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"Tout cedit pays est fort uny, remply de forests, vignes & noyers. Aucuns Chrestiens n'estoient encores parvenus jusques en cedit lieu, que nous, qui eusmes assez de peine à monter le riviere à la rame. " Samuel de Champlain


"All this region is very level and full of forests, vines and butternut trees. No Christian has ever visited this land and we had all the misery of the world trying to paddle the river upstream." Samuel de Champlain
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Tuesday, September 24, 2013

L'éducation à l'écocitoyenneté est un incontournable dit Lucie Sauvé


Pour Lucie Sauvé, la mobilisation citoyenne face à l’attaque contre le bien commun et à l’invasion des territoires par l’industrie du gaz de schiste est un exemple précis de la nécessité d’une éducation à l’écocitoyenneté. Photo: Pedro Ruiz


Société - L'éducation à l’écocitoyenneté est un incontournable
«Tout l’art de la pédagogie doit s’adapter au contexte, aux situations, à l’âge des enfants»

Le Devoir, 21 septembre 2013, texte de Jacinthe Leblanc



"Un des objectifs du rapport Parent a été d’amener l’éducation dans le monde contemporain. À cette époque, les questions d’ordre écologique n’étaient pas d’actualité. Mais, au fil des décennies, elles ont pris de plus en plus d’importance, que l’on pense entre autres aux dossiers du gaz de schiste, de la mine d’uranium à Sept-Îles et du Suroît, sans compter les deux accidents pétroliers majeurs que le Québec a connus dernièrement. Développer l’écocitoyenneté pour faire face aux enjeux socioécologiques actuels apparaît désormais comme un incontournable et se situe dans les suites logiques du rapport Parent.


Si la citoyenneté fait référence « essentiellement à la dimension politique du vivre- ensemble », pour Lucie Sauvé, l’écocitoyenneté se définit comme « vivre ici ensemble ».


Selon la directrice du Centre de recherche en éducation et formation relatives à l’environnement et à l’écocitoyenneté, on oublie trop souvent que l’être humain est situé dans le temps et dans l’espace. « On n’est pas seulement une entité sociale qui flotte au niveau des idées et uniquement des interrelations humaines. Vivre ici ensemble […] nous rappelle qu’ici c’est “oïkos”, c’est éco, c’est la maison, explique-t-elle. Et ça, pour moi, c’est l’idée-clé de l’écocitoyenneté. Nous vivons ici ensemble, nous apprenons ensemble à vivre ensemble dans cette maison de vie partagée. »


L’écocitoyenneté cherche donc à mettre en lumière les liens entre les différentes composantes d’un milieu de vie. Plus encore, « c’est développer les compétences pour être capable de se mettre en situation d’interaction collective au niveau de l’action ou du débat, pour faire en sorte qu’on va contribuer au choix collectif qui nous concerne », précise Mme Sauvé.


Ce qui a mené à son caractère incontournable, c’est le fait que, au Québec, « on se rend compte que c’est à la société civile que reviennent le plus souvent le fardeau de la preuve et la tâche de dénoncer, de résister et de proposer les solutions de rechange ». Mme Sauvé pose un regard réaliste sur le mode de gouvernance et le système politique actuel, où l’État québécois ne se fait plus protecteur du bien commun, surtout en matière d’environnement. « Je pense que l’État, d’abord, en a plein les bras, analyse-t-elle. On se rend compte dans les dynamiques que c’est bien souvent la force des lobbys qui a préséance et qu’il y a des enjeux d’équilibre de pouvoir et électoralistes qui font que l’État n’est parfois pas le meilleur acteur pour prendre les meilleures décisions. »



Le cas du gaz de schiste comme exemple


Pour Mme Sauvé, qui a activement participé à la lutte contre les gaz de schiste, notamment via le Collectif scientifique sur la question du gaz de schiste, la mobilisation citoyenne face à l’attaque contre le bien commun et à l’invasion des territoires par l’industrie est un exemple précis de la nécessité d’une éducation à l’écocitoyenneté.


Lucie Sauvé est catégorique sur le rôle du gouvernement dans ce cas précis : « Aucun ministère ne s’est manifesté pour protéger le bien commun […]. Les ministères ont travaillé sous la pression des lobbys. Et je pense que c’est sévère ce que je vais dire, mais on a constaté, dans ce cas-là et dans d’autres cas, que les responsables de la prise de décisions n’ont pas bien étudié leur dossier. » Les citoyens, voyant le danger, entre autres, menaçant les sources d’eau, l’agriculture et leur qualité de vie, n’ont pas eu d’autre choix que d’entrer dans l’action.


« N’eût été un sentiment très violent, dans le cas du gaz de schiste, d’une invasion des territoires chez les citoyens qui, sans ressources financières entre autres […], se sont mobilisés pour exiger qu’on arrête les moteurs, l’invasion de l’industrie du gaz de schiste aurait probablement commencé à s’installer », analyse-t-elle.


Éducation à l’écocitoyenneté


L’écocitoyenneté peut-elle se développer à l’école ? De l’avis de Lucie Sauvé, oui, mais il ne faut pas s’arrêter là. « L'éducation à l’écocitoyenneté, de toute évidence, passe à travers tous les ordres d’enseignement. […] Mais plus encore ! C’est tout au long de la vie », répond-elle. Ainsi, le développement de l’écocitoyenneté s’acquiert dans l’interaction sociale qui se fait autant à l’école, au travail, à la maison, à la garderie ou encore dans une maison de retraite.


Dans le système scolaire québécois, Lucie Sauvé, qui est également professeure au Département de didactique de l’Université du Québec à Montréal, souligne qu’il y a un grand travail à faire pour y inclure l'éducation à l’environnement et, plus spécifiquement, à l’écocitoyenneté.


Au primaire et au secondaire, il faut faire attention à la confusion entre écocivisme et écocitoyenneté. Le premier, qui renvoie à « des comportements civiques écologiquement responsables et […] à un comportement individuel », comme la récupération, les boîtes à lunch écologiques ou la réduction de la consommation d’eau, est plus présent dans les écoles. Le second veut développer des compétences permettant « de s’insérer dans une dynamique de réflexions écosociales. Et, bien souvent, ça prend place dans l’action », souligne-t-elle.


De la compétence écocitoyenne globale découlent trois compétences interreliées : la compétence politique, la compétence critique et la compétence éthique. « Et tout ça se développe en fonction des âges et des situations de vie. Les approches et les stratégies, c’est aussi tout l’art de la pédagogie qui doit s’adapter au contexte, aux situations, à l’âge des enfants », complète la professeure.


Du côté des universités, celles-ci ont un travail de formation des enseignants à accomplir, en plus de montrer l’exemple en tant que vigile et critique sociales et créatrices de savoirs et de solutions de rechange. En ce sens, Lucie Sauvé soutient que le développement durable n’y a pas sa place. Elle note quand même l’amélioration dans certains programmes, « mais c’est beaucoup trop timide ».


Résistance ministérielle


Quant au ministère de l’Éducation, Mme Sauvé avance que, « dans toute la réserve que [ce] ministère a, il y a cette prise de conscience plus ou moins affirmée que l’environnement est une question politique, et on a peur de ça ». Pourtant, les questions écologiques touchent l’ensemble des citoyens et une éducation à l’écocitoyenneté permettrait d’être mieux outillé pour faire face aux défis qui nous attendent.


L'éducation à l’écocitoyenneté est donc une nécessité et les connaissances écologiques se bâtissent jour après jour. Chacun d’entre nous en est constructeur. « Les enfants aussi, note la directrice, sont amenés à être constructeurs du savoir écologique et le rôle de l’école n’est pas de transmettre ce savoir, mais d’accompagner les enfants et les jeunes. Ensuite, les adultes. Ensuite, dans les universités populaires, dans ces processus de construction du savoir », conclut Mme Sauvé."

Lien: http://www.ledevoir.com/societe/education/387789/la-sensibilisation-a-l-ecocitoyennete-est-un-incontournable

NDLR: Lucie Sauvé est "déçue toutefois que le journal ait changé le mot « éducation » pour « sensibilisation ». Ce n'est pas la même chose, j'insiste souvent là-dessus: la sensibilisation reste à l'étape de l'éveil, en surface; l'éducation va beaucoup plus loin et mène au développement de compétences et à la transformation. En fait, chaque fois qu'on trouve le mot sensibilisation dans l'article, il faudrait remplacer par éducation. À commencer par le titre."

J'ai donc procédé à remplacer le mot "sensibilisation" partout dans le texte par le mot éducation.


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Education in ecocitizenship is essential

"The whole art of pedagogy must adapt itself to the context, to the situation, to the children's age."

My translation of an article published in Le Devoir written by Jacinthe Leblanc. Lucie Sauvé, a long friend of mine, wrote to me that the word sensibilisation (as in awareness) should be replaced everywhere in the text by education. So I did the changes.

Under photo: For Lucie Sauvé, the citizens' mobilization against the attack to the public good and the territory invasion by the shale gas industry is a perfect example of the need for education in ecocitizenship.


"One of the objectives of the Parent Report was to bring education in a contemporary context. At the time, environmental questions did not make the news. But through the decades, they became more and more important, like the shale gas file, the uranium mine in Sept-Îles, and the LNG facility in le Suroît, on top of the 2 major oil disasters that occurred recently in Quebec. To develop ecocitizenship to deal with current socio-environmental issues seems essential from now on, and would logically fit in the recommendations of the Parent Report.

If citizenship adresses "essentially to the political dimension of living together", for Lucie Sauvé, ecocitizenship is defined as "living here together".

As per the director of the research center in education and training relating to the environment and ecocitizenship, we too often forget that human beings live in time and in space. "We are not only a social entity that floats on the notions level and only within human inter-relationships. Living together here (...) reminds us that here is "oïkos", it's eco, it's the home, she explains. And that, for me, is the keyword for ecocitizenship. We all live here together, we are learning to live together in this home of life shared."

