Friends of the Richelieu. A river. A passion.



"Tout cedit pays est fort uny, remply de forests, vignes & noyers. Aucuns Chrestiens n'estoient encores parvenus jusques en cedit lieu, que nous, qui eusmes assez de peine à monter le riviere à la rame. " Samuel de Champlain


"All this region is very level and full of forests, vines and butternut trees. No Christian has ever visited this land and we had all the misery of the world trying to paddle the river upstream." Samuel de Champlain

Monday, July 28, 2014

Après le décès d'un fermier, un appel à une étude sur la santé se fait plus pressant

photo: Mark Schmerling

Ma traduction libre d'un reportage dans un blog.

Le mois passé, Terry Greenwood, un fermier de la Pennsylvanie dont l'eau a été contaminée par des déchets de fracturations hydrauliques, est mort d'un cancer. Il avait 66 ans et il est mort d'une forme rare de cancer du cerveau.

Son décès a été remarqué partout sur la planète, en partie parce que M. Greenwood était parmi les premiers fermiers de son état à parler contre l'industrie gazière pendant les premières années du boom du gaz de schiste dans son état.

M. Greenwood s'est opposé à une compagnie appelée Dominion Energy qui avait foré et fracturé un puits peu profond sur sa petite propriété de ranch à bétail selon un bail signé par le précédent propriétaire en 1921. En janvier 2008, M. Greenwood avait rapporté aux autorités de l'état que ses sources d'eau avaient viré au brun et que son eau avait un goût salé. L'EPA de la Pennsylvanie a ensuite découvert que la compagnie, dont le puits gazier avait été foré à 400 pied du puits d'eau potable des Greenwood en 2007, avait impacté l'eau des Greenwood. Les autorités de l'état ont ordonné à Dominion de fournir temporairement de l'eau potable à la famille.

Le décès de M. Greenwood a été déploré par des environnementalistes partout dans le monde. À Londres, par exemple, les participants à un évènement d'éducation sur le fracking ont enregistré des messages vidéo pour la famille Greenwood et amassé plus de $500 pour les descendants de Terry.

"Terry Greenwood était l'une des personnes les plus persuasives que vous pouvez écouter," écrivait le réalisateur Josh Fox. "Il avait une façon de parler, il était d'une politesse et d'un optimisme que chaque mot laissait sentir, peu importe si le sujet de la conversation était angoissant ou troublant."

Mais l'histoire de la lutte de M. Greenwood contre l'industrie du forage et le manque de surveillance des régulateur de l'état ne s'arrête pas là. Dans les semaines avant sa mort, il y avait eu un défilé de révélations sur l'inaptitude des autorités environnementales et sanitaires de l'état à protéger le public de ce genre de menaces qui ont peut-être causé la mort de M. Greenwood. Ces révélations sont à la fois un rappel de l'importance de la bataille de M. Greenwood et une réitération qui nous démontre comment les choses n'ont pas changé.

La semaine dernière, le Docteur Eli Avila, anciennement le ministre de la Santé de la Pennsylvanie, a fait les manchettes quand il a dit au Associated Press que l'état n'avait pas tenu compte des études d'impacts sur la santé.

"Le manque d'action en dit gros," disait le Docteur Avila, maintenant le commissaire à la Santé publique de Orange County, dans New York, au AP. Sa façon de voir les choses est partagée par d'autres experts en santé. "La Pennsylvanie ne fait tout simplement pas d'études sérieuses sur les impacts possibles des forages sur la santé, disait le Docteur Bernard Goldstein à AP, lui qui a 5 décennies d'expérience en santé publique dans des hôpitaux et des universités dans New York, au New Jersey et en Pennsylvanie".

Les lacunes dans la surveillance et la transparence a été endémique en Pennsylvanie dans sa façon de gérer la fracturation hydraulique.

En 2011, la commission consultative du gouverneur Tom Corbett sur le schiste du Marcellus avait recommandé que l'état commence à suivre les effets sur la santé avec un registre qui ferait le monitorage de la santé des gens qui vivent en dedans d'un mille de sites de forages gaziers ou en production, comme les sites de puits et les stations de compression. La commission recommandait "dans un court délais une enquête rigoureuse sur les préoccupations et les plaintes des citoyens et le rendement des membres du domaine de la santé et des autorités publiques."

Mais le financement de cette initiative, dont $2 million originalement inclus dans la loi clé de l'état sur les forages, Act 13, ne s'est jamais réalisé.

Entre-temps, des demandes à l'information sur les risques pour la santé auprès des autorités de l'état semblaient souvent frapper un mur. En réaction à cela, des organisateurs locaux se sont tournés vers des listes publiées des centaines de résidents de l'état qui disent avoir été lésés par la ruée des forages.

Ce silence des autorités est causé par une politique d'obstruction. Des administrateurs en santé de l'état maintenant à la retraite ont avoué dernièrement que le Département de Santé publique leur avait interdit de retourner les appels venant des résidents avec des problèmes potentiellement reliés à la fracturation hydraulique et a fait circuler une liste de mots clefs qui pourraient laisser comprendre qu'un appel était lié à la ruée des forages dans le schiste.

"On ne nous permettait absolument pas de leur parler," Tammi Stuck avoue à Statelmpact; elle travaillait comme infirmière communautaire de Fayette County pour presque 4 décennies.

Au début, l'état niait l'existence de la liste de mots clefs. Mais après que Statelmpact ait obtenu des copies de la liste, l'agence a confirmé que les documents étaient authentiques, changeant son histoire pour dire que leur but n'était pas d'étouffer les plaintes mais de s'assurer "que nous parlons d'une même voix." Bien que les autorités de l'état sont supposé de coordonner entre les agences les préoccupations des résidents, des personnes locales ont décrit un processus frustrant durant lequel les plaintes étaient référées d'une agence à l'autre.

Pendant plusieurs années, des fermiers on souvent dit que, de toutes les choses que l'on connaît sur la fracturation hydraulique, une chose est certaine: le bétail est affecté. M. Greenwood a connu ce danger en personne.

"Il y a eu du forage et toute l'eau ruisselait dans le champ et le bétail était là dans leur pré buvant de cette eau," Terry Greenwood raconte à Josh Fox dans des prises de vue datant d'environ 2009 que le réalisateur a rendu public dans un vidéo commémoratif. "Et j'ai appelé le DEP et je leur dit 'elles (les vaches) ne devraient pas boire de cette eau', j'ai dit, 'qu'est-ce qu'il y a dans cette eau?' Parce que moi, je n'y connaissais rien au début, et ils m'ont dit 'il n'y a rien qui ne va pas avec cette eau.' Mes vaches ont commencé à vêler; il y avait 18 vaches. Les veaux ont commencé à mourir. Vous savez, des 18 vaches qui vêlaient, j'en ai perdu 10 d’entre elles."

"Alors, qu'a dit le DEP?" demande M. Fox, faisant référence au département de protection de l'environnement. "C'est çà la vie de fermier," dit M. Greenwood.

Plus tard, le DEP a dit qu'elles étaient mortes à cause de bactéries de E. coli dans la mare, mais M. Greenwood n'a jamais été convaincu que ces bactéries étaient la vraie cause des mortalités dans son cheptel. "J'ai dit, 'ces vaches boivent de l'eau de cette mare depuis 18 ans et je n'ai jamais eu ce problème," M. Greenwood avait confié à un journal local en 2010.

Et l'année suivante, les choses se sont empirées. En 2011, pas une seule des 13 vaches des Greenwood qui avaient survécu n'a donné naissance à un veau vivant, a dit M. Greenwood plus tard.

Les symptômes que M. Greenwood décrivaient chez ses vaches sembles en général s'enligner avec d'autres incidents liés aux eaux usées de fracturations hydrauliques partout dans le pays. Des animaux comme des vaches et des chevreuils sont particulièrement attirés par ces eaux usées toxiques qui remontent dans les puits de gaz naturel après les fracturations et veulent les boire à cause du goût salé de l'eau.

"Le bétail qui a été exposé aux eaux usées (le reflux et ou les eaux de production) ou à l'eau de puits ou de mare pourrait avoir des problèmes de reproduction," écrivaient la vétérinaire Michelle Bamberger et le professeur de Cornell Robert Oswalt dans une thèse de 2012 révisée par leurs pairs. "des 7 fermes d'élevage étudiées en détail, 50% du cheptel, en moyenne, était affecté, soit en mourrait, soit ne réussissait pas à se reproduire s'il survivait."

Des scientifiques ont demandé qu'on porte davantage attention aux effets des forage et des fracturations hydrauliques sur les animaux, mentionnant que la santé animale pouvait servir d'avertissement sur les effets sur la santé humaine.

