Friends of the Richelieu. A river. A passion.



"Tout cedit pays est fort uny, remply de forests, vignes & noyers. Aucuns Chrestiens n'estoient encores parvenus jusques en cedit lieu, que nous, qui eusmes assez de peine à monter le riviere à la rame. " Samuel de Champlain


"All this region is very level and full of forests, vines and butternut trees. No Christian has ever visited this land and we had all the misery of the world trying to paddle the river upstream." Samuel de Champlain

Monday, February 10, 2014

Des malformations congénitales liées à l'extraction du gaz naturel



Plusieurs études des É.-U. se penchent sur les effets de la pollution générée par les fracturations hydrauliques et les produits chimiques sur les enfants à naître.

Ma traduction libre d'un reportage d'Andrew Nikiforuk publié dans le quotidien The Tyee le 4 février 2014.

La pollution venant de l'exploitation du gaz naturel dans les régions rurales augmentent les cas d'anomalies cardiaques congénitales chez les bébés nés de mères vivant près des sites de puits, selon une récente étude fédérale récente.

L'étude de l'institut américaine U.S. National Institute of Environmental Health Sciences, publiée la semaine dernière par Environment Health Perspectives, a rapporté un lien étroit entre le nombre et la proximité des puits gaziers en dedans d'un rayon de 10 milles des résidences habitées par des mères, et la prévalence des anomalies cardiaques congénitales et possiblement les anomalies congénitales du cerveau et de la colonne vertébrale, ou l'épine dorsale.

Pendant des années, une panoplie d'études faites au Colorado, en Alberta, au Texas, au Wyoming et dans l'Oklahoma ont démontré que la pollution de l'air générée par les sites de forages pour le gaz naturel contenait des centaines de toxines, dont des VOC (composés organiques volatils), du méthanol, des particules solides, des hydrocarbures aromatiques polycycliques, du benzène, des oxydes d'azote et des dioxydes sulfuriques.

La pollution vient souvent des torchères qui brûlent les déchets du gaz, ou des activités associées aux forages, et d'autres facteurs comme la fracturation hydraulique, les citernes d'eaux usées, des déversements de produits chimiques, des moteurs au diesel, des stations de compression, des déshydrateurs, et des pipelines.

De plus, les produits chimiques maintenant très utilisés par l'industrie de fracturation pour le gaz de schiste incluent plusieurs qui sont dangereux, même à des concentrations très faibles ou même à des concentrations à peine détectables.

Parmi eux, on trouve des tueurs de bactéries, du glutaraldehyde et du 2,2-dibromo-3nitrilopropionamide (DBNPA); l’alcool propargyl qui prévient la corrosion; et l'agent moussant 2-butoxyéthanol (2-BE), ainsi que des lubrifiants qui contiennent du naphta.

Une étude bien connue de l'Alberta en l'an 2000 faite par le chercheur Mel Strosher avait trouvé que les torchères brûlaient si inefficacement que plusieurs hydrocarbures dangereux flottaient sur les vents, dont le benzène, le styrène, l'éthinyl benzène, les éthynyl-méthyl benzènes, le toluène, les xylènes, du acénaphthalène, du biphényle et du fluorine.

Certains produits chimiques des fracturations hydrauliques, dont l'éthylène glycol et le formamide, sont soupçonnés de causer une croissance anormale des cellules chez le fœtus.

D'autres produits chimiques utilisés par l'industrie sont classifiés comme étant des mutagènes et peuvent changer l'ADN humain. Plusieurs peuvent passer au travers du placenta, "provoquant possiblement l'exposition du fœtus à ces polluants et d'autres venant" de l'extraction du gaz naturel, selon l'étude.

Environ 100 produits chimiques utilisés par l'industrie du fracking sont classés comme étant des changeurs du sexe (gender bender) et peuvent changer ou déranger les fonctions hormonales chez les travailleurs pétroliers et gaziers.

L'étude des É.-U., qui se penche sur trois anomalies congénitales différentes, dont le poids à la naissance, et la croissance du fœtus, a trouvé que les mères qui vivent près des régions où la densité des puits est plus importante, où plus de 125 puits à l'intérieur d'un rayon de 10 milles de leur résidence, donnaient naissance à des bébés qui "avaient 30% de plus de fréquence d'anomalies congénitales cardiaques" que dans des populations similaires qui n'avaient pas de puits à l'intérieur d'un rayon de 10 milles de leur résidence.

Changements du sexe également

Il y a des précédents à cette étude. Une étude de 2010 qui s'est penché sur 4,531 naissances dans l'état pétrolier du Texas avait rapporté que les mères qui vivent dans des zones recensées ayant des concentrations élevées de benzène (0,9 - 2,33 ppbv) "avaient une probabilité de 2,3 fois plus probable d'avoir des enfants souffrant de spina bifida que les mères qui vivaient dans des zones recensées ayant des concentrations ambiantes de benzène les plus faibles."

Une étude suédoise de 2005 rapportait que les enfants nés de 298 mères qui avaient été exposées à du benzène "avaient 5,3 fois plus de prévalence d'avoir des malformations de la crête neurale (déformations faciales) que les enfants nés de mères qui n'avaient pas été exposées au benzène."

La fracturation hydraulique, qui consiste à injecter de l'eau, des produits chimiques et du sable dans des formations de schiste auparavant non rentables, peut transformer des régions rurales en zones industrielles.

Afin d'alimenter un puits de gaz de schiste, des camions mus par des moteurs diesels peuvent faire de 40 à 280 allez-retour par jour pour livrer l'eau, les produits chimiques, les fournitures ou ramasser les déchets liquides.

Plus d'un quart des 47,000 puits pétroliers et gaziers du Colorado sont situés de 150 à 1,000 pieds d'une résidence ou d'une maison.

"Tout cela tenu en ligne de compte, nos résultats et la tendance actuelle en développement de gaz naturel soulignent l'importance de tenir de la recherche plus étendue et rigoureuse sur les impacts potentiels sur la santé du développement du gaz naturel," lit-on dans l'étude fédérale américaine.

L'an passé, une étude menée par Susan Nagel, un professeur associé en obstétrique à l'école médicale de l'université du Missouri, avait rapporté que des échantillons de surface et dans l'eau souterraine pris près des sites de forages qui subissaient des concentrations élevés d'activités liés aux forages avec fracturations hydrauliques au Colorado contenaient des produits chimiques modificateurs endocriniens qui peuvent changer les activités hormonales déterminant les sexes mâles et femelles.

L'exposition aux produits chimiques qui affectent le sexe (gender bending) a été liée à une fertilité plus faible, des taux de cancers plus élevés et un développement altéré des gonades.

Un déversement accidentel d'eaux sales contenant des "gender-bender" sur un petit ranch du Colorado a obligé les propriétaires de cesser d'élever du bétail "parce que les animaux ne pouvaient plus avoir des progénitures vivantes," possiblement à cause des activités importantes des gender-benders sur le site, suppose l'étude de Nagel.

Son étude arrive à la conclusion qu'"il y a des preuves que les fluides des fracturations hydrauliques sont liés avec des résultats nuisibles à la santé, et qu'il y a un besoin critique d'évaluer rapidement et minutieusement l'ensemble des impacts sur la santé humaine et environnementale de ce procédé.

