Friends of the Richelieu. A river. A passion.



"Tout cedit pays est fort uny, remply de forests, vignes & noyers. Aucuns Chrestiens n'estoient encores parvenus jusques en cedit lieu, que nous, qui eusmes assez de peine à monter le riviere à la rame. " Samuel de Champlain


"All this region is very level and full of forests, vines and butternut trees. No Christian has ever visited this land and we had all the misery of the world trying to paddle the river upstream." Samuel de Champlain

Thursday, November 27, 2014

Main-mise sur l'eau municipale de Gaspé


Gaspé, le 26 novembre, 2014 – Communiqué de presse. - Au moment où Pétrolia est sur le point d'amorcer ses travaux pour son forage exploratoire, des citoyens se questionnent après avoir vu, à différentes reprises, un camion se servir en eau à même une borne fontaine près de l'usine GDS et monter ensuite vers Haldimand 4.

La frustration des citoyens vient du fait que l'eau coûte cher à filtrer et à distribuer et que ce sont eux qui se trouvent à payer l'eau à Pétrolia. La frustration est d'autant plus grande pour ces citoyens qui ont en mains des avis d'experts comme quoi ce forage met à risque leurs propres sources d'approvisionnement en eau potable.

Depuis l'arrivée de cette entreprise, la question de son approvisionnement en eau a toujours été soulevée et, jamais les citoyens n'ont eu de réponse à ce sujet et encore moins sur une évaluation de la quantité d'eau dans l'aquifère sous leur quartier qui dessert aussi des puits privés, faut-il rappeler.

Le comité Ensemble pour l'avenir durable du Grand Gaspé a téléphoné à la Ville et s'est fait répondre qu'une enquête était menée. Incroyable! Au moment où cette administration municipale manque de fonds pour acheminer l'eau de ces nouveaux puits du côté sud de la rivière St-Jean vers son réseau d'aqueduc actuel, personne ne s'est interrogé sur le lieu d'où Pétrolia prenait son eau. Au ministère de l'Environnment, on nous apprend que si l'eau puisée par l'entreprise, l'est d'une conduite municipale, ce n'est pas de leur juridiction.

L'eau potable est plus précieuse que le pétrole et elle appartient aux gens qui la protègent.

Lise Chartrand, présidente et porte-parole

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When taxpayers pay for water so that an oil company can drill

My translation of above press release:


November 26 2014:

Just when Petrolia is about to start doing exploratory drilling again, citizens are wondering, after seeing many times a truck taking water at a water hydrant near the GDS plant to then go up to the Haldimand 4 well.

Citizens' frustration comes from the fact that water is costly to filter and distribute, and so it is them that are paying for the water going to Petrolia. It's even more frustrating for citizens who have in their possession experts' opinions that say that this drilling is endangering their own drinking water sources.

Since the arrival of this company, where it will find the water it needs has always been an unanswered question; an evaluation of the quantity of water available in the aquifer below feeding private wells has also been left unanswered.

The citizens' committee Ensemble pour l'avenir durable du Grand Gaspé called the municipality and was told that an investigation is under way. Unbelievable! Just when this municipal administration does not have enough funds to ship water from these new wells on the southern side of the St. Jean River towards the present aqueduct system, no one has asked where Petrolia is taking its water. At the Environment Ministry, they tell us that if the water taken by the company is from a hydrant, that would not be in their jurisdiction.

Drinking water is more precious than oil and belongs to the people that protect it.

Signed: Lise Chartrand, President and spokesperson

Wednesday, November 26, 2014

Les ennemis de la science

Photo: Jacques Nadeau, Le Devoir

Ne tombons pas dans le panneau climatosceptique

Cette pancarte sur l’autoroute 40 défigure le paysage montréalais en affichant que « Le soleil est le principal facteur du changement climatique ». Cette imposture scientifique mine une éducation et une sensibilisation scientifiques que nous bâtissons depuis plusieurs décennies. Elle est d’autant plus vicieuse que ses auteurs, Friends of Science, un organisme climatosceptique albertain, usurpent la crédibilité de la science pour désinformer la population.

Cette attaque envers l’intelligence et la culture scientifique québécoise survient alors que les grandes institutions de culture scientifique sont moins armées que jamais pour défendre les Québécois. Nous avons tous entendu le vibrant discours de Charles Tisseyre dénonçant les coupes successives à Radio-Canada, et la réduction des moyens de l’émission québécoise phare de communication scientifique, Découverte. Les difficultés de l’émission ne sont que la pointe visible de la crise actuelle qui sape la culture scientifique.