"Comme faisant parti de nos efforts à obtenir des données sur la santé publique, nous croyons qu'une attention particulière doit être portée sur les animaux de compagnie, le bétail et la faune, car ils peuvent servir de sentinelles pour l'exposition humaine, avec leur durée de vie plus courte que la nôtre et davantage d'occasions de colliger des données par nécropsie," écrivaient les docteurs Bamberger et Oswald.

Personne ne peut affirmer avec certitude que les produits chimiques du fracking ont tué M. Greenwood ou ses animaux. Mais les partisans disent qu'ils ont le droit de savoir et que l'une de leurs plus grandes frustrations est le silence de l'état sur ce sujet.

Mais le manque d'information de santé publique font que des partisans demandent pour une enquête complète dans les manquements des enquêtes de l'état.

"Les questions légitimes des citoyens de la Pennsylvanie sur des questions comme leur santé ou celle des membres de leur famille suite aux activités de forages gaziers ne peuvent pas être écartées ou rejetées carrément," lisait-on dans un communiqué signé par cinq des principaux groupes environnementaux la semaine passée. "Le fait que le DEP avait au départ nié l'existence d'une liste de mots clefs, et le fait que le gouverneur Corbett avait refusé de réagir avec une réponse énergique ne nous laisse pas le choix et nous oblige à demander une enquête complète."

Des amis de M. Greenwood était l'une des premières personnes à s'opposer ouvertement contre la ruée des forages pour le gaz de schiste en Pennsylvanie et a adopté la phrase "l'eau est plus importante que le gaz" comme sa devise après ses expériences avec l'industrie du gaz de schiste.

"Nous avons deux sources, un puits pour boire et une mare," expliquait M. Greenwood au réalisateur Josh Fox dans un vidéo filmé il y a environ 5 ans que M. Fox a rendu public durant un mémorial en juin. "La mare n'est plus bonne, l'eau du puits n'est plus bonne à boire, le puits original n'est plus bon et la source pour le bétail n'est plus bonne. Il y a une petite source pour la maison et c'est tout ce qui reste sur cette propriété."

"Alors j'ai une ferme qui ne vaut plus rien," dit-il. "Quand ils reprendront le réservoir à eau potable (water buffalo), ou peu importe ce qu'il adviendra de ce réservoir, je ne sais pas ce que je ferai."

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

After Rancher's Death, Calls for Fracking Health Study Grow Stronger

Last month, Terry Greenwood, a Pennsylvania farmer whose water had been contaminated by fracking waste, died of cancer. He was 66 and the cause of death was a rare form of brain cancer.

His death drew attention from around the globe in part because Mr. Greenwood was among the first farmers from his state to speak out against the gas industry during the early years of the state's shale gas rush.

Mr. Greenwood went up against a company called Dominion Energy, which had drilled and fracked a shallow well on his small cattle ranch property under a lease signed by a prior owner in 1921. In January, 2008, Mr. Greenwood had reported to state officials that his water supplies had turned brown and the water tasted salty. The Pennsylvania Department of Environmental Protection subsequently found that the company, whose gas well was drilled 400 feet from the Greenwoods' water well in 2007, had impacted the Greenwoods' water. State officials ordered Dominion to temporarily supply the family with drinking water.

Mr. Greenwood's death was mourned by environmentalists around the world. In London, for example, attendees at a fracking education event recorded video messages for the Greenwood family and raised over $500 for Terry's survivors.

“Terry Greenwood was one of the most compelling people you could ever listen to,” wrote filmmaker Josh Fox. “There was just something about the way he spoke, there was a decency and a positivity that shone through every word no matter how distressing or disturbing the subject matter was.”

But the story of Mr. Greenwood's fight against the drilling industry and lax oversight by state regulators does not stop there. In the weeks since his death, there has been a steady stream of further revelations about ineptitude by state environmental and health officials in protecting the public from the type of threats that may have killed Mr. Greenwood. These revelations are both a reminder of the importance of Mr. Greenwood's fight and an reiteration of how little has changed.

Last week, Dr. Eli Avila, formerly Pennsylvania's health secretary, made headlines when he told the Associated Press that the state had neglected health impact studies.

“The lack of any action speaks volumes,” Dr. Avila, now Orange County, New York's public health commissioner, told the AP. His perspective was shared by other health experts. “Pennsylvania is 'simply not doing' serious studies into possible health impacts of drilling, Dr. Bernard Goldstein, who has five decades of public health experience at hospitals and universities in New York, New Jersey, and Pennsylvania” said, the AP reported.

The lack of oversight and transparency has been endemic to Pennsylvania and its handling of fracking.

In 2011, Governor Tom Corbett's Marcellus Shale Advisory Commission recommended that the state begin tracking health effects, through a registry that would monitor the health of people living within a mile of natural gas drilling or production sites, like well pads and compressor stations. The Commission called for “the timely and thorough investigation of and response to concerns and complaints raised by citizens, health care providers or public officials.”
But funding for the initiative – including $2 million originally included in the state's key drilling law, Act 13 – never materialized.

Meanwhile, requests for information about health risks from state officials often seem to hit a brick wall. In response, local organizers have resorted to published lists of hundreds of state residents who say that they've been harmed by the drilling rush.

This official silence comes against a larger backdrop of stonewalling. Retired state health officials recently alleged that the Department of Public Health barred them returning phone calls from residents with potentially fracking-related concerns and had circulated a list of buzzwords that might indicate a call was related to the shale drilling frenzy.

“We were absolutely not allowed to talk to them,” Tammi Stuck, who worked as a Fayette County community health nurse for nearly four decades, told StateImpact.

The state initially denied that a list of buzzwords existed. But after StateImpact obtained copies of the buzzword list, the agency confirmed that the documents were authentic, changing its story to say that their goal was not to suppress complaints but to ensure “that we are speaking with one voice.” Although state officials are supposed to coordinate between agencies to handle residents' concerns, locals described a frustrating process in which complaints were bounced from agency to agency.

Farmers have for several years said that, for all that is not known about fracking, one thing is certain: livestock are being affected. Mr. Greenwood knew this peril first hand.

“They was drilling and all the water was running into the field and the cattle was up there right in their pasture drinking the water,” Terry Greenwood told Josh Fox in footage from roughly 2009 that the filmmaker released as part of a video memorial. “And I called DEP and I says 'they [the cows] shouldn't be drinking that water,' I said, 'what's in that water?' Cause I didn't know nothing about all this at first, and they said 'there's nothing wrong with it.' My cows started having calves, there was 18 cows. Calves was starting to die. You know, 18 cows that were having calves, I lost 10 of them.”

“So what did DEP say?” Mr. Fox asked, referring to the state Department of Environmental Protection. “'That's a farmer's luck,'” Mr. Greenwood replied.

The DEP later attributed the deaths to e coli bacteria in the pond, but Mr. Greenwood remained skeptical that bacteria was the true cause of the deaths. “”I said, 'Them cows have been drinking out of that pond for 18 years and I never had this problem before,'” Mr. Greenwood told a local newspaper in 2010.

And the following year, things got worse. In 2011, not a single one of the Greenwoods' thirteen remaining cows gave birth to a live calf, Mr. Greenwood later said.

The symptoms Mr. Greenwood reported in his cows seem generally consistent with incidents tied to fracking wastewater across the country. Animals like cows and deer are particularly drawn towards drinking the toxic wastewater that flowsback from natural gas wells after fracking because of the water's salty taste.

“Cattle that have been exposed to wastewater (flowback and/or produced water) or affected well or pond water may have trouble breeding,” veterinarian Michelle Bamberger and Cornell Professor Robert Oswalt wrote in a 2012 peer-reviewed paper. “Of the seven cattle farms studied in the most detail, 50 percent of the herd, on average, was affected by death and failure of survivors to breed.”

Scientists have called for greater attention to the effects on animals from drilling and fracking, saying that animal health could serve as warnings for effects on human health.

“As part of an effort to obtain public health data, we believe that particular attention must be paid to companion animals, livestock, and wildlife, as they may serve as sentinels for human exposures, with shorter lifetimes and more opportunity for data collection from necropsies,” Drs. Bamberger and Oswald wrote.

No one can say for sure whether fracking chemicals killed Mr. Greenwood or his animals. But advocates say that they have a right to know and they say one of their biggest frustrations is the state's silence on the matter.

But the lack of public health information has advocates calling for a full investigation into the state's investigatory failures.

