Friends of the Richelieu. A river. A passion.



"Tout cedit pays est fort uny, remply de forests, vignes & noyers. Aucuns Chrestiens n'estoient encores parvenus jusques en cedit lieu, que nous, qui eusmes assez de peine à monter le riviere à la rame. " Samuel de Champlain


"All this region is very level and full of forests, vines and butternut trees. No Christian has ever visited this land and we had all the misery of the world trying to paddle the river upstream." Samuel de Champlain

Sunday, November 20, 2011

Pétrole de schiste - forer en terrain vierge

Photo: frackingsilt.blogspot.com

Voici une traduction libre d'un autre excellent article tiré du quotidien The New York Times. Il s'agit des forages dans le schiste de la formation Niobrara qui s'étend du Wyoming jusqu'au Neraska. Mais c'est dans le paysage enchanteur du Colorado que le choc est le plus violent.

Les forages dans les régions qui se développent provoquent une nouvelle ère de tensions

Les projets pétroliers et gaziers sont biens clairs: les activités de forage s'avancent dans de nouvelles régions. Le Dakota du Nord est mieux connu pour la production de blé, mais il connaît maintenant un boom de tours de forage. Fort Worth a plus de 2,000 puits de gaz à l'intérieur du périmètre urbain, et cela c'est fait durant les 5 dernières années surtout. Pittsburgh aussi fait face à des projets de forages urbains et le conseil de ville les a interdit l'an passé.

Mais peu de régions font face à plus de projets de forage autant que l'est du Colorado où 80% de sa population de 5 millions se trouvent dans un chapelet de villes et banlieues qui s'étale à partir de Denver, la capitale et la plus habitée.

Une formation géologique âgée de quelques 90 millions d'années et riche en pétrole nommée le Niobrara pourrait contenir 2 milliards de barils de pétrole emprisonné dans du schiste qui était auparavant trop difficile et dispendieux à extraire. Cette formation s'étend du sud du Wyoming et du Nebraska. Et l'industrie a peine à se retenir de s'engouffrer dans la région pour l'exploiter.

Des permis de forage octroyés pour forer dans des banlieues, dans des parcs et même dans des lacs ont fait les nouvelles locales. Grâce aux technologies de l'hydro-fracturation, faire éclater le schiste avec de l'eau, du sable et des chimiques pour libérer le pétrole, des forages horizontaux, comme des tentacules pourraient se prolonger sous les communautés. Le boom d'exploration envahie des régions qui connaissent une augmentation de population et de développement immobilier, et dans des endroits qui n'ont aucune expérience pour savoir comment vivre avec.

"Cela entoure complètement la région métropolitaine." dit Thom Kerr, le gérant des services techniques et d'octroi de permis à la commission Colorado Oil and Gas Conservation Commission, l'organisme qui réglemente l'industrie.

Il ne s'agit pas uniquement de pétrole, toutefois, mais de la vie durant une période de grandes incertitudes économiques et sociales après la récession qui a frappée toute l'Amérique, selon les résidents, les politiciens et les experts de l'industrie. Les foreurs s'avancent dans des régions qui étaient zonées pour du développement immobilier ou d'autres usages durant des temps plus prometteurs, et ailleurs des compagnies créent des emplois et des revenus de taxes dans des communautés qui peinaient à boucler leur budget.

Voici ce qu'a l'air la région:

À une demi-heure du centre-ville de Denver, Weld County s'étend vers le Wyoming et connaît plus de puits pétroliers et gaziers en production, 17,388 en octobre, selon les statistiques de l'état, que presque tous les autres comtés des États-Unis.

À une heure vers le sud, la 2e ville en importance de l'état, Colorado Springs, se dépêche de voter ses premiers règlements sur le forage, car on s'attend à avoir des puits à l'intérieur du périmètre de la ville l'an prochain. Un ancien ranch de 18,000 acres zoné résidentiel et dont la construction ne s'est jamais matérialisé, a été acheté en octobre 2011 par une compagnie canadienne, Ultra Petroleum, pour $20 millions. La même compagnie a aussi acheté plus de 100,000 acres de droits miniers plus à l'est dans El Paso County dernièrement. Ce comté n'a jamais eu un puits pétrolier ou gazier de mémoire d'homme, selon les autorités.

À l'ouest, dans les hautes terres des Rocky Mountains, l'histoire est la même: du forage, et des tensions autour des puits, à des endroits où cela ne s'était jamais fait auparavant. Dans Routt County, à l'ouest du Rocky Mountain National Park, des compagnies énergétiques font de l'exploration dans des régions du Niobrara. Dans la richissime communauté d'Aspen, les commissaires du comté ont voté des lois pourraient freiner l'exploration mais qui sont maintenant mises au défi par l'industrie.

Dans son ensemble, le Colorado n'est pas étranger à l'industrie énergétique. Certains des premiers puits de la nation dans les années 1800 ont été forés ici, et dans Weld County, certains puits produisent depuis les années 1940 ou même avant. La partie ouest de l'état est un grand producteur de gaz naturel. Les tours de bureaux de Denver ont longtemps abrité des ingénieurs et des patrons qui gèrent les champs pétroliers du Wyoming, du Montana et ailleurs.

Mais pour plusieurs nouveaux résidents de la région de Denver qui sont venus s'installer ici pour les emplois dans l’aéronautique, les services financiers ou le développement de logiciels, le pétrole est une notion étrange ou qui a sa place dans l'histoire du passé de la ville. La région métropole de Denver compte plus de 2,5 habitants est la 21 plus importante agglomération du pays, selon les statistiques officielles. "Nous étions heureux dans notre ignorance." dit Mark Lowderman, l'assesseur d'El Paso County où la commission (dont les 5 membres sont tous des républicains) ont voté pour un moratoire d'urgence de 4 mois pour se donner le temps d'écrire les règlements. "Nous tentons de nous éduquer le plus rapidement que possible." dit M. Lowderman.

Rick Davis est parmi ceux qui sont pris entre l'arbre et l'écorce. Ses racines familiales sont bien ancrées dans cette partie jadis agricole juste en banlieue de Colorado Springs. Son père Joe a grandi dans la Grande Dépression et a longtemps parlé de la journée qu'un géologue est apparu dans la région et disait qu'il pourrait se trouver du pétrole sous le ranch. L'histoire fait maintenant parti de la légende familiale: le paternel disait souvent à ses enfants que s'ils vendaient la terre, ils devaient garder les droits miniers sous la propriété.

Ils ont écouté le patriarche, et quand les landmen sont venus et ont parlé à sa mère de 88 ans cette année, ils ont suivi son conseil et ont pris l'argent.

D'autres, comme Gene Fatton, se rebellent. M. Fatton est un ingénieur dans les banlieues de Fort Collins, à une heure au nord de Denver, harcèle les législateurs de l'état depuis qu'un site de forage a été érigé à environ une centaine de verges derrière sa maison l'hiver passé, sur une colline qui était jadis un site d'enfouissement, bien mauvais endroit selon son expérience d'ingénieur pour installer de la machinerie lourde. "Ils essayent de bien agir." M. Fatton dit en parlant des législateurs environnementaux qui sont finalement venus inspecter le site, se questionnant sur la présence des vidanges enterrées sous le site de forage. "Ils ont tout simplement pas assez de personnel pour surveiller tout cela."

Mais à plusieurs endroits où la construction immobilière provoquait des embouteillages, de la circulation lourde et des problèmes de qualité de l'air, le débat sur le boom pétrolier se mêle aux questions de la vocation de l'endroit.

M. Davis est un évaluateur sénior d'un département du comté El Paso et pense que le forage, bizarrement, pourrait protéger la campagne qu'il aime tant de l'étalement urbain. Où il y a des puits, pense-t-il, les maisons pourraient ne pas se construire, laissant les régions sauvages sans développement urbain.Photo: AP/David Zalubowski

"Drilling in Fast-Growing Areas Ushers in New Era of Tension

DENVER — The pattern is clear in the oil and gas business: drilling fields are going into new places. North Dakota, better known for growing wheat, is now booming with rigs. Fort Worth has upward of 2,000 gas wells right in the city itself, with most of that growth within just the last five years. Pittsburgh, facing the prospect of urban drilling, forbade it last year by a vote of the City Council.

But few areas are facing the prospect of drilling’s new frontier more vividly than eastern Colorado, where 80 percent of this state’s population of five million people cluster in a line of cities and suburbs stretching out from Denver, Colorado’s capital and largest city.

A 90 million-year-old oil bed called the Niobrara — estimated to contain two billion barrels, locked in shale that in past drilling eras was considered too costly to extract — laces down from southeast Wyoming and Nebraska. And like a cowboy with Saturday-night pay in his pocket, ready to spend big and have a good time, the energy industry is riding into town to drill for it.

Drilling permits in suburbs, parks and even in lakes have made the local news. Using hydrofracturing technologies — breaking the shale with water, sand and chemicals to release the oil — and horizontal, spiderlike tentacle borers that can spin out beneath communities, the still-emerging boom is bringing energy exploration to some of the fastest-growing counties in the nation, and to places with no experience whatsoever in dealing with it.