La santé des animaux est aussi affectée

Plusieurs études ont rapporté dernièrement que l'eau souterraine près des forages gaziers contient des quantités plus importantes de méthane et de métaux lourds qu'ailleurs. Depuis bientôt 30 ans, les études dans les régions d'exploitation pétrolier et gazier sont arrivées à la conclusion d'une façon constante que plus un paysage est foré par l'industrie, plus le méthane fuit dans l'eau souterraine locale.

Un cas d'étude de 2012 faite par l'école vétérinaire de l'université Cornell avait aussi rapporté que les forages gaziers peuvent endommager sérieusement la santé de la flore et de la faune et du bétail, surtout l'élevage bovin.

Mais la pauvre règlementation et les ententes de confidentialité de l'industrie ont empêché les scientifiques en santé animale de déterminer l'ampleur du problème.

L'étude arrivait à la conclusion que "vu l'ampleur des impacts adverses nuisibles sur la santé humaine et animale, une interdiction de forer pour le gaz de schiste est essentiel pour la protection de la santé humaine. Dans les états qui néanmoins permettent ce procédé, des mesures de gros bon sens pour réduire l'impact sur l'humain et les animaux doivent être requises en plus de la transparence complète et des tests sur l'air, l'eau, les sols, les animaux et les humains."

Ces "mesures de gros bon sens" incluent des tests complets sur l'eau souterraine avant et après les forages; le monitorage de la qualité de l'air en temps réel; l'interdiction de produits chimiques cancérigènes; augmenter l'embauche d'inspecteurs environnementaux et une augmentation dramatique de l'espacement entre les sites des puits et les résidences et les puits d'eau potable.

Vu les forages en cour et projetés dans le nord de la C.-B. près des écoles, le centre légale en environnement de l'université de Victoria demandait justement des distances séparatrices plus grandes le mois passé.

L'industrie pétrolière et gazière défend de façon routinière le déploiement rapide des forages horizontaux et la fracturation hydraulique pour extraire des hydrocarbures non conventionnels, les qualifiants de sécuritaires et une technologie éprouvée.


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Birth Defects Linked to Natural Gas Mining

Various US studies probe how fracking pollution, chemicals affect the unborn.

By Andrew Nikiforuk, 4 Feb 2014, TheTyee.ca

Pollution from the mining of natural gas in rural areas can increase the incidence of congenital heart defects among babies born to mothers living close to well sites, according to a U.S. federal study.

The U.S. National Institute of Environmental Health Sciences study, published in Environment Health Perspectives last week, found a strong association between the number and closeness of natural gas wells within a 10-mile radius of homes occupied by mothers, and the prevalence of congenital heart defects and possibly birth defects of the brain, spine, or spinal cord.

For years now, a host of studies done in Colorado, Alberta, Texas, Wyoming, and Oklahoma have shown that air pollution from natural gas drilling sites contains hundreds of toxins, including Volatile Organic Compounds, methanol, particulate matter, polycyclic aromatic hydrocarbons, benzene, nitrogen oxides and sulfur dioxides.

The pollution often comes from flaring -- the burning of waste gas -- or associated drilling activities and factors, such as hydraulic fracturing, waste water tanks, chemical spills, diesel engines, compressor stations, dehydrators, and pipelines.

In addition, chemicals now widely used by the shale gas fracking industry include many that are hazardous even at low or barely detectable levels.

These include the bacteria killers, glutaraldehyde and 2,2-dibromo-3-nitrilopropionamide (DBNPA); the corrosion stopper propargyl alcohol; and the foaming agent 2-butoxyethanol (2-BE), as well as lubricants containing naphtha.

A well-known 2000 Alberta study by researcher Mel Strosher found that flares burned so inefficiently that many hazardous hydrocarbons floated downwind, including benzene, styrene, ethynyl benzene, ethynyl-methyl benzenes, toluene, xylenes, acenaphthalene, biphenyl, and fluorine.

Some fracking chemicals, including ethylene glycol and formamide, are suspected of causing abnormal cell growth in fetuses.

Others chemicals used by the industry are classed as mutagens and can change human DNA. Several can also cross the placenta, "raising the possibility of fetal exposure to these and other pollutants resulting" from natural gas extraction, the study found.

Approximately 100 chemicals used by the fracking industry are so-called "gender benders" and can change or disrupt hormone functions in oil and gas workers.

The U.S. study, which looked at three kinds of birth defects, birth weight and fetal growth, found that mothers who lived in areas with greater well density, or more than 125 wells within a 10-mile radius of their homes, gave birth to children that "had a 30 per cent greater prevalence of congenital heart defects" than similar populations with no wells within a 10-mile radius of their residence.

Gender-benders, too

The study is not without precedent. A 2010 study of 4,531 births in oil-rich Texas found that mothers living in census tracts with high benzene levels (0.9 - 2.33 ppbv) "were 2.3 times more likely to have offspring with spina bifida than mothers living in census tracts with the lowest ambient benzene levels."

A 2005 Swedish study found that children born to 298 mothers exposed to benzene "had 5.3 times greater prevalence of neural crest malformations (facial deformities) than children born to mothers not exposed to benzene."

Hydraulic fracking, which injects water, chemicals and sand into previously uneconomic shale formations, can turn rural areas into industrial parking lots.

In order to service a shale gas well, trucks powered by diesel engines will make as many as 40 to 280 trips a day to deliver water, chemicals, supplies or pick up waste fluids.

More than one-quarter of Colorado's 47,000 oil and gas wells operate within 150 to 1,000 feet of a home or dwelling.

"Taken together, our results and current trends in Natural Gas Development underscore the importance of conducting more comprehensive and rigorous research on the potential health effects of Natural Gas Development (NGD)," reads the U.S. federal study.

Last year a study by Susan Nagel, an associate professor of obstetrics at the University of Missouri's School of Medicine, found that samples of surface and groundwater taken near sites experiencing high levels of fracking-related drilling activity in Colorado contained endocrine-disrupting chemicals that can change male and female hormone activity.

Exposure to gender bending chemicals has been linked to lower fertility, higher cancer rates and impaired gonad development.

A dirty water spill containing gender benders at one small Colorado ranch forced the owners to stop raising their livestock "because the animals no longer produced live offspring," perhaps due, posits Nagel's study, to the high activity of gender benders at the site.

Her study concluded that "there is evidence that hydraulic fracturing fluids are associated with negative health outcomes, and there is a critical need to quickly and thoroughly evaluate the overall human and environmental health impact of this process."

Animal health also affected

Multiple studies have recently shown groundwater near natural gas drilling contains higher amounts of stray methane and heavy metals than other areas. For nearly 30 years now, oil and gas field studies have consistently concluded that the more industry drills a landscape, the more methane seeps into local groundwater.

A 2012 case study by Cornell University's veterinary school also found that natural gas drilling can severely damage the health of wildlife and livestock, particularly the breeding of cattle.

But poor regulation and industry confidentiality agreements have prevented animal health scientists from determining the scale of the problem.

