 et 30 kilomètres carrés.
1000 emplois à long terme

Le Port de Montréal a tenu une rencontre publique il y a quelques jours à Contrecoeur. Il a promis 460 emplois par année durant la phase de construction et 1000 emplois à long terme, lors de l'exploitation.

« Les citoyens s'attendent à ce développement depuis des années, et là : ça s'en vient, ça s'en vient à grands pas », se réjouit la mairesse de Contrecoeur, Suzanne Dansereau. « Le port qui va fonctionner ici 12 mois par année, je pense qu'il va attirer d'autres industries qui vont créer beaucoup de richesse pour Contrecoeur. »

La mairesse pense qu'à terme, sa population pourrait passer de 7000 à 10 000 résidents. Elle anticipe aussi de bonnes nouvelles pour les habitants de Montréal : « ça va enlever de la congestion sur Notre-Dame ».

Le port en chiffres

Le terminal de Montréal reçoit et achemine déjà 1,3 million de conteneurs sur une capacité maximale de 1,7. « On pourrait étirer jusqu'à 2 millions, mais pas plus » explique le vice-président. À Contrecoeur, la capacité sera de 1,15 million de conteneurs dès la première phase et jusqu'à 3,5 au final. À lui tout seul, le site de Contrecoeur serait alors le deuxième port de conteneurs du Canada après Vancouver. Avec Montréal, les deux sites portuaires seraient aussi importants que New York.

Lien: http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/national/2014/12/08/001-port-contrecoeur-montreal-espece-peril-chevalier-cuivre.shtml


Photo: la Webmestre dans une manif contre un autre développement sauvage menaçant la survie du Chevalier cuivré - Yours truly in one of the many protest marches against another bad project for the Redhorse:


Another endangered species threatened by another port on the St. Lawrence River

My translation of exclusive report above:

By 2017, the Port of Montreal plans to start construction of a new big terminal for merchant ships in Contrecoeur, in the Montérégie region. When finished, the container receiving site will even be bigger than the one in Montreal. But the presence of a unique fish found nowhere else on earth, well on its way to oblivion, could complicate things somewhat.

"Ships will arrive one after the other within a same week", explains Daniel Dagenais, Port of Montreal operations vice-president, while pointing towards hundreds of acres of farmland he wishes to develop between the shores of the River and highway 30. Up to 150, maybe even 200 container ships would upper the maritime circulation at this level.

Forecasts predict that the site will see as soon as 2021 two new docks measuring 350 metres each, plus a depot area, offices, shunting yard and four cranes to unload ships. A second expansion phase is planned afterwards with even more docks to accept even more container ships.

"In Montreal, we are saturated", explains Daniel Dagenais. In a few years, available space to accept cargos will no longer be enough to keep up with commercial exchanges (especially with the Comprehensive Economic and Trade Agreement between the European Union and Canada - CETA). That it why the harbor administration wants to use the four kilometres of shoreline it owns in Contrecoeur.

A disappearing species

To build new docks, dredging will have to be done, and so will some filling in areas in the river. Natural shorelines and aquatic grasses will disappear. "There will be destruction of fish habitat", admits Daniel Dagenais.

He is especially referring to the Copper Redhorse, the only vertebrae a 100% Quebec native. It does not exist anywhere else in the world. Like the Beluga just recently, it is classified as an "endangered species" by the federal government. There is probably only a few hundred fish left between Valleyfield and Sorel, 2,000 at the most.

"This is where it feeds", explains biologist Sophie Lemire, director of the ZIP committee of the Seigneuries. "It feeds on mollusks in the reeds, especially in the river corridor". She also adds that risks that would come from the rise of shiop traffic "will cause more erosion, more suspended matter in the water.... This fish needs calmer waters to be able to feed".

"A lot of reeds and aquatic grasses have disappeared. If more are destroyed, it would be important that in this area, it has something to eat... if we don't want to see another species disappear" - Sophie Lemire, biologist

The port of Montreal is sure that no Copper Redhorse can be found right now in the harbor development region. "There are none in Contrecoeur", writes the spokesperson of the Port of Montreal, Sophie Roux, in an Email, referring to preliminary studies done by the Port. Although many Copper Redhorse exports we have consulted doubt very much that this is true.

Maps from the province show Copper Redhorse feeding habitat exactly where the docks are planned, and some fish have been found near the town, a few kilometers downriver. Before going ahead with construction of the harbor installations in 2018, the Port of Montreal will have to get a series of environmental authorizations from the two governments.

It will not be easy. Federal law on endangered species does not permit any activity that would adversely affect the fish. Also, the Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada (COSEWIC) considers "real causes of threat" against the Copper Redhorse "increase of commercial maritime traffic"and "development of infrastructures in the St. Lawrence harbor".

A governmental program to reestablish the Copper Redhorse hopes to add 4,000 adult fish, raised in a laboratory, in the next 20 years. But, to be able to feed adequately, they would need 260 square kilometres of aquatic grasses. Right now, there are but between 25 to 30 square kilometers.

1,000 long term jobs

The Port of Montreal had a public meeting a few days ago in Contrecoeur. It promised the creation of 460 new jobs per year during the construction phase and 1,000 long term jobs during the exploitation of the location.

"Citizens have been waiting for this development for years and now it is almost here", is happy to say Contrecoeur Mayor Suzanne Dansereau. "The port will be open here 12 months a year; I think it will attract other industries that will bring wealth for Contrecoeur."

In the end, the Mayor thinks that the population of her town could jump from 7,000 to 10,000. She anticipates good news also for Montreal residents: "there will be less traffic on Notre-Dame (street)".

Port stats:

The Montreal terminal accepts and forwards already 1,3 million containers with a maximum capacity of 1,7. "We could push it up to 2 million, but not more than that" explains the vice-president. In Contrecoeur, the capacity will be 1,15 million containers after the first phase and up to 3,5 when the work is completed. All by itself, the Contrecoeur site would then become the second biggest container harbor of Canada, after Vancouver. With Montreal, the two harbor sites would become as important as New York.

Sunday, December 7, 2014

Le climat change...


Je n'ai pas besoin de grosses études scientifiques pour me démontrer que le climat de la planète change.

Je n'ai qu'à regarder les oiseaux, par exemple.

La première fois que j'ai vu des cardinals, c'était à Myrtle Beach, en Caroline du Sud, vers les années 1975. Il n'y en avait pas à Richelieu dans ce temps-là. J'ai commencé à en voir l'été dans les mangeoires au début des années 1980. Depuis une dizaine d'années, donc disons depuis le début des années 2000, un couple de cardinals élève plusieurs nichées chez moi et demeure sur mon terrain à l'année longue.

La première fois que j'ai vu une mésange bicolore, c'était en Floride en 2003. Je n'en n'avais jamais vu à Richelieu. J'ai commencé à en voir dans ma mangeoire vers 2010. Aujourd'hui, il fait +14 C et elles viennent toujours à ma mangeoire, malgré le froid!

Saturday, December 6, 2014

Ce qu'un avocat indiscret peut nous apprendre sur les magouilles autour de la fracturation hydraulique



Mise en contexte: L'avocat Solomon dont il est question ici est l'avocat qui a conseillé à l'agence régulatrice en énergie de l'Alberta de se défendre contre le procès de Jessica Ernst en plaidant que l'agence n'avait pas de devoir de protection envers le contribuable et était à l'abri de toute action légale qu'on pourrait entamer contre elle.

Dans ce reportage, ce même avocat Solomon est approché par le fils d'Ann Craft, une dame également aux prises avec un puits d'eau potable contaminé par des activités de fracturations hydrauliques effectuées dans des veines de houille à faible profondeur. Le fils enregistre la conversation avec son cellulaire et notre ami Will Koop en fait en partie un YouTube et la transcription. Ce qu'on y apprend est assez surprenant, et démontre un manque de professionnalisme flagrant. De plus, sans la nommer, c'est clair que Solomon parle de la poursuite de Jessica Ernst, ce qui est contre le code d'éthique de la profession.

Je prends donc encore la peine de traduire ce reportage d'Andrew Nikiforuk car il illustre bien les problèmes qu'un citoyen ordinaire peut faire face à vouloir faire respecter ses droits, voir à un approvisionnement raisonnable d'un besoin fondamental à la vie qu'est l'eau, les difficultés rencontrées à faire affaire avec les différents paliers gouvernementaux pour y arriver, et les risques encourus, car on risque beaucoup quand on met le tout dans les mains des avocats et des juges.

Le cauchemar de fracking d'Ann Craft, et les conseils surprenants d'un éminent avocat.

Un fils d'une Albertaine, cherchant des conseils légaux, enregistre une conversation avec une personne bien au fait du dossier: comment les géants pétroliers et les autorités réglementaires évitent les poursuites.

À l'automne de 2013, Brent O'Neil (pas son vrai nom pour protéger les innocents), un vétéran du métier de foreurs pétroliers et gaziers mondiaux, va à la recherche d'un avocat pour aider sa mère Ann Craft, une agente d'immobilier.

Depuis 2 ans, elle est aux prises avec une bataille avec les autorités réglementaires à cause de deux incidents séparés comme déjà rapportés dans le journal The Tyee et ma traduction dans mon blog précédemment.

En 2012, un évènement semblable à un séisme a soulevé le balcon de la maison mobile de sa mère, située au coeur de l'Alberta. Cela a endommagé sa propriété et même changé la topographie de sa terre.

