Friends of the Richelieu. A river. A passion.



"Tout cedit pays est fort uny, remply de forests, vignes & noyers. Aucuns Chrestiens n'estoient encores parvenus jusques en cedit lieu, que nous, qui eusmes assez de peine à monter le riviere à la rame. " Samuel de Champlain


"All this region is very level and full of forests, vines and butternut trees. No Christian has ever visited this land and we had all the misery of the world trying to paddle the river upstream." Samuel de Champlain

Monday, June 18, 2012

Démolir les barrages, guérir les rivières


Partout aux États-Unis (NDLR: Contrairement qu'au Québec!), les barrages sont démolis pour redonner une nouvelle vie aux écosystèmes des rivières. John Catena est superviseur de l'équipe de restoration de la région nord-est de la National Oceanic and Atmospheric Administration. Il est en entrevue avec Bruce Gellerman pour expliquer comment la démolition d'un barrage non seulement permet la migration des poissons, elle améliore les communautés locales.

Gellerman: Je suis à Somerville, au Massachusetts, pour l'émission Living on Earth.

G.: Plus tôt ce mois-ci, des membres de la tribu Penobscot a tenu une danse rituelle honorifique sur les rives de la rivière Penobscot dans le Maine. La cérémonie soulignait la destruction du barrage Great Works Dam qui avait été construit il y a de cela 125 ans. Ce barrage avait contribué à transformer la rivière Penobscot, la 2e plus importante rivière de la Nouvelle Angleterre, pour lui donner la réputation de l'une des rivières les plus menacées de la nation. Ken Salazar, le secrétaire de l'intérieur des É.-U. était là pour observer les équipes de démolition qui commençaient à démolir le barrage.

Salazar: C'est en effet un moment marqué de l'histoire de la rivière Penobscot et un parfait exemple à imiter pour le Maine et les États-Unis qui a pris du temps à enfin se réaliser.

G.: La démolition du Great Works Dam est un projet de $62 millions mené par le National Oceanic and Atmospheric Administration. John Catena est le superviseur en restauration pour NOAA de la région nord-est.

Catena: Hé bien! Il y a beaucoup d'avantages. Permettre au poisson de retourner à leurs endroits de fraie où il peut se reproduire. C'est un fait que les poissons peuvent migrer des océans en montant dans ces rivières ont besoin de ces lieux de fraie pour se reproduire et compléter leur cycle de vie. C'est le bienfait principal de ces projets: c'est de retourner les poissons vers leurs sites de fraie, leur permettre de se reproduire, de rétablir leurs nombres dans les rivières.

Ce qui mène à une suite d'effets comme la nourriture d'autres oiseaux qui se nourrissent de ces espèces de poissons. Cela permettra sûrement aux pêcheurs sportifs de revenir dans la rivière pour pêcher ces espèces qui pourront retourner à la mer. Historiquement, ces poissons étaient la proie de la morue, de l'aiglefin, du tassergal, du thon, et plusieurs autres espèces; alors lorsque nous tentons de rétablir les populations de poissons dans ces rivières en démolissant ces barrages, cela a des effets positifs pour l'océan également.

G.: Il n'y a pas si longtemps, j'imagine qu'il y avait environ 3,100 saumons qui remontaient cette rivière.

C.: En fait, juste l'année passée! C'était une année record pour les saumons qui revenaient monter la rivière. Habituellement, ils sont environ de mille à 1,500 dans la Penobscot.

G.: Et ce barrage a été construit il y a 125 ans?

C.: Hé bien, les chiffres avancés sont environ 100,000. Est-ce vrai? C'est difficile à dire.

G.: Si je comprends bien, sur l'une des rivières, la Kennebec au Maine, le gaspareau est passé de zéro à 3 millions?

C.: Oui, la rivière Kennebec est un excellent exemple de réhabilitation de rivière. Le premier barrage qui a été démoli sur ce système est le barrage Edwards Dam qui a été démoli en 1999. Et vous avez raison: il n'y avait pas de gaspareau qui remontait cette rivière à ce moment-là.

L'état du Maine a été très agressif à vouloir refaire les populations de cette rivière en l'ensemencement: en prenant des gaspareaux de d'autres endroits dans l'état et en les déposants dans des étanges en amont. Cela a permi d'être prêt et augmenter la population pour qu'elle augmente en temps voulu. Nous sommes à environ 3 millions de poissons dans cette rivière maintenant.

G.: Je sais que 1,000 barrages ont été démolis aux É.-U. depuis ce dernier siècle.

C.: En effet.

G.: Mais il y a environ 66,000 barrages aux États-Unis!

C.: Oui. C'est encourageant parce que le mouvement a pris de l'ampleur. Les communautés qui s'intéressent à démolir les barrages a pris de l'ampleur depuis les 5 ou 10 dernières années.

Le public s'y est intéressé, ainsi que le Congress et les différentes agences gouvernementales, et ce n'est pas seulement les avantages financiers qui nous intéressent dans notre agence, les pêcheries, mais souvent ces barrages sont un problème local pour ces communautés, des dangers publics, des risques financiers parce qu'ils sont mal entretenus.

Ils sont là depuis une centaine d'années et ne servent plus. Nous avons beaucoup parlé de la Penobscot qui a des installations de production d'électricité, mais la plupart des projets sur lesquels nous travaillons sont des vieux barrages à moulin.

G.: Alors, où sont ces barrages qui se font démolir? La côte est, ouest? Dans le centre du pays?

C.: Hé bien, c'est vraiment partout au pays. Je me concentre surtout dans le nord-est des É.-U., du Maine jusqu'en Virginie, et parce que le nombre de barrages dans ma partie du pays datent de la révolution industrielle, il y a des milliers de projets en vue. Alors, il y a certainement une concentration de barrages qui se font démolir dans le nord-est, et je dirais qu'ensuite, c'est le nord-ouest du pays qui est la prochaine région propice à ces démolitions.

G.: En effet, le plus gros barrage démoli l'an passé a été le Elwha Dam.

C.: Oui, le Elwha dam.

G.: Ce qui est curieux, par exemple, c'est que pendant que nous démolissons nos barrages, ou le nombre de barrages construits depuis plusieurs siècles que nous voulons démolir, des pays en développement sont en train d'en construire. Je pense au Belo Monte Dam au Brésil. Et les autres barrages, il y en a beaucoup.

C.: Oui, en Chine et au Brésil en particulier, on est très fort à chercher des endroits pour produire de l'hydro-électricité et s'en servir pour d'autres fins. Et vous avez raison: notre pays a vécu tout çà il y a longtemps, et ces pays vivent les mêmes problèmes quand ils y songent pour encourager le développement, et j'espère qu'ils tiendront compte des leçons que nous avons apprises ici: les besoins des montées de poisson.

G.: Alors, si nous avons quelques 66,000 barrages aux É.-U., et nous en avons démoli seulement 1,000 depuis 100ans, combien de barrages pensez-vous devraient être démoli?

C.: Oui, hi, hi! Çà, c'est une bonne question! Je ne pense pas que nous avons mis des chiffres là-dessus! Nous sommes à travailler très fort pour regarder partout dans notre région des É.-U., dans le nord-est, du Maine jusqu'en Virginie, afin d'identifier les rivières les plus menacées et améliorer le sort des espèces qui nous tiennent à coeur. Nous voulons commencer à travailler et se concentrer sur ces bassins versants prioritaires.

Mais nous parlons sûrement de milliers de barrages qui devront être démolis pour aider vraiment les populations de poissons et les ramener là où elles devraient être. Alors c'est un travail à longue haleine; nous ne faisons que commencer; çà ne fait vraiment que 5 à 10 ans que les choses commencent à avancer. Nous avons pris quelques centaines d'années pour causer ces problèmes, alors cela va prendre du temps à les résoudre.

G.: John Catena est le superviseur de la restauration pour la région nord-est du National Oceanic and Atmospheric Adminstration. Merci pour l'entrevue, John.

C.: Oh, vous êtes bienvenu! C'était un plaisir!
"Removing Dams Healing Rivers

Dams are coming down across the United States, giving new life to river ecosystems. John Catena supervises National Oceanic and Atmospheric Administration’s Northeast restoration team. He tells host Bruce Gellerman that dam removal not only clears the way for migrating fish, but also helps improve local communities.
Transcript

GELLERMAN: From the Jennifer and Ted Stanley Studios in Somerville Massachusetts, it’s Living on Earth. I’m Bruce Gellerman.

[CHANTING, DRUM BEAT]

GELLERMAN: Earlier this month, members of the Penobscot tribe held a ritual honor dance on the banks of the Penobscot River in Maine. The ceremony helped mark the destruction of the Great Works Dam.

It was built 125 years ago and over time helped turn the Penobscot - the second largest river in New England - into one of the most endangered rivers in the nation. U.S. Interior Secretary Ken Salazar was on hand as wrecking crews started to take the dam down.

SALAZAR: Alright, so this historic moment on the Penobscot River, this great example for Maine and for the United States of America, has finally come.

GELLERMAN: Dismantling the Great Works Dam is a 62 million dollar project led by the National Oceanic and Atmospheric Administration. John Catena is NOAA's Northeast Regional Supervisor for Restoration.

CATENA: Well, there’s multiple benefits. Getting fish back up into their grounds where they can reproduce; it’s a basic fact that fish that migrate from the ocean into these rivers need to get to their spawning grounds to reproduce and live out their lifecycle. And so that is the basic benefit of these projects; it's to get these fish back to their spawning grounds, allow them to reproduce, repopulate the rivers.

That leads to a whole cascading effect of feeding other birds that prey on these kinds of fish. Certainly allowing fishermen to get out on the river again, and fish for these species and get back out into the ocean. These fish historically were prey to cod, haddock, bluefish, tuna - any number of different species - and so as we attempt to populate these rivers with these dam removal projects, it has benefits out into the ocean very significantly.

GELLERMAN: I guess not too long ago there were about thirty one hundred salmon that were making their way down the river.

CATENA: Just last year, in fact. There was a record year for salmon returns. They’re typically on the Penobscot maybe on the order of one thousand to fifteen hundred.

