Friends of the Richelieu. A river. A passion.



"Tout cedit pays est fort uny, remply de forests, vignes & noyers. Aucuns Chrestiens n'estoient encores parvenus jusques en cedit lieu, que nous, qui eusmes assez de peine à monter le riviere à la rame. " Samuel de Champlain


"All this region is very level and full of forests, vines and butternut trees. No Christian has ever visited this land and we had all the misery of the world trying to paddle the river upstream." Samuel de Champlain
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Thursday, October 3, 2013

Revue de presse sur le gaz de schiste en Amérique du Nord

-Anticosti est l'exemple type du dilemme énergétique: http://www.japantimes.co.jp/news/2013/10/02/business/energy-dilemma-encapsulated-on-tiny-quebec-isle/#.Uk1X2FMniSo

-Nouveau-Brunswick, des femmes fractivistes expliquent le pourquoi de leur action citoyenne non violente à la GRC - '8 Women of the 8th Fire' lay Treaty Law smack down on RCMP negotiators: http://halifax.mediacoop.ca/story/8-women-8th-fire-lay-treaty-law-smack-down-rcmp-ne/19103

le gaz de schiste ranime le débat sur les traités avec les Premières Nations: http://www.cbc.ca/news/canada/new-brunswick/shale-gas-development-spurs-treaty-debate-in-n-b-1.1875811

-Ontario, le 6 octobre, concert gratuit contre le projet de pipeline d'Endbridge: http://www.thestar.com/entertainment/music/2013/10/02/sarah_harmer_gord_downie_unite_for_line_9_oil_protest_in_mel_lastman_square.html

contre les projets de transporter la production des sales sables bitumineux vers l'est du pays: http://www.theargus.ca/articles/news/2013/10/pipelinesayshelloeastcoastprotesterssaybyebyeworld

-Colombie-Britannique, Preston Manning donne des conseils à l'industrie pour gagner la confiance du public: http://energeticcity.ca/article/news/2013/10/02/preston-manning-advises-b-c-energy-conference-on-gaining-public-support

le mouvement américain contre le projet Keystone XL vient porter main forte au mouvement conte les pipelines en C.-B. - American oil sands opponents turn their attention to B.C. pipeline plans: http://www.vancouversun.com/business/American+sands+opponents+turn+their+attention+pipeline/8983301/story.html

-Est-ce que la fracturation hydraulique peut affecter le niveau des Grands Lacs? - Can fracking water use affect the Great Lakes water levels?: http://www.mlive.com/weather/index.ssf/2013/10/fracking_can_fracking_water_us.html

Sites et blogues

-Alberta, un juge reproche les mesures de bâillonnement des environnementalistes qui critiquent les sales sables bitumineux: http://commonsensecanadian.ca/judge-blasts-alberta-government-silencing-oilsands-critics/

-Pennsylvanie, une étude universitaire confirme que les eaux usées générées par des fracturations hydrauliques, même traitées, contaminent le cour d'eau où elles sont rejetées - Radioactive Shale Gas Contaminants Found at Wastewater Discharge Site: http://www.nicholas.duke.edu/news/radioactive-shale-gas-contaminants-found-at-wastewater-discharge-site

et ici: https://socialreader.com/me/content/uYla7?chid=80950&utm_content=win20131002-1099&utm_medium=email&utm_source=toppicks&utm_campaign=cl20131002&email=therese.revesz%40rcn.com

et ici: http://www.livescience.com/40122-fracking-wastewaster-radioactive-contaminated.html

les forêts se font fragmenter par les frackeurs: http://grist.org/news/frackers-are-chewing-up-pennsylvanian-forests/

-Caroline du Nord, la fracturation hydraulique et ses impacts sur la santé - Shale Gas Extraction in North Carolina, Research Recommendations and Public Health Implications: http://ehp.niehs.nih.gov/1307402/

-Enbridge, des abrutis, des menteurs et des criminels environnementaux: http://powellriverpersuader.blogspot.ca/2013/10/enbridge-gang-of-thugs-liars-and.html

-Est-ce que le mouvement étudiant qui veut que les institutions d'enseignement cessent d'investir dans les combustibles fossiles peut réussir?: http://www.fastcoexist.com/3018395/can-the-growing-student-movement-to-divest-colleges-from-fossil-fuels-succeed

États-Unis

-Un site web suivra les navires transportant la production des sales sables bitumineux le long de la côte ouest: http://blog.sfgate.com/energy/2013/10/01/new-website-tracks-tar-sands-shipments-to-west-coast/

et ici: http://www.thetyee.ca/Blogs/TheHook/2013/10/01/TankerTrackingWebsite/

-New York, une demande a été faite auprès du conseil d'une municipalité pour qu'on interdise l'épandage d'eaux usées de fracturations hydrauliques sur les routes dans son territoire - Catskill asked to ban use of fracking fluids on town roads: http://www.dailyfreeman.com/articles/2013/10/01/news/doc524b81b946b5e209845135.txt

-Pennsylvanie, des niveaux dangereux de radioactivité mesurés sur un site d'entreposage de déchets de fracturations hydrauliques: http://www.theguardian.com/environment/2013/oct/02/dangerous-radioactivity-fracking-waste-pennsylvania

et ici: http://rt.com/usa/fracking-radioactivity-contaminants-study-661/

et ici: http://www.huffingtonpost.com/2013/10/02/fracking-study-pennsylvania_n_4030748.html

et ici: http://www.csmonitor.com/Environment/2013/1002/Fracking-wastewater-contaminated-Pennsylvania-streambeds-study-finds-video

et ici: http://www.sfgate.com/default/article/Radiation-in-Pennsylvania-Creek-Seen-as-Legacy-of-4864435.php

-Virginie, un juge fédéral donne le feu vert à un recours collectif entamé par des résidents qui affirment avoir été floués par les redevances: http://www.northjersey.com/news/US_judge_OKs_natural_gas_class_actions_in_Va_suits.html

-Virginie Occidentale, Halliburton ferme l'une de ses succursales: http://www.exponent-telegram.com/lewis-county-s-halliburton-shuts-its-doors/article_10233474-2baf-11e3-828b-0019bb2963f4.html

-Minnesota, des membres d'une Première Nation suit le tracé d'un pipeline à cheval: http://www.huffingtonpost.com/georgianne-nienaber/first-nation-riders-protest_b_4014538.html

-Ohio, procès entamé contre l'agence régulatrice de l'eau pour avoir signé avec l'industrie: http://www.ohio.com/blogs/drilling/ohio-utica-shale-1.291290/lawsuit-filed-against-ohio-water-district-over-leases-water-sales-1.433562

la fracturation hydraulique divise une communauté (vidéo): http://www.13abc.com/story/23585001/fracking-debate-continues-in-bowling-green

-Oklahoma, un site d'injections d'eaux usées cesse ses opérations après un séisme - Okla. disposal well shuts down after tremors: http://www.eenews.net/stories/1059988189

-Colorado, l'idée d'un moratoire divise la ville de Fort Collins - Divided Fort Collins City Council opposes fracking moratorium: http://www.coloradoan.com/article/20131001/NEWS01/310010046?nclick_check=1

-Arkansas, la baisse de productivité du schiste se fait déjà sentir dans les communautés: http://arkansasnews.com/sections/news/arkansas/communities-feel-impact-fayetteville-shale-drilling-slump.html

-Illinois, la mauvaise image de l'industrie: http://www.wpsdlocal6.com/news/local/Fracking-The-ugly-side-of-the-business-226067851.html

-Kansas, le fédéral songe à permettre des forages dans des milieux humides: http://cjonline.com/news/2013-09-29/feds-consider-permit-drill-kansas-wetlands

Tuesday, September 24, 2013

L'éducation à l'écocitoyenneté est un incontournable dit Lucie Sauvé


Pour Lucie Sauvé, la mobilisation citoyenne face à l’attaque contre le bien commun et à l’invasion des territoires par l’industrie du gaz de schiste est un exemple précis de la nécessité d’une éducation à l’écocitoyenneté. Photo: Pedro Ruiz


Société - L'éducation à l’écocitoyenneté est un incontournable
«Tout l’art de la pédagogie doit s’adapter au contexte, aux situations, à l’âge des enfants»

Le Devoir, 21 septembre 2013, texte de Jacinthe Leblanc



"Un des objectifs du rapport Parent a été d’amener l’éducation dans le monde contemporain. À cette époque, les questions d’ordre écologique n’étaient pas d’actualité. Mais, au fil des décennies, elles ont pris de plus en plus d’importance, que l’on pense entre autres aux dossiers du gaz de schiste, de la mine d’uranium à Sept-Îles et du Suroît, sans compter les deux accidents pétroliers majeurs que le Québec a connus dernièrement. Développer l’écocitoyenneté pour faire face aux enjeux socioécologiques actuels apparaît désormais comme un incontournable et se situe dans les suites logiques du rapport Parent.


Si la citoyenneté fait référence « essentiellement à la dimension politique du vivre- ensemble », pour Lucie Sauvé, l’écocitoyenneté se définit comme « vivre ici ensemble ».


Selon la directrice du Centre de recherche en éducation et formation relatives à l’environnement et à l’écocitoyenneté, on oublie trop souvent que l’être humain est situé dans le temps et dans l’espace. « On n’est pas seulement une entité sociale qui flotte au niveau des idées et uniquement des interrelations humaines. Vivre ici ensemble […] nous rappelle qu’ici c’est “oïkos”, c’est éco, c’est la maison, explique-t-elle. Et ça, pour moi, c’est l’idée-clé de l’écocitoyenneté. Nous vivons ici ensemble, nous apprenons ensemble à vivre ensemble dans cette maison de vie partagée. »


L’écocitoyenneté cherche donc à mettre en lumière les liens entre les différentes composantes d’un milieu de vie. Plus encore, « c’est développer les compétences pour être capable de se mettre en situation d’interaction collective au niveau de l’action ou du débat, pour faire en sorte qu’on va contribuer au choix collectif qui nous concerne », précise Mme Sauvé.


Ce qui a mené à son caractère incontournable, c’est le fait que, au Québec, « on se rend compte que c’est à la société civile que reviennent le plus souvent le fardeau de la preuve et la tâche de dénoncer, de résister et de proposer les solutions de rechange ». Mme Sauvé pose un regard réaliste sur le mode de gouvernance et le système politique actuel, où l’État québécois ne se fait plus protecteur du bien commun, surtout en matière d’environnement. « Je pense que l’État, d’abord, en a plein les bras, analyse-t-elle. On se rend compte dans les dynamiques que c’est bien souvent la force des lobbys qui a préséance et qu’il y a des enjeux d’équilibre de pouvoir et électoralistes qui font que l’État n’est parfois pas le meilleur acteur pour prendre les meilleures décisions. »



Le cas du gaz de schiste comme exemple


Pour Mme Sauvé, qui a activement participé à la lutte contre les gaz de schiste, notamment via le Collectif scientifique sur la question du gaz de schiste, la mobilisation citoyenne face à l’attaque contre le bien commun et à l’invasion des territoires par l’industrie est un exemple précis de la nécessité d’une éducation à l’écocitoyenneté.


Lucie Sauvé est catégorique sur le rôle du gouvernement dans ce cas précis : « Aucun ministère ne s’est manifesté pour protéger le bien commun […]. Les ministères ont travaillé sous la pression des lobbys. Et je pense que c’est sévère ce que je vais dire, mais on a constaté, dans ce cas-là et dans d’autres cas, que les responsables de la prise de décisions n’ont pas bien étudié leur dossier. » Les citoyens, voyant le danger, entre autres, menaçant les sources d’eau, l’agriculture et leur qualité de vie, n’ont pas eu d’autre choix que d’entrer dans l’action.


« N’eût été un sentiment très violent, dans le cas du gaz de schiste, d’une invasion des territoires chez les citoyens qui, sans ressources financières entre autres […], se sont mobilisés pour exiger qu’on arrête les moteurs, l’invasion de l’industrie du gaz de schiste aurait probablement commencé à s’installer », analyse-t-elle.


Éducation à l’écocitoyenneté


L’écocitoyenneté peut-elle se développer à l’école ? De l’avis de Lucie Sauvé, oui, mais il ne faut pas s’arrêter là. « L'éducation à l’écocitoyenneté, de toute évidence, passe à travers tous les ordres d’enseignement. […] Mais plus encore ! C’est tout au long de la vie », répond-elle. Ainsi, le développement de l’écocitoyenneté s’acquiert dans l’interaction sociale qui se fait autant à l’école, au travail, à la maison, à la garderie ou encore dans une maison de retraite.


Dans le système scolaire québécois, Lucie Sauvé, qui est également professeure au Département de didactique de l’Université du Québec à Montréal, souligne qu’il y a un grand travail à faire pour y inclure l'éducation à l’environnement et, plus spécifiquement, à l’écocitoyenneté.


Au primaire et au secondaire, il faut faire attention à la confusion entre écocivisme et écocitoyenneté. Le premier, qui renvoie à « des comportements civiques écologiquement responsables et […] à un comportement individuel », comme la récupération, les boîtes à lunch écologiques ou la réduction de la consommation d’eau, est plus présent dans les écoles. Le second veut développer des compétences permettant « de s’insérer dans une dynamique de réflexions écosociales. Et, bien souvent, ça prend place dans l’action », souligne-t-elle.


De la compétence écocitoyenne globale découlent trois compétences interreliées : la compétence politique, la compétence critique et la compétence éthique. « Et tout ça se développe en fonction des âges et des situations de vie. Les approches et les stratégies, c’est aussi tout l’art de la pédagogie qui doit s’adapter au contexte, aux situations, à l’âge des enfants », complète la professeure.


Du côté des universités, celles-ci ont un travail de formation des enseignants à accomplir, en plus de montrer l’exemple en tant que vigile et critique sociales et créatrices de savoirs et de solutions de rechange. En ce sens, Lucie Sauvé soutient que le développement durable n’y a pas sa place. Elle note quand même l’amélioration dans certains programmes, « mais c’est beaucoup trop timide ».


Résistance ministérielle


Quant au ministère de l’Éducation, Mme Sauvé avance que, « dans toute la réserve que [ce] ministère a, il y a cette prise de conscience plus ou moins affirmée que l’environnement est une question politique, et on a peur de ça ». Pourtant, les questions écologiques touchent l’ensemble des citoyens et une éducation à l’écocitoyenneté permettrait d’être mieux outillé pour faire face aux défis qui nous attendent.


L'éducation à l’écocitoyenneté est donc une nécessité et les connaissances écologiques se bâtissent jour après jour. Chacun d’entre nous en est constructeur. « Les enfants aussi, note la directrice, sont amenés à être constructeurs du savoir écologique et le rôle de l’école n’est pas de transmettre ce savoir, mais d’accompagner les enfants et les jeunes. Ensuite, les adultes. Ensuite, dans les universités populaires, dans ces processus de construction du savoir », conclut Mme Sauvé."

Lien: http://www.ledevoir.com/societe/education/387789/la-sensibilisation-a-l-ecocitoyennete-est-un-incontournable

NDLR: Lucie Sauvé est "déçue toutefois que le journal ait changé le mot « éducation » pour « sensibilisation ». Ce n'est pas la même chose, j'insiste souvent là-dessus: la sensibilisation reste à l'étape de l'éveil, en surface; l'éducation va beaucoup plus loin et mène au développement de compétences et à la transformation. En fait, chaque fois qu'on trouve le mot sensibilisation dans l'article, il faudrait remplacer par éducation. À commencer par le titre."

J'ai donc procédé à remplacer le mot "sensibilisation" partout dans le texte par le mot éducation.


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Education in ecocitizenship is essential

"The whole art of pedagogy must adapt itself to the context, to the situation, to the children's age."

My translation of an article published in Le Devoir written by Jacinthe Leblanc. Lucie Sauvé, a long friend of mine, wrote to me that the word sensibilisation (as in awareness) should be replaced everywhere in the text by education. So I did the changes.

Under photo: For Lucie Sauvé, the citizens' mobilization against the attack to the public good and the territory invasion by the shale gas industry is a perfect example of the need for education in ecocitizenship.