O'Neil et Craft tous les deux se doutent que les forages à faible profondeur et les séries de fracturations hydrauliques de quatre puits dans des veines de houille tout près faits par la compagnie de Houston appelée Quicksilver Resources à ce moment-là expliqueraient probablement l'évènement. Quicksilver nie en être responsable.

Plus tard, les choses ont empirées. Quelques mois plus tard, une compagnie de camionnage a fait la livraison d'un voyage d'eau contaminée avec du pétrole brut sulfureux dans la citerne de Craft. Craft a pris sa douche avec l'eau toxique et souffre d'une mauvaise santé et a dû faire plusieurs visites chez le médecin depuis ce temps-là.

Au début, Alberta Environment avait promis de faire une étude hydrogéologique de la propriété de Craft mais a ensuite changé d'idée.

Alors quand Alberta Environment et Alberta Energy Regulator n'ont pas enquêté correctement ni un incident, ni l'autre, à la satisfaction de Craft, O'Neil a commencé à chercher de l'aide légale.

Craft et O'Neil voulaient spécifiquement un avocat qui pourrait avoir "de l'expérience et la confiance en soi pour entamer une poursuite contre une pétrolière" à cause de l'incident de fracking. Ils voulaient aussi quelqu'un qui pourrait avoir les ressources techniques pour prendre le cas de la livraison d'eau toxique également.

"Nous avons été obligés de poursuivre après s'être rendus compte que c'était clair qu'aucune autorité réglementaire n'aiderait ma mère," se rappelle le fils de 36 ans.

Le vétéran de l'univers pétrolier a éventuellement obtenu un rendez-vous avec Glenn Solomon, un avocat respecté de Calgary avec beaucoup d'expérience. Solomon, l'un des plus éminents avocats du Canada, est aussi un partenaire sénior dans la firme Jensen Shawa Solomon Duguid Hawkes LLP (JSS Barristers).

La firme d'avocats a des liens serrés avec les Tories au niveau fédéral et provincial. L'un des partenaires de la firme est Robert Hawkes, l'ex de l'ancienne Première Ministre de l'Alberta Alison Redford.

Le franc-parler des commentaires de Solomon a étonné O'Neil.

En des mots sans détours, Solomon a averti O'Neil que de poursuivre des compagnies pétrolières et gazières, c'est pas seulement "épeurant", mais aussi très dispendieux.

Solomon ajouta que poursuivre les autorités réglementaires qui encadraient les pétrolières et les gazières en plus des compagnies était l'équivalent de déclarer une troisième Guerre mondiale.

De plus, il avisa O'Neil que les compagnies typiquement réglaient les cas de fracturations hydrauliques hors cour pour qu'elles soient capables ensuite de fracturer encore avec le minimum de conséquences réglementaires.

"Et d'ailleurs, en faisant cela, vous (les propriétaires terriens) vous la fermez, les autorités réglementaires cessent de vous achaler, les compagnies de fracturations hydrauliques peuvent continuer de le faire juste au bout de votre rue."

Solomon a aussi dit à O'Neil que les gens qui poursuivent le gouvernement en incluant les autorités réglementaires, sont "fous."

Solomon a été reconnu comme l'un des meilleurs avocats au Canada par les publications légales Corporate Counsel Magazine (2013, 2014), The American Lawyer Magazine (2013, 2014), et American Lawyer Media (2013, 2014).

Solomon est aussi un activiste du parti Conservateur fédéral depuis longtemps.

Les conseils de l'avocat enregistrés.

O'Neil a enregistré toute la conversation avec Solomon pendant la réunion qui a duré 2 heures avec son cellulaire: "J'ai enregistré la conversation parce que je voulais que ma mère soit capable de décider par elle-même quel avocat elle serait plus à l'aise d'engager." (Craft a éventuellement engagé un avocat de Ponoka pour sa poursuite.)

O'Neil dit qu'il a trouvé cela choquant de voir que quelqu'un dans la position de Solomon "peut être si effronté à révéler comment la loi fonctionne en faveur des compagnies de pétrole en Alberta ou au Canada."

Mais il ajoute que les réponses de Solomon confirment la façon dont sa mère a été traitée par les autorités réglementaires et l'industrie: "Ses commentaires reflétaient la vérité."

Pendant la première heure de la rencontre, O'Neil décrivit le cas de sa mère, incluant l'incident lié au fracking ainsi que la livraison d'eau toxique. Craft, aux prises d'un débat législatif en Alberta, vit maintenant dans un atelier fait de métal et transporte son eau elle-même.

Quand Solomon a expliqué comment le système légal traite de tels cas. Il a aussi décrit son propre travail comme consultant pour la commission anciennement appelée Energy Resources Conservation Board (ERCB) maintenant appelée Alberta Energy Regulator.

Jessica Ernst, propriétaire terrienne et consultante indépendante du développement pétrolier, a entamé une poursuite contre le ERCB ainsi qu'Alberta Environment et Encana à cause de négligence grave il y a 7 ans de cela, suite à un cas présumé de contamination d'eau souterraine après des fracturations hydrauliques peu profondes dans des veines de houille, au centre de l'Alberta.

Durant le fameux cas de Ernst, Solomon a réussi à convaincre le juge de la cour d'appel de l'Alberta que les autorités réglementaires bénéficient d'immunité statuaire et que la poursuite devrait se poursuivre entre Ernst et Encana.

Ernst a donc maintenant fait application auprès de la cour suprême du Canada pour faire revoir la décision pendant que sa poursuite de $33 millions contre Encana et Alberta Environment progresse lentement au travers le dédale du système judiciaire. Ernst promet de ne pas régler hors cour.

"C'est Encana, et ils ont tout l'argent au monde"

"Pense-y bien," a dit Solomon à O'Neil. "Je vous l'ai dit au téléphone, je travaille pour le ERCB (maintenant appelé Alberta Energy Regulator) quand ils se font poursuivre pour ce genre de choses. Il y a seulement un autre cas en Alberta que je connaisse, où ils emploient des consultants externes, et c'est moi pour le moment. Et ce déversement pétrolier dans la région de Rosebud, qui est maintenant devenu plus une pièce de théâtre politique qu'une dispute légale."

"À cause d'un déversement pétrolier?" demande O'Neil pour bien comprendre.

"C'était un cas de fracturation hydraulique."

"Oh!", dit O'Neil.

"C'était une présumée contamination d'un puits d'eau potable. Il ne semble pas y avoir de préjudice corporel. Et....

"Seulement un cas de contamination d'eau souterraine?" interrompt O'Neil.

"Contamination d'eau souterraine," confirme Solomon, qui continue ainsi: "Encana est la compagnie pétrolière. Ils ont dit qu'ils affirment avoir rien fait de mal mais vous fournirons de l'eau potable pour la vie quand même, parce que nous nous en fichons et nous ne voulons pas nous battre contre vous. Vous savez, c'est Encana, et ils ont tout l'argent au monde. Et Alberta Environment et le ERCB ont été poursuivis dans ce cas-là également. Je peux vous dire que c'est un cas qui dure depuis 7 ans. Je n'ai pas encore présenté une requête de la défense parce que la poursuite est embourbée dans des applications préliminaires... parce que c'est ce qui arrive quand vous commencez à poursuivre Alberta Environment et le ERCB."

Solomon poursuit: "Nous continuons à dire aux avocats de la plaignante, regardez, si vous vous débarrassez de nous (la dispute avec les autorités réglementaires), Encana va régler çà avec vous, parce qu'ils le font tout le temps. C'est ce qu'ils font. Encana a dit, regardez, vous savez, çà nous fait plaisir de payer pour çà, sans admettre ou nier qu'ils sont responsables... On s'en fiche tout simplement. Vous savez, c'est, ceci est une quantité négligeable dans nos livres, pour l'amour du ciel. Pourriez-vous arrêter de nous achaler?"

"Mais les relations publiques et la mauvaise publicité qui vient avec çà pour tout le monde, est-ce que çà en vaut la peine?" demande O'Neil.

"Encana, le ERCB, et Alberta Environment s'en fichent de çà aussi," répond Solomon. "Ils s'en foutent de la mauvaise publicité parce que ...ce qui finit par arriver c'est que les gens qui se tournent vers les médias sont typiquement jugés comme étant des fous à lier," répond Solomon.

"Si vous y traîner les autorités réglementaires, c'est la troisième Guerre mondiale"

O'Neil a ensuite posé une question directement. "Selon votre expérience avec le fracking et ces choses-là, quel est le taux de succès?" O'Neil remarqua que Quicksilver avait déjà un cas similaire contre eux déposé par un fermier de Wetaskiwin à cause d'un incident similaire impliquant la fracturation hydraulique dans des veines de houille. "Quel est le climat canadien pour ce genre de choses? Est-ce que çà vaut la peine de se battre?"

"Je ne connais aucun cas qui s'est rendu en cour avec des dommages causés par le fracking ayant été prouvés avec succès. Mais, je vous le répète, la plupart de ces cas se règlent hors cour. D'accord, nous avons endommagé votre puits d'eau potable. Nous allons vous organiser avec de l'eau potable dans un système de citerne à jamais, parce que, vous savez, nous venons de dépenser un million de dollars pour forer ce puits qui nous fait des centaines de millions. Et cela nous coûte un trois cent milles de plus. Nous sommes OK avec çà."