GELLERMAN: And 125 years ago before this dam was built?

CATENA: Well, numbers that are thrown around are about one hundred thousand - do we know that for a fact? You know, it’s tough to say.

GELLERMAN: I understand that on one of the rivers, the Kennebec in Maine, they went from zero alewife, little tiny fish, to three million.

CATENA: Yeah, the Kennebec River is a great success story. The first dam that was removed on that system is the Edwards Dam - came down in 1999. And you’re correct - there were no alewives that were running in that river at the time.

The state of Maine was very aggressive in trying to repopulate that river by stocking - taking alewives from other locations in the state - putting them in those ponds upstream; that allowed to get a jumpstart on the population and the population has just taken off like a rocket, so it’s… we’re now at about three million fish in that river.

GELLERMAN: I know that, finally, a thousand dams had come down in the United States over the last century.

CATENA: Yeah.

GELLERMAN: There are like 66,000 dams in the United States!

CATENA: Yeah. It’s been terrific because we’ve really built a lot of momentum. The community that’s interested in dam removal over the last five to ten years really has seen these projects grow tremendously.

There’s been interest on the part of the public, on the part of the Congress, on the part of the Agencies, and it’s not only the benefits that we care about at our agency - that is the fisheries benefits - but oftentimes these are local liabilities to communities, they are safety hazards, they are financial liabilities because they’re in disrepair.

They’ve been sitting there for 100 years, they’re no longer in use now… we’ve talked a lot about the Penobscot, which are hydroelectric facilities, but most of the projects that we work on are old mill dams.

GELLERMAN: So, where are these dams coming down? East coast, west coast? Middle of the country?

CATENA: Well, it’s really all over the country. My area of focus is in the Northeastern United States - from Maine to Virginia - and because of the number of dams the industrial revolution in our part of the country here - there are just thousands of opportunities. So there is a concentration certainly of dams coming down in the northeast and then I’d say in the Northwestern United States is probably the other hotspot for dam removals.

GELLERMAN: Yeah, last year I guess the biggest dam of all came down - the Elwha Dam.

CATENA: The Elwha dam, right.

GELLERMAN: What’s curious is that, while we’re taking down our dams - or want to take down many of the dams that we have over these many centuries - countries that are developing are building dams - I’m thinking of the Belo Monte Dam in Brazil. And the other dams - they’ve got scores of dams.

CATENA: Yeah, China and Brazil in particular are going very strong in looking at hydroelectric production and other uses for dams. And you’re right - our country went through it a long time ago and those countries as a means of development are looking at the same type of issue, and I just hope that they’re taking into account the kind of lessons that we’ve learned here – in taking into account fish passage needs.

GELLERMAN: So, if we have something like 66,000 river dams in the United States, and we’ve only removed 1,000 over the last 100 years - how many dams do you think should come down?

CATENA: (Laughs.) Yeah, that’s a great question. I don’t think we’ve quantified that. We are going through an effort to really look throughout our region of the United States - in the Northeast from Maine to Virginia - to identify the most critical rivers for the benefit of the species that we care about and really start working and attacking those priority watersheds.

But it’s certainly in the thousands that need to be coming down to help really get the populations back where they need to be. So this is a long term effort, it’s really just starting, again it’s been in the last five to ten years when things have started to pick up. We took a couple hundred years to make these problems, so it’s going to take some time to resolve them.

GELLERMAN: John Catena is Northeast Regional Supervisor for Restoration with the National Oceanic and Atmospheric Administration. John, thank you for coming in.

CATENA: Oh, you're welcome. Excellent.

Link: http://www.loe.org/shows/segments.html?programID=12-P13-00024&segmentID=1


Sunday, June 17, 2012

La pollution qui rend timide


Je traduis ici un texte trouvé sur un site discutant d'un autre effet du bisphénol A (BPA) sur la santé humaine. On prend peu au sérieux l'influence du produit sur le comportement social, mais il ne faudrait pas prendre à la légère la difficulté à se faire des amis, à s'intégrer à la société, à se sentir à l'aise dans un groupe. Croyez-moi, je sais de quoi je parle...

Vous n'avez pas d'amis? Cela pourrait être la faute du BPA.

Le composé chimique BPA a été lié à une panoplie de problèmes de santé. Maintenant, il y a un nouveau problème qui pourrait s'ajouter à la liste: les souris qui ont été exposées au BPA n'était pas aussi sociables que les autres souris.

Parmis tous les composés chimiques potentiellement toxiques, très peu ont reçu tant de mauvaise presse que les BPA, un composé chimique qui imite les hormones œstrogènes qui est utilisé dans la fabrication de plastiques qui est un perturbateur endocrinien associé avec l'obésité, des changements neurologiques et une augmentation de cancers. Mais oubliez votre santé physique pour le moment: il semblerait que le BPA pourrait aussi vous rendre moins agréable en société.

L'étude publiée tout dernièrement dans la revue scientifique Endocrinology et menée par des chercheurs à l'université de la Virginie et du Missouri, consistait à ajouter une dose de BPA dans le plasma maternel de souris à des concentrations semblables à celles trouvées dans le sang de la plupart des Américains, pour ensuite observer le comportement de leur progéniture.

Le résultat: l'exposition au BPA pendant la gestation affecte l'expression des gènes impliqués dans le comportement social, spécifiquement la première génération de souris avaient moins d'interactions sociales avec ses congénères et les mâles juvéniles avaient moins le goût de passer du temps avec des mâles adultes. Les effets perduraient pendant les 4 prochaines générations de souris.

Ce n'est pas trop surprenant que le BPA serait la cause de cela. Comme nous l'avons déjà mentionné, c'est un produit chimique qui agit comme un perturbateur endocrinien. Les hormones stéroïdes (qui font parti du système endocrinien) agissent sur les gènes pour les produits comme la vasopressine et l'oxytocine, qui sont des produits chimiques qui jouent un rôle clé dans l'expression des comportements sociaux. L'oxytocine, par exemple, nous aide à faire confiance aux autres. Un produit chimique qui dérangerait ce système pourrait provoquer des changements dans nos comportements en société.

Ce n'est pas parce que les chercheurs ont observé des changements de comportements sociaux chez les souris que cela veut dire que les humains qui sont exposés à des concentrations importantes de BPA, et cela veut dire la plupart d'entre nous, vivraient des changements semblables. Par exemple, manger du yogourt fait des testicules plus gros chez les souris, mais pas nécessairement chez l'humain. Mais les chercheurs nous font remarquer que puisque le BPA provoque des changements dans les interactions sociales à une dose d'un niveau rapporté chez l'humain, c'est possible que ce composé chimique pourrait agir sur le comportement humain sur plusieurs générations. Si l'on compare les autres problèmes de santé liés au BPA, toutefois, la timidité n'est pas le pire.
Des objets qui contiennent du BPA

"Have No Friends? It Might Be BPA’s Fault

The chemical compound BPA has been linked to a host of bad health problems. Now there is a new problem it may be blamed for: Mice exposed to BPA just aren’t as social as other mice.

Among potentially toxic chemical compounds, few have been vilified in the public eye as much as BPA, an estrogen-mimicking compound used in plastic production that acts as an endocrine disrupter and has been linked to obesity, neurological changes, and increased risk of cancer. But forget your health; now it seems that BPA might make you a less fun person.

The study, published this week (first of June 2012) in the journal Endocrinology and conducted by researchers at the University of Virginia and University of Missouri, put a dose of BPA into maternal mouse plasma--comparable to concentrations found in the blood of most Americans--and examined the behavior of their offspring.

The result: Gestational BPA exposure affected gene expression involved in social behavior--specifically, the first generation of mice exhibited fewer social interactions with their peers and less of a desire to spend time with adult males among juvenile males. The effects continued on into the next four generations of mice.

It’s not too surprising that BPA would do this. As we mentioned, it’s an endocrine-disrupting chemical. Steroid hormones (part of the endocrine system) regulate genes for things like vasopressin and oxytocin, which are chemicals that play a key role in expressions of social behavior. Oxytocin, for instance, helps us trust others. A chemical that disrupts that system could create changes in our social behavior.

Just because researchers found social changes among mice doesn’t mean that humans exposed to significant levels of BPA--that’s most of us--exhibit similar changes (just like eating yogurt might only make mice, not human, testicles larger). But, the researchers note, "Because exposure to BPA changes social interactions at a dose within the reported human levels, it is possible that this compound has transgenerational actions on human behavior." Considering the laundry list of other health problems linked to BPA, however, shyness doesn’t seem so bad."

Link: http://www.fastcoexist.com/1680005/have-no-friends-it-might-be-bpas-fault


Saturday, June 16, 2012

Des égouts dans la rivière Richelieu

Des centaines de débordements d'égouts directement dans le Richelieu ont lieu chaque année à Saint-Jean.
Photo: Karine Guillet
"SAINT-JEAN-SUR-RICHELIEU - Des excréments, des serviettes hygiéniques et des condoms, flottaient près des berges du Richelieu, vis-à-vis de la station de pompage de la rue Champlain, à Saint-Jean-sur-Richelieu, dimanche de la semaine dernière.

Alerté par des citoyens dégoutés, L’Écho de Saint-Jean-sur-Richelieu s’est rendu sur place pour constater le phénomène, en début de semaine. L’endroit a été localisé en moins de deux, puisqu’une forte odeur émanait de cette zone, et que plusieurs détritus jonchaient la grève. D’autres résidus dérivaient à quelques pieds du bord.

La Ville se questionne

Benoit Fortin, directeur du Service d’infrastructures et de gestion des eaux à la Ville de Saint-Jean, s’explique par ailleurs difficilement le fait que des détritus aient pu remonter à la surface de la rivière vis-à-vis le poste de pompage de Champlain la semaine dernière.

« Je comprends les inquiétudes des citoyens. Je ne sais pas d’où proviennent les choses qui ont remonté à la surface, dit-il. Je suppose que le contrôle du niveau de l’eau dans les écluses peut avoir eu une incidence. »

Il assure toutefois que ces résidus ne proviennent pas d’un débordement dans le réseau du poste de pompage Champlain, puisque le canal se jette à près de 250 pieds du bord de la berge et qu’aucun débordement n’a eu lieu dans la portion du réseau du poste de pompage de la rue Champlain au cours des derniers jours.