"One of the objectives of the Parent Report was to bring education in a contemporary context. At the time, environmental questions did not make the news. But through the decades, they became more and more important, like the shale gas file, the uranium mine in Sept-Îles, and the LNG facility in le Suroît, on top of the 2 major oil disasters that occurred recently in Quebec. To develop ecocitizenship to deal with current socio-environmental issues seems essential from now on, and would logically fit in the recommendations of the Parent Report.

If citizenship adresses "essentially to the political dimension of living together", for Lucie Sauvé, ecocitizenship is defined as "living here together".

As per the director of the research center in education and training relating to the environment and ecocitizenship, we too often forget that human beings live in time and in space. "We are not only a social entity that floats on the notions level and only within human inter-relationships. Living together here (...) reminds us that here is "oïkos", it's eco, it's the home, she explains. And that, for me, is the keyword for ecocitizenship. We all live here together, we are learning to live together in this home of life shared."

Ecocitizenship thus seeks to explain the links between the different elements of a living environment. Plus, "it is developing skills to be able to deal within collective interactions at the action or debate level, so that we can contribute to a collective choice that involves us all", adds Mrs Sauvé.

What has lead to it's essential character is the fact that in Quebec, "we realize that it's up to civil society more often than not that befalls the burden of proof and the task of denouncing, of resisting and propose alternative solutions". Mrs Sauvé has a realist outlook on the approach to governing and the present political system, where the Quebec State is no longer protector of common good, especially when it comes to the environment. "I think that first of all, the State has it's arms full, she states. We realize it when it's often the strengt of the lobbies that comes first and there are stakes of balance of powers and electioneering that make the State not the best actor to take the best decisions sometimes."


Shale gas for example

For Mrs Sauvé, who has actively participated in the battle against shale gas, notably through the Scientific Collective on the shale gas question, the citizen mobilisation that took place against the attack to the common good and the territory invasion by the industry is a concrete example of the necessity of having education to ecocitizenship.

Lucie Sauvé stated categorically about the government's role in this specific file: "No Ministry has manifested itself to protect the common good (...). The ministries have worked under the pressure of lobbyists. And I think that what I will say here is though, but we have observed in this case and in other cases that the responsible parties that make decisions have not well studied their file." The citizens, seing the danger, among other things, to water sources, to farming and their quality of life, had no other choice but to spring into action.

"Had it not been a very violent sense of territory invasion by the citizens in the case of shale gas, that, even without financial means, among others (...), got mobilized to demand a stop to everything, the shale gas industry invasion would have probably started to implant itself" she adds.

Education in ecocitizenship

Can ecocitizenship be taught in school? As per Lucie Sauvé, it can, but more must be done. "Education to ecocitizenship, obviously, must come from all teaching levels. (...) But more than that! It should be for a lifetime", she says. Indeed, the development of citizenship is gained through social interaction that happens as much in school as at home, in kindergarten or even in the retirement home.

In the Quebec school system, Lucie Sauvé, who is also professor at the Didactic department of the University of Quebec in Montreal, mentions that there is a lot of work to do so that education in environment, and more specifically, in ecocitizenship.


In the primary school level, and at High school level, one must beware of confusing civic environmentalism and ecocitizenship. The first, that refers to "civic behaviour environmentally responsible and (...) individual behaviour", like recycling, green lunches or reducing water usage, those are more present in the schools. The second wants to develop skills that "permit insertion in a dynamic of eco-social reflexion. And, very often, that takes place with action", she adds.

Global ecocitizen skills come from three linked abilities: political skill, critical skill and ethical skill. "And all this develops depending on the age and life situations. The approach and strategies are also part of the art of pedagogy that must adapt itself to the context, to the situations, to the children's age", insists the professor.

As for the universities, they have the task of training the professors to accomplish, on top of being an example to follow in being a watchdog and social critic and creator of learning and alternative solutions. In that sense, Lucie Sauvé maintains that sustainable development has no business being there. Although she does note the improvement in certain programs, "but it's just not enough".

Ministerial resistance

As for the Education Ministry, Mme Sauvé says that "with all the reserve of this ministry, there is this new awareness more or less defined that the environment is a political question, and that scares them". Even though environmental questions touch every citizen and an education in ecocitizenship would leave one better prepared to face the challenges that await us.

Education in ecocitizenship is then a necessity and environmental knowledge grows with every day passing. Every one of us is a builder. "Children too, adds the director, are called to be builders of environmental knowledge, and the role of schools is not to transmit this knowledge, but to accompany children and our youth. Then, the adults. Then, the popular universities, in the process of building knowledge" says Mrs Sauvé."

Friday, September 20, 2013

Dernières nouvelles de la poursuite de Jessica Ernst


Encana présente sa défense dans le procès contre l'héroïne du fracking

Un procès charnière pourrait changer la façon que l'industrie du gaz de schiste est règlementée au Canada.

Ma traduction libre d'un reportage d'Andrew Nikiforuk publié dans le quotidien The Tyee.

L'un des plus importants exploitants de gaz naturel du continent a finalement présenté ses documents légaux de défense dans un procès charnière en Alberta qui pourrait changer la règlementation encadrant la fracturation hydraulique au Canada.

Dans son document de la défense, Encana Corporation, dont le bureau chef est à Calgary, nie qu'elle aurait contaminé l'eau potable du puits de Jessica Ernst, une scientifique et consultante de l'industrie pétrolière, et qu'elle a "respecté ou même dépasser les exigences de toutes les lois, directives et règlements encadrant le gaz de houille".

Le court document de 6 pages affirme que la compagnie, une gazière pionnière des débuts du gaz de schiste, n'aurait pas fracturé des veines peu profondes de houille autour de Rosebud, en Alberta, mais les aurait plutôt "stimulées" avec de l'azote en gaz à de très fortes pressions.

La compagnie, qui a fait des mises à pied et vendu des actifs à cause des prix à la baisse du gaz naturel, ajoute qu'elle a tenté de faire des tests de l'eau de puits de Mme Ernst plusieurs fois, mais n'a pas pu avoir accès sur les lieux.

La fracturation hydraulique est une technologie de force brutale qui injecte d'importantes quantités d'eau, de sable et de produits chimiques (dont plusieurs sont des cancérigènes reconnus) dans les formations de roc et de charbon afin d'accélérer les processus géologiques et faire relâcher de petites quantités de méthane sur de grandes surfaces.

La technologie dispendieuse a lancé un boom de gaz naturel temporaire qui a fait baissé les prix sur le continent.

Les pauvres justifications économiques du gaz de schiste est un défi pour la rentabilité d'Encana, de Shell, de Chevron et d'Exxon Mobil depuis ce temps-là. Encana, s'ayant approprié une grande quantité de baux de location de terrains pour le gaz non conventionnel admet maintenant dans ses documents les plus récents présentés à la Securities and Exchange Commission que la compagnie "a plus d'inventaire dans son portfolio, surtout pour le gaz naturel "sec", qu'elle peut exploiter de façon optimale."

Mais la pratique controversée a fait plus que faire la fortune des producteurs de gaz naturel. Elle a aussi été responsable pour des séismes, des fragmentations de terres, de perte de valeur des propriétés, d'affaissements de terrains et d'importantes contaminations d'eaux souterraines avec du méthane et d'autres hydrocarbures dans les campagnes de l'Alberta, au Wyoming, au Colorado, en Pennsylvanie, au Texas et en Arkansas.

La poursuite prétend que la compagnie aurait fracturé l'eau souterraine.

Il y a 2 ans et demi de çà, Jessica Ernst, maintenant une héroïne du peuple contre la fracturation hydraulique dans plusieurs pays dont l'Irlande, la Grande-Bretagne et les États-Unis, a entamé une poursuite de $33 millions contre Encana, Alberta Environment (l'équivalent du Ministère de l'Environnement de la province), et le Energy Resources Conservation Board (ERCB, l'agence qui règlemente les ressources énergétiques de la province). Elle accuse Encana ainsi que les régulateurs du pétrole et du gaz de l'Alberta, de négligence soutenue ainsi que d'avoir enfreint à la Charte des Droits et Libertés du pays.

La poursuite prétend qu'Encana aurait foré et fracturé des puits de gaz de houille peu profonds directement dans la source d'eau potable souterraine entre 2001 et 2004 près de Rosebud, en Alberta. (Les pratiques agressives de la compagnie ont aussi provoqué des incidents de contamination bien médiatisés au Colorado et au Wyoming.)

Par conséquent, selon Mme Ernst, Encana a pollué son puits d'eau potable avec des produits chimiques toxiques et assez de méthane pour le rendre inflammable.

Les forages de 10,000 veines de houille entre Red Deer et Calgary depuis la dernière décennie ont contaminé plusieurs puits d'eau potable dans les campagnes de l'Alberta et poussé le régulateur à restreindre les fracturations peu profondes dans la région.

De plus, la poursuite détaille comment les régulateurs énergétiques de l'Alberta, le ERCB et Alberta Environment "n'ont pas suivi l'enquête et les processus de respect des règles qu'ils avaient établis et publicisées", malgré les preuves directes de pollution causée par l'industrie et les avoeux publics que les fracturations hydrauliques peu profondes mettent l'eau souterraine en danger.

"Encana dit maintenant qu'elle n'a pas fracturé de puits. Pourtant les données même d'Encana montrent qu'elle a fracturé des puits," Mme Ernst a dit au journal The Tyee.

Des lettres d'Encana datant de 2006 et 2012 obtenues par le journal font directement référence à "des forages, des perforations et de la fracturation" de veines de houille dans la région.

Une réaction légale au document de défense d'Encana ajoute que "la fracturation hydraulique est définie comme étant un processus de stimulation d'un puits en injectant des fluides de fracturation (soit liquides ou gazeux) en grand volumes et haute pression dans la ou les zones perforées du puits pour créer des nouvelles fractures et élargir les fractures existantes dans les formations souterraines afin de relâcher et encourager la circulation d'hydrocarbures."

Mme Ernst dit aussi qu'Encana lui a offert de tester son eau de puis, mais le geste ressemblait davantage à un sketch de Monty Python.

À une occasion, "ils ont offert de tester l'eau de mon puits dans une lettre enregistrée avec une date limite pour accepter l'offre. Ils l'ont mise à la poste 24 jours après la date limite de l'offre," selon elle.

Des produits chimiques inconnus.

Mme Ernst affirme qu'elle a plusieurs fois dit à la compagnie qu'elle pouvait faire des tests sur l'eau de son puits aussitôt qu'Encana rendait disponible sa liste de produits chimiques utilisés durant les fracturations hydrauliques, pour que les techniciens d'eau souterraine puissent savoir quels contaminants ils devraient chercher dans leurs tests. Elle dit que la compagnie a refusé.

Selon le Vérificateur général du Canada, plus de 800 produits chimiques ont été utilisés pour fracturer plus de 200,000 puits gaziers et pétroliers depuis les dernières décennies. Au moins 33 de ces substances sont des cancérigènes reconnus. Environnement Canada et Santé Canada admettent tous les deux "une liste complète des substances utilisées au Canada n'est pas disponible."

Deux études récentes confirment qu'il y a contamination généralisées de puits d'eau potable dans des régions où il se fait beaucoup de forages et d'activités de fracturations.

Une étude faite par l'université du Texas a trouvé souvent des concentrations dangereuses d'arsenic, de baryum, de sélénium et de strontium dans l'eau souterraine près des régions très fracturées du schiste du Barnett.

Une étude faite en Pennsylvanie a découvert des contaminations de méthane dans 82% des spécimens d'eau potable prélevés dans des résidences rurales à seulement 1 kilomètre de distance de puits gaziers fracturés dans la formation du Marcellus. L'étude a aussi trouvé des preuves de contamination d'éthane et de propane.

L'étude arrive à la conclusion que, "en général, nos données suggèrent que certains propriétaires de maisons qui vivent à moins d'un kilomètre de puits gaziers ont leur eau potable contaminée par des gaz qui s'échappent."

Pas de devoir de protéger le public

Le gouvernement de Stephen Harper a retardé le procès de Mme Ernst après avoir soudainement promu Mme la Juge Veldhuis tout de suite après qu'elle ait entendu des argumentaires importants dans la cour du banc de la reine à Calgary en janvier.

Le juge en chef de l'Alberta Neil Wittman s'est ensuite porté volontaire pour reprendre le procès en main il y a maintenant 8 mois de cela en lisant les transcriptions de la cour. Il ne s'est pas prononcé encore sur les argumentaires d'Alberta Environment qui veulent que le mot "contamination" soit retiré et la mention d'autres puits contaminés dans la poursuite.

Des avocats représentant le ERCB (maintenant appelé Alberta Energy Regulator) ont aussi plaidé dans la cour de Calgary que le régulateur n'avait pas de devoir de protection envers les propriétaires terriens, et prétendent que Mme Ernst est une éco-terroriste.

L'Alberta Energy Regulator a maintenant à sa tête Gerald Protti, un ancien lobbyiste des compagnies énergétiques et ancien vice-président d'Encana.

Un geste très critiqué de la Première Ministre de l'Alberta Alison Redford fut de nommer le fondateur de l'Association canadienne des producteurs pétroliers (CAPP) à ce poste plus tôt cette année.

Sous la nouvelle législation de l'Alberta "Responsible Energy Act", le régulateur énergétique de la province n'a plus le mandat de protéger "l'intérêt public."

La nouvelle législation a aussi introduit ce que certains bureaucrates on baptisé "la clause Ernst": elle empêche les propriétaires terriens et les citoyens de poursuivre le régulateur à cause de malfaisances ou de négligence.

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"Encana Files Defence in Lawsuit with Fracking Folk Hero

Landmark case could change how shale gas industry is regulated in Canada.




By Andrew Nikiforuk, Today, TheTyee.ca

One of the continent's largest natural gas extractors has finally filed a legal defence in a landmark Alberta lawsuit that could change the way hydraulic fracturing, or fracking, is regulated in Canada.

In its statement of defence, Calgary-based Encana Corporation denies that it contaminated the drinking water well of Jessica Ernst, a scientist and oil patch consultant, and that it "complied with or exceeded the requirements of all relevant laws, directives and regulations in respect of its coal bed methane."

The short, six-page defence claims that the company, a struggling shale gas pioneer, did not frack shallow coal bed methane seams around Rosebud, Alberta, but instead "stimulated" them with nitrogen gas at high pressure.

The company, which has cut staff and sold assets due to low natural gas prices, adds that it tried to test Ernst's water well several times, but could not gain access to it.

Fracking is a brute force technology that blasts large volumes of water, sand and chemicals (many are known carcinogens) into rock and coal formations in order to accelerate geological processes and release small amounts of methane over large areas.

The high-cost technology inaugurated a temporary natural gas boom, which lowered prices on the continent.

The poor economics of shale gas have since challenged the bottom lines of Encana, Shell, Chevron and Exxon Mobil. Encana, which went on a land lease binge for the unconventional gas, now admits in its most recent Securities and Exchange Commission filing that the company "has more inventory in its portfolio of plays, particularly dry natural gas, than can be optimally developed."

But the controversial practice has done more than tank the fortunes of natural gas producers. It has also been responsible for earthquakes, land fragmentation, property devaluation, land subsidence and extensive groundwater contamination with methane and other hydrocarbons in rural Alberta, Wyoming, Colorado, Pennsylvania, Texas and Arkansas.

Suit alleges company fracked up groundwater

Two and half years ago, Jessica Ernst, now an anti-fracking folk hero in many countries including Ireland, the U.K. and the United States, launched a $33-million lawsuit against Encana, Alberta Environment and the Energy Resources Conservation Board. It accuses Encana as well as Alberta's oil and gas regulators of persistent negligence as well as breaching the nation's Charter of Rights and Freedoms.

The lawsuit alleges that Encana drilled and fracked shallow coal bed methane wells directly in the local groundwater supply between 2001 and 2004 near Rosebud, Alberta. (The firm's aggressive fracking practices also resulted in high profile contamination incidents in Colorado and Wyoming.)

As a consequence, Ernst claims, Encana polluted her water well with toxic chemicals and enough methane to make it flammable.

