Friends of the Richelieu. A river. A passion.



"Tout cedit pays est fort uny, remply de forests, vignes & noyers. Aucuns Chrestiens n'estoient encores parvenus jusques en cedit lieu, que nous, qui eusmes assez de peine à monter le riviere à la rame. " Samuel de Champlain


"All this region is very level and full of forests, vines and butternut trees. No Christian has ever visited this land and we had all the misery of the world trying to paddle the river upstream." Samuel de Champlain
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Thursday, September 5, 2013

Agriculture - quand les pratiques rendent les voisins malades


Je crois que l'usage des "canons" à purin ne sont plus utilisés au Québec. Ce sont plutôt les "rampes basses" qui sont plutôt utilisées pour faciliter la "cohabitation harmonieuse" à la campagne.
Photo: La Presse

Richelieu, le 19 mai 2000

Santé Québec
1200 McGill College
Montréal, Qué.
H3B 4J8

sujet: arrosage de terres agricoles avec le purin de porc et problèmes de santé

J'aimerais par la présente vous demander si il y a un rapport entre des symptômes physiques dont j'ai souffert au début du mois de mai avec l'arrosage de purin de porc dans mon voisinage. J'ai eu connaissance de deux arrosages de purin de porc su un terrain agricole derrière chez moi au début de mai, environ un arrosage par semaine. J'ai aussi souffert de nausées et de diarrhées liquides violentes pendant ces deux semaines.

Je vais essayer de vous expliquer les circonstances. Je travaille à temps partiel à Montréal, et quand je suis à la maison, je passe beaucoup de temps à l'extérieur dans mon jardin. C'est ainsi que je me suis rendue compte de deux arrosages au purin de porc dans un champs éloigné: je pouvais voir le grand cercle d'arrosage dans les airs, une fois vers le 1 ou 2 mai, la deuxième fois le 10 ou 11 mai. Je n'ai toutefois pas fait de connexion immédiatement avec mes nausées subséquentes et mes diarrhées liquides. J'ai essayé d'éliminer toute source suspecte dans mes habitudes: j'ai bouilli mon eau, changé ma diète, évité de me forcer de manger des aliments qui me répugnaient (surtout les viandes). Les odeurs de cuisson m’écœuraient souvent, et un jour sur trois je souffrais de violentes diarrhées. Curieusement, le lendemain, je me sentais souvent très bien. Les symptômes sont intermittents.

Mais voilà que je lis une étude du Docteur Steven Wing à l'Université de la Caroline du Nord à Chapel Hill qui a démontré que la dérive aérienne d'arrosage de purin peut rendre les voisins malades à l'estomac. Se pourrait-il que je sois victime? Ne sachant pas trop si je m'adresse au bon département gouvernemental, veuillez faire suivre ma lettre aux gens qui pourraient me répondre, ou qui suivent ce genre de problème.

Vous remerciant à l'avance, je suis,

Johanne Dion
Richelieu, Qc

Note personnelle: suite à l'implantation d'une porcherie d'une capacité de 5,800 bêtes à Richelieu depuis ce temps-là, mon vocabulaire "agricole" s'est beaucoup mieux étoffé. Vous comprendrez mon travail assidû à vouloir l'empêcher en lisant cette lettre que j'ai écrite il y a 13 ans maintenant. Bien sûr, je n'ai jamais reçu de réponse éclairante de la part de Santé Publique ou d'aucun autre ministère ou agence gouvernementale!


Sunday, August 25, 2013

Rivière Richelieu - Est-ce que COVABAR parle de la même rivière?


J'aimerais réagir au reportage publié dans le Journal de Chambly, l'édition du 21 août, dont l'entête affirmait: "Richelieu, une rivière en santé, dit le COVABAR". On y lisait au premier paragraphe: "De façon générale, la qualité de l'eau de la rivière Richelieu tend à s'améliorer. La population et les agriculteurs adoptent de plus en plus des comportements qui ont un effet bénéfique sur la rivière."

Ces nouvelles optimistes donnent en effet de l'espoir. Mais les informations fournies par le COVABAR me laissent sur ma faim. Combien d'agriculteurs ont amélioré leurs comportements, et de quelle façon? Est-ce que les bandes riveraines ont été élargies? Naturalisées? Et sur quelles distances? A-t-on installé des bassins de décantation? De filtration? Évite-t-on d'épandre avant les pluies annoncées?

Et on s'est bien gardé de parler de la sortie de Fondation Rivières* de l'an passé dont le communiqué de presse intitulé "Performance des systèmes d'épuration d'eaux usées - Nombreux débordements d'eaux usées au Richelieu" a eu des répercussions partout dans les journaux qui dénonçaient les débordements d'égouts le long du parcours de la rivière Richelieu dans les usines de traitement et les ouvrages de subverses. Depuis les 4 dernières années passées, on trouve parmi les coupables les installations à Lacolle, à Hemmingford, à Saint-Jean-sur-Richelieu, à Richelieu, à Beloeil, au Mont-Saint-Hilaire et Otterburn Park, entre autres.

Je suis une profane, mais j'ai des yeux pour voir la couleur de l'eau de la rivière Richelieu changer à chaque pluie digne de ce nom. Le phénomène est remarquable surtout le long de la rive est de la rivière, en amont du Bassin de Chambly, donc l'explication fournie par COVABAR voulant que les intrants polluants viennent surtout des rivières l'Acadie et des Hurons ne tient pas la route.

La qualité de l'eau de la rivière Richelieu va en s'améliorant? Bien tant mieux! Mais j'ajouterais qu'il y a encore beaucoup de travail à faire!

Johanne Dion
Administratrice au Conseil d'Administration de
Fondation Rivières
Richelieu, Qc

Lien pour télécharger le communiqué de presse de Fondation Rivières sur les débordements d'égouts: http://fondationrivieres.org/wordpress/uploads/2012/07/2012-07-18-COM-Rivi%C3%A8re-Richelieu-Rejets-eaux-us%C3%A9es.pdf

Un des nombreux reportages de l'an passé sur les débordements d'égouts: http://www.hebdosregionaux.ca/monteregie/2012/05/23/des-eaux-usees-directement-dans-la-riviere

L'article du Journal de Chambly publié le 21 août 2013 sur les déclarations de COVABAR: http://www.journaldechambly.com/2013/08/21/le-richelie-est-en-en-sante-selon-le-covabar

Le communiqué lui-même (cliquez sur l'image pour une meilleure définition):

Sunday, August 11, 2013

Agriculture - les monocultures sont un désert vert



"Un «désert vert»


David Riendeau
La Voix de l'Est

(Granby) La vente presque systématique de semences enrobées de pesticides de la classe néonicotinoïdes dans les monocultures sème l'inquiétude dans les cercles apicoles et environnementalistes (voir encadré).

La friction des semences à l'intérieur du semoir soulève des poussières nocives au cheptel de François Dubreuil. «Nous détectons des traces de ce produit dans le cadavre des abeilles depuis quelques années, soutient-il. Faut-il revoir sa méthode d'utilisation? Doit-on utiliser ces pesticides mur-à-mur? Je recherche une solution équitable pour tout le monde», s'interroge-t-il.

L'apiculteur Stephen Crawford de la ferme Les trois acres à Dunham est partisan d'un bannissement des néonicotinoides. «Malheureusement, je doute que cela se fasse. Les compagnies fabricantes ont un pouvoir énorme.»

Contexte défavorable

Le médecin vétérinaire Claude Boucher estime que le contexte agricole actuel n'est guère favorable à l'apiculture. «La majorité des colonies sont en milieu agricole où fait on fait usage de ce type de pesticides, ce qui n'a rien de bon pour les abeilles. Ajoutons à cela la raréfaction de la biodiversité, car elles ont besoin de fleurs pour vivre. Un champ de maïs à perte de vue est une sorte de désert»"



Lien: http://www.lapresse.ca/la-voix-de-lest/actualites/201308/09/01-4678707-un-desert-vert.php

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A green desert

I have often deplored our province's new way of doing farming: those endless GM corn and soy fields as far as the eye can see have nothing to do with ecosystem diversity and must be murder for the natural flora and fauna of our countryside. Well, at last, I am not alone in thinking so. Here's my translation of an article published in an important newspaper in farm country, no less!

The almost systematic selling of seeds covered with pesticides of the neonicotinoid class for monocultures is starting to worry beekeepers and environmentalists.

Friction inside the sowing machine raises dust that is toxic to François Dubreuil hives. "We detect traces of this product in the bodies of dead bees for the past few years, he says. Should we rethink our way of using these seeds? Should we be using these pesticides uniformly? I'm looking for a solution that would be fair for everybody", he wonders.

Beekeeper Stephen Crawford from the Les Trois Acres farm in Dunham is for banning all neonicotinoids. "Unfortunately, I doubt very much that this will happen. Makers of this product are extremely powerful."

Unfavorable context

Claude Boucher, veterinary by trade thinks that today's agricultural context is not very favorable towards beekeeping. "Most of the colonies in farming areas, this kind of pesticide is being used, which is not good for bees. Add to that problem lack of biodiversity, because bees need flowers to survive. A corn field as far as the eye can see is some kind of desert."

Friday, August 9, 2013

Agriculture - Pour l'UPA, la cohabitation est à sens unique



"Pour l’UPA, la cohabitation est à sens unique
7 août 2013 16h08 | Roméo Bouchard - Saint-Germain-de-Kamouraska

L’Union des producteurs agricoles (UPA) demande à Québec de retirer aux municipalités le pouvoir de réglementer les activités agricoles, rapportait Le Devoir dans son édition du samedi 3 août, et promet en retour d’assouplir son opposition au morcellement de certaines terres pour permettre à des petites productions de s’établir ; son président précise que si l’UPA ne veut pas voir d’habitations s’installer en campagne (on voit qui mène !), c’est justement parce que, une fois installés, les résidants se plaignent des activités agricoles et forcent les municipalités à les réglementer.

On croirait entendre les minières, les pétrolières et les gazières réclamer le maintien de leurs droits prioritaires sur tout le sous-sol québécois, où qu’il soit. Rarement l’UPA a-t-elle affiché aussi ouvertement son arrogance et son mépris pour les communautés où elle vit et dont elle a besoin pour vivre. Rarement a-t-il été aussi évident que l’agriculture industrielle est devenue étrangère et même hostile à son milieu et que l’UPA s’arroge tous les droits sur la zone agricole et l’agriculture du Québec.

