Friends of the Richelieu. A river. A passion.



"Tout cedit pays est fort uny, remply de forests, vignes & noyers. Aucuns Chrestiens n'estoient encores parvenus jusques en cedit lieu, que nous, qui eusmes assez de peine à monter le riviere à la rame. " Samuel de Champlain


"All this region is very level and full of forests, vines and butternut trees. No Christian has ever visited this land and we had all the misery of the world trying to paddle the river upstream." Samuel de Champlain

Wednesday, July 1, 2015

La Cour suprême rejette la requête pour refuser la poursuite impliquant le fracking.

Photo: Colin Smith
La réclamation de Jessica Ernst au sujet de la Charte devrait être entendue en cour en 2016.

Ma traduction libre d'un reportage d'Andrew Nikiforuk publié dans le quotidien en ligne The Tyee le 1 juillet 2015.

La Cour suprême du Canada a rejeté la requête de l'organisme de règlementation énergétique la plus puissante du pays qui avançait que la poursuite de Jessica Ernst impliquant la fracturation hydraulique et la contamination de l'eau souterraine ne regarde aucune requête constitutionnelle importante et devrait être refusée.

La juge en chef Beverley McLachlin a statué que la poursuite soulevait une question constitutionnelle importante à savoir si oui ou non une "clause d'immunité" dans la législation de l'organisme la rendait au-dessus de la Charte canadienne des droits et libertés.

Est-ce que la clause d'immunité de l'organisme, demande la juge McLachlin dans sa décision du 25 juin, "est constitutionnellement inapplicable ou inopérable au point où elle bloquerait une requête contre l'organise de règlementation à cause d'un manquement" à la Charte canadienne des droits et libertés?

Mais Glen Solomon, avocat représentant l'organisme en question, soit l'Alberta Energy Regulator, argumente dans la demande présenté à la cour que "aucune question constitutionnelle ne devrait être citée dans ce présent dossier."

Après avoir accepté d'entendre le cas impliquant la Charte au mois d'avril passé, la Cour suprême a demandé aux avocats représentant Jessica Ernst d'énoncer clairement la question et s'entendre avec Solomon sur la façon de la présenter.

Mais Solomon a dit aux avocats de Mme Ernst que "Nous ne pourrons pas nous mettre d'accord sur la question constitutionnelle."

L'entêtement du Alberta Energy Regulator a coûté à Ernst encore plus de temps et d'argent, mais elle est satisfaite du jugement de McLachlin et sa définition de la question finale sur la constitution.

"Si les organismes de règlementation en énergie peuvent violer nos droits selon la Charte, les citoyens, qui vivent dans des régions où l'industrie effectue des fracturations hydrauliques pour extraire des hydrocarbures, ne seront plus protégés," Mme Erst a dit au The Tyee.

Accusations de dommages présuméement causés par le fracking

La fracturation hydraulique, une technologie décrite par l'industrie comme étant un amalgame de "force brute et d'ignorance," injecte des fluides à très haute pression dans des formations géologiques profondes ou près de la surface dans le but d'ouvrir le roc aussi dense que le béton afin d'en extraire de petites quantités de pétrole et de gaz sur de grandes distances.

Par contre, l'industrie ne peut pas toujours contrôler la direction des fractures et il y a eu des centaines de cas où il y a eu des contaminations de l'eau souterraine et des fuites de méthane ainsi que plusieurs séries de séismes "sentis" déclenchés par l'industrie au Canada et aux États-Unis.

Il y a 8 ans passés, Jessica Ernst, une consultante pour l'industrie pétrolière, a entamé une poursuite contre Alberta Environment, l'agence Energy Resources Conservation Board (ERCB, qui s'appelle maintenant Alberta Energy Regulator) et Encana, l'un des plus importantes industries de gaz non conventionnel du Canada, à cause de la contamination de son puits d'eau potable par des hydrocarbures (dont du méthane) et du manquement des autorités gouvernementales à enquêter adéquatement sur la contamination de l'eau souterraine.

La poursuite de $33 millions prétend qu'Encana aurait fracturé de façon négligente dans des zones d'eau douce il y a de cela une décennie; que le ERCB a violé les droits et libertés de Mme Ernst selon la Charte en interdisant à ses employés, entre autre, toute communication avec elle; et qu'Alberta Environment a effectué une enquête farcie de problèmes de mauvaise foi.

Après que la Cour d'appel de l'Alberta ait jugé l'an passé que Mme Ernst ne pouvait pas poursuivre l'organisme de règlementation en énergie à cause d'une clause d'immunité qui la protégeait (la poursuite contre Encana et Alberta Environment se poursuit toujours), ses avocats ont demandé à la Cour suprême de pencher sur la question sur fondements constitutionnels.

La poursuite de Mme Ernst soulève un nombre de questions nationales critiques qui impliquent la Charte canadienne des droits et libertés. La question de base que doit étudier maintenant la Cour suprême est ceci: est-ce qu'une loi provinciale peut permettre à un organisme puissant de règlementation en énergie de violer la Charte canadienne des droits et libertés en bannissant des citoyens et en les étiquetant faussement d'être une menace à leur sécurité?

L'organisme Alberta Energy Regulator, qui est financé à 100% par l'industrie et a à sa tête Gerard Protti, un ancien lobbyiste de l'énergie, a été la cible de plusieurs controverses et a donc changé de nom plusieurs fois en Alberta à cause d'une série de scandales publics.

