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"Tout cedit pays est fort uny, remply de forests, vignes & noyers. Aucuns Chrestiens n'estoient encores parvenus jusques en cedit lieu, que nous, qui eusmes assez de peine à monter le riviere à la rame. " Samuel de Champlain


"All this region is very level and full of forests, vines and butternut trees. No Christian has ever visited this land and we had all the misery of the world trying to paddle the river upstream." Samuel de Champlain
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Thursday, July 11, 2013

Se sortir la tête des sables

Se sortir la tête des sables

C'est en tant que témoins que nous écrivons cette lettre. Témoins d'une catastrophe écologique et sociale que les mots décrivent bien mal : nous revenons de Fort McMurray en Alberta, centre névralgique de la production des sables bitumineux. Accueillis par la communauté autochtone locale et accompagnés de centaines de citoyens de partout en Amérique du Nord, nous avons marché au cœur du plus grand projet industriel de la planète. Plusieurs d'entre nous ont également visité les installations de la pétrolière Suncor sous l'invitation de cette dernière.

Ce que nous avons vu et entendu nous a marqué à jamais. Nous revenons profondément attristés et en colère. L'ampleur de la dévastation provoquée par cette industrie saute aux yeux de quiconque se rend sur place et les chiffres confirment ce sentiment. Chaque jour, la production des sables bitumineux provoque le déversement dans la nature de 11 millions de litres d'eau toxique – soit 4 milliards de litres par année – et émet en gaz à effet de serre l'équivalent de 30 millions de voitures.

C'est sans compter les effroyables effets sociaux sur les populations locales. Dans certaines communautés autochtones de la région les taux de cancer explosent, dépassant aujourd'hui de 30 % la moyenne canadienne. Le développement de l'industrie se fait dans le mépris le plus complet des Premières Nations : la communauté Cri du Lac Beaver a comptabilisé pas moins de 20 000 violations à ses traités territoriaux. Dans plusieurs cas, c'est 80 % du territoire des communautés autochtones qui leur est inaccessible à un moment où l’autre de l’année en raison du développement des sables bitumineux. Ici comme là-bas, les Autochtones sont les grands oubliés de ces projets de développement.

Des pipelines nécessaires à l'expansion de la production
Ce n'est toutefois pas assez pour satisfaire la soif de profits des pétrolières et du gouvernement Harper, qui entendent doubler la production de sables bitumineux d’ici 2020 et la tripler d’ici 2030. Il y a cependant un obstacle majeur sur la route de ce projet mégalomane : pour produire tout ce pétrole – l'objectif est de cinq millions de barils par jour - il faut encore être en mesure de le transporter. Et pour le transporter, il faut des pipelines : sans pipelines, pas d'expansion. D'où les nombreux projets qui surgissent un peu partout depuis les dernières années. Heureusement, la mobilisation citoyenne, particulièrement au sein des communautés autochtones, réussit à ralentir ou à bloquer ces développements destructeurs. À l’ouest, Northern Gateway a été bloqué – à tout le moins pour le moment – suite aux mobilisations des britano-colombiens et au sud, Keystone XL sera probablement rejeté par l'administration Obama en raison de son impact sur le climat. Les regards cupides des entreprises pétrolières se tournent donc vers nous car elles veulent débloquer un corridor pour acheminer le pétrole lourd des sables bitumineux vers l'est. D'où la pression mise sur le gouvernement du Québec pour qu'il donne son feu vert au projet d'inversion et d’augmentation du flux de la ligne 9 d'Enbridge, qui relie Sarnia et Montréal. La semaine dernière, le gouvernement albertain annonçait d’ailleurs un chèque de cinq milliards de dollars pour encourager un autre projet de pipeline vers le Québec. Cela donne une idée de leur détermination.

L'équation est simple. Plus de pipelines, c'est plus de sables bitumineux. Plus de sables bitumineux, c'est plus de gaz à effet de serre : chaque baril produit à Fort McMurray en émet entre trois et cinq fois plus que le pétrole traditionnel. Il est urgent que le public québécois se questionne. Voulons-nous encourager le développement des sables bitumineux en donnant le feu vert au projet d'inversion du pipeline 9 d'Enbridge? La consultation promise sur le projet par le gouvernement Marois doit impérativement tenir compte de ces faits reconnus. D'ici là, un moratoire s'impose.

