Friends of the Richelieu. A river. A passion.



"Tout cedit pays est fort uny, remply de forests, vignes & noyers. Aucuns Chrestiens n'estoient encores parvenus jusques en cedit lieu, que nous, qui eusmes assez de peine à monter le riviere à la rame. " Samuel de Champlain


"All this region is very level and full of forests, vines and butternut trees. No Christian has ever visited this land and we had all the misery of the world trying to paddle the river upstream." Samuel de Champlain

Thursday, July 24, 2014

Forages pétroliers - Les autochtones à la défense du golfe du Saint-Laurent

Photo: Nicolas Steinbach

Publié dans Le Devoir le 16 juillet 2014 |Alexandre Shields

Les Premières Nations innues, malécites et micmaques du Québec et des maritimes s’opposent à l’exploration pétrolière dans le golfe du Saint-Laurent et entendent poser des gestes pour le démontrer, a appris Le Devoir. Le regroupement, qui dénonce l’empressement du gouvernement Couillard dans ce dossier, estime notamment qu’un récent jugement de la Cour suprême accorde des droits aux autochtones sur ce territoire « ancestral ».

En plus de tenir une réunion à Halifax afin de « parler d’une seule voix » en faveur de la protection du golfe, les Premières Nations dépêcheront mercredi une flottille de bateaux qui doivent occuper symboliquement le secteur d’Old Harry. Cette structure sous-marine est convoitée en raison de son hypothétique potentiel en or noir.

« Nos Nations souhaitent envoyer un message clair selon lequel il n’y aura pas de forage dans le golfe. Nous voulons aussi lancer un message en faveur de la sauvegarde du golfe du Saint-Laurent et de son importance que les Premières Nations », a résumé mardi Jean-Charles Piétacho, chef du Conseil des Innus d’Ekuanitshit.

Pour les représentants autochtones, la question des pêcheries doit être davantage prise en compte dans le débat sur les supposées retombées économiques d’une éventuelle exploitation d’énergies fossiles. Dans la seule communauté d’Ekuanitshit, au moins une centaine d’emplois en dépendent directement.

« Un déversement aurait des impacts irréversibles sur l’industrie de la pêche », a d’ailleurs déclaré Claude Jeannotte, chef de la communauté micmaque de Gespeg. Pour les trois communautés micmaques de la Gaspésie, la pêche représente des retombées annuelles de 72 millions de dollars. Et pour le golfe au complet, la valeur des débarquements dépasse chaque année 1,5 milliard de dollars. Quant au tourisme, les retombées totalisent plus de 800 millions.

« Nous ne sommes pas contre le développement économique, a souligné M. Jeannotte. Mais il ne faut pas le faire aux dépens des futures générations, qui perdraient cette richesse qu’est le golfe. »

Silence à Québec

Le problème, selon les chefs Piétacho et Jeannotte, c’est que les décideurs politiques font totalement fi du point de vue des Premières Nations dans le débat sur le pétrole en milieu marin.

« Les gouvernements du Québec et de Terre-Neuve font comme si nous n’existions pas. Nous ne sommes pas consultés, estime Jean-Charles Piétacho. En plus, ils nagent dans l’inconnu. Ils veulent faire du développement économique sur le dos de l’environnement, alors que nous n’avons pas la capacité de protéger le golfe ou encore d’intervenir en cas de déversement. »

Une évaluation environnementale stratégique (EES) réalisée par Genivar à la demande du gouvernement libéral du Québec a justement mis en lumière les importantes carences d’informations concernant le golfe, mais aussi l’industrie pétrolière en milieu marin. Celles-ci concernent les technologies d’exploration et d’exploitation, les composantes des milieux physique, biologique et humain, ainsi que les impacts des déversements.

Le Québec serait ainsi inapte à répondre à un déversement pétrolier en milieu marin. « La capacité d’intervention en cas de déversement accidentel en mer est actuellement déficiente pour répondre à d’éventuels accidents majeurs, même ceux qui pourraient impliquer le transport maritime existant », souligne le rapport de 800 pages publié en septembre 2013. On ignore également comment récupérer du pétrole « lorsqu’il y a présence de glace ». On connaît relativement peu de choses des « courants et de l’évolution de ceux-ci en fonction des changements climatiques ».

Or, un déversement provoqué par l’exploitation pétrolière maritime dans le secteur d’Old Harry menacerait tout l’est du golfe du Saint-Laurent, mais aussi les îles de la Madeleine, concluait en mai la première étude scientifique indépendante sur le sujet. Et pour le moment, la responsabilité des pétrolières en cas de désastre est limitée à 30 millions de dollars. Le fédéral veut l’augmenter à un milliard. La catastrophe du golfe du Mexique a coûté plus de 40 milliards de dollars.