Ecocitizenship thus seeks to explain the links between the different elements of a living environment. Plus, "it is developing skills to be able to deal within collective interactions at the action or debate level, so that we can contribute to a collective choice that involves us all", adds Mrs Sauvé.

What has lead to it's essential character is the fact that in Quebec, "we realize that it's up to civil society more often than not that befalls the burden of proof and the task of denouncing, of resisting and propose alternative solutions". Mrs Sauvé has a realist outlook on the approach to governing and the present political system, where the Quebec State is no longer protector of common good, especially when it comes to the environment. "I think that first of all, the State has it's arms full, she states. We realize it when it's often the strengt of the lobbies that comes first and there are stakes of balance of powers and electioneering that make the State not the best actor to take the best decisions sometimes."


Shale gas for example

For Mrs Sauvé, who has actively participated in the battle against shale gas, notably through the Scientific Collective on the shale gas question, the citizen mobilisation that took place against the attack to the common good and the territory invasion by the industry is a concrete example of the necessity of having education to ecocitizenship.

Lucie Sauvé stated categorically about the government's role in this specific file: "No Ministry has manifested itself to protect the common good (...). The ministries have worked under the pressure of lobbyists. And I think that what I will say here is though, but we have observed in this case and in other cases that the responsible parties that make decisions have not well studied their file." The citizens, seing the danger, among other things, to water sources, to farming and their quality of life, had no other choice but to spring into action.

"Had it not been a very violent sense of territory invasion by the citizens in the case of shale gas, that, even without financial means, among others (...), got mobilized to demand a stop to everything, the shale gas industry invasion would have probably started to implant itself" she adds.

Education in ecocitizenship

Can ecocitizenship be taught in school? As per Lucie Sauvé, it can, but more must be done. "Education to ecocitizenship, obviously, must come from all teaching levels. (...) But more than that! It should be for a lifetime", she says. Indeed, the development of citizenship is gained through social interaction that happens as much in school as at home, in kindergarten or even in the retirement home.

In the Quebec school system, Lucie Sauvé, who is also professor at the Didactic department of the University of Quebec in Montreal, mentions that there is a lot of work to do so that education in environment, and more specifically, in ecocitizenship.


In the primary school level, and at High school level, one must beware of confusing civic environmentalism and ecocitizenship. The first, that refers to "civic behaviour environmentally responsible and (...) individual behaviour", like recycling, green lunches or reducing water usage, those are more present in the schools. The second wants to develop skills that "permit insertion in a dynamic of eco-social reflexion. And, very often, that takes place with action", she adds.

Global ecocitizen skills come from three linked abilities: political skill, critical skill and ethical skill. "And all this develops depending on the age and life situations. The approach and strategies are also part of the art of pedagogy that must adapt itself to the context, to the situations, to the children's age", insists the professor.

As for the universities, they have the task of training the professors to accomplish, on top of being an example to follow in being a watchdog and social critic and creator of learning and alternative solutions. In that sense, Lucie Sauvé maintains that sustainable development has no business being there. Although she does note the improvement in certain programs, "but it's just not enough".

Ministerial resistance

As for the Education Ministry, Mme Sauvé says that "with all the reserve of this ministry, there is this new awareness more or less defined that the environment is a political question, and that scares them". Even though environmental questions touch every citizen and an education in ecocitizenship would leave one better prepared to face the challenges that await us.

Education in ecocitizenship is then a necessity and environmental knowledge grows with every day passing. Every one of us is a builder. "Children too, adds the director, are called to be builders of environmental knowledge, and the role of schools is not to transmit this knowledge, but to accompany children and our youth. Then, the adults. Then, the popular universities, in the process of building knowledge" says Mrs Sauvé."

Friday, September 20, 2013

Dernières nouvelles de la poursuite de Jessica Ernst


Encana présente sa défense dans le procès contre l'héroïne du fracking

Un procès charnière pourrait changer la façon que l'industrie du gaz de schiste est règlementée au Canada.

Ma traduction libre d'un reportage d'Andrew Nikiforuk publié dans le quotidien The Tyee.

L'un des plus importants exploitants de gaz naturel du continent a finalement présenté ses documents légaux de défense dans un procès charnière en Alberta qui pourrait changer la règlementation encadrant la fracturation hydraulique au Canada.

Dans son document de la défense, Encana Corporation, dont le bureau chef est à Calgary, nie qu'elle aurait contaminé l'eau potable du puits de Jessica Ernst, une scientifique et consultante de l'industrie pétrolière, et qu'elle a "respecté ou même dépasser les exigences de toutes les lois, directives et règlements encadrant le gaz de houille".

Le court document de 6 pages affirme que la compagnie, une gazière pionnière des débuts du gaz de schiste, n'aurait pas fracturé des veines peu profondes de houille autour de Rosebud, en Alberta, mais les aurait plutôt "stimulées" avec de l'azote en gaz à de très fortes pressions.

La compagnie, qui a fait des mises à pied et vendu des actifs à cause des prix à la baisse du gaz naturel, ajoute qu'elle a tenté de faire des tests de l'eau de puits de Mme Ernst plusieurs fois, mais n'a pas pu avoir accès sur les lieux.

La fracturation hydraulique est une technologie de force brutale qui injecte d'importantes quantités d'eau, de sable et de produits chimiques (dont plusieurs sont des cancérigènes reconnus) dans les formations de roc et de charbon afin d'accélérer les processus géologiques et faire relâcher de petites quantités de méthane sur de grandes surfaces.

La technologie dispendieuse a lancé un boom de gaz naturel temporaire qui a fait baissé les prix sur le continent.

Les pauvres justifications économiques du gaz de schiste est un défi pour la rentabilité d'Encana, de Shell, de Chevron et d'Exxon Mobil depuis ce temps-là. Encana, s'ayant approprié une grande quantité de baux de location de terrains pour le gaz non conventionnel admet maintenant dans ses documents les plus récents présentés à la Securities and Exchange Commission que la compagnie "a plus d'inventaire dans son portfolio, surtout pour le gaz naturel "sec", qu'elle peut exploiter de façon optimale."

Mais la pratique controversée a fait plus que faire la fortune des producteurs de gaz naturel. Elle a aussi été responsable pour des séismes, des fragmentations de terres, de perte de valeur des propriétés, d'affaissements de terrains et d'importantes contaminations d'eaux souterraines avec du méthane et d'autres hydrocarbures dans les campagnes de l'Alberta, au Wyoming, au Colorado, en Pennsylvanie, au Texas et en Arkansas.

La poursuite prétend que la compagnie aurait fracturé l'eau souterraine.

Il y a 2 ans et demi de çà, Jessica Ernst, maintenant une héroïne du peuple contre la fracturation hydraulique dans plusieurs pays dont l'Irlande, la Grande-Bretagne et les États-Unis, a entamé une poursuite de $33 millions contre Encana, Alberta Environment (l'équivalent du Ministère de l'Environnement de la province), et le Energy Resources Conservation Board (ERCB, l'agence qui règlemente les ressources énergétiques de la province). Elle accuse Encana ainsi que les régulateurs du pétrole et du gaz de l'Alberta, de négligence soutenue ainsi que d'avoir enfreint à la Charte des Droits et Libertés du pays.

La poursuite prétend qu'Encana aurait foré et fracturé des puits de gaz de houille peu profonds directement dans la source d'eau potable souterraine entre 2001 et 2004 près de Rosebud, en Alberta. (Les pratiques agressives de la compagnie ont aussi provoqué des incidents de contamination bien médiatisés au Colorado et au Wyoming.)

Par conséquent, selon Mme Ernst, Encana a pollué son puits d'eau potable avec des produits chimiques toxiques et assez de méthane pour le rendre inflammable.

Les forages de 10,000 veines de houille entre Red Deer et Calgary depuis la dernière décennie ont contaminé plusieurs puits d'eau potable dans les campagnes de l'Alberta et poussé le régulateur à restreindre les fracturations peu profondes dans la région.

De plus, la poursuite détaille comment les régulateurs énergétiques de l'Alberta, le ERCB et Alberta Environment "n'ont pas suivi l'enquête et les processus de respect des règles qu'ils avaient établis et publicisées", malgré les preuves directes de pollution causée par l'industrie et les avoeux publics que les fracturations hydrauliques peu profondes mettent l'eau souterraine en danger.

"Encana dit maintenant qu'elle n'a pas fracturé de puits. Pourtant les données même d'Encana montrent qu'elle a fracturé des puits," Mme Ernst a dit au journal The Tyee.

Des lettres d'Encana datant de 2006 et 2012 obtenues par le journal font directement référence à "des forages, des perforations et de la fracturation" de veines de houille dans la région.

Une réaction légale au document de défense d'Encana ajoute que "la fracturation hydraulique est définie comme étant un processus de stimulation d'un puits en injectant des fluides de fracturation (soit liquides ou gazeux) en grand volumes et haute pression dans la ou les zones perforées du puits pour créer des nouvelles fractures et élargir les fractures existantes dans les formations souterraines afin de relâcher et encourager la circulation d'hydrocarbures."

Mme Ernst dit aussi qu'Encana lui a offert de tester son eau de puis, mais le geste ressemblait davantage à un sketch de Monty Python.

À une occasion, "ils ont offert de tester l'eau de mon puits dans une lettre enregistrée avec une date limite pour accepter l'offre. Ils l'ont mise à la poste 24 jours après la date limite de l'offre," selon elle.

Des produits chimiques inconnus.

Mme Ernst affirme qu'elle a plusieurs fois dit à la compagnie qu'elle pouvait faire des tests sur l'eau de son puits aussitôt qu'Encana rendait disponible sa liste de produits chimiques utilisés durant les fracturations hydrauliques, pour que les techniciens d'eau souterraine puissent savoir quels contaminants ils devraient chercher dans leurs tests. Elle dit que la compagnie a refusé.