Nous n'avons pas à choisir entre deux catastrophes
Depuis la tragédie de Mégantic, les lobbys pétroliers et leurs alliés chantent les mérites des pipelines. Rien n'est plus faux. Depuis 1975, les pipelines albertains ont généré 28 666 déversements de pétrole. C’est deux déversements par jour en moyenne. Nous devons refuser de choisir entre deux catastrophes. Les tragédies locales comme celle de Mégantic ne doivent pas nous empêcher de prendre la mesure de la tragédie globale dans laquelle nous sommes en train de sombrer. Il n'y aura jamais de pétrole propre. Plus nous tardons à prendre le virage écologique, plus les conséquences seront graves et les coûts élevés. Les Autochtones devront évidemment être au cœur de ce processus de transition, eux qui sont si souvent les premières victimes de l'exploitation effrénée des ressources énergétiques.

Il quelques semaines, on apprenait que le taux de CO2 dans l'air atteignait son plus haut niveau depuis 2 à 5 millions d'années : 400 parties par million (ppm). Selon l’Agence internationale de l’énergie nous nous dirigeons vers un réchauffement planétaire de 3 à 5°C, soit davantage que le seuil critique de 2°C fixé par la communauté scientifique. Les réserves des entreprises et des pays producteurs de pétrole contiennent déjà cinq fois plus de combustibles fossiles que ce qui est nécessaire à l'atteinte de cette limite. Nous allons devoir accepter de laisser du pétrole dans le sol.

Nous revenons de ce voyage avec un constat clair et unanime et la tragédie de Lac-Mégantic vient le confirmer. Il est impératif qu'un débat de société ait lieu rapidement, non seulement sur le projet d'inversion de la ligne 9 d'Enbridge et les règles de transport des produits pétroliers mais, plus largement, sur l'élaboration d'une réelle stratégie de transition énergétique visant à rapidement sortir de manière rationnelle et efficace du modèle énergivore qui est le nôtre depuis trop longtemps. Un échéancier sérieux, un plan clair qui ne passe pas par la culpabilisation individuelle, mais par la mobilisation de nos institutions collectives, notamment Hydro-Québec.

Nous sommes devenus collectivement dépendants du pétrole et nous avons d'urgence besoin d'une cure de désintoxication. Rompre avec cette dépendance sera salutaire à court, moyen et long terme. N'attendons pas que les circonstances imposent un choc encore plus brutal à nos sociétés. Commençons dès aujourd'hui, alors que nous avons les moyens de le faire progressivement et démocratiquement.

Les membres de la délégation québécoise à Fort McMurray :
Michel Lambert, Alternatives
Dominic Champagne, metteur en scène
Gabriel Nadeau-Dubois, étudiant
Patrick Bonin, Greenpeace
Éric Pineault, professeur
Widia Larivière et Melissa Mollen Dupuis, Idle No More Québec
Geneviève Puskas, Équiterre
Julie Marquis, CSN
Marie-Josée Béliveau, Coalition vigilance oléoducs (CoVo)
Ethan Cox, chef de bureau au Québec pour rabble.ca
Arij Riahi, journaliste indépendante
Tim McSorley, Coop-média
Mario Jean, photographe
Nydia Dauphin

Retrouvez cette lettre publié dans Le Devoir : http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/382633/se-sortir-la-tete-des-sables

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Getting one's head out of the sands

We are writing this letter as witnesses. Witnesses of an ecological and social disaster were words are not enough: we are back from Fort McMurray, Alberta, center of the tar sands production. Welcomed by the local native community and accompanied by hundreds of citizens from all over North America, we have walked the heart of the largest industrial project of the planet. A lot of us also visited the installations of Suncor after receiving their invitation.

What we have seen and heard, we will never forget. We come back with a heavy heart and angry. The amplitude or the devastation caused by this industry is obvious to anyone that goes there, and statistics confirm this feeling. Every day, the tar sands production pours into the environment 11 million of liters of toxic water, or 4 billion liters per year, and emits the equivalent of greenhouse gases as 30 million cars.

To this, one must consider the terrible social effects on local populations. In some native communities of the region, cancer rates explode, more than 30% of the Canadian average. The development of the industry is done with a complete contempt of the First Nations: the Cri community of Beaver Lake has counted about 20,000 violations to territorial treaties. In many cases, it's 80% of the territory of native communities that is inaccessible at one time or another during one year because of the tar sands development. Here, like over there, it is the natives that are the forgotten ones in development projects.

Pipelines necessary to expand the production.