Solomon a élaboré un peu plus sur l'attitude de l'industrie: "Vous savez, nous n'avons pas besoin d'aller en litige avec vous, nous n'avons même pas besoin de savoir si c'est de notre faute. Nous sommes juste contents de vous payer. Et d'ailleurs, en vous la fermant, les autorités réglementaires vous laissent tranquille, nous pouvons le refaire plus loin au bout de votre rue. C'est çà la façon de voir de la compagnie de pétrole pour ce genre de chose. Les gens typiques qui entament une poursuite rencontre beaucoup de résistance, et ont les assomment et on étire çà au maximum, où les pétrolières ne règlent pas, si vous y incluez les autorités réglementaires, je peux vous le dire par expérience personnelle... c'est la Troisième Guerre Mondiale," ajoute Solomon.

"C'est épeurant et c'est dispendieux"

"Et Encana, Alberta Environment et le ERCB, il s'avère, ont tous effectivement des ressources illimitées. Vous savez, ils ont des tours à bureaux pleines d'experts. Ils ont des comptes de banque pleins d'argent. Le coût d'avoir même une armée d'avocats, c'est quelque chose qu'ils ne remarqueraient même pas, puisqu'ils n'ont pas de comptes à rendre. Alors n'importe qui veut commencer une bataille est fou."

O'Neil intervient: "Oui, c'est presque, c'est épeurant comme propriétaire terrien en Alberta, de voir ce que ma mère a vécu, et comme vous dites, ce qu'elle doit faire face, ou potentiellement doit combattre, c'est, c'est si épeurant."

"C'est en effet épeurant, et c'est dispendieux," confirme Solomon.

O'Neil est sorti de la réunion éberlué. "J'étais choqué de voir que quelqu'un dans sa position peut être si effronté de dire comment la loi fonctionne en faveur des compagnies de pétrole en Alberta ou au Canada. J'étais inquiet de penser que ma mère n'aurait pas de chance de gagner contre une compagnie pétrolière et je peinais à croire que ce serait la troisième guerre mondiale si on impliquait l'autorité réglementaire."

Une habitude de règlements confidentiels

Aussi tôt que 1987, l'EPA remarquait que les fracturations hydrauliques avaient causé des cas de contamination de l'eau, mais il a été impossible de quantifier l'amplitude du problème à cause des ententes hors cour confidentielles.

Le rapport de l'EPA ajoutait que non seulement les requêtes en dommages à cause du fracking se réglaient hors cours mais que "l'information des cas connus de dommages sont souvent scellés par des ententes entre les propriétaires terriens et les compagnies pétrolières."

Comme conséquence de l'évaluation brutale de Solomon du système légal, Ann Craft a décidé de poursuivre seulement la compagnie qui a fait la livraison de l'eau toxique à sa maison.

O'Neil dit que sa mère ne voulait pas poursuivre l'Alberta Energy Regulator ou Alberta Environment pour négligence parce que ce serait une "troisième guerre mondiale et très dispendieux."

O'Neil a aussi réalisé "qu'il y a zéro chance de gagner une poursuite au Canada pour des dommages causés par du fracking comme dit Solomon parce qu'il n'y a pas eu de cas au Canada où un propriétaire terrien a poursuit une compagnie pétrolière pour des dommages dus au fracking et a gagné."

Le foreur pétrolier et gazier ajoute que le gouvernement doit faire un meilleur travail de réglementer l'industrie controversée du fracking, qui fait éclater les formations géologiques profondes et des peu profondes avec d'immenses volumes d'eau, de sable et de produits chimiques sous pression.

"Les incidents de fracturations hydrauliques ne cesseront pas tant et aussi longtemps que nous continuons à fracturer des puits peu profonds. On ne peut pas s'en sortir. Des règlements plus sévères et des gens mieux qualifiés qui travaillent pour le gouvernement seraient un bon début."

À une conférence de 2013, des chercheurs ont documenté des incidents où le fracking a provoqué des évènements sismiques à la surface en activant des fissures jusqu'alors inconnues dans la région.

"Si ces évènements génèrent des mouvements du sol assez considérables pour se faire sentir à la surface," disent les chercheurs, "il y a un besoin d'évaluer les dangers sismiques sur le terrain pour répondre aux questions à savoir si les mouvements pourraient être plus intenses et selon quels normes l'équipement doit être construit pour subir de tels mouvements."

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Ann Craft's Fracking Nightmare: A Top Lawyer's Startling Counsel

Albertan's son, seeking legal help, records an insider's blunt advice on how petro giants and regulators fend off lawsuits.

By Andrew Nikiforuk, Yesterday, TheTyee.ca

In fall 2013 Brent O'Neil*, a veteran global oil and gas driller, went in search of a lawyer to help his mother, realtor Ann Craft.

For the last two years she's been embroiled with a fight with the province's regulators over two separate incidents as exclusively reported by The Tyee yesterday.

In 2012, a seismic-like event lifted up the deck of his mother's mobile home in central Alberta. It damaged her property and even changed the topography of her land.

Both O'Neil and Craft suspect that the shallow gas drilling and fracking program for four nearby coal seam wells by Houston-based Quicksilver Resources at the time probably accounted for the seismic event. Quicksilver denies any role.

Then things got worse. Months later, a trucking company delivered a batch of contaminated water containing sour crude oil to Craft's cistern. Craft showered in the toxic water and has suffered ill health and repeated trips to doctors ever since.

Alberta Environment initially promised a hydrogeological study of Craft's property but then changed its mind.

So, when Alberta Environment and the Alberta Energy Regulator failed to investigate either incident to Craft's satisfaction, O'Neil started to shop for legal assistance.

Craft and O'Neil specifically wanted a lawyer who might have "the experience and confidence to sue an oil company" for the fracking incident. They also wanted somebody who might have the technical resources for tackling the toxic water delivery case too.

"We were forced to sue after it was clear that no regulatory bodies were going to help my mom," recalls 36-year-old O'Neil.

The oil patch veteran eventually made an appointment with Glenn Solomon, a seasoned and respected Calgary lawyer. Solomon, one of Canada's top rated lawyers, is also a senior partner in Jensen Shawa Solomon Duguid Hawkes LLP (JSS Barristers).

The firm has close ties to both federal and provincial Tories. One of the firm's partners is Robert Hawkes, the ex-husband of former Alberta premier Alison Redford.

The bluntness of Solomon's comments stunned O'Neil.

In no uncertain terms, Solomon warned O'Neil that suing oil and gas companies was not only "scary" but expensive.

Solomon added that suing oil and gas regulators in addition to companies was tantamount to declaring World War Three.

Moreover, he advised O'Neil that companies typically settled fracking incidents out of court so they could frack again with limited regulatory consequences.

"And by the way by doing that you (the landowners) shut up, the regulators stay off our back, (fracking companies) get to do it again down the street."

Solomon also told O'Neil that people who sued the government, including the regulator, were "crazy."

Solomon has been recognized as a "Top Rated Lawyer in Canada" by Corporate Counsel Magazine (2013, 2014), The American Lawyer Magazine (2013, 2014), and American Lawyer Media (2013, 2014).

Solomon is also a long-time federal Conservative party activist.

Lawyer's advice recorded

O'Neil recorded the entire two-hour-long meeting with Solomon on his cell phone: "I recorded the conversation as I wanted my mother to be able to decide which lawyer she felt comfortable with." (Craft eventually hired a lawyer in Ponoka for her case.)

O'Neil says that he found it shocking that someone in Solomon's position "would be so bold about how the law works in favour of oil companies in Alberta or Canada."

But he adds that Solomon's responses accurately reflected the way his mother had been treated by both regulators and industry: "His comments were true."

For the first hour of the meeting O'Neil outlined his mother's case, including the fracking-related incident as well as the delivery of toxic water. Craft, the subject of legislative debate in Alberta, now lives in a metal-clad shop and hauls her own water.

Then Solomon explained how the legal system treated such cases. He also outlined his current work as counsel for the former Energy Resources Conservation Board (now Alberta Energy Regulator).

Landowner and oil patch consultant Jessica Ernst sued the Energy Resources Conservation Board along with Alberta Environment and Encana for gross negligence seven years ago over an alleged case of groundwater contamination following the shallow fracking of coal seams in central Alberta.

During the celebrated Ernst case, Solomon successfully argued before the Alberta Court of Appeal that the regulator had statutory immunity and that the lawsuit was solely a matter for Ernst and Encana to resolve. The court of appeal agreed.

Ernst has now applied to the Supreme Court of Canada to appeal that decision while her $33-million lawsuit against Encana and Alberta Environment slowly proceeds through the courts. Ernst vows not to settle out of court.

'It's Encana, and they have all the money in the world'

"Take a step back," Solomon told O'Neil. "I told you on the phone, I act for ERCB (now named the Alberta Energy Regulator) when they're sued on these types of things. There's only one such case in Alberta that I'm aware of, where they're using outside counsel, which is me at the moment. And that's an oil spill out in Rosebud area, which has become more of a political grandstanding issue than a legal dispute."

"Over an oil spill?" asked O'Neil for clarification.

"This was a fracking case."

"Oh," said O'Neil.

"It was alleged contamination of a water well. Doesn't appear to be any personal injuries. And...

"Just groundwater contamination?" interjected O'Neil.

