Friends of the Richelieu. A river. A passion.



"Tout cedit pays est fort uny, remply de forests, vignes & noyers. Aucuns Chrestiens n'estoient encores parvenus jusques en cedit lieu, que nous, qui eusmes assez de peine à monter le riviere à la rame. " Samuel de Champlain


"All this region is very level and full of forests, vines and butternut trees. No Christian has ever visited this land and we had all the misery of the world trying to paddle the river upstream." Samuel de Champlain

Wednesday, June 18, 2014

Pas obligé de tuer quelqu'un

"Même s'il a commis un crime épouvantable et qu'il doit être jugé, nous savons tous que le Dr Turcotte n'est ni un criminel, ni un fou. Juste un monstre comme vous et moi." Pierre Foglia

Lien: http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/pierre-foglia/201105/12/01-4398522-le-monstre.php


J'avais épousé un ami d'adolescence depuis 5 ans. Après 10 années de mariage, le gars me torturait mentalement: j'étais devenue une servante, une femme de ménage, une "quick-order cook", une couturière qui reprisait ses vêtements. Et au lieu de remerciements, je ne récoltais que du dénigrement. J'ai décidé que j'en avais assez.

Je n'avais pas d'enfants pour faire des ultimatums. Je n'ai pas menacé de me tuer pour obtenir un divorce. J'ai tout simplement dit: la porte est là. Il n'avait jamais aimé la maison que nous avions acheté ensemble. J'ai offert d'acheter sa moitié. J'ai offert d'acheter la moitié de l'auto. Et s'il continuait à me violenter mentalement, j'appellerais sa mère pour tout lui dire. Cela a suffit.

J'ai acheté sa moitié de la maison, la moitié de l'auto, et j'ai payé tous les frais du divorce. Bon débarras. Et personne n'est mort.

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One of my favorite columnist says in this piece that we are all a bit monsters when it comes to getting what we want. This Dr Turcotte, in a fit of jealousy, it seems, killed his 2 kids after a row with his wife, their mother.

But I resent that.

As an example to "there is always another way", I mention that after going out for 5 years with a teen friend, we got married. The marriage lasted for 10 years. I had enough of him taking me for granted.

He admitted that he married me to do some social climbing, and when he saw that that did not work, he shamelessly used me. And kept verbally abusing me and mentally torturing me. I had become a slave in my own home and was being browbeaten for my trouble.

At some point, I said I had enough. Showed him the door. At first he thought I was kidding. When I found the solution, calling his mother and telling her everything, he moved out.

I bought his share of the house (he never wanted it anyway), his share of the car, paid for the divorce papers. Good riddance.

And nobody got killed.

Tuesday, June 17, 2014

Exploration pétrolière sur l'île d'Anticosti : la machine se met en marche


L'exploration pétrolière s'organise sur l'île d'Anticosti. Hydrocarbures Anticosti, un consortium, entre autres, formé par le gouvernement du Québec (Ressources Québec) et la compagnie Pétrolia, en a fait l'annonce aujourd'hui.

Des équipements nécessaires à la réalisation des travaux de sondages stratigraphiques, qui consiste à l'exploration de l'écorce terrestre, seront acheminés à compter de cette semaine, sur l'île.

Le consortium procédera à l'aménagement des sites. Entre 15 et 18 sondages seront ensuite réalisés dès juillet. Ils s'étaleront jusqu'à la fin de l'année.Les résultats de ces sondages permettront de déterminer la localisation de trois futurs forages de puits pétroliers.

« C'est, en premier temps, d'aller caractériser le gisement et d'avoir l'information géologique [...] avec l'objectif de choisir trois sites de forage pour l'été prochain », explique le président du conseil d'administration de Pétrolia, Myron Tétreault.

Ces travaux plus poussés seront réalisés à l'été 2015 si les résultats d'une évaluation environnementale stratégique (EES) spécifique à l'île d'Anticosti sont favorables.

« L'objectif de ces forages exploratoires sera de connaître les taux de production, de récupération et le mix entre le pétrole et le gaz qui va venir de ces puits », précise M. Tétreault.

La première phase permettra d'ailleurs de contribuer aux travaux de l'ESS, peut-on lire dans le communiqué envoyé par Hydrocarbures Anticosti.
Le gouvernement a déjà annoncé une évaluation environnementale stratégique (EES) qui porte sur l'ensemble de la filière des hydrocarbures au Québec. L'EES devrait déboucher sur le dépôt d'un projet de loi intégré sur la filière des hydrocarbures dès 2015.