Cette culture est assurée par une variété d’organismes à but non lucratif et quelques petites entreprises, la plupart dépendants des subventions gouvernementales. En ce moment même, un grand nombre d’entre eux lutte pour leur survie, tentant de s’adapter à une énième vague de coupes. Leur agonie se fait en silence, car peu osent s’exprimer publiquement espérant conserver le peu de subventions qu’il leur reste. En octobre, les organismes de culture scientifique manifestaient « leur profonde inquiétude face aux coupes budgétaires répétées » par une lettre au ministère qui les finance depuis le changement de gouvernement, celui de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations du Québec.

Exprimer le ras-le-bol

À cela s’ajoute un climat fédéral hostile à la diffusion de l’information scientifique. Pour informer le public, les communicateurs et journalistes scientifiques ont difficilement accès aux chercheurs fédéraux ; les bibliothèques fédérales sont dilapidées ; les activités d’éducation scientifique des parcs fédéraux sont réduites.

Dans cette noirceur qui s’installe, toute graine de doute peut prendre racine. Nous le craignions depuis plusieurs années, mais le voilà, l’obscurantisme, incarné dans ce panneau, sur notre autoroute, chez nous, au Québec. Les Québécois doivent exprimer leur ras-le-bol haut et fort : la désinformation n’est pas la bienvenue, et pour cela nous n’aurons aucune tolérance.

Signé: Binh An Vu Van - Présidente de l’Association des communicateurs scientifiques et journaliste scientifique

Lien: http://www.ledevoir.com/societe/science-et-technologie/424906/les-ennemis-de-la-science

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photo: Le Comité canadien pour la liberté de la presse mondiale

The enemies of science

Let's not fall into the climate sceptics trap


My translation of opinion piece published in one of the last independent newspapers in Quebec.

This sign on highway 40 disfigures Montreal's scenic view by saying that "The sun is the principal factor of climate change". This scientific imposture mines a scientific education and awareness that we have been working on for decades. It is even more vicious because its authors, Friends of Science, an Alberta climate sceptics group, usurp the credibility of science to misinform the population.

This attack on Quebec's intelligence and scientific culture happens while the big scientific culture institutions are weakened as never before to defend the people of Quebec. We have all listened to the vibrant speech of Charles Tisseyre denounce successive cuts at Radio-Canada, and the reduction of funds imposed on the important scientific communication program Découverte. The difficulties encountered by this television program are but the visible peak of the actual crisis that is mining scientific culture.

This culture is insured by a variety of non-profit organisations and a few companies, most of them dependent on governmental subsidies. At this very moment, a large number of them are fighting for their survival, trying to adapt to the latest budget cuts. Their agony is happening in silence, because very few dare express themselves publicly, thus hoping to keep the last of the subsidies they have left. In October, the scientific culture groups expressed "their deeply felt concern about the reoccurring budget cuts" in a letter sent to the ministry that finances them since the change of government, the Quebec Ministry of Economy, Innovation and Exportation.

Saying when enough is enough

On top of this, there is this hostile federal climate against expressing scientific information. To inform the public, scientific communicators and journalists go through a lot of difficulty accessing federal researchers; federal libraries are squandered; scientific education activities in federal parks are down.

In this descending darkness falling upon us, all seed of doubt can take root. For years, we were afraid this would happen, and now, it is here, obscurantism, and this publicity sign is its incarnation, right on our highway, in our city, in Quebec. The people of Quebec must loudly express themselves and say enough is enough: disinformation is not welcome here, and will not tolerate it at all.

Signed: Binh An Vu Van, President of the Scientific Communicators Association and scientific journalist.

Monday, November 24, 2014

Gabriel Nadeau-Dubois s’attaque au pétrole

Photo: Radio-Canada

Prix littéraire du Gouverneur général
Gabriel Nadeau-Dubois s’attaque au pétrole


Reportage publié dans Le Devoir le 24 novembre 2014 |Philippe Orfali |

Gabriel Nadeau-Dubois a trouvé sa nouvelle cause : l’argent du Prix littéraire du Gouverneur général reçu pour son essai sur le contre les compagnies pétrolières. Et déjà, le mouvement semble bénéficier de l’aura du jeune intellectuel.