“It’s completely surrounding the metro area,” said Thom Kerr, the permit and technical services manager at the Colorado Oil and Gas Conservation Commission, which regulates the industry.

The story here is not just about oil, however, but about life in a moment of profound economic and social uncertainty in post-recession America, residents, politicians and industry experts say. Drillers are going into some areas that were once, in rosier times, earmarked for housing or other uses, and elsewhere companies are creating jobs and taxes in communities that have been gasping for air, and ways to make ends meet.

The geography looks like this:

¶ A half-hour north of downtown Denver, Weld County stretches toward Wyoming with more active oil and gas wells — 17,388 as of this month (October) according to state figures — than almost any other county in the United States.

¶ An hour south, the state’s second-largest city, Colorado Springs, is scrambling to write its first drilling regulations, with the prospect of wells within city limits as early as next year. An 18,000-acre former ranch — zoned for housing that mostly never materialized — was bought this month (October) on the city’s east side for $20 million by a Canadian company, Ultra Petroleum, which has also bought more than 100,000 acres of mineral rights farther east in El Paso County in recent months. The county, officials say, has never had a producing oil or gas well in historical memory.

¶ To the west, in the high-country playlands of the Rocky Mountains, the story is the same: drilling, and tensions over drilling, in places where that generally has not happened before. In Routt County, west of Rocky Mountain National Park, energy companies are exploring extensions of the Niobrara. In affluent Aspen, county commissioners have passed regulations, now being fought by the industry, that would all but halt exploration.

Colorado as a whole is certainly no stranger to the energy business. Some of the nation’s first wells, in the 1800s, were sunk here, and in Weld County, some older fields have been pumping since the 1940s or earlier. The state’s western half is a huge producer of natural gas. And Denver’s office towers have long housed engineers and managers overseeing oil country in Wyoming, Montana and elsewhere.

But for many newer residents in the Denver area, who came for jobs in aerospace, financial services or software, oil is a remote idea or something from the city’s past — a trajectory epitomized by the career of Gov. John W. Hickenlooper, a Democrat who was laid off as a young petroleum engineer in the 1980s energy bust, founded a beer hall and then went into politics.

The Denver metropolitan area, with more than 2.5 million people, is the nation’s 21st largest, according to the Census.

“We were blissfully ignorant,” said Mark Lowderman, the assessor in El Paso County, where the County Commission — all five members are Republicans — passed a four-month emergency timeout last month on any drilling to get ready to write regulations. “We’re trying to learn as fast as we can,” Mr. Lowderman said.

Rick Davis is among those caught in the middle. His roots run deep in what was once wind-dusted agricultural country outside Colorado Springs. His father, Joe, growing up in the Great Depression, long talked about the day a geologist came through the area and said he thought there might be oil under the ranch. The story became family legend — if you sell the land, Mr. Davis preached to his children, keep the rights to the minerals beneath.

They listened. And when the landmen, as oil-lease buyers are called, contacted Rick Davis’s 88-year-old mother, Ruth, this year, he advised her to follow Joe’s dream and take the money.

Other people, like Gene Fatton, are fighting back. Mr. Fatton, an engineer in the suburbs of Fort Collins, an hour north of Denver, has peppered state regulators ever since a drilling platform was built about a hundred yards behind his house last winter — on top of a former landfill that he knew in his engineer’s heart was a very bad place to base heavy machinery.

“They’re trying to do the right thing,” Mr. Fatton said of the environmental regulators who finally came and looked at the site, and scratched their heads at the garbage beneath the concrete drill pad. “They’re just understaffed in dealing with this.”

But in many places where housing construction in boom times led to congestion, traffic and air quality concerns, the debate over oil is tangled with questions over what the land should be.

Mr. Davis, a senior appraiser at the El Paso County assessor’s office, said he thinks that drilling, in an odd way, could protect the countryside he loves from housing sprawl. Where there are wells, he said, houses might not go, leaving the wide open spaces still wide open. "

Excerpts of article written by Kirk Johnson published in The New York Times here: http://www.nytimes.com/2011/10/25/us/oil-drilling-in-new-areas-ushers-in-era-of-tension.html?_r=1&hp


Photo: Linda Baker

Friday, November 18, 2011

Gaz de schiste - un pacte avec le diable


Voici un article que j'ai trouvé qui raconte les réflexions des gens de la Caroline du Nord qui songent à permettre la fracturation chez eux et qui font comme nous, au Québec: ils observent les déchirements en Pennsylvanie. Pas drôle. Une traduction libre.

L'expérience du gaz de schiste: beaucoup d'argent, craintes pour l'eau

Afin de constater la promesse et la trahison du boom gazier, pas besoin d'aller plus loin que cette communauté rurale dans la partie sud-ouest de la Pennsylvanie où quelques 957 résidents partagent le territoire avec des vaches laitières.

Comme des douzaines de communautés au travers cet état, la compagnie ici est pleine de sites de forages, de derricks, de stations de compression, de trains routiers, de la machinerie lourde, des bassins à ciel ouvert et des gazoducs qui s'étirent le long des clôtures qui délimitent les propriétés et emmènent le gaz vers des raffineries.

Une transformation semblable pourrait s'installer en Caroline du Nord (et au Québec!!!) où un gisement de gaz naturel souterrain de quelques 1,400 milles carrés se trouverait à un mille de profondeur sous le comté rural de Lee County et les régions environnantes. Bien que seulement une fraction de la grandeur de la formation du Marcellus dans d'autres états plus au nord, cette formation de 200 millions d'années dans cet état pourrait aussi signifier un tournant important et voir des villes fructifier et transformer des fermiers qui peinent à rejoindre les deux bouts en millionnaires.

Mais le boom gazier en Pennsylvanie a apporté avec lui des divisions profondes. La construction, les excavations et les citernes de stockage dans les champs de maïs et les pâturages sont la preuve de la destruction écologique à venir et un revirement économique pour d'autres. Avec l'acrimonie sont apparus des procès entre des propriétaires et des gazières, des gouvernements locaux qui tentent de contrôler les forages, les séances municipales houleuses, et des plaintes récurrentes de contamination de l'eau.

Des élus de la Caroline du Nord on visité dernièrement la Pennsylvanie pour en apprendre un peu plus sur leur expérience avec l'exploration gazière en prévision d’accueillir l'industrie chez eux aussi. Les 200,000 emplois ou plus sont bien tentants: travaux manuels, des pompeurs, des foreurs, des camionneurs, des plombiers et d'autres, tous des emplois que la Pennsylvanie a vu voir apparaître du boom gazier du Marcellus, selon les statistiques de l'état. Mais la Caroline du Nord pourrait aussi connaître les relents amers du gaz de schiste: des eaux contaminés rapportées, des maladies mystérieuses, des enquêtes de l'état, des moratoires, des amendes salées.

Comme en Pennsylvanie, les propriétés rurales pourraient recevoir des têtes de puits payantes et des citernes de stockage, tandis que leurs voisins moins chanceux sont obligés de faire venir leur eau potable en camion pour remplir leur contenant de 550 gallons appelé "water buffaloes" - buffles d'eau - après que le puits d'eau potable de la famille est devenu contaminé et a dû être scellé.

"Prend garde et surveille-toi, Caroline du Nord." dit Paul Parker, un retraité qui passe ses journées à tenter de ralentir le boom gazier. "Çà fait que des voisins deviennent ennemis. Beaucoup d'amitiés tournent au vinaigre à cause de la cupidité et l'appât du gain."

Les opposants se préparent à organiser des évènements publiques cette semaine avec des fermiers de la Pennsylvanie qui raconteront leurs histoires d'horreurs: des déchargements de chimiques illégaux, des coffrages de puits défectueux et des contaminations de l'eau. Ils parleront probablement des quelques derniers évènements de la semaine passée: une gazière a renversé 16,800 gallons d'eaux contaminées avec des chimiques et une explosion d'une station de pompage de gaz naturel qui a explosé durant la nuit, obligeant l'évacuation de plusieurs douzaines de résidences.

La Caroline du Nord n'est qu'à ses débuts en exploration moderne à la recherche de sources d'énergie, et mène une étude sur les lois et règlements qui pourraient être nécessaires pour permettre une méthode controversée de forage pour le gaz qui voudrait s'installer ici. Pourtant, les législateurs de l'état se sont promis de renverser le véto du gouverneur Bev Perdue sur un projet de loi sur l'énergie qui commencerait, entre autres choses, les démarches vers la légalisation des forages et de l'exploitation du gaz de schiste qui utilise le procédé appelé fracking - fracturation hydraulique. "Pensez à ce que çà rapporte: une croissance économique à long terme et la prospérité." di le sénateur Bob Rucho, un Républicain de Mecklenburg County qui a passé plusieurs jours en tournée dans des sites de forage en Pennsylvanie avec le représentant Mike Hager, un autre Républicain des comtés de Cleveland et Rutherford. "C'est de l'indépendance énergétique et de l'indépendance économique."