À la fin mai, le gouvernement Couillard a donné son feu vert pour des activités sur l'île d'Anticosti.

Le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, avait alors indiqué qu'une quinzaine de sondages seraient effectués conformément à l'entente conclue par l'ancien gouvernement péquiste avec les partenaires.

Le consortium a rappelé qu'il respectera et la sécurité de la communauté.

Lien: http://ici.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2014/06/17/010-exploration-petrole-ile-anticosti-petrolia.shtml

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Anticosti Hydrocarbons L.P.: Stratigraphic Surveys Equipment Arrives on Anticosti 6 hours ago by Marketwire Canada

(TSX VENTURE:PEA)(TSX:CDH)(EPA:MAU): Anticosti Hydrocarbons L.P. announces the kickoff of the Anticosti project with the shipment starting this week of the necessary equipment for the summer stratigraphic surveys program.

Anticosti Hydrocarbons L.P. will begin by preparing 15 to 18 sites where stratigraphic surveys will occur, starting in July and continuing until the end of the year. The first phase of the program will contribute to the Strategic Environmental Assessment (SEA) and help prepare for the second phase, planned for summer 2015. The results of these stratigraphic surveys will allow a better understanding and a geological characterization of the Macasty Formation, and will also help determine the best drilling sites for the three oil wells anticipated in the second phase.

Anticosti Hydrocarbons L.P. will work along with regulatory authorities to ensure its operations are conducted safely and with respect for the community by employing the highest industry standards. This work is being planned with the intent of maximizing the economic benefits for the Anticosti Island community.

Link: https://research.tdwaterhouse.ca/research/public/Markets/NewsArticle/100-168u8937-1

Monday, June 16, 2014

Protection de l'eau potable : un village de la Gaspésie crie à l'aide

Le maire de Ristigouche-Sud-Est est à Montréal pour dénoncer la poursuite de Gastem contre sa municipalité

Le maire de Ristigouche-Sud-Est, François Boulay, est à Montréal pour dénoncer la poursuite de la pétrolière Gastem contre sa municipalité.

Le maire se dit inquiet pour la survie de la municipalité et demande l'aide de Québec.

La compagnie a déposé une poursuite de 1,5 million de dollars contre le village de 168 habitants à la suite de l'adoption, en mars 2013, par les élus d'une réglementation sur la protection de l'eau potable, qui limite les forages sur le territoire de la municipalité.

Gastem avait planifié des travaux pour l'été 2013 et obtenu un permis de forage un an auparavant.

Procédures judiciaires

La requête en dommages de Gastem a été contestée en cour par la Municipalité, qui prétendait qu'elle était irrecevable. En février dernier, la Cour supérieure a rejeté les arguments de la Municipalité, ce qui force la tenue d'un procès.

Gastem prétend que l'adoption du règlement sur la protection des sources d'eau par Ristigouche lui cause un préjudice irréparable.

Ristigouche-Sud-Est réplique qu'en l'absence de cadre réglementaire provincial, il était légitime pour la Municipalité d'adopter un règlement pour protéger les sources d'eau potable de l'introduction de substances chimiques provenant d'activités industrielles.

Une municipalité sans soutien

François Boulay croit que le ministère des Affaires municipales devrait soutenir financièrement sa communauté qui doit faire face à cette poursuite de 1,5 million de dollars. La poursuite, souligne-t-il, représente cinq fois le budget annuel de la Municipalité, qui est de 275 000 $.

Le maire Boulay souligne que, malgré les démarches de Ristigouche-Sud-Est pour alerter le gouvernement, personne n'a pris contact avec la Municipalité depuis le jugement de la Cour supérieure, en février dernier.

Le maire Boulay s'inquiète du fait que ni le gouvernement ni les élus locaux ne semblent s'intéresser au sort de sa municipalité. « J'espère que le gouvernement n'a pas décidé de nous abandonner à notre sort ou qu'il ait pris fait et cause en faveur de l'entreprise », a-t-il ajouté.

Au Québec, Gastem détient des droits d'exploration sur 1,1 million d'acres dans les Basses-Terres du Saint-Laurent, la péninsule gaspésienne et les îles de la Madeleine.