Une situation fréquente

Selon les données du plus récent rapport d’évaluation de performance des ouvrages municipaux d’assainissement des eaux publié par le Ministère des Affaires municipales en octobre 2011, 580 débordements ont eu lieu à Saint-Jean en 2010. Sébastien Marquis, surintendant à l’usine de traitement des eaux usées de la municipalité, confirme ces données.

« Il peut y avoir plusieurs centaines de débordements par année dans l’ensemble du réseau à Saint-Jean. Ce sont des eaux usées et non traitées qui s’en vont directement dans le Richelieu. Tout ce qui passe par les égouts sanitaires peut s’y retrouver. Je ne dirais pas que c’est normal, mais c’est toléré. Dans le meilleur des mondes, il faudrait avoir un réseau qui absorbe le surplus d’eau, mais ce n’est pas le cas », explique-t-il, ajoutant que ces débordements surviennent entre autres parce que la ville de Saint-Jean a un système d’égout combiné dans ses plus vieux quartiers, comme le Vieux-Saint-Jean et Saint-Edmond.

Ce réseau transporte à la fois l’égout sanitaire et pluvial. Ces systèmes plus anciens ont été conçus pour déborder à la rivière quand il pleut, de façon à éviter des inondations et des refoulements d’égout. M. Marquis a aussi précisé que les débordements surviennent lorsqu’il y a de fortes pluies ou en situation d’urgence lors de bris dans le réseau. Aucun déversement par temps sec n’est admis par le ministère de l’Environnement.

Des citoyens condamnent cette pratique

Les citoyens, qui ont été rencontrés jeudi sur le sentier du Canal-de-Chambly, trouvaient inacceptable le fait que les égouts sanitaires de la ville se déversent directement dans le Richelieu. Nadine Trudeau, une résidante de Saint-Jean qui marche souvent près de la rivière, est outrée qu’autant de déversements aient lieu chaque année.

« Dans un contexte où le gouvernement prône l’assainissement des cours d’eau et des berges, c’est absurde que des égouts soient déviés des centaines de fois tout droit dans les rivières comme ici à Saint-Jean. C’est dégoûtant de voir des canards patauger là-dedans. C’est sans compter l’odeur », clame-t-elle.

Julie Vincelette est du même avis.

« Le Richelieu est moins pollué qu’avant, mais il y a place à amélioration. Des déversements directement dans la rivière, ça ne devrait jamais arriver. Il va falloir que les citoyens s’en mêlent pour faire bouger les choses », lance-t-elle.

Même son de cloche du côté de Michel Bérubé, un habitué du Canal-de-Chambly.

« Je marche régulièrement sur le bord du Richelieu et ça sent mauvais ici (en face du poste de pompage sur Champlain). Je sais que la Ville rejette des déchets dans la rivière. C’est déplorable! Quand nos poubelles sont pleines, nous ne les mettons pas dans la rue », image-t-il.

France Lachance, n’en revient pas.

« C’est inconcevable qu’on rejette de la cochonnerie comme ça dans les cours d’eau, fait-elle valoir. Je suis amatrice de kayak et je ne viendrais pas me promener près d’ici (site de déversement). »

Daniel Green lance un appel à tous

L’environnementaliste Daniel Green croit qu’il devrait y avoir davantage de citoyens formés à la surveillance des cours d’eau du Québec, pour pallier le manque d’inspecteurs en environnement.

« Le ministère de l’Environnement ne peut pas tout faire. Davantage de citoyens devraient avoir la formation pour vérifier eux-mêmes la qualité des cours d’eau », dit M. Green, qui est aussi toxicologue et co-président de la Société pour vaincre la pollution (SVP).

L’environnementaliste a lancé en 2007 le programme RIVE, qui vise à faire le dépistage et la surveillance communautaire des lacs et des cours d’eau du Québec. Coordonné par la SVP, l’organisme Eau Secours! et la Fondation Rivières, le programme permet aux citoyens de faire eux-mêmes, à coût minime, des analyses d’eaux de surface, de faire l’inventaire des points de pollution d’un cours d’eau et de dénoncer toute activité illégale de déversement ou de pollution.

Indépendance

Daniel Green croit que la force des « inspecteurs-citoyens » est leur indépendance face au gouvernement. « On a créé les réseaux de bassin versant pour faire entre autres des missions d’échantillonnage et pour rendre publique la qualité des eaux. Dans certains cas, il est arrivé que le résultat des tests soit rendu public longtemps après l’échantillonnage », dit-il. Il croit que les organismes de bassins versants (OBV) font du bon travail, mais ont les mains liées par leur statut d’organisme subventionné. « Il y a souvent des conflits d’intérêts dans les OBV, car certaines municipalités siègent à leur conseil d’administration », précise-t-il.

Transparence

« La moindre des choses serait que les municipalités avertissent les gens lors de déversements, en mettant des affiches, pour éviter les risques d’exposition avec de l’eau contaminée, notamment lors de la pratique d’un sport récréatif comme la pêche », dit M. Green."

Article écrit par Jean-François Guillet publié dans L'Écho de Saint-Jean-sur-Richelieu

Lien: http://www.hebdosregionaux.ca/monteregie/2012/05/23/des-eaux-usees-directement-dans-la-riviere

NDLR: Je ne comprends pas que les gens continuent à se baigner, à pêcher et manger leurs prises et les activités nautiques persistent, malgré toute cette merde qui aboutit dans la rivière! Et on ne parle ici que de la merde humaine! Quoi penser de tout ce purin brut épandu dans les champs juste avant une ondée annoncée! Même les cochons vivent dans des conditions sanitaires plus acceptables...

Friday, June 15, 2012

Les arbres ne sont pas des poteaux


J'ai toujours déploré les pratiques modernes des monocultures, que ce soit en agriculture, en sylviculture, ou tout simplement en aménagement urbain.

Les humains tendent à penser que les arbres sont des poteaux de téléphone qui poussent en solitaires, au lieu de les considérer comme des êtres vivants qui font partie d'un écosystème qui les soutient, qui les enrichit, qui les nourrit. C'est comme placer un humain isolé dans une cellule, sans contacts avec d'autres, et s'attendre à ce qu'il apprenne plus vite parce qu'il ne se fait pas distraire par les activités routinières de la vie en communauté.

Voyez par exemple ce qu'on a fait aux bien-aimés arbres de Michel Chartrand (lui qui aimait tellement "ses" arbres!) sur son terrain à Richelieu, tout çà pour pouvoir construire une maison de plus sur son domaine maintenant subdivisé.


Des géants solitaires, les arbres de nos forêts? En fait, ils tissent des liens sous terre, entremêlant discrètement les doigts de leurs racines. C'est ce qu'ont découvert Annie DesRochers, professeure et chercheuse à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, et son étudiante Émilie Tarroux.

Elles savaient que les racines de certaines essences se greffent les unes aux autres, ce qui apparaissait comme un rare accident dont on prenait connaissance fortuitement - au moment d'un déracinement, par exemple.

Elles ont creusé la question pour le pin gris, essence très prisée par l'industrie forestière de la région. Sur des superficies de 50 m2, leur équipe a dénudé les racines de pins gris en utilisant, plutôt que l'épuisante pelle, les lances d'incendie à haute pression des pompiers forestiers.

Surprise: «Plus de la moitié des arbres, dans un peuplement qu'on excave, sont reliés à leurs voisins par des greffes», indique Annie DesRochers.

Ce ne sont pas les radicelles qui s'unissent, mais plutôt les fortes racines à proximité des troncs. Puisque l'écorce doit se rompre pour que les tissus s'amalgament, Annie DesRochers croit que les frottements induits sous terre par la poussée du vent pourraient produire les conditions nécessaires à ces mariages.

La question: ces greffes sont-elles utiles? En biologie, un phénomène ne s'installe et ne perdure que s'il augmente la valeur d'adaptation de l'espèce, rappelle-t-elle.

Et en effet, «on a observé que les arbres qui formaient des greffes avaient une meilleure croissance que ceux qui n'en formaient pas», explique-t-elle. Ils fondent ainsi une communauté de partage de l'eau et des nutriments.

La sylviculture peut en tirer des leçons capitales. Selon le principe que les arbres sont en compétition, l'industrie forestière fait des coupes d'éclaircissement pour favoriser la croissance des arbres restants - pratique qui donne souvent des résultats décevants. Annie DesRochers et Émilie Tarroux apportent une explication à ce phénomène: l'arbre qui demeure uni à une souche voisine par ses racines voit ses forces vives drainées par son conjoint arasé.

L'INSTITUTION: l'Université du Québec en Abitibi- Témiscamingue (UQAT)

LA RECHERCHE: les arbres greffent leurs racines pour leur bénéfice commun

UNE APPLICATION: corriger des idées reçues en sylviculture

Lien: http://affaires.lapresse.ca/portfolio/recherche-universitaire/201206/12/01-4534044-ces-arbres-unis-pour-la-vie.php


Tree roots unite for life

Are the giant trees in our forests live like solitary giants? In fat, they form a web of life underground, interweaving their roots out of sight. This is what Annie DesRochers discovered: she teaches and does research at the Université du Québec in Abitibi-Témiscamingue and found out this surprising symbiose with her student Émilie Tarroux.

They knew roots of some tree species graft themselves to each other, but that seemed to be accidental, something we found about by accident, during a windfall, for example.

They tried to find out more about the subject, especially when it came to the Jack Pine, a species very much desirable by the forest industry of her region. On surfaces of 50 square meters, their crew unearthed the roots of Jack Pines by using high-pressure forest firemen hoses instead of shovels.

A surprise was waiting for them: "More than half the trees of a colony we unearthed are joined with their neighbors by grafts." says Annie DesRochers.

The trees are not joined by rootlets, but rather by the big strong roots near the trunk. Since the bark has to be severed in order for the tissues to bond, Annie DesRochers beleives that the rubbing going on underground caused by the trees swaying in the wind could be the source of the conditions needed to permit this bonding.