The drilling of 10,000 coal seams between Red Deer and Calgary over the last decade contaminated scores of water wells in rural Alberta and prompted the regulator to restrict shallow fracking in the region.

In addition, the claim details how Alberta's energy regulators, the Energy Resources Conservation Board and Alberta Environment "failed to follow the investigation and enforcement processes that they had established and publicized," despite direct evidence of industry-caused pollution and public admissions that shallow fracturing puts groundwater at risk.

"Encana now says that they didn't frack the wells. Yet Encana's own data says they fracked the wells," Ernst told The Tyee.

Encana letters dated 2006 and 2012 obtained by The Tyee directly refer to "the drilling, perforating and fracking" of coal bed methane seams in the area.

A legal response to Encana's statement of defence adds that "'hydraulic fracturing' is defined as the process of stimulating a well by injecting fracturing fluids (whether liquid or gas) at high rates and high pressure into the perforated zone(s) of the well to create new fractures and enlarge existing fractures in the underground formations for the purpose of releasing and encouraging the flow of hydrocarbons."

Ernst also said that Encana did offer to test her water well, but the gesture resembled a Monty Python sketch.

In one case "they offered to test my water well in a registered letter with a limited deadline of acceptance. They mailed it to me 24 days after the deadline," she alleged.

Unknown chemicals

Ernst claimed she repeatedly told the company that they could test her water well as soon as Encana released a list of its fracking chemicals, so that groundwater technicians would know what contaminants to test for. She said the company refused.

According to Canada's auditor general, more than 800 chemicals have been used to frack open more than 200,000 oil and gas wells in recent decades. At least 33 of the substances are known carcinogens. Both Environment Canada and Health Canada admit that "a complete list of substances used in Canada is not known."

Two recent studies confirm the widespread contamination of water wells in areas of high drilling and fracking activity.

A study by the University of Texas found often dangerous levels of arsenic, barium, selenium and strontium in groundwater near the heavily fracked Barnett shale gas fields.

A Pennsylvania study discovered methane contamination in 82 per cent of drinking water samples taken from rural homes just one kilometre away from fracked natural gas wells in the Marcellus formation. They also found evidence of ethane and propane contamination.

The study concluded that, "Overall, our data suggest that some homeowners living less than one kilometre from gas wells have drinking water contaminated with stray gases."

No requirement to protect public interest

The government of Stephen Harper delayed Ernst's lawsuit after it abruptly promoted Madam Justice Veldhuis, just after she heard critical arguments in a Calgary Court of Queen's Bench last January.

Alberta Chief Justice Neil Wittman then volunteered to take over the case eight months ago by reading the transcripts. He has yet to rule on arguments by Alberta Environment to remove the word contamination and the mention of other contaminated wells in the lawsuit.

Lawyers representing the Energy Resources Conservation Board (now the Alberta Energy Regulator) also pleaded in the Calgary court that the regulator owed no duty of care to landowners, and claimed that Ernst was an ecoterrorist.

The Alberta Energy Regulator is now headed by Gerald Protti, a former energy lobbyist and a former Encana vice-president.

In a much-criticized move, Alberta Premier Alison Redford appointed the founder of the Canadian Association of Petroleum Producers to the job earlier this year.

Under Alberta's new Responsible Energy Act, the province's energy regulator no longer has a mandate to protect "the public interest."

The new act also introduced what some bureaucrats call the "Ernst Clause": it prevents landowners and citizens from suing the regulator for wrongdoing and negligence. [Tyee] "

Link: http://www.thetyee.ca/News/2013/09/20/Encana-Fracking-Lawsuit/

Sunday, September 8, 2013

Aux pompiers, il faut un capitaine

"La gestion du ministère de l'environnement quant aux dossiers écologiques ressemble à la prise en charge des incendies du nord par Sopfeu, au début de l'été : on éteint les feux seulement un instant avant la catastrophe générale. Demandez aux gens de Minganie comment ils trouvent qu'on les a traités. En fait, Sopfeu est beaucoup plus efficace que le Ministère, parce qu'il agit au lieu de réagir. Ce qui fait bouger le ministère, ce ne sont pas les fuites de gaz ou de pétrole ou de produits chimiques, mais les fuites dans les médias.

Le nouveau dossier de l'heure : les BPC de Pointe-Claire. Québec sait depuis mars dernier qu'il y a sur le terrain de la compagnie Reliance un entreposage illégal de matières dangereuses. Six mois ! Qu'est-ce qui a été fait ? Rien, nothing, niet, nada, malgré que plusieurs fonctionnaires aient signalé la grande dangerosité des substances en présence et leur entreposage complètement inefficace. Par contre, dès qu'il y a eu une fuite dans les médias, ça a été le branle-bas de combat : un garde sur le site, des clôtures, alouette ! La contamination du lac St-Louis, le système d'égouts de la ville pollué par 1 800 litres d'huiles usées et 200 000 litres d'eaux huileuses contaminées ramassées ) , ce n'était pas assez pour faire agir. Pourtant, l'utilisation des BPC est interdite depuis plusieurs années et le Canada a même signé une convention pour en assurer la destruction.

On fête le 20e anniversaire de l'incendie des BPC de Saint-Basile. Était-ce le gâteau qui était prévu pour l'occasion ? Voulait-on nous faire une belle surprise ? Et quand on demande au ministre pourquoi il n'a pas agi plus tôt et prévenu la population, il répond que c'était au Ministère de la santé publique de le faire. Toujours la faute d'un autre, n'est-ce pas ? La ministre Ouellet et la Sopfeu ont eu la même querelle pour déterminer qui aurait dû décider d'envoyer les pompiers.

Ce serait bien que nos élus prennent leurs responsabilités en même temps qu'ils prennent possession de leur limousine ministérielle. Parions même qu'ils peuvent y faire des téléphones pour se parler des dossiers importants, comme lorsque le Grand Nord brûle ou que du pétrole coule à pic dans la rivière Chaudière ou des BPC dans les égouts de Pointe-Claire. Plusieurs experts sont formels, une fois les BPC perdus dans l'environnement, il est trop tard. Le mal est fait. N'avez-vous pas une forte impression de déjà-vu alors que le ministre s'apprête à déposer une ordonnance ?

Le ministre Blanchet, comme à son habitude, dira que ce sont les médias qui cherchent à mal le faire paraître, ou que c'est au fédéral qu'on doit reprocher sa trop grande «souplesse», car dans ces deux dossiers, il y a une responsabilité partagée. Je pense discerner un pattern, un cercle vicieux, dans la gestion du présent gouvernement. Voyons cela.

Le premier élément consistait, pour le ministère de l'environnement, à se vanter d'avoir contenu 100 000 litres d'hydrocarbures dans le lac Mégantic. Le communiqué était du genre : « Chers citoyens, la situation est sous contrôle, nous avons retenu la contamination du lac Mégantic, etc. » Cependant, un spécialiste d'écotoxicologie moléculaire a sorti sa calculatrice : 72 wagons contenant x litres qui ont brûlé pendant tant d'heures, ce ne sont certainement pas 100 000 litres qui ont pu se répandre. Monsieur Pelletier a donc été le premier à émettre la possibilité que les dégâts soient plus importants que ceux annoncés. Ce que le ministère a dû concéder quelques jours plus tard. Où étaient les fonctionnaires et à quoi occupaient-ils leur temps ? Nous ne parlions pas de 100 000 litres, mais de plusieurs millions (5,7millions). Est-ce possible que ça ait pu leur échapper ? Bien sûr que non, mais ils se sont gardés de parler publiquement contre les patrons.

En second lieu, le ministre s'est voulu fort rassurant quant à la possibilité réelle que le pétrole ait pu couler au fond de la rivière Chaudière. Il parlait de «légères irisations» visibles. Encore une fois, il a fallu qu'un citoyen s'inquiète et fasse appel à un spécialiste des dommages environnementaux, Monsieur Daniel Green, lequel a pris des échantillons et fait la démonstration qu'il y avait des substances toxiques, en plus de la présence de pétrole sous l'eau. Le pétrole avait donc coulé, ce qu'il n'était pas censé faire. L'explication possible, c'est que l'hydrocarbure contenu dans les wagons soit du pétrole de schiste c'est-à-dire un mélange contenant des centaines, sinon des milliers, d'espèces moléculaires. Celui qui a été déversé, provenait du Dakota du Nord et n'est pas, sinon pauvrement, caractérisé. Autrement dit, on ne connaît pas sa composition exacte.

On peut comprendre que le gouvernement ait été dépassé par l'ampleur de la catastrophe et que son rôle soit de rassurer la population. Il faut admettre qu'un centre-ville qui explose, cela défie l'imagination. Plusieurs personnes ont parlé d'images de guerre. Pourquoi alors le dossier a-t-il été traité avec autant de désinvolture et de légèreté ? Cette même nonchalance explique le déversement des BPC.

Tout l'été, nous avons eu l'impression que le gouvernement était à la traîne, toujours devancé par les médias et les spécialistes. Pourtant, il aurait dû être constamment aux premières loges et contrôler la situation. Pourquoi avoir attendu que la compagnie MMA soit pratiquement en faillite pour lancer une ordonnance ? Que n'a-t-on pas demandé au gouverneur du Maine de saisir les actifs de la compagnie et de faire arrêter le PDG. Car, les Américains, eux, n'ont pas chômé : ils ont fait des annonces dans les 10 jours suivant la catastrophe. MMA peut encore aujourd'hui continuer ses activités au Québec, malgré la faillite et malgré le manque de sécurité de ses machines.

L'ordonnance contre la compagnie Reliance sera-t-elle plus efficace ? Les Québécois vont-ils encore payer la note ? Quelle garantie demandera-t-on à l'avenir pour empêcher ces catastrophes ? Petrolia s'apprêterait à fracturer l'île d'Anticosti au gaz propane et la ministre Ouellet - la même qui s'opposait farouchement au gaz de schiste - va-t-elle craquer elle-même l'allumette de ce désastre annoncé ? A-t-on prévenu les pompiers de ce qui les attend ? Mais surtout, qui est leur capitaine ?"

Signé: Marie-Ève Mathieu

Lien: http://quebec.huffingtonpost.ca/marieeve-mathieu/pollution-bpc-et-lac-megantic_b_3874714.html

Sunday, September 1, 2013

Peut-on empêcher un enfant de parler? Le cas des Hallowich



Ma traduction libre d'un reportage d'enquête signé Caitlin Dickson

Une famille de la Pennsylvanie a fait les manchettes quand on a prétendu que les compagnies de fracturations hydrauliques ont bâillonné leurs jeunes enfants. Se pourrait-il que ce soit vrai? Caitlin Dickson veut en savoir plus long sur cette histoire.

Pour quiconque qui vit près d'un (puits de) gaz de schiste, l'histoire de la famille Hallowich de Washington County, en Pennsylvanie, est une histoire bien familière. Cela commence avec un représentant d'une compagnie multi-milliardaire de gaz qui fait une offre d'une somme tentante d'argent en échange des droits miniers de la propriété. Ensuite vient le forage, ensuite des plaintes de maux de tête, de saignements de nez, ou pire. Ensuite les frais légaux. Puis le silence.

Ce qui est inhabituel avec ce cas-ci, c'est ce qui pourrait arriver aux enfants de Chris et Stephanie Hallowich.

Quand les Hallowich ont commencé à se construire sur leur 10 acres de terrain au sud-ouest de la Pennsylvanie, ils n'avaient aucune idée que la maison de leur rêve se retrouverait au-dessus d'un site de l'une des plus importantes opérations de fracturations hydrauliques du pays: le schiste du Marcellus. Une roche sédimentaire qui se trouve à des milliers de pieds sous terre de l'état de New York jusqu'en Pennsylvanie, des parties de l'Ohio, et en Virginie Occidentale, avec ses ressources vieilles de plusieurs millions d'années de décomposition pour générer ce que l'on appelle du gaz naturel, le schiste du Marcellus semble bien parti pour produire environ 550 millions de barils de gaz, et ce seulement pour l'année courante. Dans le cas des Hallowich, c'était le propriétaire précédent de leur terre qui s'était entendu pour exploiter cette ressource souterraine. L'usine de transformation du gaz, la station de compression, les pipelines souterrains, le bassin de décantation de 3 acres scellé par une membrane en plastique, et 4 puits de gaz naturel se sont retrouvés autour de la maison de 2 étages des Hallowich grâce à ces ententes se sont bientôt transformés bien plus en risques pour la santé qu'une plaie au paysage, d'après la famille.

Après s'être opposés à l'industrie de la fracturation hydraulique pendant des années, accusant les commerces qui s'étaient installés sur leur propriété d'avoir contaminé leur air et leur eau, les rendant eux et leurs jeunes enfants malades, et dévaluant leur propriété, les Hallowich ont entamé un procès contre les compagnies Range Resources, MarkWest Energy et Williams Gas/Laurel Mountain Midstream. Sans reconnaître leur responsabilité des revendications de la famille et leur santé, les gazières ont accepté de débourser $750,000 aux Hallowich pour permettre à la famille de déménager, en échange de leurs signatures au bas d'une clause de confidentialité.

De telles ententes ne sont pas des conclusions rares pour ces genres de procès, ni d'avoir les détails de l'entente sous scellés, comme c'est le cas pour celui-ci. Mais 2 années après avoir été refusé l'accès aux audiences de cour des Hallowich, le quotidien Pittsburgh Post-Gazette a demandé que la cour rende publique une transcription et a constaté une irrégularité. En signant l'entente de règlement, il semblerait que Chris et Stephanie non seulement était d'accord pour ne jamais plus parler de forages dans le schiste du Marcellus ou de n'importe quelle des compagnies avec qui ils ont signé l'entente, ils ont aussi promis que leurs enfants de 7 et 10 ans ne parleraient plus de fracturations hydrauliques. À tout jamais.

Deux années après que leur procès ait été réglé, la transcription rendue publique a projeté les Hallowich sous les projecteurs des grands médias nationaux, devenant le symbole des mesures extrêmes que semblent vouloir prendre les corporations pour faire taire leurs adversaires. Au moins l'une des compagnies s'est enclenchée en mode d'opérations pour limiter les dégâts, envoyant une lettre à l'avocat de la famille Hallowich pour insister à dire que contrairement à ce que ce qui s'est dit durant l'audience, la compagnie "n'avait jamais, à aucun moment donné, l'intention de tenir un enfant mineur légalement responsable d'une brèche de cette disposition de l'entente de règlement."

Mais l'intention des compagnies et les impacts réels sur les enfants sont deux choses bien différentes, et les deux continuent d'être chaudement débattues.


***

La fracturation hydraulique, ou fracking, est toujours un vague mystère pour la plupart des gens du pays. C'est probablement le mieux imaginé par ce que le personnage de Matt Damon tente de vendre à une petite communauté agricole de la Pennsylvanie dans le film de 2012 intitulé "Promised Land". Ou c'est ce qui apparemment a permis à un homme du Colorado de mettre le feu à son robinet de cuisine deux ans plus tôt dans le documentaire en nomination pour un Academy Award intitulé Gasland.

Bien que le fracking existe pour bien plus de 65 ans, c'est quand la méthode d'injecter de l'eau, du sable et des produits chimiques dans le sol pour libérer le pétrole des formations géologiques de roc a pris une ampleur industrielle aux É.-U. que le procédé est devenu sujet de reportages. Depuis les 25 dernières années, avec la découverte des schistes riches en gaz et l'introduction du fracking industriel, la production du gaz de schiste est passé de 0% à 23% de toute la production de gaz au É.-U. Ce pourcentage pourrait se gonfler à 49% d'ici 2035, rapprochant les États-Unis de son objectif universel de "terminer notre dépendance au pétrole étranger." Quand le président Obama dit qu'il veut augmenter les exportations de gaz naturel des É.-U., il parle de fracking.