All this is not enough to satisfy the oil industry's and government Harper's thirst for profits that intend to double the tar sands production between now and year 2020, and triple it by 2030. There is one major obstacle to this megalomaniac project: to extract all this oil, the objective being 5 million barrels per day, one must be able to transport it. And in order to transport it, one needs pipelines: without pipelines, no expansion. Which is why so many pipeline projects emerge a bit everywhere for the past few years. Thankfully, the citizens' mobilization, especially within the native communities, is able to slow or stop these destructive developments. Out west, Northern Gateway has been blocked, for the moment anyway, after the mobilization of British Columbians, and down south, Keystone XL will probably be denied by the Obama administration because of it's impact on the climate. The greedy eyes of the oil companies are then turning their sights towards us because they want a corridor to ship heavy oil from the tar sands towards the east. This is why there is such pressure so that the Quebec government accepts the project of inverting and pushing bigger volumes through Enbridge's line 9 that connects Sarnia to Montreal. Last week, the Alberta government was proud to say that 5 million dollars would go to help fund another pipeline project towards Quebec. This gives an idea of their determination.

The equation is simple. More pipelines mean more tar sands. More tar sands means more greenhouse gases: each barrel produced at Fort McMurray emits between 3 to 5 times more than traditional oil extraction. It is urgent for the Quebec public to question this: do we want to encourage the development of the tar sands by giving the go ahead to the project of inverting pipeline 9 of Enbridge? The consultation on the project that was promised by the Marois government must take into account these recognized facts. Between now and then, there must be a moratorium.

We don't have to choose between 2 disasters.

Since the Mégantic tragedy, the oil lobbies and their allies push the advantages of pipelines. Nothing is further from the truth. Since 1975, Alberta's pipelines have generated 28,666 oil spills. That's 2 spills on average a day. We must refuse to choose between 2 catastrophies. Local tragedies like the one in Mégantic must not prevent us from taking the measurements of the local tragedy in which we are slowly sinking into. There will never be clean oil. The more we delay taking the ecological turnaround, the worst the consequences will be and the costs high. The native communities must evidently be part of this transition process, they that are so often victims of the rush to exploit energy resources.

A few weeks ago, we learned that the rate of CO2 in the atmosphere was at it's highest since the past 2 to 5 million years: 400 parts per million (ppm). As per the International Agency of Energy, we are headed for a planetary warming of 3 to 5 degrees Celsius, much more that the critical 2 degrees quoted by the scientific community. Reserves of the companies and the oil production countries contain already five times more fossil fuels that is needed to reach this limit. We must accept to leave the oil in the ground.

We come back from this trip with a clear and unanimous conclusion, and the Lac-Mégantic tragedy just confirmed it. It is imperative that a social debate be engaged quickly, not only on the inversion project for the Enbridge line 9 and the rules of transportation of oil products, but beyond that, on the elaboration of a real energy transition strategy aiming to come quickly with a rational and efficient energy model to unravel ourselves of the energy consumption path we have been engaged in for too long. A serious schedule, a clear plan that does not limit itself to individual culpabilisation, but through a mobilisation of our collective institutions, like Hydro-Québec.

We have become collectively dependant of oil and we urgently need a detox cure. To cut ourselves from this dependency will be salutary on a short, medium and long term basis. Let's not wait till circumstances force us to go into shock that will be even more brutal for our societies. Let's start today, when we still have the means to do it progressively and democratically.

Signed by the members of the Quebec delegation at Fort McMurry:

Michel Lambert, Alternatives
Dominic Champagne, stage director
Gabriel Nadeau-Dubois, student
Patrick Bonin, Greenpeace
Éric Pineault, professor
Widia Larivière and Melissa Mollen Dupuis, Idle No More Québec
Geneviève Puskas, Équiterre
Julie Marquis, CSN
Marie-Josée Béliveau, Coalition vigilance oléoducs (CoVo)
Ethan Cox, bureau chief in Quebec for rabble.ca
Arij Riahi, independent journalist
Tim McSorley, Coop-média
Mario Jean, photographer
Nydia Dauphin

Sunday, November 25, 2012

CEDunham réagit à un reportage de Radio-Canada

"Réaction du Comité pour l'environnement de Dunham (CEDunham) sur des oublis de Radio-Canada

Pipeline et pétrole des sables bitumineux

Le bulletin de nouvelles de Radio-Canada, mercredi soir le 14 novembre, a fait état des projets des compagnies pétrolières de transporter le pétrole des sables bitumineux de l’Alberta dans l’est du Canada à travers les pipelines existants. On a insisté sur la réation d’emplois, l’autosuffisance énergétique du Canada, le coût de revient moindre comparé au pétrole qui arrive par l’Atlantique. Toutes choses valables. Malheureusement, on a émis bien des demi-vérités.