Les propriétaires terriens qui la critiquent disent que l'organisme, l'agence régulatrice la plus puissante du pays, comme étant un organisme "captif" qui travaille pour l'industrie. Pour le moment, l'intérêt public ne fait pas parti de son mandat.

Rachel Notley, la nouvelle Première Ministre NPD de l'Alberta, a soulevé des préoccupations au sujet de son conseil d'administration et promet de "secouer" l'organisme.

"L'une des préoccupations que j'ai toujours eue au sujet du Alberta Energy Regulator est que l'organisme semble avoir un conflit dans son mandat, car il est à la fois un promoteur énergétique et le principal protecteur de l'environnement en Alberta," disait Notley récemment au Calgary Herald.

La poursuite de Mme Ernst est maintenant célébrée en Alberta et est bien suivie par la communauté légale et l'industrie pétrolière et gazière.

Une firme légale importante, Borden Ladner Gervais, a noté dernièrement dans un blogue que la décision de la Cour suprême d'accepter d'entendre le cas pourrait avoir "un impact important sur le conseil d'administration, l'Alberta Energy Regulator, n'importe quel autre tribunal règlementaire qui bénéficie de protection statutaire de toute responsabilité civile ou action civile, et n'importe quel plaignant futur potentiel qui pourrait songer à entamer une action contre un organisme statutaire qui bénéficie de protection législative. Nous attendons avec impatience la direction prise par la Cour suprême pour nous indiquer l'encadrement adéquat des interactions entre les provisions statutaires en immunité et les requêtes en dommages selon la Charte contre les acteurs de l'état."

Le cas sera entendu en 2016

Le procès de Mme Ernst sera entendu en cour l'an prochain en Cour suprême. Les procureurs généraux des provinces ont jusqu'en décembre pour intervenir.

Si la cour juge que la clause en immunité de l'organisme ne la protège pas des poursuites en civil selon la Charte canadienne en droits et libertés, alors le cas de Mme Ernst reviendra alors dans les cours légales de l'Alberta où il se poursuivra contre Encana, Alberta Environment et l'Alberta Energy Regulator.


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Supreme Court Rejects Argument to Dismiss Landmark Fracking Case

Jessica Ernst's charter claim hearing slated for 2016.


By Andrew Nikiforuk, published in TheTyee.ca

The Supreme Court of Canada has rejected a motion by the country's most powerful energy regulator that Jessica Ernst's case involving fracking and groundwater contamination raises no significant constitutional claim and should be dismissed.

Chief Justice Beverley McLachlin ruled that the case raised a significant constitutional question on whether or not an "immunity clause" in the regulator's legislation placed it above the Charter of Rights and Freedoms.

Is the regulator's immunity clause, asked McLachlin in her June 25th ruling "constitutionally inapplicable or inoperable to the extent that it bars a claim against the regulator for a breach of" the Charter of Rights and Freedoms?

But Glenn Solomon, counsel for the Alberta Energy Regulator, argued in submissions to the court that "no constitutional question should be stated in the present matter."

After the Supreme Court agreed to hear the charter case last April, it required lawyers representing Jessica Ernst to clearly state the question and Solomon to agree on the wording.

But Solomon told Ernst's lawyers that "We will not be able to agree on a constitutional question."

The Alberta Energy Regulator's obstruction cost Ernst more time and money, but she is satisfied with McLachlin's ruling and definition of the final constitutional question.

"If energy regulators can violate our charter rights, there will be no protection for citizens living in areas where industry is fracking for hydrocarbons," Ernst told The Tyee.

Fracking damage alleged

Hydraulic fracturing, a technology described by industry as a combination of "brute force and ignorance," injects highly pressurized fluids into shallow and deep formations with the goal of splitting open rock as dense as concrete to release small amounts of oil and gas over vast distances.

Industry, however, cannot always control the direction of the fractures and there have been hundreds of cases of groundwater contamination and methane leakage as well as scores of "felt" earthquakes triggered by the industry in Canada and the United States.

Eight years ago oil patch consultant Jessica Ernst sued Alberta Environment, the Energy Resources Conservation Board (ERCB, which has since become the Alberta Energy Regulator) and Encana -- one of Canada's largest unconventional gas drillers -- over the contamination of her well water with hydrocarbons (including methane) and the failure of government authorities to properly investigate the fouling of groundwater.

The $33-million lawsuit alleges that Encana negligently fractured into fresh water zones more than a decade ago; that the ERCB breached Ernst's freedoms under the Charter of Rights and Freedoms by declaring her a "security threat" and banishing all communication with her; and that Alberta Environment performed a problem-plagued investigation in bad faith.

After the Alberta Court of Appeal ruled last year that Ernst could not sue the province's energy regulator because of a protective immunity clause (the lawsuit against Encana and Alberta Environment is slowly proceeding), her lawyers asked the Supreme Court to consider reviewing the matter on constitutional grounds.

Ernst's case raises a number of critical national issues that involve Canada's Charter of Rights and Freedoms. The basic question the Supreme Court must now consider is this: can a provincial law allow a powerful energy regulator to violate the nation's Charter of Rights and Freedoms by banishing citizens and falsely branding them as a security threats?

The Alberta Energy Regulator, which is 100 per cent funded by industry and now headed by former energy lobbyist Gerard Protti, has been the subject of controversy and name changes in Alberta due to a series of public scandals.

Landowner critics call the agency, arguably the most powerful regulator in the country, a "captive" agency that works for industry. The public interest is not part of its current mandate.