The question is: are there advantages in having these grafts? In biology, a phenomenom happens and persists only if it betters the adaptation of the species, she reminds us.

And indeed, "we observed that the trees that form these grafts enjoyed better growth than those that didn't have them." she adds. They form a community that shares water and nutriments.

Sylviculture could learn some important lessons from this. The industry, assuming that the trees are competing, usually does some brush clearing and clearing in order to speed up the growth of preferred species, a practice that doesn't always give good results. Annie DesRochers and Émilie Tarroux provide an explanation to this phenomenom: the tree that is left standing but bonded to a neighboring tree by it's roots sees it's vital forces drained by having it's conjoined tree cut down.

The Institution: l'Université du Québec en Abitibi- Témiscamingue (UQAT)

The research: trees graft their roots for the common good

An application: correct preconceived notions in sylviculture


Wednesday, June 13, 2012

Eau potable - l'eau du robinet est-elle saine?


Voici une traduction libre d'un article trouvé dans une revue destinée à un lectorat féminin qui veut être une bonne femme au foyer. Les problèmes de qualité de l'eau, de monitorage par le gouvernement, le tout se passe aux États-Unis, mais il n'y a aucune raison de croire que çà se passe différemment au Québec. Un texte pour éveiller votre curiosité.

Des hormones, des médicaments, et même des pesticides pourraient sortir de votre robinet. Personne ne peut en être sûr, parce que le gouvernement n'exige pas qu'on fasse des tests pour le savoir. Mais grâce à de la recherche faite par Good Houskeeping, on sait que certains filtres peuvent se débarrasser de ces produits chimiques dangereux.

C'est la mi-après-midi, et je suis à mon bureau à écrire et finissant mes restes de pâtes et sirotant un verre d'eau. J'entends la boîte aux lettres dehors et je me lève pour aller voir ce que le postier m'a laissé. Des factures. Encore des factures. Et mon rapport annuel sur l'eau. J'ouvre le sceau et j'en sors le contenu: pas d'infractions. Mon eau respecte les normes acceptables pour l'eau potable selon les critères de l'EPA (Environmental Protection Agency) des États-Unis. Mais elle est loin d'être parfaite: cette année, on y trouve du baryum, du chrome, du cuivre, du plomb, des nitrates et d'autres produits chimiques, en plus de l'E.coli.

En réalité, ces contaminants ne sont que le pic de l'iceberg. Des antibiotiques, des hormones, un médicament contre le cancer, un produit chimique que l'on trouve dans l'essence, des médicaments contre les convulsions, la recherche démontre que des centaines de contaminants qui ne sont pas règlementés peuvent sortir de mon robinet, habituellement invisibles, sans goût et indétectables. Ils ne se retrouveront pas dans mon rapport de mon eau, ou la vôtre, parce qu'ils ne se trouvent pas sur la liste du gouvernement des contaminants à suivre. Bien qu'ils soient à des concentrations très faibles, personne ne connaît leur dangerosité quand ils sont tous mêlés ensemble dans l'eau potable et consommés sur une durée de vie humaine. Le gouvernement a souvent été critiqué pour être trop permissive envers ces produits chimiques, mais au mois d'août dernier, le bureau neutre appelé Government Accountability Office a émis un rapport demandant à l'EPA de coordonner de la recherche pour connaître les impacts de ces contaminants sur la santé humaine.

C'est pourquoi, afin de vous aider à prendre un peu le contrôle du problème, Good Housekeeping a travaillé avec le labo Arizona Laoratory for Emerging Contaminants de l'université de l'Arizona, l'un des laboratoires du monde le plus spécialisé dans les produits chimiques non inclus dans les lois. Ensemble avec l'institut de recherche de GH, le laboratoire a entrepris des tests en profondeur, une première pour une analyse si complète, afin de voir si les filtres communs sur le marché, comme ceux dans les cruches d'eau qu'on peut mettre dans les réfrigérateurs, peuvent retirer certains de ces produits chimiques. GH a aussi travaillé avec le labo Water Sciences Laboratory de l'université du Nebraska afin de tester des tests-maisons pour détecter des contaminants.

Voici ce que vous avez besoin de savoir, et des trucs faciles pour protéger votre famille.

Qu'est-ce qui est réglementé, jusqu'à une certaine mesure:

Selon la loi, votre système d'aqueduc local doit tester l'eau potable municipale pour mesurer la concentration de 90 substances et organismes, dont le cuivre, l'uranium et le plomb, et le mentionner dans un rapport si on en a mesuré et à quelles concentrations, ainsi que dire si les niveaux tolérables ont été dépassés. Et si les concentrations sont trop élevées, votre municipalité devrait engager des actions pour les réduire.

Pourtant, durant l'année fiscale de 2010 (les données les plus récentes disponibles0, 10% de tout les systèmes d'aqueduc communautaires qui desservent plus de 23 millions de personnes ont vendu de l'eau aux consommateurs qui de respectait pas au moins une des normes sanitaires de l'EPA. Plusieurs de ces infractions étaient à cause de concentrations élevées de bactéries coliformes, un indicateur qui indique l'efficacité de l'usine de filtration. Quand les concentrations de coliformes sont élevées, cela veut dire que l'eau n'est pas assez désinfectée, et d'autres bactéries, comme l'E.coli pourraient très bien s'y trouver également. L'usine de filtration doit donc entreprendre de faire d'autres tests pour détecter des bactéries plus dangereuses, dont celles qui donnent des maladies comme la diarhée, des vomissements, qui peuvent être particulièrement dangereuses pour les jeunes enfants et les personnes âgées.

La majorité des autres infractions de 2010 sont à cause de quantités excessives d'un produit chimique, comme l'arsenic ou les nitrates. L'arsenic surtout, est inquiétant: des études ont déterminé qu'il pourrait être la source d'une variété de problèmes de santé allant de problèmes d'apprentissage, des maladies cardiaques, plusieurs types de cancers dont celui de la vessie, des poumons, du foie, de la peau et des reins. Ce qui est encore plus inquiétant, c'est que des experts pensent que l'arsenic pourrait être nuisible à des concentrations encore plus faibles que les normes acceptables de l'EPA, normes qui ont déjà été abaissées en 2001 (de 50 parties par milliards à 10). "À la publication de nouvelles études scientifiques, nous constatons que des problèmes de santé surviennent à des doses de plus en pus faibles (d'arsenic), dont des problèmes du système immunitaire et cognitifs chez les enfants, ce que nous n'avions pas constaté auparavant." dit Joshua W. Hamilton, Ph.D., le chef de projet du programme Dartmouth Toxic Metals Superfund Research Program du collège Dartmouth College. Durant la recherche préliminaire dans les labos d'Hamilton, quand les souris porteuses et en lactation avaient bu de l'eau contenant de l'arsenic à des concentrations respectant les normes de l'EPA, leurs descendance souffraient de problèmes sérieux de croissance et de développement, ainsi que des systèmes immunitaires affaiblis.

Et ce sont là que les infractions rendues publiques: certaines régions ne vérifient même pas leur eau, ou si elles le font, ne rapportent pas les résultats des tests aux autorités. Nous ne parlons pas ici de quelques exceptions: en 2009, 28% de tous les systèmes d'aqueducs aux États-Unis ont enfreint à au moins un règlement d'importance de l'EPA. Si l'infraction est "involontaire", comme quand une municipalité n'a pas l'expertise nécessaire pour respecter les normes, l'état ou l'EPA pourrait l'aider ou la financer. Mais les bourses de l'EPA se font rares, alors pendant que les communautés les attendent, les résidents continuent de boire de l'eau de qualité douteuse. L'EPA peut entreprendre des mesures légales également, ou donner des amendes aux services d'eau qui ne respectent pas les normes, mais depuis les 10 dernières années, parmi les milliers d'infractions, il y a eu seulement 349 cas de municipalités ou d'autres fournisseurs d'eau, ou d'industries qui ont payé une amende pour avoir enfreint à la loi du Safe Drinking Water Act.

Même parmi ceux qui respectent les normes, il y a des accidents. "Bien que nous ayons l'un des systèmes d'eau potable les plus sécuritaires au monde, à chaque année, il y a des bris dans le système." dit Linda Birnbaum, Ph.D. et directrice du national Institute of Environmental Health Sciences. Durant les années 2007 et 2008, 36 contaminations d'eau potable ont été la cause de 4,128 cas rapportés de gens malades (comme le cas de salmonelle au Colorado avec 1,300 malades) et 3 mortalités. Mais le pire cas des dernières années est arrivé en 1993 quand quelques 403,000 résidents de Milwaukee sont tombés malades, 54 en sont morts, à cause de l'eau contaminée avec les spores de cryptosporidium, un parasite qui provoque des diarrhées. Une usine de traitement d'eaux usées n'aurait pas filtré correctement de l'eau du lac Michigan. Rien d'une telle portée ne s'est produit depuis ce temps-là, mais des microbes dans l'eau sont la cause de quelques 19,5 millions de gens malades tous les ans aux États-Unis.

L'eau peut devenir contaminée après avoir quitté l'usine de filtration mais avant de sortir de votre robinet, dit Shane Snyder, Ph.D., co-directeur du Arizona Laboratory for Emerging Contaminants et professeur en ingénierie chimique et environnemental à l'université de l'Arizona. "L'eau peut être entreposée dans une citerne, parfois pour plus d'une semaine, se mélangeant au chlore ajouté pour la désinfecter, ce qui peut encourager la formation de sous-produits de désinfection à des niveaux élevés." dit-il. Il en résulte que les composés chimiques peuvent être nuisibles.

Votre maison aussi pourrait être un problème. Les maisons plus agées peuvent avoir des tuyaux qui laisse le plomb se dissoudre dans l'eau à des concentrations qui dépassent la norme acceptable de l'EPA qui est fixée à 15 parties par milliards. De telles concentrations pourraient sembler minuscules, mais le plomb est tellement puissant comme substance toxique qu'il peut endommager un cerveau et un système nerveux en développement chez le foetus et les enfants.