L’évaluation produite par Genivar insiste aussi sur la nécessité de considérer le golfe du Saint-Laurent comme une seule entité. À l’heure actuelle, Terre-Neuve mène sa propre évaluation environnementale, sans partenariat avec Québec. Or, la structure de Old Harry se trouve à cheval sur la frontière maritime entre les deux provinces. En cas de marée noire, cinq provinces risquent d’être polluées.

Droits ancestraux

Malgré les risques dénombrés par la science, le gouvernement de Philippe Couillard est toujours déterminé à aller de l’avant. Dans le cadre de l’EES lancée récemment, il entend négocier dès cet automne une loi « miroir » prévoyant « les conditions de mise en valeur des hydrocarbures dans le golfe du Saint-Laurent (zone de gestion commune), notamment la structure géologique Old Harry ».

Du côté de Terre-Neuve, le processus progresse également vers des forages exploratoires. Mais jusqu’à présent, aucun forage n’a eu lieu dans le secteur de Old Harry, où seule l’entreprise Corridor Resources possède des permis d’exploration. Les évaluations préliminaires faisant état de la présence de deux milliards de barils de pétrole dans le fond marin se basent essentiellement sur des levés sismiques. En fait, aucune ressource pétrolière exploitable n’a jusqu’ici été trouvée dans le golfe, malgré des décennies d’exploration de la part de différentes pétrolières.

Les Premières Nations comptent cependant faire valoir leurs droits sur le golfe du Saint-Laurent. Le récent jugement de la Cour suprême qui a accordé à une nation le droit de regard sur les activités qui se développent sur son territoire « ancestral » leur donne espoir d’être entendus.

« La Cour suprême a été claire sur l’obligation des gouvernements d’entreprendre des discussions avec les Premières Nations avant tout projet sur leurs territoires ancestraux, a fait valoir le chef Claude Jeannotte. Elle a aussi souligné la nécessité d’obtenir leur consentement lorsqu’un projet risque d’affecter leurs droits ancestraux. C’est exactement le cas avec les projets pétroliers dans le golfe du Saint-Laurent. »

« Ils ne pourront plus se défiler de leurs obligations, a ajouté le chef Jean-Charles Piétacho. Le message est très clair : il faut consulter les Premières Nations. »


Lien: http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/413549/forages-petroliers-les-autochtones-a-la-defense-du-golfe-du-saint-laurent

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My translation of above article. (My question is: they won't listen to us taxpayers and voters. Will they listen to them?)

Oil drilling - The Natives want to protect the Gulf of St. Lawrence.

The Innu First Nation, Maliseet and Mi'kmaq of Quebec and the Maritimes are against oil exploration in the Gulf of St. Lawrence and intend to act to prove so, the Devoir has heard. The group, against the Couillard government rush to go ahead in this file, thinks that a recent judgement ruling of the Supreme court gives the Natives some rights over this ancestral land."

On top of having a meeting in Halifax so they can "talk with one voice" in favor of protecting the Gulf, the First Nations will send a boat flotilla Wednesday that will symbolically occupy the Old Harry region. This underwater structure is sought after because of it hypothetical potential for black oil.

"Our Nations want to send a clear message saying that there will not be any drilling in the Gulf. We also want to send a message for the protection of the Gulf of St. Lawrence and its importance for the First Nations", explained Chief of the Councel of the Innus of Ekuanitshit, Jean-Charles Piétacho, Tuesday.

The Native representatives think that fishing must be more taken into account in the debate around the estimated economic spin-off of an eventual exploitation of fossil fuels. In the Ekuanitshit community alone, at least some hundred jobs depend on fisheries directly.

"A spill would have irreversible impact on the fishing industry", says Claude Jeannote, chief of the Mi'kmaq community of Gespeg. For the 3 Mi'kmaq communities of the Gaspésie Peninsula, fishing represents annual benefits of $72 million. As for the Gulf in its entirety, the value is over $1,5 billion a year. As for tourism, the spin-offs add up to more than $800 million.

"We are not against economic development, says Mr Jeannotte. But it must not be done at the futur generations' expense that would lose the Gulf's wealth."

Quebec's silence

Chiefs Piétacho and Jeannotte think the problem is that the political decision-makers completely ignore the First Nations opinion in the oil debate in marine zones.