Des législateurs retournent à Raleigh, cette semaine, mais laissent comprendre qu'ils ne discuteront pas du veto de Perdue pendant le briefing.

"Les gens en vibraient."

Parker est un gérant d'une firme d'ingénierie à la retraite propriétaire de 7 acres et dénonce les tentations financières en les qualifiant de "blood money", de l'argent payé par un meurtrier qui est empoché par les familles des victimes assassinées par celui-ci. Il a refusé de vendre ses droits miniers à une industrie qu'il dénonce, ce qui veut dire que les gazières ne peuvent pas forer sous sa propriété. Il calcule qu'il renonce à empocher jusqu'à $100,000 en primes à la signature et en redevances. Il maudit un site de forage de 10 acres qui est patrouillé par des gardes de sécurité sur la propriété de ses voisins, Bill et Sheila Black.

À quelques centaines de verges au bout du chemin, l'histoire est bien différente. Les Black s'attendent à gagner plus d'un million de dollars par année en redevances gazières quand les 8 puits sur leur ferme commenceront à produire. Les retraités dans leur soixante-dix ans ont élevé 5 enfants sur leurs 129 acres et disent que l'industrie gazière a ramené la richesse dans la région, a sauvé des fermes familiales de la faillite, payé pour l'éducation avancée des enfants et assuré une retraite dans le confort. "Beaucoup de ces fermes laitières ici avaient presque 2 ans de dettes accumulées." dit Bill Black, en pointant du doigt en direction de ses voisins à sa gauche et à sa droite. "Maintenant, je peux vous montrer des nouveaux tracteurs, des nouvelles bâtisses d'entreposage. Le fermier qui en arrachait peut maintenant se tenir la tête fière. Pas un seul d'entre eux n'a de problèmes avec des eaux contaminées."

La Pennsylvanie est le cas type des guerres gazières quand l'état à ouvert grand ses portes à l'industrie, devenant ainsi un laboratoire sur le terrain sur la question des forages dans l'un des plus vastes formations contenant du gaz naturel. Certains géologues ont évalué que la formation Marcellus, qui s'étend sur plus de 30,000 milles carrés, pourrait fournir le quart de la consommation de gaz naturel des É.-U. pendant un demi siècle.

"L'industrie vient avec des risques, mais est une occasion économique extraordinaire pour l'état." dit Kevin Sunday, le porte-parole du Pennsylvania Department of Environmental Protection (DEP). "Quand on tient compte de l'intensité des activités, on constate un très petit pourcentage d'incidents."

En Caroline du Nord, le volume de gaz naturel emprisonné dans la formation Cumnock n'est qu'une estimation. Une évaluation plus exacte du U.S. Geological Survey ne pourrait être rendu public que l'an prochain. Néanmoins, les gazières indépendantes ont déjà signé quelques 70 baux dans Lee County, ce qui représente plus de 9,000 acres, selon les dossiers publics. Des baux en Caroline du Nord sont à quelques dollars l'acre, moins que les baux signés au tout début des activités vers 2005. Des baux en Pennsylvanie qui ont commencés à environ $5 l'acre ont augmenté à presque $6,000 l'acre au sommet du boom et se sont plafonnés à environ $2,500 l'acre. Pour une ferme de 100 acres, les bonus à la signature peuvent revenir à $250,000 sur plusieurs années.

Mais la grosse argent vient des redevances qui représentent au moins 12,5% de la valeur du gaz extrait des puits qui peuvent produire pour quelques années ou quelques décennies. Black pense que des fermiers dans sa région pourraient empocher de $40,000 à $90,000 par mois. "Pouvez-vous voir la réaction des gens?" demande Black. "Ils en vibrent, littéralement."

Des craintes de problèmes d'eau

Le gaz de schiste est extrait grâce à deux technologies qui ne sont pas permises en ce moment en Caroline du Nord: le forage horizontal et la fracturation hydraulique. Le forage peut creuser à plus d'un mille de profondeur pour continuer de côté pour plus d'un mille de distance du trou vertical, ce qui permet de forer sous des développements résidentiels. La fracturation, ou "fracking", est le nom donné au procédé d'injecter à grande pression de l'eau mélangée à du sable et des chimiques, ce qui fait fissurer le roc.

Le groupe d'industriels "The Marcellus Shale Coalition" qualifie les additifs du mélange comme étant bénins: du "sable de terrains de jeux" mélangé avec des produits ménagers que l'on peut trouver sous l'évier de cuisine. Des déversements accidentels ont provoqué des mortalités de poissons et font la page une des journaux depuis 2008, quand les forages ont vraiment commencés.

Parker est devenu l'un des critiques des gazières qui se fait le plus entendre. C'est une question de choix, selon Parker, mais dans plusieurs cas, les critiques ne possèdent pas les droits miniers de leurs propriétés, alors les chèques de redevances sont encaissés par l'ancien propriétaire qui a déménagé tout près ou hors région.

Il y a des opposants qui ont signé des baux mais les ententes se sont envenimées après que les puits se sont avérés moins productifs qu'on avait espéré, ce qui fait qu'on est pris avec des routes d'accès et des sites de forages mais peu de revenus pour les compenser. Dans quelques cas documentés, les propriétaires des baux ont prétendu que leurs puits avaient été contaminés, les gazières ont donc acheté leur propriété, les forçant à déménager.

Parker sait que l'interdiction de forer sur ses 7 acres est surtout un signe de protestation symbolique. Le gaz naturel se fait sucer sur des centaines d'acres autour de sa propriété, peu importe son obstination à leur tenir tête. Assis dans un fauteuil dans son salon, Parker peu à peine contenir son indignation face à ce qu'il perçoit être de l'avarice et la faiblesse humaine. Il s'avance pour insister, secouant un doigt, gesticulant. "Faire affaire avec une compagnie de gaz, c'est comme faire affaire avec le diable. Vous pouvez écrire que j'ai dit çà!" dit-il. "Toute l'affaire, c'est de la folie pure!", continue Parker, racontant l'historique du boom gazier comme il l'a vécu de son perron, en avant de sa maison. "Ils courraient ici et là comme dans une fusillade au Texas. Ils ne pouvaient pas signer assez de baux." Il récite une litanie d'allégations souvent entendues: le bruit, la pollution, des dénis et des opérations de camouflage. Sa principale peur est que les chimiques pompés sous terre avec plusieurs millions de gallons d'eau finiront par s'infiltrer, bien longtemps après que la compagnie soit partie.

Les Blacks, d'un autre côté, sont l'image même de la confiance et de l'assurance. Ils décrivent une compagnie énergétique responsable et un bon voisin corporatif qui appuie financièrement des activités sportives pour les jeunes et les foires locales. Bill Black, qui a une maîtrise en éducation, admet quelques préoccupations pour la qualité de l'eau, mais dit que forer pour du gaz naturel est bien moins envahissant que l'alternative: une mine de charbon qui étête les montagnes et met la vie des mineurs en danger tout en polluant l'atmosphère. Quand la conversation se porte sur les critiques des forages et des fracturations, Bill Black partage une théorie populaire parmi les promoteurs des forages. "Les opposants avaient probablement des puits d'eau potable contaminés depuis des années." dit-il. "Maintenant, ils profitent d'une entreprise prospère." Les Blacks ont pris des centaines de photos pour documenter le travail qui se déroulait 24 heures sur 24 sur le site de 10 acres. L'équipe de travailleurs ont pris 2 ans à défricher, forer 8 puits, enlever les boues. La fracturation hydraulique a commencé seulement la semaine passée, et l'on s'attend à ce que çà continue encore pendant plusieurs semaines. Ensuite Range Resources bouchera les têtes de puits jusqu'à ce que la compagnie puisse étendre le gazoduc jusqu'à la ferme des Black pour exploiter le gaz naturel.

"Ces gars-là conaissent leur boulot." dit Sheila Black. "Nous aimions sortir à tous les jours et les observer."
Photo: coalitionforahealthycounty.wordpress.com

"Shale gas experience: Good money, water fears

To appreciate the promise and betrayal of the nation's natural gas rush, look no further than this rural community in southwestern Pennsylvania where the 957 residents barely outnumber the dairy cows.

Like dozens of farming communities in the state, the countryside here is dotted with drill pads, derricks, compressor stations, truck convoys, earth movers, open-air reservoirs and pipelines that snake along fence lines and carry natural gas to refineries.

A similar transformation could await North Carolina, where an estimated 1,400-square-mile underground natural gas deposit is believed to lie less than a mile under rural Lee County and surrounding regions. Though only a fraction of the size of the multi-state Marcellus Shale up north, this state's 200 million-year-old shale gas deposit could also turn crossroads into boomtowns and subsistence farmers into millionaires.

But the gas rush in Pennsylvania has brought deep divisions. The construction, excavations and storage tanks in cornfields and pastures are evidence of ecological destruction to some, economic revival to others. Underlying the acrimony are lawsuits between homeowners and gas companies, local government efforts to restrict drilling, contentious town hall meetings, and persistent complaints of water contamination.