Dimanche soir, le jeune homme de 24 ans a lancé un site Web, DoublonsLaMise.org, dont l’objectif était d’amasser 25 000 $ afin de lutter contre les projets d’oléoducs en sols québécois, comme Énergie Est de TransCanada. Une somme identique à la bourse qui accompagne le Prix littéraire du Gouverneur général lui ayant été décerné mardi dernier.

Dévoilée vers 20 h, l’initiative était déjà parvenue à recueillir les 25 000 $ attendus et bien plus en moins de 45 minutes. Aux environs de 22 h, près de 80 000 $ avaient déjà été récoltés, y compris la somme offerte par M. Nadeau-Dubois.

Tous les fonds recueillis doivent être remis à « Coule pas chez nous », un mouvement d’opposition citoyenne aux projets d’oléoducs québécois. Coule pas chez nous est un collectif de groupes locaux impliqués dans la lutte contre les projets pétroliers en sols québécois, tels Stop Oléoduc et Alerte Pétrole, et bénéficiant de l’appui de groupes comme Équiterre, Nature Québec et Greenpeace.

« Ce sont plus de 1000 $ par minute que nous recevons jusqu’à maintenant, a affirmé M. Nadeau-Dubois en fin de soirée. C’est assez impressionnant. Alors, on souhaite redoubler à nouveau la cible. On vise désormais 100 000 $ plutôt que 50 000 $. Et peut-être même plus. »

Ces fonds seront employés afin d’encourager et de faciliter la mobilisation de citoyens sur le terrain. « On a un choix collectif à faire au Québec, plaide M. Nadeau-Dubois en entrevue. Le pipeline Northern Gateway vers la Colombie-Britannique a été bloqué, le projet Keystone XL est stoppé aux États-Unis, alors la pression est très forte pour que les oléoducs passent par le Québec. »

Remise en question

Dans les jours qui ont suivi le dévoilement des lauréats du Prix littéraire du Gouverneur général 2014, la semaine dernière, le lauréat dans la catégorie Essai a songé à refuser cet honneur qui porte le titre du représentant de la monarchie au pays. Mais il s’est finalement ravisé, explique-t-il dans une lettre au Devoir, qui paraît au lendemain de son passage à l’émission Tout le monde en parle.

« J’ai changé d’idée. Attribué par une institution publique, le Conseil des arts du Canada, [le prix] rappelle l’attachement de la société à la culture, à la pensée et à la littérature, qui sont des conditions essentielles à la liberté », écrit-il, au sujet de la récompense et de la bourse de 25 000 $.

Gabriel Nadeau-Dubois affirme avoir été inspiré par d’autres lauréats, dont l’auteur Fernand Dumont qui, en 1968, a remis son chèque du Prix du Gouverneur général à René Lévesque, « pour faire entrer dans la réalité les idées que ses livres défendaient ».

Plusieurs causes lui sont venues en tête. Mais celle de la lutte contre les oléoducs lui est apparue comme étant la plus urgente et la plus à même de bénéficier de ce coup de pouce financier.

« Oui, il y a un enjeu de protection du territoire, de protection de nos sources d’eaux, de nos rivières, mais il y a aussi un enjeu planétaire. Si on permet le passage de cet oléoduc chez nous, c’est qu’on accepte de participer comme Québécois à l’expansion de l’industrie des sables bitumineux. À l’inverse si on dit non, on pose un geste tangible dans la lutte contre les changements climatiques. »

À 24 ans, Gabriel Nadeau-Dubois est le plus jeune lauréat dans la catégorie Essai de l’histoire des Prix. Rappelons qu’Andrée A. Michaud, José Acquelin, Carole Fréchette, Linda Amyot, Daniel Poliquin et Marianne Dubuc sont les autres lauréats francophones des Prix littéraires 2014 du Gouverneur général.

Lien: http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/424775/prix-litteraire-du-gouverneur-general-gabriel-nadeau-dubois-s-attaque-au-petrole

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Governor General Literary Award
Gabriel Nadeau-Dubois attacks oil


My translation of parts of above article.

Gabriel Nadeau-Dubois has found a new cause: the money of the Governor General Litterary Award he received for his essay will go to fight oil companies. The young intellectual's aura is helping the movement already.