La cohabitation entre la production agricole industrielle et les citoyens des campagnes fait problème depuis les années 1990. On se souvient de tous des conflits suscités par l’invasion des porcheries industrielles. La loi sur le droit de produire de 1996, adoptée sous la pression de l’UPA, avait considérablement restreint le pouvoir des municipalités de réglementer les activités agricoles précisément pour laisser le champ libre à l’industrie porcine, devenue le fer de lance des exportations agricoles du Québec. Les conflits de cohabitation et l’explosion des taux de phosphore dans les sols et les cours d’eau qui en ont résulté ont provoqué une crise sociale en campagne (rappelons-nous Bacon, le film), la fondation de l’Union paysanne, le moratoire et le BAPE générique sur l’industrie porcine, à la suite de quoi le gouvernement a été forcé de redonner aux municipalités un certain pouvoir d’encadrement des activités agricoles, lui-même très encadré et inachevé. Le scénario se reproduit présentement pour les mines et les forages.

Cohabitation dans les deux sens

Il serait absurde de revenir en arrière. L’UPA aurait dû comprendre depuis longtemps que la cohabitation va dans les deux sens et que l’acceptation sociale est un droit démocratique. Les agriculteurs ne forment même plus 5 % de la population dans les villages qu’on disait agricoles. Plus de la moitié des terres ne sont plus cultivées comme elles le pourraient. Si ces communautés arrivent à maintenir tant bien que mal leurs services, leur économie et leur dynamisme, c’est largement grâce à tous les néoruraux qui y apportent une diversification indispensable.

Pendant ce temps, les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement ont autorisé le développement de pratiques agricoles industrielles qui contaminent et déséquilibrent les milieux de vie de tous les citoyens des campagnes : gestion liquide des fumiers, épandage de boues sceptiques et papetières, utilisation massive des pesticides, des OGM et des produits pharmaceutiques, élevages hors sol et monocultures invasives qui déséquilibrent et endommagent l’environnement et les milieux de vie. Le règlement adopté par la municipalité de Sainte-Séraphine pour limiter l’industrie de la canneberge sur son territoire en témoigne, même s’il sera vraisemblablement jugé non conforme.

Si les campagnards doivent accepter de cohabiter avec l’agriculture, les agriculteurs doivent aussi accepter de cohabiter avec leur communauté, et c’est aux dirigeants municipaux et nationaux, et non à l’UPA, qu’il revient d’agir comme arbitre, en tenant compte des besoins de tous les citoyens.

La zone agricole doit cesser d’être confisquée par quelques mégaproductions dans les régions où les terres et les étables abandonnées se multiplient et les villages se vident et se dévitalisent, et où des dizaines de jeunes et de néoruraux voudraient pouvoir développer des productions et des ateliers de proximité et de qualité. Ce n’est pas non plus aux citoyens de payer pour la restauration des sites (bandes riveraines, rivières, puits) que les agriculteurs ont eux-mêmes détruits par excès de productivisme.

Si la souveraineté alimentaire a un sens, l’UPA et nos ministres - qui se comportent trop souvent comme son valet - devraient peut-être se demander si ce sont les citoyens qui sont de trop en campagne, ou si ce n’est pas plutôt une certaine agriculture industrielle qui fait le désert autour d’elle et n’a plus aucun lien avec son milieu. Et pour ce faire, ils n’ont pas à chercher bien loin : le rapport Pronovost, qu’ils ont mis sur les tablettes, propose, sur ce point comme pour le reste, une série de recommandations sages et facilement applicables pour revitaliser l’agriculture et les campagnes.

Roméo Bouchard - Saint-Germain-de-Kamouraska"

Lien:
http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/384607/pour-l-upa-la-cohabitation-est-a-sens-unique


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Here's my translation of a very good opinion piece written by a long time activist for humane and human friendly farming. For your information, the UPA is a monopolistic farmer's syndicate in Quebec, and a lot of people would agree with me when I say that they represent mostly the integrators and big agribusiness, and practically run the province and dictate all laws that oversee anything having anything to do with farming, from water protection laws to raising a few chickens and selling one's eggs to your neighbors.

For the UPA, cohabitation is a one way street.

The UPA is asking Quebec to remove municipalities' powers of regulating all farming activities we could read in the newspaper Le Devoir in Saturday's August 3 2013 edition, and promises in return to relax it's opposition to the parcelling out of some land to let small productions start out; it's president explains that if the UPA does not want to see houses being build in the country (look who's the boss!), its because once they move in, homeowners complain about farming activities and force municipalities to regulate them.

It's what the mining, oil and gas industries wanting to keep their priority rights on the whole of underground of Quebec, no matter where. Rarely does the UPA show so openly it's arrogance and it's contempt for communities where it lives and from which it depends to survive. Rarely has it been so obvious to see industrial agriculture becoming a stranger, and even being hostile to its milieu, and to see the UPA arrogate all rights over farming regions and agriculture in Quebec.

Cohabitation between industrial agriculture production and citizens in the country is a problem since the 1990s. Just recall all the conflicts provoked by the invasion of industrial pig farms (CAFOs). The law of the right to produce of 1996, voted in under UPA's pressure, had considerably restrained municipalities' powers over agricultural activities, precisely to leave all liberties to the pork industry, the basis of agriculture exports for the province. Conflicts in cohabitation and the explosion of phosphorus in the soil and watercourses that came after that provoked a social crisis in the countryside (remember "Bacon, The Film), the forming of the Union Paysanne, the moratorium and an extensive provincial environmental public hearing about the pork industry, after which the government was forced to give back some very limited and undefined powers of oversight of agricultural activities. The scenario is repeated again in the mining and drilling files right now.

Cohabitation goes both ways

It would be absurd to go back in time. The UPA should have understood a long time ago that cohabitation goes both ways and social acceptability is a democratic right. The farmers are but barely 5% of the population in the villages qualified as agricultural. More than half of farmland is no longer cultivated like it could be. If these communities manage to maintain as best they can their services, their economy and their dynamism, it's mostly thanks to the newly established rural citizens that bring in an indispensable diversification.

Meanwhile, the Environment and Agriculture Ministries have authorized the development of industrial agricultural practices that contaminate and unbalance the ecosystems of all the citizens living in the country: liquid management of manure, spreading of sceptic tank and paper mill slurry, aggressive use of pesticides, GMOs and pharmaceuticals, soiless animal raising and invasive monocultures that throw off balance and harm the environment and living ecosystems. The bylaw adopted by the Sainte-Séraphine municipality to limit the cranberry industry in it's territory is a good example, even if it will probably be judged as not complying to existing norms.

If country folks must accept to cohabit with agriculture, farmers must also accept to cohabit with their community, and it's up to the municipal and national elected officials, and not up to the UPA, that must act as referee, keeping into account the needs of all citizens.

The agricultural zone must cease to fall under the control of mega-productions in regions where the abandoned land and stables get more and more numerous and where villages are emptying themselves, and where dozens of young people and newly established rural residents could want to develop neighborhood quality productions and workshops. And it's not up to citizens either to restore ruined sites (buffer strips, rivers, wells) that farmers themselves have destroyed in their frenzied productivism.

If food sovereignty has any sense at all, the UPA and our ministers, that too often act as their bond-servant, should maybe ask themselves if the citizens are the unwanted in the countryside, or rather a certain kind of industrialized agribusiness that empties the neighboring countryside and no longer has any links with the region they invade. And to do so, they don't have to look very far: the Pronovost report, that was pushed aside to be forgotten, proposes a series of recommendations about this question, like for the rest, that are wise and easily put into practice to revitalize farming and rural Quebec.

Signed: Roméo Bouchard, Saint-Germain-de-Kamouraska

Sunday, July 28, 2013

France - Les Cours d'eau mal en point


93% des cours d’eau français contaminés par les pesticides
La contamination des cours d’eau en France par les pesticides est « quasi généralisée », indique le Commissariat général au Développement durable dans une note datée du 22 juillet.

Lien pour télécharger le rapport: http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/indicateurs-indices/f/1831/1902/pesticides-eaux-douces.html

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The French Commission on Sustainable Development survey shows that 93% of the French river contaminated by pesticides, especially in the Paris Basin, southwest France and northern vineyards of the major farming areas and the most polluted waters. Of which 35% of the water has been identified as “unsuitable for human use.”

Saturday, July 27, 2013

Agriculture - Les herbicides et les suicides chez les agriculteurs

Voici ma traduction libre d'un reportage sur une étude qui s'est déroulé en France mais dont je n'ai pas pu, curieusement, trouvé l'équivalent en français! C'est pourtant très important comme trouvaille, parce qu'en France, comme au Québec, on déplore souvent l'état mental des agriculteurs et le taux élevé de suicides chez ceux-ci. Cette étude démontrerait que les pesticides en seraient la cause.

Les herbicides liés à la dépression chez les fermiers.

Les fermiers qui se servent d'herbicides ont 2 fois plus de chance de se faire suivre pour une dépression que les fermiers qui s'en passent selon une nouvelle étude faite en France.

Ce n'est pas clair si les herbicides sont la cause de la dépression selon Marc Weisskopf, le principal auteur de l'étude et professeur associé de l'institution Harvard School of Public Health. "Mais les résultats nous laissent penser que nous ne devrions pas oublier les herbicides seulement parce qu'ils visent que les plantes."

La recherche précédente sur la dépression et les pesticides s'était concentré sur les insecticides, surtout les organophosphates, reconnus pour être toxiques pour les cellules nerveuses, selon Weisskopf.

Monocrotophos, l'insecticide qui a tué 23 écoliers en Inde ce mois-ci, est un organophosphate, par exemple.

L'usage de pesticides a aussi été lié à la maladie de Parkinson parmi les fermiers.

Ayant travaillé sur l'étude de Parkinson, Weisskopf et ses collègues ont évalué les risques de dépression en s'exposant à toutes les sortes de pesticides en faisant des sondages auprès de 567 fermiers français sur leur usage de fongicides, d'insecticides et des herbicides.

L'équipe a fait des visites à domicile pour évaluer en détails les expositions aux produits chimiques, en regardant les achats de pesticides, passant au travers des calendriers de la ferme et en faisant l'inspection des vieux contenants de pesticides.

Ils ont aussi demandé aux fermiers si ils avaient été suivi pour la dépression.