Douglas Shields, un ancien conseiller de la ville de Pittsburgh, qui a voté pour une interdiction de la fracturation hydraulique dans Pittsburgh en 2010, dit qu'il a commencé à recevoir des appels de ses électeurs qui se faisaient offrir de l'argent comptant pour leurs droits miniers en 2008. Shields a été familier avec l'industrie gazière toute sa vie, travaillant d'un bateau dans une région exploité pour son pétrole dans le Golfe du Mexique en 1974 jusqu'à se faire une carrière légale en droit environnemental et régulatrice. Et la Pennsylvanie a une longue historique en forages gaziers. Alors quand les gazières ont promis de ramener les affaires dans un état qui était en déclin depuis la fin de l'ère industrielle, la plupart des gens, tout comme Shields, étaient ravis.

Mais les gens de la Pennsylvanie, ainsi que les gens qui se trouvent au-dessus des schistes gaziers partout au pays, découvriront bientôt que le fracking n'a rien en commun avec ce qu'ils connaissaient auparavant. Quand Stephanie Hallowich et d'autres se sont plaint de maux de têtes et de saignements de nez, et d'eau contaminée, "il était trop tard pour quiconque de faire quoi que ce soit qui soit politiquement efficace," selon Shields.

La recherche des impacts du fracking sur la santé est partagée et relativement restreinte. Selon une publication récente du National Institutes of Health Environmental Health Science, c'est clair pour les scientifiques qui ont étudié le fracking que le procédé émet des produits chimiques dans l'air et possiblement dans l'eau. Ce qui n'est pas clair, c'est la quantité de produits chimiques qui sont relâchés et l'étendue de l'exposition des gens. Au mois de mai passé, l'administration d'Obama avait dévoilé des nouveaux règlements de fracking qui exigent que les compagnies dévoilent quels produits chimiques sont utilisés dans le procédé et d'avoir des plans de gestion préparés pour s'assurer que les liquides contaminés ne se retrouvent pas dans l'eau souterraine. Et bien que certains dans l'industrie pétrolière et gazière comme le PDG de Chevron John Watson se sont prononcés en accord avec des restrictions plus sévères pour le fracking pour mitiger les risques, plusieurs autres continuent de dire que la pratique n'est pas responsable pour les contaminations de l'air et de l'eau, ni des problèmes de santé qui pourraient en découler.

L'avocat Mark Bern estime qu'il y a eu environ entre 50 et 100 procès au civil contre des compagnies gazières tout comme celui des Hallowich, sa firme d'avocats Napoli Bern Ripka Shkolnik LLP de Chicago en a traité environ 40 d’entre eux, et il prédit que le nombre ne peut cesser que croître. "Les litiges ne sont qu'à leur début, en parti parce que tout ces fracturations hydrauliques se sont fait si rapidement partout dans le pays," Bern a dit au The Daily Beast. "Bien qu'il y ait eu beaucoup de contamination, je ne crois pas qu'elle se manifestera avant un autre 10 à 20 ans parce que nous ne boirons pas l'eau de plusieurs des nappes aquifères qui ont été contaminées pour un bout de temps."

***

Est-ce que les enfants des Hallowich sont vraiment bâillonnés? La transcription du procès de la cour révèle que l'audience a été particulièrement confuse sur les implications de l'entente de règlement pour les enfants de Chris et Stephanie Hallowich. Peter Villari, l'avocat de la famille, remarque qu'il n'avait jamais vu une demande de faire taire des personnes d'âge mineur de toutes ses 30 années de carrière légale. Dans la transcription, il demande plusieurs fois à Chris et Stephanie Hallowich si ils comprennent qu'en signant l'entente de règlement, ils pourraient renoncer aux droits du First Amendment (liberté d'expression) de leur enfant, si cela est possible. Ils se demandent comment on peut s'attendre à contrôler ce que leurs enfants disent quand ils ne sont pas supervisés.

James C. Swetz, l'avocat qui représentait Range Resources à l'audience, aurait dit que "les Hallowich sont définis comme étant la famille au complet. C'est de la façon que le contrat a été écrit. C'est l'entente qu'on aurait conclu ensemble." Le juge dit carrément qu'il ne sait pas si des parents pouvaient faire une telle promesse pour leurs enfants, l'étiquetant comme étant une "question de faculté de droit." Swetz reprend de plus belle, précisant, "je prétend que notre position est que cela s'applique à toute la famille. Nous verrions certainement à ce que soit respecté."

Gabe Rottman, un expert de la liberté d'expression de l'union des libertés civiles américaines (American Civil Liberties Union), est préoccupé par la constitutionnalité d'une telle entente de règlement. "Ils ne peuvent pas passer de commentaires sur le schiste du Marcellus, ou du fracking, du tout, à jamais," écrivait Rottman dans un courriel envoyé au The Daily Beast. "À part des problèmes légaux du contrat, j'argumenterais que cela est impossible à rendre exécutoire en tant qu'infraction au First Amendment. Ceci pourrait inclure des paroles qui n'ont rien à voir, ou très peu à voir, avec les clauses de l'entente de règlement entre la compagnie et les Hallowich." Rottman précise aussi que les enfants ont le droit de nier un contrat qui les engage avant qu'ils n'aient atteint l'âge de 18 ans. Il dit que c'est ce qu'ils devraient faire.

Par contre, Bern dit que la réponse à ce dilemme est simple: les enfants Hallowich, comme tous les enfants impliqués dans un procès conclu avec n'importe quelle corporation importante, sont probablement liés par cette entente. Les enfants d'âge mineur ne peuvent pas signer d'entente de règlement, mais ils sont souvent des plaignants dans ce genre de litige, avec leurs parents qui argumentent pour eux que les forages les ont rendus malades ou créé un environnement dangereux pour continuer à y vivre. Des procès, explique Bern, rendent ces cas publics. Alors si les corporations ne veulent pas être des cibles de mauvaise presse ou de procès futurs, ils règleront hors cour et insisteront à avoir une entente de confidentialité. En général, dit-il, ceux qui signent "s'y engagent à tout jamais."

Douglas Shields de Pittsburgh appelle cela "un procédé d'extorsion" mais ajoute, "Je ne blâme personne dans de telles circonstances de prendre l'argent et de se sauver."

***

"Vous me donner la chaire de poule," dit Jane, qui parlait au The Daily Beast à condition qu'elle demeure anonyme, quand on lui demande ce qu'elle pense de l'idée d'empêcher ses enfants de parler de fracking de façon permanente. "Oh, c'est malade de faire çà." Elle dit que elle, son mari et leurs deux enfants sont assez chanceux d'être parti de là.

Ils n'ont pas loué leur propriété aux gazières qui sont venues dans leur petite ville au Colorado parce qu'ils ne possédaient pas les droits miniers de leur propriété. Mais c'est leurs voisins qui les possédaient. Et 2 semaines après le début des fracturations sur la terre à côté de leur maison, Jane dit que "notre eau est devenue mauvaise."

Jane et son mari ont entamé un procès contre la compagnie de forage qui avait payé les voisins pour fracturer sur leur terre, avançant que les émanations aériennes et les produits chimiques qui émanaient des tours de forage de la compagnie étaient la cause des saignements de nez, des pertes de conscience, des irritations cutanées, des toux continuelles et d'autres maladies dont souffraient la famille. Leur cas avait été rejetée par la cour originalement, mais le mois passé, avec l'aide de la firme d'avocats de Bern, ils ont gagné la chance d'aller en rappel. Et ils n'ont pas été obligés de signer une clause de confidentialité, bien qu'elle connaisse des personnes qui ont été obligées de le faire.

Bien que Jane est certaine qu'elle et sa famille ne sont pas plus malades depuis qu'ils ont dû faire une expulsion constructive (quand une résidence est déclarée comme étant inhabitable) et déménager dans une autre ville, elle dit que leur santé en souffre encore. "Je suis vraiment inquiète pour l'avenir de nos enfants, à cause des matières auxquels ils ont été exposés," dit-elle. C'est quand même difficile pour elle de dire ce qu'elle aurait fait à la place des Hallowich. "Nous avons toujours dit dès le début que nous laisserions les gens savoir ce qui se passe pour que cela arrive à moins de personnes que possible," dit-elle.

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Cela fait des semaines que les transcriptions de cour des Hallowich sont publiques, et le directeur des communications de Range Resources Matt Pitzarella s'objecte vigoureusement de la façon que l'histoire s'est déroulée. "Pour être bien clair, l'entente de règlement n'a jamais été conçue pour être imposée à des enfants d'âge d'école primaire," il écrivait dans un courriel envoyé au The Daily Beast. "L'entente de règlement commence par mentionner le noms des enfants une seule fois, parce qu'ils ont été nommés dans les dossiers du procès. Mais en matière de l'entente sur la propriété, de la confidentialité, et ces choses font clairement référence aux parents."

Pitzarella se réfère aux commentaires de Swetz quand il dit que l'ordre devrait s'appliquer à la famille au complet et soit respecté comme étant "une de plusieurs faite par un ancien avocat de Range, qui nous a jamais averti des problèmes entourant la question des enfants. Quand nous l'avons appris, nous avons immédiatement envoyé une lettre à l'avocat des plaignants." Swetz n'est plus employé par la firme prestigieuse K&L Gates, où il travaillait quand se déroulait l'audience des Hallowich. Il ne représente plus non plus Range Resources. Quand on lui demande si la conclusion du cas y a quelque chose à voir, Pitzarella répond, "Nous étions insatisfaits sur plusieurs aspects dont l'entente de règlement s'est déroulé." Le The Daily Beast a tenté plusieurs fois sans succès de rejoindre Swetz. (Les demandes faites auprès de Williams Gas/Laurel Mountain Midstream n'ont pas abouti non plus. MarkWest Energy préfère ne pas faire de commentaires."

Villari, l'avocat des Hallowich, ne nie pas avoir reçu la lettre, mais n'y croit rien. "Il n'y avait aucun doute par tous les partis impliqués que la minute que Swetz ait ouvert la bouche, il parlait au nom de Range. Il a fait ce qu'on lui a demandé de faire, son travail." Villari dit qu'il a envoyé une lettre en réponse à Range Resources, MarkWest Energy et Williams Gas/Laurel Mountain Midstream, les compagnies impliquées dans l'entente de règlement originale, les invitant tous à une stipulation conjointe qui retirerait l'ordre de bâillonnement aux enfants. Personne n'a répondu. Encore pire, à part de Range Resources, les autres défendants de l'entente, tout comme les Hallowich, ont gardé le silence."

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"Can You Silence a Child? Inside the Hallowich Case
by Caitlin Dickson

A Pennsylvania family made national headlines when it was alleged that fracking companies put their young children under a gag order. Could it really be? Caitlin Dickson digs into the case.

For anyone who lives near a natural gas shale, the story of the Hallowich family of Washington County, Pennsylvania, is a familiar one. It begins with a knock on the door from a representative from a multi-billion dollar natural gas company offering an enticing sum of money in exchange for the mineral rights to the land. Then comes the drilling, followed by reports of headaches, or nosebleeds, or worse. Then the legal fees. Then silence.

What’s not familiar in the case is what may have happened to Chris and Stephanie Hallowich’s children.

When the Hallowiches began building on ten acres of land in southwestern Pennsylvania, they had no idea their dream home would sit atop the site of one of the biggest fracking operations in the country: the Marcellus Shale. A sedimentary rock that runs thousands of feet below ground from upstate New York through Pennsylvania, parts of Ohio, and into West Virginia, its millions of years’ worth of decomposition creating so-called natural gas, the Marcellus Shale is currently on track to produce about 550 million barrels of gas this year alone. In the Hallowiches' case, it was the previous owner of their property who had cut several deals to cash in on this underground resource. The gas processing plant, compressor station, underground pipelines, three-acre plastic-lined holding pond, and four natural gas wells that sprouted up around the Hallowiches’ two-story house as a result of these deals soon became more health hazard than eyesore, the family says.

After opposing the fracking industry for years—accusing the businesses that had set up shop on their land of contaminating their air and water, making them and their small children sick, and devaluing their property—the Hallowiches sued the companies Range Resources, MarkWest Energy and Williams Gas/Laurel Mountain Midstream. Without accepting responsibility for the family’s health claims, the gas companies agreed to pay the Hallowiches $750,000 so that the family could move out—in exchange for their signatures on a non-disclosure agreement.

Such agreements aren’t uncommon outcomes for these types of suits, neither is having the details of the settlement sealed, as this one was. But two years after being barred from attending the Hallowiches’ settlement hearing, the Pittsburgh Post-Gazette requested that the court release a transcript and discovered something odd. By signing the agreement, it appeared that Chris and Stephanie were not only promising never to speak about Marcellus Shale gas drilling or any of the companies with which they settled—they were also ostensibly vowing that their 7 and 10-year-old children would keep their mouths shut about fracking. Forever.

Two years after their suit was settled, the unsealed transcript thrust the Hallowiches into national news headlines, symbolizing the apparent lengths to which corporations would go to keep adversaries quiet. At least one of the companies jolted into damage control mode, sending a letter to a Hallowich family lawyer insisting that, contrary to what was said in the hearing, it "has never, at any time, had the intention of seeking to hold a minor child legally accountable for a breach of that provision of the settlement agreement.”

But the companies' intention and the actual effect on the children are two different things—both of which continue to be debated.

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Hydraulic fracturing, or fracking, is still somewhat of a mystery to most of the country. It’s probably best identified as what Matt Damon’s character tries to push on a small Pennsylvania farming town in the 2012 film Promised Land. Or it’s what (arguably) caused a Colorado man to light his tap water on fire two years earlier in the Academy Award-nominated documentary Gasland.

Though fracking has been around for well over 65 years, it wasn’t until the method of injecting water, sand, and chemicals into the ground to break up oil and rock formations was introduced on an industrial scale in the U.S. that the process became newsworthy. In the past 25 years, with the discovery of gas-rich shales and the introduction of industrial fracking, shale gas production has gone from zero to 23 percent of all U.S. gas production. That percentage is predicted to balloon to 49 percent by 2035, moving the U.S. closer to its universally endorsed goal of “ending our dependence on foreign oil.” When President Obama says he wants to boost natural gas exports from the U.S., he’s talking about fracking.

Douglas Shields, a former Pittsburgh City Councilman who passed a ban on fracking for Pittsburgh in 2010, says he first started getting calls from constituents who’d been offered cash for their mineral rights in 2008. Shields had been around the gas industry his entire life—from working on an oil field boat in the Gulf of Mexico in 1974 to building a legal career in environmental and regulatory law—and Pennsylvania has had a long history of gas drilling. So when gas companies promised to bring business back to a state that had been in decline since the end of the industrial era, most people, including Shields, were excited.

But Pennsylvanians, as well as people sitting on natural gas shales around the country, would soon discover that fracking is unlike anything they’d ever encountered before. By the time Stephanie Hallowich and others complained of headaches and nosebleeds and contaminated water, Shields says, “it was too late for anyone to do anything politically effective.”

The research on the health impacts of fracking is mixed and relatively limited. According to a recent National Institutes of Health Environmental Health Science podcast, it’s clear to scientists who’ve studied fracking that the process emits chemicals into the air and possibly water. What’s unclear is the amount of chemicals that are released and the extent to which people might be exposed. Back in May the Obama Administration unveiled new fracking regulations that require companies to disclose which chemicals are used in the process and to have management plans in place to ensure that contaminated liquids don’t make their way into groundwater. And while some in the oil and gas industry like Chevron CEO John Watson have come out in favor of stricter fracking restrictions to mitigate risks, many others maintain that the practice is not responsible for air and water contamination or the health issues that could cause.

Attorney Mark Bern estimates that there have been somewhere between 50 and 100 civil lawsuits against natural gas companies just like the Hallowiches’—his Chicago-based firm Napoli Bern Ripka Shkolnik LLP has handled about 40 of them—and he predicts that number will only continue to grow. “The litigation is still very young, partially because all of this fracking has happened so fast throughout the country,” Bern told The Daily Beast. “Even though there has been a lot of contamination, I don’t believe it will really manifest itself for another 10 to 20 years because we won’t be drinking water from many of the aquifers that have been contaminated for that long.”