"The Quebec and Newfoundland governments act as if we do not exist. We are not consulted, says Jean-Charles Piétacho. Moreover, they thread in unknown territory. They want to do economic development at the expense of the environment, when we do not have the capability to protect the Gulf or intervene in case of a spill."

A Strategic Environmental Assessment (ÉES) done by Genivar that the Quebec Liberal government had asked for had mentioned exactly those lapses of information concerning the Gulf, but also the oil industry's in marine zones. These are about exploration and exploitation techniques, the composition of the physical, biological and human areas, and the impacts of spills.

Quebec would then be incapable of responding to an oil spill in a marine environment. "The capacity of intervention in case of an accidental spill out at sea is deficient right now to be able to respond to eventual major accidents, even those that could involve the existing maritime transportation", says the 800 page report published in September 2013. We also do not now how to recuperate the oil "when there is ice present". We know relatively few thing about "the currents and their evolution along with climate change".

But a spill from a maritime oil exploitation in the Old Harry sector would not only threaten the whole eastern part of the Gulf of St. Lawrence, but also the Magdalen Islands, reported the first independent scientific study on the subject. And for now, the oil companies' responsibility in case of a disaster is limited to $30 million. The Federal wants to increase that to one billion. The Gulf of Mexico disaster cost more than $40 billion.

The assessment done by Genivar also notes the necessity to consider the Gulf of St. Lawrence as one whole entity. Right now, Newfoundland is having its own environmental assessment without Quebec's participation. But the Old Harry structure is located right at the maritime border between the 2 provinces. If a black tide happens, five provinces may receive some pollution.

Ancestral rights

In spite of all the dangers listed by the science, the Philippe Couillard government is still determined to go forward. It intends to negotiate this fall, during the just recently announced ÉES, a "mirror" bill that will plan "the conditions for the development of hydrocarbons in the Gulf of St. Lawrence (common zone management), including the Old Harry geological structure".

On the Newfoundland side, the exploratory drilling is progressing, but up to now, none have been done in the Old Harry sector where only Corridor Resources has exploratory permits. Preliminary assessments estimated the presence of 2 billion barrels of oil at the sea bottom, based mostly on seismic soundings. Indeed, no exploitable oil resource has yet to be found in the Gulf, even after decades of exploration made by different oil companies.

The First Nations intend to have their rights recognized in the Gulf of St. Lawrence region. The recent Supreme Court ruling in their favor regarding development activities in their "ancestral" territory gives them hope.

"The Supreme Court was very clear about the governments' obligation to discuss with the First Nations before any project on their ancestral land, said Chief Claude Jeannotte. It also mentioned the necessity of obtaining their consent when a project risks of affecting their ancestral rights. That is exactly the case with the oil projects in the Gulf of St. Lawrence."

"They will no longer be able to ignore their obligations, added Chief Jean-Charles Piétacho. The message is very clear: First Nations must be consulted."

Tonight! Be there! Be heard!

Wednesday, July 23, 2014

La Pennsylvanie admet. Enfin!

On va-tu enfin arrêter de nous dire qu'il n'y a eu "aucun cas documenté de contamination de l'eau à cause de la fracturation hydraulique"???
Johanne Dion


Le DEP rapporte que des opérations pétrolières et gazières ont endommagé des sources d'eau 209 fois depuis la fin de 2007

Ma traduction libre d'un reportage de Laura Legere publié dans le Pittsburgh Post-Gazette. Visitez le lien pour visionner plusieurs tableaux révélateurs.

Des opérations pétrolières et gazières ont endommagé des sources d'eau en Pennsylvanie 209 fois depuis la fin de l'année 2007 selon des données officielles compilées par le Département de la Protection de l'Environnement (DEP) que l'agence s'apprête à rendre publiques pour la première fois.

Des régulateurs environnementaux de l'état planifient la publication de l'information sur le site Web du DEP ce mois-ci, mais une version préliminaire du tableur a été remise au Pittsburgh Post-Gazette suite à une demande d'accès à l'information.

Le tableur donne une liste de 209 sources d'eau par compté, municipalité et la date à laquelle les régulateurs sont arrivés à la conclusion que des activités liées à des extractions de pétrole ou de gaz étaient à blâmer pour la contamination ou la diminution de l'écoulement d'une source d'eau.

Le document ne révèle pas les noms et les adresses des propriétaires et ne dit pas quelles compagnies seraient responsables des dommages, qu'est-ce qui aurait causé le problème ou quelles polluants ont été trouvés dans l'eau.