Le groupe de Weisskopf a rapporté dans la revue scientifique American Journal of Epidemiology que 83 fermiers, soit environ 15%, ont dit qu'ils avaient été soigné pour la dépression. Quarante-sept d'entre eux n'avaient jamais utilisé de pesticides, tandis que 36 en épandaient.

Parmi les fermiers sans la maladie de Parkinson, 37 n'avaient jamais utilisés d'herbicides et 20 avaient utilisés des herbicides avaient été suivis pour une dépression.

Il n'y avait pas de différence de risque d'avoir une dépression parmi les fermiers qui avaient utilisés des fongicides ou des insecticides, à comparé avec ceux qui n'avaient pas utilisés aucun pesticide.

Mais quand les chercheurs ont pris en ligne de compte les facteurs liés à la dépression, comme l'âge et le tabagisme, ils ont déterminé que les fermiers exposés aux herbicides étaient presque 2 fois et demi plus susceptibles d'avoir une dépression.

De plus, les fermiers qui étaient le plus exposés, soit en nombre d'heures ou plus longtemps au cours des années à utiliser des herbicides, ils avaient une plus grande chance de souffrir de dépression que les fermiers qui avaient utilisé moins d'herbicides.

Ce genre de relation entre la dose et la réaction est habituellement considérée comme appuyant un lien, dans ce cas-ci, un lien entre le produit chimique et la dépression. Mais ce genre d'étude ne peut pas faire la preuve de la cause à effet.

Une possibilité qu'on n'a pas éliminé était que les fermiers qui avaient été exposés pourraient avoir souffert d'autres problèmes qui affecteraient leur capacité de travailler, ce qui pourraient les rendre vulnérable à la dépression.

"La santé du fermier est critique. Si ils ne peuvent pas travailler, ils deviennent déprimés," dit Cheryl Beseler, une chercheuse du Colorado State University, qui n'étaient pas impliquée dans cette étude.

Elle dit qu'à part çà, l'étude a très bien été faite en ce qui a trait à colliger de l'information sur l'usage passée de pesticides des fermiers.

Les résultats ne s'appliquent pas au jardinier moyen, bien que Weisskopf dit que ce serait précieux pour mieux comprendre la sécurité des herbicides dans un contexte de ferme et résidentiel.

"C'est très important vu leur usage autour de la maison," dit-il.

Beseler est d'accord avec çà.

"Je pense que les gens tendent à ne pas prendre les dangers que représentent les pesticides très au sérieux quand ils jardinent," elle a dit à Reuters section santé.

Weisskopf dit qu'une explication de ce qu'il a trouvé est que les insecticides et les autres pesticides n'étaient pas liés à la dépression est que les fermiers pourraient être au courant de leurs risques potentiels et prennent davantage soin pour ne pas y être exposés.

Une autre possibilité, c'est que les produits chimiques ne causent tout simplement pas la dépression.

Il dit qu'on a besoin de plus de recherche pour déterminer la sécurité des herbicides, et entre-temps, ce serait sage pour les fermiers et ceux qui jardinent d'être tout aussi vigilants pour se protéger, comme avec tous les autres produits chimiques.

"Si les herbicides sont perçus en général comme étant plus sécuritaire et les gens prennent moins de précautions parce qu'ils pensent qu'ils ne sont pas aussi nocifs, alors çà, c'est un problème." dit-il à Reuters.

"Cette étude doit être perçue comme une modeste première étude. Il y a plus de travail à faire, mais elle soulève des préoccupations que l'ont doit étudier de plus près." di Weisskopf.


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Weedkillers tied to depression in farmers

By Kerry Grens

NEW YORK | Fri Jul 26, 2013 3:30pm EDT

(Reuters Health) - Farmers who used weedkillers were more than twice as likely to be treated for depression than farmers who didn't use the chemicals in a new study from France.

Whether the weedkillers are causing depression "is not clear," said Marc Weisskopf, the study's lead author and an associate professor at the Harvard School of Public Health. "But (the result) suggests we should not be ignoring herbicides just because they're targeting plants."

Earlier research on depression and pesticides has focused on insecticides, particularly organophosphates, which are known to be toxic to nerve cells, said Weisskopf.

Monocrotophos, the insecticide that killed 23 school children in India this month, is an organophosphate, for example.

The use of pesticides has also been linked to Parkinson's disease among farmers.

As part of a study on Parkinson's disease, Weisskopf and his colleagues assessed the risks for depression with exposure to any kind of pesticide by surveying 567 French farmers about their use of fungicides, insecticides and herbicides.

The team conducted home visits to get a detailed assessment of chemical exposures, including going over bills for pesticide purchases, looking through farming calendars and inspecting old pesticide containers.

They also asked the farmers whether they had ever been treated for depression.

Weisskopf's group reports in the American Journal of Epidemiology that 83 farmers, about 15 percent, said they had been treated for depression. Forty-seven of them had never used pesticides, while 36 had.

Among the farmers without Parkinson's disease, 37 who had never used herbicides and 20 who had used the weedkillers reported being treated for depression.

There was no difference in the risk of having depression among the farmers who had used fungicides or insecticides, compared to those who hadn't used any pesticide.

But when the researchers took into account factors linked with depression, such as age and cigarette smoking, they determined that those farmers exposed to weedkillers were nearly two and a half times as likely to have had depression.

Furthermore, farmers who had greater exposure - either more hours or longer years using herbicides - also had a greater chance of having depression than farmers who had used weedkillers less.

That kind of dose-response relationship is usually thought to support a connection - in this case, between the chemicals and depression. But this type of study cannot prove cause and effect.

One possibility that wasn't ruled out is that the exposed farmers might have had other health conditions that affected their ability to work, which in turn made them vulnerable to depression.

"The health of the farmer is critical. If they can't work, they get depressed," said Cheryl Beseler, a researcher at Colorado State University, who was not involved in this study.

She said the study was otherwise very well done in terms of collecting information about the farmers' past pesticide use.

The results do not apply to the average gardener, although Weisskopf said it will be valuable to better understand herbicides' safety in farming and non-farming settings.

"It's very important given their widespread use around the home," he said.

Beseler agreed.

"I think people tend to not take (the risks of pesticides) seriously when they're gardeners," she told Reuters Health.

Weisskopf said one explanation for his finding that insecticides and other pesticides were not tied to depression is that farmers might be aware of their potential hazards and they take greater precautions to avoid being exposed.

Another possibility is that the chemicals simply don't cause depression.

He said that more research is needed to determine the safety of herbicides, and meanwhile it would be wise for farmers and gardeners to be just as diligent about protecting themselves as they are with other chemicals.

"If (herbicides) are considered in general safer and people take less precautions because people think they're not as bad, then that poses a problem," he told Reuters Health.

"This still has to be considered a relatively first, small study. There's more work to do, but it raises concerns that need to be looked into more fully," Weisskopf said.

SOURCE: bit.ly/1dXuiro American Journal of Epidemiology, online July 12, 2013.

Link: http://www.reuters.com/article/2013/07/26/us-weedkillers-idUSBRE96P0ZJ20130726

Sunday, July 14, 2013

Richelieu - puits d'eau potable contaminés

Cette photo a été prise à Richelieu, et on voit un champs agricole où l'on épand du purin de bovins ou de porcs, et de l'autre côté de la haie de cèdres se trouve des résidences avec des enfants, et des petits-enfants, des jardins potagers et des piscines. Notez l'absence presque complète de bandes riveraines le long du fossé agricole. À certains endroits, le soc de la charrue a même descendu dedans.

"Nouveau développement Notre-Dame-de-bon-secours
Au moins 25 % des puits contaminés"

clame l'entête du Journal de Chambly (lien: http://www.journaldechambly.com/2013/07/12/au-moins-25--des-puits-contamines).

"La firme Laforest Nova Aqua a testé plusieurs puits dans le secteur du nouveau développement Notre-Dame-de-bon-secours. Sur les 30 puits testés, 25 se sont avérés problématiques. On recommande aux citoyens de ce quartier de faire bouillir leur eau au moins une minute.

En octobre dernier, on apprenait la présence de puits contaminés dans ce secteur de Richelieu. Environ 140 domiciles, situés pour la plupart sur les rues Théberge et Michel Viger, sont concernés.

Afin de remédier à la situation, on envisageait de prolonger l’aqueduc dans le quartier. La Ville avait alors entrepris des démarches auprès du ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire (MAMROT) pour l’obtention de subventions. ...

Pour être admissible à la subvention gouvernementale, il faut démontrer que 25 % des maisons du quartier ont leur puits contaminé. Les tests effectués au cours des semaines passées ont permis d’atteindre ce chiffre. À ce jour, on a identifié 39 puits problématiques. "

Mais pas un mot sur l'agent de contamination (des coliformes fécaux).

Ni d'efforts de la part de la municipalité, ni de Santé Publique, ni du Ministère de l'Environnement pour savoir d'où provient cette contamination.

On pense tout de suite à faire entrer l'aqueduc (contrat pour les firmes de génie conseil, domaine de la construction et industrie du béton), et ce payé à moitié par des subventions provinciales, donc un projet financé à 50% par les contribuables de toute la province du Québec.

Pourtant, d'après moi, ce qui contamine l'eau souterraine à Richelieu, c'est probablement aussi la principale source de pollution diffuse de la rivière Richelieu, source d'eau pour desservir l'aqueduc municipal de Richelieu: des mauvaises pratiques agricoles.

On tourne en rond, on court après sa queue: pelleter de l'argent pour contourner le problème de pollution plutôt que d'y faire face de front. C'est ce que je constate depuis presque 30 ans. Les choses ont très peu changées au niveau municipal, de la MRC et de la province en 30 ans.

C'est désolant. Et personne ne se pose les vraies questions. Même pas les journalistes locaux. Encore moins les résidents. Qui veut savoir quelle merde se retrouve dans son eau de puits? Et pourquoi? Des questions de base, il me semble.

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"The company Laforest Nova Aqua tested many wells in this sector of a new development of Notre-Dame-de-bon-secours (new housing zone in Richelieu, my hometown). Of the 30 wells tested, 25 have problems. It is recommended that the citizens of this area boil their water for at least one minute.

Last October, we learned of these contaminated wells in this sector of Richelieu. About 140 homes, most of them on Théberge and Michel Viger Streets, are involved.

To remediate to this situation, it was planned to extend municipal aqueduct in this neighborhood. Back then, the town had approached the Ministry of Municipal Affairs of Quebec to get funding subsidies. ...

