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"Tout cedit pays est fort uny, remply de forests, vignes & noyers. Aucuns Chrestiens n'estoient encores parvenus jusques en cedit lieu, que nous, qui eusmes assez de peine à monter le riviere à la rame. " Samuel de Champlain


"All this region is very level and full of forests, vines and butternut trees. No Christian has ever visited this land and we had all the misery of the world trying to paddle the river upstream." Samuel de Champlain

Saturday, November 3, 2012

Le Canada et la science environnementale

Photo: Environnement Canada

Voici la traduction libre d'une lettre d'opinion écrite par Tom Muir, un ancien employé d'Environnement Canada et chercheur indépendant depuis 2004.

"Ottawa est aveugle et ne peut voir le danger d'avoir mis à pied ses scientifiques en environnement.

J'ai lu dernièrement que le gouvernement fédéral avait signé une entente révisée avec les États-Unis intitulée Great Lakes Water Quality Agreement. En tant que retraité d'Environnement Canada, et ayant encore des amis qui y travaillent, je dis que cette nouvelle entente ne vaut rien parce que le gouvernement fédéral a pas mal détruit sa capacité d'y participer.

Pendant les 7 dernières années pendant lesquelles les 2 gouvernements se communiquaient, ce qui était une fuite de la capacité de faire de la science environnementale au Canada est devenu une inondation en bonne et due forme. À Burlington où j'ai travaillé pendant 30 ans au Centre Canadien des eaux intérieures (CCIW), il y avait environ 80 chercheurs scientifiques qui y travaillaient en 2004. On me dit que cette année, il n'en reste que 20 environ.

Ce qui empire encore plus les choses pour les scientifiques des Grands Lacs qui y sont toujours, c'est le fait que l'argent pour l'étude gouvernementale des sables bitumineux est pigé dans le budget du programme des Grands Lacs.

D'autres cibles dans le budget omnibus empirent encore plus les choses. Les scientifiques de Pêches et Océans qui font le monitorage des contaminants et la recherche partout au Canada, incluant l'Arctique, se font mettre à pied, et leurs laboratoires se font fermer.

Ces scientifiques travaillent avec les collègues des Grands Lacs sur des problèmes qui se chevauchent et dont tous ont à voir avec l'entente des Grands Lacs avec les É.-U.

Ces mises à pied sont particulièrement alarmants parce que ces personnes sont irremplaçables. Leur travail ne peut pas être confié à des sous-contractants d'une façon efficace. Leur rôle est celui d'un radar à grande portée, faisant le monitorage des "pinsons dans la mine de charbon". Les poissons d'eau douce et d'eau salée, les mammifères et la faune sont des sentinelles pour la vie humaine. Mais personne se les surveillent.

J'imagine que les Canadiens n'ont pas besoin de savoir que les bélugas de l'Arctique absorbent plusieurs contaminants dans leur corps comme des BPC et des retardateurs de flammes et les lèguent à leur descendance. Peut-être que des gens s'inquiéteront de voir ces mêmes produits chimiques dans leur propre foetus. Ce transfert dans les bélugas a été démontré par des scientifiques de Pêches et Océans dans les laboratoires de la Colombie-Britannique. Ce genre de découverte ne se reproduira plus. Certains de ces scientifiques ont été mis à pied, et les autres comprendront le message qu'on leur aura fait passé.

À Winnipeg, la science des Pêches ont trouvé des produits chimiques retardateurs de flammes dans des poissons d'eau douce et dans des mammifères marins de l'Arctique. Ces produits chimiques peuvent provoquer des maladies de la glande thyroïde et des dérangements des hormones sexuels chez les poissons et laissent douter qu'ils pourraient contribuer à des cancers de la prostate chez les humains.

J'imagine que les Canadiens ne devraient pas se soucier et s'inquiéter de ces effets sur la santé non plus. Cela ne se reproduira plus: le laboratoire sera complètement fermé, et tout le personnel a été mis à pied.