Rachel Notley, Alberta's new NDP premier, has raised concerns about the board's direction and promises to shake up the organization.

"One of the concerns that I have always had with the Alberta Energy Regulator is that it appears to have a conflicting mandate, in that it is both a promoter of energy and the primary vehicle of environmental protection in Alberta," Notley recently told the Calgary Herald.

Ernst's case has become a celebrated one in Alberta and one much watched by the legal community and oil and gas industry.

One major legal firm, Borden Ladner Gervais, recently noted in a blog that the Supreme Court decision to hear the case could have a "significant impact on the board, the Alberta Energy Regulator, any other regulatory tribunal that has statutory protection from civil liability or actions, and any potential future claimants who may consider bringing an action against a statutory body that has legislative protection. We look forward to the guidance from the Supreme Court as to the proper framework for addressing the interplay between statutory immunity provisions and charter damages claims against state actors."

Case to be heard in 2016

The Ernst case will be heard next year by the Supreme Court. Attorney generals from the provinces have until to December to intervene in the case.

If the court rules that the regulator's immunity clause does not protect it from civil action brought under the Charter of Rights of Freedoms, then Ernst's case will return to Alberta's courts where it will resume against Encana, Alberta Environment and the Alberta Energy Regulator. [Tyee]

Link: http://thetyee.ca/News/2015/07/01/Supreme-Court-Fracking-Case/

Saturday, June 27, 2015

Life project



It is now that I realize that because my lifetime project had been put on hold, I had this sinking feeling that kept me depressed for a long time.

The work to renovate my home had started, but was never finished, and that was bearing down on me. Of course, I had my garden to work on, but as every good gardener knows, a garden is never quite finished, for the very good reason that we are dealing with living things that grow in time.

But the project that I had planned on doing during my lifetime was to transform a dated summer camp turned into a yearlong home that reflected my tastes and my lifestyle. At first, I was happy to see that the work was well on it's way, but when everything stopped, I still hoped that things would pick up again. But they didn't.

Now that things have picked up again, my outlook on life is much more positive. I wake up each day eager to do more work, and when I'm tired and have to stop, I reflect on the next step, and the next one after that.

And I look around me in admiration, because everything looks so nice!

Wednesday, June 24, 2015

Ottawa n'écoute pas ses scientifiques, tranche la cour fédérale


Photo: Tommy Montpetit travaille depuis plus de 30 ans pour sauver la rainette faux-grillon en Montérégie - Tommy has made it a lifetime work to save the Chorus Frog in the Montérégie region. He refused an environmental provincial honorary prize, judging it too hypocrite. See other blog entry: http://lesamisdurichelieu.blogspot.ca/2015/02/tommy-laisse-passer-cette-fois-ci.html

Ottawa devra écouter ses scientifiques en matière de protection des espèces en péril tout en faisant preuve d'une plus grande transparence dans sa prise de décision. C'est l'essentiel d'un jugement très sévère de la Cour fédérale dans une affaire où la ministre de l'Environnement Leona Aglukkaq avait refusé de recommander un décret d'urgence afin de protéger une espèce menacée en Montérégie.

Dans une décision de la Cour fédérale rendue le 22 juin, le juge Luc Martineau conclut que le refus de la ministre de recommander un décret d'urgence pour protéger la rainette faux-grillon à La Prairie ne reposait sur aucune analyse scientifique. « Non seulement la ministre a-t-elle écarté d'une manière arbitraire et capricieuse l'opinion scientifique des experts de son ministère et de l'équipe de rétablissement de la rainette faux-grillon, mais suivre la logique ministérielle mène à un résultat absurde et contraire à la loi », écrit le juge, qui donne six mois à la ministre pour procéder à une nouvelle analyse et rendre une décision dans ce dossier en vertu de la Loi fédérale sur les espèces en péril.

Avant de s'adresser à la Cour fédérale, Nature Québec et le Centre québécois du droit de l'environnement (CQDE) ont demandé à deux reprises au ministre fédéral de l'Environnement de recommander un décret d'urgence pour protéger la rainette à La Prairie, cette dernière étant menacée par un projet immobilier évalué à 300 millions de dollars. Cette minuscule grenouille est considérée comme l'un des trois porte-étendards des espèces en péril au Québec, mais reçoit beaucoup moins d'attention que le béluga ou le caribou forestier, par exemple.

«Nous sommes très contents de ce jugement. Nous pensons que le juge est allé aussi loin qu'il pouvait aller. En gros, il dit : ministre, tu dois écouter tes scientifiques !», a dit Karine Peloffy, directrice générale du CQDE.

Même son de cloche du côté de Christian Simard, directeur général de Nature Québec. « C'est une décision très importante. J'y vois beaucoup de similitudes avec ce qui s'est passé avec le béluga, où le ministère [de l'Environnement du Québec] a été blâmé pour ne pas tenir compte des avis des scientifiques. Je trouve aussi que ce jugement écorche le gouvernement provincial qui a autorisé le projet de La Prairie. »

Manque de transparence

Dans sa décision, le juge Martineau critique aussi l'opacité qui a cours à Environnement Canada. « Le moins qu'on puisse dire, c'est que le processus interne ayant mené à la prise de la décision ministérielle est loin d'être transparent. [...] Le rôle respectif qu'ont pu jouer différents intervenants quant aux questions scientifiques, politiques et juridiques demeure une inconnue pour la Cour. Ce qui est clair cependant, c'est qu'il y a eu un revirement dans la position des fonctionnaires. » Environnement Canada n'a pas voulu accorder d'entrevue à La Presse, disant vouloir d'abord analyser la décision de la Cour.