Selon le Vérificateur général du Canada, plus de 800 produits chimiques ont été utilisés pour fracturer plus de 200,000 puits gaziers et pétroliers depuis les dernières décennies. Au moins 33 de ces substances sont des cancérigènes reconnus. Environnement Canada et Santé Canada admettent tous les deux "une liste complète des substances utilisées au Canada n'est pas disponible."

Deux études récentes confirment qu'il y a contamination généralisées de puits d'eau potable dans des régions où il se fait beaucoup de forages et d'activités de fracturations.

Une étude faite par l'université du Texas a trouvé souvent des concentrations dangereuses d'arsenic, de baryum, de sélénium et de strontium dans l'eau souterraine près des régions très fracturées du schiste du Barnett.

Une étude faite en Pennsylvanie a découvert des contaminations de méthane dans 82% des spécimens d'eau potable prélevés dans des résidences rurales à seulement 1 kilomètre de distance de puits gaziers fracturés dans la formation du Marcellus. L'étude a aussi trouvé des preuves de contamination d'éthane et de propane.

L'étude arrive à la conclusion que, "en général, nos données suggèrent que certains propriétaires de maisons qui vivent à moins d'un kilomètre de puits gaziers ont leur eau potable contaminée par des gaz qui s'échappent."

Pas de devoir de protéger le public

Le gouvernement de Stephen Harper a retardé le procès de Mme Ernst après avoir soudainement promu Mme la Juge Veldhuis tout de suite après qu'elle ait entendu des argumentaires importants dans la cour du banc de la reine à Calgary en janvier.

Le juge en chef de l'Alberta Neil Wittman s'est ensuite porté volontaire pour reprendre le procès en main il y a maintenant 8 mois de cela en lisant les transcriptions de la cour. Il ne s'est pas prononcé encore sur les argumentaires d'Alberta Environment qui veulent que le mot "contamination" soit retiré et la mention d'autres puits contaminés dans la poursuite.

Des avocats représentant le ERCB (maintenant appelé Alberta Energy Regulator) ont aussi plaidé dans la cour de Calgary que le régulateur n'avait pas de devoir de protection envers les propriétaires terriens, et prétendent que Mme Ernst est une éco-terroriste.

L'Alberta Energy Regulator a maintenant à sa tête Gerald Protti, un ancien lobbyiste des compagnies énergétiques et ancien vice-président d'Encana.

Un geste très critiqué de la Première Ministre de l'Alberta Alison Redford fut de nommer le fondateur de l'Association canadienne des producteurs pétroliers (CAPP) à ce poste plus tôt cette année.

Sous la nouvelle législation de l'Alberta "Responsible Energy Act", le régulateur énergétique de la province n'a plus le mandat de protéger "l'intérêt public."

La nouvelle législation a aussi introduit ce que certains bureaucrates on baptisé "la clause Ernst": elle empêche les propriétaires terriens et les citoyens de poursuivre le régulateur à cause de malfaisances ou de négligence.

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"Encana Files Defence in Lawsuit with Fracking Folk Hero

Landmark case could change how shale gas industry is regulated in Canada.




By Andrew Nikiforuk, Today, TheTyee.ca

One of the continent's largest natural gas extractors has finally filed a legal defence in a landmark Alberta lawsuit that could change the way hydraulic fracturing, or fracking, is regulated in Canada.

In its statement of defence, Calgary-based Encana Corporation denies that it contaminated the drinking water well of Jessica Ernst, a scientist and oil patch consultant, and that it "complied with or exceeded the requirements of all relevant laws, directives and regulations in respect of its coal bed methane."

The short, six-page defence claims that the company, a struggling shale gas pioneer, did not frack shallow coal bed methane seams around Rosebud, Alberta, but instead "stimulated" them with nitrogen gas at high pressure.

The company, which has cut staff and sold assets due to low natural gas prices, adds that it tried to test Ernst's water well several times, but could not gain access to it.

Fracking is a brute force technology that blasts large volumes of water, sand and chemicals (many are known carcinogens) into rock and coal formations in order to accelerate geological processes and release small amounts of methane over large areas.

The high-cost technology inaugurated a temporary natural gas boom, which lowered prices on the continent.

The poor economics of shale gas have since challenged the bottom lines of Encana, Shell, Chevron and Exxon Mobil. Encana, which went on a land lease binge for the unconventional gas, now admits in its most recent Securities and Exchange Commission filing that the company "has more inventory in its portfolio of plays, particularly dry natural gas, than can be optimally developed."

But the controversial practice has done more than tank the fortunes of natural gas producers. It has also been responsible for earthquakes, land fragmentation, property devaluation, land subsidence and extensive groundwater contamination with methane and other hydrocarbons in rural Alberta, Wyoming, Colorado, Pennsylvania, Texas and Arkansas.

Suit alleges company fracked up groundwater

Two and half years ago, Jessica Ernst, now an anti-fracking folk hero in many countries including Ireland, the U.K. and the United States, launched a $33-million lawsuit against Encana, Alberta Environment and the Energy Resources Conservation Board. It accuses Encana as well as Alberta's oil and gas regulators of persistent negligence as well as breaching the nation's Charter of Rights and Freedoms.

The lawsuit alleges that Encana drilled and fracked shallow coal bed methane wells directly in the local groundwater supply between 2001 and 2004 near Rosebud, Alberta. (The firm's aggressive fracking practices also resulted in high profile contamination incidents in Colorado and Wyoming.)

As a consequence, Ernst claims, Encana polluted her water well with toxic chemicals and enough methane to make it flammable.

The drilling of 10,000 coal seams between Red Deer and Calgary over the last decade contaminated scores of water wells in rural Alberta and prompted the regulator to restrict shallow fracking in the region.

In addition, the claim details how Alberta's energy regulators, the Energy Resources Conservation Board and Alberta Environment "failed to follow the investigation and enforcement processes that they had established and publicized," despite direct evidence of industry-caused pollution and public admissions that shallow fracturing puts groundwater at risk.

"Encana now says that they didn't frack the wells. Yet Encana's own data says they fracked the wells," Ernst told The Tyee.

Encana letters dated 2006 and 2012 obtained by The Tyee directly refer to "the drilling, perforating and fracking" of coal bed methane seams in the area.

A legal response to Encana's statement of defence adds that "'hydraulic fracturing' is defined as the process of stimulating a well by injecting fracturing fluids (whether liquid or gas) at high rates and high pressure into the perforated zone(s) of the well to create new fractures and enlarge existing fractures in the underground formations for the purpose of releasing and encouraging the flow of hydrocarbons."

Ernst also said that Encana did offer to test her water well, but the gesture resembled a Monty Python sketch.

In one case "they offered to test my water well in a registered letter with a limited deadline of acceptance. They mailed it to me 24 days after the deadline," she alleged.

Unknown chemicals

Ernst claimed she repeatedly told the company that they could test her water well as soon as Encana released a list of its fracking chemicals, so that groundwater technicians would know what contaminants to test for. She said the company refused.

According to Canada's auditor general, more than 800 chemicals have been used to frack open more than 200,000 oil and gas wells in recent decades. At least 33 of the substances are known carcinogens. Both Environment Canada and Health Canada admit that "a complete list of substances used in Canada is not known."

Two recent studies confirm the widespread contamination of water wells in areas of high drilling and fracking activity.

A study by the University of Texas found often dangerous levels of arsenic, barium, selenium and strontium in groundwater near the heavily fracked Barnett shale gas fields.

A Pennsylvania study discovered methane contamination in 82 per cent of drinking water samples taken from rural homes just one kilometre away from fracked natural gas wells in the Marcellus formation. They also found evidence of ethane and propane contamination.

The study concluded that, "Overall, our data suggest that some homeowners living less than one kilometre from gas wells have drinking water contaminated with stray gases."

No requirement to protect public interest

The government of Stephen Harper delayed Ernst's lawsuit after it abruptly promoted Madam Justice Veldhuis, just after she heard critical arguments in a Calgary Court of Queen's Bench last January.

Alberta Chief Justice Neil Wittman then volunteered to take over the case eight months ago by reading the transcripts. He has yet to rule on arguments by Alberta Environment to remove the word contamination and the mention of other contaminated wells in the lawsuit.

Lawyers representing the Energy Resources Conservation Board (now the Alberta Energy Regulator) also pleaded in the Calgary court that the regulator owed no duty of care to landowners, and claimed that Ernst was an ecoterrorist.

The Alberta Energy Regulator is now headed by Gerald Protti, a former energy lobbyist and a former Encana vice-president.

In a much-criticized move, Alberta Premier Alison Redford appointed the founder of the Canadian Association of Petroleum Producers to the job earlier this year.

Under Alberta's new Responsible Energy Act, the province's energy regulator no longer has a mandate to protect "the public interest."

The new act also introduced what some bureaucrats call the "Ernst Clause": it prevents landowners and citizens from suing the regulator for wrongdoing and negligence. [Tyee] "

Link: http://www.thetyee.ca/News/2013/09/20/Encana-Fracking-Lawsuit/

Thursday, September 5, 2013

Agriculture - quand les pratiques rendent les voisins malades


Je crois que l'usage des "canons" à purin ne sont plus utilisés au Québec. Ce sont plutôt les "rampes basses" qui sont plutôt utilisées pour faciliter la "cohabitation harmonieuse" à la campagne.
Photo: La Presse

Richelieu, le 19 mai 2000

Santé Québec
1200 McGill College
Montréal, Qué.
H3B 4J8

sujet: arrosage de terres agricoles avec le purin de porc et problèmes de santé

J'aimerais par la présente vous demander si il y a un rapport entre des symptômes physiques dont j'ai souffert au début du mois de mai avec l'arrosage de purin de porc dans mon voisinage. J'ai eu connaissance de deux arrosages de purin de porc su un terrain agricole derrière chez moi au début de mai, environ un arrosage par semaine. J'ai aussi souffert de nausées et de diarrhées liquides violentes pendant ces deux semaines.