The study concluded that "given the many apparent adverse impacts on human and animal health, a ban on shale gas drilling is essential for the protection of public health. In states that nevertheless allow this process, the use of common sense measures to reduce the impact on human and animals must be required in addition to full disclosure and testing of air, water, soil, animals, and humans."

These "common sense measures" include comprehensive testing for groundwater prior to and after drilling; real time air monitoring; the banning of cancerous chemicals; the hiring of additional environmental inspectors and a dramatic increase in setbacks for wellsites from homes and water wells.

Given current and planned drilling in northern B.C. near schools, the University of Victoria's Environmental Law Centre requested longer setbacks just last month.

The oil and gas industry routinely defends the rapid deployment of horizontal drilling and hydraulic fracturing to mine unconventional hydrocarbons as a safe and proven technology. [Tyee]

Link: http://thetyee.ca/News/2014/02/04/Natural-Gas-Mining-Birth-Defects/

Saturday, February 8, 2014

L'ennemie du fracking affirme que l'agence de l'Alberta doit respecter la Charte

Photo: Colin Smith

Ma traduction libre d'un reportage du journaliste et écrivain Andrew Nikiforuk publié dans le quotidien The Tyee du 6 février 2014

Les avocats de la consultante de l'industrie pétrolière Jessica Ernst ont présenté dans un argumentaire que la puissante agence albertaine qui règlemente le domaine des énergies n'a pas seulement le devoir de protection des propriétaires terriens afin de préserver les nappes phréatiques, mais de plus ne peut pas enfreindre à la Charte des droits et libertés de la nation.

Ni l'agence régulatrice qui a supervisé le développement des sables bitumineux et qui est maintenant aux prises d'une controverse de fracking dans la municipalité de Lethbridge n'est à l'abri des procès au civil.

Le sommaire de 29 pages présenté à la cour hier fait parti du procès de $33 millions toujours en cour qui prétend que la compagnie Encana a foré et fracturé des puits dans des formations peu profondes de houille à la recherche de gaz naturel entre 2001 et 2004 directement dans la source locale d'eau potable souterraine près de sa résidence à Rosebud, en Alberta, ce qui aurait pollué son puits d'eau potable avec suffisamment de produits chimiques et de méthane pour le rendre inflammable.

La poursuite prétend également que deux régulateurs provinciaux, le Alberta Energy Regulator (anciennement appelé Energy Resources Conservation Board - l'équivalent de la Régie de l'Énergie au Québec) et Alberta Environment (l'équivalent du Ministère de l'Environnement du Québec), n'ont pas agi suite à des infractions documentées aux lois et ce à répétition, et que le ERCB aurait cessé toute communication avec la consultante de l'industrie pétrolière sous prétexte qu'elle était "une menace criminelle".

La poursuite prétend également que le régulateur énergétique aurait violé les droits de liberté d'expression de Mme Ernst selon la Charte en la "punissant pour avoir critiqué publiquement le ERCB et en interdisant Ernst de parler à des représentants clés de l'agence de façon arbitraire."

En septembre dernier, le juge en chef de l'Alberta Neil Wittman a annulé la réclamation de Mme Ernst ainsi que sa réclamation de négligence contre le régulateur.

Mais Wittman a alloué les réclamations de négligence contre le gouvernement de l'Alberta et Encana, une compagnie pionnière dans le domaine des fracturations hydrauliques et l'exploitation des hydrocarbures non conventionnels, et a donné le feu vert pour aller de l'avant.

Une clause dans la législation du régulateur l'exonérant des litiges publics ne lui "donne pas l'immunité contre des réclamations valides selon la Charte", plaident Murray Klippenstein et Cory Wanless, les avocats de Mme Ernst de leur bureau de Toronto dans le sommaire.

"Non seulement est-ce que la Charte garantie les libertés fondamentales, mais fondamentalement, garantit le droit des Canadiens à une remédiation quand leurs droits et libertés fondamentaux de la Charte ont été violés. Ces droits constitutionnels ne peuvent pas leur être retirés par une simple promulgation statuaire qui prétend donner immunité au comité du Energy Resources Conservation Board," écrivent-ils.


Une bataille à l'horizon

Les argumentaires de l'appel présagent ce qui pourrait devenir une bataille légale majeure et importante en mai entre le régulateur énergétique et les avocats de Mme Ernst dans la ville pétrolière de Calgary.

Sous plusieurs aspects, l'audience de l'appel met en conflit direct les droits des propriétaires terriens qui veulent soit interdire la fracturation hydraulique ou améliorer la protection de l'eau souterraine contre les intérêts des régulateurs dont le financement provient de l'industrie et un gouvernement dépendant des revenus venant des hydrocarbures.

(Le régulateur de l'Alberta Energy Regulator est financé à 100% par l'industrie et géré par un ancien vice-président d'Encana et le fondateur d'une association importante de lobbyistes du pétrole.)

Les avocats de Mme Ernst présentent l'argumentaire que le juge Wittman a fait des erreurs dans son jugement de septembre dernier qui arrivait à la conclusion que le régulateur ne pouvait pas se faire poursuivre par des propriétaires terriens à cause de négligence.

Ils disent que la clause d'immunité statuaire du régulateur "ne peut pas donner l'immunité à un gouvernement devant des réclamations valides selon la Charte. La Charte garantie non seulement des droits et des libertés fondamentaux, mais aussi garantit aux Canadiens le droit de remédiation quand ces droits et libertés fondamentaux de la Charte ont été violés. Ces droits constitutionnels ne peuvent pas se faire retirer par une immunité statutaire accordée par une loi provinciale."

Le juge Wittman a aussi statué que c'était "clair et évident" que le régulateur n'avait pas de devoir de protection envers Mme Ernst parce qu'il n'y avait pas de relation de proximité suffisante.

Mais les avocats de Mme Ernst ne sont pas d'accord et présentent l'argumentaire que non seulement le régulateur aurait interagit avec Mme Ernst, mais l'aurait encouragé à se fier sur ses protocoles de respect des règlements et d'enquête.

Le régulateur a aussi assuré la femme d'affaires plusieurs fois qu'il avait des règles pour protéger l'eau souterraine des contaminations venant des forages et des fracturations de l'industrie. Son mandat dit qu'il doit protéger "tous les aquifères d'eau douce des impacts nuisibles causés par les activités pétrolières et gazières."

Les avocats de Mme Ernst ajoutent que "la Cour suprême a répété plusieurs fois qu'une fois une agence gouvernementale comme le ERCB ait engagé une enquête ou un mécanisme d'inspection au niveau opérationnel, il a le devoir de protection de mener cette inspection sans négligence, sans quoi l'autorité pourrait être tenue responsable."

Le sommaire cite plusieurs cas où la cour a trouvé que les régulateurs de l'industrie minière a un devoir envers les mineurs d'inspecter les mines; que les municipalités doivent voir au respect du code de la construction; et que les comités agricoles ont un devoir envers les fermiers d'inspecter à la recherche de virus qui attaquent les plants de pommes de terre.

Le régulateur énergétique de l'Alberta "est responsable de s'assurer que les opérations pétrolières et gazières ne contaminent pas l'eau souterraine potable," ajoutent les avocats.