To be admited to receive govenment subsidies, it has to be proven that 25% of the neighborhood homes have contaminated wells. Tests made during the past few weeks have been able to meet this criteria. To this day, 39 wells have been identified with problems."

Not one word in this article published in my local newspaper mentions the product that is contaminating those wells (fecal coliform).

No mention of any effort from the municipality, from the Health Ministry, nor from Environment, to try to find the cause of this contamination, or it's source.

Right away, the solution to the problem is to bring in municipal aqueduct that would bring in Richelieu River treated water. That means contracts for consulting engineering firms, construction companies and the cement industry. Half of this would be paid by provincial subsidies: so that's a local project 50% paid by every citizen in Quebec.

Even though, as far as I'm concerned, what is contaminating groundwater under Richelieu the town is probably the same source of contamination that is the main non-point pollution source of the Richelieu River: bad agriculture practices.

We're turning around in circles, running after our own tail: throwing money at anything but what would solve many problems in the first place. Anything but face the hard facts. That is what I've seen for the past 30 years. Things have changed very little at every level: municipal, regional, provincial, in 30 years.

It's so disheartening. Nobody dares to ask the real questions. Not even the local journalists. And even less so the locals. Who wants to know whose or what's shit is in the drinking water well? And why does it end up there? Very basic, simple questions, I think.

Wednesday, June 12, 2013

Agriculture - les OGM rendent les porcs malades

Photo: Christian Charisius, Reuters

Voici ma traduction libre d'un récent reportage portant sur une autre étude qui démontre que manger des OGM, çà rend malade.

Des scientifiques disent qu'une nouvelle étude scientifique démontre que la santé des porcs est endommagée par la moulée OGM.

Des cochons qui ne mangent que de la moulée faite avec des grains génétiquement modifiés souffraient davantage d'inflammations de l'estomac que les cochons qui étaient nourris avec de la moulée conventionnelle, selon une nouvelle étude menée par une équipe de scientifiques australiens et de chercheurs américains.

L'étude continue d'ajouter au débat grandissant chez le publique qui se préoccupe des récoltes génétiquement modifiées, récoltes vastement cultivées aux É.-U. et dans des fermes de l'Amérique latine, ainsi que beaucoup d'autres pays partout sur la planète.

L'étude a été publiée dans l'édition de juin de la revue scientifique révisée par les pairs Journal of Organic Systems, rédigée par des chercheurs en Australie qui ont travaillé avec 2 vétérinaires et un fermier de l'Iowa afin d'étudier des porcs aux É.-U.

Le chercheur en chef Judy Carman est une épidémiologiste et biochimiste en plus d'être directrice de l'institut Institute of Health and Environmental Research à Adelaide, en Australie.

L'étude s'est tenue pendant plus de 22,7 semaines auprès de 168 porcelets tout récemment sevrés dans une porcherie commerciale des É.-U.

Un groupe de 84 a reçu de la moulée faite d'un mélange de soya et de maïs génétiquement modifiés, et l'autre groupe de 84 porcelets a reçu de la moulée équivalente, mais non génétiquement modifiée. La moulée de maïs-grain et de soya venait de fournisseurs commerciaux, selon l'étude, et les porcelets ont été engraissés suivant les mêmes conditions d'élevage. Les porcs ont ensuite été abattus environ 5 mois plus tard et des vétérinaires en ont fait l'autopsie qui ne savaient pas quels porcs avaient reçu la moulée GM
et quels porcs étaient du groupe de contrôle.

Les chercheurs ont dit qu'il n'y avait pas de différence entre les porcs nourris aux OGM et les autres pour ce qui est de la quantité de moulée consommée, la prise de poids, la mortalité précoce, et dans les tests de biochimie effectués de routine sur leur sang.

Mais les porcs qui étaient sur la diète des OGM avaient un taux plus élevé d'inflammations graves de l'estomac: 32% des porcs nourris aux OGM en souffraient à comparé à 12% des porcs nourris normalement. Les inflammations étaient plus graves chez les porcs mâles nourris aux OGM à comparer avec les mâles nourris sans OGM d'un facteur de 4,0, et les femelles nourries aux OGM, comparées aux femelles nourries sans OGM d'un facteur de 2,2. Aussi, les cochons nourris aux OGM avaient des utérus 25% plus pesants que les cochons sans OGM, selon l'étude.

Les chercheurs disent que des études à long terme sur la nourriture des animaux devraient être faites.

Les graines issues de la biotechnologie sont modifiées génétiquement afin de faire pousser des planes qui tolèrent des épandages d'herbicides et mieux résister aux attaques des insectes nuisibles, facilitant ainsi le travail des fermiers qui cultivent ces récoltes. Certaines critiques avancent depuis des années que les changements à l'ADN fait aux plantes transgéniques créent de nouvelles protéines qui peuvent causer des problèmes de digestion chez les animaux, et possiblement chez les humains également.

Les compagnies qui développent ces récoltes transgéniques en se servant de l'ADN venant de d'autres bactéries et d'autres espèces vivantes affirment que ces récoltes se sont avérées sécuritaires à l'usage depuis 1996.

CropLife International, une fédération globale qui représente l'industrie de la science des plantes, dit que plus de 150 études scientifiques ont été faites sur les animaux nourris avec des récoltes venant de la technologie de la vie et que jusqu'à date, il n'y a pas de preuves scientifiques qu'il y a des impacts négatifs.

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"Scientists say new study shows pig health hurt by GMO feed

Reuters) - Pigs fed a diet of only genetically modified grain showed markedly higher stomach inflammation than pigs who dined on conventional feed, according to a new study by a team of Australian scientists and U.S. researchers.

The study adds to an intensifying public debate over the impact of genetically modified crops, which are widely used by U.S. and Latin American farmers and in many other countries around the world.

The study was published in the June issue of the peer-reviewed Journal of Organic Systems by researchers from Australia who worked with two veterinarians and a farmer in Iowa to study the U.S. pigs.

Lead researcher Judy Carman is an epidemiologist and biochemist and director of the Institute of Health and Environmental Research in Adelaide, Australia.

The study was conducted over 22.7 weeks using 168 newly weaned pigs in a commercial U.S. piggery.

One group of 84 ate a diet that incorporated genetically modified (GM) soy and corn, and the other group of 84 pigs ate an equivalent non-GM diet. The corn and soy feed was obtained from commercial suppliers, the study said, and the pigs were reared under identical housing and feeding conditions. The pigs were then slaughtered roughly five months later and autopsied by veterinarians who were not informed which pigs were fed on the GM diet and which were from the control group.

Researchers said there were no differences seen between pigs fed the GM and non-GM diets for feed intake, weight gain, mortality, and routine blood biochemistry measurements.

But those pigs that ate the GM diet had a higher rate of severe stomach inflammation - 32 percent of GM-fed pigs compared to 12 percent of non-GM-fed pigs. The inflammation was worse in GM-fed males compared to non-GM fed males by a factor of 4.0, and GM-fed females compared to non-GM-fed females by a factor of 2.2. As well, GM-fed pigs had uteri that were 25 percent heavier than non-GM fed pigs, the study said.

The researchers said more long-term animal feeding studies need to be done.

Biotech seeds are genetically altered to grow into plants that tolerate treatments of herbicide and resist pests, making producing crops easier for farmers. Some critics have argued for years that the DNA changes made to the transgenic plants engineer novel proteins that can be causing the digestive problems in animals and possibly in humans.

The companies that develop these transgenic crops, using DNA from other bacteria and other species, assert they are more than proven safe over their use since 1996.

CropLife International, a global federation representing the plant science industry, said more than 150 scientific studies have been done on animals fed biotech crops and to date, there is no scientific evidence of any detrimental impact.

(Reporting By Carey Gillam; Editing by Cynthia Osterman)"

Link: http://www.reuters.com/article/2013/06/11/us-gmo-pigs-study-idUSBRE95A14K20130611

Tuesday, June 4, 2013

Les puits d'eau potable contaminés de Richelieu


Cela fait plusieurs années, on a entendu parlé que des puits d'eau potable à Richelieu, ma ville natale, étaient contaminés. Cela se trouvait dans un secteur nouvellement développé de la municipalité, avec des maisons neuves et des puits privés nouvellement creusés. On pourrait donc s'attendre à ce qu'on avait affaire avec des puits artésiens. On tentait de garder l'affaire tranquille: pas moyen de savoir la nature de la contamination ni la source. Le problème était d'autant plus épineux que le maire, élu en 2005 grâce à la controverse du projet de porcherie, avait sa résidence dans ce secteur. Quel est le lien, vous demandez-vous? Hé bien! Un ruisseau qui draine des terres agricoles généreusement arrosées de purin traverse le développement domiciliaires dont chaque maison possède sa fosse sceptique. Toutes les installations sanitaires étant nouvellement construites, il était normal de penser que la contamination venait des terres agricoles en amont, malgré les protestations de l'un des conseillers durant les séances du conseil suite à mes questions sur le sujet. Mais si personne ne cherche la cause du problème, c'est du ni vu, ni connu!

L'an passé, suite à des tests de qualité de l'eau de certains de ces puits qui confirmaient sans aucun doute que la contamination était des coliformes fécaux, et de l'E. coli en plus, le maire a plié aux pressions et a dû rendre la nouvelle publique. Sa solution était de faire entrer l'aqueduc et les sanitaires dans cette section de la ville plutôt que remédier au problème de contamination une fois la ou les sources du problème identifiées. (voir mon entrée de blog ici: http://lesamisdurichelieu.blogspot.ca/2012/10/richelieu-et-ses-puits-contamines-le.html ) Suite aux pressions de citoyens qui se rebellent à chaque dépense municipale additionnelle, le projet était conditionnel à des subventions gouvernementales. Le hic, c'est que l'usine d'épuration et les stations de pompages de la ville fonctionnent déjà à pleine capacité, ainsi que l'usine de filtration qui fournit l'eau potable. Obtenir des subventions dans ces conditions n'est pas facile.