Le ministre-adjoint du DEP pour la gestion du pétrole et du gaz, Scott Perry, dit que l'agence prévoit améliorer le tableur en ajoutant des liens vers les lettres ou les ordres reliés à chaque cas à un moment donné, ce qui devrait donner davantage d'information sur la façon que l'eau a été affectée.

Les régulateurs environnementaux sont obligés selon la loi de déterminer en moins de 45 jours d'avoir reçu une plainte pour l'eau ayant un rapport avec un forage si les opérations pétrolières et gazières ont contaminé une source d'eau ou réduit son écoulement. Le DEP remet un rapport de ce qu'il trouve par lettre envoyée au propriétaire terrien. Il émet également des ordres aux compagnies pour qu'elles réparent les dommages dans les cas où les opérations pétrolières et gazières sont reconnues responsables ou sont la cause présumée à cause de la proximité entre les activités de forage et la source d'eau souterraine affectée.

Ces conclusions sont du domaine public.

Après avoir initialement s'être opposé aux demandes des organismes des nouvelles pour les lettres de détermination et plaidant que ce serait trop difficile de toutes les trouver dans ses filières, le DEP a progressivement rendu accessible ses documents depuis un an après que la cour ait exigé leur dévoilement et l'intérêt du public pour cette information ait pris de l'ampleur.

Quand le DEP publiera la liste des sources d'eau endommagées ce mois-ci, cela sera la première fois que l'agence ait révélé sa comptabilité officielle sur la pollution liée aux forages et les cas de diminution sur son site Web.

"Cette information si souvent demandée est partagée avec le public dans nos efforts continus pour être aussi ouverts et transparents que possible," écrit la porte parole du DEP Morgan Wagner dans un courriel. Elle ajoute que le département prévoit mettre à jour la liste au fur à mesure que les déterminations soient effectuées.

Le nombre d'impacts est petit à comparé au nombre de nouveaux puits pétroliers et gaziers forés durant la même période de temps - presque 20,000 selon les archives du DEP.

Patrick Creighton, un porte-parole de l'association de l'industrie Marcellus Shale Coalition, dit dans un communiqué que "ces données démontrent davantage que la grande majorité des puits pétroliers et gaziers en Pennsylvanie, plus de 99%, ont été développé sans aucun impact sur le sol ou l'eau de puits."

Mais les gens qui ont vu leur eau impactée souvent décrivent l'expérience comme étant particulièrement dérangeante.

Les impacts sur l'eau liés aux forages

"Il y a 209 cas de contamination depuis 2008, ce qui est beaucoup, d'après moi, surtout quand il s'agit de la source d'eau potable d'une personne," dit Steve Hvozdovich, le coordonnateur du Marcellus Shale pour le groupe environnemental Clean Water Action.

Le tableur du DEP révèle que des opérations pétrolières et gazières ont affecté des sources d'eau dans presque toutes les régions où il se fait des forages, qu'il s'agit des régions exploitées pour le gaz de schiste dans le nord-est de la Pennsylvanie ou des régions traditionnelles pour le pétrole et le gaz dans le coin nord-ouest. Le DEP a découvert que des activités de forage ont endommagé des sources d'eau dans Bradford County 48 fois, le compté où il y en a le plus, suivi par Susquehanna County (35 fois), McKean County (24 fois) et Forest County (17 fois).

Le bureau régional du sud-ouest du DEP a émis le plus petit nombre de déterminations d'impacts sur l'eau des trois bureaux régionaux qui encadrent l'industrie. Il a trouvé que des activités de forages ont causé des problèmes de sources d'eau 13 fois en 6 ans: huit fois dans Indiana County, deux fois chacun dans Washington et Westmorland, et une fois dans Fayette County.

Le rythme de problèmes est resté le même depuis les dernières années suivant une augmentation de cas entre 2008 et 2009 durant une augmentation de l'extraction du gaz de schiste dans la région nord-est et le méthane emprisonné dans des couches de roc peu profondes s'est échappé dans l'eau souterraine en passant par des défectuosités dans certains nouveaux puits à cet endroit.

Le DEP a trouvé 18 cas d'impacts sur les sources d'eau en 2008, 47 en 2009, 34 en 2010, 34 en 2011, 35 en 2012, 33 en 2013 et 5 jusqu'en mai de cette année.

Le porte-parole du Marcellus Shale Coalition dit que le groupe croit que c'est critique de rendre ces données accessibles au public, "dans un contexte approprié", mentionnant le fait que la Pennsylvanie n'a pas de normes de construction de puits privés d'eau potable et que plusieurs sources d'eau sont en piètre état ou contiennent du méthane dont la cause n'a rien à voir avec l'extraction du pétrole ou du gaz.