Sunday night, the young man of 24 has launched a new Website called DoublonsLaMise.org (double the bet) whose objective will be to collect $25,000 to fight pipeline projects in Quebec, projects like TransCanada's Energy East. An amount equal to the prize money of the Governor General's literary prize given to him last Tuesday.

Revealed around 8PM, the initiative had already collected the $25,000 objective in less than 45 minutes. Around 10PM, nearly $80,000 had been received, including the money given by Mr Nadeau-Dubois.

All collected funds must be given to "Coule pas chez nous" (don't flow here), a citizens' opposition movement to oil pipeline projects in Quebec. Coule pas chez nous is a collective of local groups involved in the fight against oil projects in Quebec like Stop Oléoduc and Alerte Pétrole, and get the backing of groups like Équiterre, Nature Québec and Greenpeace.

"We are receiving more than $1,000 per minute up to now, said Mr Nadeau-Dubois late Sunday night. It is very impressive. So we want to double the bet once more. We are now aiming for $100,000 rather than $50,000. And maybe more."

These funds will be used to help encourage and facilitate citizens mobilisation locally. "We have a collective choice to make in Quebec, says Mr Nadeau-Dubois in an interview. The Northern Gateway pipeline in B.-C. has been stopped, the Keystone XL project is stopped in the US, so pressure is high for the pipelines to go through Quebec."

A question of principle

In the days following the revealing of the winners of the Governor General Literary Award for 2014, last week, the Essay winner first thought he would refuse this honor with the name of royalty. But he thought about it again, he writes in a letter sent to Le Devoir that was published the day after he was at the Tout Le Monde en Parle TV show.

Many causes came to mind. But the one fight against the pipelines seemed to him to be the most urgent and the one that would most be helped by this financial bump.

"Yes, it is a matter of protection of the land, protection of our water sources, of our rivers, but it is also a planetary matter. If we allow the passage of this oil pipeline here, it means we accept to be part, as Quebecois, of the expansion of the tar sands industry. On the contrary, if we say no, we play a real part in the fight against climate change."

Sunday, November 23, 2014

We are but a seed...


They are trying to bury us, but what they don't realize is that we are seeds...

Saturday, November 22, 2014

Sandra explique pourquoi elle se retrouve (encore!) en prison



Ma traduction libre d'une lettre qu'elle a envoyée à EcoWatch pour être partagée avec tous les militants contre le développement des combustibles fossiles.

Le petit déjeuner servi dans la prison de Chemung County est servi à 5h00. Ce matin, vendredi le 21 novembre 2014, c'était des Cheerios avec du lait et deux morceaux du bien méprisé "breakfast cake". Avec les cabarets de nourriture passés au travers les barreaux sont aussi distribués les médicaments du matin pour les prisonniers avec des prescriptions. Maintenant vient ma période préférée de la journée en prison: deux heures tranquilles entre le petit déjeuner et 7h00 avant qu'on allume la télé et nous sommes ordonnés de faire nos lits: c'est alors que la journée bruyante commence. Entre le petit-déjeuner et 7h00, la plupart des femmes retournent se coucher pour dormir. J'entends seulement leur souffle dans leur sommeil, chacune à leur propre rythme, et du côté opposé à la porte en acier, parfois des voix des gardiens et les ordres transmises par walkie-talkie qu'ils reçoivent.

Entre-temps, mon lit est déjà fait et j'ai donné un nouvel usage à mon petit panier de linge sale en le mettant dessous dessus: il est maintenant une petite table qui me permet d'écrire. Et parce que je suis une écrivaine qui écrit, je suis heureuse.

Je suis aussi heureuse parce que je sais qu'en écrivant, je remplis une promesse que j'ai faite à Ashley (pas son vrai nom) qui m'a donné un crayon aiguisé hier soir avec une pile de formulaires de demandes médicales pour les prisonniers qui vont me servir de papier à lettre. Après avoir entendu mon histoire racontée au travers les barreaux de ma cellule, puisque je suis gardée emprisonnée jusqu'à ce qu'on reçoive les résultats de mon test de tuberculose, Ashley m'a dit: "Je suis au courant des militants contre le projet de Seneca Lake. J'ai lu des articles de votre histoire. Mais seulement une fois. Vous devez continuer la bataille. Vous devez écrire aux journaux. Vous pouvez le faire d'ici, vous savez. Vous ne pouvez pas rester dans votre cellule pendant 14 jours et ne rien faire. Vous devez vous battre." Et puis elle est partie pour me trouver du papier.