Suite à ce que j'ai entendu hier soir à la séance régulière du conseil de ville de Richelieu, je peux donc conclure que cette démarche pour obtenir des subventions ne s'avère pas très prometteuse après un échange avec un certain Aubin du MAMROT. Le maire va donc inviter les résidents du secteur de Richelieu qui sont susceptibles d'avoir des puits d'eau potable contaminés par écrit, invitation livrée par la poste, pour participer à une rencontre d'information avec un hydrogéologue et entendre une proposition de la firme Laforest Nova Aqua , firme qui précise: "Que vos besoins concernent l’alimentation en eau potable de votre municipalité ou de votre entreprise, l’entretien ou le suivi d’installations de captage d’eau souterraine ou la réalisation d’études environnementales, l’équipe de LNA inc. saura vous conseiller sur les différentes solutions existantes et vous aidera à naviguer à travers les règlements et vous guidera dans les programmes de subvention gouvernementaux."

C'est donc un dossier à suivre, mais long et pénible pour plusieurs résidents qui doivent donc continuer à vivre avec un puits d'eau potable empoisonné dont la source de contamination reste toujours indéterminée.

Wednesday, May 29, 2013

Une «politique» agricole pour l'UPA


Texte de Michel R. Saint-Pierre

L'auteur a été sous-ministre de l'Agriculture, des pêcheries et de l'alimentation de 1994 à 1998 et est l'auteur du Rapport Saint-Pierre sur les programmes de soutien à l'agriculture.

"Une "politique" agricole pour l'UPA

Soyons clair dès le départ: ladite politique de souveraineté alimentaire rendue publique la semaine dernière par le ministre François Gendron n'est pas une politique et n'en a aucunement les caractéristiques essentielles.

Cet exercice aux allures sympathiques pour le non-initié, ne fera que maintenir le statu quo. L'agriculture du Québec continuera d'être au bord de la crise et les contribuables de la supporter financièrement comme nulle part ailleurs en Amérique du Nord.

Une véritable politique procède d'une analyse rigoureuse de la situation suivie d'objectifs d'amélioration et de moyens pour les atteindre.

Or cette annonce se situe quelque part entre une campagne de publicité de produits agricoles québécois (du même ordre que celle de 2008 Mettez le Québec dans votre assiette) et un ensemble de mesures visant des objectifs assez disparates comme empêcher nos terres d'être achetées par des étrangers, ce qui n'a jamais été qu'un phénomène marginal, et aider la relève à acquérir la ferme de leurs parents alors qu'ils sont déjà les mieux soutenus dans le monde à cet égard.

Une vraie politique s'attaquerait aux vrais problèmes, et ils sont connus. La commission Pronovost, dans un rapport exhaustif rendu public en février 2008, a largement fait le tour de la question après avoir entendu 762 témoignages et reçu 720 mémoires sur la question dans une tournée du Québec qui a duré près de deux ans.

En résumé, le constat est le suivant: notre agriculture, bien que mieux soutenue financièrement par les deniers publics que toute autre en Amérique du Nord, est plus endettée, moins efficace et extrêmement fragile face à tout changement dans son environnement, que l'on parle d'accords commerciaux, de taux d'intérêt ou de programmes de soutien.

Bien sûr, notre agriculture compte aussi de très bons producteurs dans tous les secteurs. Des agriculteurs bons gestionnaires, peu endettés et dont le niveau technique les classe parmi l'élite mondiale. Mais on parle peu de ceux-ci car d'une part, ils ne se plaignent pas et d'autre part, leurs performances ne font que mettre en relief l'énorme écart qu'ils ont creusé avec le reste du peloton.

Mais alors, pourquoi l'UPA a-t-elle célébré cette soi-disant politique alors que pour tous les autres intervenants concernés la réaction a été soit mitigée, soit tiède ou même négative?

C'est tout simplement que cette annonce, en se présentant comme une politique, évite soigneusement d'aborder les vrais problèmes de l'agriculture québécoise dont fait partie l'UPA par son contrôle lourd et peu innovant de la mise en marché, par son refus historique de faire évoluer les programmes gouvernementaux et par son monopole sur la pensée collective en agriculture.

En présentant cet ensemble de mesures sympathiques pour le grand public comme une politique avec un grand P, l'UPA est certaine qu'il n'y en aura pas d'autres à moyen terme et que sa position monopolistique ne sera pas menacée avant longtemps. C'est son objectif premier, on l'a vu lors de la sortie du rapport Pronovost.

Quant à l'agriculture québécoise et encore davantage celle des régions moins favorisées, nous pouvons être certains que dans ces conditions, elle demeurera fragile et continuera de reposer en bonne partie pour sa survie sur le soutien permanent de l'État. Bref, elle restera la grande perdante."

Lien: http://www.lapresse.ca/debats/votre-opinion/201305/23/01-4653786-une-politique-agricole-pour-lupa.php


An agricultural "policy" for the UPA

My translation of a comment signed by Michel R. Saint-Pierre. He was Agriculture, fisheries and nutrition Deputy Minister from 1994 to 1998, and author of the Saint-Pierre report on the funding programs to agriculture.

Personal note: UPA stands for Union des Producteurs Agricoles, a monopolistic farmers' union with mafia-like tactics and seemingly unfettered influence within the government circles. Thanks to the UPA, endless subsidies, financial incentives and tax exemptions promote the industrialization of farming, starving out the organic, innovative and community farming.

An agricultural "policy" made for the UPA

Let's be clear about this from the upstart: this so-called food sovereignty policy revealed to the public last week by Minister François Gendron is not a policy and does not have it's essential characteristics.

The friendly appearance of this exercise to the non-initiated only, it will but maintain status quo. Farming in Quebec will continue to be on the verge of a crisis and taxpayers will continue to support it financially like nowhere else in North America.

A real policy starts from a rigorous analysis of the situation followed by objectives to improve and ways to get there.

But this publicity stunt is somewhere between a publicity campaign for Quebec produce (like the one in 2008 called "Mettez le Québec dans votre Assiette" - serve Quebec food on your plate) and a bunch of measures with dissimilar objectives like preventing the selling out of farmland to foreigners, which was never much more than a marginal phenomenon, and help the next generation buy their parents' farm, even though they are already the most helped in the world in this matter.

A real policy would deal with the real problems, and they are well known. The Pronovost commission, in an exhaustive report made public in February 2008, went amply over the question after receiving 762 testimonies and 720 commentaries on the question while on a province-wide tour that lasted almost 2 years.

Finally, the conclusion was this: our agriculture, even though the most financially supported with taxpayers' money in the whole of North America, is more in dept, less efficient and extremely precarious when faced with any change in it's environment, be it commercial dealings, interest rates or financial backing programs.

Of course, our agriculture can boast having some very good producers in all sectors. Good management farmers with very little dept and technical know-how make some of them among the world's best. But very little is known about them because, for one, they don't complain much, and also, their performance only show the enormous gap they left between themselves and the rest of them.

So, why did the UPA celebrate this so-called policy when for all the other concerned parties the reaction was either mitigated, lukewarm or even negative?

It's simply because this announcement, by being presented as a policy, carefully avoids addressing the real problems of farming in Quebec, some of which are the UPA itself by it's heavy grip and lacking of innovative ideas in marketing, by it's historical refusal to help evolve governmental programs and it's monopolistic handle of the collective's way of thinking about farming.

By presenting this group of sympathetic measures to the public at large like it was a policy with a capital P, the UPA is sure there won't be any more soon and it's monopolistic position will not be challenged for a very long time. That is it's primary objective: it was obvious when the Pronovost report came out.

As for agriculture in Quebec, and that is even more so in the less prosperous regions, we can be sure that in these conditions, it will remain precarious and will continue to depend almost solely on State welfare. In other words, it will remain the big loser.

Sunday, May 26, 2013

Agriculture au Québec - à quand les vrais changements?


"La réplique › Politique de souveraineté alimentaire - Une campagne d’achat chez nous ne fait pas une politique agricole
Le gouvernement a complètement fait fi des recommandations du rapport Pronovost

23 mai 2013 | Roméo Bouchard - Saint-Germain-de-Kamouraska, Coordonnateur de la Coalition SOS-Pronovost et ex-président-fondateur de l’Union paysanne

Comme beaucoup d’autres, Josée Boileau, dans son éditorial sur la nouvelle Politique de souveraineté alimentaire, s’est laissé berner par le discours racoleur du gouvernement qui, pour une fois, semble avoir réussi à vendre sa salade. Le dossier agricole n’est visiblement pas familier à Mme Boileau et elle n’a visiblement pas lu, ou du moins compris, le rapport Pronovost.

Personne ne peut s’opposer à une présence accrue des aliments produits et transformés au Québec, surtout quand on se sert d’un concept popularisé par les petits agriculteurs paysans, comme celui de souveraineté alimentaire, pour vendre des aliments industriels à haute teneur en OGM et résidus de pesticides.

Mme Boileau croit sans doute sur parole le ministre Gendron quand il affirme sans sourciller que les agriculteurs du Québec ont réussi une prodigieuse révolution verte en agriculture, quand la part de l’agriculture biologique dépasse à peine 1 %, quand les cultures OGM nous envahissent, quand les ventes de pesticides et d’engrais chimiques ne cessent d’augmenter, quand la pollution des cours d’eau par les lisiers continue de plus belle, et cela, en dépit de réalisations agroenvironnementales positives ici et là.

Des voeux pieux

Mme Boileau, en tant qu’éditorialiste, devrait savoir qu’une politique agricole ne peut se limiter à une campagne d’achat chez nous qui ne dépasse pas les voeux pieux. On peut douter que les marges bénéficiaires des grandes chaînes d’alimentation et les budgets d’austérité des institutions publiques ne permettent une augmentation substantielle des achats d’aliments du Québec, encore faut-il qu’ils soient disponibles en quantité et aux conditions requises : le Québec n’est pas la Floride.

Le rapport Pronovost avait bien compris que la crise que vivent les agriculteurs ne pourrait se régler sans une réorientation majeure de notre agriculture impliquant des réformes structurelles, particulièrement en ce qui concerne le soutien financier, les plans conjoints de mise en marché, l’accès à la zone agricole, la représentation syndicale et la réglementation sanitaire et environnementale, pour permettre le développement d’une agriculture d’appellation et de proximité, une agriculture territoriale, multifonctionnelle, une vraie agriculture de souveraineté alimentaire, rentable au surplus. Rien, dans cette politique, ne va dans cette direction.

En réalité, au-delà du spectacle, la Politique de souveraineté alimentaire du gouvernement fait complètement fi des recommandations du rapport Pronovost, qu’a toujours refusé l’Union des producteurs agricoles parce qu’elles remettaient en question son contrôle absolu du secteur. Comme dans le cas des mines, de la forêt, de l’énergie, ce gouvernement vient de céder, malgré les apparences, au plus puissant lobby du secteur et de consacrer le statu quo. Du même coup, il fait fi de la vaste prise de conscience des 15 dernières années au Québec et dans le monde concernant une agriculture et une alimentation écologiques.