"Avant que nos membres commencent des activités de développement de puits, des prélèvements exhaustifs d'eau de référence (baseline) est faite par un tierce parti certifié, et souvent dépasse les exigences de l'état," dit M. Creighton, ajoutant que les tests du niveau de référence donnent aux propriétaires de l'information importante sur la qualité de l'eau et en relation avec la santé publique.

Des environnementalistes se réjouissent de voir le DEP révéler cette information, bien qu'ils s'empressent d'ajouter que ceci n'est qu'une première étape.

M. Hvozdovich dit qu'il est "heureux de voir que le DEP prends des mesures concrètes pour améliorer la transparence sur cette question, surtout en sachant comment il était désorganisé et comment on gardait secrets les impacts sur l'eau des forages gaziers en Pennsylvanie."

Mais il qualifie l'information dans le tableur "cruellement moins que ce que le public devrait savoir" et encourage le DEP d'ajouter des détails comme quels genres d'impacts les opérations pétrolières et gazières ont infligé aux sources d'eau, quelles compagnies étaient impliquées, s'il s'agit de foreurs de gaz de schiste ou des opérateurs de puits traditionnels peu profonds qui sont responsables, ce que les compagnies ont fait pour gérer les problèmes et si elles ont reçu des amendes.

Des chercheurs académiques disent que même le peu d'information dans le document jusqu'à date est utile pour comprendre la distribution géographique des problèmes liés aux forages partout dans l'état. Et il pourrait encourager le public à demander plus de données disponibles.

Susan Brantley, un professeur de géo-sciences au Penn State University, dont les recherches se penchent sur les problèmes de qualité de l'eau sans liens avec le développement du pétrole et du gaz ainsi que les façons que les activités de forages ont affecté l'eau souterraine, dit que c'est clair pour elle d'après des conversations avec du personnel du DEP que eux aussi veulent mettre plus d'information en ligne. "Mais cela prend du temps et de l'argent et du personnel et je ne suis pas sûre qu'ils en ont toujours," dit-elle.

"Même le tableur le plus rudimentaire qu'on met en ligne et que des gens puissent l'examiner, cela est un pas dans la bonne direction," dit-elle. "Nous devrions l'encourager. Et le public devrait le comprendre pour qu'il en demande."

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DEP: Oil and gas operations damaged water supplies 209 times since end of ’07

Oil and gas operations have damaged Pennsylvania water supplies 209 times since the end of 2007, according to official determinations compiled by the Department of Environmental Protection that the agency is preparing to release for the first time.

State environmental regulators are planning to post the information on DEP’s website this month, but an early version of the spreadsheet was provided to the Pittsburgh Post-Gazette in response to an open records request.

The spreadsheet lists the 209 affected water supplies by county, municipality and the date regulators concluded that activities related to oil or gas extraction were to blame for contaminating or diminishing the flow to a water source.

The document does not disclose property owners’ names or addresses and it does not detail which companies that were deemed responsible for the damage, what caused the disruptions or what pollutants were found in the water.

DEP’s deputy secretary for oil and gas management, Scott Perry, said the agency intends to enhance the spreadsheet by adding links to the letters or orders related to each case at some point, which should reveal more information about how water was affected.

Environmental regulators are required by law to determine within 45 days of getting a drilling-related water complaint if oil and gas operations contaminated a water supply or reduced its flow. DEP reports its findings in letters to property owners. It also issues orders to companies to fix the damage in cases where oil and gas operations are found to be accountable or are presumed to be the cause because of the proximity between drilling activities and a disrupted groundwater source.

Those conclusions are public records.

After initially fighting news organizations’ requests for the determination letters and arguing it would be too difficult to find all of them in its files, DEP has increasingly provided access to the documents in the last year after courts required their release and as public interest in the information has grown.

When DEP posts the tally of damaged water supplies this month, it will mark the first time the agency has released its official accounting of drilling-related pollution and diminution cases on its website.

“This frequently requested information is being shared with the public in our continued effort to be as open and transparent as possible,” DEP spokeswoman Morgan Wagner wrote in an email. She said the department plans to update the list as more determinations are made.

The number of impacts is small relative to the number of new oil and gas wells drilled during the same time period – nearly 20,000, according to DEP records.

Patrick Creighton, a spokesman for the industry trade group the Marcellus Shale Coalition, said in a statement that “this data further demonstrates that the overwhelming majority of oil and natural gas wells in Pennsylvania – over 99 percent – have been developed without any impact on ground or well water.”