"Groundwater contamination," confirmed Solomon, who continued: "Encana is the oil company. They've said we deny that we've done anything but we'll give you a lifetime supply of potable water anyway, because we just don't care and we don't want to fight with you. You know, it's Encana, and they have all the money in the world. And Alberta Environment and ERCB have been sued in that one as well. I can tell you it's a case that is seven years old. I haven't yet filed a statement of defense because it's been tied up in preliminary applications …because that's what happens when you start suing Alberta Environment and ERCB."

Solomon went on: "We keep on telling the plaintiff's lawyers, look, if you get rid of us (the dispute with the regulators), Encana is going to resolve this with you, cause they always do. That's what they do. Encana has said, look, you know, we're happy to pay for this, without admitting or denying liability... We just don't care. You know, it's, this is a rounding error on our balance sheet for God's sakes. Would you stop being a nuisance?"

"But the PR and the bad publicity that comes from it for everybody, is that even worth it?" asked O'Neil.

"Encana, ERCB, and Alberta Environment just don't care about that either," responded Solomon. "They just don't care about bad publicity because …What tends to happen is that the people who go yapping to the media are typically seen as nutcases," answered Solomon.

'If you drag in the regulators, it's World War Three'

O'Neil then asked a direct question. "On your experience with fracking and stuff, where, what's the success rate?" O'Neil noted that Quicksilver's already had a similar claim against them filed by a Wetaskiwin farmer for a similar incident involving the fracking of coal seams. "What's the Canadian climate for that kind of stuff? Is it worth a fight?"

"I'm not aware of any cases that have gone to trial where fracking damage has been successfully proved. But, again, most of these cases resolve. Okay, we damaged your water well. We'll just set you up with potable water through a tank system forever, because, you know, we just spent a million dollars drilling this well that we made a hundred million on. And it's costing us an extra three hundred thousand. We're okay."

Solomon explained more about the industry's attitude: "You know, we don't need to litigate with you, we don't even need to know that it was our fault. We're just happy to pay you. And by the way by doing that you shut up, the regulators stay off our back, we get to do it again down the street. And so that's the oil company approach on these (things). The people who typically are suing are getting a lot of resistance, and it's a knock 'em down drag 'em out brawl, where the oil companies are not resolving it, if you drag in the regulators, I can tell you from experience…it's World War Three," added Solomon.

'It's scary and it's expensive'

"And Encana, Alberta Environment and the ERCB as it turns out, all have effectively unlimited resources. You know they have office towers full of experts. They have bank accounts full of cash. The cost of having even an army of lawyers, is something that they wouldn't even notice, and they don't have to answer for it. So anyone who wants to pick that fight literally is crazy."

O'Neil then interjected. "Yeah, it's almost, it is, it's terrifying as a land owner in Alberta, like, to see what my mom's gone through, and as you say, what she has to fight, or potentially look forward to fighting, it's, it's so scary, like."

"It is scary, and it's expensive," confirmed Solomon.

O'Neil left the meeting bewildered. "I was shocked that someone in his position would be so bold about how the law works in favour of oil companies in Alberta or Canada. I was worried that my mom wouldn't have a chance to win against the oil company and I was in disbelief when he said it's World War Three when you involve the regulator."

A pattern of confidential settlements

As early as 1987 the U.S. Environment Protection Agency noted that hydraulic fracking had caused cases of water contamination, but it was impossible to quantify the scale of the problem due to confidential out of court settlements.

The EPA report added that not only were damage claims from fracking settled out of court but "information on known damage cases has often been sealed through agreements between landowners and oil companies."

As a consequence of Solomon's blunt assessment of the legal system, Ann Craft decided only to sue the company that delivered the toxic water to her home.

O'Neil says that his mom did not want to sue the Alberta Energy Regulator or Alberta Environment for negligence because it would be "World War Three and very expensive."

O'Neil also realized "that there is zero chance of winning a lawsuit in Canada for fracking damage as Solomon said because there hasn't been a case in Canada where a land owner sued an oil company for frack damages and won."

The oil and gas driller adds that government must do a better job of regulating the controversial fracking industry, which blasts both shallow and deep formations with highly pressurized volumes of water, sand and chemicals.

"Fracking incidents will not stop as long as we continue to frack shallow wells. There is no way around it. Tighter regulations and better qualified people working for government are the first step."

At a 2013 conference researchers documented incidents where fracking caused seismic events on the surface by activating unknown faults in the area.

"If these events are generating ground motions large enough to be felt on surface," said the researchers, "there needs to be an assessment of seismic hazard on site to answer questions about where shaking may be most intense and to what standards equipment needs to be built to withstand such motion."

*Ann Craft's son requested use of an alias last name, O'Neil, in order to protect family relatives working in Alberta.

Link: http://thetyee.ca/News/2014/12/05/Ann-Craft-Fracking-Nightmare/

Link to YouTube done by Will Koop with part of the discussion between O'Neil and Solomon: https://www.youtube.com/watch?v=LKuCR3hHmf4

Friday, December 5, 2014

Le cauchemar d'Ann Craft: fracturée, puis empoisonnée


Ma traduction libre d'un reportage d'Andrew Nikiforuk publié dans The Tyee.

Note bien personnelle: je n'ai aucune raison de croire que si l'industrie des combustibles fossiles s'installe bien solidement au Québec qu'elle agirait autrement. Partout sur la planète, nous voyons des cas de contaminations, d'embobinage du gouvernement en place, d'intimidation des victimes, des victimes dont on achète le silence, d'abus de pouvoir et des droits humains fondamentaux bafoués. Je reproduis ici l'histoire d'Ann qui n'est qu'une parmi tant d'autres qui ont vécu des cauchemars semblables.
L'Albertaine dit que les forages ont soulevé sa propriété. Ensuite la vraie misère s'est installée.

Ann Craft avoue être une femme de souche irlandaise d'une forte volonté, mais compatissante, qui vend de l'immobilier au coeur de l'Alberta depuis 19 ans.

Mais maintenant, elle est plutôt bouleversée.

Elle est plus qu'en pétard. Elle est révoltée.

Révoltée, dit-elle, à cause de l'histoire d'horreur du fracking qui dure maintenant depuis 2 ans qu'elle a dû endurer. Et le manquement constant, accuse-t-elle, des agences régulatrices de l'Alberta, dont Alberta Environment, Alberta Health Services et l'Alberta Energy Regulator de n'avoir pas fait leur travail respectif.

"C'est ahurissant."

Pendant deux ans maintenant, Craft a été impliquée dans une bataille avec le gouvernement de l'Alberta à cause des dommages structuraux fait sur sa propriété ainsi que l'apparition de substances étranges sur ses terres, dans son étang ainsi que les changements observés dans son eau de puits à cause des activités pétrolières et gazières.

De plus, un livreur d'eau potable privé lui a livré un voyage d'eau toxique transvidé dans sa citerne au lieu de l'eau potable. Après, Craft s'est lavée avec.

Ses épreuves imprévues ont commencé en février 2012. C'est à ce moment-là que quelque chose de sismique est survenu sur sa propriété idyllique de 80 acres, où elle avait une maison mobile, un atelier, une grange, quelques bâtiments secondaires et plusieurs chiens, chevaux, chèvres et des ânes.

Depuis ce temps-là, les choses n'ont fait qu'empirer.

"Regardez, je fait 60,000 kilomètres par année pour vendre des propriétés partout dans la ruralité de l'Alberta. J'ai un oeil critique. Et maintenant, la topographie de ma propriété change," dit la femme d'affaires de 60 ans. "C'est pas normal ce qui se produit ici."

"Je suis chanceuse de ne pas être morte," elle ajoute encore.

Ann Craft est sérieuse quand elle dit çà.

Pour commencer, il y a eu ce que Craft décrit comme étant le "rebondissement" de "l'évènement". Au début de février 2012, quelque chose a soulevé son perron recouvert d'un toit ainsi que les marches attachés à sa maison mobile de 1999 et fendu tout le bois qui les gardaient en place. Le perron a sursauté deux fois au moment où elle montait les marches.

Plusieurs jours plus tard, elle remarqua des fissures dans le sol ainsi que des craquelures dans le plancher de ciment d'un atelier en métal. Elle a aussi trouvé du parement de métal sur un abri pour le foin qui était déformé.

Abasourdie, Craft n'avait aucune idée de ce qui pouvait faire bouger le sol sous sa maison.

Mais elle se doute fortement que les mouvements de sa propriété ont des liens avec les fracturations hydrauliques effectuées dans des puits gaziers dans des veines peu profondes de houille juste au nord de sa propriété, appartenant à Quicksilver Resources, fait en janvier et février de la même année.

Quelques mois plus tard, des liquides étranges ont commencé à sortir de terre, dont quelque chose qui ressemble à des fluides de forages, ainsi que de la poudre blanche. Elle a aussi trouvé des petites rondelles ressemblant à des oursins plats dans l'eau gelée de son étang.

Des représentants d'Alberta Environment et Quicksilver Resources ont finalement rendu visite sur la propriété de Craft le 21 mars pour faire des vérifications et s'occuper de sa plainte. Craft leur a fait savoir qu'elle était préoccupée du fait qu'il pourrait avoir des problèmes structuraux à long terme à ses bâtiments.

Après que Craft leur ait montré les poutres fendues et les bâtiments endommagés ainsi que des photos, les représentants l'ont regardé.