Elected officials from North Carolina recently visited Pennsylvania to learn about its experience with gas exploration in anticipation of welcoming the industry. A big draw is the 200,000-plus jobs - roustabouts, pumpers, drillers, truckers, pipe layers and others - that Pennsylvania has gained from the Marcellus Shale gas bonanza, according to state labor data. But North Carolina could also experience the bitter aftertaste of the shale gas bonanza: reports of funky water, mysterious illnesses, state investigations, moratoriums, hefty fines.

As in Pennsylvania, rural homesteads could play host to lucrative wellheads and storage tanks, while less-lucky neighbors are forced to switch to potable water that's trucked in to refill 550-gallon tanks called "water buffaloes" after the family well goes bad and has to be sealed.

"North Carolina, watch your step and look out," said Paul Parker, a retiree who spends his days trying to slow down the shale gas boom. "It turns neighbor against neighbor. A lot of friendships we had out here are lost because of the greed of the dollar."

Opponents are preparing to host public events in the Triangle this week (second of November 2011) with Pennsylvania farmers bearing horror stories: illegal chemical dumping, defective well shafts and water contamination. They are likely to mention a pair of mishaps from last week: a gas company spilled 16,800 gallons of chemical-laced water; and an overnight explosion at a natural gas pumping station required the evacuation of several dozen homes.

North Carolina is only in the beginning stages of modern energy exploration, conducting a study on the laws and regulations that would be needed to allow a controversial method of gas drilling to take place here. Still, state lawmakers have vowed to overturn Gov. Bev Perdue's veto of an energy jobs bill that would, among other things, start the process toward legalizing drilling and extracting shale gas through a process called "fracking." "Think about what it delivers: Long-term economic growth and prosperity," said Sen. Bob Rucho, a Republican from Mecklenburg County who spent several days touring drill sites in Pennsylvania with Rep. Mike Hager, a fellow Republican from Cleveland and Rutherford counties. "This is energy independence and economic independence."

Legislators return to Raleigh this week, but indicate they will not take up Perdue's veto during the brief session.

'People literally vibrated'

Parker, a retired engineering firm manager who owns 7 acres, dismisses the financial temptations as "blood money." He has refused to sell his underground gas rights to an industry he deplores, which means the gas companies can't drill under his land. He figures he has passed up as much as $100,000 in signing bonuses and royalties. He curses a 10-acre drill site that's monitored by security guards on the property of his neighbors, Bill and Sheila Black.

Just a few hundred yards up the road, it's a different story. The Blacks expect to reap more than $1 million a year in gas royalties when the eight wells on their farm begin producing. Retirees in their 70s who brought up five children on their 129 acres, they say the gas industry has brought back economic good times, saved family farms, paid college tuitions and assured comfortable retirements. "A lot of these dairy farms we have here were running almost two years in arrears in paying their bills," Bill Black says, pointing out his neighbors to the left and right. "Now I could show you new tractors, new storage sheds. The struggling farmer now holds his head up high. Not a one of them has had an issue with contaminated water."

Pennsylvania became a focal point for the gas wars when the state threw open the gates to the gas industry, becoming a living laboratory for drilling in one of the world's biggest natural gas deposits. Some geologists have estimated the Marcellus Shale, which covers more than 30,000 square miles, could supply a quarter of the nation's natural gas for a half-century.

"This industry is not without its risks, but it also represents a tremendous economic opportunity for the state," said Kevin Sunday, spokesman for the Pennsylvania Department of Environmental Protection. "When you examine the level of activity ..., you're looking at a very small percentage of incidents."

In North Carolina, the amount of natural gas trapped in the Cumnock Formation is a mere estimate. A more exact assessment from the U.S. Geological Survey might not be out until next year. Nevertheless, independent gas companies have already signed 70-some leases in Lee County, representing more than 9,000 acres, public records show. Land leases in North Carolina have gone for several dollars an acre, even less than the early leases in Pennsylvania around 2005. Pennsylvania leases that started out at about $5 per acre surged to nearly $6,000 an acre at the peak of the boom and have since leveled out at about $2,500 per acre. For a 100-acre farm, the signing bonus can come to $250,000 over several years.

But the big money comes from royalties representing at least 12.5 percent of the value of the gas pulled out of the ground from wells that can produce for several years or several decades. Black estimates that farmers in his area stand to make between $40,000 and $90,000 a month. "Can you see the reaction?" Black said. "People literally vibrated."

Water problems feared

Shale gas is extracted using two technologies not currently allowed in North Carolina: horizontal drilling and hydraulic fracturing. Drilling can penetrate more than a mile deep and then bore sideways up to a mile away from the shaft, allowing for drilling under residential developments. The fracturing, or "fracking," refers to high-pressure water, mixed with sand and chemicals, that is used to split the fissures of the shale rock.

The Marcellus Shale Coalition, an industry group, characterizes the additives as benign: "playground sand" mixed with the same kinds of household products found under the kitchen sink. Accidental spills have caused fish kills and made headlines since 2008, when drilling took off.

Parker has emerged as one of the most vocal critics of the gas industry. It's a matter of choice for Parker, but in many cases the critics don't own the mineral rights to their properties, so the royalty checks are being cashed by a former property owner who lives down the road or out of state.

Some opponents had signed leases but the deals went awry after the wells didn't produce as expected, leaving access roads and well pads but little income to show for it. In several documented cases, the lease owners alleged water contamination and the gas companies agreed to buy them out, forcing the owners to move.

Parker knows that keeping his 7 acres off-limits to drilling is largely a symbolic protest. Natural gas is being sucked out of hundreds of acres surrounding his property, regardless of his stubbornness. Seated in an armchair in his living room, Parker can't contain his outrage at what he sees as greed and human weakness. He leans forward to make a point, shaking a finger here, waving an arm there. "Doing business with the gas company is like doing business with the devil - Quote me!" he said. "The whole thing is madness," Parker goes on, recounting the history of the gas boom as seen from his front porch. "They were running around here like a Texas gunfight. They couldn't sign enough leases." He recites a common litany of allegations - noise, pollution, denials and coverups. His main fear is that the chemicals pumped underground with several million gallons of water will seep out eventually, long after the company has moved on.

The Blacks, on the other hand, present a portrait in trust and confidence. They describe a responsible energy company and a good corporate neighbor that supports local youth sports leagues and 4-H fairs. Sheila Black, a retired nurse with a ready smile, suggests watching a computer slideshow of the construction work on their property. Bill Black, who has a master's degree in education, acknowledges some concern about water quality, but says drilling for natural gas is much less invasive than the alternative: mining for coal by blowing up mountain tops and risking miners' lives and polluting the atmosphere.
When talk turns to the critics of gas drilling and fracturing, Bill Black shares a theory commonly held by drilling advocates.
"The anti-people likely had (used) contaminated water for years," he said. "Now they see someone with deep pockets." The Blacks took hundreds of photographs to chronicle the work that hummed around the clock on the 10-acre work site. It took the crews two years to clear the land, drill eight wells, remove the sludge. The hydraulic fracturing began only last week and is expected to continue for several weeks. Then Range Resources will cap the wellheads until the company can extend pipelines to the Blacks' farm to harvest the natural gas.

"Those guys are good at what they do," Sheila Black said. "We just enjoyed going out every day and seeing it.""

Excerpts of article written by John Murawski published here: http://www.charlotteobserver.com/2011/11/06/2751656/shale-gas-experience-good-money.html

Thursday, November 17, 2011

Gaz de schiste - Huntingdon et ses tentacules

Photo: canmaps.com

Les impacts des gaz de schiste au Québec viennent de se multiplier et impliquent déjà une beaucoup plus grande population. Vous pensiez que vous étiez à l'abri? Soyez-en pas si sûr!

La ville de Huntingdon se trouve sur un affluent de la rivière Châteauguay qui elle se jette dans le fleuve Saint-Laurent. Ce qui veut dire que les eaux traitées de cette ville sont jetées dans la rivière en amont de Montréal et de Longueuil, ainsi que toutes les municipalités riveraines du fleuve Saint-Laurent en aval de Montréal.

La ville prévoit non seulement traiter les eaux usées de plusieurs sites d'exploration de gaz de schiste du Québec, mais tentera de vendre son eau pour des fins de forage et de fracturation.

Ce qui veut dire que des camions citernes devront voyager allez-retour entre les sites de forages, dont le premier sera celui de La Présentation et Huntingdon. Pour faire ce trajet, les camions citernes pleins d'eaux usées de forage et de fracturation devront partir de l'autre côté de Montréal, traverser la rivière Richelieu, l'autoroute 20 (Transcanadienne), la 10 (Des Cantons de l'Est) et la 15.

Voici une reproduction d'un article dans la section Argent de Canoe:

"Huntingdon se lance dans le gaz de schiste
La Ville de Huntingdon, en Montérégie, se lance dans le traitement des eaux de fracturation du gaz de schiste.