But people who have seen their water disrupted often describe the experience as uniquely unsettling.

Drilling-related water impacts

“There are 209 contamination cases since 2008, which is a lot, in my book, especially when you are talking about somebody’s drinking water supply,” said Steve Hvozdovich, the Marcellus Shale coordinator for the environmental group Clean Water Action.

The DEP spreadsheet reveals that oil and gas operations have affected water supplies in nearly every region where drilling occurs, from the shale gas sweet spots in northeastern Pennsylvania to the traditional oil and gas patch in the state’s northwest corner. DEP found that drilling activities damaged water supplies in Bradford County 48 times – the most of any county – followed by Susquehanna County (35 times), McKean County (24 times) and Forest County (17 times).

DEP’s southwest regional office issued the fewest water impact determinations of the three regional offices that oversee the industry. It found drilling activities caused water supply problems 13 times in six years: eight times in Indiana County, twice each in Washington and Westmoreland counties, and once in Fayette County.

The rate of problems has stayed flat in recent years following a surge in cases between 2008 and 2009 as shale gas extraction increased in the northeast region and methane trapped in shallow rock layers escaped into groundwater through flaws in some new wells there.

DEP found 18 cases of water supply impacts in 2008, 47 in 2009, 34 in 2010, 34 in 2011, 35 in 2012, 33 in 2013 and five through May of this year.

The Marcellus Shale Coalition spokesman said the organization believes it’s critical to make data such as this publicly available, “with appropriate context,” including the fact that Pennsylvania doesn’t have private well water construction standards and many water supplies are in poor condition or contain methane for reasons entirely unrelated to oil and gas extraction.

“Before our members begin well development activities, exhaustive baseline water sampling is conducted by certified third parties, which frequently extends beyond state requirements,” Mr. Creighton said, adding that the baseline testing gives homeowners important water quality and public health-related information.

Environmentalists applauded DEP for releasing the information, although they quickly added that it is only a first step.

Mr. Hvozdovich said he is “glad to see that DEP is taking some concrete steps to try to improve transparency on this issue, especially considering how disorganized they were and how secretive water impacts from natural gas drilling were in Pennsylvania.”

But he called the information in the spreadsheet “pretty woefully below what the public deserves to see” and encouraged DEP to add details such as what types of impacts oil and gas operations have caused to water sources, which companies were involved, whether shale gas drillers or operators of shallow, traditional wells were found responsible, how companies addressed the problems and whether they were fined.

Academic researchers said even the spare information in the document so far will still be useful for understanding the geographic distribution of drilling-related issues across the state. And it might encourage the public to ask for more readily available data.

Susan Brantley, a geosciences professor at Penn State University whose research examines water quality problems unrelated to oil and gas development as well as the ways drilling activities have affected groundwater, said it is clear to her from conversations with DEP staff that they also want to get more data online. “But it takes time and money and people power and I’m not sure they always have that,” she said.

“Even the most rudimentary spreadsheet going online and getting people to scrutinize it – that is a positive step,” she said. “We should encourage it. And the public should understand it so that they demand it.”

Link: http://powersource.post-gazette.com/powersource/policy-powersource/2014/07/22/DEP-Oil-and-gas-endeavors-have-damaged-water-supply-209-times-since-07/stories/201407220069

Tonight!

Tuesday, July 22, 2014

Nous devons comprendre...

"Nous devons comprendre, comme l'ont fait Marx et Adam Smith, que les corporations ne se soucient guère du bien commun. Elle exploitent, polluent, appauvrissent, répriment, tuent et mentent pour faire de l'argent. Elles évacuent les pauvres de chez eux, laissent les gens mourir sans assurances, mènent des guerres inutiles pour le profit, empoisonnent l'écosystème, coupent les programmes d'aide sociale, saignent l'éducation publique, saccagent l'économie globale, pillent le trésor Américain et écrasent tout mouvement populaire qui veut la justice pour les hommes et les femmes qui travaillent. Elles vénèrent l'argent et le pouvoir."

Chris Hedges, journaliste américain et auteur, spécialisé dans les domaines politique et social.
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“We have to grasp, as Marx and Adam Smith did, that corporations are not concerned with the common good. They exploit, pollute, impoverish, repress, kill, and lie to make money. They throw poor people out of homes, let the uninsured die, wage useless wars for profit, poison and pollute the ecosystem, slash social assistance programs, gut public education, trash the global economy, plunder the U.S. Treasury and crush all popular movements that seek justice for working men and women. They worship money and power.”