En aval, d'autres laboratoires de Pêches trouvent des contaminations semblables et des effets similaires dans les bélugas du Saint-Laurent et chez des poissons de l'océan Atlantique. Les Canadiens ne seront plus dérangés par ces problèmes puisque ces scientifiques ont perdu leur emploi aussi.

Est-ce qu'il y a un genre de rupture, ici? Des scientifiques des Pêches qui travaillent sur la santé des poissons, et des scientifiques marins qui travaillent sur la santé des océans perdent leur emploi? Avec les changements climatiques en plein essor dans l'océan Arctique, les scientifiques qui font le monitorage de la santé des poissons, mammifères et de la faune de l'Arctique se font mettre à la porte?

Le démantèlement de la science environnementale au Canada a d'autres histoires. Les lacs expérimentaux dans le nord de l'Ontario appelé Experimental Lakes Area, doit être fermé bientôt. La Loi canadienne sur l'évaluation environnementale, et la Loi sur les Pêches, ont été radicalement réduites dans leur portée et leur efficacité. La Loi sur les espèces menacées sera la prochaine touchée, mais elle n'a jamais été utilisée, alors personne ne sait comment elle fonctionne.

Aucune de ces lois n'étaient conçues pour arrêter des projets, mais seulement faire du monitorage, rendre les gens redevables et essayer d'éviter des erreurs.

Maintenant, est-ce que quelqu'un y voit un modèle qui se répète? Comme d'autres, moi aussi j'y vois une trame digne de George Orwell.

Garder le public ignorant est la force du gouvernement. En enlevant le droit de penser en retirant les faits sur lesquels les gens devraient réfléchir; ensuite s'assurer que les fonctionnaires ne servent plus le public.

Ces évènements démontrent qu'il se tient une guerre par l'usure et par la répression menée par le gouvernement sur la science environnementale qui dure depuis des années, et surtout sous le règne du Premier Ministre Harper depuis 2006.

L'environnement a été politisé et bureaucratisé, surtout en ce qui regarde les produits chimiques et le climat. Les menaces, la peur et la paranoïa sont les outils utilisés en relations avec les employés.

Aucun scientifique ne peut rien faire, ou rien dire, ou aller nulle part, sans passer par le superviseur, le gérant sénior, les communications, la politique, le bureau du ministre adjoint, le bureau du ministre et le bureau du premier ministre. Les demandes de médias ne se rendent souvent pas. Tout est infiltré par l’ambiguïté.

Comme le fameux trio de singes, la science a commencé par avoir sa langue coupée. Maintenant elle est dans la mire du budget omnibus et les yeux de la science seront rendu aveugles et ses oreilles ne pourront plus entendre. Le singe sourd, muet et aveugle est le porte-parole tout désigné pour le gouvernement.

Je dois demander si le gouvernement comprend ce qu'il fait détruit la science environnementale?

Si c'était un ennemi du Canada qui voudrait annuler notre capacité de prévoir à l'avance les menaces à venir, ils seraient empressés d'améliorer les attaques faites par les chefs environnementaux et des pêches contre des positions clés qui font parti de cette capacité. Et cela sous les ordres de notre propre gouvernement.

Est-ce qu'ils veulent que nous soyons tous laissés dans l'ignorance? Que nous réserve l'avenir?

Ce sont des erreurs terribles qui peuvent causer des torts très graves. Mais il n'est pas trop tard pour inverser ces coupures.

Sinon, de quel côté se range le gouvernement?"

Tom Muir, l'auteur de cette lettre, vit à Burlington, et a travaillé pour Environnement Canada au Centre canadien des eaux intérieures de 1974 à 2004 jusqu'à sa retraite. Depuis lors, il a continué de travailler comme chercheur indépendant.
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"Ottawa blind to dangers of firing environmental scientists

I read recently that the federal government signed a revised Great Lakes Water Quality Agreement with the United States. As a retiree of Environment Canada, with friends still inside, I say a new agreement doesn’t matter because the federal government has largely destroyed its capacity to deliver it.