La Ville de Huntingdon, en Montérégie, se lance dans le traitement des eaux de fracturation du gaz de schiste. Après des mois de tests et d'analyses scientifiques, la municipalité est entrée en phase d’expérimentation environnementale.

« Nous avons débuté tôt ce matin (mardi) les premiers déversements d'eaux de fracturation des bassins de La Présentation directement à notre usine de traitement des eaux usées, et tout se déroulement normalement. La Ville fait son entrée dans l'industrie gazière et ce n'est qu'un début », a précisé le maire de la localité, Stéphane Gendron, dans un communiqué de presse.

Les autorités municipales sont actuellement en train de négocier avec plusieurs entreprises de Calgary afin d'offrir le procédé de traitement des eaux de fracturation en provenance des divers sites d'exploration de gaz de schiste au Québec.

« Notre usine de Huntingdon est l'une des plus puissantes au Québec et fait partie des onze usines de traitement des eaux usées aptes à recevoir les eaux de fracturation. Ce que nous déversons aujourd'hui comporte une charge environnementale beaucoup moindre que celle du textile à l'époque (jusqu'en 2005). Il s'agit donc d'un avantage économique indéniable pour la ville et les contribuables », a indiqué M. Gendron.

Dans les mois ou les années à venir, la Ville offrira les quantités d’eau nécessaires aux diverses opérations de fracturation et d'exploration pour l'industrie gazière au Québec, et ce, « à un taux compétitif ».

« Notre usine de filtration peut fournir aisément à cette industrie, sur une base quotidienne, plus de 20 millions de litres sans affecter les besoins des citoyens et les actuels besoins industriels de la municipalité. Il s'agit pour nous d'un véritable or bleu qui nous permettra de retrouver des niveaux de revenus semblables à ceux que nous avons connus au temps des usines de textiles », a souligné le maire.

La Ville de Huntingdon se montre disposée à collaborer avec le gouvernement provincial et différentes compagnies privées pour favoriser l’exploitation du gaz de schiste aux niveaux local et régional.

Dans un mémoire que le maire Gendron a lui-même déposé il y a un an aux audiences publiques de la Commission d’enquête sur le développement durable de l’industrie des gaz de schiste au Québec, la municipalité a fait valoir qu’elle « n’est pa>s contre le développement de l’exploitation du gaz de schiste dans sa région ni même sur son territoire à condition que cette exploitation soit faite dans le respect rigoureux de l’environnement et des communautés visées. » "

Article écrit par Patrice Laflamme publié le 15 novembre 2011 ici: http://argent.canoe.ca/lca/affaires/quebec/archives/2011/11/20111115-180244.html

Note personnelle: le maire de Huntingdon n'a évidemment pas compris que plusieurs citoyens ne veulent pas se lancer dans le gaz de schiste. C'est la preuve que les opposants ont encore beaucoup de travail à faire!
Photo: marcelluseffect.blogspot.com

Huntingdon, shale gas and it's spreading tentacles.

The impacts of shale gas in Quebec just multiplied, and that means that a lot more people should get worried. You thought it had nothing to do with you? Don't be so sure!

The town of Huntingdon, on the south shore of Montreal, is on a tributary of the Chateauguay River, itself joining the St.Lawrence River further downstream. Which means that the shale gas wastewater that this city is treating in it's plant are dumped in the river upstream from Montreal (+ 1,600,000 pop.) and Longueuil (+230,000 pop.) (both cities take their drinking water from the St.Lawrence), and all the cities, suburbs and communities on the shores of the St.Lawrence downstream from Montreal, all the way to the Atlantic Ocean.

Huntingdon plans not only to treat shale gas wastewater from the well at La Présentation, but would like to accept all shale gas wastewater produced from all exploration drilling sites in Quebec. Plus, Huntingdon would like to sell it's water to all future drilling sites or fracking operations in the future in the St.Lawrence Lowlands.

This means that tanker trucks will go back and forth between the drilling sites, the first one being at La Presentation. Separating La Présentation and Huntingdon is the Richelieu River, the biggest southshore tributary of the St.Lawrence, highways 20 (Trans-Canada Highway), 10 (Eastern Townships Autoroute) and the 15.

Here's an unauthorized translation of an article found in the Money section of Canoe November 15 2011:

Huntingdon is into shale gas

The town of Huntingdon, in the Montérégie, will treat shale gas fracking wastewater. After many months of tests and scientific analysis, the municipality is now in the environmental experimental phase.

"We started early this morning (Tuesday November 15) to pour fracking wastewater from the holding ponds of La Présentation directly in our water treatment plant, and everything is going fine. The town is just starting in the gas industry and we are just at the beginning." said the mayor of the community, Stéphane Gendron, in a press release.

The municipal authorities are currently negotiating with many Calgary companies offering their services thanks to their water treatment plant facilities, hoping to accept wastewater from the many different shale gas exploration sites in Quebec.

"Our treatment plant in Huntingdon is one of the biggest in Quebec and is one of the 11 wastewater treatment plants that were designated capable of accepting fracking water. What we are treating today is much easier to treat than the textile industry's wastewater of the past (up until 2005). It is definitely an economic advantage for the city and the taxpayers." adds M. Gendron.

In the months and years to come, Huntingdon will offer sufficient volumes of water necessary for the different fracking and drilling operations involved in the exploration done by the gas industry in Quebec at a "competitive rate".

"Our water filtering plant can easily supply water to this industry, every day, for more than 20 million of liters without impacting citizens' needs and the current industrial needs of the municipality. It's really a blue golden opportunity that will let us reach incomes similar to those we had during the height of the textile industry." adds the mayor.

The Town of Huntingdon is ready to collaborate with the provincial government and the different private companies to support shale gas exploitation locally and regionally.

In a document Mayor Gendron himself presented one year ago during the public hearings of the Inquiry Commission on the sustainable development of shale gas in Quebec, the municipality had made it known that it was not against the development of shale gas exploitation in it's vicinity, not even within it's own territory, as long as the exploitation is done in strict respect of the environment and the communities involved."

Personal note: obviously, the mayor wants to ignore the population's growing opposition to the shale gas industry. Which means there's still a lot of work to be done!photo: fineartamerica.com

Wednesday, November 16, 2011

Eau potable - qualité de l'eau variable



On parle ici du Wisconsin, mais je ne peux pas m'empêcher de me poser des questions sur la situation au Québec. Si on en parle pas, çà ne veut pas dire que tout est parfait, bien au contraire!

Alors voici la traduction libre d'un article qui pourrait vous mettre la puce à l'oreille!

La qualité de l'eau variable selon les régions, les autorités disent qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter à propos des contaminants.

Une fois par semaine environ, Laurel Towns remplit ses contenants de 5 gallons avec de l'eau de robinet de sa maison pour les emmener chez ses petits-enfants dans De Pere. Elle est conseillère municipale et utilise un filtre à eau, car elle sait que les puits qui alimentent Denmark ont des niveaux de concentration de cuivre, de plomb et d'autres contaminants plus élevés que ceux de De Pere. Mais l'eau de De Pere est prélevée du lac et ajoutée de fluor, ce qui fait que la fille de Towns craint pour la santé de ses 6 enfants: "Je pense que les gens devraient pouvoir choisir s'ils veulent du fluor dans leur eau ou pas." dit Towns. "Pour le moment, elle a choisi de faire les choses comme çà."

La qualité de l'eau dans Brown County varie beaucoup d'une communauté à l'autre, ce qui donne aux résidents l'opportunité de choisir leur eau comme plusieurs gens choisissent leur maison, leur voisinage ou leur école. Bien que la région est riveraine du plus grand réservoir d'eau douce de la planète, les Grands Lacs, pas toutes les municipalités y prennent leur eau. Même les villes qui prennent l'eau du Lac Michigan utilisent différentes méthodes de traiter l'eau, ce qui donne souvent des qualités bien différente à l'eau potable.

Une analyse du journal sur les rapports sur la qualité de l'eau pour l'année 2010 a conclu que les niveaux d'arsenic, de radium, de nitrates et d'autres contaminants peuvent varier jusqu'à 100% ou plus à l'intérieur de Brown County.

Bien qu'aucune eau de ces communautés ne représente un danger de santé publique immédiat, des déviations des normes gouvernementales peuvent mettre certaines municipalités dans le pétrin. Plus tôt en octobre 2011, le département des ressources naturelles de l'état avait averti les municipalités de Green Bay et Denmark que des concentrations élevées de plomb dans leur eau exigerait plus de tests et une campagne d'information publique sur les risques à long terme sur la santé. Des traces infimes d'autres contaminants ont été mesurés ailleurs, dont de l'asbestos chez Ashwaubenon et du mercure chez Suamico, Holland et Greenleaf.

Les autorités disent que les résidents de Brown County n'ont pas à se préoccuper de la qualité de leur eau. Les effets les plus importants des contaminants élevés de la région sont un goût bien spécial que certaines personnes qualifient d'eau "de la campagne", ou "de la ville", dit Wendy Anderson, une ingénieur de qualité de l'eau pour le DNR. "Elle a un certain goût, une arôme." dit-elle. "Mais les concentrations sont loin d'être dangereuses."