Les entreprises agricoles traditionnelles vont donc continuer à passer aux mains des grands investisseurs, et les agriculteurs écologiques et artisans vont continuer d’être marginalisés.

La table est mise, en effet… pour l’agrobusiness, et au menu, c’est de la tarte aux pommes !"

Lien: http://www.ledevoir.com/politique/quebec/378809/une-campagne-d-achat-chez-nous-ne-fait-pas-une-politique-agricole


The Quebec government of Mrs Marois says she is adopting new policies to our agricultural system and the way our food is put to market. Again, after consulting excessively with the public, and an elaborate report with multiple recommendations to make things better, our politicians use nice words but change basically...not much.

Here, I'm translating a letter to the editor written by a long time activist in the farming problems that plague my province.

Reply to comment on food sovereignty policies - a buy local campaign does not make a farming policy: the government completely ignores the recommendations of the Pronovost report.

Like a lot of other people, Josée Boileau, in her editorial about the new food sovereignty policy, left herself be seduced by the government discourse that seems to have convinced people, for once. The agricultural file is obviously not Mrs Boileau's forte and she obviously has not read, or at least not understood, the Pronovost report.

Nobody can be against more Quebec grown, produced and prepared food, especially when using a popular concept made popular thanks to small local farmers, "souveraineté alimentaire", food sovereignty, to sell industrial food high in GM content and pesticide residues.

Mrs Boileau seems to believe Minister Gendron when with a straight face says that Quebec farmers have realized a prodigious green revolution in agriculture, when organic farming barely occupies 1% of the market, when GMO crops have invaded us, when pesticides and chemical fertilizers sales keep rising, when watercourse pollution from waste slurry is worse than it ever was, despite some positive agricultural environmental breakthroughs here and there.

Wishful thinking

Mrs Boileau, as an editorialist, should know that an agricultural policy cannot limit itself with a buy local campaign, not much more than wishful thinking. We can suppose that food chain profits and public institutions budget cuts could increase substantially Quebec food products consumption, they would then have to be available in sufficient quantity and conditions required to do so: Quebec is not Florida.

The Pronovost report grasped pretty well the fact that the crisis among farmers could not be resolved without a drastic change of course of our agriculture, including structural reform, especially financial support, partnership plans marketing, access to agricultural zones, union representation and sanitary and environment regulation, in order to let an agricultural development of a designation and proximity agriculture, a territorial agriculture, multifunctional, real farming for food sovereignty, while being profitable. Nothing in this policy aims towards any of this.

Indeed, besides the good show, the "Politique de souveraineté alimentaire" (Policy for food sovereignty) of the government ignores completely the recommendations of the Pronovost report, report that the UPA (Union des Producteurs Agricoles - monopolistic farming syndicate) has always rejected because they questioned it's complete control of the business. As it did with mines, forests, energy, this government just yielded, despite appearances, to the most powerful lobby in the business and sanctioned the status quo. In the same breath, it ignored the vast awakening in Quebec and the world of the past 15 years for an environmentally friendly agriculture and food products.

Traditional farming enterprises must then continue to get bought out by big investors, and organic farmers and artisans will continue to be marginalized.

The table is set, indeed...for agribusiness, and on the menu, we're having apple pie!

Signed: Roméo Bouchard, Saint-Germain-de-Kamouraska, coordinator of the SOS-Pronovost Coalition and ex president and founder of Union paysanne.


Thursday, May 23, 2013

Agriculture - des pesticides omniprésents dans les rivières


"Rivières de zones agricoles: des pesticides «omniprésents»

Les pesticides «sont encore omniprésents» dans les rivières de zones agricoles du Québec, selon un bilan du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP). Jusqu'à une vingtaine de pesticides différents ont été détectés, dans des concentrations régulièrement nocives pour la vie aquatique.

Malgré des années de sensibilisation au problème, «on ne peut donc pas parler de véritables gains environnementaux au regard de la contamination des cours d'eau par les pesticides», reconnaît le rapport.

Plus de 1800 échantillons ont été prélevés de 2008 à 2010, dans quatre rivières entourées de champs de maïs et de soya - les cultures qui nécessitent la plus grande quantité de pesticides. Il s'agit des rivières Chibouet, des Hurons, Saint-Régis et Saint-Zéphirin, en Montérégie et dans le Centre-du-Québec.

Les résultats sont plus limpides que l'eau des rivières: l'herbicide S-métolachlore a été détecté dans 99% des échantillons, l'atrazine dans 97%, le glyphosate dans 86%, etc. «On assiste à une diversification des pesticides détectés», a indiqué hier à La Presse Isabelle Giroux, responsable du suivi des pesticides au MDDEP.

Phénomène lié à l'accroissement des cultures génétiquement modifiées tolérantes au Roundup, «la présence et les concentrations de glyphosate continuent d'augmenter», indique le MDDEP. Une hausse significative des concentrations médianes d'herbicide imazéthapyr est aussi notée, sûrement liée à l'expansion des superficies de soya.

Seuil maximal dépassé

Fait préoccupant, «il y a des dépassements des critères de qualité de l'eau de 4% à 25% du temps au cours de l'été, selon la rivière et l'année», a dit Mme Giroux. Cela signifie que chaque été, le seuil à partir duquel les pesticides causent des effets indésirables aux espèces aquatiques est franchi plus d'une fois, dans les quatre rivières étudiées.

Pire exemple, les concentrations d'atrazine atteignent jusqu'à cinq fois la valeur tolérée. D'autres dépassements des critères de toxicité aiguë sont aussi notés, «ce qui implique que des mortalités peuvent survenir chez des espèces sensibles», rapporte le bilan.

Même l'irrigation des cultures avec l'eau de ces rivières est à proscrire. Les taux d'herbicide dicamba dépassent, par exemple, les critères établis pour l'irrigation dans 60% à 95% des échantillons des rivières Saint-Régis et des Hurons.

Réduire les risques

Rare bonne nouvelle, une tendance à la baisse des concentrations médianes d'atrazine, de S-métolachlore et de dicamba a été relevée. Il faut dire que depuis 2007, «les agriculteurs doivent réussir un examen pour avoir le droit d'acheter et d'utiliser des pesticides», a indiqué Sylvain Dion, chef du bureau des pesticides au MDDEP.

Prochain objectif: une réduction de 25% des risques associés à l'utilisation des pesticides en agriculture d'ici 2020, selon la cible fixée par la Stratégie phytosanitaire québécoise en agriculture."

Reportage de Marie Allard publié dans cyberpresse.ca ici: http://www.lapresse.ca/actualites/sante/201305/14/01-4650916-rivieres-de-zones-agricoles-des-pesticides-omnipresents.php
Photo: Le Devoir

My translation of an article published in La Presse

Rivers draining Farming regions count pervasive pesticides

Pesticides are still omnipresent in the rivers draining agricultural regions of Quebec reports a study from the Environment Ministry. Up to about twenty different pesticides were detected in concentrations usually dangerous for aquatic life.

Even after years of awareness campaigns about the problem, "we can't say there has been environmental progress when it comes to watercourse contamination by pesticides" says the report.

More than 1800 specimens were taken between 2008 and 2010 in 4 rivers surrounded by corn and soy fields, crops that need the most pesticides. The rivers are Chibouet, des Hurons (personal note: tributary of the Richelieu), Saint-Régis an Saint-Zéphirin, all in the Montérégie region and Centre-du-Québec.

The results are clearer than the water in these rivers: S-metolachlorine, an herbicide, was detected in 99% of the samples, atrazine in 97%, glyphosate in 86%, etc. "We are seeing a diversification of detectable pesticides" said Isabelle Giroux, in charge of monitoring pesticides for the Environment Ministry, in an interview with La Presse.

A phenomenon associated with the increasing GM crops that tolerate Roundup, "the presence and the concentrations of glyphosate continue to rise," says the ministry. A significant rise of median concentrations of the herbicide imazethapyr is also observed, certainly associated with the increasing soy surfaces cultivated.

Over the maximum threshold

Worrisome fact is "the standards for water quality are not respected from between 4% to 25% of the time during summer season, depending on the river and the year" says Ms Giroux. That means that each summer, the accepted standard to prevent undesirable effects on aquatic species is exceeded more than once in the four rivers studied.

The worse example, atrazine concentrations go up to 5 times the tolerated limit. Other times when the standards for high toxicity are exceeded have also been observed, "which would mean that some mortality could be happening for sensitive species", says the report.

Even crop irrigation with river water is banned. The rate of the herbicide dicamba exceed, for example, the standards for irrigation in 60% to 95% of the samples taken in the Saint-Régis and des Hurons rivers.

Reducing the risks

Some good news: a lowering of the median concentrations of atrazine, of S-metolachlorine and of dicamba came out of the study. One must recall that since 2007, "farmers must pass a test to have the right to buy and use pesticides", says Sylvain Dion, head of the pesticide office at the ministry.

The next goal will be a reduction of 25% of the risks linked to the use of pesticides in agriculture before 2020, as per the goal of the Stratégie phytosanitaire québécoise en agriculture.


Tuesday, May 7, 2013

La civilisation industrielle est l'ennemi des abeilles


Voici ma traduction libre d'une chronique publiée dans un quotidien de la Colombie-Britannique de la plume de Pete McMartin.

Les abeilles confrontent leur ennemi: nous!

Les insectes sur lesquels les humains dépendent pour faire la pollinisation souffrent des impacts de la civilisation.

La professeure Elizabeth Elle nous appelle de son travail. Son bureau en cette belle journée de semaine ensoleillée est au beau milieu d'un champs de bleuets à Pitt Meadows où elle s'affaire à compter les abeilles.

Comment compte-ont des abeilles?

"Vous vous tenez en face d'un plant de bleuets," dit-elle, "et quand vous en voyez une, vous dites: Un! Et quand vous en voyez une autre, vous dites: Deux!"

"Très high-tech!"

Aujourd'hui, elle a compté 5 différentes espèces d'abeilles qui s'affairent - l'abeille domestique à miel importée, l'apis mellifera, apportée par le cultivateur, et 4 espèces indigènes qui se sont retrouvées ici de leur propre accord.