Assise sur un tabouret juste au bord de ma cellule, qui est soudé sur la rangée éloignée des barreaux de la cellule, Ashley m'a librement donné des conseils hier soir pour le groupe militant We Are Seneca Lake. "N'abandonnez pas. Continuez à écrire aux journaux. Ils se cherchent toujours des histoires à rapporter." Elle ajoute: "Je n'ai que 21 ans, mais j'en sais beaucoup sur certaines choses."

Voici l'histoire d'Ashley: elle a été mise sous arrestation il y a 2 ans, à l'âge de 19 ans, pour avoir volé une citrouille. Elle est maintenant en prison pour n'avoir pas respecté ses conditions de période de sursis. Elle a trois enfants: 6, 4 et 2 ans, qui vivent avec sa mère adoptive à Allegany County jusqu'à ce qu'elle puisse sortir de prison. Elle sera libre la journée après Noël. Entre-temps, elle étudie pour son GED et se prépare à aller au collège.

La moitié des femmes dans mon aile de prison sont ici pour n'avoir pas respecté leurs conditions de période de sursis. Elles sont toutes d'accord sur un point: c'est presque impossible d'être une mère mono-parentale qui se cherche une place pour rester et un emploi, les deux exigeant qu'on soit mobile, et respecter en même temps les règlements de la période de sursis, qui limitent la mobilité. C'est mieux de faire son temps en prison et recommencer à la case un ensuite.

Je comprends çà. C'est un cheminement logique qui fait parallèle avec le mien. J'en suis venue à croire qu'une campagne de désobéissance civile qui réussit dépend aussi de la bonne volonté d'au moins quelques-uns d'entre nous d'accepter de faire un peu de prison plutôt que d'autres sortes de sentences, comme payer des amendes.

Il y a 4 raisons pour çà. Premièrement, cela démontre qu'on respecte la loi. Dans mon cas, j'ai été mise sous arrestation pour avoir marcher dans une entrée privée d'une compagnie énergétique du Texas qui a seulement l'intention de transformer ses vieilles mines de sel sous la colline en citernes à gaz immenses pour contenir à très haute pression les produits de la fracturation hydraulique: du méthane, du propane et du butane. (La partie du projet qui implique le stockage du méthane a déjà été approuvée par la commission fédérale Federal Energy Regulatory Commission). Même avant que les infrastructures de ce site de stockage gazier soient construites, Crestwood Midstream a pollué le lac avec du sel à des concentrations qui dépassent les normes légales. La réplique de Crestwood est de payer l'amende et continuer de polluer. Au contraire, je refuse de payer une amende pour qu'on pardonne mon crime, alors j'accepte les conséquences légales de mes actions.

Deuxièmement, en partageant mon témoignage de désobéissance civile en prison confirme le sérieux de mes intentions. Quatre des 17 personnes qui ont fait de la désobéissance civile qui ont jusqu'à date été poursuivies en justice pour leur rôle dans la campagne de We Are Seneca Lake ont choisi du temps en prison plutôt que payer des amendes: Dwain Wilder, 75 ans, un vétéran de la Marine qui a été mis en prison la Journée du Souvenir; Roland Micklem, 86 ans, un Quaker, qui est maintenant en prison dans le Schuyler County Jail (Roland Micklem a été relâché hier à cause de problèmes de santé); Colleen Boland, 58 ans, un sergent à la retraite du Air Force qui a travaillé dans la Maison Blanche; et moi-même (je suis une biologiste de 55 ans et écrivaine).

Colleen est dans la cellule d'à côté. Nous nous parlons au travers le mur. Colleen, Roland et moi cherchons à savoir ce qu'on sert aux prisonniers pour le souper du Thanksgiving.

En nous séparant volontairement de nos familles, par notre sacrifice et notre consentement à souffrir, par notre absence, nous disons que nous nous objectons en des termes non équivoques à la transformation de notre communauté bien-aimée des Finger Lakes en une plaque tournante pour la fracturation hydraulique. Nous nous objectons à l'occupation de nos rives par une corporation de Houston qui veut continuer à construire des infrastructures à combustibles fossiles en ces temps d'urgence du climat, et en faisant ainsi, met en péril la source d'eau potable de 100,000 personnes.