L'eau souterraine

L'analyse du journal a découvert que les communautés rurales qui utilisent des puits d'eau potable sont plus susceptibles de détecter des concentrations plus élevées de contaminants que ceux qui prennent leur eau du Lac Michigan. Denmark comte les concentrations les plus élevées du comté pour le plomb, le cuivre, les nitrates, le chrome et les sulfates. Bien que les autorités locales ont songé à changer pour prendre leur eau du lac, Towns dit qu'elle ne reçoit pas de plaintes venant de résidents sur la qualité de l'eau qui vient de puits d'eau potable. "Je pense que la plupart des gens sont satisfaits." dit-ele.

Entre-temps, l'eau de puits de Holland a les plus hauts niveaux de concentration de sodium et de nickel et est égale à l'eau de Wrightstown pour son niveau de fluor. Lance Brackin, l'opérateur de l'aqueduc de Holland, dit que les niveaux de sodium sont plusieurs fois plus élevés que n'importe quelle autre communauté environnante à cause des adoucisseurs d'eau vieillissants de la ville qui sont utilisés aussi pour contrôler le niveau de radium dans l'eau. Ces adoucisseurs ont été remplacés dernièrement, ce qui a baissé la concentration de sodium considérablement, selon Brackin. Le nickel et le fluor se trouvent naturellement dans les aquifères sous Holland, ajoute-il, et la ville devrait faire des investissements importants dans son système de traitement pour contrer ces contaminants.

Suamico est aussi peu enclin à délaisser ses puits d'eau potable pour se brancher au système qui prend l'eau du lac. Le directeur des travaux publics Randy Loberger dit que çà coûterait sûrement dans les millions pour faire le changement qu'il considère ne pas être nécessaire vu la bonne qualité de l'eau disponible localement. "Nous avons nos puits." dit-il. "Nous avons déjà nos infrastructures."

Le traitement

Parmi les communautés qui prennent leur eau dans le Lac Michigan, il y a Brown County, et la moitié environ prennent leur eau de Green Bay et l'autre de Manitowoc. Le service d'aqueduc de Green Bay Water Utility dessert Green Bay, Ashwaubenon, Hobart et Scott. Manitowoc Public Utilities dessert les communautés de Allouez, Bellevue, De Pere, Howard, Lawrence et Ledgeview; tous sont regroupés sous le Central Brown County Water Authority.

Ceux qui sont desservis par Green Bay voient habituellement des niveaux plus élevés de contaminants radioactifs, tandis que ceux du système Manitowoc voient plus souvent des mesures élevées de sous-produits de désinfectants. Le rapport de 2010 nous dit aussi que l'eau de Green Bay est légèrement plus riche en sulfate, ce qui donne un certain goût à l'eau. Bill Nabak, le gérant général de l'installation de Green Bay, dit que les deux systèmes, Manitowoc et Green Bay, prennent de l'eau du lac Michigan, mais la traite différemment. Les deux traitent leur eau avec du chlore comme désinfectant, avec du fluor pour la santé dentaire. Green Bay, par contre, utilise un désinfectant de plus, tandis que Manitowoc utilise une technologie de filtration plus moderne. Nabak dit qu'il est satisfait de voir qu'excepté pour le problème de plomb dans l'eau de ce mois-ci, Green Bay respecte toutes les normes sur les limites de contaminants depuis les dernières années. Selon lui, la priorité première est de fournir de l'eau saine. "La conformité, c'est une bonne chose." dit-il. "Mais on veut toujours faire mieux."

Certaines données dans les rapports sur les qualités de l'eau publique pourraient inclure des spécimens prélevés de puits abandonnés qui doivent être vérifiés de façon soutenue même s'ils ne servent habituellement plus comme source d'eau potable. Certains rapports pourraient aussi inclure des données qui ont été colligées ou qui incluraient des changements dans le système qui auraient été implémentés avant 2010.

Les distances

Rob Michaelson, le gérant des systèmes d'eau pour le fournisseur de Manitowoc, dit que les mesures indiquant des concentrations élevées de sous-produits de désinfectants dans certaines communautés seraient causées par la distance que doit parcourir l'eau pour rejoindre ses clients. Pendant que l'eau du lac se rend vers Howard, par exemple, le chlore utilisé dans l'usine réagit avec les matières organiques dans l'eau et élève la concentration de ce que l'on appelle des acides haloacétiques et les trihalométhanes. "Les distances ont sûrement à voir dans ceci." dit Michaelson. Mais le gérant de Manitowoc dit que toute l'eau potable de la région est de bonne qualité, et les différentes communautés ont trouvé et gardé des procédés qui font l'affaire de leurs résidents.

Prenons par exemple la communauté de Wrightstown qui est à forer un nouveau puits pour fournir de l'eau à une population croissante. Dean Erickson, un conseiller municipal, dit que les résidents comprennent que faire venir de l'eau du lac Michigan par pipeline serait trop coûteux. Ils se sont aussi habitués aux imperfections de l'eau de puits du village, dont les concentrations naturelles élevées de fluor. Plusieurs résidents de Wrightstown achètent de l'eau en bouteille pour leurs jeunes enfants par précaution: ilis craignent les dangers potentiels du fluor, selon Erickson. Mais les autorités municipales, s'empresse-t-il d'ajouter, reçoivent très peu de plaintes sur l,eau. "C'est dans la nature des puits que nous avons et où nous en sommes." dit-il. "Je crois que la qualité de notre eau est aussi bonne que celle de n'importe quelle autre communauté."

"Water quality inconsistent throughout region
Officials say there's no cause for concern about contaminants

About once a week, Laurel Towns fills five-gallon plastic jugs with water at her home and hauls them to her grandchildren in De Pere. Towns, a Village Board member who uses a water filter, is aware that Denmark's wells have elevated levels of copper, lead and other contaminants when compared with De Pere. But De Pere's lake water is treated with fluoride, which Towns' daughter fears would present a greater health hazard to her six kids. "I think people should be able to make their own choices," Towns said. "She chooses to do it this way now."

Water quality in Brown County varies greatly from one community to another, giving residents an opportunity to choose their water the way many people shop for homes, neighborhoods or schools. Despite the fact that the region sits alongside the planet's largest freshwater reservoir — the Great Lakes — not all municipalities tap that resource. Even those cities that use Lake Michigan water use different treatment approaches, resulting in sometimes dramatically different water qualities.

A Green Bay Press-Gazette analysis of public water-quality reports for 2010 has found that levels of arsenic, radium, nitrate and other contaminants can vary as much as 100 percent or more within Brown County.

While no community's water presents an immediate public health threat, deviations from government standards can get a city into regulatory trouble. Earlier this month (October 2011), the state Department of Natural Resources alerted Green Bay and Denmark that heightened levels of lead in their water supplies would require more testing and public education about possible long-term health hazards. Trace quantities of other contaminants have turned up elsewhere, including asbestos in Ashwaubenon and mercury in Suamico, Holland and Greenleaf.

Officials say Brown County residents have no reason to worry about their water quality. The most noticeable effect of elevated contaminants within the region is a distinctive taste that many people describe as "country water" or "city water," said Wendy Anderson, water quality engineer for the DNR. It's giving you a flavor or a taste," she said. "But it's not near any levels that are dangerous."

Groundwater

The Press-Gazette analysis found that rural communities using groundwater wells are more likely to detect elevated levels of contaminants than those using Lake Michigan water. Denmark ranks highest in the county not only for lead, but also copper, nitrate, chromium and sulfate. Although local officials have talked about switching to lake water, Towns said she doesn't hear any complaints from residents about the quality of water being pumped from the underground wells. "I think most people are pretty happy," she said.

Holland's well water, meanwhile, has the county's highest level of sodium and nickel and is tied with Wrightstown for the most fluoride. Lance Brackin, the town of Holland's utility operator, said sodium levels several times higher than any surrounding community were caused by the town's aging water softeners, which are used to control the level of radium in the water. Those softeners since have been replaced, lowering the sodium levels significantly, Brackin said. Nickel and fluoride both occur naturally in Holland's underground aquifers, he noted, adding that the town would have to make a sizeable investment in treatment systems to combat those contaminants.

Suamico also is dissuaded by the cost of abandoning its underground wells and connecting to a lake water system. Public Works Director Randy Loberger said it would cost "definitely in the millions" to make the change, which he called unnecessary, considering the high quality of well water available locally. "We've got our wells," he said. "We've got our infrastructure in."

Treatment

Among communities that use Lake Michigan water in Brown County, about half get their water through Green Bay and half through Manitowoc. The Green Bay Water Utility serves Green Bay, Ashwaubenon, Hobart and Scott. Manitowoc Public Utilities serves Allouez, Bellevue, De Pere, Howard, Lawrence and Ledgeview, all of which are organized under the Central Brown County Water Authority.