1- On a insisté sur le transport du pétrole jusqu’à Montréal. Or le projet consiste surtout à dépasser Montréal pour transporter le pétrole jusqu’à Portland dans le Maine, sans avantages pour le Québec. En effet, la quantité de pétrole que l’on veut transporter est bien supérieure aux besoins du Québec, encore plus supérieure à ce que la raffinerie de Montréal-Est (même rénovée) est capable de raffiner. La Compagnie pétrolière a déjà présenté un projet d’inversion du flot de Montréal à Portland, il y a 4 ans : projet jamais retiré. L’actualisation n’en est que reportée, la compagnie procédant par section… pour ne pas alarmer la population! À Portland, les installations portuaires se préparent déjà à recevoir le pétrole des sables bitumineux afin de l'exporter vers la côte est américaine, le Texas ou outre-mer. De son côté, la Colombie-Britannique s’oppose justement à la construction d’un pipeline qui traverserait la province si celle-ci ne reçoit pas sa juste part de bénéfices économiques et fiscaux.

2- On n’a pas parlé de sécurité ni de protection environnementale. Or le projet de transport du pétrole de l’Alberta est risqué, très risqué. Les tuyaux existants entre Westover et Montréal sont vieux de 39 ans, mais ceux de Montréal à Mansonville (Québec) et Portland (E-U) ont 62 ans. À titre d’exemple, la compagnie St-Laurent qui construit un pipeline de Lévis à Montréal a affirmé en Commission parlementaire que la durée de vie d’un pipeline, construit avec les matériaux d’aujourd’hui, est de 60 ans. Dans d'autres projets, au début des années 2000, dans le Sud-ouest asiatique, certaines compagnies projettent une vie de 40 ans. De plus, il y a déjà eu des fuites sur les tuyaux en question:plusieurs fuites mineures à divers endroits ; fuite importante à St-Césaire en 1950 et 1999; fuite entre Sutton et Glen Sutton détectée par un citoyen qui a averti lui-même la compagnie, laquelle a changé près de 10 km de tuyau.

Il faut savoir que le pétrole des sables bitumineux est plus corrosif et explosif que le pétrole brut conventionnel. Ce pétrole contient encore du sable qui agit comme un papier sablé sur l’intérieur des tuyaux. Pour pouvoir le transporter, on y ajoute 30 % de diluant, diluant précisément plus explosif et abrasif. Et advenant une fuite, même s’il n’y a ni explosion ni feu, ce diluant s’évapore et il reste un pétrole visqueux presque impossible à ramasser. Le désastre survenu dans la rivière Kalamazoo, au sud du lac Michigan, en juillet 2010, provenait précisément du pétrole des sables bitumineux de l’Alberta : le nettoyage n’est pas encore terminé. Enfin, le changement de direction du flot dans les tuyaux augmente les risques, notamment à cause de la turbulence occasionnée dans les tuyaux, surtout dans les coudes du pipeline.

3- Le pétrole des sables bitumineux revient moins cher que le pétrole importé. Mais
comme on l’a évoqué dans l’émission, il est loin d’être certain que le profit ira aux usagers plutôt qu’aux compagnies elles-mêmes. Lorsque l’exportation de pétrole de l’Alberta «sera désengorgée», comme on a dit à l’émission, le prix s’ajustera au prix mondial. Mais surtout, ce coût actuel est moindre parce que la compagnie en Alberta ne se soucie pratiquement pas des effets sur l’environnement et la santé des personnes vivant dans la région. Un documentaire sur la pollution des eaux et les effets néfastes sur la santé des autochtones en fait foi. Et pourtant, la compagnie pourrait exploiter de manière moins polluante.

4- Enfin, on a ridiculisé le gouvernement du Québec qui veut faire faire une étude d’impact indépendante sur les risques pour le Québec. Or il relève de la responsabilité du gouvernement de se préoccuper de la protection de l’environnement sur son territoire. Depuis 4 ans, plusieurs organismes du milieu demandent une telle étude. Le comité pour l’environnement de Dunham a déjà fait parvenir une pétition de 3500 signatures à cet effet.
La plupart des 15 municipalités situées entre Montréal et Mansonville ont passé des résolutions demandant la même chose au Gouvernement. Il y a un problème de juridiction,
rétorque-t-on! Ce n’est pas une raison de ne rien faire, d’autant plus qu’il existe un accord entre les deux gouvernements à l’effet de mener de telles études en commun. On ne peut accepter que le Fédéral soit seul responsable des règles de sécurité et que le Québec assume tous les inconvénients s’il survient un désastre. Principe de précaution oblige. Il est plus que temps que Québec prenne ses responsabilités.