"Hé bien, c'était probablement un séisme ou une anomalie," suggéra le représentant d'Alberta Environment.

Craft s'est dit que les séismes faisaient bouger les choses de côté, plutôt. "Cet évènement a soulevé les choses."

La représentante du gouvernement a dit qu'elle vérifierait ses dossiers. Elle a téléphoné Craft plus tard pour lui dire que les activités pétrolières et gazières locales s'avéraient normales. Elle ajouta qu'elle vivait dans la campagne de l'Alberta et que le bois se fendille à la campagne.

La représentante a ensuite dit à Craft que "c'est de la nature humaine d'inventer des choses."

Qu'est-ce que cela veut dire, pensa Craft. Est-ce que le gouvernement pense que j'invente tout çà? "Je crois que notre conversation est terminée," répondit Craft.

La fracturation hydraulique et les séismes

Mais la fracturation hydraulique peut en effet fait bouger le sol et de façon impossible à prédire.

La technologie, qui consiste à injecter des volumes d'eau, de sable, du gaz ou des produits chimiques à haute pression dans des formations géologiques peu profondes autant que très profondes, a provoqué des petits séismes en Colombie-Britannique, en Angleterre et en Oklahoma.

L'an dernier, la technologie controversée a aussi provoqué des centaines de petits séismes en Ohio quand les ouvriers ont frappé une faille géologique inconnue jusqu'alors.

En 2013, la Société canadienne des géophysiciens en exploration (CSEG) a aussi admis que la fracturation hydraulique peut provoquer des petits séismes involontaires. Le fracking peut créer des "nouvelles fractures et des interactions avec des fractures pré-existantes" et résulter en secousses provoquées par l'industrie.

De plus, des fractures ont voyagé au-delà de la zone visée, ont rebondi et même fait des connections et ont fait explosé d'autres puits pétroliers et gaziers situés jusqu'à 1,2 kilomètres de distance. Il y a eu plus de 30 tels incidents en Alberta et en Colombie-Britannique.

Des propriétaires terriens près de Cochrane et Peace River ont rapporté avoir subi plusieurs évènements sismiques anormaux près des opérations de fracturations pétrolières qui ont même brisé des fenêtres et fendillé des fondations.

Au début de novembre, des scientifiques ont rapporté que des puits d'injection qui servent à pomper des eaux usées dans le sol ont probablement provoqué des petits séismes en Alberta, dont plusieurs près de Ponoka.

Bien que les scientifiques provinciaux considèrent que les risques des activités pétrolières et gazières qui peuvent causer des dommages sont faibles, un rapport de 2014 ajoutait ce détail critique:

"Toutefois, si cela s'avère nécessaire de vérifier ou réfuter une corrélation de cause à effet définitive, ce sera difficile de le faire avec les données disponibles en ce moment. Dans les régions concernées, davantage de travail serait nécessaire pour agrandir le réseau de stations sismiques pour détecter précisément l'épicentre et les hypocentres d'un séisme."

En tous les cas, la province n'a pas offert de procéder à une enquête sismique autour de l'anomalie qui a brassé la propriété de Craft.

Une substance suintante

Après la rencontre de mars, Quicksilver, une compagnie dont les bureaux sont à Houston, a envoyé une lettre à Craft disant qu'elle était certaine que ses opérations "n'ont pas affecté l'intégrité d'aucun de ses bâtiments" et qu'elle considérait que le fracking dans des veines de houille était une "activité sécuritaire".

Mais des fracturations hydrauliques dans des veines de houille à 500 mètres de profondeur demeurent une activité problématique et incertaine. Restreindre des fractures dans des veines de houille n'est jamais assuré, et la pratique a provoqué plusieurs plaintes de contamination de puits d'eau potable ou des plans d'eau avec du méthane en Alberta, au Colorado, au Nouveau-Mexique, en Australie et en Alabama.

Contrairement aux autres formations géologiques pétrolifères et gazières, la houille est une formation très complexe, à plusieurs couches, très fracturée et contient typiquement de l'eau, ou est connectée à des nappes aquifères. Des veines de houille se trouvent beaucoup plus près de la surface que les formations de schiste et plus près des eaux souterraines également. En 2009, Halliburton, l'importante compagnie en fracturations hydrauliques aux É.-U., admettait que "la complexité des fracturations pour du CBM (coal bed methane) dépasse nos capacités de modélisations courantes."

C'est ensuite que les choses ont empiré pour Ann Craft.

Un an après les étranges évènements de soulèvement et les fracturations dans les 4 puits peu profonds CBM au nord de sa propriété, Craft a commencé à être malade. La plupart de ses animaux semblaient se porter mal également.

Ce printemps-là, elle avait trouvé des substances bizarres qu'elle ne pouvait pas s'expliquer qui suintaient du sol sur sa propriété et encore plus de fendillement sur ses bâtiments.

Pendant qu'elle vérifiait la citerne d'eau pour les chevaux, elle découvrit qu'une flotte de styrofoam qui avait à peine 1 an s'était désintégrée. L'eau venait de son puits d'eau domestique.

"Savez-vous ce qui mange du Styrofoam?" demanda Craft aux autorités d'Alberta Environment. "Des produits chimiques légers le font. Comment cela s'est produit?" Elle dit qu'elle n'a pas eu de réponse. (L'acétone et le diesel, qui font fondre le Styrofoam, sont des produits chimiques souvent utilisés durant des fracturations hydrauliques.)

Malade et brûlé

En mai 2013, Brent, le fils de Craft, un foreur pétrolier et gazier d'outre-mer, visita la ferme pour donner un coup de main. Après avoir pris 2 douches, il dit que sa peau s'est mise à brûler. "Je travaille avec de la mauvaise eau tout le temps, et cette eau était malpropre." Il dit à sa mère d'arrêter de l'utiliser.

Le jour suivant, ils installèrent une citerne en plastique de 1,750 gallons dans l'atelier pour éviter d'utiliser l'eau de puits. Un camion livrait de l'eau propre. Pour le prochain mois, Craft dit qu'elle et ses animaux ont commencé à se sentir mieux.

Mais le 27 juin 2013, la compagnie Doug's Tank Truck Service située dans Stettler, Alberta, a livré ce que l'industrie appelle "produced water", ou des déchets suite à des activités pétrolières et gazières. Dans ce cas-ci, l'eau contaminée contenait un rejet venant d'un pipeline transportant du brute sulfureux.

(Pour chaque baril de pétrole extrait par l'industrie, on pompe aussi environ trois barils de "produced water", des eaux usées toxiques qui sont pour la plupart réinjectées dans le sol.)

Même selon les normes de l'industrie, du "produced water" est un méchant mélange: cela contient habituellement des sels, des métaux lourds, des particules radioactives, du pétrole, des hydrocarbures, des gaz dissous, du H2S, des biocides, des matières anti-corrosion, et des matières pour décomposer les émulsions.

Avant que la compagnie Doug's Tank Truck Service réalise son erreur, Craft avait déjà pris une douche, lavé sa figure, rasé ses jambes et brossé ses dents dans ce que les fiches signalétiques décriront plus tard comme étant du pétrole brute sulfureux contenant des cancérigènes ainsi que des produits anti-corrosion d'où ont émané de l'ammoniaque lors d'une hausse de température. Tous "peuvent causer des effets sur le système nerveux central" et des irritations cutanées.

Presque immédiatement, sa figure s'est mise à brûler. Des taches rouges sont apparues sur sa tête et ses jambes. "C'était gênant. Je n'ai jamais eu de problèmes de peau." Plusieurs jours plus tard, de nouveaux symptômes sont apparus et son oeil gauche s'est mis à enfler. Des photos laissent voir que Craft semblait porter un genre de masque de monstre d'Halloween.

Après la livraison du brut sulfureux dans sa citerne d'eau, plusieurs de ses chevaux et son âne ont perdu du poil. Son plus gros chien Hank a commencé à avoir une cicatrice calcifiée surson nez et porte toujours à ce jour un nez qui semble avoir été brûlé sévèrement.

Craft qualifie maintenant toute l'affaire comme une "affaire de merde".

Selon une lettre datée du 10 juillet 2014 écrite plus tard par la docteur Deena Hinshaw, médecin hygiéniste provincial pour le centre de l'Alberta, Craft s'est retrouvée à l'hôpital plusieurs semaines plus tard avec des maux abdominaux sévères et la diarrhée. Elle était dans un état presque convulsif.

Depuis ce temps-là, elle s'est rendue à l'hôpital ou vu un médecin plus de 30 fois à cause des problèmes continus de santé. Tous les travailleurs de la santé familiers avec son cas avouent que ses symptômes sont cohérents avec une exposition répétée avec des hydrocarbures.

"Chanceuse de ne pas en être morte"

Après la livraison d'eau toxique, Craft est sortie de sa maison contaminée à cause des odeurs sulfureuses et vivait dans une cabane comme habitation temporaire.

Pendant qu'elle se débattait avec ses assurances et le gouvernement, une pensée ne la quittait jamais: "Comment peut-on livrer des eaux usées de brut sulfureux dans une maison et ne pas le savoir?" (Un autre propriétaire terrien a aussi reçu une livraison d'eau toxique mais a été averti de l'erreur avant qu'il puisse s'en servir.)

"Ils sont chanceux que je n'en suis pas morte."