Je vais essayer de vous expliquer les circonstances. Je travaille à temps partiel à Montréal, et quand je suis à la maison, je passe beaucoup de temps à l'extérieur dans mon jardin. C'est ainsi que je me suis rendue compte de deux arrosages au purin de porc dans un champs éloigné: je pouvais voir le grand cercle d'arrosage dans les airs, une fois vers le 1 ou 2 mai, la deuxième fois le 10 ou 11 mai. Je n'ai toutefois pas fait de connexion immédiatement avec mes nausées subséquentes et mes diarrhées liquides. J'ai essayé d'éliminer toute source suspecte dans mes habitudes: j'ai bouilli mon eau, changé ma diète, évité de me forcer de manger des aliments qui me répugnaient (surtout les viandes). Les odeurs de cuisson m’écœuraient souvent, et un jour sur trois je souffrais de violentes diarrhées. Curieusement, le lendemain, je me sentais souvent très bien. Les symptômes sont intermittents.

Mais voilà que je lis une étude du Docteur Steven Wing à l'Université de la Caroline du Nord à Chapel Hill qui a démontré que la dérive aérienne d'arrosage de purin peut rendre les voisins malades à l'estomac. Se pourrait-il que je sois victime? Ne sachant pas trop si je m'adresse au bon département gouvernemental, veuillez faire suivre ma lettre aux gens qui pourraient me répondre, ou qui suivent ce genre de problème.

Vous remerciant à l'avance, je suis,

Johanne Dion
Richelieu, Qc

Note personnelle: suite à l'implantation d'une porcherie d'une capacité de 5,800 bêtes à Richelieu depuis ce temps-là, mon vocabulaire "agricole" s'est beaucoup mieux étoffé. Vous comprendrez mon travail assidû à vouloir l'empêcher en lisant cette lettre que j'ai écrite il y a 13 ans maintenant. Bien sûr, je n'ai jamais reçu de réponse éclairante de la part de Santé Publique ou d'aucun autre ministère ou agence gouvernementale!


Saturday, August 17, 2013

Nous sommes légion


"Nous sommes légion
Publié le 15 août 2013
Auteur:
Hugo Séguin

Chroniqueur invité sur le site d’Équiterre, l’auteur enseigne à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke et est chercheur associé au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CÉIM). Il est également conseiller principal chez Copticom, où il se consacre aux dossiers d’énergie, de transports et d’économie verte.

Il est de bon ton, dans certains milieux, de dénigrer les environnementalistes. Plusieurs, indulgents, les considèrent comme des personnes évoluant en dehors du monde réel et incapables de le comprendre tel qu’il est et de s’y conformer. Un peu comme on infantilise une personne lente d’esprit.

Les moins charitables diront que ce sont des extrémistes et des radicaux, qui nuisent à la bonne marche de la société.

Dans un cas comme dans l’autre, pourquoi les intégrer à la discussion et tenir compte de leurs points de vue ? Pourquoi perdre son temps à discuter avec des enfants ou avec des exaltés ?

Le dernier éditorial d’André Pratte, éditorialiste en chef au quotidien La Presse, sur la question de l’opposition des environnementalistes à l’endroit des projets d’oléoducs destinés au transport du pétrole albertain, est de cette eau. [Je me suis d’ailleurs permis de lui répondre ici]

Cette position, amplement partagée dans les milieux d’affaires et par une partie de la classe politique, est arrogante et mal avisée.

Le monde change et pourtant certains s’entêtent à commettre les mêmes erreurs d’appréciation. La plus importante est de penser que la remise en question de l’omnipotence de quelques grands intérêts économiques et d’une certaine façon de concevoir la gouvernance ne serait le fait que d’une petite minorité déconnectée de la population. Ceux qui le croient sont victimes d’aveuglement volontaire.

Nostalgiques d’une époque où de petits cercles d’individus prenaient les grandes décisions derrière des portes closes, certains se trouvent aujourd’hui de plus en plus dépossédés par des mouvements sociaux qu’ils ne contrôlent pas et dont ils ne comprennent pas le modus operandi.

Plusieurs refusent ainsi de voir la lame de fond qui déferle.

Nous sommes légion, pas une minorité embarrassante qu’on se doit d’écarter, et surtout pas une minorité que l’on peut commodément discréditer en la parquant aux marges de la société. Plus maintenant.

Aujourd’hui, la mouvance écologiste se mêle et fusionne avec d’autres grands mouvements sociaux, au point de ne souvent représenter qu’une facette d’un même objet.

Les grandes batailles environnementales, ici comme ailleurs, ne sont la plupart du temps que les manifestations de combats plus larges visant à redonner préséance au social et au collectif devant des pouvoirs économiques et politiques qui se croient souvent tout permis et qui sont allés trop loin. N’étions-nous pas des centaines de milliers, au Parc Jeanne-Mance à Montréal par un beau jour d’avril, à marcher sur le thème du bien commun dans le cadre du Jour de la Terre il y a à peine 18 mois ?

Au grand dam d’une partie plus conservatrice du milieu des affaires et de politiciens qui lui étaient acquis, les Québécois, collectivement, ont dit non à l’exploitation des gaz de schiste. Après l’épisode de la centrale thermique du Suroit, c’était la deuxième fois en 10 ans que des promoteurs de grands projets, souvent de l’extérieur du Québec, se cassaient les dents dans un dossier majeur.

La même chose se produit, et se reproduira encore, dans de grands dossiers sociaux. Il y a un peu plus d’un an, des centaines de milliers de Québécois, partout sur le territoire, ont marché en faveur de l’accessibilité à l’éducation supérieure. Et aussi contre la Loi 78 qui tentait de restreindre le droit de manifester. Dans les deux cas, le pouvoir politique a dû reculer.

Nous aurons fait vibrer notre coin de continent à grands coups de casseroles, pour dénoncer la corruption et la collusion, souvent aux plus hauts niveaux politiques et économiques. Aujourd’hui, des politiciens et des entrepreneurs – certains jadis adulés comme de grands capitaines d’entreprises -, font face à la justice. Et ça n’est pas fini.

Loin d’évoluer à l’extérieur du monde réel, une grande partie de la population québécoise est ancrée dans le monde tel qu’il est. Celui-ci est parcouru de courants qui en remettent en question certains des fondements et nous y participons, que ce soit en militant ou en manifestant, ou encore en s’avouant, silencieusement, qu’au fond « ils ont peut-être raison ».

Nous vibrons au même diapason et nous sommes solidaires de ceux et celles qui ont animé le printemps arabe, donné vie au mouvement des Indignés, à Occupy Wall Street et à la révolte contre les dictats de grandes institutions financières. Nous faisons partis du monde et nous constituons une réelle force de changement. Nous ne quitterons pas la scène parce que certains ne voudraient pas nous y voir.

Nous ne voulons pas d’une planète invivable servant de dépotoir aux grandes pétrolières, ou de peuples entiers sous la coulpe de leurs banquiers et de grandes entreprises ; nous détestons les injustices et les inégalités de plus en plus impossibles à cacher, surtout de la part d’une fraction infime qui tente encore de faire croire que la concentration de la richesse entre ses mains relèvent de l’intérêt collectif.

Nous sommes nombreux, de plus en plus nombreux. Nous gagnons de plus en plus de batailles et nous en gagnerons encore.

Les mêmes qui ont tenté sans succès d’imposer le Suroit et les gaz de schiste se font aujourd’hui les promoteurs de deux énormes projets d’oléoducs au profit des pétrolières.

Ils soutiennent que c’est dans notre intérêt, que ce sera « bon pour le Québec », que les enjeux sécuritaires peuvent être minimisés, et qu’on ne doit pas se préoccuper des impacts sur les changements climatiques.

Ils diront que ceux et celles qui s’y opposent ne forment qu’un petit groupe de radicaux.

On verra. Il n’y a pas plus aveugles que ceux et celles qui ne veulent pas voir.

Bonne rentrée !

Lien: http://www.equiterre.org/choix-de-societe/blog/nous-sommes-legion



"Thanks to the hard work and peaceful (yet powerful) activism of Greenpeace and other environmental groups and environmentally/socially conscious citizens, all of whom stand up to demand a healthy living environment for communities, the world is in much better shape than it would have been otherwise.

The water you drink, the air you breathe and the food you eat are a little bit healthier thanks to these groups and individuals. They deserve our gratitude.

I praise Greenpeace and the SVP led by Daniel Green for stepping up and taking the initiative to go and investigate the toxic pollution caused by the Lac-Mégantic train derailment disaster. I also applaud them for demanding that the Quebec environment department be more transparent.

Despite all these efforts, however, the world still faces serious environmental pollution problems and crises such as climate change, due to government and corporate resistance to change and false societal priorities.

Thanks to these groups and local activists in every community, millions of Canadians and citizens around the world are better informed about environmental realities and solutions. Moreover, there is now a world-wide grassroots movement of citizens demanding that governments start putting public health and the environment first.

Governments alone cannot or will not make the changes necessary to shift to a sustainable world that takes proper care of the ecosystems that sustain us. Fortunately, this peaceful global grassroots citizens movement, growing larger every day, has become a political force and is the key to the critical changes that are needed."