Those served by Green Bay generally see higher levels of radioactive contaminants, while those in the Manitowoc system often see elevated measurements of disinfectant byproducts. The 2010 reports also show that Green Bay water is slightly higher in sulfate, which can give water a somewhat pungent odor. Bill Nabak, general manager of the Green Bay utility, said the two systems — Manitowoc and Green Bay — start with water from Lake Michigan, but they treat it differently. Both treat their water with chlorine as a disinfectant and with fluoride to improve dental health. Green Bay, however, uses an additional disinfectant, while Manitowoc employs a newer filtration technology. Nabak said he is pleased that, except for this month's issue with lead in the water, Green Bay has complied with all contaminant limits in recent years. Providing customers with healthy water is always the top priority, he said. "Compliance is a wonderful thing," he said. "You always want to do better."

Some findings on the public water-quality reports could reflect samples taken on abandoned wells, which must be tested regularly even though they no longer are routinely used for drinking water. Some reports also could include data that were collected or system changes that were implemented prior to 2010.

Distance

Rob Michaelson, water systems manager for the Manitowoc utilities, said his system's elevated level of disinfectant byproducts in some communities is a result of the distance that the water must travel to reach customers. In the time it takes for lake water to reach Howard, for example, the chlorine used in treatment interacts with organic materials in the water and creates heightened levels of byproducts known as haloacetic acids and total trihalomethanes. "Distance certainly plays an effect in that," Michaelson said. But the Manitowoc utility manager said all drinking water in the region is high quality, and individual communities simply have found — and stuck with — formulas that are pleasing to their residents.

Wrightstown, for example, is drilling a new well to expand its water supply for a growing population. Village Board member Dean Erickson said residents realize that piping in Lake Michigan water would be too expensive. They also have grown accustomed to imperfections in the village's wells, including high levels of naturally occurring fluoride. Many Wrightstown residents use bottled water for their young children as a precaution against the potential hazards of fluoride, Erickson said. But village officials, he added, seldom hear much complaining about the water. "That's just the nature of the wells that we have and where we're at," he said. "I believe our water quality is just about as good as any other community."

Excerpts from article written by Scott Cooper Williams for the Green Bay Press-Gazette published here:
http://www.greenbaypressgazette.com/article/20111023/GPG0101/110230616/Water-may-taste-contaminants?odyssey=tab%7Ctopnews%7Cimg%7CGPG-News

Tuesday, November 15, 2011

Gaz de schiste, diesel et abeilles - les abeilles sont perdantes

Photo: powderriverbasin

Comme si on avait besoin de d'autres bonnes raisons de ne pas permettre à l'industrie du gaz de schiste de s'installer dans la vallée du Saint-Laurent, en voici une autre de plus.

Vous inquiétez-vous de la disparition des abeilles et de la menace de perdre les petits insectes qui nous assurent de bonnes récoltes de fruits et légumes?

Hé bien, une étude britannique a récemment trouvé un lien entre les émanations produites par la combustion du diesel et des problèmes de survie des abeilles. Et on sait bien que l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste nécessite une panoplie de moteurs qui fonctionnent au diesel pour alimenter en électricité le système d'éclairage et les de surveillance d'un site de forage pour transmettre par satellite les données sur la pression, la navigation de la mèche (GPS) et le reste. D'autres moteurs au diesel fournissent les pompes, les machines à mélanger l'eau, le sable et les chimiques, la tour de forage, le forage lui-même et la mise en place des tuyaux d'acier, la fabrication du ciment pour le coffrage, la cimentation et encore des pompes. Il faut penser aussi que la plupart des camions transportant l'eau, le sable, les chimiques, sont probablement au diesel également. Les camions citernes qui transporteront ultimement les eaux usées des forages et des fracturations seront probablement carburés au diesel. Bref, cela fait beaucoup de diesel de brûlé pour sortir du gaz naturel du schiste, n'est-ce pas?

En tout cas, voici une traduction libre d'un article scientifique sur la question des abeilles et le diesel.

Le déclin global des abeilles serait causé par la pollution au diesel?

Des scientifiques enquêtent sur un lien possible entre les petites particules de pollution trouvées dans les émanations de combustion du diesel et la disparition des colonies d'abeilles au travers le globe.

Le professeur Guy Poppy, un écologiste, le docteur Tracey Newman, un neuroscientifique et leur équipe de l'université de Southhampton, croient que les particules minuscules, ou 'nano-particules' dans les émissions des moteurs diesels pourraient agir sur les cerveaux des abeilles et endommager leur système de navigation interne. Ils croient que ceci pourrait empêcher aux ouvrières de retrouver leur chemin vers la ruche.

L'équipe enquête aussi sur la possibilité que les nano-particules sont l'un des facteurs de stress qui pourraient contribuer à un point de non retour pour la santé des abeilles, ce qui ultimement mener au Syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles.

"La circulation routière au diesel augmente en Grande Bretagne, et la recherche venant des États-Unis a démontré que les nanoparticules trouvées dans les émissions peuvent nuire aux cerveaux d'animaux quand ils sont exposés à d'importantes doses. Nous voulons voir sir les abeilles sont dérangées de cette façon, et répondre à la question: pourquoi est-ce que les abeilles ne retrouvent pas leur chemin vers la ruche quand elles la laissent pour trouver leur nourriture." explique le professeur Poppy.

On estime que les abeilles contribuent pour des milliards de dollars à l'économie mondiale - 430 millions de Livres pour la G.-B. uniquement, en pollinisant les récoltes, produisant du miel et créant des emplois. Pourtant, les pertes hivernales font perdre des dizaines de milliers de ruches à tous les ans depuis 2007. Les É.-U. ont vu une baisse inexpliquée de 35% du nombre de leur ruches en 2007, 2008 et 2009. D'importantes études, dont un rapport récent des Nations Unies, n'ont pas pu trouver la cause du déclin des abeilles.

L'équipe de l'université de Southhampton, qui compte des biologistes, des chercheurs en nanotechnologie et des écologistes, testera les changements en comportements et neurologiques chez les abeilles à miel après les avoir exposé aux nanoparticules de diesel.

Le Docteur Robbie Girling, un écologiste en chimie ajoute: " Les émanations de diesel pourraient avoir un double effet: ils pourraient neutraliser la senteur des fleurs dans l'air, ce qui rend la recherche de sources de nourriture pour les abeilles encore plus difficile."

Des recherches récentes qui ont révélées encore plus d'effets des nanoparticules ont permis à des scientifiques d'enquêter sur ce lien possible avec la disparition des colonies d'abeilles. L'étude, qui durera 3 années, a été rendue possible grâce à une bourse de Leverhulme Trust.
"Are Global Honey Bee Declines Caused by Diesel Pollution?

Scientists are investigating a possible link between tiny particles of pollution found in diesel fumes and the global collapse of honey bee colonies.

Professor Guy Poppy, an ecologist, Dr Tracey Newman, a neuroscientist, and their team from the University of Southampton, believe that minuscule particles, or 'nanoparticles', emitted from diesel engines could be affecting bees' brains and damaging their inbuilt 'sat-navs'. They believe this may stop worker bees finding their way back to the hive.

The team is also investigating the possibility that nanoparticles are one of a number of stress factors that could lead to a tipping point in bee health, which in turn could contribute to bee colony collapse.

"Diesel road-traffic is increasing in the UK and research from the US has shown that nanoparticles found in its fumes can be detrimental to the brains of animals when they are exposed to large doses. We want to find out if bees are affected in the same way -- and answer the question of why bees aren't finding their way back to the hive when they leave to find food," explains Professor Poppy.

Bees are estimated to contribute billions to the world's economy -- £430 million a year to the UK alone -- by pollinating crops, producing honey and supporting employment. Yet winter losses have led to the loss of tens of thousands of beehives year on year since 2007. The US has seen a 35 per cent unexplained drop in the number of hives in 2007, 2008 and 2009. Extensive research, including a recent United Nations Report, has so far not identified the cause of bee declines.

The team from the University of Southampton, including biologists, nanotechnology researchers and ecologists will test the behavioural and neurological changes in honey bees, after exposure to diesel nanoparticles.

Chemical ecologist Dr Robbie Girling, adds: "The diesel fumes may have a dual affect in that they may be mopping up flower smells in the air, making it harder for the bees to find their food sources."

Recent research which has revealed more about the effects of nanoparticles has enabled scientists to investigate this possible link to bee colony collapse.

The three year study has been made possible by a Leverhulme Trust Research Project Grant of £156,000."

Excerpts of article published here: http://www.sciencedaily.com/releases/2011/10/111007073153.htm

Monday, November 14, 2011

Agriculture - comment régler le problème de pollution des cours d'eau?

Photo: Matt Niebuhr

Je traduis ici un article écrit en Californie, parce qu'il discute d'un problème bien familier au Québec également: la pollution diffuse venant des régions agricoles qui contamine les cours d'eau.

Les fermiers et les groupes environnementaux insatisfaits du projet de suivre les données agricoles.