"Le ERCB a instauré un système d'inspection et de respect des règlements en parti pour protéger l'eau souterraine potable... Et pourtant, en réaction aux plaintes que l'eau de puits de Mme Ernst était contaminée avec des niveaux inflammables de méthane, le ERCB a manqué, arbitrairement et sans raison, d’enclencher son propre système d'inspections et de suivi et a n'a pas enclenché aucune forme d'enquête sur les causes de la contamination grave du puits d'eau potable de Mme Ernst," lit-on dans le sommaire.

Mme Ernst "se fie" sur le régulateur, disent ses avocats

L'un des derniers argumentaires ira probablement chercher des milliers de propriétaires terriens aux prises avec des disputes impliquant des compagnies pétrolières et gazières sur l'espace, l'échelle et les règlements sur le fracking.

"Mme Ernst, comme tous les propriétaires terriens qui vivent près du développement pétrolier et gazier, a très peu à dire sur la localisation des opérations pétrolières et gazières ou comment ces activités sont menées. Elle n'a pas la capacité de faire l'inspection de ces opérations, ni de s'assurer que les opérations sont faites de façon sécuritaire, et a une capacité limitée à réagir afin de se protéger, elle-même ou sa propriété, quand les choses tournent mal.

"Dans ce cas-ci, Mme Ernst se fiait complètement sur le ERCB pour la protéger, elle et sa propriété, des impacts nuisibles causés par des activités pétrolières et gazières négligentes. Quand les citoyens n'ont pas les moyens de se protéger d'un danger réel, ils devraient être capable de se fier aux agences gouvernementales qui ont la tâche de faire les inspections et voir à ce que les règlements soient respectés."

En se basant sur le jugement rendu en septembre dernier, Alberta Environment a soumis une application pour radier le procès de Mme Ernst contre le régulateur, plaidant maintenant que comme le ERCB, il n'a aucun devoir de protection et bénéficie d'immunité. Le gouvernement a attendu 3 ans pour présenter cet argumentaire et l'audience se tiendra le 16 avril 2014 dans la cour de justice de Drumheller devant le Banc de la Reine.

À cause des redevances à la baisse des hydrocarbures non conventionnels ( ils sont maintenant à 5%), les fracturations hydrauliques horizontales à plusieurs étapes ont augmenté drastiquement partout en Alberta. Selon l'Association canadienne des producteurs de pétrole (CAPP)," des 3,107 nouveaux puits pétroliers en production en 2012, les puits horizontaux, incluant ceux qui utilisent des techniques de fracturations à plusieurs étapes, se comptent à 2,379, ou 77%."

ENCART:

La bataille de fracking à Lethbridge

À Lethbridge, les citoyens, le conseil municipal et la commission scolaire sont à planifier la bataille avec Goldenkey Oil Inc. qui veut forer et fracturer à l'intérieur du territoire de la ville du côté ouest.

Bien que le Alberta Energy Regulator (régie de l'énergie) n'a pas de règlements spécifiques pour contrôler les forages urbains, Goldenkey détient les droits miniers de 23 kilomètres carrés sous la ville où habitent plus de 10,000 citoyens.

Des centaines de citoyens inquiets des impacts du fracking, dont la consommation de l'eau, la pollution de l'air et la dévaluation des propriétés, ont protesté dans les rues, acheté une publicité d'une pleine page dans le quotidien local Lethbridge Herald, demandant un moratoire sur les forages urbains.

Entre-temps, les nouveaux démocrates de l'Alberta ont publié des documents qui démontrent que le nombre de permis de prélèvements d'eau accordés par le gouvernement provincial à l'industrie du fracking a augmenté, passant de 203 en 2012 à 1,516 l'an passé, une augmentation de 647%.

Par contre, la quantité totale d'eau allouée et utilisée selon ces permis a augmenté de plus de 1,000%.

L'industrie estime que de 25% à 100% de l'eau consommée durant le fracking n'est pas récupérée et par conséquent est perdue à jamais du cycle (naturel) de l'eau.

"C'est évident qu'on ne peut pas avoir confiance en ce gouvernement Conservateur qui ne protège pas les Albertains et notre eau," dit Brian Mason, le chef NPD provincial et porte-parole du dossier énergétique dans un communiqué.

"Voici un gouvernement qui s'emballe sans contrôle avec le fracking. Entre-temps, la province considère sérieusement une proposition qui permettrait de forer à l'intérieur d'un périmètre d'un kilomètre des résidences, des écoles et des bureaux d'affaires dans West Lethbridge. Une vitesse de casse-cou est la mauvaise vitesse quand il s'agit de mettre en danger les familles et les communautés."

Un texte d'Andrew Nikiforuk



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Fracking Foe Ernst: Alberta Regulator Not Immune to Charter

Landowner's appeal argument foreshadows what could become a major court battle this May.

By Andrew Nikiforuk, published in TheTyee.ca

Lawyers representing oil patch consultant Jessica Ernst have argued in an appeal briefing that Alberta's powerful energy regulator not only owes a duty of care to landowners to protect groundwater, but cannot violate the nation's Charter of Rights and Freedoms.

Nor is the regulator, which oversaw the development of the oilsands and is now mired in a fracking controversy in the city of Lethbridge, immune to civil action.

The 29-page briefing filed yesterday is the latest in Ernst's ongoing, $33-million lawsuit, which alleges that Encana drilled and fractured shallow coal bed methane wells directly in the local groundwater supply near her Rosebud, Alberta home between 2001 and 2004, polluting her water well with enough chemicals and methane to make it flammable.

The suit also alleges that two provincial regulators, the Alberta Energy Regulator (formerly the Energy Resources Conservation Board) and Alberta Environment, failed to act on documented and repeated violations of the law, and that the ERCB ceased all communication with the oil patch consultant on the grounds that she posed "criminal threats."

The suit also alleges that the energy regulator violated Ernst's Charter right to freedom of expression by "punishing her for publicly criticizing the ERCB and by arbitrarily preventing Ernst from speaking to key offices within the ERCB."

Last September, Alberta Chief Justice Neil Wittman struck down Ernst's Charter claim as well as her negligence claim against the regulator.

But Wittman allowed claims of negligence against the government of Alberta and Encana, a pioneer in fracking and mining of unconventional hydrocarbons, to proceed.

A clause in the regulator's legislation exempting its actions from public litigation does not "provide immunity from valid Charter claims," argue Ernst's Toronto-based lawyers Murray Klippenstein and Cory Wanless in the briefing.

"The Charter guarantees not only fundamental freedoms, but crucially, also guarantees the right of Canadians to seek a remedy when fundamental Charter rights and freedoms are violated. These constitutional rights cannot be taken away by a mere statutory enactment purporting to grant immunity to the Energy Resources Conservation Board," they write.

A battle foreshadowed

The appeal arguments foreshadow what could become a major and significant court battle this May between the energy regulator and Ernst's lawyers in the oil town of Calgary.

In many respects, the appeal hearing pits the rights of landowners who either want to ban hydraulic fracturing or improve groundwater protection against the interests of industry-funded regulators and a government dependent on hydrocarbon revenue.

(Alberta's Energy Regulator is funded 100 per cent by industry and run by a former Encana vice president and the founder of a major oil lobby association.)