“The legitimate questions of Pennsylvania citizens concerning their health or that of family members as a result of natural gas drilling activity cannot be discounted or dismissed outright,” a statement signed by five of the state's leading environmental groups said last week. “The fact that the [D]epartment [of Environmental Protection] originally denied the existence of a “buzzwords” list, and the fact that Gov. Corbett has refused to weigh in with a forceful response, leaves us no choice but to call for a full investigation.”

Friends said Mr. Greenwood was one of the first people to speak out against the shale gas drilling rush in Pennsylvania and had made the phrase “water is more important than gas” his personal motto following his experiences with the shale gas industry.

“We had two springs, a well for drinking, and a pond,” Mr. Greenwood explained to film-maker Josh Fox in a video filmed roughly five years ago that Mr. Fox released as a memorial in June. “The pond's no good, the well ain't fit to drink, original well's gone and the spring for the cattle is gone. There's a little spring for the house and that's all that's left on this property.”

“So I have a farm, and it's useless,” he added. “When they take this water buffalo, or whatever happens to this water buffalo, I don't know what's gonna happen.”

Link: http://www.desmogblog.com/2014/07/24/after-rancher-s-death-calls-fracking-health-study-grow-stronger

Sunday, July 27, 2014

Ottawa élimine un projet de protection marine



La zone de conservation projetée couvrait une grande partie de l’estuaire du Saint-Laurent, dont le secteur de Cacouna

Publié dans Le Devoir le 25 juillet 2014 |Alexandre Shields

Sans offrir la moindre explication, le gouvernement Harper vient de tuer un important projet de zone de protection marine que le fédéral étudiait depuis plus de 15 ans au Québec, a appris Le Devoir. Cette aire aurait permis de mieux préserver une large part de l’estuaire du Saint-Laurent incluant le secteur de Cacouna, où TransCanada souhaite construire un port pétrolier destiné à l’exportation des sables bitumineux.

Pêches et Océans Canada a le mandat de désigner les sites qui peuvent devenir des zones de protection marine (ZPM), en vertu de la Loi sur les océans. Le ministère instaure de telles zones « afin d’assurer la conservation et la protection » de milieux marins « ayant une importance écologique et dont les espèces ou les caractéristiques nécessitent une prise en compte particulière ».

Le gouvernement Harper a créé seulement deux nouvelles aires de protection de ce genre depuis qu’il est au pouvoir. Il existe huit de ces ZPM au Canada, mais aucune au Québec. Huit zones sont aussi à l’étude à travers le pays.

Le projet de zone de protection marine de l’estuaire du Saint-Laurent aurait pu devenir le premier à se concrétiser dans la province. Celle-ci couvrait une superficie de plus de 6000 km2, de l’Îsle-aux-Coudres à Métis-sur-Mer, en aval de Rimouski. Cette ZPM aurait été « complémentaire » au parc marin du Saguenay–Saint-Laurent. Sa création avait été prévue dans le but de protéger l’habitat et les ressources alimentaires des mammifères marins qui fréquentent le Saint-Laurent, en premier lieu le béluga, une espèce de plus en plus menacée de disparition. En raison de son statut, Pêches et Océans a d’ailleurs l’obligation légale de protéger son habitat.

La ZPM était à l’étude depuis 1998. Elle avait fait l’objet de travaux scientifiques financés par Pêches et Océans et d’une consultation publique. Un plan de gestion préliminaire avait même été élaboré. Celui-ci comprenait notamment les objectifs de protection.

Disparition de la ZPM

Sans la moindre explication et en plein coeur de l’été, Ottawa vient cependant de rayer le projet de la carte. Pêches et Océans a en effet supprimé toute mention du « projet de zone de protection marine » de son site Web consacré aux ZPM. Le ministère mentionne seulement que cette région de l’estuaire constitue un « site d’intérêt », sans plus.

Le gouvernement Harper a aussi modifié le mandat du groupe de travail Canada-Québec qui avait été mis en place pour ce projet. On a ainsi effacé le fait que ce groupe devait jusqu’ici « poursuivre le processus de désignation de ce site d’intérêt comme zone de protection marine ».

Les conservateurs ont toutefois laissé la mention des « menaces » qui pèsent sur les mammifères de l’estuaire : « perturbation ou destruction de leurs habitats, exposition aux substances chimiques toxiques, risques de collision avec des navires, exposition aux bruits et dérangement ». Mais on a éliminé toute mention des bénéfices de l’établissement d’une zone de protection marine. Jusqu’à tout récemment, on pouvait pourtant lire qu’une ZPM « permettrait de prendre des mesures de gestion pour contrer ou atténuer ces menaces, en concertation avec tous les intervenants et usagers des ressources marines ».

Il n’a pas été possible d’obtenir de précisions jeudi de la part de Pêches et Océans Canada. La Société pour la nature et les parcs (SNAP) n’a pas non plus obtenu la moindre information de la part d’Ottawa. L’organisme a pourtant écrit récemment à la ministre responsable de Pêches et Océans, Gail Shea, en lui demandant de préciser sa position concernant le projet de ZPM de l’estuaire.

Décision « incompréhensible »

Le directeur général de la SNAP, Patrick Nadeau, juge incompréhensible la décision du gouvernement Harper de mettre à mort le projet. « C’est une drôle de coïncidence, alors qu’il y a maintenant un projet de port pétrolier à Cacouna. En retirant le projet de ZPM, on facilite l’implantation de ce port. »

La pétrolière TransCanada souhaite effectivement construire un port dans le but d’exporter du pétrole des sables bitumineux qui arrivera au Québec par son futur oléoduc Énergie Est. Les pétroliers chargeront de deux à cinq fois plus de pétrole que ce que l’Exxon Valdez a déversé en Alaska en 1989. Le port s’avancera sur 500 mètres dans le Saint-Laurent, en plein coeur de la pouponnière des bélugas. Selon les spécialistes de l’espèce, ce projet risque d’anéantir tout espoir de préserver ces baleines blanches.

Mais ce port pétrolier est important pour l’industrie pétrolière albertaine, promue sur toutes les tribunes par le gouvernement Harper. En raison des blocages qui empêchent la construction de deux importants projets de pipelines dans l’ouest du pays, le Québec est pour le moment le seul chemin envisageable pour la construction d’un pipeline qui transportera à lui seul près de la moitié de la production des sables bitumineux. Le port de Cacouna deviendra donc un élément essentiel pour faciliter la croissance de l’exploitation pétrolière canadienne.

TransCanada a d’ailleurs déjà effectué des travaux en vue de la construction de son port. L’entreprise a aussi inscrit 23 lobbyistes au registre québécois. Leurs mandats comprennent des démarches auprès du gouvernement Couillard en vue de l’implantation du port et la construction du pipeline. Mais la décision finale sera prise à Ottawa.

Estuaire fragile

Robert Michaud, un scientifique qui étudie les bélugas du Saint-Laurent depuis plus de 30 ans, a pris part aux travaux scientifiques en vue de l’établissement de la ZPM. Mais c’est Le Devoir qui lui a appris la mort du projet. Visiblement déçu, il a souligné que le projet aurait permis d’établir des moyens importants de protection pour toute la zone désignée, qui compte plusieurs sites naturels reconnus.

« L’établissement d’une telle zone de protection est une reconnaissance de la richesse et de la fragilité de cette portion de l’estuaire », a résumé M. Michaud. S’il se garde bien de faire un lien direct entre la suppression pure et simple du projet de ZPM et la volonté de construire un port pétrolier à Cacouna, il juge « très pertinent » de se poser la question.

La suppression du projet de ZPM a par ailleurs pour effet « d’éloigner le Canada des engagements internationaux pris à Nagoya en matière de protection marine », a rappelé M. Nadeau. Théoriquement, Ottawa a promis de protéger 10 % de ses espaces marins d’ici 2020. Ce taux se situe actuellement à 1,3 %, soit moins que des pays comme la Chine et la Russie.

Ottawa vient de tuer un projet de zone de protection marine qui devait voir le jour au Québec.

Lien: http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/414364/ottawa-elimine-un-projet-de-protection-marine

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~


Ottawa kills a marine protection project

My translation of an article published in Le Devoir on a subject no one else covered, as far as I know.

The planned conservation area would have covered a big part of the St. Lawrence estuary including the Cacouna sector.

Without any explanation, the Harper government just killed an important marine protection project that the federal was studying for more than 15 years in Quebec, learned Le Devoir. This area would have helped to protect a large part of the St. Lawrence estuary including the Cacouna sector where TransCanada wants to build an oil harbor for the export of the tar sands production.

Fisheries and Oceans Canada is in charge of designating sites that may become marine protection areas (MPA), as per the Oceans Act. The ministry names such areas "to insure the conservation and the protection" of marine areas "that are ecologically important where the species or the characteristics needs special attention".