Des pics ratoureux

Tandis que les systèmes d'aqueducs publics ont l'obligation de vérifier l'eau, ils ont la permission de faire des tests entre quatre et une fois par année (parfois moins, selon le produit chimique et l'importance du système d'aqueduc). S'il se produit un pic d'un contaminant dangereux entre les tests, cela passe sous le radar. Aussi, quand on comptabilise seulement la moyenne annuelle, tous les pics qu'on aurait par hasard détectés sont intégrés dans les résultats de l'année, ce qui donne une impression fausse de la qualité de l'eau.

Prenez l'atrazine par exemple, un herbicide utilisé généreusement sur les récoltes agricoles (surtout le maïs-grain) et sur les terrains de golf, tout comme les pelouses résidentielles et le long des autoroutes. L'herbicide, qui est associé à des anormalités du système de reproduction et à des problèmes du système immunitaire, est interdit en Europe, et sachant qu'il existe des solutions de rechange, des experts croient que ce serait une bonne idée de l'interdire ici également. "Connaissant les préoccupations pour la santé publique et l'environnement, il serait bon de s'en débarrasser graduellement." dit Andrew Wetzler, le directeur du programme Land & Wildlife Program du groupe environnemental NRDC (Natural Resources Defense Council).

Même si votre eau est généralement "légale" en atrazine, vous pourriez quand même avoir des problèmes à certains temps de l'année. Dans des régions agricoles, les pics de concentrations de l'herbicide dans l'eau du robinet au printemps et durant l'été après les épandages aux champs. Dans un rapport de 2009 du NRDC, 39% des systèmes d'aqueducs publics sondés dans le midwest et le sud américain, comme dans les états où il se cultive beaucoup de maïs en Illinois, en Indiana, au Kansas, au Kentucky, en Louisiane, au Missouri et au Nebraska, on a connu des pics d'atrazine au-dessus de la norme acceptable de l'EPA de 3 parties par milliards. Pourtant, parce que ces pics sont inclus dans les moyennes ou ne sont pas colligés, seulement 3 des 139 systèmes d'aqueduc sondés étaient en infraction de la norme acceptable pour l'atrazine.

Entre-temps, "les gens consomment et boivent l'eau pendant des jours et des semaines de suite." dit Wetzler. C'est particulièrement inquiétant si une concentration élevée d'atrazine arrive en même temps qu'une étape vulnérable de la vie: dans une étude de 2009, des chercheurs de l'université Purdue ont découvert que le risque d'accoucher d'un bébé de petite taille, dont le poids serait sous le 10e centile, augmentait avec la hausse de concentration d'atrazine (accompagné d'autres herbicides). Même quand les concentrations étaient presque 30 fois moins élevées que la norme légale, les bébés étaient quand même plus petits. On ne sait pas encore la portée de cela sur leur santé, bien que d'autres recherches scientifiques ont démontré que des bébés de plus petite taille étaient plus portés à avoir des problèmes d'apprentissage, d'obésité et d'autres problèmes lorsqu'ils seront plus vieux.

En plus des foetus en développement, les femmes enceintes et les enfants à l'âge de la puberté peuvent aussi être impactés par les produits chimiques dans l'environnement. Des changements rapides durant la croissance à ces périodes de leur vie pourraient les rendre particulièrement vulnérables aux effets à long terme des polluants, selon Birnbaum. Et des études sur les effets de l'atrazine sur les poissons et les animaux amphibiens ont trouvé que leur système immunitaire ne fonctionne pas aussi efficacement; ils souffrent davantage d'infections et de changements à leurs organes sexuels. En 2009, après le rapport de NRDC, l'EPA a déclaré qu'il réévaluerait les risques de l'atrazine pour notre santé et si la règlementation devrait être faite d'une autre façon. Un comité de travail scientifique et l'EPA y travaillent toujours. "C'est bien qu'ils évaluent les choses." dit Wetzler. "Mais çà ne va pas assez vite."

Ce qui n'est pas testé: les médicaments dans votre eau

Il y a environ 15 ans, des chercheurs faisaient des tests avec l'eau de robinet à Berlin et ont découvert un produit inattendu. Il s'est avéré d'être de l'acide clofibrique, un sous-produit d'un médicament pour faire baisser le taux de cholestérol, et le premier médicament jamais trouvé dans l'eau potable.

D'autres scientifiques ont commencés à s'en préoccuper: le USGS (U.S. Geological Survey), une agence gouvernementale qui rend disponible de l'information scientifique sur les ressources naturelles du pays, a commencé à développer des outils technologiques pour étudier le problème. En 2004, Paul Stackelberg, un spécialiste de l'eau de l'USGS, et ses collègues ont trouvé plusieurs produits pharmaceutiques (comprendre médicaments) dans les eaux d'égout, et des concentrations faibles d'un anticonvulsant, ainsi que des ingrédients de chasse-moustiques et d'autres contaminants dans l'eau potable. Trois années plus tard, Snyder, dont l'équipe avait fait des tests sur les eaux usées brutes et l'eau potable à 18 endroits différents aux É.-U., ont ajouté l'ibuprofène, le meprobamate (un médicament contre l'anxiété), et du phénytoin (un autre anticonvulsant, avec d'autres médicaments sur leur liste. Ensuite, en 2008, une enquête d'Associated Press sur des tests menés par des fournisseurs d'eau partout au pays a trouvé des concentrations faibles d'une douzaine d'autres produits pharmaceutiques dans l'eau potable, dont des antibiotiques, de l'aspirine, des médicaments contre la haute pression et des anti-dépressants. "C'était une vraie révélation." dit Dana Kolpin, la chef d'équipe d'un projet de l'USGS appelé Emerging Contaminants in the Environment. "Bien que les produits pharmaceutiques se trouvaient à des concentrations faibles, nous ne connaissions pas à ce moment-là, et nous ne savons toujours pas, la toxicité de ce mélange de produits avec les autres contaminants."

Vous ne verrez pas ces produits chimiques sur vos tests d'eau potable pour une raison bien simple: le gouvernement ne les règlemente pas. L'EPA en a ajouté quelques uns dans sa toute récente Contaminant Candidate List, une liste de produits chimiques que l'agence songe à règlementer éventuellement. Mais des milliers de produits pharmaceutiques sur le marché en ce moment, "seulement 10 qui sont décrit vaguement comme étant des produits pharmaceutiques sont sur leur liste." dit Snyder. De plus, la liste semble être coulée dans le ciment. Seulement un seul produit chimique a passé de la liste des candidats à la liste des produits à règlementer depuis le début de la publication de la liste en 1998. Le produit était le perchlorate (un ingrédient pour fabriquer du combustible de fusée). Ne retenez pas votre souffle en attendant pour les autres: même l'association Association of Metropolitan Water Agencies qui représente les fournisseurs les plus importants de l'eau au public s'est sentie obligée de prendre des mesures en 2008 pour faire des pressions auprès de l'EPA pour qu'elle se concentre sur de nouvelles façons d'enlever les médicaments de l'eau.

C'est vrai que la concentration de ces médicaments est si faible que chacun d'eux pris individuellement pourrait ne pas être une menace. "Vous n'auriez pas assez d'aspirine pour vous enlever votre mal de tête." dit John Sumpter, Ph.D., un chercheur britannique qui étudie les contaminants dans l'environnement. "Mais nous n'avons pas affaire avec un seul produit chimique ici: il y en a des centaines."

Ou plus. Plus de 80,000 produits chimiques sont enregistrés et utilisés aux États-Unis, et chaque année, il y en a 2,000 de plus sur le marché dans la nourriture, dans les médicaments, dans les produits de nettoyage, dans les produits horticoles et les produits de beauté comme les déodorants et les shampooing. À tous les jours, nous en envoyons dans les toilettes, et les eaux usées chargées de ces produits chimiques passent dans une usine de traitement d'eaux usées, et l'eau traitée est ensuite relâchée dans les cours d'eau. Mais beaucoup de ces polluants restent, et se retrouve dans l'usine de filtration d'eau d'aqueduc en aval. Ou, si nous jetons ces produits dans les vidanges, ils se retrouvent dans des sites d'enfouissement, où ils peuvent s'infiltrer dans les eaux souterraines, et un jour aboutir dans l'eau de notre robinet.

Des mélanges douteux

En accumulant ces concentrations même très faibles de produits chimiques, on pourrait se retrouver avec beaucoup de petits risques qui s'accumulent pour faire un danger potentiel plus important. Et dans certains cas, des produits chimiques peuvent réagir entre eux pour générer un composé chimique encore plus préoccupant. Un produit chimique, par exemple, pourrait réagir avec un désinfectant utilisé pour purifier l'eau à une usine d'assainissement. Une étude de 2006 a découvert que d'ajouter du chlore à de l'eau contaminée avec de l'acétaminophène (l'ingrédient clé du Tylenol) produisait 2 composés chimiques toxiques, dont l'un pourrait endommager les gènes; l'autre s'attaque au foie. Et quand des chercheurs du Canada ont ajouté un autre désinfectant (chloramine) à 20 produits pharmaceutiques et de soins personnels, ils ont produit des nitrosamines: un cancérigène probable.

Nous ne connaissons pas les concentrations exactes de ces composés chimiques dans notre eau potable, mais puisque des millions d'entre nous consommons une Tylenol quand on a mal à la tête, et puisque le chlore et le chloramine sont utilisés at large, des sous-produits dangereux pourraient se retrouver de façon généralisée dans l'eau, dit Snyder.