Elle s'est rendue compte plus tard que le livreur en camion n'avait même pas un permis de matières alimentaires pour pouvoir livrer de l'eau potable. Il n'y a pas eu d'amende parce que, comme Mel Cherlenko, un officier de santé environnementale d'Alberta Health, a expliqué à Craft dans un courriel, "la compagnie a immédiatement cessé de faire des livraison d'eau potable au public."

En quelques jours, la compagnie a refait une application et a reçu un permis pour livrer de l'eau potable.

"Vous vous moquez de moi?" pensa Craft. Elle croit toujours que la livraison devrait avoir été considérée comme un déversement toxique en Alberta et rapporté correctement par les services de santé Alberta Health Services.

Entre-temps, Breeann Barry d'Alberta Environment and Sustainable Resource Development a finalement fait le suivi sur la plainte originale de Craft sur les changements dans son eau de puits et des substances étranges qui suintaient du sol.

Le 4 juillet 2013, trois semaines après la livraison d'eau toxique, l'officier de protection de l'environnement a ordonné à Quicksilver Resources de revoir toutes ses activités de forage incluant les produits chimiques utilisés durant les fracturations hydrauliques de tous les puits de CBM complétés en dedans d'un rayon de 2 kilomètres de la ferme de Craft, ainsi "qu'une évaluation hydrogéologique complète de la région du sujet."

Çà, c'est une étude coûteuse qui examine comment l'eau souterraine se déplace au travers du roc et comment sa qualité peut varier ou être impactée par les activités industrielles.

À ce moment-là, Brent, le fils de Craft qui travaille pour l'industrie, dit: "Merde. Quelqu'un au gouvernement fait sa job et prend çà sérieusement."

Changement de l'objectif de l'étude

Mais ce n'est pas ce qui est arrivé. Le rapport final ne contenait pas d'information sur les 4 puits de CBM forés au nord de la résidence de Craft. Il n'a pas révélé d'information sur les fluides de fracturations non plus.

En effet, le gouvernement et Quicksilver se sont entendus ensembles pour altérer complètement l'objectif de l'étude. Elle se portait maintenant sur seulement un puits CBM à 800 mètres de distance foré en 2006. Craft n'a jamais songé que ce puits en particulier avait rien à voir avec l'évènement sismique.

Plus tard, le gouvernement a expliqué dans un courriel envoyé à Brent qu'il avait changé l'intention de l'étude après avoir parlé avec Quicksilver. De plus, il n'y avait "aucune intention de prendre des prélèvements d'eau du puits d'eau potable pour mesurer les gaz" comme le méthane. Le gouvernement ne fera pas non plus d'étude hydrogéologique.

L'étude tronquée arrivait à la conclusion qu'il n'y avait pas de problèmes. Le gouvernement a fermé le dossier encore une fois.

Depuis ce temps-là, Craft téléphone et se bat avec le gouvernement pour obtenir une enquête adéquate sur le soulèvement de la maison mobile ainsi que la livraison d'eau toxique dans sa citerne.

Deux séries de tests des sols à sa pompe de système sceptique ont trouvé des sols contenant des hydrocarbures volatils dont du benzène à des concentrations bien au-delà des normes d'assainissement des sols et de l'eau souterraine de l'Alberta.

Des rapports de Nichols Environmental indiquent "qu'une quantité substantielle d'eau contaminée a migré de la citerne d'eau potable de Craft et au travers de la résidence de Craft et le système septique."

Pourtant, jusqu'à date, le gouvernement n'a pas fait de réhabilitation pour nettoyer la contamination, comme l'exige la loi.

L'Alberta Energy Regulator dit qu'ils ont fermé le dossier de Craft et que la livraison d'eau toxique et la contamination de sa maison ne sont pas "sous la juridiction de AER."

Peter Murchland, un porte-parole pour le régulateur ajoute dans un courriel que "les séries de séismes sont observées dans certaines régions où il y a une augmentation d'activités pétrolières. L'agence Alberta Geological Survey fait enquête sur la cause de ces séries de séismes."

Craft décrit maintenant la réponse du gouvernement sur les deux évènements comme étant pathétique et ahurissante. "Ils ont passé 20 minutes sur le terrain en 2012. Ils n'avaient pas une once d'inquiétude. Je ne suis pas l'ennemie. Je fais partie de l'environnement, comme n'importe quelle personne de l'Alberta. Et c'est pour nous protéger que le gouvernement de l'Alberta existe. Je veux seulement que le gouvernement fasse sa job."

Bref feu d'artifice dans la législature

Au mois de mai passé, son histoire a déclenché un bref débat animé en législature de l'Alberta.

Rodney Fox, un membre de l'assemblée législative du Wildrose de Lacombe-Ponoka, a demandé pourquoi, après des douzaines de lettres et de coups de téléphone, est-ce que Craft n'avait toujours pas de réponse satisfaisante du gouvernement.

"Vu que le gouvernement a laissé les appels et les lettres d'Ann sans réponses pendant deux ans et demi et vu que cette question de droits de propriété, de protection environnementale, et bien franchement, une préoccupation sérieuse de santé publique, est-ce que les ministres comprennent pourquoi les Albertains ont complètement perdu toute confiance en vous, votre gouvernement, et en l'Alberta Energy Regulator?" demanda Fox.

Robin Campbell, alors ministre de l'Environnement et Sustainable Resource Development, a répondu agressivement à l'attaque.

"Je suis grandement offensé par ce que dit le membre de l'opposition quand il dit que nous ne retournons pas les coups de téléphone et ne répondons pas aux lettres. Les gens de notre département sont très consciencieux et se soucient beaucoup pour l'environnement, et sont très conscients du travail qu'ils effectuent. Je vous dirais que si une lettre a été écrite ou si un appel a été fait, je vous dirais que ces coups de téléphone seraient retournés. Laissez-moi vous dire que nous ne sommes pas toujours d'accord avec les gens de l'autre bout du fil. La réponse pourrait être non, alors une personne pourrait ne pas être satisfaite. Mais je vous promets personnellement que je vais me pencher sur ce dossier et je vais parler à cette électrice."

Craft a éventuellement reçu un appel de Campbell qui lui a promis de se pencher sur son dossier et la rappeler. Campbell, toutefois, a été transféré au poste de ministre des finances.

"Je n'en ai jamais réentendu parlé."

"Je ne m’en vais pas nulle part."

À la porte de sa maison mobile, Craft a expliqué qu'elle n'est pas le genre de personne à faire des montagnes pour des riens.

"Mais je n'ai jamais fait l'expérience ou vu ce que j'ai vu ici sur mes terres. Je ne suis pas une environnementaliste, ni un géologue, ni un médecin. Mais je peux faire des liens, et je suis inquiète."

Elle défie n'importe quel politicien de l'Alberta de vivre ce qu'elle a enduré. Elle continue de transporter à la main de 40 à 50 gallons d'eau par jour comme elle l'a fait depuis 17 mois. Elle s'inquiète continuellement pour sa santé et la santé de ses animaux. Elle a le sentiment qu'elle est continuellement exposée aux résidus qui restent après la livraison de l'eau toxique dans son système de tuyauterie. Tous les jours, elle se lave dans un bol. Sa santé n'est jamais revenue à la normale. Jusqu'à date, elle a accumulé presque $60,000 de dettes et perdu 5 animaux.

Maintenant que l'hiver est arrivé, elle vit maintenant dans un établi de métal à cause de la contamination de sa maison mobile. "L'ironie est que je tente de trouver une maison pour les gens à tous les jours."

Elle a entamé une poursuite de $850,000 contre la compagnie de camionnage qui a fait la livraison de brute sulfureux au lieu d'eau potable dans sa citerne. Mais qu'est-ce qui la dérange le plus, c'est l'irresponsabilité du gouvernement.

"Si comme Albertains nous ne nous soucions pas de ce que nous infligeons entre nous, où en sommes-nous? Je ne suis pas une écolo. Mais il doit y avoir de la redevabilité."

Après une pause, elle dit: "Si ma terre bouge, qu'est-ce qui se passe sous terre? ... Je ne m'en vais pas, tant que ceci n'est pas réglé proprement."

Une lettre récente envoyée au Premier Ministre Jim Prentice lui demandait de l'aide. Elle a été répondue par Kyle Fawcet, le nouveau ministre de l'environnement de la province le 13 novembre.

Craft la qualifie d'une autre lettre de rupture. Elle en a une collection. La réponse de Fawcett insiste auprès de Craft que "l'exigence du régulateur de faire l'assainissement de la contamination environnementale sur votre propriété est une priorité."

Craft attend toujours une vraie réponse du Premier Ministre.

"Je me suis couchée il y a 2 ans et mon monde allait bien. Et quand je me suis réveillée, le cauchemar s'était produit. Et cela s'est accéléré à un point que c'est ahurissant de voir un état élu par le peuple et payé par nos taxes pour nous protéger. Les mots ne peuvent vraiment pas décrire comment tout ceci est honteux."

L'eau toxique livrée "par erreur" chez Ann - toxic water delivered by mistake


Personal comment: I have no reason to believe that if the fossil fuel industry makes deeper roots here in Quebec, it would act otherwise. Everywhere on the Planet, contamination problems, government corruption, victim intimidation, or worse, cases when victims' silence was bought out, power abuse and human rights violations can be found on every continent. Above, I translated Ann's story, but she is only one amongst many that have gone through similar nightmares.