De son côté, le maire de La Prairie, Donat Serres, a rappelé dans un communiqué que depuis 2004, la Ville travaille « en étroite collaboration » avec le gouvernement provincial et qu'elle a obtenu toutes les autorisations requises pour le projet Symbiocité.

La Prairie entend créer un parc de conservation de 87 hectares pour la rainette, mais il n'existe aucune étude scientifique prouvant que des étangs artificiels assurent la survie de l'espèce.

Le CQDE a fait parvenir hier une mise en demeure au promoteur Théodore Quint et à la Ville de La Prairie, leur enjoignant d'interrompre les travaux du projet Symbiocité le temps que la ministre rende une nouvelle décision.

Lien: http://www.lapresse.ca/environnement/especes-en-danger/201506/24/01-4880568-ottawa-necoute-pas-ses-scientifiques-tranche-la-cour-federale.php

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Ottawa does not listen to its scientists rules Federal Court

My translation of above article:

Ottawa will have to listen to its scientists when it comes to the protection of endangered species while showing more transparency when it makes decisions. That is the basics of the Federal Court very serious ruling in the matter of the Environment Minister Leona Aglukkaq that had refused to recommend an urgent order to protect an endangered species in the Monteregie.

In the June 22 Federal Court ruling, Judge Luc Martineau comes to the conclusion that the Minister's refusal to recommend an urgent decree to protect the Chorus Frog in La Prairie was not based on any scientific analysis. "Not only did the minister push aside arbitrarily and whimsically the scientific opinion of experts of her own ministry and those of the recovery team of the species, but to follow the ministerial logic, we come to an absurd conclusion that is against the law", writes the judge that gives the Minister 6 months to do another analysis and come to a decision in this file under the federal Species at Risk Act.

Before going to Federal Court, twice Nature Quebec and the CQDE (Centre québécois du droit de l'environnement) had asked the federal Environment Minister to recommend an emergency decree to protect the Chorus Frog in La Prairie, because the species was put at risk by a real estate venture evaluated at $300 million. This small frog is considered as one of the three representatives of endangered species in Quebec, but gets much less attention than the beluga or the woodland caribou, for example.

"We are very glad about this ruling. We think that the judge went as far as he could. In other words, he said: minister, you must listen to your scientists!", says Karine Peloffy, general director of the CQDE.

Similar feelings from Christian Simard, general director of Nature Quebec. "It is a very important ruling. I see a lot of similarities with what happened with the beluga, where the ministry (of the environment in Quebec) was blamed for not taking into account of its scientists. I also think that the ruling is also aiming the provincial government that authorized the project in La Prairie."

Lack of transparency

In the ruling, judge Martineau also criticizes the opacity currently seen at Environment Canada. "The least we can say is that the internal process that brought the ministerial decision is far from transparent. (...) The respective roles of the different players of the scientific, political and legal questions still remain unknown from this Court. What is clear, though, is that there has been an about-face of the position of the civil servants." Environment Canada refused an interview with La Presse, saying it wanted to analyse the Court's ruling first.

As for Donat Serres, the Mayor of La Prairie, mentioned in a press release that since 2004, the town is working "in close collaboration" with the provincial government and has received all required authorisations for the Symbiocity project.

La Prairie wants to create a conservation park of 87 hectares for the Chorus Frog, but there exists no scientific study that proves that the artificial ponds would insure the survival of the species.

The CQDE sent a letter of intent to sue to Théodore Quint, the developer, and to the town of La Prairie, demanding all work on the Symbiocity project to be stopped to leave time for the Minister to take another decision.

Tuesday, June 23, 2015

Wake Up Call!


This morning, around 3AM, like many mornings lately, the headlights of the newspaper deliverer woke up one of the resident Robins that lives near my (open) bedroom window. During the few minutes it takes for the man to slip the newspaper in my mailbox, the car shines brightly towards the bottom of my garden where the Robin sleeps. That is just enough to make the bird think that the sun is rising.

At first, the Robin cries out the call of alarm: it is quite irritating, of course, but soon he calms down and changes to a softer song, the one Robins sing at dawn. He does it just long enough for the real dawn to near, and soon other Robins, and other birds, especially the many Cardinals, join in. By 4AM, it's official: the night is over and a new day begins.

No wonder that by 9PM, I can't take it anymore and have to go to bed I'm so sleepy!

Sunday, June 21, 2015

Fathers Day


Today is Fathers Day.

What can I say about my father?

He was not an easy man to live with. He was bipolar, although my mother and I had no idea at the time what that was. All I know is that he would be moody for months at a time, not talking to us. Then all of a sudden, one morning, he would wake us all up and whip us into action, whatever action he felt was necessary.

With other people, he was the life of the party. Pleasant to be with, full of stories to tell, and proud of his wife and only daughter. But with my mother and I, he was another person. Whatever we did, it was never good enough.

After 40 years of marriage with my mother, they went through an ugly divorce that lasted 7 years. I did not want to get involved, but when my father called me up and wanted to force me to testify against my mother in front of the judge, that is when I cut all ties with him. And that is when the Dion family cut all ties with me. And when my grandmother died, nobody told me. And when my Aunt Yvette died, nobody told us, my mother and I. And when my father died, I found out by reading the local newspaper. I still don't know if he was buried, or where.

If I try real hard, I can remember good moments in my childhood with my father, but they were rare and far between. So I still remain a bit uncertain of what a good father should be. There is this unfulfilled space in my soul.