Petites doses, gros problèmes

Une famille de produits chimiques n'a pas besoin d'être mélangée à d'autres pour être dangereuse: un composé reconnu comme étant un perturbateur endocrinien qui confond les hormones de votre corps. Les hormones ont des effets sur presque tous les processus physiologiques imaginables dans les systèmes cardio-vasculaires, de reproduction et du centre nerveux, selon Sumpter. Ces produits chimiques n'agissent pas comme des produits toxiques habituels: si vous êtes exposés à ceux-là à une dose suffisamment élevée, vous tombez malade tout de suite. Tandis qu'avec les perturbateurs endocriniens, si vous absorber qu'une toute petite quantité à un point critique de votre développement, surtout dans l'utérus ou durant l'enfance, l'exposition pourrait déclencher des problèmes de reproduction ou des maladies quand vous serez plus âgés: des problèmes variés comme des difficultés d'apprentissage, infertilité, maladies cardiaques, ou même des cancers. Même le groupe Endocrine Society, un groupe de scientifiques qui se tiennent habituellement bien tranquilles dans leurs labo, sont maintenant suffisamment préoccupés des risques potentiels des perturbateurs endocriniens qu'ils ont rendu public une opinion bien tranchée sur le sujet. Dans une étude de révision publiée en 2009, des endocrinologistes ont écrit au nom de la société et ont fait des pressions auprès de l'association pour qu'elle s'engage activement à faire du lobbying pour obtenir de la réglementation afin de diminuer l'exposition des humains aux multiples agents de transmission de perturbateurs endocriniens.

Afin de comprendre les conséquences de telles expositions, une équipe de scientifiques du Canada et des États-Unis on fait des expériences en 2001: ils ajoutaient une hormone synthétique trouvée dans la pilule contraceptive dans un lac dédié à ces tests dans le nord-ouest de l'Ontario afin d'étudier les réactions des ménés à tête de boule. La concentration était très faible: seulement 5 à 6 parties par milliards, une quantité parfois décelée dans les ruisseaux et les rivières qui reçoivent des eaux usées municipales, selon les scientifiques. Après seulement 7 semaines, les ménés de sexe mâle produisait des concentrations élevées d'une protéine qui aide les poissons de sexe femelle à produire des oeufs. Après un an, les mâles produisaient moins de sperme et éventuellement, ils commençaient à développer des oeufs et cessaient pratiquement de se reproduire.

Après 3 années, les chercheurs ont cessé d'ajouter des hormones dans le lac. Tout de même, après que 5 années se soient écoulées, les poissons avaient presque disparus du lac: une presque extinction d'une espèce dûe à une quantité infime d'un hormone. Durant la 6e année, par contre, après 3 ans de ne plus être exposés aux hormones, la population des poissons est revenue.

Il s'avère que des poissons de sexe mâle se féminisent partout aux É.-U., pas parce que les scientifiques étudient les perturbateurs endocriniens, mais à cause des eaux usées qui circulent dans leur habitat. Et maintenant, des preuves troublantes laissent penser que les humains en sont affectés également. Dans une étude publié au mois de novembre, des chercheurs ont démontré que dans des pays où la pilule contraceptive est très populaire, les taux de cancer de la prostate sont aussi élevés. "Bien que les quantités d’œstrogène qu'une seule femme peut générer dans ses excréments sont minimes, quand des millions de femmes en prennent pendant longtemps, cela pourrait avoir un impact environnemental." dit le co-auteur David Margel M. D., un urologue de l'université de Toronto.

Bien que sa recherche soit préliminaire, cela démontre le besoin urgent d'en apprendre davantage sur les produits chimiques qui se retrouvent dans notre eau potable à tous les jours. Et tant qu'on en saura pas plus, nous avons aussi besoin de comprendre comment nous pouvons protéger nos familles. Heureusement, des tests fait par Good Housekeeping a des réponses.

L'eau de puits: creuser pour avoir des réponses

Le problème est plus compliqué si votre eau ne vient pas d'un système d'aqueduc municipal. Voici les mesures de précautions que nous vous conseillons de prendre pour votre sécurité:

Les puits privés ne sont pas réglementés par le gouvernement fédéral, ce qui veut dire qu'à moins que vous ne faites pas faire des tests à votre eau, ce que vous buvez et l'eau que vous prenez pour vous laver pourrait ne pas être saine. Au New Hampshire, par exemple, plus de 10% des puits dépassent la norme tolérée de l'EPA pour l'arsenic. Des eaux de puits en Arizona, en Californie, au Colorado, dans le Maine, au Michigan, au Nevada et au Nouveau Mexique contiennent aussi des concentrations élevées.

Selon les recommandations de l'EPA, les puits devraient être testés à tous les ans pour les bactéries coliformes totaux, ainsi que pour le nitrate, les solides dissous totaux, ainsi que le pH. Votre comté pourrait tester pour le nitrate et les bactéries; pour ce qui est des autres substances, c'est mieux d'engager un laboratoire certifié par l'état. Vous pourriez demander de faire des tests pour des contaminants spécifiques à votre localité. Le site Web de l'EPA (water.epa.gov/drink/index.cfm) contient d'autres renseignements sur les contaminants selon les régions qui pourraient vous indiquer quels contaminants faire tester.

Ce que les systèmes résidentiels peuvent, et ne peuvent pas, faire.

Pris avec un problème dans leur eau, plusieurs propriétaires utilisent des appareils branchés sous leur comptoir ou directement sur leur robinet qui contiennent des filtres spécialisés. Ou certaines personnes installent des filtres pour tout le système d'eau de la maison qui traitent toute l'eau consommée par la maisonnée.

Si l'eau est trop "dure", si elle contient trop de calcium et de magnésium, ces minéraux peuvent s'accumuler dans les tuyaux et dans les appareils ménagers, ce qui peut provoquer des problèmes de santé comme des irritations cutanées, ou seulement des taches dans la verrerie. Un filtre d'échangeur d'ions (un adoucisseur d'eau) retient des minéraux les plus durs, les échangent pour des minéraux plus "doux" comme le sodium ou le potassium. D'autres types de filtres se concentrent sur d'autres genres de problèmes. Un filtre de charbon activé prend soin d'odeurs et de goûts déplaisants; un système d'osmose inversé filtre plusieurs contaminants relevés par l'EPA; et un filtre aux rayons ultra-violets tue des bactéries et d'autres micro-organismes.

Ces filtres peuvent être efficaces. Dans une étude de 2009 de l'université de la Californie à Berkeley, une étude sur des adultes matures qui utilisaient un filtre qui à la fois était à osmose renversé et ultra-violet avaient 12% moins de maladies gastro-intestinales que les participants à l'étude qui buvaient de l'eau non-filtrée. Mais ces filtres résidentiels privés ont 2 inconvénients importants: ils sont dispendieux (entre $200 pour un filtre au charbon jusqu'à $2,000 pour un système d'osmose inversé), et ils ont été certifiés surtout pour avoir pris soin des contaminants reconnus par l'EPA: les mêmes sur votre rapport d'eau. Leur rendement en cas de composés potentiellement plus dangereux n'est pas certain.

Dois-je m'inquiéter de l'eau que j'utilise pour préparer la nourriture, disons, cuire des pâtes?

Bouillir l'eau tue les virus et les bactéries, dont l'E.coli, mais cela peut aussi concentrer d'autres contaminants comme les nitrates, l'arsenic et le plomb, ce qui la rend potentiellement plus dangereuse. La meilleure façon de se protéger est de connaître la provenance de votre eau, dit Catherine Thomasson, M.D., directrice des Physicians for Social Responsibility. Votre rapport annuel sur votre eau va vous renseigner là-dessus. Si la source de votre eau de robinet est une rivière importante qui traverse des fermes et des sites industriels, ou transporte des eaux usées traitées venant de grands centres urbains, alors songez à consommer de l'eau filtrée pour faire la cuisson et boire. Mais si votre eau vient d'une source propre dans les montagnes ou d'un aquifère profond et pur, vous n'avez probablement pas besoin de faire cela.

Est-ce que je dois rincer les fruits et légumes avec l'eau du robinet?

Oui, cela est sain, sécuritaire et nécessaire. Vous devez laver vos fruits et légumes afin d'enlever des particules de sol et des microbes, selon le département de l'agriculture. Mais si la source de votre eau de robinet est douteuse, vous pourriez vouloir utiliser de l'eau filtrée.

Devrais-je m'inquiéter des contaminants quand je prends ma douche?

Il existe quelques produits toxiques, surtout des composés organiques volatiles (VOCs), qui peuvent devenir sous forme d'aérosol et vous pourriez alors les respirer, selon le Docteur Thomasson. Certains VOCs sont déjà suivis dans l'eau potable, mais d'autres ne le sont pas. Le plus grand danger serait de l'eau de puits qui n'aurait pas été testée, surtout s'il se fait du déversement industriel ou de la fracturation hydraulique près de chez vous.

Et les bébés et les petits enfants: est-ce prudent de leur faire prendre leur bain dans de l'eau qui n'a pas été filtrée?

"Je ne prendrais pas de l'eau filtrée à moins que la provenance de l'eau de votre robinet est extrêmement problématique." dit le Docteur Thomasson. Dans ce cas-là, bien sûr, il faudrait utiliser des filtres sur votre eau pour boire également.

Est-ce qu'on se débarasse du plomb en laissant couler l'eau longtemps?

Çà vous débarrasse de l'eau qui se trouvait dans les tuyaux pour 6 heures ou plus (laissez couler l'eau jusqu'à ce que la température de l'eau se rafraichisse). Pour s'assurer qu'elle est saine, faire tester votre eau en prélevant l'eau du robinet tôt le matin avant toute autre activité. Si la concentration du plomb est élevée, utilisez un filtre qui est certifié spécialement pour le plomb. Si vous restez dans un bloc à appartement, faites tester votre eau, puisque faire couler l'eau pourrait ne pas être suffisant.

Jetez vos médicaments de façon responsable

Au lieu de jeter vos restes de vieux médicaments dans les toilettes (ils se retrouveraient alors dans une usine de traitement d'eaux usées qui pourrait ne pas être équippée pour les traiter) ou les jeter aux poubelles (où ils pourraient se retrouver dans un site d'enfouissement qui pourrait contaminer la nappe phréatique), apportez-les à un site de DDD ou à une pharmacie qui a un programme pour les accepter.

Choisissez des produits plus naturels.