Signed: Steve Timmins

Link: http://www.theglobeandmail.com/news/national/study-shows-high-pollution-at-lac-megantic-one-carcinogen-394444-times-above-limit/article13749318/comments/

Saturday, August 10, 2013

Gaz de schiste - 3 années de revues de presse


Durant l'été de 2010, je travaillais assidument avec Ruth Major Lapierre pour dénicher de l'information sur le gaz de schiste et la fracturation hydraulique afin d'alimenter le débat au Québec. Tout ce que nous entendions ici dans notre province de la part des médias et le gouvernement, c'était la propagande de l'industrie. La majorité de l'information étant en anglais, Ruth et moi, bilingues et à la maison, avions le temps de faire de la recherche sur l'Internet et partager avec les personnes qui étaient intéressées.

Le problème, c'est que de plus en plus de personnes étaient intéressées, et qu'à force de chercher, nous trouvions de plus en plus de sources d'information. J'ai vite compris que mon bombardement de plusieurs courriels par jour à un nombre de plus en plus important de correspondants devenait une tâche non seulement lourde pour moi, mais qui pouvait rapidement devenir une source d'irritation pour plusieurs dans pas grand temps.

M'inspirant du beau travail qu'André Bouthillier avait accompli chez EauSecours pendant des années, j'ai décidé le 10 août 2010 de me limiter à un seul courriel par jour envoyé à la liste de personnes intéressées. Et plutôt que de passer plus ou moins la journée à fouiller sur la toile, j'ai décidé de me limiter à 4 ou 5 heures par jour, très tôt le matin. J'ai tendance à me lever avant le soleil, de toute façon, et la connexion haute vitesse tend à être encore plus rapide à ce temps-là de la journée, alors c'est une routine que j'ai adopté depuis.

Les pétrolières et les gazières ne prennent pas de vacances, elles, et ne semblent pas se soucier des fins de semaines, ou des congés: je m'en suis vite rendue compte. On tente même de nous en passer quelques-unes en douce à ce moment-là. Alors, pas question pour moi de baisser la garde!

Les études scientifiques parfois se contredisent. L'industrie se défend, les lois les protègent, les politiciens se rangent de leur côté. Mais quand pendant 3 ans, on trouve tous les jours, mois après mois, année après année, des articles de journaux parlant de gens lésés, d'eau contaminée, de travailleurs blessés et tués, de déversements, de fuites et de séismes, il faut bien se rendre à l'évidence: les combustibles fossiles, c'est du passé, et il est grand temps de passer à autre chose!

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Three years ago today, I finally got myself organized!

So many people (at last) wanted to know about fracking and shale gas, and I was finding so much stuff on the Internet, that I knew I had to find a better way to share the (mostly English) information I was finding about the subject before people started to find me annoying with the number of emails I was sending out.

It took me a while to get people interested in what the Quebec media and our government was not telling us about the terrible consequences of fracking and the long term effects of getting shale gas and oil from the ground, but when I did, I had to find a better way to share the information I found.

That's when I decided to do my search for a couple of hours early each morning, and making a mailing list of people who wanted to be updated with the greatest and the latest, and do a broadcast email just once a day. Every day. Till the fracking problem was resolved. For good. I'm still waiting...

In the meantime, it's hard not to come to the conclusion that when newspaper articles come out every day, every week, every month, year after year, to talk about people devastated by fracking, the pollution, the contamination, the people killed, burned, maimed, poisoned, the leaks, the blowouts, it's hard not to agree that fracking is dangerous stuff, and it's high time to leave fossil fuels where they belong: underground!

Tuesday, July 9, 2013

Projet de mini-centrale à Val Jalbert



GRAND RASSEMBLEMENT FESTIF DE SOLIDARITÉ À VAL-JALBERT: Toutes les personnes opposées au harnachement de la rivière Ouiatchouan de Val-Jalbert et à la quasi-disparition des chutes Maligne et Ouiatchouan, au Lac-St-Jean, sont invitées à un grand rassemblement pacifique de solidarité au camping de Val-Jalbert du 26 au 28 juillet prochains.

VEUILLEZ COMMUNIQUER VOS OFFRES ET RECHERCHES DE COVOITURAGE ICI

ADMISSION SUR LE SITE : 27$. IL Y A DIFFÉRENTS PRIX POUR LE CAMPING, ADRESSEZ-VOUS AUX AUTORITÉS : http://www.valjalbert.com/fr/camping/ OU COMPOSEZ LE (418) 275-3132 OU, SANS FRAIS, LE 1-888-675-3132. RÉSERVEZ TÔT.

POUR PLUS D’INFORMATIONS : Marie Néron, porte-parole, (418) 275-0089, (418) 275-0876

EN CAS DE PLEINE CAPACITÉ AU CAMPING : Pierre Leclerc, Fondation Rivières, (514) 523-7497

Les travaux pour détourner la rivière Ouiatchouan vers une centrale hydroélectrique ont été entrepris bien que toutes les autorisations nécessaires n’aient pas encore été émises.

Les promoteurs de ce projet ont fait fi de l’opinion de la population qui est majoritairement opposée à ce projet. Le harnachement de la rivière Ouiatchouan implique un contrat de vente d’électricité à Hydro-Québec qui coûtera à cette dernière 80 millions de dollars en 20 ans. Nous perdons tous au change.

Le projet de Val-Jalbert va détruire un joyau, la deuxième attraction touristique de la région. De plus, le projet ne respecte pas la Politique des Débits Réservés Écologiques qui exige la libre circulation du poisson. Selon l'étude d'impact, il resterait moins de 2 centimètres d'eau dans la rivière asséchée, empêchant toute circulation des poissons entre les bassins, ce qui est complètement contraire à la Politique et évidemment très néfaste au niveau écologique.

Les seuls gagnants dans ce projet sont encore une fois les actionnaires d’une firme d’ingénierie, en l’occurrence BPR. La première ministre Pauline Marois soutient ce projet, montrons-lui en grand nombre que nous n’en voulons pas. Le camping de Val-Jalbert est situé près de la route 169, entre Chambord et Roberval.

Avec la participation de la Coalition pour la Sauvegarde de la Ouiatchouan à Val-Jalbert (CSOV), l’Union pour la conservation du lac St-Jean, Fondation Rivières, le Mouvement des Québécois et l'appui de Greenpeace Québec.

Tuesday, July 2, 2013

Des réactions à une lettre publiée

Cliquez sur l'image pour corriger la résolution. Blogspot fait des siennes encore!
Je milite activement pour l'assainissement de la rivière Richelieu depuis 1985. C'est presque 30 ans, çà. Et je reçois rarement des commentaires suite à mes écrits publiés dans les journaux, qu'ils soient locaux ou nationaux. C'est comme Saint-Jean-Baptiste qui criait dans le désert.

Trente années à me débattre comme un diable dans l'eau bénite, et pas de réaction de mes concitoyens.

Je vais dans d'autres municipalités dans des rassemblements et quand je dis mon nom, on réagit en disant: "Ah! C'est TOI Johanne Dion!" Mais à Richelieu? Silence. C'est comme un coup d'épée dans l'eau. C'est comme essayer de courir dans le vide interstellaire.

Et cette semaine, une lettre d'opinion publiée dans le Journal de Chambly me vaut 2 appels téléphoniques pour me féliciter et m'encourager à continuer. Des appels d'un père et de sa fille, vous direz. Mais quel père! Et quelle fille!

Le père a été notre bedeau à Richelieu une bonne partie de sa vie. Il jouait aussi de l'orgue à l'église durant certaines cérémonies. Pendant des années, je le voyais tirer sa chaloupe sur une remorque, à pieds, pour aller naviguer sur la rivière et le Bassin Chambly. Il a fait du vélo, aussi. Beaucoup, beaucoup de vélo. Et il a déjà été reconnu pour son merveilleux jardin potager dans le Journal de Chambly. C'est un homme qui a été une présence constante dans ma vie, à partir de mes années scolaires au primaire. Un homme exceptionnel, quoi! Selon mes valeurs à moi, en tout cas.

Sa fille aussi m'impressionne. Elle a publié des livres. Elle a été adoptée par une tribu autochtone. Elle dirige un choeur de chant. Elle donne des leçons de piano de la maison. Elle est une passionnée de nature, et a tout fait pour léguer ses valeurs à sa fille.

Hé bien! J'imagine que je vais continuer encore un peu...

Saturday, June 15, 2013

Schiste 911 - Prêts pour le PIR

J'arrive de ma 2e réunion de Schiste 911 Montérégie.

Pour se familiariser avec Schiste 911, visitez le site: http://www.schiste911.org/

Le PIR, c'est un Plan d'Intervention Rapide contre l'invasion de la fracturation.

Nous sommes un groupe de personnes qui croyons que nous devons profiter du temps de répit que nous accordent le gouvernement et l'industrie pour se préparer à la prochaine invasion de la fracturation hydraulique.

Nous croyons qu'un moyen à la disposition des gens comme vous et moi est l'action citoyenne non violente. Nous analysons froidement les différentes étapes adoptées par l'industrie et imaginerons des scénarios pour plusieurs afin de dissuader les pétrogazières de toute fracturation, par l'organisation d'une résistance citoyenne capable d'entraver efficacement les travaux.

J'ai commencé par monter un album photo qui se trouve ici: http://lesamisdurichelieu.blogspot.ca/2013/05/travauxequipement-et-transport-pour.html
Getting Ready for the WORST

I'm just back from my second meeting with 911 Shale Montérégie


To know more about Schiste 911, visit their Website here: http://www.schiste911.org/

We're getting ready for the WORST (When big Oil Returns Shamelessly into Town). We are planning quick interventions against the fracking invasion.

We are a group of people that believe that we must use the break the industry and the government are giving us to get ready for the next fracking wave.

We believe that for people like you and me, there is one way to stop that wave: nonviolent citizen actions. We will analyze carefully the industry's different stages and will think of scenarios in order to make the petrogas industry think twice before coming back to frack us. We will organize a citizen's resistance capable of getting in the way effectively.