Ernst's lawyers argue that Justice Wittman made errors in his September ruling, which concluded that the regulator could not be sued by landowners for negligence.

They say the regulator's statutory immunity clause "cannot provide immunity to a government from valid Charter claims. The Charter guarantees not only fundamental rights and freedoms, but crucially, also guarantees the right for Canadians to seek a remedy when these fundamental Charter rights and freedoms are violated. These constitutional rights cannot be taken away by statutory immunity in a provincial statute."

Justice Wittman also ruled that it was "plain and obvious" that the regulator owed no duty of care to Ernst because it wasn't in a relationship of sufficient proximity.

But Ernst's lawyers disagree, arguing that not only did the regulator interact with Ernst, but encouraged her to rely on its enforcement and investigation protocols.

The regulator also repeatedly assured the businesswoman that it had rules for protecting groundwater from contamination by industry drilling and fracking. Its mandate says it must protect "all freshwater aquifers from adverse impacts caused by oil and gas activities."

Ernst's lawyers add that "the Supreme Court has repeatedly held that once a government agency, such as the ERCB, has established an investigation or inspection mechanism at an operations level, it will owe a duty of care to carry out that inspection without negligence, failing which the authority can be held liable."

The briefing cites various cases where the courts have found that mine regulators owe a duty to miners to inspect the mines; that municipalities must enforce building codes; and that agricultural boards owe a duty to farmers to inspect for potato viruses.

Alberta's energy regulator "is responsible for ensuring that oil and gas operations do not contaminate potable groundwater," add the lawyers.

"The ERCB established an inspection and enforcement scheme in part to protect potable groundwater… And yet, when faced with complaints that Ernst's water well was contaminated with flammable levels of methane, the ERCB arbitrarily and without reason failed to implement its own inspection and enforcement scheme and failed to conduct any form of investigation into the causes of the severe contamination of Ernst's well water," reads the briefing.

Ernst 'reliant' on regulator, say lawyers

One of the final arguments will likely resonate with thousands of landowners embroiled in disputes with oil and gas companies about the space, scale and regulation of fracking.

"Ernst, like all rural landowners who live near oil and gas development, has little say in where oil and gas operations are located or how such activities are conducted. She has no ability to inspect operations, or to make sure that the operations are conducted in a safe manner, and only a limited ability to respond to protect herself or her property when something goes terribly wrong.

"In this case, Ernst was completely reliant on the ERCB to protect her and her property from adverse impacts caused by negligent oil and gas activities. Where citizens have no means to protect themselves from a real danger, they should be entitled to rely on government agencies tasked with inspection and enforcement."

Based on Wittman's ruling last September, Alberta Environment has filed an application to strike out the Ernst case against the regulator, now claiming, like the ERCB, no private duty of care and immunity. The government waited three years to make this argument and the hearing is set for April 16, 2014 in Drumheller Court of Queen's Bench.

Due to a lowering of royalties for unconventional hydrocarbons (now just five per cent), horizontal multi-stage fracking has increased dramatically throughout Alberta. According to the Canadian Association of Petroleum Producers, "out of the 3,107 new oil wells placed on production in 2012, horizontal wells, including those using multistage fracturing techniques, accounted for 2,379 or 77 per cent."

BOX:

FRACK FIGHT IN LETHBRIDGE

In Lethbridge, citizens, city council and a school board are now battling plans by Goldenkey Oil Inc. to drill and frack within city limits on the west side.

Though the Alberta Energy Regulator has no ground rules to control urban drilling, Goldenkey holds mineral rights to 23 square-kilometres under the city, where more than 10,000 people live.

Hundreds of citizens concerned about the impacts of fracking, including water consumption, air pollution and property devaluation, have protested in the streets, running a full page advertisement in the Lethbridge Herald demanding a moratorium on urban drilling.

Meanwhile, Alberta's New Democrats released documents showing the number of water licenses granted by the provincial government to the fracking industry increased from 203 in the year 2012 to 1,516 last year, a 647 per cent increase.

In turn, the total amount of water allocated and used under those licenses increased by more than a thousand per cent.

Industry calculates that anywhere between 25 to 100 per cent of the water used in fracking is not recovered and consequently lost permanently to the water cycle.

"It's obvious that this PC government can't be trusted to protect Albertans or our water," said Brian Mason, Alberta's NDP leader and energy critic, in a statement.

"This is a government that is speeding out of control on fracking. Meantime, the province is actually considering a proposal to frack within a kilometre of homes, schools and businesses in West Lethbridge. A breakneck speed is the wrong speed when it endangers families and communities."

-- Andrew Nikiforuk

Link: http://thetyee.ca/News/2014/02/06/Fracking-Foe-Appeals/

Friday, February 7, 2014

État des connaissances sur la relation entre les activités liées au gaz de schiste et la santé publique

Photo: Tim Shaffer

MISE À JOUR

Direction de la santé environnementale et de la toxicologie
Septembre 2013


RÉSUMÉ

En 2010, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) avait produit une recension des écrits afin de documenter la relation entre les activités liées au gaz de schiste et la santé publique (Brisson et al.,2010). Le présent document constitue une mise à jour de ce rapport. Cette démarche a été motivée par plusieurs événements dont la tenue d’une évaluation environnementale stratégique (ÉES) commandée par le gouvernement québécois, l’annonce de projets d’exploration pétrolière au Québec faisant appel à des techniques semblables, de nouveaux incidents aux États-Unis et au Québec associés à l’industrie gazière et la publication continue de données scientifiques sur le sujet. Cette mise à jour met en évidence les nouvelles connaissances publiées depuis 2010 sur les enjeux sanitaires reliés à l’industrie du gaz de schiste, confirme ou nuance certains éléments ou facteurs de risque soulevés en 2010 et identifie des lacunes dans les connaissances scientifiques reliées à divers facteurs de risque pour l’humain. Les thématiques abordées dans ce document sont les mêmes que dans le rapport de 2010.

Plusieurs équipes scientifiques de l’Unité de santé environnementale de l’INSPQ ont contribué à la réalisation de ce mandat, lequel s’inspire des approches de recension systématique des écrits. À l’aide de mots-clés spécifiques, plusieurs bases de données documentaires ont été consultées et divers moteurs de recherche ont été interrogés. Par la suite, les titres et les documents obtenus ont été évalués en regard de leur pertinence et de leur qualité scientifique, puis les textes retenus ont fait l’objet d’une synthèse critique.

Mise à jour des connaissances sur les risques à la santé

Les résultats de la recension d’écrits sont présentés selon différentes thématiques soit: les risques technologiques, les risques reliés à la pollution de l’air, les risques reliés à la contamination de l’eau et les risques d’effets sur la qualité de vie.

Risques technologiques

L’examen de la littérature depuis 2010 amène à constater qu’il n’y a pas eu beaucoup de données scientifiques nouvelles portant sur l’impact sur la santé humaine des activités d’exploration et d’exploitation des gaz de schiste. En lien avec la thématique, dix-huit études ont été retenues pour cette mise à jour. Les documents consultés permettent de tirer les constats suivants:

• Les explosions, les incendies, les fuites et les déversements de matières dangereuses sont les types d’incidents aux États-Unis et au Canada susceptibles de menacer la santé de la population. En termes d’ampleur, une recension aux États-Unis dénombre par exemple plus de 825 incidents environnementaux différents.