En consommant moins de produits chimiques, il y en aura moins qui se retrouveront dans l'eau. Un organisme spécialisé à identifier des produits de consommation, produits de beauté, nourriture, nettoyants avec des équipes d'experts scientifiques évaluent leurs impacts sur l'environnement. Leur site Web est goodguide.com

Appuyer des législations environnementales

Malheureusement, les États-Unis (et le Canada) n'ont pas imité l'Europe et ont permis la vente de produits chimiques sans exiger beaucoup de recherche de leurs impacts sur la santé humaine. L'an passé, en espérant resserrer la règlementation, on a proposé un projet de loi appelé Safe Chemicals Act. C'est une amélioration sur le Toxic Substances Control Act et qui exigerait des compagnies qu'elles fournissent des informations sur l'innocuité de leurs substances sur la santé et l'environnement avant de permettre leur vente sur le marché.
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Is Your Tap Water Safe?

Hormones, drugs, even pesticides could be flowing from your faucet. No one can say for sure, because the government doesn't require testing for them. But in groundbreaking research, Good Housekeeping found ordinary water pitchers and refrigerator filters that can get rid of these scary chemicals.

It's mid-afternoon, and I'm at my desk writing, eating leftover pasta, and sipping a glass of water. I hear the mailbox creak open outside and hop up to retrieve its contents. Bills. More bills. And my yearly water report. I pop open the circle of plastic tape and read the results: no violations. My water is in compliance with every drinking-water standard regulated by the Environmental Protection Agency (EPA). Not that it's perfect: Barium, chromium, copper, lead, nitrate, and other chemicals, as well as E. coli (E. coli!?), have been detected over the past year.

In fact, those contaminants are proverbial drops in the bucket. Antibiotics, hormones, a cancer drug, a chemical found in gasoline, antiseizure medication...research shows that hundreds of unregulated contaminants may be flowing from my tap — largely invisible, tasteless, and undetectable. They won't be on my water report (or yours) because they are not on the government's list of contaminants to monitor. And although they're at low levels, no one knows how dangerous they might be when they're all mixed together in the water supply and consumed over a lifetime. The government has frequently been criticized for being too lax about chemicals, but last August, the nonpartisan Government Accountability Office issued a report urging the EPA to coordinate research on what contaminants like these could be doing to us.

That's why, to help you take matters into your own hands, Good Housekeeping partnered with the Arizona Laboratory for Emerging Contaminants at the University of Arizona, one of the world's leading labs for study of unregulated chemicals. Together with the GH Research Institute, the lab performed extensive testing — the first-ever such analysis — to see whether everyday filters, like the ones in water pitchers and refrigerators, can remove some of these chemicals. GH also joined forces with the Water Sciences Laboratory at the University of Nebraska in order to test home contaminant-detection kits.

Here's what you need to know, plus smart, easy ways to protect your family.

What's (Sort of) Regulated

By law, your local water system must test municipal drinking water for some 90 substances and organisms — including copper, uranium, and lead — and report whether any have been found and at what levels, as well as whether any exceed federally mandated Maximum Contaminant Levels — MCLs (For information on how to read your water report, pick up a copy of the March 2012 issue of Good Housekeeping). And if the levels are too high? Then, under the federal Safe Drinking Water Act and Amendments, your town is supposed to take measures to lower them.

Yet in fiscal year 2010 (the latest data available), 10% of all community water systems — serving more than 23 million people — sold water to consumers that violated at least one health-based EPA standard. Many of those violations were due to elevated levels of coliform bacteria, an indicator of how well a treatment plant is (or isn't) cleaning the water. When coliform levels are high, it can mean the water isn't being adequately disinfected — and other bacteria, such as E. coli, could well be thriving, too. The treatment plant must then do further testing for the more dangerous bacteria, including those that cause GI illnesses (diarrhea, vomiting), which can be particularly risky for small children and the elderly.

Most of the other 2010 violations were caused by excessive amounts of a chemical, such as arsenic or nitrate. Arsenic is especially worrisome: Studies show that it may be linked to an array of health problems, from developmental disorders and heart disease to numerous types of cancer, including bladder, lung, liver, skin, and kidney. Even more concerning, some experts think that arsenic might be harmful below its current EPA standard, a level that was already lowered (from 50 parts per billion to 10) in 2001. "As newer studies come out, they're showing health problems at lower and lower doses [of arsenic], including some conditions, such as immune problems and cognitive effects in children, we've never associated with it before," says Joshua W. Hamilton, Ph.D., a project leader in the Dartmouth Toxic Metals Superfund Research Program at Dartmouth College. In preliminary research in Hamilton's lab, when pregnant and lactating mice were given drinking water containing arsenic at the current EPA standard, their pups had significant defects in growth and development and weakened immune systems.

And those are just the violations we know about; some areas don't check their water at all or, if they do, don't report test results. We're not talking about just a few rogue violators: In 2009, 28% of all U.S. systems broke at least one significant EPA rule. If the violation is "innocent" — a town lacks the resources or technical expertise to meet the standards — the state or the EPA may lend assistance or money to help. But EPA grants are scarce, so while communities wait for them, residents continue to drink suspect water. The EPA can take legal action as well, or fine a water authority that won't comply — but in the past 10 years, out of thousands and thousands of violations, there have been only 349 cases of towns, other water suppliers, or industry paying a fine for violating any part of the Safe Drinking Water Act.

Even among the lawful, accidents happen. "Although we probably have one of the safest drinking-water systems in the world, every year there are some breaks in the system," says Linda Birnbaum, Ph.D., director of the National Institute of Environmental Health Sciences. In 2007-2008, 36 outbreaks from drinking water led to 4,128 cases of illness (including a salmonella outbreak in Colorado that sickened 1,300 people) and three deaths. But the worst case in recent times occurred in 1993, when an estimated 403,000 Milwaukee residents got sick — and 54 died — from water contaminated with the spore of cryptosporidium, a parasite that causes diarrheal disease, after a treatment plant failed to properly filter water from Lake Michigan. Nothing on that scale has happened since, but waterborne microbes cause an estimated 19.5 million cases of illness each year in the U.S.

Water can also become contaminated after it leaves the treatment plant but before it reaches your faucet, says Shane Snyder, Ph.D., codirector of the Arizona Laboratory for Emerging Contaminants and professor of chemical and environmental engineering at the University of Arizona. "Water may sit in a tank, sometimes for over a week, mixing with the chlorine used for disinfection — which may result in elevated levels of disinfection by-products," he says. The consequence: chemicals that might be harmful.

Your own home could be a problem, too. Older houses may have pipes that can leach lead into the water above the EPA cutoff of 15 parts per billion. Such levels sound minuscule, but lead is so potent, it can harm brain and nervous system development in fetuses and children.

Sneaky Spikes

While public water systems are required to check the water, they are legally allowed to test anywhere from quarterly to once a year (or even less, depending on the chemical and the size of the water system). If a spike in a dangerous contaminant occurs between tests, it can simply be missed. Also, when only the "running annual average" is counted, any upticks (if they happen to be measured) are merged with the rest of the year's results, yielding a deceptively clean bill of health.

Take atrazine, a weed killer that's widely used on agricultural crops (especially corn) as well as on golf courses and residential lawns and along highways. The herbicide, linked to reproductive abnormalities and to immune system problems, is banned in the European Union, and some experts believe that would be a good idea in this country, too. "Given the health and environmental concerns, and the fact that there are safer alternatives, there's good reason to phase it out," says Andrew Wetzler, director of the Land & Wildlife Program of the Natural Resources Defense Council (NRDC).

Even if your water is "legal" overall for atrazine, you could still have problems at certain times of the year. In agricultural regions, levels of the herbicide spike in tap water in spring and summer, after farmers apply it to their fields. In a 2009 report from the NRDC, 39% of public water systems surveyed in the midwestern and southern U.S. — including corn-farming Illinois, Indiana, Kansas, Kentucky, Louisiana, Missouri, and Nebraska — had one-time atrazine peaks above the EPA limit of 3 parts per billion. Yet, because spikes like these are averaged in (or not counted), only three of the 139 water systems sampled were considered in violation of the atrazine standard.

Meanwhile, "people are using and drinking the water for days or weeks at a time," says Wetzler. This is particularly worrisome if a high concentration of atrazine coincides with a vulnerable stage of life: In a 2009 study, researchers at Purdue University found that the risk of mothers' delivering small babies — with birth weights below the 10th percentile — increased as the concentration of atrazine (along with other herbicides also present) increased. Even when concentrations were almost 30 times lower than the legal standard, babies were significantly smaller. What this means for their health is unknown, though other research has shown that smaller babies may be more prone to learning difficulties, obesity, and other problems later in life.

In addition to developing fetuses, pregnant women and children going through puberty may also be sensitive to environmental chemicals. Rapid changes are happening in the body at these times, which may make it especially vulnerable to the long-term effects of pollutants, says Birnbaum. And studies on atrazine in fish and amphibians have found that their immune systems don't work as well; they also have more infections and changes in sex organs. In 2009, following the NRDC report, the EPA announced that it would begin reevaluating how risky atrazine is to our health and whether it needs to be regulated in a different way. A scientific advisory panel and the EPA are still working on that review. "It's good they're looking into it," says Wetzler, "but it's moving far too slowly."

What's Not Regulated: Drugs in Your Water

About 15 years ago, researchers testing tap water in Berlin kept coming up with one unexpected compound. It turned out to be clofibric acid, the by-product of a cholesterol-lowering drug — and the first medication ever found in drinking water.

Other scientists became concerned; the U.S. Geological Survey (USGS), a government agency that provides scientific information about the country's natural resources, began to work on developing the technology to study the problem. In 2004, USGS water specialist Paul Stackelberg and his colleagues found numerous pharmaceuticals in raw (untreated) water and low levels of an antiseizure drug, as well as insect-repellent ingredients and other contaminants, in drinking water. Three years later, Snyder, whose team tested both raw and drinking-water samples at 18 U.S. sites, added ibuprofen, meprobamate (an antianxiety medication), and phenytoin (another antiseizure drug), along with other pharmaceuticals, to the list. Then, in 2008, an Associated Press investigation of tests conducted by water suppliers all over the country found low concentrations of dozens more pharmaceuticals in drinking water — including antibiotics, aspirin, blood pressure medications, and an antidepressant. "It was eye-opening," says Dana Kolpin, team leader of the Emerging Contaminants in the Environment project at the USGS. "Even though the pharmaceuticals were at low levels, we didn't know then — and we still don't know — how toxic this cocktail of drugs and other contaminants might be."