I started by doing a photo-album here: http://lesamisdurichelieu.blogspot.ca/2013/05/travauxequipement-et-transport-pour.html

Thursday, June 13, 2013

Les citoyens du Québec veulent des éclaircissements

Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution:

Here's my translation of press release:

Citizens want Minister Blanchet to explain himself

Since he announced his regulation project to protect drinking water sources, the Environment Minister Yves-François Blanchet has made many public statements. These statements are meant to reassure us, but they don't answer citizens' preoccupations regarding their drinking water sources.

For example:

1- The Minister says that the situation is urgent and so allows only 30 days for consultation when the law allows a normal delay of 60 days.

What's the rush?

When we know that:

When talking to the media, the minister says he has not received any requests for permits to drill on Anticosti Island.

In Gaspé, Martine Ouellet, Natural Resources Minister, a hydro-geological study will be done by and for the government. She said that it will be an independent study when she visited Gaspé back in May. Since then, we have heard no news about this study, even though there is urgency.

One fact remains: the parties concerned, that is the municipalities that have voted themselves the bylaw called St-Bonaventure and those that have prepared propositions on a similar planned bylaw last year, have not had the time needed to get together in caucus and react to this provincial regulation project.

So the citizens wonder why the minister is such in a rush? Is someone pressuring him?

2- The minister says he is thinking of permitting exploratory drilling with fracking on Anticosti Island, saying that this kind of drilling is needed to evaluate the oil potential of that region.

But:

At the same time, he says that there will be BAPE hearings to examine the pertinence of this exploration.

Is the decision already taken to take the risk of polluting the drinking water sources of this exceptional nature reserve, following which, we are afraid, will lead inexorably to the use of hydraulic fracturing?...

3- The minister says that the regulation to protect drinking water sources is the strictest of the Americas.

But:

The industry itself follows stricter guidelines than the 400 meters under the water table, knowing very well that the fractures made by fracking go often well beyond that distance and can be known only after the fact.

Pennsylvania and New York states have regulations overseeing fracking in hydrocarbon wells putting the limit at 600 meters deep.

Vermont voted in 2012 a complete moratorium on fracking because of the risks that come with it.

Quebec municipal standards where the Saint-Bonaventure bylaw has been voted in are stricter than those proposed by the ministry.

So, citizens are in their right to ask themselves if the proposed standards are made to fit industry's exploratory drilling on Anticosti Island and in Gaspé, or are they really protecting the citizens?

4- The minister let's us understand that hydraulic fracturing is dangerous enough to propose a bill that would ban the use of this technique in the populated regions of Quebec.

But in the same breath, he proposes a regulation project that would let fracking from a certain distance to extract shale oil everywhere in Quebec, and for shale gas outside a perimeter whose borders could be determined by a line traced between Blainville, Joliette, Québec, Montmagny, Asbestos, Cowansville and Chateauguay.

But:

It's all about the same technique that has the same possible impacts and with the same risks, depending mainly, of course, on the rock strata underneath.

And we think that the fact that a territory is less populated does not justify the fact that the residents of that territory do not enjoy the same rights and the same protection for their drinking water sources.

Why the double standard?

We, the citizens of the St. Lawrence Valley, family and friends, from near or afar, with all the citizens of Quebec, be they from the First Nations, French speaking, English speaking or other, consider that, since the proof has not been found that the exploration and the exploitation for hydrocarbons in Quebec would not put at risk our drinking water sources and the quality of the water, that the precautionary principle must prevail, and it is our duty to see to it.

Haste for economic reason from some must not outweigh the protection of the environment for all. We consider that it's the main duty of a government, and even more so the environment ministry, to protect citizens' lives, and that is done with an adequate protection of drinking water.

Without the watchfulness of our voluntary citizens' groups, for the past long three years, the St. Lawrence Valley would undoubtedly be maimed in it's territorial integrity, socially, environmentally and economically.

Signed in Sainte-Marie de Blandford, June 13 2013, by Serge Fortier, spokesperson for the Regroupement interrégional gaz de schiste de la vallée du St.-Laurent (RIGSVSL)

The RIGSVSL regroups more than 100 local citizens' groups that are against the extraction of oil and gas from shale in Quebec. Since 2010, these committees demand a moratorium on shale gas in Quebec and are against the fracking of our land and of our communities.

Tuesday, June 11, 2013

Non à la fracturation hydraulique! - Mode d'emploi

Photo: AFP

Ma traduction libre d'une liste utile pour le militant en herbe.

Ce que vous pouvez faire dès maintenant pour arrêter la fracturation hydraulique!

Peut-être avez-vous pris connaissance récemment des dangers associés avec la fracturation hydraulique ou fracking, pour les intimes; ou peut-être êtes-vous un militant de longue date, ou vous vous situez un peu entre les deux.

Si vous vous demandez ce que vous pourriez faire pour arrêter cette méthode destructrice et nuisible pour forer salement pour extraire du gaz naturel, alors songez à ce qui suit et agissez selon les suggestions qui font le plus appel à vos passions, vos intérêts et vos talents.

S.V.P. partagez cette information avec toute personne qui pourrait être intéressée!

Le pouvoir des gens est la vraie puissance sur cette terre et même les volontés des rois, des politiciens et des corporations doivent plier face à nos demandes quand nous parlons tous ensemble d'une façon très claire!

Ce que vous pouvez faire dès maintenant:

-Parlez de fracturation hydraulique et de vos préoccupations sur les impacts potentiels pour la santé humaine, l'environnement et les économies locales aux membres de votre famille, aux élus, à vos copains de travail, aux membres de votre communauté religieuse, au gymnase, ou dans tout autre organisme dont vous êtes membre. Parlez-en publiquement au magasin, chez le coiffeur, à la bibliothèque, à vos voisins, et aidez-nous à soulever un mouvement irrésistible pour que la fracturation hydraulique soit interdite et décourager la production d'énergie sale.

-Faites des copies des plusieurs documentaires sur la fracturation hydraulique et distribuez des copies à tous les gens mentionnés ci-haut, dont les membres de votre conseil de ville, le maire, les élus provinciaux et fédéraux.

-Donnez à tous ces gens mentionnés ci-haut ce lien pour regarder le film Gasland en ligne gratuitement: http://thoughtmaybe.com/video/gasland

-Soyez présent à tous les évènements qui ont rapport avec la fracturation hydraulique que vous pouvez trouver (cela compte pour 90% de la réussite), et emmenez un ami avec vous, parce que le nombre de participants y compte pour beaucoup. Ceci inclus des évènements éducatifs (soirées d'information), des visionnements de film, des audiences législatives et départementales d'agences, des manifs contre la fracturation hydraulique et les marches, les rassemblements politiques, et les conférences de presse.

-Envoyez des courriels ou appelez les gens et les groupes qui se préoccupent de la fracturation hydraulique et partagez l'information que vous avez obtenue qui vous concerne avec vos contacts, surtout si on fait un appel à tous pour appuyer une cause.

-Écrivez des lettres aux éditeurs des maintes journaux et essayez même d'écrire un reportage pour un journal, un site Web ou une revue. Ils se cherchent toujours des évènements ou des faits divers controversés pour attirer l'attention.

-Impliquez-vous dans le groupe local contre la fracturation hydraulique de votre région et aidez à solidifier un mouvement populaire puissant pour arrêter cette pratique nuisible.

-Allez à votre hôtel de ville et soyez présent lors des séances du conseil municipal, et partagez ce que vous savez de la fracturation hydraulique et ses dangers avec vos élus.

Signé:

Albert Brown
Healing Transformations
beingsamadhi@gmail.com


Ne doutez jamais qu'un petit goupe de citoyens engagés et réfléchis peuvent changer le monde. En effet, c'est la seule façon de le faire. - Mead

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What You Can Do Now To STOP FRACKING !
Submitted by buckleynate on Wed, 2011-01-12 23:46

Perhaps you have become recently aware of the dangers of hydraulic fracturing or fracking as it is more commonly known, or you are a seasoned activist, or somewhere in between the two.

If you are wondering what you can do to help stop this destructive and harmful method of dirty natural gas drilling then please consider the following and act on the suggestions that most speak to your passions, interests and skills.

Please spread this information to all who may be interested!
People power is the real power on this earth and even the wills of kings, politicians and corporations must bend to our demands when we speak in a unified and clear manner!

What you can do now:

* Talk about fracking and your concerns for the potential impacts on human health, the environment and local economies to family, friends, elected officials, coworkers and fellow members of your church, gym or other organizations. Talk in public at the store, barber shop or library to your neighbors and help us create an overwhelming movement to ban fracking and dirty energy production.

* Make copies of the various documentaries about fracking and give out the dvds to all of the above, including your town board members, mayor, state assembly and senators, and your federal congresspeople and senators.

* Send all of the above this link to watch Gasland the film online for free http://thoughtmaybe.com/video/gasland

* Show up (which is 90% of all success) at every fracking related event you can and bring friends because numbers matter. This could include educational events, film showings, legislative and departmental hearings, anti-fracking protests & marches, political rallies, and press conferences.

* Email or call folks and organizations about fracking and forward all the relevant info you receive from us to your contacts, especially when their is a general call of "All Out To Support" an action.

* Write letters to the editor to various newspapers and even try your hand at writing a small article for a newspaper, website or magazine. They are always looking for controversial stories and subjects to highlight.

* Get involved in your local anti-fracking group and help to build a powerful grassroots movement to stop this harmful practice.

* Go to local town hall or city council meetings and inform your public officials about fracking and its dangers.

Albert Brown
Healing Transformations
beingsamadhi@gmail.com
Never doubt that a small group of thoughtful, committed citizens can change the world. Indeed, it is the only thing that ever has- Mead

Link: http://buffalo.indymedia.org/content/what-you-can-do-now-stop-fracking


Wednesday, May 29, 2013

Une «politique» agricole pour l'UPA


Texte de Michel R. Saint-Pierre

L'auteur a été sous-ministre de l'Agriculture, des pêcheries et de l'alimentation de 1994 à 1998 et est l'auteur du Rapport Saint-Pierre sur les programmes de soutien à l'agriculture.