• La grande majorité des accidents survenus tout au long du processus d’exploration et de production du gaz sont associés à des erreurs humaines, à de la négligence, à des défaillances matérielles et à la complétion inadéquate des puits de forage.

• Lors de déversements et de fuites de substances chimiques, les travailleurs, la population avoisinante et les premiers répondants sont les sujets les plus à risques de subir des préjudices sérieux.

• Le transport de matières dangereuses comporte des risques particuliers aux différentes phases du transport.

Les documents recensés soulèvent aussi des constats pour la gestion de ces risques:

• Un encadrement de l’industrie et un resserrement de la législation paraissent des mesures efficaces pour réduire la fréquence des événements environnementaux.

• Les mesures d’urgence et la surveillance demeurent des aspects de la gestion du risque à bien considérer, un des défis étant de favoriser la collaboration entre l’industrie gazière et les principaux organismes publics concernés.

Par ailleurs, les constats issus de la littérature permettent de constater que les connaissances de la nature, des quantités, des procédures de manipulation et de transport des substances chimiques utilisées par l’industrie gazière demeurent encore incomplètes. Ce manque de connaissances fait en sorte qu’il n’est pas encore possible d’évaluer le niveau potentiel d’exposition tant des travailleurs que de la population environnante à ces substances et de faire l’évaluation des risques.

Risques reliés à la pollution de l’air

L’exposition aux polluants de l’air est associée à plusieurs effets sur la santé, notamment à des effets cardiorespiratoires. La mise à jour quant aux risques sanitaires reliés à la pollution de l’air se fonde sur quatorze nouveaux écrits. Ces documents permettent de constater les éléments suivants:


• Diverses modélisations et mesures effectuées depuis 2010, à proximité de sites d’activités liés au gaz de schiste, permettent de prévoir des augmentations locales des concentrations de certains polluants de l’air et en particulier, celles des particules fines et de l’ozone et de ses précurseurs (c.-à-d.COV).


• Très peu d’études ont porté sur les risques à la santé associés à l’exposition aux polluants de l’air émis lors des activités associées à l’exploration et à l’exploitation du gaz de schiste. Quelques évaluations estiment que les risques sont plus importants pour les individus habitant à proximité de puits (p. ex., < 1km ) ou dans les comtés américains où les activités sont le plus concentrées. Dans une perspective de gestion des risques, la littérature scientifique colligée et les règles de l’art suggèrent des approches d’estimation de risques à la santé, notamment quant à l’effet cumulé des composés émis dans l’air et quant aux mesures de polluants de l’air préalables à toutes activités d’exploration. De plus, les principes de gestion de risque appliqués en santé publique (Ricard, 2003) mènent à penser que le risque serait mieux géré en tenant compte de distances séparatrices entre des sites d’exploration et d’exploitation du gaz de schiste et les zones habitées. Finalement, les constats issus de la littérature montrent que la prise en compte des effets indirects à la santé associés à l’émission de gaz à effets de serre par les activités liées à l’exploration et à l’exploitation du gaz de schiste est requise pour documenter les risques de façon cohérente avec les modalités préconisées en santé publique. Risques reliés à la contamination de l’eau La littérature recensée pour cette mise à jour comporte dix-huit nouveaux textes. Ceux-ci montrent que les possibilités de contamination des eaux souterraines sont réelles. Notamment: • Des contaminations sont survenues à la suite d’un accident, par exemple: lors d’une défaillance technique au moment de la fracturation avec rejet dans l’environnement des boues et produits de la fracturation; lors d’une fuite de gaz due à une défaillance des infrastructures des voies d’extraction; pendant les opérations normales d’extraction des gaz de schiste. • Il a été démontré que des problèmes d’étanchéité des coffrages des puits d’extraction étaient à l’origine de cas de contamination survenus dans des conditions normales d’opération. • Une hypothèse controversée suggère la migration accélérée des contaminants contenus dans la roche-mère vers la surface à travers des failles ou fissures causées ou accentuées par la fracturation hydraulique. Elle reste à confirmer ou à infirmer par de nouvelles recherches. Si cette hypothèse était confirmée, le risque de contamination des nappes phréatiques persisterait même si des solutions techniques définitives étaient apportées aux problèmes d’étanchéité. Enfin, tout comme dans la recension de l’INSPQ en 2010 (Brissonet al.,2010), l’exercice de recension montre que plusieurs connaissances restent à acquérir. Risques d’effets sur la qualité de vie La mise à jour de la littérature sur les effets à la qualité de vie et aux dimensions psychologiques et sociales a permis de colliger 22 nouveaux textes. Les nouveaux documents mis au jour ont confirmé les résultats présentés en 2010 (Brisson et al.,2010). Les activités reliées à l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste sont susceptibles de causer des impacts sur la qualité de vie et la santé sociale et psychologique, notamment quant aux aspects suivants: • L’augmentation de la circulation, le bruit, la luminosité intense et les vibrations causées par ces activités industrielles occasionnent des nuisances pour la population avoisinante, particulièrement chez les résidents vivant à proximité d’un site de forage ou d’une route empruntée par les travailleurs. • Le phénomène boomtown a été observé à maintes reprises dans les communautés états-uniennes exploitant le gaz de schiste. Lorsqu’il est présent, il entraîne des effets socioéconomiques, culturels et psychologiques. Ces impacts varient selon le profil de la communauté d’accueil, les infrastructures et les services offerts et le niveau de préparation des autorités. • La pénurie de logements, l’augmentation du prix des biens et des services et l’augmentation des tensions et des conflits ont été constatées dans plusieurs cas étudiés. • À leur tour, les nuisances et les effets sociaux ont causé chez certaines personnes du stress, de l’anxiété, de l’angoisse, des sentiments de perte de confiance et de perte de contrôle. Les résultats issus de la littérature amènent à réfléchir notamment au moment où il convient d’investiguer et de caractériser chaque population concernée. Selon les règles de l’art en évaluation des impacts, réaliser ces activités avant l’arrivée de l’industrie permet habituellement de prévenir certains de ces effets sociaux et psychologiques. Perspectives de réflexion pour la gestion du risque La perspective de gestion des risques mise de l’avant par le réseau de la santé publique québécoise préconise des principes directeurs dans les dossiers de ce type, dont la transparence, la participation, l’équité, l’appropriation des pouvoirs, la prudence et la rigueur scientifique. En ce sens, des avancées scientifiques ont été réalisées et se poursuivent afin d’identifier les problèmes et de considérer les solutions permettant de réduire les impacts sanitaires de cette industrie. En revanche, de nouvelles questions scientifiques sont soulevées au sujet de plusieurs facteurs de risque dont l’impact à long terme sur la santé demeure préoccupant pour les communautés où se développe l’industrie gazière. Par ailleurs, les résultats de cette recension démontrent l’importance de poursuivre des travaux de recherche dans la perspective d’orienter la démarche des instances concernées en matière d’exploration et d’exploitation du gaz de schiste au Québec. Les constats de cette recension réitèrent aussi les paramètres jugés incontournables en gestion des risques, qui contribuent à prendre des décisions éclairées. Entre autres, les étapes suivantes sont importantes: • Suivre l’évolution des recherches scientifiques. • Documenter et rendre accessible les données associées à l’exposition aux divers facteurs de risque. • Documenter et mesurer les paramètres présents avant toute opération. • Établir des mesures de prévention et de protection pour limiter les risques à la santé. Lien: http://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/1749_EtatConnRelaActGazSchisteSantePubl_MAJ.pdf