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Have the Hallowich kids really been gagged? The court transcript in the case reveals a hearing wrought with confusion over the settlement’s implications for Chris and Stephanie Hallowich's children. Peter Villari, the family’s attorney, notes that he has never seen a request to silence minor in his 30 years of practicing law. In the transcript, he repeatedly asks Chris and Stephanie Hallowich if they understand that by signing the agreement they may be giving up the First Amendment rights of their child—if that’s possible. They question how they were to be expected to control what their children say when out from under their supervision.

James C. Swetz, the attorney representing Range Resources at the hearing, is quoted saying that “the Hallowiches are defined as the whole family. That’s the way the contract has been written. That’s what we’ve agreed to.” The judge states flatly that he doesn’t know whether parents could make such a promise on behalf of their children, calling it “a law school question.” Swetz doubles down, clarifying, “I guess our position is that it does apply to the whole family. We would certainly enforce it.”

Gabe Rottman, a free speech expert at the American Civil Liberties Union, is concerned about the constitutionality of such an agreement. “They can’t comment on Marcellus Shale or fracking at all, ever,” Rottman said in an email to The Daily Beast. (Emphasis his.) “Aside from the contract law issues, I would argue that’s unenforceable as a violation of the First Amendment. This would cover speech that has little or nothing to do with the terms of the agreement between the company and the Hallowiches.” Rottman also pointed out that children have the right to disaffirm a contract they’re entered into before they turn 18. He says they should do that.

Bern, however, says the answer to this question is simple: the Hallowich kids, like all children included in a lawsuit settled with any kind of major corporation, are most likely bound by the agreement. Minors can’t sign settlements, but they are often plaintiffs in these types of suits, with their parents arguing for them that drilling made them sick or created an unsafe environment for them to live. Trials, Bern explained, make cases public. So if corporations don’t want to open themselves up to bad press or future lawsuits, they will settle out of court and insist on a non-disclosure agreement. Generally, he said, those who sign “are bound forever.”

Pittsburgh’s Douglas Shields called this “an extortion process” but added, “I don’t blame anyone in these circumstances for taking the money and getting the hell out.”

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“You’re giving me goose bumps,” says Jane, who spoke to The Daily Beast under the condition of anonymity, when asked about the idea of permanently prohibiting her two children from talking about fracking. “Oh, that’s sick.” She says she, her husband, and their two kids were lucky enough to get the hell out.

They didn’t lease their land to the gas company that came to their small Colorado town because they didn’t own the mineral rights to their property. But the neighbors did. And two weeks after fracking began on the land around her house, Jane says, “our water went bad.”

Jane and her husband sued the drilling company that had paid the neighbors to frack on their land, claiming the fumes and chemicals emitted by the company’s rigs had caused the family nosebleeds, blackouts, rashes, constant coughing, and other illnesses. Their case was initially dismissed, but just last month—with the help of Bern’s firm—they won an appeal. And they didn’t have to sign a non-disclosure agreement—though she knows people who’ve had to.

While Jane is certain that she and her family haven’t gotten any sicker since they had to do a constructive eviction—in which a home is declared uninhabitable—and move towns, she says their health is still suffering. “I’m really worried about our children’s future, what they’ve been exposed to,” she said. Still, it’s hard for her to say what she would have done in the Hallowiches’ position. “We’ve always said from day one we want to let people know what’s happening so it happens to as few people as possible,” she said.

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It’s been weeks since the Hallowiches’ court transcripts were released, and Range Resources's communications director Matt Pitzarella objects strongly to the way the story has played out. “To be very clear, the agreement was never intended to be applied to the elementary school aged children,” he wrote in an email to The Daily Beast. “The agreement begins by mentioning the names of the children only once, because they were named in the lawsuit. But matters like the real estate covenant, nondisclosure, and those matters are all clearly in reference to the parents.”

Pitzarella referred to Swetz’s comment that the order would apply to the entire family and be enforced as “one of several made by a former outside counsel to Range, who never informed us of the questions surrounding the children. When we learned of it, we immediately sent a letter to the plaintiff’s attorney.” Swetz is no longer employed by the prestigious law firm K&L Gates, where he was working at the time of the Hallowich hearing. He’s also no longer representing Range Resources. When asked if the outcome of the case had anything to do with this, Pitzarella replied, “We were unsatisfied with many aspects of the handling of the settlement.” The Daily Beast made multiple unsuccessful attempts to reach Swetz. (Requests to Williams Gas/Laurel Mountain Midstream were unreturned as well. MarkWest Energy declined to comment.)

Hallowich lawyer Villari doesn’t deny receiving the letter, but he isn’t buying any of it. “There was no doubt in anyone’s mind that the moment [Swetz] opened his mouth he was speaking on Range’s behalf. He did what he was hired to do.” Villari said that he sent a letter in response to Range Resources, MarkWest Energy and Williams Gas/Laurel Mountain Midstream—the companies involved in the original settlement agreement—inviting all of them to enter into a joint stipulation withdrawing the gag order against the children. No one has responded. In fact, other than Range Resources, the rest of the defendants in the agreement have, like the Hallowiches, remained silent. "

Link: http://www.thedailybeast.com/articles/2013/09/01/can-you-silence-a-child-inside-the-hallowich-case.html

Monday, August 26, 2013

Pétrolia veut fracturer Anticosti avec du gaz


"Hydrocarbures: Pétrolia veut utiliser du gaz pour fracturer le sol d’Anticosti

26 août 2013 | Alexandre Shields

Pétrolia souhaite mener dès l’an prochain des opérations de fracturation sur l’île d’Anticosti en utilisant du gaz naturel pour tenter d’extraire d’éventuelles réserves d’énergie fossile. Cette technique, dont on ignore totalement les impacts environnementaux, n’a jamais été testée au Québec.


« On ne pense pas que l’on va fracturer à l’eau. On va fracturer avec du gaz », a affirmé André Proulx, président de Pétrolia, en entrevue à l’Agence France-Presse. Des propos qu’il a répétés sur les ondes de RDI dimanche. « L’eau, dans la roche que l’on a [sur cette île], empêche le pétrole de sortir », a-t-il fait valoir. Il s’agirait en fait de pétrole de schiste.


Risques environnementaux


En ayant recours au gaz, Pétrolia estime qu’elle n’aura pas à construire des infrastructures de traitement d’eaux usées sur la plus grande île du Québec. Le président de l’entreprise estime en outre qu’il sera possible de « récupérer tout le gaz » - du propane - injecté sous forte pression à des centaines de mètres de profondeur pour fracturer le sous-sol. Le méthane et les autres gaz s’échappant de la fracturation seront « captés » pour être ensuite commercialisés, a-t-il ajouté. Il a déjà été question d’utiliser ce gaz afin d’alimenter la Côte-Nord. Il pourrait y être acheminé par un gazoduc qui traverserait le Saint-Laurent.


Spécialiste des questions énergétiques à HEC Montréal, Pierre-Olivier Pineau estime que la fracturation par gaz « multiplie les possibilités de fuites fugitives de gaz » qui sont « pires pour l’effet de serre, car c’est du méthane qui s’échappe sans être contrôlé ». Le méthane est un gaz à effet de serre vingt fois plus puissant que le CO2.


Et en cas d’exploitation pétrolière sur l’île, il faudrait forer des milliers de puits. Selon une analyse produite par l’ingénieur géologue Marc Durand, les pétrolières devraient forer 12 000 à 15 000 de ces puits pour espérer extraire de 2 % à 3 % des possibles ressources d’or noir d’Anticosti. En plus des plateformes de forage, l’exploitation nécessiterait la construction de routes, d’oléoducs, de gazoducs et d’au moins un port.


Selon Pétrolia, des opérations de fracturation pourraient être menées dès 2014 et une première exploitation serait envisageable d’ici 2016. Junex, l’autre entreprise qui contrôle des permis d’exploration sur l’île, a elle aussi déjà évoqué la possibilité de fracturer le sous-sol l’an prochain.


Le gouvernement Marois a l’intention de laisser les pétrolières aller de l’avant avec l’exploration, mais en leur imposant un cadre réglementaire « rigoureux ». Le ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet, s’est d’ailleurs montré ouvert à la fracturation. « Il faut être cohérent. On ne peut dire qu’on veut permettre l’exploration, mais qu’on ne permettra pas la fracturation. Ce n’est pas logique », a-t-il fait valoir au Devoir en mai dernier.


C’est seulement une fois que les entreprises auront mené l’exploration sur Anticosti que le gouvernement mandatera le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) pour étudier les risques de l’exploitation. On ignore totalement combien de forages et d’opérations de fracturation seront nécessaires avant de statuer sur la possibilité d’extraire du pétrole.


Entente confidentielle


Anticosti est surtout reconnue comme un paradis de la chasse au cerf de Virginie. Mais on y trouve aussi des rivières à saumon exceptionnelles. Et selon les données officielles du gouvernement du Québec, près d’une vingtaine d’espèces animales et végétales en péril se retrouvent sur l’île ou dans le secteur la ceinturant.


Pétrolia, qui a obtenu ses permis d’exploration en vertu d’une entente confidentielle avec Hydro-Québec, a inscrit neuf lobbyistes au registre québécois, dont l’ancien maire d’Anticosti. Dans leur mandat, on peut lire que « Pétrolia encourage le gouvernement à participer financièrement au développement du secteur des hydrocarbures, notamment par la mise en place de mesures fiscales ou budgétaires d’appui au secteur des services à l’industrie pétrolière »."

Lien: http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/385998/hydrocarbures-petrolia-veut-utiliser-du-gaz-pour-fracturer-le-sol-d-anticosti
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Here's my English translation of article written by Alexandre Shields published in Le Devoir:

Hydrocarbons: Petrolia wants to use gas to frack Anticosti Island

As early as next year, Petrolia wants to do fracturing operations on Anticosti Island by using natgas to try to extract eventually fossil fuels reserves. This technique, of which environmental impacts are totally unknown, has never been tested in Quebec.

"We don't think we will fracture with water. We shall frack with gas", says André Proulx, president of Petrolia, in an interview with Agence France-Presse. He is repeating words he used in a Sunday interview on RDI. "Water in the rock formation under this island is preventing the oil from coming out", he adds. In fact, it is shale oil.

Environmental risks

By using gas, Petrolia is counting on not having to build any wastewater treatment infrastructure on Quebec's largest island. The company's president thinks that it should be possible to "recover all the gas", that would be propane, that would be injected at high pressure at many hundreds of meters deep to fracture underground. The methane and the other gases coming out of the fracking will be "captured" to be sold on the market, he adds. There had already been mention of using gas to feed the North-Shore. The gas could be transported by pipeline that would cross the St. Lawrence River.

Pierre-Olivier Pineau, energy specialist from the HEC in Montreal, thinks that fracking with gas "multiplies the possibilities of having fugitive gas leaks" that are "worse as a greenhouse effect gas, because it is methane that leaks without any control". Methane is a greenhouse gas 20 times more powerful than CO2.

To exploit oil on the island, thousands of wells would have to be drilled. As per an analysis produced by Marc Durand, engineer in geology, the oil industry would have to drill between 12,000 to 15,000 of these wells to hope to produce from 2% to 3% of the black gold resources of Anticosti. On top of the drilling sites, exploitation would require road construction, oil and gas pipelines, and at least one port facility.

As per Petrolia, fracking operations could be done as soon as 2014 and exploitation could start by 2016. Junex, the other business that holds exploration permits on the island, has also mentioned the possibility of fracking under Anticosti next year.

The Marois government intends to let the oil industry go ahead with the exploration, but by imposing a "strict" regulatory oversight. The Environment Minister Yves-François Blanchet, is quite open to the idea of fracking. "We have to be coherent. We cannot say that we will allow exploration, but will not allow fracking. It is not logical", he had said to the Devoir last May.

It's only once the companies will have explored Anticosti that the government will mandate a provincial environmental public hearings body (BAPE) to study the risks of exploitation. It is entirely unknown how many wells and fracking operations will be necessary to determine the possibility of extracting the oil.

Confidential agreement

Anticosti is especially known for being a hunting paradise for White-tailed deer. But there are also some exceptional salmon rivers. And as per official statistics from the government of Quebec, nearly twenty endangered animal and plant species can be found on the island, or the region surrounding it.

Petrolia has obtained exploration permits according to a confidential agreement with Hydro-Quebec, and has registered nine lobbyists in the Quebec register, among which the ex mayor of Anticosti. In their mandate, it is written that "Petrolia encourages the government to participate financially to the development of hydrocarbons, notably by implementing fiscal or budgetary measures to back the sector that serves the oil industry."

Wednesday, August 21, 2013

Le citoyen Encana - Le double visage de la plus importante corporation de Calgary



Durant une nuit pluvieuse du printemps 2006, Darrell Graff aidait une vache à mettre bas quand l'invasion gazière commença. EnCana éventait un puits. Le fermier de 30 ans a commencé à sentir son corps se raidir et bientôt il ne pouvait plus bouger ses jambes. Il appela Barbara, sa mère. Avec la lumière jetée de sa torche, elle savait qu'il souffrait d'une crise.

Ses propres mains déjà raides, la frêle Barbara de 57 ans glissait sur la boue, parvint à rejoindre son fils et l'aida à monter dans le camion. Elle était déjà à plusieurs kilomètres de leur ferme quand la crise de Darrell pris fin.

Barbara et Darrell sont tous les deux très sensibles aux produits chimiques. Dans le cas de Darrell, c'est si grave que les émissions générées par les puits de gaz naturel provoquent des contractions partielles de ses muscles moteurs et une fois, il a eu un arrêt cardiaque. Les Graff ont dit aux compagnies gazières, dont EnCana, de soit arrêter de relâcher du gaz de leurs puits ou au moins leur donner assez de pré-avis pour qu'ils puissent évacuer leur ferme. Jusqu'à date, ils ont eu très peu de coopération. "Cela menace notre survie," dit Barbara. "EnCana semble penser qu'elle est au-dessus de la loi."

La famille travaille la terre près de Vulcan, en Alberta, depuis 5 générations, et ils hésitent à laisser derrière eux la seule communauté qu'elle ait connue. Bien que depuis les dernières années, le développement gazier est devenu presque aussi important pour la municipalité de 2,000 âmes que l'agriculture.

Les Graff et la région de Vulcan sont la métaphore parfaite pour les deux visages d'EnCana. La plus importante compagnie énergétique du Canada a créé des emplois, attiré des investissements et investi de l'argent dans les communautés rurales partout dans les prairies canadiennes et l'ouest des États-Unis. Elle a aussi laissé une trainée de fermiers et de ranchers qui disent que la compagnie a ruiné leur propriété, les a rendus malades et tué leur bétail.

Établie en 2002 grâce à une fusion de deux compagnies plus petites, EnCana a utilisé une stratégie d'affaires fonceuse pour devenir à la tête de l'industrie pétrolière et gazière. C'est l'une des corporations du pays les plus rentables, avec $23 milliards de profits l'an dernier, et la 2e plus importante gazière du monde entier.

EnCana a laissé sa marque partout où elle a opéré. Cette année, elle projette de faire des dons de $35 millions à des organismes de charité dans des communautés du nord de la C.-B. jusqu'au Texas. Du Club des 4-H, ce fameux club des prairies qui enseigne aux enfants comment faire de l'agriculture, jusqu'au rodéos communautaires, tous ont profité de la philanthropie de cette compagnie. À Calgary, EnCana a construit un gratte-ciel d'un milliard de dollars qui est admiré par les critiques en architecture. Terminé, le Bow de 58 étages sera l'édifice le plus élevé du Canada à l'ouest de Toronto.

Par contre, pas tout le monde est heureux de cette compagnie. Des fermiers ont accusé EnCana d'avoir contaminé leur terre avec le gaz naturel. L'argent de la compagnie a servi à alimenter une bataille mortelle dans les forêts de l'Amérique du Sud entre les paysans et un gouvernement déterminé à construire un pipeline au travers une réserve faunique. Et deux ranchers de l'Alberta ont passé plus d'une année à se battre en cour contre EnCana pour obtenir rien de plus qu'une garantie de base que la compagnie n'empoisonnerait pas leur eau. Certains de ces problèmes sont très bien connus, d'autres ont été rapportés ici pour la première fois.