Troisièmement, en remplissant les prisons avec des mères, des personnes âgées et des vétérans, nous provoquons paisiblement une crise qui ne peut pas être ignorée par les médias et les élus politiques. Bien sûr, la désobéissance civile est toujours une méthode de dernier recours, utilisée quand toutes les autres méthodes de placer une plainte ont été épuisées. Nous avons tout essayé. Nous avons présentés des commentaires, écrit des lettres, présenté des témoignages, fait des demandes d'accès à l'information pour avoir des documents secrets, pour constater que nos préoccupations légitimes ont été rejetées du revers de la main. Notre temps en prison démontre que le système régulatrice est brisé. Jusqu'à date, durant la campagne Seneca Lake, il y a eu 59 arrestations, et la majorité de celles-là n'ont pas reçu leurs sentences. Nous serons plus nombreux en prison avant la fin de l'année.

Et la quatrième raison est ceci: passer du temps en prison est un temps de transformation personnelle. Seule avec un crayon et des formulaires de prisonniers comme papier à lettre, la Bible et ses pensées intimes, on découvre qu'on est plus brave que l'on croyait. Vous passez du temps en prison, et ce temps-là nous offre la possibilité de se redédier au travail à venir: démanteler l'industrie des combustibles fossiles pendant les 20 années qu'il nous reste avant que la crise du climat ne se transforme en calamité impossible à réparer et interminable.

La nuit passée, j'ai appris comment créer un outil pour changer le poste de la télé qui hurle à tue-tête de l'autre côté des barreaux. J'enroule du papier journal autour une rangée de crayons et la rendre plus rigide avec de la pâte à dents.

C'est ainsi que les femmes de la prison de Chemung County, toutes des mères, sont des agents de changement des circonstances de leurs vies et défient le statu quo. C'est un talent dont nous avons tous besoin. Comme Ashley me faisait des reproches hier soir, tout en me refilant un crayon affilé au travers les barreaux, "Tu ne peux pas rester assis là pendant les 14 prochains jours. Commence à te battre."


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Sandra Steingraber: Why I am in Jail

Sandra Steingraber | November 21, 2014 4:22 pm |

Breakfast in the Chemung County Jail is served at 5 a.m. This morning—Friday, November 21, 2014—it was Cheerios and milk plus two slaps of universally-despised “breakfast cake.” Along with trays of food—which are passed through the bars—arrive the morning rounds of meds for the inmates who take them. Now comes my favorite time of day in jail—the two quiet hours between breakfast and 7 a.m. before the television clicks on and we are ordered to make our beds and the loud day begins. Between the end of breakfast and 7 a.m., most women go back to sleep. Now I can hear only the sounds of their breathing—different rhythms all—and, on the far side of the steel door—the occasional voices of the C.O.s (correction officers, a.k.a. the guards) and the walkie-talkie orders they themselves are receiving.

Meanwhile, my bed is already made and I have repurposed my small laundry basket—by flipping it upside down—into a table on which I am writing. And because I am a writer who is writing, I am happy.

I am also happy because I know that, by writing, I am fulfilling a promise to Ashley (not her real name) who brought me last night a sharpened pencil and a stack of inmate medical request forms to use as writing paper. After hearing my story—narrated through the bars of my cell as I am being kept in “keeplock” until the results of my TB screening come back—Ashley said, “I know about you Seneca Lake protesters. I read about that. But only once. You have to keep fighting. You have to write to the newspaper. You can do that from here, you know. You can’t just sit in your cell for 14 days and do nothing. You have to fight.” And then she ran off and found me paper.

Sitting on a stool outside my cell—which is welded to the far row of bars—Ashley freely dispensed advice last night for the We Are Seneca Lake movement. “Don’t give up. Keep writing the newspapers. They are always looking for stories.” She added, “I may be only 21, but I’m wise about some things.”

Here’s Ashley’s story: She was arrested two years ago—at age 19—for stealing a pumpkin. She is jailed now for violating probation. She has three kids—ages 6, 4 and 2—who are staying with her foster mother in Allegany County until she serves her time. She’ll be out the day after Christmas. Meanwhile, she’s studying for her GED and laying plans to go to college.

Half the women in my cell block are here for probation violation. One thing they all agree on: It’s almost impossible to be a single mother in search of housing and a job, both of which require mobility, and comply with probation rules, which restrict mobility. Better to do the time and then make a fresh start.