Le journaliste lui demande s'il y a plusieurs espèces d'abeilles?

Toute enthousiasmée, elle lui répond: "Vous savez combien d'espèces d'abeilles se trouvent en C.-B.? Environ 450! Et il y en a probablement beaucoup plus, parce que nous continuons à en trouver d'autres! N'est-ce pas emballant? Il y aurait autant d'espèces d'abeilles en C.-B. qu'il se trouve d'espèces d'oiseaux au Canada au complet!"

Elle est une biologiste à Simon Fraser University. Elle connaît ses abeilles. Elle veut passionnément les sauver, surtout les espèces indigènes, qui connaissent un déclin marqué partout sur la planète.

Notre propre espèce indigène de bourdon, par exemple, était nombreux dans les terres basses il y a de cela 20 ans. On ne l'a pas vu depuis quelques années, dénonce-t-elle, et pourrait être disparu pour de bon.

Il y a plusieurs raisons à cela, dit-elle: les pesticides, le climat, la résistance croissante des parasites d'abeilles à cause de nos mesures. Et il y a le stress des monocultures infligé aux abeilles.

"Imaginez-vous à manger que du brocoli pendant un mois d'affilé," dit-elle. "On dit que c'est bon pour vous. Mais après avoir mangé que cela, vous pourriez commencer à connaître des carences. Cela vous rendrait faible. Il en va de même pour les abeilles à qui on demande de manger rien d'autre qu'un champs de bleuets."

Comme le reportage le mentionnait lundi, il y a une pénurie d'abeilles domestiques à miel pour polliniser les fermes de bleuets dans les basses terres. La fermeture soudaine de 2 fournisseurs d'abeilles en Alberta n'a fait qu’aggraver la pénurie, et les fermiers doivent se débrouiller.

Ce genre de nouvelles a aidé à donné un arôme d’apocalypse au déclin des abeilles depuis quelques années: si les abeilles disparaissent, dit-on, la famine mondiale suivra.

Mais Mme Elle n'est pas une alarmiste.

"Nous n'allons pas tous mourir de faim. On n'a pas documenté de cas de pénurie d'aliments encore. Mais, comme dit le dicton, une bouchée sur trois est là grâce aux abeilles. Alors une grande partie des récoltes dépend d'une sorte de pollinisation par les abeilles."

Et les abeilles, qui vivent dans une boîte, parce qu'elles ont acceptées d'être domestiquées, sont les insectes les plus accommodants. Ce sont elles, les meilleures amies de l'homme, pas le chien.

Pendant que leurs nombres est à la baisse, notre dépendance envers les abeilles est à la hausse. Les surfaces de récoltes qui dépendent de la pollinisation continuent d'augmenter. Le café. Le chocolat. Les fruits. Les noix.

C'est une des raisons pour laquelle Mme Elle s'est retrouvée dans un champs de bleuets lundi. Elle tente de quantifier l'efficacité des abeilles à faire la pollinisation.

"Nous tentons une expérience pour observer si les agriculteurs ont tant besoin de services de pollinisation pour obtenir un fruit.

"Nous comparons certaines fleurs qui viennent d'éclore aux insectes pollinisateurs qui sont dans le champs à des fleurs semblables auxquelles nous ajoutons du pollen à la main.

"Si nous, comme pollinisateurs manuels, pouvons augmenter le nombre de fruits, mieux que le font les abeilles, alors nous pourrons aviser ce cultivateur qu'il lui manque des insectes pollinisateurs."

La nouvelle n'est pas encourageante.

"Nous avons documenté des cas depuis les quelques dernières années que les cultivateurs n'ont pas autant de fruits que s'ils avaient assez de pollinisation de leurs récoltes."

C'est pour cette raison que Mme Elle a dépensé autant d'efforts à la conservation des abeilles indigènes et la propagation de méthodes agricoles qui pourraient augmenter leur population. Les abeilles indigènes sont plus efficaces, et, tout simplement, elles sont déjà là.

Du moins, c'était le cas d'une espèce de bourdon.

"Je ne crois pas que nous sommes rendus au point d'un pinson dans la mine." dit-elle.

"Je crois que la perte d'une espèce est un signe d'un état environnemental plus vaste. Mais la perte d'une chose comme une espèce d'abeille qui nous rend des services devrait nous préoccuper tout particulièrement."

Elle croit que le public se réveille. Mais elle tente de ne pas trop avoir d'espoir.

"Je crois qu'au moins il y a une conversation sur notre environnement naturel et la conservation."

"Mais où les choses se compliquent, ce qu'il y a un conflit apparent entre l'extraction des ressources et être vert. Je crois personnellement qu'il doit y avoir là un conflit, sinon, je ne travaillerais pas pour une industrie agricole en tant que biologiste en conservation."

"Alors, nous avons entendu beaucoup de rhétorique à propos de c'est çà, ou rien d'autres, mais pas beaucoup de gens qui veulent trouver un compromis à tout çà. Et je pense que ceux-là devraient parler plus fort. Et j'ai cette opinion pas seulement sur les problèmes de conservation, mais aussi sur les changements climatiques et d'autres questions environnementales qui auront des impacts sérieux sur notre province durant la prochaine décennie."

"Finalement, les abeilles font face à un problème, et le problème, c'est nous. C'est un malaise de la civilisation."



"Bees have met the enemy, and it is us

The insects humans rely on for pollination suffer from the effects of ‘civilization’

By Pete McMartin, Vancouver Sun

Prof. Elizabeth Elle calls from work. Her office this sunny weekday morning is in the middle of a Pitt Meadows blueberry field, where she is busy counting bees.

How does one count bees?

“You stand in front of a blueberry bush,” she says, “and when you see one, you go ‘One.’ And when you see another, you go ‘Two.’

“Very high-tech.”

On this day, she has counted five different species of bees going about their business — the non-native honey bee, apis mellifera, brought in by the grower, and four native bee species that have found their own way there: the blue orchard mason bee, the yellow-fronted bumblebee, the mixed bumblebee and the red-tailed bumblebee. (“It has a big red bum,” Elle says. “Seriously.”)

There are that many types of bees, her interviewer asks?

Elle, suddenly excited, replies:

“You know how many species of bees there are in B.C.?

“About 450! And there are probably lots more! Because we keep finding them! How cool is that? That’s as many species of bees in B.C. alone as there are species of birds in all of Canada.”

Elle is a biologist at Simon Fraser University. She knows bees. She is passionately concerned about saving them, especially native species, which have been facing a well-documented decline around the world.

Our own native Western bumblebee, for example, was plentiful in the Lower Mainland 20 years ago. It hasn’t been seen in the past few years, she says, and now may be extirpated here.

The reasons, she says, are myriad — pesticides, weather, the increasing resistance of bee parasites to our corrective measures. And there is the stress that monoculture has on bees.

“Think of eating broccoli for a month,” Elle says. “Supposedly, it’s good for you. But after a steady diet of it, you’d start to experience deficiencies. It would weaken you. The same goes for bees that are expected to feed on nothing but a field of blueberries.”

As it was reported in The Sun Monday, there’s a shortage of honey bees to pollinate Lower Mainland blueberry farms. The sudden closure of two bee suppliers in Alberta exacerbated the supply shortage, and farmers were left to scramble.

This kind of news has helped to lend the decline of bees in recent years an apocalyptic air: If the bees go, the story goes, global starvation follows.

Elle isn’t as alarmist.

“We’re not all going to starve to death. Nothing like food shortages have been documented yet.

“But, as the saying goes, one out of three bites you eat is thanks to a bee. So there’s a large percentage of crop production that is reliant on some sort of insect for pollination.”

And bees, which will live in a box, which consent to domestication, are the most obliging of insects. They are man’s best friend, not Rover.

While their numbers decline, our reliance on them has increased. The global acreage of pollinated-dependent crops keeps going up. Coffee. Chocolate. Fruit. Nuts.

That was one of the reasons Elle found herself in a Pitt Meadow blueberry field Monday. She was trying to quantify how well the bees were doing at pollinating.

“We’re doing an experiment to see if the growers are getting as much pollination service as they need to get a full fruit set.

“We compare some flowers that are just opening to whatever (insect) pollinators are in the field to similar flowers that we add pollen to by hand.

“If we (as hand-pollinators) can improve the size of the number of fruit over what the bees are doing, then we can tell this grower that he has a pollination deficit.”

The news is not heartening.

“We have documented over the past couple of years that growers are not getting as much fruit as if they had full pollination of their crops.”

It’s for this reason Elle has spent much of her efforts on the conservation of native bees and the spread of agriculture methods that would help propagate them. Native bees are more efficient and, simply, they’re here.

At least, in the case of the Western bumblebee, they were.

“I do think there is something of a canary-in-the-mine situation here,” Elle says.

“I think any species loss is a barometer of a greater environmental state. But a loss of things like bees, which do things for us, should be especially concerning.”

The public, she believes, is waking up. But she tempers her sense of hope with caution.

“I think there is at least some conversation about natural environment and conservation.

“But where it’s getting complicated is in that apparent conflict between resource extraction and being green. I personally don’t think they have to be in conflict, or I wouldn’t, as a conservation biologist, be working in an agricultural industry.

“So we have heard a lot of rhetoric about it’s ‘either/or’ but not a lot of talk about people looking to find a middle way. And I think it needs to be louder. And I think not just about conservation issues but also about climate change and other environmental issues that are going to have profound effects on our province in the coming decade.

“Basically, the problem honey bees face is us. It’s a disease of civilization.”"

Link: http://www.vancouversun.com/opinion/columnists/Pete+McMartin+Bees+have+enemy/8345850/story.html

Friday, May 3, 2013

Agriculture - Toxico à l'azote



Une brève histoire de notre dépendance mortelle aux engrais azotés

Ma traduction libre d'un texte écrit par Tom Philpott publié dans Mother Jones
Pendant que des enquêteurs et des premiers répondants se promènent sur le site d'une usine d'engrais en ruine à West, au Texas, cela me fait penser à la nature même de l'engrais azoté, et pourquoi nous en consommons tant.

