Friends of the Richelieu. A river. A passion.



"Tout cedit pays est fort uny, remply de forests, vignes & noyers. Aucuns Chrestiens n'estoient encores parvenus jusques en cedit lieu, que nous, qui eusmes assez de peine à monter le riviere à la rame. " Samuel de Champlain


"All this region is very level and full of forests, vines and butternut trees. No Christian has ever visited this land and we had all the misery of the world trying to paddle the river upstream." Samuel de Champlain

Tuesday, January 18, 2011

Agriculture et pollution - il est temps d'agir



Je reviens sur le dossier de l'assainissement de la Baie de Chesapeake, un plan d'eau vaste, qui a un bassin versant complexe et surtout agricole, tout en étant très habité, tout comme celui de la Montérégie au sud du Saint-Laurent. La seule différence: la pêche commerciale est prolifique dans ce coin-là, ce qui met des pressions sur l'assainissement là-bas, pas ici. Mais le lobby agricole est tout aussi puissant aux États-Unis qu'au Québec. Et le langage est le même. La pollution aussi.

Pour plus d'une génération, les efforts d'assainissement autour de la Baie de Chesapeake ont dorloté le fermier aussi gentiment que l'on traite un ami ou un membre de la famille. Pendant que les autres industries ont été forcées de respecter des lois strictes et les payeurs de taxes ont fourni des milliards de dollars pour améliorer les usines de traitement d'eaux usées, l'agriculture a reçu plus de subventions et de compensations financières et des mesures volontaires que n'importe quel autre pollueur.

Ne vous y trompez pas, l'agriculture est une source importante de pollution. Elle contribue autant à la pollution de l'eau de la région que n'importe qui d'autre. Les scientifiques estiment qu'environ la moitié de l'azote en excès et le phosphore qui sont la cause de tant de désastres pour la flore et la faune de la Baie de Chesapeake et ses affluents au cour des ans peut être retracé au ruissellement venant des terres agricoles.

C'est si vrai que le Maryland et d'autres états semblent avoir enfin de l'espoir pour la baie: l'EPA des États-Unis est à la tête de nouvelles mesures pour arriver à la dépolluer, des efforts qui verraient à réduire considérablement la pollution qui entre dans les écosystèmes durant les 15 prochaines années. Mais qui pensez-vous enclanche des mesures légales pour tenter d'arrêter ces initiatives environnementales avant même qu'elles commencent? Le American Farm Bureau Federation, la soit-disant "voix de l'agriculture" au niveau national, un groupe de lobbyistes puissant à Washington.

Que le Farm Bureau tenterait de dérailler la diète contre la pollution de l'EPA pour le Maryland et les 5 autres états dans le bassin versant avant même que la nouvelle loi soit votée serait gênant pour les fermiers partout. Voilà les remerciements de la communauté agricole pour la sympathie qu'elle a reçue pendant des décennies ainsi que les subventions financées par les fonds publics?

La plainte déposée lundi le 10 janvier 2011 dans une cour fédérale de Harrisburg, en Pennsylvanie fait mention de toutes sortes d'affirmations sans fondements sur l'initiative de l'EPA. Probablement la plus scandaleuse est celle qui dit que l'EPA ne permetterait pas aux états de décider par eux-mêmes comment mieux améliorer la qualité de l'eau ou de tenir en ligne de compte les impacts économiques et sociaux sur les commerces et les communautés.

Les états ont déjà présenté des projets pour démontrer comment ils rencontreront certaines cibles de réduction de pollution. Leurs approches varient selon les états, bien sûr, puisque chaque état vit sa propre réalité économique et même géographique.

La plainte affirme aussi que la science est fautive et que le public n'a pas assez été consulté. C'est faux dans les deux cas. Les états se sont penchés et ont réécrit leurs propositions depuis 2009, avec plusieurs occasions pour recevoir les commentaires du public depuis ce temps. Même les données du U.S. Department of Agriculture confirment les effets nocifs du ruissellement de nitrogène et de phosphore venant des fermes.

Il semblerait que l'on voit ici non pas une protestation locale mais une organisation nationale avec un agenda national qui ne se soucie guère de la Baie de Chesapeake. Plutôt, le Farm Bureau veut empêcher les efforts de mises en application plus strictes de l'EPA au travers le pays, et l'affirme même sur son site Web. La dernière chose que cette organisation veut c'est que le projet d'assainissement coopératif entre des états se reproduise tout le long de la rivière du Mississippi ou ailleurs dans le Midwest.

Cela n'est pas un coup que contre les fermiers du Maryland, de la Virginie, de la Pennsylvanie, de la Virginie Occidentale, du Delaware et de New York. Cela est un coup contre des sols, de l'eau et de l'air propres, des choses que les fermiers disent se soucier. Cela est faire fi des décennies de recherches qui ont documenté les façons que l'érosion des sols, les excréments d'animaux, les pesticides et les ruissellement d'engrais ont sali l'environnement.