The Harper government only created two new protection areas of this kind since it is in power. There are 8 MPAs like this in Canada, but none in Quebec. Height areas are also under study in the country.

The marine protection area project in the St. Lawrence esturary could have become the first one to come into place in the province. It would have covered an area of more than 6000 square km, from the Îsle-aux-Coudres to Métis-sur-Mer, upriver from Rimouski. This MPA would have "complemented" the marine park of Saguenay-Saint-Laurent. It's creation had been planned with the objective to protect habitat and the feeding resources for marine mammals that are found in the St. Lawrence, especially the beluga, a species more and more endangered. Because of its status, Fisheries and Oceans have the legal obligation to protect its habitat.

The MPA was being studied since 1998. It was doing scientific studies financed by Fisheries and Oceans and had had a public consultation. A preliminary management plan had even been drafted. It included protection objectives, among other things.

A MPA disapears

Without any explanation and in the middle of summer, Ottawa just obliterated the project. Fisheries and Oceans indeed removed all mention of a "marine protection area project" from its Website dedicated to MPAs. The ministry mentions only that this area of the estuary is an "area of interest" only.

The Harper government has also modified the mandate of the work panel Canada-Québec that had been assigned for this project. This way, the fact that the group up to now "has to follow the process of designating this area of interest as a marine protection area" has disapeared.

The Conservatives did leave in the mention that some "threats" do endanger the mammals of the estuary: "disturbances or destruction of habitat, exposure to toxic chemical substances, the risk of collision with ships, exposure to noise and disturbances". But all mention of benefits of a marine protection area has been eliminated. Up to very recently, one could read that a MPA "would permit management measures to counter or attenuate these threats, in coordination with all involved, users of marine resources".

It was not possible to obtain precisions Thursday from Fisheries and Oceans Canada. The Canadian Parks and Wilderness Society (CPAWS) was not able to get any information either from Ottawa. Recently, the group did write to the minister responsible of Fisheries and Oceans, Gail Shea, asking her to give more precisions about her position with the MPA project for the estuary.

Incomprehensible decision

Patrick Nadeau, the CEO of CPAWS, thinks the Harper governement decision to kill the project is incomprehensible. "It is a funny coincidence, now that there is a oil harbor project at Cacouna. By removing the MPA project, it is easier to go ahead with the harbor development."

Indeed, the oil company TransCanada wants to build a harbor in order to export oil from the tar sands that will come in Quebec through it's futur Energy East pipeline. The oilers will load between 2 to 5 more oil that what the Exxon Valdez spilled in Alaska back in 1989. The harbor will push 500 meters into the St. Lawrence River, right in the middle of the beluga nursery. As per the specialists of the species, this project risks wiping out all hope to preserve these white whales.

But this oil harbor is important for the Alberta oil industry, promoted everywhere by the Harper government. Because of resistance that hold back the construction of 2 important pipeline projects out West, Quebec is for the moment the only forseable direction to build a pipeline that will move nearly half the production coming out of the tarsands. The Cacouna harbor is then an essential element to facilitate the growth of canadian oil exploitation.

TransCanada has already started working on the construction of its port. The company has also registered 23 lobbyists on the Quebec register. Their objective is to work with the Couillard government to see to the harbor development and the construction of the pipeline. But the final decision will come from Ottawa.

Fragile estuary

Robert Michaud, a scientist that has studied the belugas in the St. Lawrence for more than 30 years now, was part of the scientific work being done to establis the MPA. But it is Le Devoir that first told him about the project being dropped. Visibly disapointed, he mentions that the project would have provided important ways to protect the whole designated area that includes many recognized natural sites.

"The setting up of such a protection area recognizes the richness and the fragility of this portion of the estuary", sums up Mr Michaud. While not making a direct link between the cancelation of the MPA project and the will to build an oil harbor at Cacouna, he thinks that wondering about it is very relevant.

The cancellation of the MPA project also has the effect of "putting Canada further back in its international promises made in Nagoya to protect marine life", Mr Nadeau reminds us. Theoretically, Ottawa had promised to protect 10% of its marine areas before 2020. That percentage is now at 1,3%, less than countries like China and Russia.

Ottawa just killed a marine protection area project that was supposed to come to be in Quebec.

Saturday, July 26, 2014

Des injections à la vapeur auraient causé les fuites de bitume en Alberta



Ma traduction libre d'un reportage d'Andrew Nikiforuk publié dans le quotidien indépendant The Tyee.

Un nouveau rapport technique indépendant sur la cause d'une importante fuite coûteuse de bitume en 2013 dans le nord de l'Alberta met en cause une forme de fracturation hydraulique qui injecte de la vapeur dans le sol.

Le panel, dont la tâche avait été assignée par Canadian Natural Resources Lté pour examiner les données préliminaires sur la cause de la fuite à son installation de Primrose, a aussi documenté le fait que les travaux de fracturations de l'industrie, contrairement aux affirmations de l'industrie, peuvent casser la roche-couverture (caprock), se prolonger hors de la zone visée, rejoindre des fractures naturelles et se rendre à l'eau souterraine.

Des fractures faites par le CNRL, l'un des plus importants exploiteurs de bitume du pays, n'ont pas seulement rejoint des fractures naturelles dans la région, mais ont aussi fissuré plusieurs formations géologiques non visées.

Ces fractures provoquées par l'industrie ont ensuite pénétré "des schistes généralement imperméables" et rejoint des eaux souterraines avant de se retrouver à la surface à plus de 500 mètres de la zone ciblée originalement dans la région des sables pétroliers de Cold Lake, en Alberta.

En tout, plus de 12,000 barils de bitume ont fait surface grâce à 5 fractures différentes (l'une d'elle s'est ouverte en 2009) à presque une douzaine de kilomètres de distance entre elles. Le bitume s'est écoulé dans un lac, dans des tourbières et dans des forêts pendant plus d'un an, tuant la flore et la faune et polluant le paysage.

Les travaux de nettoyage en cours de la 4e plus importante fuite de pétrole de la province coûte jusqu'à date presque $50 millions.

La production sur place du bitume avec de la vapeur, une méthode utilisée pour la moitié de la production des sables bitumineux, utilise une forme de fracturation hydraulique connue sous le nom de "cyclic steam injection", injection cyclique de vapeur.

Avec des puits espacés serrés dans la forêt, le procédé de sables bitumineux grand consommateur de carbone pompe d'importants volumes de vapeur à haute pression dans les gisements de bitume froids et ensuite pompe la masse fondue de brut plusieurs semaines plus tard.

Au site des travaux de Primrose, la compagnie CNRL a injecté un "volume excessif de fluides" dans la formation qui a soulevé le sol de presque un pied, fracturé la roche-couverture protectrice, et a créé "des fractures verticales faites hydrauliquement" au travers de plusieurs formations différentes bien au-dessus de la zone qui contient le bitume.

Comme une pierre qui percute un pare-brise

Selon l'évaluation, qui a seulement passé des commentaires sur le premier rapport de causes du CNRL (il y en aura d'autres), les fractures faites par l'industrie à haute pression ont forcé les fractures naturelles à s'ouvrir plus grand, ce qui a permis au bitume de se déplacer du réservoir Clearwater vers le haut dans la formation Grand Rapids.

Des coulées de bitume ont ensuite voyagé verticalement. Quand le fluide rencontrait de la résistance, il provoquait tout simplement une nouvelle fracture horizontale dans le roc. Alternant entre des fractures verticales et horizontales, le bitume a finalement suinté à la surface.

"Des conditions facilitatrices incontrôlables" de l'incident, dont la tendance des fractures hydrauliques de se déplacer verticalement dans une formation pour ensuite se connecter à des fractures naturelles et des failles dans la suivante. Le rapport suggère que ni l'industrie ni le régulateur de la province ne comprennent suffisamment tous les risques opérationnels et les dangers géologiques de la région qui produit du bitume.

Le panel technique, que le CNRL a nommé au mois de mars passé, a aussi trouvé qu'une fois l'industrie a commencé ces fractures non contrôlées, un peu comme une petite pierre qui percute un pare-brise d'auto, certaines de ces fractures ont connecté avec au moins 2 trous de puits mals scellés, ce qui a transporté les fluides encore plus haut.

Selon les lobbyistes de l'industrie, tous les trous de puits "sont construits avec soin", mais Maurice Dusseault, un chercheur de l'université de Waterloo, a déclaré dernièrement que des milliers de puits qui fuient sont des passages potentiels pour des contaminations de l'eau souterraine et de pollution de l'air au méthane, et sont devenus un passif de plusieurs milliards de dollars pour l'industrie.