Lien: http://actualites.ca.msn.com/grands-titres/protection-de-leau-potable-un-village-de-la-gasp%C3%A9sie-crie-%C3%A0-laide

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My translation of a bit of above article:

Gastem says that the Ristigouche municipal bylaw that protects sources of drinking water is irreparably harmfull.

Ristigouche-Sud-Est answers back by saying that without provincial regulations, it was legitimate for the Municipality to adopt a regulation in order to protect the drinking water sources from the introduction of chemicals that come from industrial activities.

A municipality left on its own

François Boulay (the Mayor) beleives that the Municipal Affairs Ministry should financially help his community that has to deal with this $1,5 million lawsuit. He adds that this lawsuit represents 5 times the Municipalities' annual budget of $275,000.

Mayor Boulay reminds us that even with all the things Ristigouche-Sud-Est did to warn the goverment, nobody contacted the Municipality since the Superior Court judgement last February.

Mayor Boulay is worried that the government and local elected officials do not seem interested in what will become of his municipality. "I hope that the government did not decide to abandon us or took the company's side" he added.

In Quebec, Gastem has the exploration rights on 1,1 million acres in the St. Lawrence Lowlands, in the Gaspé Peninsula and the Magdalen Islands.

Tonight!

Sunday, June 15, 2014

Mon père


Probablement toute sa vie, mon père souffrait de bi-polarité. Mais bien sûr, dans ces temps-là, ce n'était pas une maladie diagnostiquée.

C'était juste l'enfer de vivre avec quelqu'un qui pétait le feu un jour, puis se repliait sur lui-même pendant des mois ensuite. Adolescente, pendant des années, j'étais abonnée à la revue Psychology Today pour tenter de comprendre les adultes autour de moi.

Après 40 années de mariage, ma mère a demandé le divorce, ce que mon père refusait d'accorder: la lutte a durée pendant 7 longues années, et cela n'améliora pas l'humeur de mon père. En pleine tempête, il m'a même menacé de me forcer de paraître devant le juge pour que je témoigne contre ma mère. Pour garder un semblant d'équilibre personnel, j'ai dû couper les liens avec lui, surtout après qu'il m'ait appris qu'il s'était trouvé une autre compagne de vie.

Pour se venger, il me renia: je n'ai plus eu de nouvelles du côté des Dion: ma grand-mère décéda, sans qu'on me le dise. Ma tante préférée, grande amie de ma mère et qui m'avait pratiquement vu grandir en anglais à Richelieu, est décédée, sans qu'on le dise ni à ma mère, ni à moi.

Alors, quand mon père est décédé 2 ans après ma mère, personne ne s'est donné la peine de me le dire. Je l'ai appris en lisant le journal local: l'annonce funéraire est reproduite ci-haut. Remarquez qu'on ne s'est même pas donné la peine de mentionner qu'il avait une fille. Une fille unique. Faut le faire.

À ce jour, je ne sais toujours pas si ses cendres sont enterrées dans le lot de la famille dans le cimetière de Richelieu. Je suppose que oui: je vais visiter leurs tombes de temps à autre.

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All his life my father was suffering from bipolar disorder, but of course, at the time, this mental illness did not exist, and so my mother and I were in ignorant bliss.

It was just hell to live with someone who was the life of the party one day, then become the gloomy silent frown for months on end. As a teenager, I was subscribed to Psychology Today, trying to understand the adults around me. Is it any wonder!

After 40 years of being married to him, my mother asked for a divorce, but my father, too proud, refused to allow it, swearing to drain all my mother's savings till there was none left. The divorce proceedings lasted 7 long years: at the worse of it, my father even called me to threaten me. He wanted me to come before the judge and testify against my mother.

To protect my sanity, or what was left of it, I had to stand back and stop the relationship I had left with my father. I felt I could let myself do it when my father told me he found a woman to take care of him.

To get back at me probably, he disowned me. I stopped hearing about the Dion completely. My grand-mother died and nobody told me. My favorite aunt, my mother's best friend that helped raise me in English, died and nobody told my mother, nor I.

So when my father died 2 years after my mother did, nobody took the time to tell me. I learned about it in the local newspaper: the announcement is shown above, and does not even mention that my father had a daughter, an only daughter. People can be so cruel.

To this day, I still do not know if his ashes were buried in the family plot in the Richelieu cemetery. I guess they are: I go visit their tomb once in a while.