Monday, June 8, 2015

Quand les en-têtes des journaux sont trompeuses

Graphique: EPA
Un rapport fédéral des É.-U. confirme des cas de pollution de l'eau par le fracking


Ma traduction libre d'un reportage d'Andrew Nikiforuk publié dans The Tyee

En se basant sur des données limitées, l'étude de l'EPA n'a pas trouvé d'impacts généralisés.

Bien que limitée par des lacunes dans les données, l'EPA des États-Unis est arrivée à la conclusion que la technologie de la fracturation hydraulique a pollué l'eau souterraine et de surface dans des cas qui se retrouvent en Alberta jusqu'en Pennsylvanie.

Le rapport provisoire de 500 pages affirme le contraire des conclusions d'une étude de l'EPA de 2004 qui disait que la technologie, qui implique l'injection à haute pression de fluides, de gaz, de produits chimiques, de l'eau et du sable dans des formations rocheuses qui contiennent du pétrole et du gaz, ne posait pas de risques pour l'eau souterraine.

Bien que le rapport mentionne que le fracking n'a pas causé de pollution généralisée de l'eau à travers les É.-U., il découd les allégations que la technologie n'a jamais contaminé l'eau souterraine ou que l'industrie n'a jamais fracturé directement dans des nappes aquifères qui contenaient de l'eau potable.

"Certaines opérations de fracturations hydrauliques sont menées à l'intérieur de formations qui contiennent des ressources d'eau potable," lit-on dans le rapport.

"Dans certains champs d'exploitation en Alberta, au Canada, il y a des preuves que le fracking dans la même formation qui contient la ressource d'eau potable (associé avec des problèmes d'intégrité des puits...) a causé des migrations de gaz dans des puits d'eau potable."

Le gouvernement Tory précédent de l'Alberta a longtemps affirmé "qu'il n'y a pas eu un seul cas documenté de fluides de fracturations hydrauliques contaminant un puits d'eau domestique en Alberta."

Le gouvernement de la Colombie-Britannique a déjà fait des affirmations semblables: "Durant les cinq décennies que la fracturation hydraulique a été utilisé en Colombie-Britannique, aucun cas de contamination d'eau potable n'est survenu à cause du procédé de la fracturation hydraulique."

John Cherry, un important expert en contamination d'eau souterraine, nous a prévenu l'année dernière qu'aucune juridiction canadienne n'a encore organisé un programme de monitorage adéquat pour protéger l'eau souterraine dans des régions d'intenses activités pétrolières et gazières.

Empêché par des lacunes dans les données

L'étude approfondie de l'EPA, qui a été retardée pendant des années, rapporte que les opérations de fracking, qui génèrent aussi de vastes quantités d'eaux usées contenant, entre autres, des particules radioactives, peuvent contaminer l'eau souterraine et l'eau de surface de plusieurs façons.

Les opérations à la surface peuvent typiquement déverser des fluides de fracturations hydrauliques, des produits chimiques et des saumures dans les eaux de surface et souterraines.

Les opérations de fracking sous terre ont projeté des fluides et des gaz en dehors de la région visée pour fracturer "dans des ressources souterraines d'eau potable," souvent empruntant des fractures déjà existantes et des voies de passage comme des puits abandonnés ou fuyants avoisinants, mentionne le rapport.

L'EPA rapporte que le fracking a contaminé 25% des 36 puits d'eau potable dans le nord-est de la Pennsylvanie, bien que l'agence "n'a pas trouvé de méchanismes qui ont causé des impacts généralisés, systémiques sur la ressource d'eau potable aux É.-U."

Par contre, des agences des états en Ohio, en Pennsylvanie, au Texas et en Virginie Occidentale ont rapporté une multitude de problèmes, dont des centaines de plaintes impliquant des contaminations de l'eau souterraine à cause du fracking.

Entre 2011 et 2014, l'industrie a fracturé entre 25,000 et 30,000 puits dans des formations profondes et près de la surface contenant du pétrole et du gaz aux É.-U.

L'EPA qualifie sa conclusion principale, que la contamination de l'eau est bien réelle mais pas sévère, en expliquant que son enquête a été gênée par des lacunes scientifiques importantes, dont un manque de données de référence de base sur la qualité de la ressource en eau potable avant qu'on commence à fracturer; peu ou pas de monitorage de l'eau souterraine; et dans certains cas, des données inaccessibles sur les emplacements des puits, ainsi que les produits chimiques utilisés par l'industrie.

Un certain nombre de cas ne pouvaient pas être inclus dans le rapport à cause d'ententes de confidentialité qu'on avait signées. On y lit: "Les limitations des données dans la plupart de ces cas (dont l'information non disponible des ententes hors cour des litiges, résultant en des documents scellés) font qu'il est impossible d'évaluer définitivement si oui ou non la fracturation hydraulique était la source de la contamination dans ces cas."

L'information sur les plus d'un millier de produits chimiques utilisés durant des fracturations hydrauliques, par exemple, "n'est pas complète et limite notre compréhension des impacts potentiels sur la ressource en eau potable," dit le rapport.

Le rapport passe en revue cinq cas de contamination spécifiques qui démontrent comment "les problèmes de construction, les pressions soutenues dans les coffrages, et la présence de failles naturelles et des fractures peuvent faire qu'ensembles, il se crée des passages qui laissent les fluides migrer vers la ressource en eau potable."