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State of knowledge on the relationship between shale gas related activities and public health

Update September 2013

Directorate of environmental health and toxicology

SUMMARY

Please note that this is my own translation of the original French document

In 2010, the Quebec National Public Health Institute (INSPQ) had published a census of writings in order to document the relationship between shale gas related activities and public health (Brisson et al., 2010). This document is an update of the report. This initiative has been modivated by many events, among those the Strategic Environmental Assessment (ÉES) ordered by the Quebec government, the announcement of oil exploration projects in Quebec that would use similar techniques, new incidents in the US and in Quebec associated with the natural gas industry and the ongoing publications of scientific data on the subject. This update puts forth the recent data published since 2010 on the sanitary effects tied to the shale gas industry, backing up or clarifying some elements or risk factors brought up in 2010 and identifying the gaps in the scientific knowledge tied to different risk factors for humans. The themes brought up in this document are the same as is the 2010 report.

Many scientific teams of the Environmental Health Unit of the INSPQ have contributed to the realisation of this mandate inspired by the systematic approach of the data. Thanks to specific key words, many documentary data bases have been consulted and some search engines have been used. Afterwards, the titles and the documents obtained were evaluated by their relevance and their scientific quality, then the texts obtained this way were critically reviewed.

Update of our knowledge of risks for health

The results of the recension of the texts are presented by different themes: technological risks, risks related to air pollution, risks related to water contamination and risks of impacts on the quality of life.

Technological risks

The examination of the literature since 2010 brings us to admit that there are not a lot of new scientific data on the impacts of exploratory and exploitation of shale gas on human health. Tied with this theme, 18 studies were chosen for this update. The documents consulted let us observe the following:

- The explosions, the fires, the leaks and the spills of dangerous substances are the kind of incidents in the US and in Canada that are susceptible of being a risk to the population's health. On a magnitude scale, a recension in the US lists more than 825 different environmental incidents, for example.

- The great majority of the accidents that happened during the exploration process and production of (natural) gas are tied to human error, to negligence, to material failure and to inadequate completion of wells.

- During spills and leaks of chemicals, the workers, the neighboring population and first responders are the people the most at risk of suffering from serious harm.

- The transportation of dangerous goods have particular risks at different stages of transport.

- The documents inventoried also bring up observations regarding risk management.

- Elsewhere across the globe, better oversight of the industry and a more strict legislation are measures recommended for an efficient reduction of environmental events.

- Emergency measures and oversight remain aspects of risk management to remember, one of the challenges is to facilitate collaboration between the gas industry and the main public organisations involved.

Observations from the literature bring us to the conclusion that the knowledge about the nature, the quantities, the manipulation and transportation procedures of chemicals used by the gas industry are still incomplete. This gap in our knowledge makes it still impossible to evaluate the potential level of exposition for the workers and the neighboring population to these substances and then do the evaluation of the risks.

Air pollution

The exposition to the air pollutants is tied to many impacts on health, like cardio-respiratory effects. By this present analysis of the literature, local increase of certain air pollutants, particularly the fine particulates and ozone, and their precursors (VOCs) are to be expected near the exploratory and exploitation sites with activities linked to shale gas, following different models and measures observed since 2010. Very few studies were about the risks to health linked to the exposition to air pollutants generated during the activities linked to the exploration and the exploitation of shale gas. A few evaluations estimate that the risks to health are more important for the individuals living near the wells (less than a kilometer, for example) or in the American Counties where these activities are the most concentrated.

In the perspective of risk management, the scientific literature collated and the established traditions suggest ways to evaluate the risks to health, notably when it comes to the cumulative effect of compounds generated in the air and for the measuring of air pollutants before any exploratory activity. Plus, risk management principles applied to public health (Ricard, 2003) seem to suggest that the risks would be better managed by taking into account the separation distances between the exploration and exploitation shale gas sites from inhabited regions.

Finally, observations coming from the literature demonstrate that taking into account the indirect impacts to health linked to greenhouse gases emissions coming from the activities tied with the exploration and exploitation of shale gas is necessary to document the risks in a coherent fashion with the terms recommended for public health.

Water contamination

The literature studied for this update includes 18 new texts. These demonstrate that the possibilities of contamination of groundwater are very real. Notably:

- These contaminations happened after an accident, for example during a technical failing during fracking involving a spill in the environment of mud and fracking products or during a gas leak due to a failure of the infrastructures of extraction pathways or still, during normal operations of extraction of shale gas.

- It has been demonstrated that sealing problems of the casings in the extraction wells were at the source of contamination cases that happened during normal operation conditions.

- A controversial hypothesis suggests that the accelerated migration of contaminants present in the bedrock towards the surface through faults or fissures made or widened by fracking. This remains to be confirmed or invalidated by more research. If this hypothesis is confirmed, the risk of contamination of groundwater would remain even if definitive technical solutions were brought to the sealing problems.

Finally, as with the review of the INSPQ in 2010 (Brisson et al., 2010), the recension exercise show that more knowledge remains to be acquired.

Quality of life

The updating of the literature about the impacts to the quality of life and the psychological and social aspects let us find 22 new texts. The new documents updated have confirmed the results presented in 2010 (Brisson et al., 2010). The activities that come with the exploration and the exploitation of shale gas are susceptible of causing impacts on the quality of life and social and psychological health, and notably, to the following aspects:

- A rise in (traffic) circulation, noise, intense luminosity and vibrations caused by these industrial activities bring nuisance for the neighboring population, especially for the residents living near a drilling site or a road used by the workers.

- The boomtown phenomenon was observed many times in the US communities exploiting shale gas. When present, it brings socio-economical effects, as well as cultural an psychological ones. These impacts vary depending on the profile of the community living them, their infrastructures and the services offered and the level of preparation of the authorities.

- The lack of lodging, the price increase of goods and services and the rise of tensions and conflicts have been noticed in many study cases.

- Also, the nuisance cases and the social impacts have caused some persons to go through stress, anxiety, anguish, feelings of loss of trust and control.

According to established rules to evaluate, investigate and characterize each concerned population would be necessary before the arrival of the industry and would prevent some of these social and psychological impacts.

Reflections on the sanitary risks associated to exploration and exploitation of shale gas

Risk management proposed by the Quebec public health system recommends guiding principles in such a file, like transparency, participation, equity, the appropriation of power, caution and scientific vigor (Ricard, 2003) have guided the analysis process and synthesis. According to the Quebec public health system, respecting these principles constitute a necessary foundation for an optimal management of the risks to health.