"Une "politique" agricole pour l'UPA

Soyons clair dès le départ: ladite politique de souveraineté alimentaire rendue publique la semaine dernière par le ministre François Gendron n'est pas une politique et n'en a aucunement les caractéristiques essentielles.

Cet exercice aux allures sympathiques pour le non-initié, ne fera que maintenir le statu quo. L'agriculture du Québec continuera d'être au bord de la crise et les contribuables de la supporter financièrement comme nulle part ailleurs en Amérique du Nord.

Une véritable politique procède d'une analyse rigoureuse de la situation suivie d'objectifs d'amélioration et de moyens pour les atteindre.

Or cette annonce se situe quelque part entre une campagne de publicité de produits agricoles québécois (du même ordre que celle de 2008 Mettez le Québec dans votre assiette) et un ensemble de mesures visant des objectifs assez disparates comme empêcher nos terres d'être achetées par des étrangers, ce qui n'a jamais été qu'un phénomène marginal, et aider la relève à acquérir la ferme de leurs parents alors qu'ils sont déjà les mieux soutenus dans le monde à cet égard.

Une vraie politique s'attaquerait aux vrais problèmes, et ils sont connus. La commission Pronovost, dans un rapport exhaustif rendu public en février 2008, a largement fait le tour de la question après avoir entendu 762 témoignages et reçu 720 mémoires sur la question dans une tournée du Québec qui a duré près de deux ans.

En résumé, le constat est le suivant: notre agriculture, bien que mieux soutenue financièrement par les deniers publics que toute autre en Amérique du Nord, est plus endettée, moins efficace et extrêmement fragile face à tout changement dans son environnement, que l'on parle d'accords commerciaux, de taux d'intérêt ou de programmes de soutien.

Bien sûr, notre agriculture compte aussi de très bons producteurs dans tous les secteurs. Des agriculteurs bons gestionnaires, peu endettés et dont le niveau technique les classe parmi l'élite mondiale. Mais on parle peu de ceux-ci car d'une part, ils ne se plaignent pas et d'autre part, leurs performances ne font que mettre en relief l'énorme écart qu'ils ont creusé avec le reste du peloton.

Mais alors, pourquoi l'UPA a-t-elle célébré cette soi-disant politique alors que pour tous les autres intervenants concernés la réaction a été soit mitigée, soit tiède ou même négative?

C'est tout simplement que cette annonce, en se présentant comme une politique, évite soigneusement d'aborder les vrais problèmes de l'agriculture québécoise dont fait partie l'UPA par son contrôle lourd et peu innovant de la mise en marché, par son refus historique de faire évoluer les programmes gouvernementaux et par son monopole sur la pensée collective en agriculture.

En présentant cet ensemble de mesures sympathiques pour le grand public comme une politique avec un grand P, l'UPA est certaine qu'il n'y en aura pas d'autres à moyen terme et que sa position monopolistique ne sera pas menacée avant longtemps. C'est son objectif premier, on l'a vu lors de la sortie du rapport Pronovost.

Quant à l'agriculture québécoise et encore davantage celle des régions moins favorisées, nous pouvons être certains que dans ces conditions, elle demeurera fragile et continuera de reposer en bonne partie pour sa survie sur le soutien permanent de l'État. Bref, elle restera la grande perdante."

Lien: http://www.lapresse.ca/debats/votre-opinion/201305/23/01-4653786-une-politique-agricole-pour-lupa.php


An agricultural "policy" for the UPA

My translation of a comment signed by Michel R. Saint-Pierre. He was Agriculture, fisheries and nutrition Deputy Minister from 1994 to 1998, and author of the Saint-Pierre report on the funding programs to agriculture.

Personal note: UPA stands for Union des Producteurs Agricoles, a monopolistic farmers' union with mafia-like tactics and seemingly unfettered influence within the government circles. Thanks to the UPA, endless subsidies, financial incentives and tax exemptions promote the industrialization of farming, starving out the organic, innovative and community farming.

An agricultural "policy" made for the UPA

Let's be clear about this from the upstart: this so-called food sovereignty policy revealed to the public last week by Minister François Gendron is not a policy and does not have it's essential characteristics.

The friendly appearance of this exercise to the non-initiated only, it will but maintain status quo. Farming in Quebec will continue to be on the verge of a crisis and taxpayers will continue to support it financially like nowhere else in North America.

A real policy starts from a rigorous analysis of the situation followed by objectives to improve and ways to get there.

But this publicity stunt is somewhere between a publicity campaign for Quebec produce (like the one in 2008 called "Mettez le Québec dans votre Assiette" - serve Quebec food on your plate) and a bunch of measures with dissimilar objectives like preventing the selling out of farmland to foreigners, which was never much more than a marginal phenomenon, and help the next generation buy their parents' farm, even though they are already the most helped in the world in this matter.

A real policy would deal with the real problems, and they are well known. The Pronovost commission, in an exhaustive report made public in February 2008, went amply over the question after receiving 762 testimonies and 720 commentaries on the question while on a province-wide tour that lasted almost 2 years.

Finally, the conclusion was this: our agriculture, even though the most financially supported with taxpayers' money in the whole of North America, is more in dept, less efficient and extremely precarious when faced with any change in it's environment, be it commercial dealings, interest rates or financial backing programs.

Of course, our agriculture can boast having some very good producers in all sectors. Good management farmers with very little dept and technical know-how make some of them among the world's best. But very little is known about them because, for one, they don't complain much, and also, their performance only show the enormous gap they left between themselves and the rest of them.

So, why did the UPA celebrate this so-called policy when for all the other concerned parties the reaction was either mitigated, lukewarm or even negative?

It's simply because this announcement, by being presented as a policy, carefully avoids addressing the real problems of farming in Quebec, some of which are the UPA itself by it's heavy grip and lacking of innovative ideas in marketing, by it's historical refusal to help evolve governmental programs and it's monopolistic handle of the collective's way of thinking about farming.

By presenting this group of sympathetic measures to the public at large like it was a policy with a capital P, the UPA is sure there won't be any more soon and it's monopolistic position will not be challenged for a very long time. That is it's primary objective: it was obvious when the Pronovost report came out.

As for agriculture in Quebec, and that is even more so in the less prosperous regions, we can be sure that in these conditions, it will remain precarious and will continue to depend almost solely on State welfare. In other words, it will remain the big loser.

Tuesday, May 28, 2013

Activisme: il est grand temps pour la désobéissance civile

Photo: Tar Sands Blockade

Ma traduction libre d'un texte de Kumi Naidoo

La tradition de désobéissance civile reprend de la vigueur. Le besoin se fait sentir et l'appel à l'action devient impossible à ignorer! Les actions directes non violentes peuvent aider à rétablir un équilibre quand nos droits se font bafouer par les intérêts égoïstes de l'élite économique toute-puissante qui est disposée à sacrifier l'avenir de nos enfants pour favoriser leurs profits à court terme.

Des actes pacifiques de désobéissance civile ont toujours été au coeur de plusieurs batailles de l'humanité depuis les dernières décennies: contre l'apartheïde en Afrique du Sud, le mouvement des droits civils aux É.U. et Gandhi qui a basculé le règne colonial britannique en Inde, pour ne mentionner que celles-là.

Imaginez un monde sans désobéissance civile et sans action directe non violente. Si cela vous est trop abstrait et difficile à faire, essayez ceci: imaginez un monde où les femmes ne peuvent toujours pas voter, où la ségrétation raciale et la discrimination institutionalisée font toujours la loi, imaginez une dominance coloniale brutale et une inéquité extrême et de l'injustice sociale partout sur la planète. Et tandis que dans certains endroits nous devons fouiller le passé pour trouver de tels exemples choquants d'injustice et d'inégalité, n'oublions pas qu'il y a toujours encore bien des régions où de telles réalités troublantes sont toujours considérées comme normales jusqu'à ce jour.

Les actions ont plus d'effet que les mots, et des actions sont nécessaires maintenant plus que jamais si l'on considère la menace qui pèse sur notre planète à cause d'exploitation evironnementale et sociale rampante.

De la désobéissance civile et des actions directes sont au coeur de ce que nous faisons ici à Greenpeace; cela fait parti de notre héritage et de notre histoire, notre destinée et notre mission. De la désobéissance civile n'exige pas que des héros - seulement des hommes et des femmes honnêtes qui disent "c'est assez!". Avec Greenpeace, j'ai fait de l'action directe dans les eaux glacées de l'océan Arctique deux fois. J'ai grimpé dans des tours de forage en tant que représentant de la voix et des préoccupations de millions de gens qui disent que les forages dans l'Arctique, c'est de la pure folie et doit cesser. J'ai même fait de la prison pour çà, mais la lutte n'est pas terminée, et je continuerai d'appuyer le mouvement "Save the Arctic" pour arrêter les ambitions des pétrolières. Mais tout ceci va au-delà d'arrêter les grosses pétrolières: c'est pour un monde où les générations futures peuvent prospérer, un monde de paix, juste et équitable.

La désobéissance civile semble percer la conscience de nos chefs politiques beaucoup plus que les autres méthodes. La pression du public qui vient de la désobéissance civile peut faire basculer l'opinion publique et rétablir un équilibre entre les gens au pouvoir et les poches bien garnies des compagnies privées qui sacrifient des considérations environnementales sur le long terme pour favoriser les profits à court terme. Les leaders politiques peuvent se rendre compote qu'ils ont besoin d'écouter, si ce n'est pas parce que c'est la bonne chose à faire, au moins de peur de perdre leur mandat et leur position influente.