I get that. And it’s a logic that runs parallel to my own. I have come to believe that a successful civil disobedience campaign likewise depends on the willingness of at least some of us to gladly accept jail time over other kinds of sentences, such as paying fines.

There are four reasons for this. First, it shows respect for the law. In my case, I was arrested for trespassing on the driveway of a Texas-based energy company that has the sole intention of turning the crumbling salt mines underneath the hillside into massive gas tanks for the highly-pressurized products of fracking: methane, propane and butane. (The part of the plan involving methane storage has already been approved by the Federal Energy Regulatory Commission). Even before the infrastructure for this gas storage is built, Crestwood Midstream has polluted the lake with salt, at levels that exceed its legal limits. Crestwood’s response is to pay a fine and keep polluting. By contrast, I refuse to pay a fine to excuse my crime and so accepted the lawful consequences of my actions.

Second, extending one’s civil disobedience testimony in jail shows seriousness of intent. Four of the 17 civil disobedients who have so far been arraigned as part of the We Are Seneca Lake campaign have chosen jail instead of fines: 75-year-old Dwain Wilder, a veteran of the Navy who was incarcerated for Veteran’s Day; 86-year-old Roland Micklem, a Quaker, who is now incarcerated in the Schuyler County Jail [Roland Micklem was released yesterday due to health concern]; 58-year-old Colleen Boland, a retired Air Force sergeant who served in the White House; and me (I’m a 55-year-old biologist and author).

Colleen occupies the cell next to mine. We talk through the wall. Colleen, Roland and I are on track to find out what they serve prisoners for Thanksgiving dinner.

By our willing separation from our families, by our sacrifice and consent to suffer, by our very absence, we are saying that we object in the strongest terms to the transformation of our beloved Finger Lakes community into a hub for fracking. We object to the occupation of our lakeshore by a Houston-based corporation that seeks to further build out fossil-fuel infrastructure in a time of climate emergency, and in so doing, imperils a source of drinking water for 100,000 people.

Third, by filling the jails with mothers, elders and veterans, we peacefully provoke a crisis that cannot be ignored by media or political leaders. Of course, civil disobedience is always a method of last recourse, deployed when all other methods of addressing a grievance have been exhausted. We have turned over all stones. We have submitted comments, written letters, offered testimony, filed Freedom of Information requests for secret documents—only to see our legitimate concerns brushed aside. Our incarceration shows that the regulatory system is broken. So far, in the Seneca Lake campaign, there have been 59 arrests, and a majority of those have yet to be sentenced. There will be more of us in jail before the year is out.

And the fourth reason is this: spending time in jail is a time of personal transformation. Alone with a pencil, some inmate request forms for stationery, the Bible and your own thoughts, you discover that you are braver than you knew. You are doing time, and time offers the possibility of rededicating oneself to the necessary work ahead: dismantling the fossil fuel industry in the last 20 years left to us, before the climate crisis spins into unfixable, unending calamity.

Last night I learned how to create a tool for changing the channel on the television, which blares from the other side of two rows of bars. It involves twisting newspaper around a row of pencils and stiffening it with toothpaste.

Thus do the women of the Chemung County Jail—all mothers—exert agency over the circumstances of their lives and defy the status quo. That’s a skill set we all need. As Ashley scolded me last night, while passing a sharpened pencil through the bars, “You can’t just sit there for the next 14 days. Start fighting.”

Link: http://ecowatch.com/2014/11/21/sandra-steingraber-why-im-in-jail/

L'ISMER refuse la pomme empoisonnée



TransCanada déçue du rejet du projet de chaire sur le béluga

Dans un court communiqué, la compagnie TransCanada s'est dite déçue de la décision de l'UQAR-ISMER d'abandonner les discussions entourant la création d'une chaire de recherche sur l'estuaire du Saint-Laurent.

La compagnie est d'avis que cette décision est basée en partie sur le résultat de discussions sur la scène publique.

Vendredi matin, la directrice de l'Institut des sciences de la mer (ISMER), Ariane Plourde, a défendu sa décision de ne pas aller de l'avant avec le projet financé par TransCanada en affirmant que « compte tenu de ce qui s'est passé sur la place publique, dans les médias, les décisions récentes gouvernementales, nous avons pris la décision hier de ne pas aller de l'avant avec la chaire de l'estuaire financée par TransCanada. »

Il s'agit d'une réflexion collective, ajoute la direction.