The state of knowledge of 2010 (Brisson et al., 2010) brought up many preoccupations regarding the risks to health. This update demonstrates that the recent scientific data brought an awareness from the authorities as to the necessity to document the risks associated with this industry so to better control it and prevent them. These works have permitted to identify some problems for which solutions can be brought to reduce the impacts, particularly in the management of accident risks. On the other hand, new scientific questions are brought up about many risk factors of which long term impacts on health remain worrisome for the communities where the gas industry is growing, for example for the risks of contamination of groundwater. The scientific community feels needed by the results coming from this recent research. Concerted efforts have been implemented, especially in the US, to validate the hypotheses that have been brought forward. Following the evolution of this research is primordial so that Quebec can take enlightened decisions when it comes to the exploration and exploitation of shale gas in its territory.

Also, the results of this recension demonstrate the importance of pursuing research in order to be able to guide the concerned authorities over the exploration and the exploitation of shale gas in Quebec. The observations of this recension also repeat the parameters judged inevitable in risk management that contribute to the taking of enlightened decisions. Among other things, the following stages are important:

- Follow the evolution of scientific research;

- Document and make accessible the data associated to the exposition to different risk factors (quantity of wells drilled annually, description of the communities, recension of vulnerable populations, etc.);

- Document and measure the present parameters before any operation;

- Establish prevention and protection measures to limit risks to health.

Wednesday, February 5, 2014

Le gaz naturel, retour à il y a 10 ans et 5 ans




COMMUNIQUÉ DE PRESSE Pour diffusion immédiate



Il y a 10 ans, la centrale thermique du Suroît et 5 ans, le gaz de schiste

La mobilisation citoyenne au cœur des débats sur l’environnement



Saint-Léon-de-Standon, 3 février 2014 – Il y dix ans, à l’invitation de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) et de la Coalition Québec Vert Kyoto (CQVK), plus de 7500 personnes se réunissaient le 1er février 2004, devant les bureaux d’Hydro Québec pour manifester leur désaccord sur la centrale au gaz du Suroît. À peine quelques jours plus tard, le premier ministre demandait à la Régie de l’énergie de réexaminer le dossier… et vers la fin de la même année, le projet est officiellement abandonné. La volonté de la population est respectée et 3 millions de tonnes de gaz à effet de serre (GES) ainsi qu’une dépense de plus d’un milliard sont évités.



Il y cinq ans, l’AQLPA initiait une démarche d'acquisition de connaissances et lançait une mobilisation sur le gaz de schiste. Des dizaines de milliers de citoyennes et citoyens se regroupent par la suite en comités régionaux pour s’informer, lutter ensemble et se faire entendre au gouvernement. Cette lutte n’est pas terminée, mais la vigilance citoyenne est toujours active, suit de près les décisions gouvernementales sur le gaz de schiste et défend les intérêts de la population avec vigueur. L’enjeu est toujours de protéger la santé des gens, de protéger l’eau et l’air et d’éviter de nouvelles sources des GES ainsi que le recours aux énergies redoutables.



« L’AQLPA salue aujourd’hui Daniel Breton, cofondateur de la CQVK ainsi que Dominic Champagne et Serge Fortier, cofondateurs du regroupement des 120 comités citoyens contre le gaz de schiste, et Kim Cornelissen, Lucie Sauvé et Pierre Batellier également cofondatrices et cofondateur du Collectif scientifique sur la question du gaz de schiste. L’AQLPA se souvient et salue également toutes les personnes qui ont participé à ces succès déterminants, dont Johanne Dion qui a assuré une revue de presse quotidienne exhaustive sur le gaz de schiste pendant des années » déclare André Bélisle, président de l’AQLPA.



Sur les questions environnementales, la mobilisation citoyenne a toujours été essentielle et il en est ainsi encore aujourd’hui. La vision à long terme n’a que peu de place en politique car l’enjeu le plus important des partis est toujours celui des prochaines élections. Toutefois, sur le plan environnemental, les décisions que nous prenons aujourd’hui peuvent avoir un impact sur des décennies, voire des générations. Alors il faut que la population se lève pour défendre le bien commun de ses enfants. Et, avec les bouleversements climatiques que nous vivons et l’échéancier de plus en plus court pour passer à l’action afin de limiter le réchauffement planétaire, nous devons plus que jamais faire entendre notre volonté et exiger un véritable virage vers une économie qui laissera un héritage viable aux générations futures.



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Source

Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA)

Louise Lévesque, directrice des communications

T 418-642-1322 poste 294 / C 418-264-5575 / louise.levesque@aqlpa.com



Contacts

André Bélisle, président AQLPA

T 418-642-1322 poste 223 / C 418-386-6992 / andre.belisle@aqlpa.com

Lien: http://aqlpa.com/actualites/communiques/683-10-ans-suroit-5-ans-gaz-de-schiste-mobilisation-citoyenne-essentielle.html

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PRESS RELEASE

Ten years ago, the Suroît thermal gas power plant and 5 years ago, shale gas

Citizens' mobilization at the heart of environmental debates



Saint-Léon-de-Standon, February 3 2014 – Ten years ago, answering the invitation of the AQLPA (Quebec Association Against Air Pollution) and the CQVK (Quebec Coalition Towards Kyoto), more than 7,500 people got together on February 1st 2004 in front of Hydro-Quebec to show their opposition to the Suroît natural gas power plant. But a few days later, the Prime Minister asked the Régie de l'énergie (Energy agency) to go back and study the project... and at the end of the same year, the project was definitely dropped. The will of the population is respected and 3 million tonnes of greenhouse gases and a billion plus expense are avoided.

Five years ago, the AQLPA initiated a knowledge acquisition approach and launched a mobilization against shale gas. Tens of thousands of citizens then formed regional committees to inform, fight together and make themselves heard by their government. This battle is not over, but the citizens' watchfulness is still very much active, closely following governmental decisions about shale gas and defends the population's interests rigorously. Protecting public health, water and air is still at stake, and avoiding new sources of greenhouse gases by promoting the use of dreaded energy sources.

"Today, the AQLPA salutes Daniel Breton, co-founder of the CQVK, and Dominic Champagne and Serge Fortier, co-founders of the regrouping of the 120 citizens' committees agains shale gas, and Kim Cornelissen, Lucie Sauvé and Pierre Batellier, also co-founders of the Collectif scientifique sur la question du gaz de schiste (scientific collective). The AQLPA remembers and salutes also all the people that have participated in these decisive successes, among them Johanne Dion that made possible an exhaustive daily press review on shale gas for years" says André Bélisle, president of the AQLPA.

When it comes to environmental questions, the citizens' mobilization has always been essential and it is still so today. Long term vision has very little importance in politics because the most important stakes for (political) parties are always those for the next elections. However, on the environmental front, the decisions we make today may have their effect over decades, generations even. So the population must rise up to defend their children's common good. And, with the climate changes that we are experiencing and the deadline coming ever so nearer to limit global warming, we must now, more than ever, make ourselves heard and demand a real turnaround for an economy that will leave a livable legacy to future generations.





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Source

Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA)

Louise Lévesque, communications director

T 418-642-1322 local 294 / C 418-264-5575 / louise.levesque@aqlpa.com



Contacts

André Bélisle, president AQLPA

T 418-642-1322 local 223 / C 418-386-6992 / andre.belisle@aqlpa.com