Difficile à prévoir

De plus, l'évaluation a remarqué que le CNRL a fait un mauvais travail à identifier clairement les dangers géologiques potentiels dans la région, comme les fractures naturelles déjà existantes.

"Des fractures naturelles et des fissures de densité et de propriétés variables existent dans toutes les couches géologiques à Primrose, toutefois, cela peut être difficile de caractériser leurs connectivités et leur conductivités."

En d'autres mots, la pression crée par les injections de fluides de l'industrie dans le bitume ou le schiste peut créer des fractures qui se prolongent en zigzag qui ressemblent aux craquelures dans la glace d'un lac gelé.

Des études récentes avancent que la fracturation hydraulique, qui utilise de l'injection de fluides pour craquer et ouvrir la roche-mère qui contient des hydrocarbures, se déroule souvent comme une expérimentation scientifique hors contrôle. Les ingénieurs ne peuvent pas toujours prédire où leurs fractures faites par l'homme voyageront ou comment elles pourraient se comporter une fois qu'elles communiquent avec des fractures déjà existantes sous terre.

Un reportage dans le Oilfield Review de 2005 mentionnait que "des discontinuités géologiques comme des fractures et des failles peuvent dominer la géométrie des fractures de façon à rendre la prédiction des comportements des fracturations hydrauliques difficile."

Le même papier ajoute: "Tous les modèles de fracturation hydraulique ne réussissent pas à prédire précisément le comportement d'une fracture, et dans plusieurs cas, des modèles échouent complètement, surtout à cause de l'information incorrecte et des suppositions utilisés dans ces modèles."

Un papier de 2012 du American Association of Petroleum Geologists soulignait la nature imprévisible de la fracturation hydraulique et concluait que le processus ne crée pas des fissures nettes et définies dans le roc, mais plutôt produit "un réseau complexe et endommagé de fractures."

Révision contredit les déclarations de la sécurité du fracking

Le groupe Canadian Association of Petroleum Producers, un groupe lobbyiste puissant, a déclaré pendant des années que la technologie du fracking est sécuritaire et a fait ses preuves.

Malgré les études qui démontrent que les accumulations du méthane dans l'eau souterraine tend à augmenter dans les régions intensément forées et fracturées pour leur pétrole et leur gaz, le site Web du groupe pour l'industrie affirme également que "la technologie est utilisée avec soin et s'arrange pour minimiser tout impact environnemental, surtout sur l'eau souterraine."

Par contre, la révision technique, écrite par 4 ingénieurs avec plus de 120 années d'expérience dans l'industrie, argumente que l'activité industrielle peut se connecter aux fractures naturelles, impacter l'eau souterraine, fracture au delà des zones cibles, et provoque des réactions incontrôlées sous terre.

La révision contredit aussi les affirmations de l'industrie qui dit que "les risques associés avec la fracturation hydraulique sont très minimes à cause de la règlementation gouvernementale et les avancées technologiques."

Les découvertes de la révision pourraient avoir des implications importantes sur les mines de bitumes. Les opérateurs d'usines de vapeur devront probablement dépenser plus d'argent pour colliger de meilleures données, et du monitorage géologique plus sophistiqué pour trouver les fractures naturelles partout dans la région des sables bitumineux.

À date, plus de 20 groupes environnementaux différents ont demandé pour une révision scientifique publique sur les pratiques de mines de bitume qui utilisent la fracturation hydraulique sous forme d'injection de vapeur dans les sables bitumineux.

Le régulateur énergétique de l'Alberta appelé Alberta Energy Regulator, un groupe financé à 100% par l'industrie, n'a pas tenu compte de leurs pétitions.



~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Steam Injection Fracking Caused Major Alberta Bitumen Leak

Review finds fractures spread like cracks on a frozen lake, resulting in uncontrolled seepage.

By Andrew Nikiforuk, published in TheTyee.ca

A new independent technical review on the cause of a large and costly 2013 bitumen leak in northern Alberta found a form of hydraulic fracturing that injects steam into the ground to be the main culprit.

The panel, appointed by Canadian Natural Resources Ltd. to review its initial findings on the cause of the leak at its Primrose facility, also documented that industry frack jobs, contrary to industry claims, can break caprock, shoot out of zone, link to natural fractures and penetrate into groundwater.

Fractures made by CNRL, one of the country's largest bitumen extractors, not only connected to natural fractures in the area, but also cracked their way through several non-targeted formations.

These industry-induced fractures then penetrated "generally impermeable shales" and passed through groundwater before erupting to surface more than 500 metres from the original targeted zone in the Cold Lake oilsands region of Alberta.

All told, more than 12,000 barrels of bitumen seeped to the surface through five different fractures (one fracture opened in 2009) nearly a dozen kilometres apart. The bitumen seeped into a lake, muskeg and the forest for more than a year, killing wildlife and polluting the landscape.

The ongoing clean-up job of what amounted to the province's fourth largest oil spill has cost nearly $50 million to date.

Steam plant or "in situ" bitumen production, which accounts for half of all oilsands production, employs a form of hydraulic fracturing known as cyclic steam injection.

Using tightly spaced wells in the forest, the carbon-intensive oilsands process pumps highly-pressurized volumes of steam into cold bitumen deposits and then pumps up the melted junk crude several weeks later.

At CNRL's Primrose operation, the company injected an "excessive fluid volume" into the formation that lifted the ground by nearly a foot, fractured the protective shale cap rock, and created "vertical hydraulically induced fractures" through several different formations way above the zone containing bitumen.

Like rock splintering a windshield

According to the review, which only commented on CNRL's first causation report (there will be more), the high pressure in industry-made fractures forced natural fractures to open wider, allowing for the movement of bitumen from the Clearwater reservoir upwards into the Grand Rapids Formation.

Streams of bitumen then travelled vertically. Where the fluid encountered resistance, it simply started a new horizontal fracture in the rock. Shifting from vertical to horizontal fractures, the bitumen then seeped to the surface.

"Uncontrollable enabling conditions" for the incident included the tendency for hydraulic fractures to move vertically in one formation and then to connect to natural fractures and faults in the next. The report suggested that neither industry nor the provincial regulator sufficiently understand all the operational risks and geological hazards in the bitumen-producing region.

The technical panel, which CNRL appointed last March, also found that once industry started these uncontrollable fractures -- much like a small rock shattering a car windshield -- some of the fractures connected to at least two poorly-sealed wellbores, which transported the fluids even higher.

According to industry lobbyists, all wellbores "are carefully constructed," but University of Waterloo researcher Maurice Dusseault recently warned that thousands of leaky wellbores represent potential pathways for groundwater contamination and methane air pollution, and have become a multi-billion-dollar liability for industry.

Difficult to predict

In addition, the review noted that CNRL had done a poor job of clearly identifying potential geological hazards in the region, such as pre-existing natural fractures.

"Natural fractures and faults of varying densities and properties exist in all of the geological strata at Primrose, however, it can be difficult characterizing their relative connectivities and conductivities."

In simple terms, pressures created by the industrial injection of fluids in bitumen or shale rock can create a zig-zag of traveling fractures that resemble the cracking of ice on a frozen lake.

Recent studies suggest that hydraulic fracturing, which uses fluid injection to crack open hydrocarbon-bearing rocks, often works like an uncontrolled science experiment. Engineers can't always predict where their man-made fractures will travel or how they might behave once they connect to existing fractures in the ground.

A 2005 Oilfield Review article noted that "geologic discontinuities such as fractures and faults can dominate fracture geometry in a way that makes predicting hydraulic fracture behaviour difficult."

The same paper added, "All hydraulic fracture models fail to predict fracture behaviour precisely, and in many cases, models fail completely, largely because of incorrect information and assumptions used in the models."

A 2012 paper by the American Association of Petroleum Geologists emphasized the unpredictable nature of hydraulic fracturing by concluding the process doesn't make neat definable cracks in rock, but rather produces "a complex, damaged fracture network."

Review contradicts fracking safety claims

The Canadian Association of Petroleum Producers, a powerful lobby group, has argued for years that fracking technology is safe and proven.

Despite studies showing that methane accumulations in groundwater tend to increase in heavily-drilled and fracked oil and gas fields, the industry group's website also claims that "the technology is carefully used and managed to minimize any environmental impact, particularly on groundwater."

In contrast, the technical review, written by four engineers with more than 120 years of experience in the industry, argues that industry activity can connect to natural fractures, impact groundwater, fracture beyond target zones, and induce uncontrollable reactions underground.