Un gros merci va à tous les activistes qui travaillent à avancer la cause environnementale, que ce soit pour la lutte pour la justice dans les communautés locales au Nigeria qui souffrent des déversements de pétrole de Shell ou arrêter l'oléoduc Keystone XL aux États-Unis. La désobéissance civile prend de l'ampleur, mais il faudra beaucoup plus pour éviter des changements climatiques catastrophiques et la destruction et dégradation environnementale. Joignez-vous à moi et engagez-vous dans des actions, vous aussi!
Photo: uprisingradio.org

Time for civil disobedience
Blogpost by Kumi Naidoo

The tradition of civil disobedience is being reignited. The need is growing and the call to action is becoming impossible to ignore! Non-violent direct action can help re-establish a balance where our rights have been overtaken by the self interest of powerful economic elites, willing to sacrifice our children’s future for their short term gain and profit.

Peaceful acts of civil disobedience has been at the heart of many major struggles humanity has fought over the past several decades: the anti-apartheid struggle in South Africa, the Civil Rights movement in the US and Gandhi’s fight against British colonial rule in India, to mention just a few examples.

Imagine a world without civil disobedience and non-violent direct action. If that’s too abstract and difficult to imagine, try this: imagine a world where women still can’t vote, where racial segregation and institutionalised discrimination still rule, imagine brutal colonial dominance and extreme inequity and social injustice across the globe. And while in some places we have to look to the past to find such outrageous examples of injustice and inequality, let's not forget that there are still many places where such disturbing realities remain the norm to this day.

Actions do speak louder than words and actions are needed now more than ever given the threat that our planet is facing as a result of rampant environmental and social exploitation.

Civil disobedience and direct action are at the heart of what we do here at Greenpeace, part of our heritage and history, our destiny and mission. Civil disobedience does not require heroes – it only takes decent men and women to say ‘enough is enough’. While with Greenpeace, I have taken direct action in the freezing waters of the Arctic Ocean twice. I have climbed oilrigs representing the voice and concerns of millions of people saying that Arctic drilling is madness and must be stopped. I have even spent time in jail for this – but the fight is not over, and I will continue to support the Save the Arctic movement to stop Big Oil’s irresponsible ambitions. But this is about more than just stopping Big Oil; it’s about creating a world in which future generations can thrive, a world that is peaceful, just and equitable.

Civil disobedience seems to penetrate the consciousness of our political leaders much more than other methods. The public pressure that comes from civil disobedience can tilt public opinion and re-establish the balance between people power and the deep wallets of private companies sacrificing long-term environmental considerations for short-term profits. Political leaders can realise that they need to listen – if not because it’s the right thing to do, at least for fear of losing their mandates and positions.

A big thank you to all activists out there advancing the environmental cause, whether it’s fighting to bring justice to local communities in Nigeria suffering from Shell oil spills or stopping the Keystone XL pipeline in the US! Civil disobedience momentum is building – but much more is needed to avert catastrophic climate change and environmental destruction and degradation. Please join me and take action too!

Link: http://www.greenpeace.org/international/en/news/Blogs/makingwaves/living-for-a-cause/blog/45204/

Photo: Greenpeace

Sunday, May 26, 2013

Agriculture au Québec - à quand les vrais changements?


"La réplique › Politique de souveraineté alimentaire - Une campagne d’achat chez nous ne fait pas une politique agricole
Le gouvernement a complètement fait fi des recommandations du rapport Pronovost

23 mai 2013 | Roméo Bouchard - Saint-Germain-de-Kamouraska, Coordonnateur de la Coalition SOS-Pronovost et ex-président-fondateur de l’Union paysanne

Comme beaucoup d’autres, Josée Boileau, dans son éditorial sur la nouvelle Politique de souveraineté alimentaire, s’est laissé berner par le discours racoleur du gouvernement qui, pour une fois, semble avoir réussi à vendre sa salade. Le dossier agricole n’est visiblement pas familier à Mme Boileau et elle n’a visiblement pas lu, ou du moins compris, le rapport Pronovost.

Personne ne peut s’opposer à une présence accrue des aliments produits et transformés au Québec, surtout quand on se sert d’un concept popularisé par les petits agriculteurs paysans, comme celui de souveraineté alimentaire, pour vendre des aliments industriels à haute teneur en OGM et résidus de pesticides.

Mme Boileau croit sans doute sur parole le ministre Gendron quand il affirme sans sourciller que les agriculteurs du Québec ont réussi une prodigieuse révolution verte en agriculture, quand la part de l’agriculture biologique dépasse à peine 1 %, quand les cultures OGM nous envahissent, quand les ventes de pesticides et d’engrais chimiques ne cessent d’augmenter, quand la pollution des cours d’eau par les lisiers continue de plus belle, et cela, en dépit de réalisations agroenvironnementales positives ici et là.

Des voeux pieux

Mme Boileau, en tant qu’éditorialiste, devrait savoir qu’une politique agricole ne peut se limiter à une campagne d’achat chez nous qui ne dépasse pas les voeux pieux. On peut douter que les marges bénéficiaires des grandes chaînes d’alimentation et les budgets d’austérité des institutions publiques ne permettent une augmentation substantielle des achats d’aliments du Québec, encore faut-il qu’ils soient disponibles en quantité et aux conditions requises : le Québec n’est pas la Floride.

Le rapport Pronovost avait bien compris que la crise que vivent les agriculteurs ne pourrait se régler sans une réorientation majeure de notre agriculture impliquant des réformes structurelles, particulièrement en ce qui concerne le soutien financier, les plans conjoints de mise en marché, l’accès à la zone agricole, la représentation syndicale et la réglementation sanitaire et environnementale, pour permettre le développement d’une agriculture d’appellation et de proximité, une agriculture territoriale, multifonctionnelle, une vraie agriculture de souveraineté alimentaire, rentable au surplus. Rien, dans cette politique, ne va dans cette direction.

En réalité, au-delà du spectacle, la Politique de souveraineté alimentaire du gouvernement fait complètement fi des recommandations du rapport Pronovost, qu’a toujours refusé l’Union des producteurs agricoles parce qu’elles remettaient en question son contrôle absolu du secteur. Comme dans le cas des mines, de la forêt, de l’énergie, ce gouvernement vient de céder, malgré les apparences, au plus puissant lobby du secteur et de consacrer le statu quo. Du même coup, il fait fi de la vaste prise de conscience des 15 dernières années au Québec et dans le monde concernant une agriculture et une alimentation écologiques.

Les entreprises agricoles traditionnelles vont donc continuer à passer aux mains des grands investisseurs, et les agriculteurs écologiques et artisans vont continuer d’être marginalisés.

La table est mise, en effet… pour l’agrobusiness, et au menu, c’est de la tarte aux pommes !"

Lien: http://www.ledevoir.com/politique/quebec/378809/une-campagne-d-achat-chez-nous-ne-fait-pas-une-politique-agricole


The Quebec government of Mrs Marois says she is adopting new policies to our agricultural system and the way our food is put to market. Again, after consulting excessively with the public, and an elaborate report with multiple recommendations to make things better, our politicians use nice words but change basically...not much.

Here, I'm translating a letter to the editor written by a long time activist in the farming problems that plague my province.

Reply to comment on food sovereignty policies - a buy local campaign does not make a farming policy: the government completely ignores the recommendations of the Pronovost report.

Like a lot of other people, Josée Boileau, in her editorial about the new food sovereignty policy, left herself be seduced by the government discourse that seems to have convinced people, for once. The agricultural file is obviously not Mrs Boileau's forte and she obviously has not read, or at least not understood, the Pronovost report.

Nobody can be against more Quebec grown, produced and prepared food, especially when using a popular concept made popular thanks to small local farmers, "souveraineté alimentaire", food sovereignty, to sell industrial food high in GM content and pesticide residues.

Mrs Boileau seems to believe Minister Gendron when with a straight face says that Quebec farmers have realized a prodigious green revolution in agriculture, when organic farming barely occupies 1% of the market, when GMO crops have invaded us, when pesticides and chemical fertilizers sales keep rising, when watercourse pollution from waste slurry is worse than it ever was, despite some positive agricultural environmental breakthroughs here and there.

Wishful thinking

Mrs Boileau, as an editorialist, should know that an agricultural policy cannot limit itself with a buy local campaign, not much more than wishful thinking. We can suppose that food chain profits and public institutions budget cuts could increase substantially Quebec food products consumption, they would then have to be available in sufficient quantity and conditions required to do so: Quebec is not Florida.

The Pronovost report grasped pretty well the fact that the crisis among farmers could not be resolved without a drastic change of course of our agriculture, including structural reform, especially financial support, partnership plans marketing, access to agricultural zones, union representation and sanitary and environment regulation, in order to let an agricultural development of a designation and proximity agriculture, a territorial agriculture, multifunctional, real farming for food sovereignty, while being profitable. Nothing in this policy aims towards any of this.

Indeed, besides the good show, the "Politique de souveraineté alimentaire" (Policy for food sovereignty) of the government ignores completely the recommendations of the Pronovost report, report that the UPA (Union des Producteurs Agricoles - monopolistic farming syndicate) has always rejected because they questioned it's complete control of the business. As it did with mines, forests, energy, this government just yielded, despite appearances, to the most powerful lobby in the business and sanctioned the status quo. In the same breath, it ignored the vast awakening in Quebec and the world of the past 15 years for an environmentally friendly agriculture and food products.

Traditional farming enterprises must then continue to get bought out by big investors, and organic farmers and artisans will continue to be marginalized.

The table is set, indeed...for agribusiness, and on the menu, we're having apple pie!

Signed: Roméo Bouchard, Saint-Germain-de-Kamouraska, coordinator of the SOS-Pronovost Coalition and ex president and founder of Union paysanne.