EnCana est un symbole de l'ouest. Indépendante et fière, la compagnie a mis au défi le contrôle du gouvernement et bouleverse la notion que seule une compagnie énergétique américaine ou européenne peut faire sa marque au niveau international. Pour la première fois, Fast Forward raconte l'histoire au complet du plus important succès d'affaires du Canada, et les gens en colère qu'elle laisse derrière elle.

La naissance d'un géant des prairies

À tous les jours quand il était un enfant, Gwyn Morgan se levait tôt pour nourrir le bétail sur la ferme familiale à Dogpound, une partie reculée des prairies à 80 kilomètres au nord-ouest de Calgary. L'homme qui sera à la tête de la plus grosse compagnie pétrolière et gazière du Canada n'avait pas d'eau courante jusqu'à l'âge de 12 ans. Le plus jeune de 4 enfants, élevé sévèrement, il a appris qu'on pouvait réussir à tout, si on s'y mettait sérieusement. Il finit par croire que ceux qui ne réussissent pas, c'est parce qu'ils n'y travaillent pas assez.

Morgan a laissé la maison vers la fin de son adolescence pour étudier l'ingénierie à l'université de l'Alberta. Pendant les prochaines années qui ont suivi, il a exploré l'Arctique pour du pétrole avec Norlands Petroleum avant de se trouver un emploi chez Alberta Energy Corporation (AEC) en 1975.

Le gouvernement provincial a créé AEC pour faire travailler les gains du pétrole, du gaz et des mines de l'Alberta au profit du peuple. Les actions de la compagnie étaient vendues aux citoyens de l'Alberta. Le gouvernement a aussi donné deux avantages à AEC: une part dans le consortium de Syncrude qui commençait tout juste à exploiter les sables bitumineux près de Fort McMurray, et le droit de forer dans la région de Suffield au nord de Medicine Hat.

Avec la croissance de la compagnie, le sort de Morgan s'améliora aussi. Il organisa les opérations de la compagnie à Suffield et devenu plus tard le chef de la division pétrole et gaz de la compagnie. En 1994, l'année suivant la privatisation de la compagnie par la province, Morgan a été promu comme PDG. Un nationaliste, son rêve était de créer une compagnie pétrolière et gazière de propriété canadienne d'équivalence avec les géants internationaux.

"Il est un gars très déterminé et intelligent," dit Dick Hskayne, un pétrolier de longue date et ancien membre du CA de AEC. "Il connaît l'ingénierie, et il connaît la business du pétrole, mais il a une vue plus large sur la vie et est très bon à prendre des décisions à implications politiques... que ce soit en environnement ou du domaine de la finance."

Morgan ne respecte pas le moule d'un baron pétrolier. Il parle distinctement, mange de la nourriture saine et fait de l'exercice pendant 90 minutes tous les jours. Il est svelte, un cercle de cheveux blancs sur une tête qui est presque chauve, et porte une paire de petites lunettes rondes. Son enfance difficile lui a laissé une éthique de travail stricte qui fait de lui un PDG sévère. Dans les années 1990, il a manigancé une série d'offres hostiles d'achat de compagnies plus petites, fournissant ainsi au AEC de vastes réserves de gaz naturel en Alberta, au Wyoming et au Montana, ainsi qu'une exploitation profitable de pétrole en Équateur.

Morgan vise enfin la plus grosse prise de toutes: les réserves de Canadian Pacific (CP). En 1880, le gouvernement fédéral a cédé à CP 100,000 kilomètres carrés de terrain pour se construire un chemin de fer, ainsi que le droit d'exploiter le charbon et le gaz naturel du sous-sol. En 2001, le gouvernement a mis de côté les ressources pétrolières et gazières de côté dans une compagnie privée appelée PanCanadian Energy. En octobre de la même année, Morgan a appelé le président de CP, David O'Brien, pour lui dire qu'il voulait discuter d'une fusion de AEC et PanCanadian. Suite aux pressions de Haskayne, O'Brien aquiesça.

Quelques jours plus tard, lui et Morgan on commencé à négocier secrètement la fusion de leurs compagnies. Au début, ils se rencontraient seuls dans des bureaux vides du CP sur le 18 étage de Bankers Hall. En janvier 2002, quand les deux hommes ont inclus leur personnel haut-gradé dans leurs discussions, ils ont déménagé l'endroit de leurs réunions dans des chambres louées de l'hôtel Hyatt au centre-ville de Calgary, à quelques coins de rues de là. Haskayne se rappelle que Morgan gardait les discussions informelles en se déguisant en jeans et transportant un sac à dos quand il se montrait à l'hôtel. C'était crucial de garder tout cela secret: si jamais on se rendait compte que AEC et PanCanadian négociait une fusion, les compagnies deviendraient des cibles pour des offres d'achat hostiles.

Pendant 3 mois, les discussions étaient gardées secrètes. Le dimanche 28 janvier, Morgan et O'Brien ont finalement dévoilé l'entente au public. Morgan dirigerait la nouvelle corporation, tandis que O'Brien aurait le titre honorifique de président. Toujours le patriote, Morgan baptisa la compagnie EnCana, "Energy Canada" écourté.

La nouvelle compagnie a adopté une stratégie d'affaires non conventionnelle. Plutôt que de chercher des nouvelles sources de pétrole et de gaz outre-mer, EnCana s'est concentré sur les avoirs principaux de son commerce en Amérique du Nord. Grâce aux ressources que les gouvernements canadien et de l'Alberta avaient accordé à PanCanadian et AEC, EnCana contrôlait de vastes champs d'exploitation gazière dans le sud de l'Alberta. La majorité du gaz conventionnel avait déjà été exploité. La compagnie a réalisé, toutefois, qu'avec la bonne technologie, elle pourrait extraire le gaz du roc autour des dépôts de gaz taris. La technologie s'appelle fracturation hydraulique, ou "fracing" (on prononce "fracking"). Cela comporte à injecter à haute pression du gaz ou de l'eau dans la terre pour fissurer le roc et faire relâcher le gaz. La technologie fonctionnait, et bientôt d'anciens champs d'exploitation recommençaient à produire de vastes quantités de gaz.

Entre-temps, les investissements de la compagnie en Équateur lui causaient des problèmes. EnCana a tenté de nettoyer les déversements de pétrole dans le pays qui avaient été laissés par les compagnies précédentes et a aidé à financer un OGNL local pour aider les fermiers à semer leurs champs de façon plus efficace. Toutefois, la compagnie connu des problèmes quand elle a acheté une partie d'un projet de construction d'un pipeline de 800 kilomètres de long pour transporter du pétrole brut venant de ses puits situés dans les jungles de l'est de l'Équateur vers la mer. Le tracé de l'oléoduc traversait une réserve faunique et dû faire face à de l'opposition venant des fermiers et des villageois sur son passage.

À un moment donné, des résidents de El Reventador, un village sur le tracé du pipeline, ont barricadé les routes sortant de la ville avec des pneus en feu. Après l'intervention de la police et la mort de deux protestataires, la barricade fut démontée. "Pour construire ce pipeline, il y a eut beaucoup de coercition," dit Nadja Drost, un réalisateur de films de Toronto qui a documenté la construction du pipeline. "Ce n'est pas un environnement très libre."

Des travailleurs sur le nouveau pipeline ont aussi percé un vieux tuyau et causé le déversement de 1,6 millions de litres de pétrole dans la rivière qui alimente l'eau pour Quito, la capitale de l'Équateur.

En 2005, Morgan a vendu les actions d'EnCana en Équateur à un consortium de compagnies chinoises, continuant sa stratégie de se départir du pétrole et du gaz conventionnel pour se concentrer sur la fracturation des puits de gaz naturel en Amérique du Nord. La stratégie fonceuse de Morgan, dont plusieurs PDG doutaient la sagesse, était largement lucrative. Les profits de la compagnie ont augmenté de plus de 65% en une seule année pour atteindre $5 milliards.

"EnCana avait une longueur d'avance avec les propriétés de PanCanadian," dit Bob Schulz, un expert en pétrole et en gaz de l'université de Calgary. Il reconnaît aussi la part qu'a joué la culture corporative dans le succès qu'a connu la compagnie. Par exemple, la compagnie a choisi ses gérants parmi son personnel sur le terrain, alors les chefs d'EnCana comprenaient ce qui se passait sur le terrain des vaches.

La culture corporative de la compagnie était aussi à l'écoute de l'opinion publique et sensible aux préoccupations environnementales. EnCana s’efforçait de rencontrer des groupes environnementaux et des propriétaires terriens pour discuter des problèmes. Et il ne faut pas oublier de mentionner la philanthropie de la compagnie: la politique de la compagnie est de faire un don d'un montant équivalent à un pourcentage de son revenu net à des organismes de charité et d'autres causes valables.

En octobre 2005, Morgan prit sa retraite comme PDG et léga son poste à son bras droit, Randy Eresman. Tout comme Morgan, le natif de Medicine Hat a commencé dans la compagnie comme un ingénieur et monta l'échelle à partir de là. Il a été un organisateur clé pendant la fusion, en intégrant les opérations d'ingénierie de la compagnie et a été vérificateur des avoirs de PanCanadian.

Mais contrairement à Morgan, il n'aime pas être à l'avant-scène. "Il est un gars très terre à terre, un gars de village, si l'on veut. Il est très compétent du côté technique, et les gens ont confiance en lui," dit Haskayne.

En décembre 2005, Morgan a fait le meilleur discour de sa carrière. À une réunion au Fraser Institute, qui est un organisme néo-libéral, le patriote canadien a expliqué sa vision pour le pays. Il vantait les mérites de baisser les taxes, un système de santé privatisé, et une approche du chacun pour soi. Il a monté sa compagnie à partir d'actifs qui lui avaient été donnés par le gouvernement, mais son message au secteur publique était bien clair: ne vous mêlez pas des vraies affaires.

"Il y a encore beaucoup de Canadiens qui ne comprennent encore pas que, ultimement, le succès de n'importe quelle société dépend de ceux qui travaillent plus fort à obtenir de meilleurs récompenses que ceux qui ne le font pas," il disait à son auditoire. Morgan était la preuve de son idéologie. Si un gars de la ferme peut se hisser au poste du plus puissant PDG du pays, n'importe qui pouvait le faire.

De Rosebud jusqu'à Rifle

Le village de Rosebud se niche entre les peupliers dans une vallée luxuriante, un oasis au centre des plaines sans fin à l'est de Calgary. Mieux reconnue pour son collège des arts du spectacle, et ses devantures colorées des habitations datant de la colonisation, la communauté d'une centaine de personnes est entourée des puits d'EnCana, et les forts bruits bourdonnant d'entretien des puits est habituel.

Jessica Ernst vit sur une propriété à 5 minutes de marche du centre-ville. La consultante en environnement travaillait pour EnCana durant l'été de 2003 quand la compagnie a construit une station de compression sur un promontoire à moins d'un kilomètre de chez elle. La station prend du gaz qui sort de terre et le compresse en liquide pour le transporter plus facilement, mais en ce faisant émet des bruits mécaniques très fort et grinçants qui l'empêchent de dormir.

Comme Morgan, Mme Ernst, âgée de 50 ans, a une forte personnalité qui la rend très à l'aise parmi les fermiers et ranchers de l'Alberta au caractère plutôt indépendant. Quand le bruit a commencé à la station de compression, elle refusa de se tenir tranquille.

Elle a fait assez de pression auprès de la compagnie pour qu'elle cesse le bruit. Elle l'a aussi convaincue de consulter la communauté. Selon elle, l'agent d'EnCana lui aurait montré une entente légale qu'il espérait faire signer par les propriétaires terriens qui exempterait la compagnie de toute responsabilité. "Si nous pouvons leur faire signer ceci, nous n'avons pas besoin de les consulter," lui a-t-il dit. Sur ce, Ersnt donna sa démission (NDLR: et mis fin à son contrat, elle était consultante indépendante pour EnCana, et non pas une employée).

Quand EnCana commença les consultations, les propriétaires terriens pouvaient faire très peu. Les propriétaires terriens possèdent seulement la surface de leurs terres. Tout ce qu'il y a en dessous, les minéraux, le pétrole et le gaz naturel, appartient à la province qui peut les vendre à des compagnies privées. Quand une compagnie veut forer un puits pour aller chercher le gaz, elle doit s'entendre avec le propriétaire terrien pour qu'il loue une partie de sa terre pour y construire le puits. Si ils ne peuvent pas s'entendre, la compagnie peut traîner le propriétaire terrien devant le comité Surface Rights Board (SRB) ou le comité Energy Resources Conservation Board (ERCB), deux filiales quasi-judiciaires de la province. Une fois que l'audience ait lieu, ils peuvent ordonner au propriétaire terrien de laisser la compagnie s'installer chez lui, ou ordonner la compagnie de respecter certaines conditions avant de commencer à forer.

En 2005, Mme Ernst a remarqué que quelque chose se passait avec l'eau de son puits. Au début, ses chiens ne voulaient plus la boire. Ensuite, elle a remarquée que l'eau faisait des bulles comme si elle était une boisson gazeuse. En décembre, elle ne pouvait plus fermer ses robinets: il y avait tellement de gaz dans son eau que cela augmentait la pression (dans les tuyaux) et le gaz se frayait un chemin dans sa plomberie.

Elle a aussi découvert qu'elle pouvait l'allumer. Avec un briquet, une grande flamme bleue s'allume à la surface de l'eau avant de tourner orangée et s'élancer haut dans les airs comme une torche. "Elle me fait toujours peur," dit-elle. "Je ne sais jamais ce que l'eau peut faire."

Des tests fait sur son eau ont révélé des niveaux élevés de méthane, d'éthane, et quelques autres combustibles fossiles. Il y avait aussi des traces d'hydrocarbures lourds, comme ceux utilisés dans les fluides de forages. Trois autres puits dans la région ont aussi des signes qu'ils ont des niveaux élevés de gaz. Au moins deux études ont démontré que quand un puits est fracturé, la pression peut fissurer la formation de roc et laisser fuir du gaz naturel dans l'eau souterraine. Des fluides de forage peuvent aussi contenir des quantités infimes de produits chimiques, comme du diesel ou de l'ammoniaque.

Par contre, EnCana a nié que ses fracturations ont contaminé la source d'eau potable de Rosebud. Plus tôt cette année, un rapport provincial sur le puits (d'eau potable) de Mme Ernst arrivait à la conclusion que le gaz dans le puits se retrouvait là naturellement et n'avait rien à voir avec la compagnie.

Mme Ernst a des doutes. Un rapport de 2005 de la compagnie, par exemple, démontre qu'EnCana a fracturé la nappe aquifère souterraine où les propriétaires terriens de la région prennent leur eau. Un test fait par Karlis Muehlenbachs, un expert en eau de l'université de l'Alberta, a aussi démontré des similitudes importantes entre le gaz dans le puits (d'eau potable) de Mme Ernst et le gaz qu'EnCana extrait du sol tout près.

À deux cent kilomètres de là, Shawn et Ronalie Campbell avaient des problèmes semblables. En 1999, un pipeline appartenant à PanCanadian, l'une des compagnies qui deviendraient EnCana, est devenu rouillé sous leur terre et a déversé des saumures sur un hectare de leur ferme près de Ponoka. Des sous-contractants ont commencé à réhabiliter leur terre, mais 9 années plus tard, les Campbell disent que les graminées dans la région où s'est produit la fuite ne poussent plus normalement. Durant l'été de 2005, l'un des puits d'eau potable des Campbell s'est tari. Quand il ont foré un nouveau puits pour le remplacer, l'eau faisait des bulles et sortait de leurs robinets. Des tests ont détecté la présence de gaz naturel dans l'eau: du méthane, de l'éthane, du propane et du iso-butane.

Jeff Locker et Louis Meeks, des fermiers près de Pavillion, au Wyoming, ont vu leur eau devenir mauvaise après qu'EnCana ait fait des fracturations hydrauliques dans leur région. L'eau de Locker a même virée noire. En 2004, il dit qu'EnCana lui a payé $21,000 en argent US en échange d'accepter de ne pas parler de ce qui s'est passé. L'année suivante, EnCana a foré un autre puits à l'ouest de chez lui et son eau a pris une couleur noire encore une fois, alors il a décidé de briser le silence.