Les fermiers ne sont pas des méchants, mais l'on s'attend à ce qu'ils soient des intendants responsables de leurs terres. Ils doivent mieux comprendre que certaines pratiques agricoles nuisent à la baie, pas s'appeurer des affirmations insensées qui disent que les lois contre la pollution les feront perdre leurs gagne-pain avant même que les lois, bonnes ou mauvaises, soient appliquées.

Les enclanchements de procès comme celui présenté par le Farm Bureau sont non seulement désastreux pour la Baie de Chesapeake, ils nuisent aux intérêts de tous les résidents dans le bassin versant, fermiers inclus. Si on laisse les fermiers être exempté des lois anti-pollution, alors la besogne laissée aux payeurs de taxes et à l'industrie ne sera que plus grande.

Ou pire, les efforts les plus encourageants qui restent à faire pour restaurer l'estuaire le plus vaste de la nation pourraient être simplement réduits à néant avant même qu'ils aient pu commencer. Ce n'est sûrement pas ce que les fermiers, ou n'importe qui d'autre, désirent.

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"What kind of stewardship is this?
Our view: Before EPA's pollution diet can even be tried, Farm Bureau lawyers up and takes a promising Chesapeake Bay cleanup effort to court

For more than a generation, efforts to clean up the Chesapeake Bay have treated the family farmer as gently as one might a friend or relative. Where other industries have been forced to meet more stringent rules and taxpayers have shelled out billions of dollars for better sewage treatment plants and the like, agriculture has been given more subsidies and incentives and offered more voluntary regulations than any other major polluter.

And make no mistake — agriculture is a major polluter. It contributes as much to the region's water pollution woes as anyone. Scientists estimate about half the excess nitrogen and phosphorus that has caused such devastation to the flora and fauna of the Chesapeake Bay and its tributaries over the years can be traced to runoff from farmland.

So just as Maryland and other states seem to be on the cusp of a new hope for the bay — an effort led by the U.S. Environmental Protection Agency that could lead to substantially less pollution entering the ecosystem over the next 15 years — who do you imagine goes to court to thwart this critical environmental initiative before it even gets started?

That would be the American Farm Bureau Federation, the so-called "voice of agriculture" at the national level, a powerful Washington lobbying group.

That the Farm Bureau would attempt to derail the EPA's "pollution diet" for Maryland and the five other states in the watershed before the first new regulation is even on the books should be an embarrassment to farmers everywhere. This is the thanks the agriculture community gives for those decades of understanding (not to mention taxpayer subsidies) it has received?

The lawsuit filed Monday (Jan 10 2011) in a federal court in Harrisburg, Pa., makes all sorts of unfounded claims about the EPA initiative. Perhaps the most outrageous is that the EPA is somehow not allowing states to decide how best to improve water quality or take into account the economic and social impacts on businesses and communities.

Of course it does. States have already submitted plans for how they will meet certain pollution reduction targets. Their approaches vary — as they should, given the different circumstances, economies and even geographies involved.

The lawsuit also claims the science is "flawed" and that the public hasn't had sufficient input. Untrue in both cases. States have been contemplating (and rewriting) their proposals since 2009, with multiple opportunities for public comment along the way. Even the U.S. Department of Agriculture's own data confirms the harmfulness of nitrogen and phosphorus runoff from farms.

What appears to be going on here is not some grass-roots protest but a national organization with a national agenda that cares not a whit about the Chesapeake Bay. Rather, the Farm Bureau wants to thwart more stringent EPA enforcement efforts across the country — and says so right on its website. The last thing the organization wants is for the multistate bay cleanup process to be replicated along the Mississippi River or elsewhere in the Midwest.

That's not striking a blow for farmers in Maryland, Virginia, Pennsylvania, West Virginia, Delaware and New York; it's striking a blow against clean land, water and air, something farmers claim to care about. It's ignoring the decades of research that have documented the ways soil erosion, animal waste, pesticides and fertilizer runoff have fouled the environment.

Farmers are not villains, but they are expected to be responsible stewards of their land. They need to better understand the ways certain farming practices have hurt the bay — not be frightened by nonsensical claims that pollution laws will force them out of business before any regulation, good or bad, is even on the books.

Lawsuits like the one filed by the Farm Bureau are not only destructive to the Chesapeake Bay, they are harmful to the interests of all residents of the watershed, farmers included. If farmers are allowed to opt out of pollution laws, then the burden on taxpayers and industry will be that much greater.

Or worse, the most encouraging effort yet to restore the nation's largest estuary may simply be thwarted before it's even begun. Surely, that's not what farmers, or anyone else, want to happen."

Editorial in The Baltimore Sun here: http://www.baltimoresun.com/news/opinion/editorial/bs-ed-farmers-sue-20110113,0,848612.story

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