Over the past seven years the two governments spent talking, what was a trickling loss of environmental science capacity in Canada is now a flood. In Burlington, where I worked for 30 years at the Canada Centre for Inland Waters (CCIW), there about 80 research scientists on staff in 2004. I’m told that by this year, there are about 20.

Making things worse for the Great Lakes scientists remaining is their secondment to the Alberta oilsands. The government has an oilsands study under way, but it is coming out of the Great Lakes program.

More targets in the omnibus budget make things worse. Fisheries and Oceans scientists, doing contaminants monitoring and research across Canada, including the Arctic, are being fired, and their labs closed.

These scientists work with Great Lakes colleagues on overlapping problems, all relevant to the Great Lakes agreement.

These layoffs are particularly alarming as these people are irreplaceable. Their work cannot be contracted out effectively. Their function is early-warning radar — monitoring the canaries in the coal mine. The freshwater and marine fish, mammals and wildlife, are sentinels for humans. But now nobody will be watching.

I guess Canadians don’t need to know that Arctic beluga whales pass many chemical contaminants, like PCBs and flame retardants, to their fetus. Maybe people will get concerned about the same chemicals in their own fetus. This transfer in the belugas was shown by Fisheries and Oceans scientists located in B.C. It won’t happen again. Some of these scientists are fired, and survivors will get the message.

In Winnipeg, Fisheries science finds flame-retardant chemicals in freshwater fish and Arctic marine mammals. These chemicals cause thyroid disease and sex hormone disruption in fish, and act in ways that may contribute to prostate cancer in humans.

I guess Canadians shouldn’t be bothered by concerns about these health effects either. They won’t be again — the entire lab is being closed, and the staff fired.

Downstream, other Fisheries laboratories find similar contamination and effects in St. Lawrence belugas and Atlantic fish. Canadians won’t be bothered with this concern any more — these researchers are fired too.

Is there some kind of disconnect here? Fisheries scientists working on fish health, and ocean scientists working on ocean health, getting fired? With climate meltdown happening in the Arctic, the scientists monitoring health in Arctic fish, mammals, and wildlife are fired?

The dismantling of environmental science in Canada has more stories. The Experimental Lakes Area, in northern Ontario, is to be shut. The Canadian Environmental Assessment Act, and the Fisheries Act, have been radically reduced in scope and effectiveness. The Species at Risk Act is next, but it has been never used, no one knows how it works.

None of these acts was meant to stop projects, just monitor, make people accountable and try to avoid mistakes.

Now does anyone else see a pattern? Like others, I too see it as positively Orwellian.

Public ignorance is government strength. Remove the right to think by removing the facts to think about; ensure public servants do not serve the public.

These events reflect a war of attrition and suppression waged by the government on environmental science for years, and particularly under Prime Minister Harper’s watch since 2006.

Environment has been politicized and bureaucratized, especially regarding chemicals and climate. Threats, fear, and paranoia are the tools of staff relations.

No scientist can do anything, or say anything, or go anywhere, without running the gauntlet of supervisor, senior management, communications, policy, the deputy minister’s office, the minister’s office and the prime minister’s office. Media inquiries often don’t make it through. Everything is laced with ambiguity.

Like the proverbial three monkeys, science first had its tongue cut out. Now as target of the omnibus budget, the eyes of science are being blinded and its ears deafened. The deaf, dumb, and blind monkey is the governments’ designated spokesperson.

I have to ask if the government understands what it is doing to destroy environmental science?

If this were an enemy of Canada, who wanted to knock out our intelligence capability for early warning of foreseeable threats, they would be hard-pressed to improve on the strikes made by environment and fisheries managers against key positions that comprise this capacity. And under orders from our own government.

Do they want everyone to be in the dark? What is next?

These are terrible mistakes, that can bring terrible harms. But it is not too late to reverse these cuts.

If not, then whose side is the government on?"

Tom Muir lives in Burlington, and worked for Environment Canada at the Canada Centre for Inland Waters from 1974 to 2004, when he retired. Since then he has remained professionally active working as an independent researcher.

Link: http://www.thespec.com/opinion/columns/article/826161--ottawa-blind-to-dangers-of-firing-environmental-scientists

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