Meeks dit que EnCana a offert de lui acheter sa propriété, mais n'a pas proposé de valeur pour sa propriété. "Je leur ai dit de me faire une offre que je ne pouvais pas refuser," dit-il. "Comment mettre une valeur à 30 années (passées ici)?"

Plus au sud, autour de Rifle, au Colorado, EnCana a laissé fuir du gaz naturel et du benzène, qui est un produit chimique cancérigène, dans un ruisseau, et a payé une amende de $371,200 en 2004. L'année suivante, un groupe de propriétaires terriens ont entamé un procès contre EnCana, allégeant que la compagnie ne leur avait pas payé toutes les redevances. La compagnie a déversé $40 millions pour régler le litige.

Dans le même esprit de son PDG fondateur aux penchants indépendants et anti-gouvernement, EnCana ne s'est jamais donné le trouble de faire application pour une licence de forage du gouvernement local à Rifle pendant 4 ans. EnCana devait plus de $100,000 en amendes non payées, et a obtempéré en payant $15,000 à la municipalité plus tôt cette année. La compagnie a aussi tenté d'arrêter le gouvernement du Colorado qui voulait imposer des règlements environnementaux plus sévères en menaçant de quitter la région, et en encourageant les organismes de charité qui avaient reçu leurs dons de faire des pressions auprès du gouvernement également.

Au Canada, la compagnie s'est débattu avec le gouvernement fédéral sur des droits de forage dans la région de Suffield au nord de Medicine Hat, l'une des dernières zones de prairie indigène qui survit au Canada. Le gouvernement a fait une enquête sur EnCana qui aurait construit un pipeline et plusieurs routes d'accès dans la réserve sans permission. En 2007, le pipeline de la compagnie a éclaté dans la région et a déversé 50,000 litres de pétrole et de saumures sous un milieu humide.

Fast Forward a parlé avec 20 fermiers et ranchers pour préparer ce reportage, et les mêmes préoccupations revenaient souvent: certains craignaient que la compagnie contaminait leur eau; d'autres accusaient la compagnie de permettre des mauvaises herbes de pousser sur leur terrain loué, ce qui nuisait à leurs récoltes; presque tous disaient que la compagnie de prenait pas leurs préoccupations au sérieux. Toutes ces plaintes ne sont rien à côté des problèmes de santé vécus par quelques-uns des propriétaires terriens qui ont eu affaire avec EnCana.

Laura Amos, une fermière dans la région de Rifle, est tombée malade avec un tumeur de glande surrénal rare en 2003 après qu'EnCana ait fracturé des puits dans la région. L'un des produits chimiques qu'aurait pu utilisé le sous-contractant durant les fracturations hydrauliques, le 2-BE, a des liens connus avec des tumeurs aux glandes surrénales. Chris Mobaldi a eu 2 tumeurs à sa glande hypophyse, ce qui pourrait avoir affaire à la pollution de l'air et de l'eau générée par les activités gazières d'EnCana selon elle. La compagnie, par contre, nie toute responsabilité. Elle dit que ses sous-contractants n'utilisent jamais de 2-BE durant leurs opérations de fracturations.

Barbara et Darrell Graff, mère et fils qui ont une ferme près de Vulcan, ont commencé à remarquer leur réaction aux produits chimiques en 1998 quand Darrell s'est presque effondré dans son champ pendant qu'une torchère d'une autre compagnie brûlait près de chez lui. En 2000, la famille, incluant Larry, le père de Darrell, et sa soeur Anita, sont déménagés de leur ferme à l'est de Vulcan sur une plus petite terre à l'ouest de la ville pour fuir les émanations aériennes. Quatre ans plus tard, EnCana a commencé à forer près de leur nouvelle résidence. Les Graff ont mis la compagnie au courant de leur état de santé et lui a demandé de les avertir quand elle se préparerait à allumer une torchère pour que la famille puisse évacuer. "Quand ils sont arrivé initialement dans cette région propre, nous leur avons mis au courant de nos preuves médicales," dit Barbara. "Ils ont rarement tenu compte de ce que nous leur disions. Je ne comprends pas çà." Ils disent que la ferme a aussi perdu quelques vaches depuis que les activités gazières ont commencé dans la région. (Les avocats d'EnCana insistent pour dire que les opérations de la compagnie dans la région n'ont pas d'impacts négatifs sur les Graff.)

À premier abord, Darrell semble être un fermier typique de la région sud de l'Alberta, bien bronzé, une barbe brune très drue, et très avenant. Toutefois, ses symptômes sont si graves qu'il doit marcher avec une cane, et il ne peut pas accomplir la plupart du boulot qu'il faisait avant de tomber malade. Tout ce qu'il réussi à faire, finalement, c'est de prendre soin des vaches.

Kaye Kilburn, un neurologue de Los Angeles qui a examiné les Graff, croit que l'empoisonnement dû au gaz sulfureux est à blâmer pour l'état de santé de Barbara et Darrell. Il dit que la substance est nuisible, même en de faibles concentrations comme une partie par million, et affirme que c'est pire que le chlore ou les gaz cyanogènes utilisés durant la Première Grande Guerre. "Si cela ne vous tue pas, le cerveau est endommagé," dit-il. "C'est un poison de première classe."

Une nouvelle sorte de compagnie

La barrière s'ouvre et un cowboy galope dans l'arène. Devant lui, il y a un boeuf brun et musclé qui court, deux pas en avant de son cheval. En le rattrapant, le cowboy se projette de sa monture et empoigne les cornes du bovin. Il tord la tête de l'animal de côté et le tire vers le sol brunâtre de l'arène, ensuite tord tout son corps pour que le bovin se retrouve les pattes en l'air.

C'est la Journée du Canada à Ponoka. Une bonne partie de la population de 6,000 âmes sont là pour voir les finales du rodéo. Le soleil plombe sur les cowboys assis sur leurs montures et qui attendent leur tour pour maîtriser un bovin dans l'arène, des enfants se promènent dans l'estrade pour vendre des breuvages, et des collines vertes et fertiles pleines de récoltes s'étendent tout autour de l'arène.

Bien sûr, l'agriculture n'est pas le seul moteur économique de la région. Le pétrole et le gaz sont tout aussi importants pour l'économie locale, et l'industrie le laisse bien savoir. Les panneaux noirs, blancs et verts d'EnCana ornent les bandes de l'arène. Et une bannière d'EnCana pend au-dessus de la barrière à un bout de l'arène. Quand l'annonceur prend une minute de répi pour remercier les commanditaires de l'évènement, une jeune fille blonde sur un cheval gris galope autour de l'arène portant un drapeau d'EnCana.

Ronalie et Shawn Campbell, des fermiers dont le puits d'eau potable a été contaminé avec du gaz naturel, sont venus en ville pour voir le spectacle. Après des années d'avoir essayé de voir à ce que les gazières prennent leurs responsabilités, ils ont gagné une bataille juridique cruciale avec EnCana qui pourrait changer la façon d'opérer de la compagnie.

Cela a commencé en février 2006, quand EnCana a pris le contrôle d'un puits gazier sur la terre des Campbell qui appartenait à une autre compagnie. Ils ont demandé à EnCana de signer un bail qui contenait quelques mesures de protection: parmi d'autres, la compagnie isolerait le puits pour arrêter le gaz de s'infiltrer dans le sol et contaminer l'eau potable, et faire le monitorage de l'eau pour détecter des contaminations. La compagnie a refusé.

En juillet 2007, EnCana a présenté ce dossier au SRB, espérant obtenir le droit de fracturer sans rencontrer les conditions incluses dans le bail. Durant une audience à Ponoka, les avocats de la compagnie ont questionné les Campbell pendant 3 heures. "Nous avons subit une contre-interrogatoire sur tous les sujets possibles et imaginables," dit Ronalie. "Ils nous demandaient 'quel est la raison d'être de faire des tests sur l'eau?'" Shawn se sentait bombardé par les questions d'EnCana, et pensait qu'ils n'avaient aucune chance (de gagner).

En Novembre 2007, le SRB a rendu une décision. À la surprise des Cambell, ils ont gagné leur cause. EnCana aurait le droit d'utiliser le puits, mais seulement si la compagnie respecte les conditions dans le bail. Toutefois, la compagnie n'était pas disposée à baisser les bras. Elle alla en appel à la Cour du Banc de la Reine, et le dossier alla en cour le 9 avril à Edmonton. Encore une fois, le juge trancha en faveur des Cambell. Pour la première fois en Alberta, une cour légale obligea EnCana de protéger l'eau souterraine d'un fermier.

La compagnie elle-même connait beaucoup d'activité ces derniers jours. Le 11 mai, elle a annoncé qu'elle se scinderait en 2. Ses avoirs gaziers, représentant environ deux tiers de la compagnie, deviendra une compagnie menée par le PDG d'EnCana, Randy Eresman. Les projets pétroliers formeraient une deuxième compagnie plus modeste. L'idée est de laisser chacune des divisions de la compagnie de se concentrer sur ses propres opérations.

À première vue, la division semble être un rejet de ce que l'idée de Gwyn Morgan se faisait de la compagnie: la seule compagnie pétrolière et gazière canadienne qui pouvait rivaliser avec ses compétiteurs américains et européens. Les observateurs de l'industrie ne sont pas de cet avis. Diviser EnCana en 2 identités fera de chaque compagnie un investissement plus sécuritaire, et la compagnie gazière sera tout de même la deuxième plus importante du monde, et le rêve de Morgan se poursuit.

Une iconoclaste, sa stratégie d'affaire inhabituelle a fonctionné pour cette compagnie. Ainsi que certaines de ses tentatives à être plus environnementalement et socialement consciencieuse. En réaction aux préoccupations du public vis-à-vis des torchères, par exemple, EnCana a diminué considérablement l'usage de cette pratique. "Ils ont réellement créé un nouveau genre de compagnie, sensible aux parties prenantes," dit Keith Brownsey, un professeur du collège Mount Royal College à Calgary. "Une grande partie de l'industrie a copié son modèle d'opérations d'EnCana."

C'est pas tout le monde qui est d'accord, par contre. Les problèmes de santé de Darrell et Barbara Graff sont si graves, qu'ils ont dû évacuer de leur maison la semaine dernière pour éviter le gaz. Au moment de mettre sous presse, ils vivent dans leur camionnette. Larry est moins dérangé par le gaz que son fils et son épouse, et tente de garder sa ferme en marche du mieux qu'il le peut. Se battre contre une compagnie qui engage tant de personnes dans une petite communauté n'est pas facile, et ses voisins propriétaires terriens hésitent à dénoncer. Pendant qu'il pointe du doigt le puits qu'il pense être à la source des problèmes qui obligent sa famille de quitter leur terre, un groupe d'hommes habillés de combinaisons se pointent sur la plate-forme et le dévisagent, séparés par un champs parfumé de canola en fleur entre eux.

Le paysage est très semblable à celui de Dogpound, où l'homme le plus prospère de l'industrie énergétique du Canada a déjà bûché pour gagner sa vie. Des montagnes s'élèvent à l'ouest, des champs verts d'orge et de foin sous le ciel des prairies suivant l'arc courbé de la terre, et des vagues de chaleur s'élèvent du sol comme du gaz.

Publié le 10 juillet 2008, signé: Adrian Morrow.


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"Citizen Encana
The double life of Calgary’s greatest corporation

On a rainy spring night in 2006, Darrell Graff was birthing a cow when the gas came rolling in. EnCana was venting a well. The 30-year-old farmer started to stiffen up and soon he couldn’t move his legs. He shouted to his mom, Barbara. From the light of her flashlight, she could tell he was having a seizure.

Her own hands stiffening, the petite, 57-year-old Barbara slid through the mud, grabbed her son and loaded him into a truck. She had to drive several kilometres away from their farm before Darrell’s seizure subsided.

Both Darrell and Barbara are extremely sensitive to chemicals. Darrell’s case is so severe that emissions from natural gas wells can cause partial motor seizures and, on one occasion, nearly gave him a heart attack. The Graffs have told the natural gas companies, including EnCana, to either stop releasing gas off their wells or at least give them enough warning so they can evacuate their farm. So far, they say they’ve had little success. “This is life-threatening,” says Barbara. “EnCana seems to think they are above the law.”

The family has farmed the country near Vulcan, Alberta for five generations, and they’re reluctant to leave the only community they’ve known. Though, in recent years, gas development has become almost as important to the 2,000-strong town as agriculture.

The Graffs and the Vulcan area are the perfect metaphor for the two sides of EnCana Corporation. Canada’s largest energy company has created jobs, brought investment and poured money into rural communities across the Canadian Prairies and the western United States. It has also left a trail of farmers and ranchers who say the company has ruined their land, made them sick and killed their livestock.

Formed in 2002 by a merger of two smaller companies, EnCana has used a daring business strategy to put itself at the cutting edge of the oil and gas industry. It is one of the country’s most profitable corporations, with $23 billion in revenue last year, and the second-largest natural gas company in the world.

EnCana has made its mark everywhere it operates. This year, it plans to donate $35 million to charities in communities from northern B.C. to Texas. Everything from the 4-H Club — the iconic prairie club that teaches kids farming skills — to community rodeos have benefited from the company’s philanthropy. In Calgary, EnCana is building a billion-dollar skyscraper whose design has garnered praise from architecture critics. When finished, the 58-storey Bow will be Canada’s tallest building west of Toronto.

However, not everyone is happy with the company. Farmers have accused EnCana of contaminating their land with natural gas. The company’s money helped fuel a deadly fight in the South American rainforest between peasants and a government determined to build a pipeline through a nature preserve. And two Alberta ranchers have spent over a year fighting EnCana in court for nothing more than a basic guarantee that the company won’t poison their water. Some of these problems are well-known, others are reported here for the first time.

EnCana is a symbol of the West. Independent and proud, the company has defied government control and exploded the idea that only an American or European energy company can rate on an international scale. For the first time, Fast Forward tells the full story of Canada’s greatest business success, and the angry people left in its wake.

BIRTH OF A PRAIRIE GIANT

Every day when he was a kid, Gwyn Morgan would get up early to feed the livestock on the family farm at Dogpound, a stretch of desolate prairie 80 kilometres northwest of Calgary. The man who would go on to lead Canada’s largest oil and gas company didn’t have access to running water until he was 12. The youngest of four children, his tough upbringing left him with the belief that you could achieve anything you wanted if you worked for it. Those who didn’t succeed, he would come to believe, weren’t trying hard enough.

Morgan left home in his late teens to study engineering at the University of Alberta. Over the next few years, he explored the Arctic for oil with Norlands Petroleum before landing a job at Alberta Energy Corporation (AEC) in 1975.

The provincial government created AEC to put Alberta’s oil, gas and mineral wealth to work for its people. Shares in the company were sold to Alberta’s citizens. The government also handed AEC two key assets: a stake in the Syncrude consortium that was just starting to mine the oilsands near Fort McMurray, and the right to drill in the Suffield area north of Medicine Hat.

As the company grew, Morgan’s star rose. He set up the company’s operations at Suffield and later became head of the company’s oil and gas division. In 1994, the year after the province privatized the company, Morgan was promoted to CEO. A nationalist, his dream was to create a Canadian-owned oil and gas company that could stand shoulder-to-shoulder with the international giants.

“He’s a very determined, smart guy,” says Dick Haskayne, a veteran oilman and former AEC board member. “He knows engineering, and he knows the oil business, but he has a broader outlook on life and is very good at making judgments on political implications… whether it’s the environment or finance.”

Morgan doesn’t fit the stereotype of an oil baron. He speaks with a clear diction, eats health foods and works out for 90 minutes a day. He has a slim physique, a rim of white hair surrounding his balding head, and sports a pair of small round glasses. His hard childhood left him with a strong work ethic that made him a tough CEO. In the 1990s, he engineered a series of hostile takeovers of smaller companies, giving AEC vast reserves of natural gas in Alberta, Wyoming and Montana, as well as a lucrative oilfield in Ecuador.