The Nightmare of Ann Craft: Fracked, then Poisoned

Albertan says drilling buckled her property. Then the real misery started.


By Andrew Nikiforuk, Yesterday, TheTyee.ca

Ann Craft is a self-described strong willed and caring Irish woman who has been selling real estate in Central Alberta for 19 years.

But now she is getting rather upset.

"I'm more than pissed off. I'm appalled."

Appalled, she says, by the two-year fracking horror story she has lived through. And the consistent failure, she charges, of Alberta's regulatory bodies including Alberta Environment, Alberta Health Services and the Alberta Energy Regulator to do their respective jobs.

"It's mind-boggling."

For two years now Craft has been involved in a fight with the Alberta government over the structural damage to her property along with the appearance of strange substances on her land and dug-out along with changes to her well water due to oil and gas activity.

In addition, a private water hauler delivered a batch of toxic water to her cistern instead of potable water. Craft then bathed in it.

Her unexpected ordeal began in Feb. 2012. That's when something seismic happened to her 80-acre dream property, which included a mobile home, a shop, a barn, several outbuildings and several dogs, horses, goats and donkeys.

Ever since then, things have gone bad to worse.

"Look, I drive 60,000 kilometres a year selling properties all over rural Alberta. I have a critical eye. And now, the topography of my land is changing," says the 60-year-old businesswoman. "It's not normal what is happening here."

"I'm lucky I'm not dead," she adds.

Ann Craft is not kidding.

First came what Craft describes as "the bouncing" or "the event." In early Feb. 2012, something lifted up her covered deck and steps attached to 1999 mobile house and split all the wood reinforcing it. The deck hopped twice as she climbed up the steps.

Days later she noticed cracks in the ground as well as cracks in the cement floor of a metal covered shop. She also found buckled metal siding on a hay shelter.

Dumbfounded, Craft had no idea what moved the ground beneath her house.

But she strongly suspects that the uplift of her property was related to the fracking of four shallow coal bed methane wells just north of property by Quicksilver Resources in January and February of that year.

Months later strange liquids starting coming out of the ground, including something that resembled drilling fluid as well as a white powder. She also found small sand dollar-like discs in frozen water on her dugout.

Representatives from Albertan Environment and Quicksilver Resources finally visited Craft's property on March 21 to check things out and deal with her complaint. Craft let them know that she was concerned about long term structural damage to her buildings.

After Craft showed them the split beams and damaged buildings along with photographs, the representatives looked at the woman.

"Well, it was probably an earthquake or an anomaly," offered the Alberta Environment official.

Craft thought to herself that earthquakes shook things sideways. "This event lifted stuff up."

The government representative said she would check the records. She later phoned Craft and said all the local oil and gas activity checked out just fine. She added that she lived in rural Alberta and that wood splits in the country.

The representative then told Craft that "It's human nature to make things up."

What the hell does that mean, thought Craft. Does the government think I'm making all of this up? "I guess our conversation is over," replied Craft.

Fracking and earthquakes

But hydraulic fracturing can indeed make the earth move and in unpredictable ways.

The technology, which injects highly pressurized volumes of water, sand, gas or chemicals into shallow and deep formations, has caused small earthquakes in British Columbia, England and Oklahoma.

Last year, the controversial technology also triggered hundreds of small quakes in Ohio when frackers hit an unknown fault line.

In 2013, the Canadian Society of Exploration Geophysicists also admitted that hydraulic fracturing can cause unintended small earthquakes. Fracking can create "new fractures and interaction with pre-existing fractures" that results in industry-made tremors.

In addition, fractures have travelled out of zone, bounced around and even connected and exploded up other oil and gas wells as far away as 1.2 kilometres. There have been more than 30 such incidents in Alberta and British Columbia.

Alberta landowners near Cochrane and Peace River have reported several abnormal seismic events near oil fracking operations that have broken windows and cracked foundations.

In early November, scientists reported that injection wells that pump wastewater deep in the ground have probably triggered small quakes in Alberta including several near Ponoka, Alberta.

Although the provincial scientists consider the risk of oil and gas activity triggering a damaging quake low, a 2014 report added this critical qualifier:

"However, if it becomes necessary to verify or refute a definitive causal correlation, it would be hard to do so with the currently available data. In the areas of concern, more work is needed to expand the array of seismic stations to precisely detect the epicenter and hypocenters of an earthquake."

In any case, the province did not offer to conduct any seismic investigation into the anomaly that rocked Craft's property.

Oozing substance

After the March meeting, Quicksilver, a Houston-based company, wrote a letter to Craft saying it was confident that its operations "did not affect the integrity of any of your buildings" and that it considered the fracking of coal seams "to be a safe activity."

But fracking 500-metre-deep coal seams remains a problematic and uncertain activity. Containing fracks in coal seams is never assured, and the practice has resulted in scores of complaints about methane contamination of water wells or water bodies in Alberta, Colorado, New Mexico, Australia and Alabama.

Unlike many other oil and gas formations, coals are very complex, highly layered, well fractured and typically contain water or connect to aquifers. Coal seams lie much shallower in the ground than shale formations and closer to groundwater too. In 2009, Halliburton, the big U.S. fracking service company, pointedly admitted that "The complexity of CBM fracs exceeds current modelling capabilities."

But then things got worse for Ann Craft.

A year after the strange bouncing events and the fracking of four shallow CBM wells north her property, Craft started to get sick. Most of her animals seemed unwell too.

That spring she found bizarre unexplainable substances oozing through the ground on her property and more cracking on the buildings.

While checking the water tank for the horses, she discovered that a year-old Styrofoam float had partly disintegrated. The water came from her domestic well.

"Do you know what eats Styrofoam?" Craft asked Alberta Environment officials. "Light chemicals do. How did that happen?" She says she got no answer. (Acetone and diesel, which melt Styrofoam, are common chemicals used in hydraulic fracturing.)

Sickened and burned

In May 2013 Craft's son Brent, an overseas oil and gas driller, dropped by the farm to help out. After he took two showers, he says that his skin was on fire. "I work with bad water all the time and this water was unclean." He told his mother to stop using it.

The next day they installed a plastic 1,750-gallon tank in the shop to bypass the water well. A truck delivered clean water. For the next month Craft says that she and her animals started to feel better.

But on June 27, 2013, Doug's Tank Truck Service of Stettler Alberta delivered what industry calls "produced water" or dirty waste from oil and gas activity. In this case the contaminated water included a flush from a sour crude pipeline.

(For every barrel of oil that industry extracts, it also pumps up about three barrels of "produced water" or highly toxic wastewater that is mostly injected back into the ground.)

Even by industry standards produced water makes a nasty brew: it typically contains salts, heavy metals, radioactive particles, oil, hydrocarbons, dissolved gases, H2S, biocides, corrosion inhibitors and emulsion breakers.

Before Doug's Tank Truck Service recognized the mistake, Craft showered, washed her face, shaved her legs and brushed her teeth in what Material Data Safety Sheets later described as sour crude oil containing carcinogens as well as a corrosion inhibitor that released ammonia when heated. All "may cause central nervous system effects" and skin irritation.

Almost immediately her face started to burn. Red blotches appeared on her head and legs. "It was embarrassing. I never had skin problems." Days later, new symptoms appeared and her left eye swelled up." Pictures show that Craft looked like she was wearing some kind of monster Halloween mask.

After the delivery of the sour crude to her water tank, several of her horses and donkey's lost their hair. Her biggest dog, Hank, developed a calcified nose that looks to this day badly burned.

Craft now frankly calls the whole affair "a shit show."

According to a July 10, 2014 letter later written by Dr. Deena Hinshaw, Medical Officer of Health for central Alberta, Craft ended up in the hospital weeks later with severe abdominal pain and diarrhea. She was almost in a convulsive state.

Since then she has made more than 30 trips to the doctor or the hospital over continued ill health. All health providers familiar with her case admit that her symptoms are consistent with repeated exposure to hydrocarbons.

'Lucky I didn't die'

After the toxic water delivery, Craft moved out of her contaminated house due to the sour smell and lived in a rig shack as interim housing.

As she battled with insurers and the government, one thought overwhelmed her: "How does one deliver sour crude produced water to a home and not know it?" (Another landowner also received a toxic water delivery but was notified of the mistake before he used it.)

"They are lucky I didn't die."

She later discovered that the truck hauler did not even have a food permit for delivering fresh water. There was no fine because as Mel Cherlenko, an environmental health officer with Alberta Health, explained to Craft in an email, "the company immediately ceased delivery of potable water to the public."

In a matter of days the company reapplied and got a permit to deliver potable water.

"Are you kidding me?" thought Craft. She still thinks the delivery should have been treated as a toxic release in Alberta and properly reported by Alberta Health Services.

Meanwhile, Breeann Barry of Alberta Environment and Sustainable Resource Development finally followed up on Craft's original complaint about changes to her well water and strange substances leeching out of the ground.

On July 4, 2013, three weeks after the toxic water delivery, the environmental protection officer ordered Quicksilver Resources to review its drilling activities including chemicals used in fracking for all completed CBM wells within a two km radius of Craft's farm, along with "complete a hydrogeological evaluation of the subject area."

That's an expensive study that looks at how groundwater moves through rocks and how its quality may vary or be impacted by industrial activity.

At that point Craft's son Brent, who works in the industry, said, "Holy shit. Someone is doing their job in the government and taking this issue seriously."