The review also contradicts industry claims that "the risks associated with hydraulic fracturing are very small due to government regulations and advanced technology."

The review's findings may have significant implications for bitumen mining. Steam plant operators will likely have to spend more money to collect better data, as well as perform more sophisticated geological monitoring to pinpoint natural fractures throughout the oilsands.

To date, more than 20 different environmental groups have called for a public scientific review of bitumen mining practices using hydraulic fracturing in the form of steam injection in the oilsands.

The Alberta Energy Regulator, a group 100 per cent funded by industry, has ignored their petitions. [Tyee]

Link: http://thetyee.ca/News/2014/07/24/CNRL-Seepage-Review/

Thursday, July 24, 2014

Forages pétroliers - Les autochtones à la défense du golfe du Saint-Laurent

Photo: Nicolas Steinbach

Publié dans Le Devoir le 16 juillet 2014 |Alexandre Shields

Les Premières Nations innues, malécites et micmaques du Québec et des maritimes s’opposent à l’exploration pétrolière dans le golfe du Saint-Laurent et entendent poser des gestes pour le démontrer, a appris Le Devoir. Le regroupement, qui dénonce l’empressement du gouvernement Couillard dans ce dossier, estime notamment qu’un récent jugement de la Cour suprême accorde des droits aux autochtones sur ce territoire « ancestral ».

En plus de tenir une réunion à Halifax afin de « parler d’une seule voix » en faveur de la protection du golfe, les Premières Nations dépêcheront mercredi une flottille de bateaux qui doivent occuper symboliquement le secteur d’Old Harry. Cette structure sous-marine est convoitée en raison de son hypothétique potentiel en or noir.

« Nos Nations souhaitent envoyer un message clair selon lequel il n’y aura pas de forage dans le golfe. Nous voulons aussi lancer un message en faveur de la sauvegarde du golfe du Saint-Laurent et de son importance que les Premières Nations », a résumé mardi Jean-Charles Piétacho, chef du Conseil des Innus d’Ekuanitshit.

Pour les représentants autochtones, la question des pêcheries doit être davantage prise en compte dans le débat sur les supposées retombées économiques d’une éventuelle exploitation d’énergies fossiles. Dans la seule communauté d’Ekuanitshit, au moins une centaine d’emplois en dépendent directement.

« Un déversement aurait des impacts irréversibles sur l’industrie de la pêche », a d’ailleurs déclaré Claude Jeannotte, chef de la communauté micmaque de Gespeg. Pour les trois communautés micmaques de la Gaspésie, la pêche représente des retombées annuelles de 72 millions de dollars. Et pour le golfe au complet, la valeur des débarquements dépasse chaque année 1,5 milliard de dollars. Quant au tourisme, les retombées totalisent plus de 800 millions.

« Nous ne sommes pas contre le développement économique, a souligné M. Jeannotte. Mais il ne faut pas le faire aux dépens des futures générations, qui perdraient cette richesse qu’est le golfe. »

Silence à Québec

Le problème, selon les chefs Piétacho et Jeannotte, c’est que les décideurs politiques font totalement fi du point de vue des Premières Nations dans le débat sur le pétrole en milieu marin.

« Les gouvernements du Québec et de Terre-Neuve font comme si nous n’existions pas. Nous ne sommes pas consultés, estime Jean-Charles Piétacho. En plus, ils nagent dans l’inconnu. Ils veulent faire du développement économique sur le dos de l’environnement, alors que nous n’avons pas la capacité de protéger le golfe ou encore d’intervenir en cas de déversement. »

Une évaluation environnementale stratégique (EES) réalisée par Genivar à la demande du gouvernement libéral du Québec a justement mis en lumière les importantes carences d’informations concernant le golfe, mais aussi l’industrie pétrolière en milieu marin. Celles-ci concernent les technologies d’exploration et d’exploitation, les composantes des milieux physique, biologique et humain, ainsi que les impacts des déversements.

Le Québec serait ainsi inapte à répondre à un déversement pétrolier en milieu marin. « La capacité d’intervention en cas de déversement accidentel en mer est actuellement déficiente pour répondre à d’éventuels accidents majeurs, même ceux qui pourraient impliquer le transport maritime existant », souligne le rapport de 800 pages publié en septembre 2013. On ignore également comment récupérer du pétrole « lorsqu’il y a présence de glace ». On connaît relativement peu de choses des « courants et de l’évolution de ceux-ci en fonction des changements climatiques ».

Or, un déversement provoqué par l’exploitation pétrolière maritime dans le secteur d’Old Harry menacerait tout l’est du golfe du Saint-Laurent, mais aussi les îles de la Madeleine, concluait en mai la première étude scientifique indépendante sur le sujet. Et pour le moment, la responsabilité des pétrolières en cas de désastre est limitée à 30 millions de dollars. Le fédéral veut l’augmenter à un milliard. La catastrophe du golfe du Mexique a coûté plus de 40 milliards de dollars.

L’évaluation produite par Genivar insiste aussi sur la nécessité de considérer le golfe du Saint-Laurent comme une seule entité. À l’heure actuelle, Terre-Neuve mène sa propre évaluation environnementale, sans partenariat avec Québec. Or, la structure de Old Harry se trouve à cheval sur la frontière maritime entre les deux provinces. En cas de marée noire, cinq provinces risquent d’être polluées.

Droits ancestraux

Malgré les risques dénombrés par la science, le gouvernement de Philippe Couillard est toujours déterminé à aller de l’avant. Dans le cadre de l’EES lancée récemment, il entend négocier dès cet automne une loi « miroir » prévoyant « les conditions de mise en valeur des hydrocarbures dans le golfe du Saint-Laurent (zone de gestion commune), notamment la structure géologique Old Harry ».

Du côté de Terre-Neuve, le processus progresse également vers des forages exploratoires. Mais jusqu’à présent, aucun forage n’a eu lieu dans le secteur de Old Harry, où seule l’entreprise Corridor Resources possède des permis d’exploration. Les évaluations préliminaires faisant état de la présence de deux milliards de barils de pétrole dans le fond marin se basent essentiellement sur des levés sismiques. En fait, aucune ressource pétrolière exploitable n’a jusqu’ici été trouvée dans le golfe, malgré des décennies d’exploration de la part de différentes pétrolières.

Les Premières Nations comptent cependant faire valoir leurs droits sur le golfe du Saint-Laurent. Le récent jugement de la Cour suprême qui a accordé à une nation le droit de regard sur les activités qui se développent sur son territoire « ancestral » leur donne espoir d’être entendus.

« La Cour suprême a été claire sur l’obligation des gouvernements d’entreprendre des discussions avec les Premières Nations avant tout projet sur leurs territoires ancestraux, a fait valoir le chef Claude Jeannotte. Elle a aussi souligné la nécessité d’obtenir leur consentement lorsqu’un projet risque d’affecter leurs droits ancestraux. C’est exactement le cas avec les projets pétroliers dans le golfe du Saint-Laurent. »

« Ils ne pourront plus se défiler de leurs obligations, a ajouté le chef Jean-Charles Piétacho. Le message est très clair : il faut consulter les Premières Nations. »


Lien: http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/413549/forages-petroliers-les-autochtones-a-la-defense-du-golfe-du-saint-laurent

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

My translation of above article. (My question is: they won't listen to us taxpayers and voters. Will they listen to them?)

Oil drilling - The Natives want to protect the Gulf of St. Lawrence.

The Innu First Nation, Maliseet and Mi'kmaq of Quebec and the Maritimes are against oil exploration in the Gulf of St. Lawrence and intend to act to prove so, the Devoir has heard. The group, against the Couillard government rush to go ahead in this file, thinks that a recent judgement ruling of the Supreme court gives the Natives some rights over this ancestral land."

On top of having a meeting in Halifax so they can "talk with one voice" in favor of protecting the Gulf, the First Nations will send a boat flotilla Wednesday that will symbolically occupy the Old Harry region. This underwater structure is sought after because of it hypothetical potential for black oil.

"Our Nations want to send a clear message saying that there will not be any drilling in the Gulf. We also want to send a message for the protection of the Gulf of St. Lawrence and its importance for the First Nations", explained Chief of the Councel of the Innus of Ekuanitshit, Jean-Charles Piétacho, Tuesday.

The Native representatives think that fishing must be more taken into account in the debate around the estimated economic spin-off of an eventual exploitation of fossil fuels. In the Ekuanitshit community alone, at least some hundred jobs depend on fisheries directly.