Au Dakota du Nord, une rupture qui s'est produite sur un site de fracking a permis à des fluides de s'échapper vers la surface. En peu de temps, des saumures et de l’alcool ter-butyl "ont été détectés dans deux puits d'eau potable avoisinants."

Au Colorado, l'EPA a trouvé que des travaux défectueux dans la cimentation "ont permis au méthane et au benzène de migrer le long du puits de production et à travers des failles naturelles et des fractures vers l'eau potable dans le champs d'exploitation Mamm Creek."

Et à Bainbridge, en Ohio, "des coffrages cimentés inadéquatement dans un puits fracturé hydrauliquement ont contribué à l'accumulation de gaz naturel et à des pressions élevés le long de l'extérieur d'un puits en production. Ultimement, il en est résulté que le gaz naturel s'est déplacé vers des nappes aquifères locales d'eau potable."

La contamination se propage, prévient un expert

Les promoteurs de la fracturation hydraulique, qui permet à l'industrie de créer des failles dans des formations pétrolières et gazières auparavant peu avantageuses à être exploitées, ont immédiatement souligné les conclusions du rapport qui mentionnaient que les incidents causés par le fracking n'étaient pas généralisés.

Le sénateur de l'Oklahoma, Jim Inhofe, par exemple, a dit au Tulsa World que le rapport de l'EPA contredisait les affirmations qui dénoncent une technologie qui contamine les puits d'eau potable et contribue aux pénuries d'eau.

"Voici la toute dernière d'une série de tentatives faites par l'administration Obama pour faire un lien entre la fracturation hydraulique et la contamination systémique de l'eau potable," disait Inhofe dans un communiqué envoyé au journal.

Pourtant, le rapport mentionne en détail plusieurs cas où l'EPA a enquêté des rapports de contamination tout de suite après des opérations de fracking et a constaté des problèmes importants.

Anthony Ingraffea, un expert du fracking de Cornell et un membre de PSE Healthy Energy, un groupe qui fait des pressions pour limiter sévèrement le fracking à cause de raisons économiques et de santé, a trouvé "très inquiétant" que le rapport confirme la contamination de l'eau souterraine.

"Les manchettes qui affichent que cette contamination semble ne pas être encore "généralisée" ne sont guère rassurantes," ajoute Ingraffea. "La contamination d'un seul puits d'eau potable aujourd'hui peut se transformer en contamination d'une nappe aquifère en entier demain."

L'une des faiblesses de la toute dernière étude de l'EPA, selon Ingraffea, est qu'elle n'inclut pas de données des exécutions des états (pour faire respecter les lois) ainsi que les "études et les données des agences qui sont très pertinentes sur les impacts des activités de la fracturation hydraulique sur la ressource en eau potable."

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US Federal Report Confirms Water Pollution by Fracking

Based on limited data, EPA study finds no 'widespread' impacts.


By Andrew Nikiforuk, published in TheTyee.ca

Despite being limited by data gaps, the United States Environmental Protection Agency has concluded that hydraulic fracturing technology has polluted ground and surface water in cases ranging from Alberta to Pennsylvania.

The 500-page draft report reverses the findings of a 2004 EPA study that concluded that the technology, which involves the high-pressure injection of fluids, gases, chemicals, water and sand into rock formations that hold oil and gas, posed no risk to groundwater.

While the report found that fracking has not led to "widespread" water pollution across the U.S., it does debunk claims that the technology has never contaminated groundwater or that industry never fracks directly into drinking water aquifers.

"Some hydraulic fracturing operations are conducted within formations that contain drinking water resources," the report found.

"In one field in Alberta, Canada, there is evidence that fracturing in the same formation as a drinking water resource (in combination with well integrity problems... led to gas migration into water wells."

The previous Tory government of Alberta long maintained that "there has not been a single documented case of hydraulic fracturing fluids contaminating a domestic water well in Alberta."

The government of British Columbia has made a similar claim: "In the five decades that hydraulic fracturing has been used in British Columbia, no case of drinking water contamination has occurred from the hydraulic fracturing process."

John Cherry, a leading expert on groundwater contamination, last year warned that no Canadian jurisdiction had set up proper monitoring to protect groundwater in areas of intense oil and gas activity.

Hampered by data gaps

The extensive EPA study, which had been delayed for years, reported that fracking operations, which also generate vast volumes of wastewater including radioactive particles, can contaminate groundwater and surface water in a number of ways.

Operations above ground can typically spill hydraulic fracturing fluids, chemicals and salty wastewater into ground and surface waters.

Underground fracking operations have propelled fluids and gases out of the targeted fracture areas "into underground drinking water resources," often through pre-existing fractures and pathways such as nearby abandoned or leaky wells, the report found.

The EPA reported that fracking had contaminated 25 per cent of 36 water wells in northeastern Pennsylvania, though the agency "did not find mechanisms have led to widespread, systemic impacts on drinking water resources in the United States."

In contrast, state agencies in Ohio, Pennsylvania, Texas and West Virginia have reported myriad problems, including hundreds of complaints about groundwater contamination due to fracking.

Between 2011 and 2014, industry fracked between 25,000 and 30,000 wells in both deep and shallow formations for oil and gas in the U.S.

The EPA qualified its central finding -- that water contamination is real but not severe -- by explaining that its investigation was hampered by significant scientific gaps, including insufficient baseline data on quality of drinking water resources prior to fracking; poor or non-existent groundwater monitoring; and in some cases inaccessible data on well locations, as well as chemicals used by industry.