Morgan eventually set his sights on the biggest prize of all: the reserves of Canadian Pacific (CP). In 1880, the federal government gave CP 100,000 square kilometres of land to build the railway, as well as the right to extract the coal and natural gas under its surface. In 2001, the government set these oil and gas resources aside as a private company called PanCanadian Energy. That October, Morgan called CP chairman David O’Brien, telling him he wanted to discuss about merging AEC and PanCanadian. At Haskayne’s urging, O’Brien agreed to talk.

A few days later, he and Morgan began secretly negotiating the merger of their companies. At first, they met alone in CP’s vacant offices on the 18th floor of Bankers Hall. In January 2002, when the two men brought their high-level staff into the discussions, they moved the meetings to rented rooms at Calgary’s downtown Hyatt, a few blocks away. Haskayne recalls that Morgan kept the discussions low-key by disguising himself in jeans and carrying a backpack when he showed up at the hotel. Secrecy was crucial: if anyone found out that AEC and PanCanadian were negotiating a merger, the companies could become targets for hostile takeovers.

For three months, the talks were kept under wraps. On Sunday, January 28, Morgan and O’Brien finally made the deal public. Morgan would lead the new corporation, while O’Brien would take the honorary role of chairman. Always the patriot, Morgan named the company EnCana, a shortened version of “Energy Canada.”

The new company adopted an unconventional business strategy. Rather than look for new sources of oil and gas overseas, EnCana focused on its core business in North America. Thanks to the resources the Canadian and Alberta governments had granted PanCanadian and AEC, EnCana controlled vast gas fields in southern Alberta. Most of the conventional natural gas was already tapped out. The company, however, realized that with the right technology, it could extract gas from the rocks around the depleted gas deposits. The technology is called hydrolic fracturing, or “fracing” (pronounced “fracking.”) It entails shooting high-pressure gas or water into the ground to smash open the rock and release the gas. The technology worked, and soon old fields were producing mass quantities of gas again.

Meanwhile, the company’s investment in Ecuador was causing it headaches. EnCana tried to clean up oil spills in the country left by previous companies and funded a local NGO to help farmers sow their fields more effectively. However, the company soon ran into trouble when it bought a stake in a project to build an 800-kilometre-long pipeline project intended to transport crude oil from the company’s wells in Ecuador’s eastern jungle to the sea. The pipe was routed through a nature preserve and faced opposition from farmers and villagers along the way.

On one occasion, residents of El Reventador, a village on the route of the pipeline, barricaded roads outside of town with flaming tires. After police moved in and two protestors were killed, the blockade was lifted. “To construct that pipeline there was a lot of coercion,” says Nadja Drost, a Toronto filmmaker who documented the building of the pipe. “It was not a very free environment.”

Workers on the new pipeline also ruptured an old pipe and spilled 1.6 million litres of oil into the river that supplies Quito, Ecuador’s capital, with water.

In 2005, Morgan sold off EnCana’s holdings in Ecuador to a consortium of Chinese companies as part of his strategy of divesting the company of conventional oil and gas to focus on fracing natural gas wells in North America. The daring strategy, which some of Morgan’s fellow CEOs had doubted, was paying huge dividends. The company’s profits had jumped more than 65 per cent in a single year to $5 billion.

“EnCana had a head start with the PanCanadian lands,” says Bob Schulz, an oil and gas expert at the University of Calgary. He also credits EnCana’s modern corporate culture with the company’s success. For instance, the company chose its management from among its personnel in the field, so EnCana’s leadership understood what was happening on the ground.

The company’s corporate culture was also sensitive to public opinion and responsive to environmental concerns. EnCana made a point of meeting with environmental groups and landowners to discuss problems. Not to mention the company’s philanthropy: company policy is to donate a percentage of net revenue to charities and other worthy causes.

In October of 2005, Morgan retired as CEO and turned over the job to his second-in-command, Randy Eresman. Like Morgan, the Medicine Hat-born Eresman started with the company as an engineer and worked his way up. He was a key organizer during the merger, integrating the company’s engineering operations and auditing PanCanadian’s assets.

Unlike Morgan, however, he spurns the spotlight. “He’s a very down-to-earth, small-town guy, if you will. He’s very technically competent, people trusted him,” says Haskayne.

In December 2005, Morgan gave the most famous speech of his career. At a meeting of the Fraser Institute, a neo-liberal think-tank, the Canadian patriot laid out his vision for the country. He expounded on the merits of lower taxes, a privatized health-care system and a do-it-yourself attitude. He had built his company on assets donated by the government, but his message to the public sector was clear: stay out of business’s way.

“There are still many Canadians who fail to grasp that, ultimately, the success of any society is dependent upon those who try harder achieving better rewards than those who don’t,” he told his audience. Morgan was living proof of his own ideology. If a farm boy from Dogpound could rise to become one of the country’s most powerful CEOs, couldn’t anyone?

FROM ROSEBUD TO RIFLE

The village of Rosebud sits among poplar trees in a lush valley, an oasis on the endless plains east of Calgary. Best known for its performing arts college and brightly painted frontier buildings, the community of 100 people is surrounded by EnCana’s wells, and the loud, buzzing noise of well maintenance is a common sound.

Jessica Ernst lives on an acreage a five-minute walk from town. The environmental consultant was working for EnCana in the summer of 2003 when the company built a compressor station on the bluffs less than a kilometre from her house. The station, which takes gas from the ground and compresses it into a liquid that can be easily shipped, emits loud, grinding, mechanical noises that keep Ernst up at night.

Like Morgan, the 50-year-old Ernst has a tough personality that puts her at home among the independent-minded farmers and ranchers of Alberta. When the noise started at the compressor station, she refused to keep quiet.

She unsuccessfully pressured the company to stop the noise. She also pushed it to consult with the community. By her account, EnCana’s agent showed her a legal agreement it hoped to get landowners to sign, which would release the company from liability. “If we can get them to sign this, we don’t need to consult,” he said. Ernst quit the company.

When EnCana did start consultations, there was little landowners could do. Landowners only own the surface of their land. Everything underneath — minerals, oil and natural gas — belongs to the province, which can sell it to private companies. When a company wants to drill a well to access the gas, it has to make a deal with the landowner to lease part of their land to build the well on. If they can’t reach an agreement, the company can take the landowner to the Surface Rights Board (SRB) or the Energy Resources Conservation Board (ERCB), two quasi-judicial provincial bodies. Once a hearing into the case has been conducted, they can order the landowner to let the company in, or order the company to fulfil certain conditions before drilling.

In 2005, Ernst noticed something was happening to the water from her well. At first, her dogs wouldn’t drink it. Then, she saw it was fizzing as if it was carbonated. In December, she couldn’t turn her taps off: there was so much gas in her water, it raised the pressure and forced its way through her pipes.

She also discovered she could light it on fire. When lit, a huge blue flame burns on the surface of the water, before turning orange and escaping upward like a flare. “It still scares me,” she says. “You never know what the water is going to do.”

Tests on her water revealed high levels of methane, ethane and several other fossil fuels. It also showed signs of heavy hydrocarbons, like the ones used in drilling fluids. Three other area wells have shown high levels of gas. At least two studies have shown that, when a well is fraced, the pressure can break through the bedrock and leak natural gas into the groundwater. Drilling fluids can also contain trace amounts of chemicals, ranging from diesel to ammonium.

EnCana, however, denied that its fracing had contaminated Rosebud’s water supply. Earlier this year, a provincial report on Ernst’s well concluded that the gas in the well was naturally occurring and had nothing to do with the company.

Ernst has doubts. A company report from 2005, for instance, shows that EnCana fraced the underground aquifer where area landowners get their water. A test by University of Alberta water expert Karlis Muehlenbachs also showed strong similarities between the gas in Ernst’s well and the gas EnCana was pumping out of the ground nearby.

Two hundred kilometres away, Shawn and Ronalie Campbell were having similar problems. In 1999, a pipeline belonging to PanCanadian, one of EnCana’s forerunners, corroded under their land and spilled saltwater onto a hectare of their farm near Ponoka. Contractors have started to remediate the land, but, nine years later, the Campbells say the grass in the area of the spill is stunted. In the summer of 2005, one of the Campbells’ water wells went dry. When they replaced it with a new well, the water bubbled and spurted out of the tap. Testing indicated the presence of natural gas in the water supply: methane, ethane, propane and iso-butane.

Jeff Locker and Louis Meeks, farmers near Pavillion, Wyoming, have seen their water go bad in the wake of EnCana fracing in the area. Locker’s water even turned black. In 2004, he says EnCana paid him $21,000 US in exchange for agreeing not to talk about what had happened. The following year, EnCana drilled another well to the west of his place and his water turned black again, so he decided to break his silence.

Meeks says EnCana has offered to buy him out, but hasn’t set a price for his property. “I’ve told them to make me an offer I can’t refuse,” he says. “How do you put a price on 30 years?”

Further south, in the area around Rifle, Colorado, EnCana leaked natural gas and benzene, a carcinogenic chemical, into a creek, and paid a $371,200 fine in 2004. The following year, a group of area landowners sued EnCana, alleging the company hadn’t paid them what it owed in royalties. The company has agreed to pay $40 million to settle the suit.

In line with the independent, anti-government politics of its founding CEO, EnCana also never bothered applying for a drilling license from the local government in Rifle for four years. EnCana owed over $100 million in unpaid fines, and agreed to pay $15,000 to the municipality earlier this year. The company has also been trying to stop the Colorado government from imposing stricter environmental regulations by threatening to pull out of the area, and encouraging the charities it donates to to apply pressure on the government as well.

Back in Canada, the company has fought with the federal government over its drilling rights in the Suffield area north of Medicine Hat — one of the last stretches of native prairie left in Canada. The government has investigated EnCana for allegedly building a pipeline and several roads on the preserve without permission. In 2007, a company pipeline burst in the area and spilled 50,000 litres of oil and saltwater under a wetland.

Fast Forward spoke with 20 farmers and ranchers while preparing this story, and the same concerns came up frequently: some were afraid the company was contaminating their water; some accused the company of allowing weeds to grow on their leases, endangering their crops; almost everyone said the company wasn’t taking their concerns seriously. All these complaints pale next to the health problems experienced by a few of the landowners who’ve crossed paths with EnCana.

Laura Amos, a farmer in the Rifle area, became sick with a rare adrenal gland tumor in 2003 after EnCana fraced wells in the area. One of the drilling chemicals the company’s contractor might have used, 2-BE, has been linked to adrenal gland tumors. Chris Mobaldi had two tumors on her pituitary gland, something she alleges could be linked to air and water pollution from EnCana’s gas activity. The company, however, denies responsibility. It says its contractors never used 2-BE in their fracing operations.

Barbara and Darrell Graff, the mother and son who farm near Vulcan, first noticed their chemical sensitivity in 1998 when Darrell nearly collapsed in his field during a well flaring by a different company. In 2000, the family, which includes Darrell’s father Larry and sister Anita, moved from their original farm east of Vulcan to a smaller parcel west of town to escape the fumes. Four years later, EnCana started drilling near their new place. The Graffs told the company about their condition and asked that the company inform them when they were planning to flare so the family could evacuate. “When they initially came into this clean area, we gave them our medical evidence,” Barbara says. “Very seldom have they given us notice. I can’t understand this.” They say the farm has also lost several cows since the gas activity came to the area. (EnCana’s lawyer insists the company’s operations in the area have no negative impact on the Graffs.)

At first glance, Darrell seems like a typical southern Alberta farmer, with a deep tan, a rugged brown beard and a friendly demeanour. However, his symptoms are so bad, he walks with a cane, and he’s unable to perform most of the tasks he could before he became sick. Virtually all he can do is tend the cows.

Kaye Kilburn, a Los Angeles-based neurologist who has examined the Graffs, believes poisoning from hydrogen sulfide gas is to blame for Barbara and Darrell’s condition. He says the substance is harmful in as small a concentration as one part per million, and argues it is worse than chlorine or the nerve gases used in the First World War. “If it doesn’t kill you, it produces brain damage,” he says. “It’s a first-class poison.”

A NEW TYPE OF COMPANY

The gate springs open and a cowboy gallops into the ring. Ahead of him is a lean, brown bull, running just a few steps in front of the horse. As he catches up, the cowboy dives off his mount and grabs the steer’s horns in his hands. He twists the animal’s head to the side and drags it down to the brown dirt of the arena floor, then pulls its body around until the bull is lying on its back, its legs in the air.

This is Canada Day in Ponoka. A good chunk of the town’s 6,000 people have crammed into the bleachers to watch the rodeo finals. The sun is baking the cowboys sitting on their horses and waiting for their turn to wrestle steers in the ring, kids meander through the stands selling drinks, and fertile green hills dotted with crops stretch beyond the arena.

Agriculture, of course, isn’t the only game in town. Oil and gas are just as important to this area’s economy, and the industry has made its presence known. EnCana’s black, white and green signs line the side of the arena. An EnCana banner hangs overtop the gate at one end of the ring. When the announcer takes a break from the rodeo to thank the event’s sponsors, a blond girl on a grey horse gallops past the spectators, waving an EnCana flag.

Ronalie and Shawn Campbell, farmers whose water well was contaminated with natural gas, have come to town for the show. After years of trying to hold gas companies accountable, they’ve won a crucial court battle with EnCana that could change the way the company operates.

It started in February 2006, when EnCana took over a gas well on the Campbells’ land from another company. They asked EnCana to sign a lease with several protections: among others, the company would insulate the well to stop gas from travelling through the ground and contaminating the drinking water, and monitor the water for contamination. The company refused.

In July 2007, EnCana took the matter to the SRB, hoping to be granted the right to frac without fulfilling the conditions in the lease. At a hearing in Ponoka, company lawyers questioned the Campbells for three hours. “We were cross-examined on everything under the sun,” says Ronalie. “They were asking ‘what was the basis for the water testing?’” Shawn felt pummelled by EnCana’s questioning, and thought they didn’t stand a chance.

In November 2007, the SRB issued a ruling. To the Campbells’ surprise, they won. EnCana would have the right to use the well, but only if the company followed the conditions in the lease. However, the company wasn’t ready to give in. It appealed the decision to the Court of Queen’s Bench, and the case went to trial April 9 in Edmonton. Again, the judge ruled in the Campbells’ favour. For the first time in Alberta, a court required EnCana to protect a farmer’s groundwater.

The company itself is experiencing a flurry of activity these days. On May 11, it announced it would split in two. Its natural gas holdings, which represent roughly two-thirds of the company’s assets, will become one company led by EnCana CEO Randy Eresman. The company’s oilsands projects will form a second, smaller company. The plan is to allow each of the company’s two divisions to focus on its own operations.

At first glance, the split seems like a repudiation of what Gwyn Morgan created the company to be: the only Canadian oil and gas company to rival the size of their American and European competitors. Industry observers say otherwise. Breaking EnCana into two entities will likely make each company a safer investment, the gas company will still be the world’s second-largest and Morgan’s dream won’t disappear.

An iconoclast, his unusual business strategy worked for the company. So, too, have some of its attempts to be more environmentally and socially conscious. In response to public concern over flaring, for instance, EnCana drastically cut its use of the practice. “They’ve really created a new type of company, sensitive to stakeholders,” says Keith Brownsey, a professor at Calgary’s Mount Royal College. “Much of the industry has taken their lead from EnCana.”

Not everyone agrees, however. Darrell and Barbara Graff’s health problems are so bad, they had to evacuate their home last week to avoid the gas. As of press time, they are living in their van. Larry is less affected than his son and his wife, and is trying to maintain their farm as best he can. Fighting a company that employs so many people in a small community isn’t easy, and fellow landowners are reluctant to speak up. As he points out the well that he believes is responsible for forcing his family from their land, a group of coverall-clad men gather on the platform and stare back at him across a sweet-smelling, yellow field of canola.

The view is not unlike the landscape at Dogpound, where the most successful man in Canada’s energy industry once eked out a living. Mountains stand in the west, green fields of barley and hay meet the dusty prairie sky at the curve of the earth, and heatwaves rise like gas from the ground.

Published July 10, 2008 by Adrian Morrow in News"



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