Chris Hedges, American journalist specializing in American politics and society, best-selling author of several books.

Monday, July 21, 2014

Municipalités, protégez vos sources d’eau potable !

Photo du maire François Boulay prise par Jacques Nadeau pour Le Devoir

Lettre publiée dans Le Devoir du 21 juillet 2014 signée par François Boulay - Maire de Ristigouche-Partie-Sud-Est

epuis quelque temps, des entreprises s’amènent sur nos territoires à la recherche d’hydrocarbures à exploiter. Certaines de leurs activités sont de nature à compromettre les sources d’eau potable dont dépendent l’approvisionnement en eau de nos citoyens de même que les activités agricoles. En l’absence d’encadrement de la part du gouvernement du Québec, des douzaines de municipalités québécoises ont décidé de prendre les choses en main et d’adopter des règlements visant à imposer des distances séparatrices entre les activités des pétrolières et les sources d’eau potable. Le cas de Gaspé, très médiatisé, et celui maintenant de Ristigouche montrent bien que plusieurs pétrolières cherchent à imposer, par la voie des tribunaux, leur recherche de profit au détriment du devoir des élus et des citoyens de protéger ce bien commun fondamental que représente leur eau.

Le message aux municipalités qui n’ont pas encore adopté de règlement pour protéger leurs sources d’eau : agissez sans tarder avant qu’une pétrolière ne tente de vous mettre devant le fait accompli.

Le cas de Ristigouche

Petit hameau de 168 habitants, Ristigouche voit une pétrolière, Gastem, débarquer sur son territoire en 2011. Avec un permis en main du ministère des Ressources naturelles émis en juillet 2012, la compagnie entreprend des travaux préparatoires en construisant une plateforme de forage et des fosses de rétentions. L’inquiétude règne dans la communauté et, dès 2013, un regroupement citoyen se mobilise. Une pétition, signée par 92 résidants propriétaires, sera déposée au conseil municipal, qui, le 4 mars 2013, adopte un règlement pour la protection de l’eau potable sur son territoire.

Le règlement de Ristigouche est fondé sur le premier du genre au Québec, soit le règlement dit de « Saint-Bonaventure ». Il établit une distance séparatrice minimale de 2 km de rayon entre un puits résidentiel alimentant 20 personnes ou moins et toute opération de forage. De plus, il interdit l’introduction de toute substance susceptible de contaminer la nappe phréatique. Bien qu’elle puisse continuer ses activités à l’extérieur des périmètres de protection, la pétrolière y voit un obstacle et dépose, en mai 2013, une mise en demeure suivie, en août, d’une requête en dommages et intérêts de 1,5 million contre la municipalité, soit 5,5 fois son budget annuel. Ristigouche, comme de nombreuses autres municipalités du Québec, a difficilement les moyens de faire face à cette forme d’intimidation.

Le cas de Ristigouche montre bien que les municipalités du Québec ont tout intérêt à adopter un Règlement pour protéger leurs sources d’eau potable, et ce, avant l’arrivée de compagnies pétrolières ou gazières sur leurs territoires. Jusqu’à maintenant, plus de 70 municipalités québécoises ont adopté un tel règlement, mais les centaines d’autres s’exposent aux mêmes difficultés advenant l’arrivée chez eux d’une pétrolière ou d’une gazière. Les municipalités qui lésinent à passer à l’action sont ainsi à flancs découverts, vulnérables à se retrouver dans une situation semblable à celle qui s’abat sur Ristigouche. En cette matière, la prévention a meilleur goût… Ristigouche en sait quelque chose !

Les tergiversations de Québec

L’inaction du gouvernement québécois en matière de protection des sources d’eau potable dans le cas des entreprises pétrolières et gazières en dit long sur la valeur qu’il porte à notre eau potable. Les promesses de réglementer la protection des sources d’eau sont sans cesse reportées par l’État. Depuis 2011 sous le gouvernement Charest, en passant par le gouvernement Marois et maintenant celui de Philippe Couillard, plus de 31 mois se sont écoulés sans parvenir à adopter le projet de règlement sur les prélèvements de l’eau et sa protection. Jusqu’à tout récemment, le nouveau ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques, David Heurtel, se faisait rassurant et promettait qu’un nouveau règlement québécois serait publié d’ici la fin du mois de juin 2014. Cette échéance n’a pas non plus été respectée, et le dépôt du Règlement est à nouveau reporté.