Jean Binette et Guy Durand
Comité pour l’environnement de Dunham "

Lien: http://jesourisvert.blogspot.ca/2012/11/reaction-du-comite-pour-lenvironnement.html

Et je peux rajouter, pour l'avoir lu à plusieurs endroits, qu'une partie de la production des sales sables bitumineux de l'Alberta cale au fond de l'eau lorsqu'un déversement survient dans un cour d'eau, compliquant ainsi le nettoyage lors d'un désastre. Il faut alors aller gratter le fond du cours d'eau salopé, détruisant ainsi une bonne partie de sa chaîne alimentaire et son écologie à sa base. La rivière Richelieu est donc TRÈS menacée par ce projet, car l'oléoduc la traverse à la hauteur de Saint-Basile-le-Grand.

J'ai déjà discuté de ce sujet sur mon blog il y a 1 an et demi ici (lisez aussi le commentaire): http://lesamisdurichelieu.blogspot.com/2010/04/trailbreaker-et-portland-montreal.html
Photo: The Associated Press
La rivière Kalamazoo

Reaction of a citizens' committee, Comité pour l'environnement de Dunham (DEDunham) on what Radio-Canada (french national public radio equivalent of CBC) forgot to report about Enbridge's plan to ship Alberta's tar sand oil to Quebec.

Pipeline and tar sands

On Wednesday night November 14 Radio-Canada's news bulletin reported on the project that would ship oil from Alberta's tar sands towards the eastern provinces of Canada through existing pipelines. Emphasis was made on job creation, energy independence for Canada, lower costs than shipping oil across the Atlantic, etc... All fine and dandy, except this is only part of the story.

1- Emphasis was made on the transportation of oil up to Montreal, even though this project also includes going beyond Montreal and aims for Portland, Maine, which would take all advantages away for Quebec. Indeed, the quantity of oil to be shipped would be way beyond Quebec's needs, much more than what Montreal-East's refinery (even if it is updated to refine it). The company already proposed a project to inverse the flow from Montreal to Portland 4 years ago, and no sign of dropping this project either. The company divided up the work, so it's only a matter of time. This could be a stratagem to avoid alarming the public. In Portland, port installations are already getting ready to receive brute oil from the tar sands in order to be able to export it towards the East Coast, Texas or overseas. While in British Columbia, opposition is mounting if this province does not receive what it believe is it's share of the cake.

2- In that news report, there was no mention of environmental security or protection, even though this project of transporting Alberta oil is risky, very risky. Existing pipelines between Westover and Montreal are 39 years old, but those between Montreal and Mansonville in Quebec and Portland in Vermont are 62 years old. For example, the St-Laurent company that is building a pipeline between Lévis and Montreal said in a parliamentary Commission that the life span of a pipeline built with today's materials is 60 years. In other projects, in the early 2000, in South-West Asia, some companies plan for a lifespan of 40 years. What's more, there has already been leaks in the pipelines involved here, many minor leaks in different locations, but a big one in Saint-Césaire in 1950 and another one in 1999, not mentioning the one between Sutton and Glen Sutton detected by a citizen that had to warn the company himself. Because of that last leak, only about 10 kilometres of pipeline were replaced.

3 - It was said in the news that oil from the tar sands is less expensive than the imported one. But it was recognized that it's far from certain that the profits will be in favour of the consumer, but rather to the oil companies themselves. When the export of Alberta oil will regain full capacity, like it was mentioned during the report, the price will readjust to worldwide prices. But the present price is less because the Alberta company takes very little care of environmental impacts and the health of the people that live in that area. A documentary on water pollution and health problems within the First Nations people can testify to that. Even so, the company could produce while generating less pollution.

4 - Finally, the Quebec government was mocked for wanting to have an independent impact study on the risks for Quebec while it's responsible for protecting the environment within it's borders. For the past 4 years, many environmental groups have been asking for such a study. The committee for the environment of Dunham already submitted a petition of 3,500 signatures exactly for just that. Most of the 15 municipalities between Montreal and Mansonville have voted on resolutions asking the Government for that same thing. The excuse is that there is a jurisdiction problem! That's no reason not to do anything, plus there is an understanding between the 2 governments to launch such studies together. We cannot accept that the Federal be the only responsible party overlooking the security regulations and that Quebec is at the receiving end of all the inconveniences if a disaster should happen. The precautionary principle applies here. It's about time Quebec acts responsibly.

Signed: Jean Binette and Guy Durand
Comité pour l’environnement de Dunham
Photo: Carole Pronovost
La rivière Richelieu