"A spill would have irreversible impact on the fishing industry", says Claude Jeannote, chief of the Mi'kmaq community of Gespeg. For the 3 Mi'kmaq communities of the Gaspésie Peninsula, fishing represents annual benefits of $72 million. As for the Gulf in its entirety, the value is over $1,5 billion a year. As for tourism, the spin-offs add up to more than $800 million.

"We are not against economic development, says Mr Jeannotte. But it must not be done at the futur generations' expense that would lose the Gulf's wealth."

Quebec's silence

Chiefs Piétacho and Jeannotte think the problem is that the political decision-makers completely ignore the First Nations opinion in the oil debate in marine zones.

"The Quebec and Newfoundland governments act as if we do not exist. We are not consulted, says Jean-Charles Piétacho. Moreover, they thread in unknown territory. They want to do economic development at the expense of the environment, when we do not have the capability to protect the Gulf or intervene in case of a spill."

A Strategic Environmental Assessment (ÉES) done by Genivar that the Quebec Liberal government had asked for had mentioned exactly those lapses of information concerning the Gulf, but also the oil industry's in marine zones. These are about exploration and exploitation techniques, the composition of the physical, biological and human areas, and the impacts of spills.

Quebec would then be incapable of responding to an oil spill in a marine environment. "The capacity of intervention in case of an accidental spill out at sea is deficient right now to be able to respond to eventual major accidents, even those that could involve the existing maritime transportation", says the 800 page report published in September 2013. We also do not now how to recuperate the oil "when there is ice present". We know relatively few thing about "the currents and their evolution along with climate change".

But a spill from a maritime oil exploitation in the Old Harry sector would not only threaten the whole eastern part of the Gulf of St. Lawrence, but also the Magdalen Islands, reported the first independent scientific study on the subject. And for now, the oil companies' responsibility in case of a disaster is limited to $30 million. The Federal wants to increase that to one billion. The Gulf of Mexico disaster cost more than $40 billion.

The assessment done by Genivar also notes the necessity to consider the Gulf of St. Lawrence as one whole entity. Right now, Newfoundland is having its own environmental assessment without Quebec's participation. But the Old Harry structure is located right at the maritime border between the 2 provinces. If a black tide happens, five provinces may receive some pollution.

Ancestral rights

In spite of all the dangers listed by the science, the Philippe Couillard government is still determined to go forward. It intends to negotiate this fall, during the just recently announced ÉES, a "mirror" bill that will plan "the conditions for the development of hydrocarbons in the Gulf of St. Lawrence (common zone management), including the Old Harry geological structure".

On the Newfoundland side, the exploratory drilling is progressing, but up to now, none have been done in the Old Harry sector where only Corridor Resources has exploratory permits. Preliminary assessments estimated the presence of 2 billion barrels of oil at the sea bottom, based mostly on seismic soundings. Indeed, no exploitable oil resource has yet to be found in the Gulf, even after decades of exploration made by different oil companies.

The First Nations intend to have their rights recognized in the Gulf of St. Lawrence region. The recent Supreme Court ruling in their favor regarding development activities in their "ancestral" territory gives them hope.

"The Supreme Court was very clear about the governments' obligation to discuss with the First Nations before any project on their ancestral land, said Chief Claude Jeannotte. It also mentioned the necessity of obtaining their consent when a project risks of affecting their ancestral rights. That is exactly the case with the oil projects in the Gulf of St. Lawrence."

"They will no longer be able to ignore their obligations, added Chief Jean-Charles Piétacho. The message is very clear: First Nations must be consulted."

Tonight! Be there! Be heard!

Wednesday, July 23, 2014

La Pennsylvanie admet. Enfin!

On va-tu enfin arrêter de nous dire qu'il n'y a eu "aucun cas documenté de contamination de l'eau à cause de la fracturation hydraulique"???
Johanne Dion


Le DEP rapporte que des opérations pétrolières et gazières ont endommagé des sources d'eau 209 fois depuis la fin de 2007

Ma traduction libre d'un reportage de Laura Legere publié dans le Pittsburgh Post-Gazette. Visitez le lien pour visionner plusieurs tableaux révélateurs.

Des opérations pétrolières et gazières ont endommagé des sources d'eau en Pennsylvanie 209 fois depuis la fin de l'année 2007 selon des données officielles compilées par le Département de la Protection de l'Environnement (DEP) que l'agence s'apprête à rendre publiques pour la première fois.

Des régulateurs environnementaux de l'état planifient la publication de l'information sur le site Web du DEP ce mois-ci, mais une version préliminaire du tableur a été remise au Pittsburgh Post-Gazette suite à une demande d'accès à l'information.

Le tableur donne une liste de 209 sources d'eau par compté, municipalité et la date à laquelle les régulateurs sont arrivés à la conclusion que des activités liées à des extractions de pétrole ou de gaz étaient à blâmer pour la contamination ou la diminution de l'écoulement d'une source d'eau.

Le document ne révèle pas les noms et les adresses des propriétaires et ne dit pas quelles compagnies seraient responsables des dommages, qu'est-ce qui aurait causé le problème ou quelles polluants ont été trouvés dans l'eau.

Le ministre-adjoint du DEP pour la gestion du pétrole et du gaz, Scott Perry, dit que l'agence prévoit améliorer le tableur en ajoutant des liens vers les lettres ou les ordres reliés à chaque cas à un moment donné, ce qui devrait donner davantage d'information sur la façon que l'eau a été affectée.

Les régulateurs environnementaux sont obligés selon la loi de déterminer en moins de 45 jours d'avoir reçu une plainte pour l'eau ayant un rapport avec un forage si les opérations pétrolières et gazières ont contaminé une source d'eau ou réduit son écoulement. Le DEP remet un rapport de ce qu'il trouve par lettre envoyée au propriétaire terrien. Il émet également des ordres aux compagnies pour qu'elles réparent les dommages dans les cas où les opérations pétrolières et gazières sont reconnues responsables ou sont la cause présumée à cause de la proximité entre les activités de forage et la source d'eau souterraine affectée.

Ces conclusions sont du domaine public.

Après avoir initialement s'être opposé aux demandes des organismes des nouvelles pour les lettres de détermination et plaidant que ce serait trop difficile de toutes les trouver dans ses filières, le DEP a progressivement rendu accessible ses documents depuis un an après que la cour ait exigé leur dévoilement et l'intérêt du public pour cette information ait pris de l'ampleur.

Quand le DEP publiera la liste des sources d'eau endommagées ce mois-ci, cela sera la première fois que l'agence ait révélé sa comptabilité officielle sur la pollution liée aux forages et les cas de diminution sur son site Web.

"Cette information si souvent demandée est partagée avec le public dans nos efforts continus pour être aussi ouverts et transparents que possible," écrit la porte parole du DEP Morgan Wagner dans un courriel. Elle ajoute que le département prévoit mettre à jour la liste au fur à mesure que les déterminations soient effectuées.

Le nombre d'impacts est petit à comparé au nombre de nouveaux puits pétroliers et gaziers forés durant la même période de temps - presque 20,000 selon les archives du DEP.

Patrick Creighton, un porte-parole de l'association de l'industrie Marcellus Shale Coalition, dit dans un communiqué que "ces données démontrent davantage que la grande majorité des puits pétroliers et gaziers en Pennsylvanie, plus de 99%, ont été développé sans aucun impact sur le sol ou l'eau de puits."

Mais les gens qui ont vu leur eau impactée souvent décrivent l'expérience comme étant particulièrement dérangeante.

Les impacts sur l'eau liés aux forages

"Il y a 209 cas de contamination depuis 2008, ce qui est beaucoup, d'après moi, surtout quand il s'agit de la source d'eau potable d'une personne," dit Steve Hvozdovich, le coordonnateur du Marcellus Shale pour le groupe environnemental Clean Water Action.

Le tableur du DEP révèle que des opérations pétrolières et gazières ont affecté des sources d'eau dans presque toutes les régions où il se fait des forages, qu'il s'agit des régions exploitées pour le gaz de schiste dans le nord-est de la Pennsylvanie ou des régions traditionnelles pour le pétrole et le gaz dans le coin nord-ouest. Le DEP a découvert que des activités de forage ont endommagé des sources d'eau dans Bradford County 48 fois, le compté où il y en a le plus, suivi par Susquehanna County (35 fois), McKean County (24 fois) et Forest County (17 fois).

Le bureau régional du sud-ouest du DEP a émis le plus petit nombre de déterminations d'impacts sur l'eau des trois bureaux régionaux qui encadrent l'industrie. Il a trouvé que des activités de forages ont causé des problèmes de sources d'eau 13 fois en 6 ans: huit fois dans Indiana County, deux fois chacun dans Washington et Westmorland, et une fois dans Fayette County.