Si la Loi affirmant le caractère collectif des ressources en eau et visant à renforcer leur protection, adoptée en 2009, a fait de l’État québécois le « gardien des intérêts de la nation dans la ressource eau », lequel « se doit d’être investi des pouvoirs nécessaires pour en assurer la protection et la gestion » (préambule de la loi), force est de constater qu’en l’absence de règlement, l’État québécois reste toujours sur sa soif. Mais laquelle ? D’eau ou de pétrole ?

À défaut d’une réglementation québécoise qui tarde à naître, il est du devoir des municipalités d’assurer la protection des sources d’eau potable de leurs citoyens. Ristigouche lance un appel à la solidarité : debout citoyens ! Debout municipalités ! Signifiez votre compétence municipale et agissez en adoptant votre règlement pour la protection de « VOTRE » eau.

Que le message soit clair et limpide envers l’État québécois : la soif à rassasier et qui doit primer, c’est celle de l’eau et non celle des intérêts des compagnies pétrolières. Nous en sommes rendus là, maintenant !

Lien: http://www.ledevoir.com/politique/villes-et-regions/413922/activites-petrolieres-et-gazieres-municipalites-protegez-vos-sources-d-eau-potable

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Municipalities, protect your sources of drinking water!

My translation of an open letter from the Mayor of the town caught up in a legal case against Gastem.

These days, companies show up where we live looking for hydrocarbons to extract. Some of their activities could endanger our sources of drinking water that we need for our citizens and our farmers. Without any oversight from the Quebec government, dozens of Quebec municipalities have taken things into their own hands and voted in bylaws that impose separation distances between oil activities and sources of drinking water. In the very mediatized case of Gaspé, and now Ristigouche, it is obvious that many oil companies want to force through legal procedures their profit ambitions at the expense of the elected officials and the citizens that must protect a fundamental common good: water.

Here is a message to the municipalities that still do not have a bylaw to protect their sources of water: do not wait and act now before an oil company gets to you first.

The Ristigouche case

A small hamlet of 168 citizens, Ristigouche saw an oil company, Gastem, invade its territory in 2011. With permit in hand from the Natural Resources Ministry dated July 2012, the company starts preparation work by building a drilling platform and settling ponds. The community is concerned and in 2013, a group of citizens take action. A petition, signed by 92 landowners was presented to the municipal council who on March 4 2013, passes the bylaw to protect drinking water in its territory.

The Ristigouche bylaw is based on the first of its kind in Quebec, the one called the "Saint-Bonaventure" bylaw. It is about a minimum separation distance of 2km radius between a residential well for 20 people or less and any drilling operation. Furthermore, it bans all introduction of any substance susceptible of contaminating the water table. Even though it can keep on doing its work outside the protection perimeter, the oil company considers this an obstacle and files an intend to sue in May 2013, and in August, a request for damages of $1,5 million against the municipality, an amount that is 5,5 times its annual budget. Ristigouche, just like many other municipalities in Quebec, does not have the means to deal with this kind of intimidation.

The Ristigouche case shows very well how Quebec municipalities should pass a bylaw to protect their drinking water sources before oil or gas companies show up in their territory. Up to now, more than 70 Quebec municipalities have passed this bylaw, but hundreds more are exposed to the same difficulties in case an oil or gas company shows up. Municipalities that delay make themselves vulnerable and could find themselves in a similar situation. In this matter, prevention is the word. Ristigouche can now testify to this!

Quebec is pussyfooting

The Quebec government's inaction to protect drinking water sources, when it comes to oil and gas companies (and anything else, as far as I'm concerned!) is telling on how it values our drinking water. Promises to regulate protection of water sources are forever postponed by the State. Since 2011 under the Charest government, then under the Marois government, and now under Philippe Couillard, more than 31 months have gone by without any bill on water withdrawal and protection. Up until very recently, the new Environment Minister David Heurtel reassured us and promised a new Quebec regulation that would be published by the end of June 2014. That deadline has not been respected either, and the filing of the bill is delayed once again.

If the Law confirming the collective nature of water and intending to reinforce its protection, passed in 2009, made Quebec the "guardian of the water resource interest of the nation" (in the introduction of the law), one has to realize that without a regulation, the Quebec state is still wanting. But for what? Water or oil?

Without this Quebec regulation that is still in the making, it is the municipalities' duty to insure the protection of drinking water sources of their citizens. Ristigouche is sending out a call for solidarity: stand up citizens! step up municipalities! Use your municipal competence and act by passing your own bylaw to protect YOUR water.

May the message be clear and sent to the Quebec State: the thirst to satisfy and that must come first, it is the thirst for water, and not the oil companies' interests. It is up to us, now!