Focus of study changed

But that's not what happened. The final report contained no information on the four CBM wells drilled north of Craft's home. If disclosed no information on frack fluids either.

In fact, the government and Quicksilver jointly agreed to alter the entire focus of the study. It now included only one CBM well 800 metres away that had been drilled in 2006. Craft never suspected that particular well had anything to do with the seismic event.

The government later explained in an email to Brent that they had changed the intent of the study after talks with Quicksilver. In addition, there was "no plan to sample the water well for gases" such as methane. Nor was the government going to perform any hydrogeological study.

The truncated study concluded that there were no problems. The government closed the case again.

Since then Craft has been phoning and battling with government to get a proper investigation on the uplift of her mobile home as well as the delivery of toxic water to her cistern.

Two rounds of soil testing at her septic system pump out found soil containing volatile hydrocarbons including benzene way beyond Alberta soil and groundwater remediation guidelines.

Reports by Nichols Environmental indicate that a "substantial amount of contaminated water travelled from the Craft potable water tank and through the Craft residence and septic system."

Yet to date, the government has not cleaned up the contamination as required by law.

The Alberta Energy Regulator says they have closed Craft's case and that the delivery of toxic produced water and contamination of her home was not "under AER jurisdiction."

Peter Murchland, a spokesperson for the regulator added in an email, that "Clusters of earthquakes are being observed in some areas of increased oilfield activity. The Alberta Geological Survey is investigating the cause of these clusters."

Craft now describes the government response to both events as pathetic and appalling. "They spent 20 minutes out here in 2012. There wasn't an ounce of concern. I'm not the enemy. I am part of the environment as any Albertan. And that's what the government is there to protect. I just want the government to do its job."

Brief fireworks in the legislature

Last May, her story sparked a brief but heated debate in the Alberta legislature.

Rodney Fox, a Wildrose MLA representing Lacombe-Ponoka, asked why, after dozens of letters and phone calls, Craft had no satisfaction from the government.

"Given that the government has allowed Ann's calls and letters to go unanswered for two and a half years and given this issue of property rights, environmental protection, and, quite frankly, a serious public health concern, do the ministers understand why Albertans have completely lost confidence in you, your government, and in the new Alberta Energy Regulator?" asked MLA Fox.

Robin Campbell, then minister of Environment and Sustainable Resource Development, replied angrily to the charge.

"I take great offence to the member opposite saying that we don't return letters or answer phone calls. The people in our department are very conscious about the environment, and they're very conscious about the work they do. I will say to you that if a letter was written or if a phone call was made, I would say that those phone calls would be returned. Let me say that we don't always agree with the people on the other end of the phone. The answer might be no, so that person may not be happy. But I will commit personally that I will deal with this issue, and I will talk to that constituent."

Craft eventually got a call from Campbell, who promised to look into the matter and get back to her. Campbell, however, got reassigned as finance minister.

"I never did hear from him again."

'I'm not going away'

Outside her mobile home, Craft explains that she is not the kind of person to make mountains out of molehills.

"But I've never experienced or seen what I've seen here on my land. I'm not an environmentalist, geologist or doctor. But I can connect the dots and I'm concerned."

She dares an Alberta politician to live what she has endured. She continues to hand-haul 40 to 50 gallons of water a day as she has done for 17 months. She chronically worries about the health of her animals and herself. She feels she's been continuously exposed to residue from the toxic water delivery in her plumbing system. Every day she bathes in a fruit bowl. Her health has not returned to normal. To date she has accumulated nearly $60,000 debt and lost five animals.

With the snow flying, she now lives in a metal-clad shop building because of the contamination in her mobile home. "The irony here is that I try to find a home for people every day."

She has launched a $850,000 lawsuit against the trucking company that delivered sour crude instead of potable water to her cistern. But what bothers her most is the government's unaccountability.

"If as Albertans we can't care about what we do to each other, where are we? I'm not a tree hugger. But there has to be accountability."

She pauses: "If my land is moving what is happening underneath it? ... I'm not going away, till this handled properly."

A recent letter to Alberta Premier Jim Prentice asked for help. It was answered by Kyle Fawcet, the province's new environment minister on Nov. 13.

Craft calls it another Dear John letter. She has a collection. Fawcet's reply assured Craft that "the regulatory requirement to remediate the environmental contamination on your property is a priority."

Craft is still waiting a genuine reply from the premier.

"I went to bed two years ago and my world was okay. When I awoke, the nightmare happened. And it was accelerated to an almost mind-boggling state by the people that we elect and pay our taxes to protect us. Words can not really describe the shamefulness of this." [Tyee]

Link: http://thetyee.ca/News/2014/12/04/Nightmare-of-Ann-Craft/

Les brûlures sur ses jambes - leg burns:

Wednesday, December 3, 2014

Better to burn out than to fade away



It's better to burn out
Than to fade away

They give you this,
but you pay for that
And once you're gone,
you can never come back

It's better to burn out
than it is to rust

Neil Young
in "My My, Hey Hey (Out Of The Blue)"


Link: https://www.youtube.com/watch?v=LYak0rPUDIU

That's fine, until you become too much of a burden for the people you care about, the people who care about you.

Then you start to push them away, and guess what? At some point, they stay away.

You always said this was your choice, the way you wanted to live your life. And I respected that. And now is the time to reap what you sowed.

Tuesday, December 2, 2014

Nous sommes tous des bélugas

Photo: MTOQ JP Huard

Je ne suis pas pour la séparation du Québec, loin de là, mais des fois, je trouve qu'assez, c'est assez!

C'est pourquoi je reproduis ici un commentaire d'abonné dans Le Devoir:


Yves Côté - Abonné
2 décembre 2014 04 h 37

Nous sommes tous des bélugas...

La vérité est que jamais les choses n'ont été si claires : le Canada se fiche autant des bélugas qu'il se moque des besoins collectifs des Québécois.
De nos besoins historiques, de nos besoins contemporains, de nos besoins linguistiques, de nos besoins culturels, de nos besoins de développement économique respectueux de notre environnement, de nos besoins collectifs propres.

Seuls comptent de développer ces intérets économiques et culturels-là qui brisent notre cohésion sociale.

Ce contre quoi, à ce jour et pour la plus grande joie stratégique canadienne, presque seuls les étudiants québécois auront eu le courage et la détermination de résister.

Parce que pour les autres, cela m'arrache le coeur de l'écrire, il me semble que nous soyons devenus une belle bande de gras-durs.

J'en ai bien peur, à force de mourir, il me semble de plus en plus qu'une bande de caves puisse en arriver à n'être plus qu'une masse de petits bourgeois conservateurs pantouflards.

Ce pays du Québec qui appartient à des Hommes, plutôt qu'à ces moutons-là que d'autres voulaient bien que nous soyons, n'aura-t-il été que le mirage de deux générations qui, finalement, se seront perdues ?

Ou bien ce pays existe-t-il toujours en nous, ayant encore fièrement pour veine nouric!ère celui que nous appelons par amour "Le Fleuve" ?
En vérité, je crois que nous sommes tous des bélugas.

Et que notre disparition est la meilleure chose qui puisse arriver à celles et ceux qui depuis des générations, à la suite pompeuse et explicite de lord Durham, ne rêve qu'à ce jour béni où enfin, nous ne serons plus.

Où notre légendaire "nous" français, ne sera plus qu'un sympatique et réconfortant folklore canadien...

Vive le Québec qui ne se laisse pas anesthésier de confort !

Le seul Québec qui puisse encore avoir l'espoir d'exister devant ce Canada qui, pour mieux le dominer, le ravage en continuité : le Québec des bélugas libres !

Merci de m'avoir lu

Lien: http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/425515/les-belugas-en-voie-de-disparition

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I'm not for the separation of Quebec from the rest of Canada, but sometimes I wonder if Canadians don't want us to separate!

So here is my translation of a reader's comment on an article about a federal experts committee that changed the status of Belugas and thus endangering TransCanada's plans here in my province.


WE ARE ALL BELUGAS...

In reality, things have never been so clear: Canada doesn't care more about Belugas than it cares about the collective needs of the people of Quebec. Our historical needs, our contemporary needs, our linguistic needs, our cultural needs, our need to develop economically while being respectful of our environment, our own collective needs.

It seems that only economic interests count and cultural interests that break our social cohesion.

Against which, up to now, and for the most strategic joy to Canada, almost only Quebec students will have had the courage and the determination to resist.

Because for everybody else, and it hurts me deeply to write it, it seems to me that we have become a bunch of couch potatoes.

I'm afraid to admit, that again and again, it seems to me more and more that a bunch of fools can finally just become a mass of conservative bourgeois in slippers.

This Quebec nation that belongs to Men, rather than to these sheep that others would like us to become, would have been but a mirage of two generations that finally would have been lost?

Or does this country still exist in us, still proudly attached to the living artery that we call lovingly "le fleuve"?

I really think that we are all Belugas.

And us disappearing is the best thing that could happen to those that, for generations now, after the pompous and explicit Lord Durham, just dreams about the blessed day that, at last, we are no longer. When our legendary French "us" will only remain as a sympathetic and comforting Canadian folklore...

Long live the Quebec that will not let itself be anesthetized by comfort!

The only Quebec that could still have the hope to exist against this Canada that, to better dominate it, continually ravages it: the Quebec where Belugas are free!

Thank you for taking the time to read me.

Yves Côté