A number of cases couldn't be included in the report due to the signing of confidentiality agreements, it said: "Data limitations in most of those cases (including the unavailability of information in litigation settlements resulting in sealed documents) make it impossible to definitively assess whether or not hydraulic fracturing was a cause of the contamination in these cases."

Information on the thousand-plus chemicals used for hydraulic fracturing, for example, "is not complete and limits the understanding of potential impacts on drinking water resources," the report said.

The report reviewed five specific contamination cases that showed how "construction issues, sustained casing pressure, and the presence of natural faults and fractures can work together to create pathways for fluids to migrate toward drinking water resources."

In North Dakota, a rupture at one fracking site allowed fluids to escape to the surface. In short order, brine and tert-butyl alcohol "were detected in two nearby water wells."

In Colorado, the EPA found that bad cement jobs "allowed methane and benzene to migrate along the production well and through natural faults and fractures to drinking water in the Mamm Creek Field."

And in Bainbridge, Ohio, "inadequately cemented casing in a hydraulically fractured well contributed to the buildup of natural gas and high pressures along the outside of a production well. This ultimately resulted in the movement of natural gas into local drinking water aquifers."

Contamination spreads, expert warns

Proponents of hydraulic fracturing, which allows industry to crack into previously low-grade and uneconomic oil and gas formations, immediately seized on the report's findings that fracking incidents were not widespread.

U.S. Oklahoma Senator Jim Inhofe, for example, told the Tulsa World that the EPA report vindicates the technology from claims that it contaminates water wells and contributes to water shortages.

"This is the latest in a series of failed attempts by the (Obama) administration to link hydraulic fracturing to systematic drinking water contamination," Inhofe said in a statement to the paper.

Yet the report details several cases where the EPA investigated contamination reports directly after fracking operations and found big problems.

Anthony Ingraffea, a Cornell fracking expert and a member of PSE Healthy Energy, a group that favours severely limiting fracking for health and economic reasons, found the report's confirmation of groundwater contamination "deeply alarming."

"Headlines to the effect that this contamination appears not yet 'widespread' are hardly reassuring," added Ingraffea. "Contamination of a single drinking water well today can become contamination of an entire aquifer tomorrow."

One of the weaknesses of the new EPA study, Ingraffea said, is that it doesn't include state enforcement data as well as "studies and agency data that are highly relevant to the impacts of hydraulic fracturing activities on drinking water resources." [Tyee]

INSERT:


EPA ON FRACKING: THE 2004 REPORT

The EPA's first study on the technology, "Evaluation of Impacts to Underground Sources of Drinking Water by Hydraulic Fracturing of Coalbed Methane Reservoirs," found that fracking was safe and largely reflected the views of the George W. Bush administration.

The report was a government response to complaints and legal challenges related to the impacts of shallow fracking of coal formations across the U.S. -- the precursor to the shale gas revolution.

Despite extensive evidence of methane migration into groundwater in Colorado, West Virginia and Alabama, the agency concluded in its 2004 report that "the injection of hydraulic fracturing fluids into coalbed methane wells poses little or no threat" to drinking water and "does not justify additional study at this time."

At the same time the report noted that the coalbed methane industry had not only, in 10 out of 11 coal basins, fracked coal seams containing drinking water, but had done so with toxic fracking fluids, such as diesel fuel.

To address these problems, the EPA championed a voluntary and unenforceable offer by three major fracking companies to stop using diesel fuel. Diesel fuel remains a key fracking ingredient in parts of the U.S. and Canada, particularly in Alberta.

The seven-member peer review panel that signed off on the report included many industry representatives. Not one groundwater or contamination expert was included in the panel.

-- Andrew Nikiforuk


Link: http://thetyee.ca/News/2015/06/08/Water-Pollution-Fracking/

Saturday, May 30, 2015

Le Québec «pas prêt» à exploiter le pétrole dans le Golfe, disent des scientifiques


Photo: François Gravel
Le Québec «pas prêt» à exploiter le pétrole dans le Golfe, disent des scientifiques

Philippe Mercure
La Presse

(Rimouski) Un nouveau regroupement de scientifiques de tous horizons appelé « Notre Golfe » tiendra sa première réunion officielle vendredi matin (29 mai 2015). Et son message est clair : le Québec n'est pas prêt à exploiter les hydrocarbures dans le golfe du Saint-Laurent.

«Il y a un consensus scientifique, tout le monde dit la même chose : nous sommes très loin d'avoir les connaissances nécessaires, actuellement, pour se lancer dans l'exploitation du pétrole dans le golfe du Saint-Laurent», a affirmé à La Presse Philippe Archambault, codirecteur du groupe, en marge d'un colloque au congrès de l'ACFAS, à Rimouski.

Le groupe compte autant des océanographes que des sociologues et des juristes. «Nous voulons réfléchir à la façon de se faire entendre dans ce débat. La discussion est beaucoup basée sur des opinions et des idéologies. Nous voulons que les faits scientifiques prévalent», a dit M. Archambault, qui est océanographe à l'Institut des sciences de la mer de Rimouski.

Devant une salle bondée, des océanographes ont affirmé hier que les connaissances actuelles sur les courants marins ne permettent pas de prédire comment se déplaceraient les nappes de pétrole en cas de déversements.