You won't be seeing these chemicals on your water report for one simple reason: The government doesn't regulate them. The EPA has placed some on its latest Contaminant Candidate List, a collection of chemicals it is considering overseeing. But of the thousands of pharmaceuticals on the market, "just 10 that are loosely defined as pharmaceuticals have made it to the list," says Snyder. What's more, the list seems to be engraved in stone. Only one chemical of any kind has actually moved off the Contaminant Candidate List in order to be regulated since the list was first published in 1998. It was perchlorate (used to produce rocket fuel). Don't hold your breath waiting for the others: Even the Association of Metropolitan Water Agencies, which represents the nation's largest public water suppliers, was moved in 2008 to urge the EPA to focus on new ways to remove drugs from water.

True, the levels of these drugs are so low that individually they might not pose much threat. "You wouldn't get enough aspirin to cure your headache," says John Sumpter, Ph.D., a British researcher who studies environmental contaminants. "But we're not dealing with one chemical here — we're dealing with hundreds."

Or more. Over 80,000 chemicals are registered for use in the U.S., and each year some 2,000 new ones are introduced for use in foods, drugs, household cleaners, lawn-care products, and personal-care items like deodorants and shampoo. Every day, as we excrete and flush these items, the chemical-laden wastewater goes through a sewage-treatment plant, and treated water is released into streams and rivers. But many of these pollutants remain — and make their way to a drinking-water treatment plant downstream. Or, if we toss the products in the trash, they often wind up in landfills, where they can seep into groundwater — and ultimately can come through our taps.
Iffy Cocktails

Adding together even low levels of chemicals might mean a lot of little risks compounded into a bigger potential danger. And in some cases chemicals may interact, producing an even more worrisome compound. A chemical, for example, may react with a disinfectant used to purify water at the treatment plant. A 2006 study found that adding a chlorine disinfectant to water contaminated with acetaminophen (the active ingredient in Tylenol) produced two toxic compounds — one may damage genes; the other hurts the liver. And when Canadian researchers added a different disinfectant (chloramine) to 20 pharmaceuticals and personal-care products, they ended up making nitrosamines — probable carcinogens.

We don't know the exact levels of these compounds in our drinking water, but since millions of us pop a Tylenol when our heads hurt, and since chlorine and chloramine use is ubiquitous, risky by-products could be widespread in water, says Snyder.

Tiny Doses, Big Problems

One type of chemical doesn't have to mix with anything to be risky: a compound known as an endocrine disruptor, which knocks your body's hormones out of whack. Hormones affect "just about every physiological process you can imagine — our cardiovascular, reproductive, and central nervous systems," says Sumpter. These chemicals are not like regular toxins — with those, if you're exposed to a high enough dose, you may get sick right away. Rather, with endocrine disruptors, if you take in even a tiny amount at a critical point of development, especially in utero or during infancy, the exposure could trigger reproductive problems or illnesses when you're older — everything from learning issues to infertility, heart disease, or cancer. Even the Endocrine Society, a group of typically nose-to-the-lab-bench scientists, has become sufficiently concerned about the potential risks of endocrine disruptors that it has taken an uncharacteristically activist stand. In a review study published in 2009, endocrinologists writing on behalf of the society urged the association to "actively engage in lobbying for regulation...to decrease human exposure to the many endocrine-disrupting agents."

To understand the consequences of such exposure, in 2001 a team of scientists from Canada and the U.S. EPA began regularly adding a synthetic hormone found in birth control pills to a test lake in northwestern Ontario where they were studying fathead minnows. The concentration was tiny — just 5 to 6 parts per trillion, an amount sometimes found in streams and rivers that receive municipal wastewater, say the scientists. Still after just seven weeks, the male minnows were producing high levels of a protein that helps make eggs in female fish. After one year, males were producing less sperm; eventually, they started developing eggs and largely stopped reproducing.

After three years, the researchers ceased adding the hormone to the lake. Still, by the five-year mark, the fish had almost died off in the lake — near-extinction of a species due to an infinitesimal amount of a hormone. In year six, however — after three years of no hormone exposure — the fish recovered.

As it turns out, male fish all over the U.S. are being made more feminine — not by the actions of scientists studying hormone disruption, but by the wastewater that flows into their habitats. And now, troubling evidence suggests that humans are being affected, too. In a study published last November, researchers showed that in countries where birth control pills are widely used, rates of prostate cancer are also high. "Although the amount of estrogen one woman would excrete is minimal, when millions of women take it for a long period of time, it may have an environmental effect," says study coauthor David Margel, M.D., a urologist at the University of Toronto.

Although this research is very preliminary, it shows the urgent need to learn more about the chemicals lurking in the water we drink every day. And until we do know more, we also need to understand how we can protect our families. Fortunately, the testing undertaken by Good Housekeeping provides answers.
Well Water: Digging For Answers

The issues are even murkier if your water doesn't come from a public facility. Here, extra steps you should take to be safe:

Private wells are not regulated by the federal government — which means that unless you've had your own water tested, what you're drinking and bathing in could be unhealthy. In New Hampshire, for example, more than 10% of wells exceed the EPA limit for arsenic. Well water in Arizona, California, Colorado, Maine, Michigan, Nevada, and New Mexico also contains high levels.

By EPA guidelines, wells should be tested yearly for total coliform bacteria as well as for nitrate, total dissolved solids, and pH levels. Your county may test for nitrate and bacteria; for other substances, it's best to use a state-certified lab. You might want to ask what contaminants are locally problematic so you can test specifically for those. The EPA's website (water.epa.gov/drink/index.cfm) can tell you more about local contaminants or nearby conditions that might call for having your well tested.

What Home Systems Can (And Can't) Do

Confronted with a problem with their water, many homeowners use under-the-sink or countertop units that contain special filters. Or people may install whole-house filters (known as point-of-entry devices), which cover not just the water they're drinking, but what flows into tubs, showers, and appliances.

If the water is too "hard" — loaded with calcium and magnesium — minerals can build up in pipes and washing and dishwashing machines, causing everything from skin irritations to spotted glassware. An ion-exchange filter (water softener) draws in the harder minerals, trading them for "softer" sodium and potassium. Other types of filters tackle different problems. An activated carbon filter gets rid of unpleasant odors and tastes; a reverse-osmosis system filters out many EPA-regulated contaminants; and an ultraviolet filter kills bacteria and other microorganisms.

These filters can work well. In a 2009 University of California, Berkeley, study of older adults, those who used a combo reverse-osmosis/UV filter suffered about 12% fewer gastrointestinal illnesses than participants who drank regular unfiltered water. But point-of-entry filters have two major drawbacks: They're expensive (costing anywhere from about $200 for a simple carbon filter to $2,000 for a reverse-osmosis system), and they've been certified mainly to clear EPA-regulated contaminants — the ones on your water report. It's uncertain how well they might filter other potentially risky compounds.
• Do I have to be concerned about water used for cooking — say, to boil pasta?

Boiling kills viruses and bacteria, including E. coli, but it can concentrate other contaminants like nitrate, arsenic, and lead, making them potentially harmful. The best way to protect yourself is to "know the source of your water," says Catherine Thomasson, M.D., executive director of Physicians for Social Responsibility. Your yearly water report will tell you that. (Look for an online copy of your report at cfpub.epa.gov/safewater/ccr/index.cfm; if it's not there, the site provides contact info for all water systems.) If the source is a major river that flows past farms and industrial sites or carries treated wastewater from major cities, then consider using filtered water for cooking and drinking. But if your water comes from a pristine source up in the mountains or from a deep, pure aquifer, you probably don't need to.

• Is it safe to rinse fruits and vegetables with tap water?

Yes. It's not just safe; it's necessary. You need to wash produce in order to remove any soil and microbes, says the U.S. Department of Agriculture, and Dr. Thomasson points out that the water runs off in the process. But if the source of your tap water is suspect (per the examples in the answer above), you might want to use filtered water.

• Should I worry about contaminants when I shower?

There are a few toxins, primarily volatile organic compounds (VOCs), that can be "aerosolized" such that you could inhale them, says Dr. Thomasson. Some VOCs are already monitored in drinking water, but others are not. The highest risk would be well water that has not been tested, especially if there's industrial dumping or hydraulic fracturing (fracking) going on near your home.

• What about babies and small children — is it safe for them to take a bath in water that hasn't been filtered?

"I wouldn't bother with filtered water unless your tap water source is extremely problematic," says Dr. Thomasson. In that case, of course, you would also want to use filtered water for drinking.

• Will letting the tap run really get rid of lead?

It can flush the metal out of water that's been sitting in old pipes for over six hours (run till the water feels cold). But to be safest, have your water tested (use the first water of the morning). If the lead levels are high, use a filter that's certified to remove lead. And if you live in an apartment building, definitely have your water tested, since flushing the pipes may not do the trick.
DISPOSE OF MEDICINES PROPERLY

Instead of flushing unused pills or potions down the toilet (so they end up in a sewage-treatment plant that may not be able to remove them) or tossing them in the trash (if they end up in a landfill, they could leach into the groundwater), bring your half-finished bottle to a hazardous-waste collection site or to a drugstore or other center that has a take-back program. To find a participating pharmacy near your home, go to disposemymeds.org and click on the locator link.

CHOOSE MORE NATURAL PRODUCTS

The fewer chemicals you use, the fewer will end up in the water. GoodGuide (goodguide.com), an organization led by a team of scientific experts, rates thousands of personal-care, food, and household products for their impact on the environment.

SUPPORT ENVIRONMENTAL LEGISLATION

Unlike Europe, the United States has allowed chemicals to be sold without requiring much research into the ways they affect human health. Last year, in hopes of tightening regulation, Senator Frank Lautenberg (D-NJ) proposed the Safe Chemicals Act. This modernization of the Toxic Substances Control Act would require companies to provide health and environmental information to prove substances are safe before they could be sold or remain on the market. For updates, go to govtrack.us/congress and enter "Safe Chemicals" in the search box.

Article written by Rachael Moeller Gorman published in GoodHousekeeping here:
http://www.goodhousekeeping.com/health/womens-health/water-safety