L'azote est l'un des éléments nutritifs dont les plantes ont besoin pour croître. Chaque pomme ou épi de blé d'Inde récolté représente des nutriments extraits du sol, et pour que la terre demeure fertile, ces nutriments doivent être remplacés. L'azote est très abondant: il compose presque 80% de l'air que nous respirons. Mais l'azote atmosphérique (N2) est captif avec un lien très rigide qui le rend inutilisable par les plantes. L'azote disponible pour les plantes, connu sous le nom de nitrate, est en réalité très rare, et durant l'histoire de plus de 10,000 ans de l'agriculture, le défi le plus important était de trouver un moyen de faire circuler l'azote disponible pour qu'il retourne à la terre. Les premiers fermiers ne connaissait peut-être pas la chimie, mais ils savaient que composter les déchets de la récolte, le fumier des animaux, et même les excréments humains, tout cela améliorait les récoltes.

Mais alors, pour résumer, les scientifiques du 19e siècle de l'Europe ont compris le rôle primordial de l'azote dans la croissance des plantes, justement au moment où la révolution industrielle voyait les populations quitter les fermes et s'installer dans des villes. L'élite européenne s'est rendue compte que nourrir une population urbaine à la hausse avec une main d'oeuvre rurale à la baisse deviendrait un problème, et que l'azote à peu de frais et facile à obtenir serait une partie de la solution. Alors la fixation de l'azote, la capacité d'en extraire de l'air et le transformer en quelque chose que les plantes pourraient utiliser, devint une...fixation. En 1909, un chimiste allemand du nom de Fritz Haber avait développé un procédé à haute température exigeant une grande dépense d'énergie pour synthétiser de l'azote accessible pour les plantes extrait de l'air. C'est alors que le dilemme millénaire de l'agriculture qu'est le problème du cycle de l'azote avait été résolu. Aujourd'hui, les fermes de tailles industrielles ne seraient pas possibles sans cela.

Bien sûr, l'agriculture n'était pas la seule raison pour laquelle l'Allemagne et les autres pays d'Europe voulaient produire des tonnes d'azote. Comme nous venons de le constater au Texas, la matière peut aussi produire des explosions massives. Avant de jouer un si grand rôle dans les champs agricoles, la découverte de Harper a alimenter l'industrie des munitions des É.-U. et de l'Europe, surtout durant la Deuxième Grande Guerre. Ce cette façon, l'industrialisation de l'agriculture partage ses débuts avec l'industrialisation des tueries représentées par les guerres des temps modernes.

Les usines d'engrais d'aujourd'hui, selon Vaclav Smil dans son livre sur les engrais azotés intitulé "Enriching the Earth" dépendent d'une version améliorée et à grande échelle du même procédé développé par Haber.

À la fin de la Deuxième Grande Guerre, les États-Unis avaient déjà construit 10 usines à grande échelle d'azote pour fabriquer des bombes. Avec les installations de l'Europe et du Japon en ruines, les É.-U. ont commencé la période suivant les guerres mondiales en tant que champion global de la production d'azote. L'industrie s'est rapidement transformé de munitions à engrais et la consommation domestique s'est mise à augmenter, poussée, selon Smil, par la culture croissante des nouveaux hybrides de maïs: "la première sorte de cultivar de graminée à grande production dépendante d'épandages intensifs d'engrais".

Maintenant, les É.-U. demeurent un pays grand consommateur d'azote avec seulement 5% de la population mondiale, les Américains consomment environ 12% de la production d'engrais azotée mondial. Et le maïs, qui selon l'USA exige le plus d'azote par acre que n'importe quelle autre récolte, demeure au coeur de notre agriculture, occupant 30% des terres agricoles à tous les ans.

Bien que notre dépendance à l'engrais azotée à rabais ne provoque rarement des explosions impressionnantes, les vrais problèmes sont plus subtiles et à long terme. Dans un papier récent, je les détaillais ainsi:

La dépendance de l'agriculture industrialisée sur l'abondance d'engrais de synthèse vient avec un paquet de problèmes environnementaux: le surplus d'azote qui ruisselle dans les ruisseaux et éventuellement se rend jusqu'au fleuve Mississippi, alimentant ainsi des floraisons massives d'algues annuellement qui étouffent la vie marine, les émissions d'oxyde nitreux, un gaz à effet de serre 300 fois plus nuisible que le carbone, et la destruction de la matière organique du sol.

J'ai aussi mentionné dans cet article que l'industrie des engrais américaine dépend de plus en plus du gaz naturel à bas prix extrait par fracturation hydraulique, le procédé controversé utilisé pour extraire le gaz des formations rocheuses en les bombardant d'eau relevée de produits chimiques toxiques. "Si l'agriculture intensive devient dépendante du gaz de schiste à rabais pour répondre à ses besoins d'engrais," je vous avais prévenu, "alors l'industrie des combustibles fossiles aura alors un allié puissant pour bousculer la règlementation et combattre l'opposition aux projets de fracturations."

Notre avenir ne doit pas obligatoirement être submergé de vastes quantités d'azote synthétique, avec tous ses problèmes, à la fois subtils et spectaculaires. Une étude d'une université de l'Iowa en 2012 avait démontré qu'en simplement cultiver plusieurs récoltes en rotation, les fermiers du MidWest américain pourraient radicalement réduire leur dépendance à l'azote rajoutée tout en maintenant les niveaux actuels de production de nourriture. Une autre étude récente faite par des chercheurs de Cornell ont aussi confirmé que les rotations de cultures réduisaient le ruissellement d'azote.

Pourtant, au lieu de nous sevrer de notre dépendance sérieuse à l'azote, les agences fédérales et des états continuent de permettre la construction de nouvelles usines et l'agrandissement de celles qui existent déjà. Entre-temps, les politiques fédérales en agriculture et les politiques de sources d'énergie renouvelables continuent de faire la promotion du maïs: en 2013, le USDA s'attend à ce que les fermiers en sèment plus que jamais, du jamais vu depuis 1936. Il devrait se semer 97,3 millions d'acres qui recouvriront une surface presque égale à la Californie au complet. On ne semble pas pressés à se sevrer de notre dépendance à l'azote.

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"A Brief History of Our Deadly Addiction to Nitrogen Fertilizer

by Tom Philpott

As investigators and rescuers move through a destroyed fertilizer factory in West, Texas, it makes me think about just what nitrogen fertilizer is, and why we use so much of it.

Nitrogen is one of the nutrient elements plants need to grow. Every apple or ear of corn plucked represents nutrients pulled from soil, and for land to remain productive, those nutrients must be replenished. Nitrogen is extremely plentiful—it makes up nearly 80 percent of the air we breathe. But atmospheric nitrogen (N2) is joined together in an extremely tight bond that makes it unusable by plants. Plant-available nitrogen, known as nitrate, is actually scarce, and for most of agriculture's 10,000-year-old history, the main challenge was figuring out how to cycle usable nitrogen back into the soil. Farmers of yore might not have known the chemistry, but they knew that composting crop waste, animal manure, and even human waste led to better harvests.

But then, to make a long and complicated story short, in the 19th century European scientists figured out the science behind nitrogen's central role in plant growth, just as the industrial revolution was pushing more people off of farms and into cities. European elites realized that feeding a growing urban population from a shrinking rural labor base would be a problem—and that cheap and easy nitrate would be part of the solution. So the "fixation" of nitrogen—the ability pull it from the air and transform it into something that plants could use—became, well, a fixation. In 1909, a German chemist named Fritz Haber developed a high-temperature, energy-intensive process to synthesize plant-available nitrate from air. And so agriculture's millennia-old nitrogen-cycling problem was solved. Today's industrial-scale farms would not be possible without it.

Of course, agriculture wasn't the only reason Germany and other European countries wanted to generate tons of nitrate. As we just tragically saw in Texas, the stuff can also make a massive explosion. Before it made it onto farm fields in a big way, Haber's breakthrough fueled the US and European munitions industry, particularly in World War II. In that way, the industrialization of farming shares roots with the industrialization of killing represented by modern war.

Today's fertilizer plants, reports Vaclav Smil in his seminal book on nitrogen fertilizer, Enriching the Earth, rely on a scaled-up, refined version of the same process developed by Haber.

By the end of World War II, the United States had built 10 large-scale nitrate factories to make bombs. With Europe's and Japan's production facilities in ruins, the US entered the postwar period as the undisputed global champion of nitrogen production. The industry quickly shifted from munitions to fertilizer and domestic consumption began to skyrocket, driven, Smil writes, by the rise of new hybrid strains of corn, "the first kind of high-yielding grain cultivar dependent on higher fertilizer applications."

Today, the United States remains a massive nitrogen-fertilizer user; with just 5 percent of the world's population, we consume about 12 percent of global nitrogen-fertilizer production. And corn—which according to the USDA "requires the most nitrogen per acre" of any crop—remains at the center of our agriculture, covering 30 percent of farmland each year.

While our reliance on cheap nitrogen fertilizer occasionally (though quite rarely) results in attention-grabbing explosions, the real problems are more subtle and long-term. In a recent article, I laid them out:

Industrial agriculture's reliance on plentiful synthetic nitrogen brings with it a whole bevy of environmental liabilities: excess nitrogen that seeps into streams and eventually into the Mississippi River, feeding a massive annual algae bloom that blots out sea life; emissions of nitrous oxide, a greenhouse gas 300 times more potent than carbon; and the destruction of organic matter in soil.

As I also noted in that article, the US fertilizer industry increasingly relies on cheap natural gas extracted by hydrofracturing, or fracking—the controversial process of extracting gas from rock formations by bombarding them with water spiked with toxic chemicals. "If Big Ag becomes hooked on cheap fracked gas to meet its fertilizer needs," I warned, "then the fossil fuel industry will have gained a powerful ally in its effort to steamroll regulation and fight back opposition to fracking projects."

Our future doesn't have to be drenched in vast quantities of synthetic nitrogen, with all its liabilities both subtle and spectacular. A 2012 Iowa State University study found that by simply shifting to more diverse crop rotations, Midwestern farmers could radically reduce their reliance on added nitrogen while maintaining current levels of overall food production. Another recent study by Cornell researchers found similar crop rotations also reduced nitrogen runoff.

Yet instead of weaning us from from our huge reliance on nitrogen, federal and state agencies are underwriting the construction of new plants and the expansion of old ones. Meanwhile, federal farm and "renewable fuel" policies continue to prop up corn—in 2013, the USDA expects farmers to plant the most since 1936: 97.3 million acres, covering an area nearly the size of California. We won't be kicking our nitrogen habit anytime soon."

Link: http://www.motherjones.com/tom-philpott/2013/04/history-nitrogen-fertilizer-ammonium-nitrate