«L'un des gros problèmes, c'est l'hiver, explique Dany Dumont, océanographe à l'Institut des sciences de la mer de l'Université de Rimouski. C'est un immense point d'interrogation. On ne sait pas comment le pétrole se propage dans la glace. On ne peut pas voir les nappes sous la glace, et on ne peut pas pomper de la glace. Alors qu'est-ce qu'on fait s'il y a un déversement l'hiver? On attend au printemps, et pendant ce temps le pétrole parcourt des milliers de kilomètres ?

Selon lui, c'est maintenant qu'il faut se poser ces questions.

"Parce que des déversements, il va y en avoir.», dit-il. Ils peuvent être de plus ou moins grande amplitude, mais la probabilité zéro n'existe pas."

Mathieu Cusson, professeur au laboratoire des sciences aquatiques de l'Université du Québec à Chicoutimi, a souligné que le Golfe et l'estuaire du Saint-Laurent comptent plusieurs écosystèmes différents qui sont encore méconnus.

"Les données actuelles des écosystèmes ne nous permettent pas d'évaluer l'impact d'un déversement d'hydrocarbures", dit-il. Il a aussi souligné que les travaux de dépollution ont souvent un impact aussi sinon plus important sur les écosystèmes que la pollution elle-même.

Martin Castonguay, spécialiste en océanographie biologique à l'Institut Maurice-Lamontagne étudie les populations de poissons du golfe du Saint-Laurent.

"Nous avons de bonnes raisons de croire que le site de Old Harry, par exemple, est un important site de fraie pour le sébaste et le flétan du Groenland", dit-il, rappelant que la pêche dans le golfe génère des retombées de 500 millions par année, dont 170 millions au Québec. Or, les interactions entre activité pétrolière et pêche sont encore inconnues.

Les impacts sur les populations, le tourisme, le trafic maritime, notamment, ont aussi été discutés et jugés mal documentés. Il manque aussi un cadre légal pour répondre à plusieurs questions, notamment la gestion des risques de pollution, a dit Hugo Tremblay, professeur de droit à l'Université de Montréal.

"J'ai pu voir, en Norvège, quelle est l'étendue des processus déployés avant même de parler d'un financement gouvernemental pour aller de l'avant, dit Dany Dumont. On met de 10 à 20 ans juste pour mettre les connaissances en commun. Ici, je vois l'étendue d problème. Je vois le peu de transparence dans les prises de décision, le fait que bien des acteurs, dont les chercheurs académiques, ne sont pas impliqués dans les consultations. Et çà m'inquiète."

Lien: http://www.lapresse.ca/environnement/201505/28/01-4873350-le-quebec-pas-pret-a-exploiter-le-petrole-dans-le-golfe-disent-des-scientifiques.php

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Quebec is not ready to extract the oil in the Gulf of St. Lawrence say some scientists

My translation of article published in the Montreal La Presse.

A newly formed group of scientists from many specialties called "Notre Golfe", Our Gulf, will have its first official meeting Friday morning, May 29). And their message is very clear: Quebec is not ready to extract the hydrocarbons from the Gulf of the St. Lawrence.

"There is a scientific consensus. Everybody is saying the same thing: right now, we are far from having all the necessary knowledge needed to exploit the oil from the Gulf of the St. Lawrence", says Philippe Archambault, co-director of the group to La Presse, during a meeting of the ACFAS ( Association francophone pour le savoir - French association for knowledge) congress, taking place in Rimouski.

In the group, one can find oceanographers, sociologists and jurists. "We want to reflect on the best way to make ourselves heard in this debate. The discussion is much to much about opinions and ideologies. We want that scientific facts prevail", says Mr Archambault, oceanographer from the Institut des sciences de la mer de Rimouski (ocean sciences institute in Rimouski).

In front of a full house, some oceanographers said yesterday that present knowledge on marine ocean currents is insufficient to predict how oil slicks would move after a spill.

"One of our big problems is winter, explains Dany Dumont, oceanographer from the Institut des sciences de la mer of the Rimouski university. It is a big mystery. We do not know how oil moves in ice. We cannot see oil slicks under the ice, and we cannot pump ice. So what can we do after a spill that happens in the wintertime? Wait for Spring? In the meantime, the oil spreads for kilometers.

He says that we have to ask these questions right now.

"Because spills will happen." He says. They can be small or massive, but zero probability does not exist."

Mathieu Cusson, professor at the aquatic sciences laboratory of the Quebec university in Rimouski, says that the Gulf and the St. Lawrence estuary have many different ecosystems that we still do not know very well.

"Present data on the ecosystems cannot let us evaluate the impact of a hydrocarbon spill", he says. He also added that the depollution work often has an impact that is as considerable, sometimes more so, that the pollution itself.

Martin Castonguay, specialist in biological oceanography at the Maurice-Lamontagne institute, studies fish populations in the St. Lawrence Gulf.

"We have good reason to believe that the Old Harry site, for example, is an important reproduction site for the Atlantic Red Fish and the Greenland Halibut", he says, mentioning that fishing in the gulf is a $500 million per year business, part of which $170 for Quebec. But the interactions between oil activities and fishing are still unknown.

Impacts on the populations, tourism, maritime traffic, among others, have also been discussed and the conclusion is they are all badly documented. There is also a lack of legal framework to answer our many questions, like about the management of pollution risks, says Hugo Tremblay legal professor at the University of Montreal.

"I was able to see that in Norway the extent of the processes that they went through even before talking about government financing and going ahead, says Dany Dumont. It takes from 10 to 20 years just to put all the knowledge together. Here, I can see the extent of the problem. I can see the lack of transparency during decision making, the fact that many actors, like academic researchers, are not involved during the consultations. And that worries me."