Un nouveau projet de loi conçu par le gouvernement fédéral qui veut colliger de l'information sur les élevages intensifs est accueilli par des critiques de toutes parts.

Les groupes environnementaux qui font des pressions pour plus de données disent que le projet de loi ne va pas assez loin, et l'industrie agricole dit que le projet de loi demande de l'information qui est déjà disponible, et les autorités de la Californie s'inquiètent que le travail de colliger l'information pourrait devenir une tâche additionnelle pour un département qui est déjà au bout de son budget et un personnel trop peu nombreux.

"Nous sommes préoccupés par la nature limitée de la proposition." dit Jon Devine, un avocat sénior pour Natural Resources Defense Council (NRDC). "Ce genre d'options est disponible déjà depuis plusieurs années et n'a pas réussi ni à nous donner une idée d'ensemble de l'empreinte environnementale de ces fermes ni permis au gouvernement de mieux les réglementer." La nouvelle loi est mis de l'avant suite à une entente de 2010 entre l'EPA des États-Unis (U.S. Environmental Protection Agency) et 3 groupes environnementaux dont le NRDC. Les groupes avaient entamé un procès contre le gouvernement en 2008, prétendant que les eaux du pays n'étaient pas assez protégées par la pollution des élevages industriels. "Des milliers de pollueurs de fermes industrielles menacent les eaux de l'Amérique avec leurs excréments d'animaux, des bactéries, des virus et des parasites qui peuvent rendre les gens malades." dit Devine. "Plusieurs de ces immenses installations fonctionnent sans surveillance; l'EPA ne sait même pas où elles se trouvent." En ce moment, il n'existe pas d'inventaire national ou de l'état qui enregistre ces grosses fermes intensives, et les groupes environnementaux s'inquiètent que sans cette information, très peu être fait pour protéger l'air et l'eau autour d'elles.

Le nouveau projet de loi suggère 2 choix pour colliger et gérer les données. L'un exige que chaque gros élevage se rapporte directement à l'EPA: l'autre demande que seules les grosses fermes dans les bassins versants où il y a des problèmes de qualité de l'eau soumettent des rapports. À l'intérieur de chacun de ces choix, l'agence suggère plusieurs façons de ramasser l'information. Certains choix sont un rapport soumis volontairement par les propriétaires de la ferme, des agences de l'état pourraient aussi ramasser cette information pour le gouvernement fédéral, ainsi que se fier à l'information qui est déjà disponible.

"Notre première impression des exigences proposées pour la collection des données sont qu'elles ne sont pas nécessaires parce que l'information est déjà disponible pour les régulateurs." dit Ria de Grassi, porte-parole pour le California Farm Bureau Federation, un groupe d'affaires pour les fermiers de l'état.

Après avoir entendu les commentaires venant du public, l'agence décidera quel choix sera adopté d'ici l'été prochain.

L'EPA n'était pas disponible pour des commentaires.

Des groupes environnementaux et d'autres sont préoccupés depuis des décennies du fait que les excréments de ces gros élevages pourraient menacer la qualité de l'eau et la santé humaine.

Selon le gouvernement, plus de 300 millions de tonnes de fumier est généré annuellement par ces fermes industrielles. Ce qui est 3 fois plus la quantité générée par les humains de la nation.

Ce qui inquiète le plus les autorités sanitaires et les environnementalistes est que ces excréments d'animaux contiennent beaucoup de contaminants, dont des métaux toxiques, des bactéries, des virus et des produits pharmaceutiques qui pourraient tous ruisseler vers des cours d'eau si ils ne sont pas gérés convenablement.

Cette état de fait et le manque de réglementation de ces fermes ont attiré l'attention du U.S. Governement Accountability Office qui a émis en 2008 un rapport qui recommandait que l'EPA "développe un inventaire national sur les Opérations d'engraissement intensifs (CAFO: Concentrated Animal Feeding Operations)." Mais l'EPA a dit qu'il n'avait pas les données pour concevoir un tel inventaire, ni ne savait les quantités d'émissions de ces fermes. Alors, avec une série de projets de lois et des mises en demeure, l'EPA a finalement réglé un procès en mai 2010 avec le NRDC, le Sierra Club et le Waterkeeper Alliance, et ira chercher l'information nécessaire pour faire le monitorage des opérations d'engraissement d'élevages intensifs du pays.

Selon un porte-parole du State Water Resources Control Board, le nombre de grosses fermes d'élevage dans l'état de la Californie et leurs principaux cours d'eau sont relativement peu nombreux à comparé avec d'autres états. John Menke, avec le comité de l'état, dit que la plupart des grosses fermes laitières sont dans Central Valley, tandis que d'autres, la plupart des plus petites fermes avec moins de 300 animaux sont dispersées un peu partout. Il dit qu'il n'a pas d'objections à ce que l'EPA collecte l'information de chacune des fermes en Californie qui pourraient être considérées comme étant des CAFO, plus de 1,000 bêtes pour des fermes laitières, mais son agence n'a pas le personnel pour le faire. Il dit que son bureau reçoit peu d'appels ou de plaintes sur la qualité de l'eau près de ces fermes, alors cela ne préoccupe pas beaucoup son bureau.

"C'est çà le problème avec des lois nationales." dit-il. "Elles optimisent pour les cas récurrents, en général dans le Midwest, qui n'est pas du tout comme ce qui se fait ici."
"Farmers, environmental groups unhappy with plan to track farm data

A new proposal by the federal government to collect information on large factory farms is being met by nearly universal disgruntlement.

Environmental groups pushing for more data say the proposed rule isn’t strong enough, the farming industry says the proposed rule requires information that is already available, and California state officials worry that the burden of information collection might fall on their already cash-strapped and minimally staffed offices.

“We’re concerned by the limited nature of the proposal,” said Jon Devine, a senior attorney with the Natural Resources Defense Council. “These kinds of options have been available for many years and have not been successful in either giving us a complete picture of these farms’ environmental footprint or allowing the government to adequately regulate them.” The new rule is being proposed in response to a 2010 settlement agreement made between the U.S. Environmental Protection Agency and three environmental groups, including the Natural Resources Defense Council. The groups sued the government in 2008, saying not enough was being done to protect the country’s water from factory farm pollution. “Thousands of factory farm polluters threaten America’s water with animal waste, bacteria, viruses and parasites that can make people sick,” Devine said. “Many of these massive facilities are flying completely under the radar; EPA doesn’t even know where they are.” There is currently no national or state inventory that lists these large, concentrated animal farms, and environmental groups are concerned that without this information, little can be done to protect the air and water near them.

The new ruling proposes two options for collecting and managing data. One requires that every large animal farm report directly to the EPA; the other requires reporting only from large farms in watersheds where there are concerns about water quality. Within each of these options, the agency suggests different ways of collecting information. Options include voluntary submission from farm owners, state agencies collecting the information for the federal government and reliance on information that's already available.

“Our first impression of the proposed data collection requirements are that they are unnecessary because the information is already available to water-quality regulators,” said Ria de Grassi, spokeswoman for the California Farm Bureau Federation, a trade group for state farmers.

After the agency has heard from the public, it will decide which option to go with by next summer.

The EPA could not be reached for comment.

Environmental groups and others have been concerned for decades that waste from these large farms could threaten water quality and human health.

According to the government, more than 300 million tons of manure is produced every year at these factory farms. That is more than three times the amount people generate nationwide.

Most concerning to health officials and environmentalists is that this animal waste contains a lot of contaminants, including toxic metals, bacteria, viruses and pharmaceuticals that can all leach into waterways if not disposed of correctly.

The situation and lack of regulation of these farms caught the attention of the U.S. Government Accountability Office, which in 2008 issued a report recommending that the EPA “develop a national inventory of permitted Concentrated Animal Feeding Operations.” But the EPA said it didn’t have the data to build such an inventory, nor did it know the amount of discharge produced at these farms. So, through a series of proposed rulings and legal challenges, the EPA finally settled a lawsuit in May 2010, filed by the Natural Resources Defense Council, Sierra Club and Waterkeeper Alliance, to get the information needed to monitor the country’s concentrated animal feeding operations.

According to a spokesman for the State Water Resources Control Board, the number of large animal farms in the state (California), and their threat to waterways, is relatively small in comparison to other states. John Menke, with the state board, says most of the large dairy farms are in the Central Valley, while others – mostly smaller farms, with fewer than 300 animals – are scattered elsewhere. He said he’s fine with the EPA collecting information from each of the farms in California that would qualify as a large concentrated animal farm – more than 1,000 head for dairy farms – but his agency doesn’t have the manpower to do it. He said his office gets few calls or complaints about water quality near these farms, so it hasn’t been a big concern for his office.

“That’s the problem with national regulations,” he said. “They optimize for a familiar situation … generally the Midwest, which is not the same as here.”"

Excerpts of article written by Susanne Rust published in California Watch here: http://californiawatch.org/dailyreport/farmers-environmental-groups-unhappy-plan-track-farm-data-13462
Photo: Agriréseau