Le rythme de problèmes est resté le même depuis les dernières années suivant une augmentation de cas entre 2008 et 2009 durant une augmentation de l'extraction du gaz de schiste dans la région nord-est et le méthane emprisonné dans des couches de roc peu profondes s'est échappé dans l'eau souterraine en passant par des défectuosités dans certains nouveaux puits à cet endroit.

Le DEP a trouvé 18 cas d'impacts sur les sources d'eau en 2008, 47 en 2009, 34 en 2010, 34 en 2011, 35 en 2012, 33 en 2013 et 5 jusqu'en mai de cette année.

Le porte-parole du Marcellus Shale Coalition dit que le groupe croit que c'est critique de rendre ces données accessibles au public, "dans un contexte approprié", mentionnant le fait que la Pennsylvanie n'a pas de normes de construction de puits privés d'eau potable et que plusieurs sources d'eau sont en piètre état ou contiennent du méthane dont la cause n'a rien à voir avec l'extraction du pétrole ou du gaz.

"Avant que nos membres commencent des activités de développement de puits, des prélèvements exhaustifs d'eau de référence (baseline) est faite par un tierce parti certifié, et souvent dépasse les exigences de l'état," dit M. Creighton, ajoutant que les tests du niveau de référence donnent aux propriétaires de l'information importante sur la qualité de l'eau et en relation avec la santé publique.

Des environnementalistes se réjouissent de voir le DEP révéler cette information, bien qu'ils s'empressent d'ajouter que ceci n'est qu'une première étape.

M. Hvozdovich dit qu'il est "heureux de voir que le DEP prends des mesures concrètes pour améliorer la transparence sur cette question, surtout en sachant comment il était désorganisé et comment on gardait secrets les impacts sur l'eau des forages gaziers en Pennsylvanie."

Mais il qualifie l'information dans le tableur "cruellement moins que ce que le public devrait savoir" et encourage le DEP d'ajouter des détails comme quels genres d'impacts les opérations pétrolières et gazières ont infligé aux sources d'eau, quelles compagnies étaient impliquées, s'il s'agit de foreurs de gaz de schiste ou des opérateurs de puits traditionnels peu profonds qui sont responsables, ce que les compagnies ont fait pour gérer les problèmes et si elles ont reçu des amendes.

Des chercheurs académiques disent que même le peu d'information dans le document jusqu'à date est utile pour comprendre la distribution géographique des problèmes liés aux forages partout dans l'état. Et il pourrait encourager le public à demander plus de données disponibles.

Susan Brantley, un professeur de géo-sciences au Penn State University, dont les recherches se penchent sur les problèmes de qualité de l'eau sans liens avec le développement du pétrole et du gaz ainsi que les façons que les activités de forages ont affecté l'eau souterraine, dit que c'est clair pour elle d'après des conversations avec du personnel du DEP que eux aussi veulent mettre plus d'information en ligne. "Mais cela prend du temps et de l'argent et du personnel et je ne suis pas sûre qu'ils en ont toujours," dit-elle.

"Même le tableur le plus rudimentaire qu'on met en ligne et que des gens puissent l'examiner, cela est un pas dans la bonne direction," dit-elle. "Nous devrions l'encourager. Et le public devrait le comprendre pour qu'il en demande."

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

DEP: Oil and gas operations damaged water supplies 209 times since end of ’07

Oil and gas operations have damaged Pennsylvania water supplies 209 times since the end of 2007, according to official determinations compiled by the Department of Environmental Protection that the agency is preparing to release for the first time.

State environmental regulators are planning to post the information on DEP’s website this month, but an early version of the spreadsheet was provided to the Pittsburgh Post-Gazette in response to an open records request.

The spreadsheet lists the 209 affected water supplies by county, municipality and the date regulators concluded that activities related to oil or gas extraction were to blame for contaminating or diminishing the flow to a water source.

The document does not disclose property owners’ names or addresses and it does not detail which companies that were deemed responsible for the damage, what caused the disruptions or what pollutants were found in the water.

DEP’s deputy secretary for oil and gas management, Scott Perry, said the agency intends to enhance the spreadsheet by adding links to the letters or orders related to each case at some point, which should reveal more information about how water was affected.

Environmental regulators are required by law to determine within 45 days of getting a drilling-related water complaint if oil and gas operations contaminated a water supply or reduced its flow. DEP reports its findings in letters to property owners. It also issues orders to companies to fix the damage in cases where oil and gas operations are found to be accountable or are presumed to be the cause because of the proximity between drilling activities and a disrupted groundwater source.

Those conclusions are public records.

After initially fighting news organizations’ requests for the determination letters and arguing it would be too difficult to find all of them in its files, DEP has increasingly provided access to the documents in the last year after courts required their release and as public interest in the information has grown.

When DEP posts the tally of damaged water supplies this month, it will mark the first time the agency has released its official accounting of drilling-related pollution and diminution cases on its website.

“This frequently requested information is being shared with the public in our continued effort to be as open and transparent as possible,” DEP spokeswoman Morgan Wagner wrote in an email. She said the department plans to update the list as more determinations are made.

The number of impacts is small relative to the number of new oil and gas wells drilled during the same time period – nearly 20,000, according to DEP records.

Patrick Creighton, a spokesman for the industry trade group the Marcellus Shale Coalition, said in a statement that “this data further demonstrates that the overwhelming majority of oil and natural gas wells in Pennsylvania – over 99 percent – have been developed without any impact on ground or well water.”

But people who have seen their water disrupted often describe the experience as uniquely unsettling.

Drilling-related water impacts

“There are 209 contamination cases since 2008, which is a lot, in my book, especially when you are talking about somebody’s drinking water supply,” said Steve Hvozdovich, the Marcellus Shale coordinator for the environmental group Clean Water Action.

The DEP spreadsheet reveals that oil and gas operations have affected water supplies in nearly every region where drilling occurs, from the shale gas sweet spots in northeastern Pennsylvania to the traditional oil and gas patch in the state’s northwest corner. DEP found that drilling activities damaged water supplies in Bradford County 48 times – the most of any county – followed by Susquehanna County (35 times), McKean County (24 times) and Forest County (17 times).

DEP’s southwest regional office issued the fewest water impact determinations of the three regional offices that oversee the industry. It found drilling activities caused water supply problems 13 times in six years: eight times in Indiana County, twice each in Washington and Westmoreland counties, and once in Fayette County.

The rate of problems has stayed flat in recent years following a surge in cases between 2008 and 2009 as shale gas extraction increased in the northeast region and methane trapped in shallow rock layers escaped into groundwater through flaws in some new wells there.

DEP found 18 cases of water supply impacts in 2008, 47 in 2009, 34 in 2010, 34 in 2011, 35 in 2012, 33 in 2013 and five through May of this year.

The Marcellus Shale Coalition spokesman said the organization believes it’s critical to make data such as this publicly available, “with appropriate context,” including the fact that Pennsylvania doesn’t have private well water construction standards and many water supplies are in poor condition or contain methane for reasons entirely unrelated to oil and gas extraction.

“Before our members begin well development activities, exhaustive baseline water sampling is conducted by certified third parties, which frequently extends beyond state requirements,” Mr. Creighton said, adding that the baseline testing gives homeowners important water quality and public health-related information.

Environmentalists applauded DEP for releasing the information, although they quickly added that it is only a first step.

Mr. Hvozdovich said he is “glad to see that DEP is taking some concrete steps to try to improve transparency on this issue, especially considering how disorganized they were and how secretive water impacts from natural gas drilling were in Pennsylvania.”

But he called the information in the spreadsheet “pretty woefully below what the public deserves to see” and encouraged DEP to add details such as what types of impacts oil and gas operations have caused to water sources, which companies were involved, whether shale gas drillers or operators of shallow, traditional wells were found responsible, how companies addressed the problems and whether they were fined.

Academic researchers said even the spare information in the document so far will still be useful for understanding the geographic distribution of drilling-related issues across the state. And it might encourage the public to ask for more readily available data.

Susan Brantley, a geosciences professor at Penn State University whose research examines water quality problems unrelated to oil and gas development as well as the ways drilling activities have affected groundwater, said it is clear to her from conversations with DEP staff that they also want to get more data online. “But it takes time and money and people power and I’m not sure they always have that,” she said.

“Even the most rudimentary spreadsheet going online and getting people to scrutinize it – that is a positive step,” she said. “We should encourage it. And the public should understand it so that they demand it.”

Link: http://powersource.post-gazette.com/powersource/policy-powersource/2014/07/22/DEP-Oil-and-gas-endeavors-have-damaged-water-supply-209-times-since-07/stories/201407220069