Dans son communiqué, TransCanada vante la qualité des chercheurs de l'Institut des sciences de la mer (ISMER), qui auraient assurément contribué à enrichir la connaissance scientifique sur la population de bélugas du Saint-Laurent à travers leurs travaux de recherche.

Devant ce refus, la compagnie confirme qu'elle entend examiner de nouveaux partenariats avec d'autres institutions.

Fuite de la stratégie de communication de TransCanada

Plus tôt cette semaine, des documents secrets de TransCanada, obtenus par Greenpeace, ont révélé en détail la stratégie de la compagnie pour faire accepter par l'opinion publique son projet de pipeline Énergie Est.

Cette stratégie qualifie notamment les professeurs d'université d'influenceurs importants.

Visiblement, le dévoilement de cette stratégie a suscité beaucoup d'embarras chez les scientifiques de l'ISMER. Sans compter les réactions des groupes environnementalistes :

« C'est clair qu'il y a des dommages collatéraux à une telle action. C'est clair que nous avons à rebâtir la crédibilité qui a toujours été présente ici et notre intégrité aussi. Donc, il y aurait probablement eu certainement, très probablement, des problèmes de crédibilité, malheureusement », conclut Émilien Pelletier.

La documentation stratégique, réalisée avec l'appui d'une des plus importantes firmes de relations publiques au monde, Edelman, recommande à TransCanada de tenter de mettre les groupes environnementaux de son côté avec « une campagne de financement majeure » d'une université québécoise contribuant à la recherche environnementale. « Cela pourrait aider à montrer le sérieux de TransCanada sur ces sujets et donner une meilleure image », indique le document.

Lien: http://m.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2014/11/21/006-chaire-etude-beluga-transcanada-uqar.shtml


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TransCanada is disappointed its project of having a Beluga chair rejected

My translation of above article:

In a short release, the TransCanada company says it is disappointed of hearing the UQAR-ISMER institute decided to stop the discussions about the creation of a research chair on the St. Lawrence estuary.

The company thinks this decision comes in part after the results of the discussions in the public arena.

Friday morning, the Institute's director of the ocean sciences (ISMER), Ariane Plourde, defended her decision of not going ahead with the project financed by TransCanada by saying "because of what happened in the public arena,, in the media, recent government decisions, we have decided yesterday to not go ahead with a chair on the estuary financed by TransCanada."

It is a collective reflection, adds the director.

In the press release, TransCanada lauds the quality of the researchers of the Ocean Sciences Institute (ISMER), that surely would have contributed to enrich the scientific knowledge about the Beluga population in the St. Lawrence thanks to their research work.

In response to the refusal, the company confirms that it intends to find new partners within other institutions.

TransCanada's communication strategy leak

Earlier this week, TransCanada secret documents sent to Greenpeace revealed in detail the company's strategy to make its Energy East pipeline project accepted by public opinion.

This strategy named, among others, university professors as important influencers.

Obviously, the revealing of this strategy brought a lot of embarrassment among the ISMER scientists. And did attract environmental groups reactions:

"It is clear that there are collateral damages to such an action. It is clear that we have to rebuild a credibility that has always been present here and our integrity also. So, there would probably had certainly, very probably, credibility problems, unfortunately", says Émilien Pelletier (oceanographer at the institute).

The strategy documentation, made with the help of one of the most important public relations firms on earth, Edelman, recommends to TransCanada to try to bring environmental groups on its side with a "major financing campaign" of a Quebec university that does environmental research. "This could help to show how TransCanada is serious about these subjects and better its image", reads the document.

Thursday, November 20, 2014

Inverser la direction d'un pipeline le rend plus dangereux

Photo: Ivanoh Demers La Presse

Dans un bulletin d'information récent, des régulateurs fédéraux des É.-U. préviennent que d'inverser la direction des oléoducs et des gazoducs, ou changer le produit qu'ils transportent pourraient avoir des impacts majeurs sur leur sécurité et leur intégrité.

"In a recent advisory, federal regulators are warning that reversing the flow of oil and gas pipelines or changing the product they carry could have a major impact on a line’s safety and integrity."

http://marcellus.com/news/id/112765/federal-advisory-warns-pipeline-reversals/