Les puits abandonnés laissent fuir beaucoup de méthane


Illustration: concentration de puits actifs et abandonnés en Amérique du Nord. De 1,9% à 75% d'entres eux laissent fuir du méthane. Source: Richard Davies du Marine and Petroleum Geology Journal - Concentration of active and abandoned wells across North America. Anywhere between 1.9 and 75 per cent leak methane. Source: Richard Davies / Marine and Petroleum Geology Journal.

Les puits pétroliers abandonnés laissent échapper d'importantes quantités de méthane selon une étude.

Un chercheur de Princeton mesure les fuites qui mettent à risque l'eau souterraine, et de plus en plus le climat.


Ma traduction libre d'un reportage d'Andrew Nikiforuk publié dans le quotidien The Tyee le 14 juin 2014.

Une étude de l'université de Princeton constate que les fuites de puits pétroliers et gaziers abandonnés ne sont pas seulement un danger pour l'eau souterraine, mais représentent de plus en plus une menace pour le climat.

Entre 200,000 et 970,000 puits abandonnés dans l'état de la Pennsylvanie comptent probablement pour entre 4% à 7% des émissions générées par des activités humaines de cette région, une source jamais prise en ligne de compte jusqu'à date, selon cette étude.

La Pennsylvanie, un peu comme l'Alberta au Canada, est la plus ancienne productrice de pétrole et de gaz aux États-Unis et le site d'une controverse environnementale intense à cause de l'impact de la fracturation hydraulique sur son paysage très perforé.

Pour l'étude, la première de son genre, Mary Kang, une doctorante et ingénieur civil, a mesuré les émissions de méthane de 19 puits abandonnés dans le nord de la Pennsylvanie.

Les puits pétroliers et gaziers abandonnés peuvent servir de chemin de passage pour le méthane, le radon, les saumures et d'autres hydrocarbures qui peuvent migrer dans des nappes aquifères souterraines peu profondes, dans les maisons des gens, ou dans l'atmosphère.

Le méthane est un gaz à effet de serre puissant qui a un potentiel de réchauffement mondial qui est 86 fois plus important que le dioxyde de carbone sur une durée de temps de 20 ans.

En conséquence, des fuites des infrastructures de gaz de schiste et de gaz conventionnel pourraient faire de cette industrie plus polluante que la production de charbon.

Des scientifiques sur le terrain on systématiquement constaté que les modèles utilisés par l'industrie pétrolière et gazière ainsi que les régulateurs sous-estiment beaucoup les fuites de méthane venant des soupapes, des pompes, des pipelines, des stations gazières et des puits en production. Les puits abandonnés sont maintenant ajoutés à cette liste.

Robert Howarth, écologiste de Cornell University et expert en méthane, dit que cette nouvelle étude est importante parce qu'elle illustre comment les émissions venant des activités pétrolières et gazières sont beaucoup plus élevées que les estimés du gouvernement et de l'industrie.

Le problème des puits abandonnés qui fuient "n'a pas été bien étudié dans le passé et n'est pas du tout pris en ligne de compte par l'EPA des É.-U. dans leurs estimés de gaz à effet de serre, ni par les études académiques comme la mienne. C'est encore un bon exemple qui nous prouve que nous en savons encore très peu sur les émissions de méthane de l'industrie pétrolière et gazière, et pourtant une raison de plus pour croire que l'EPA a toujours grandement sous-estimé les émissions totales," dit-il.

Il n'y a rien de terriblement unique en Pennsylvanie, ajoute Howarth, "alors je m'attendrais à voir ce problème affliger la plupart, sinon toutes les régions exploitées pour leur pétrole et leur gaz."

Le problème de fuites des puits, toutefois, est répandu et mondial, et implique des millions de puits pétroliers et gaziers. Les défaillances des puits dans les régions au large de la Norvège, par exemple, comptaient pour 24% dans une analyse, tandis que les défaillances de puits nouvellement fracturés dans le schiste en Pennsylvanie ont une moyenne de 6,4%.

Saskatchewan connaît des taux de défaillances qui atteignent jusqu'à 20%. D'importantes fuites de pétrole brut (jusqu'à 45%) ont occasionné des contaminations d'eau souterraine documentées dans la région de Llydminster, sur la frontière entre l'Alberta et la Saskatchewan.

Le gaz qui fuit

Le rapport de Kang vient appuyer ce que l'étude de l'université de Waterloo avait trouvé qui avait qualifié les 500,000 puits fuyants de la nation comme une menace pour la sécurité publique et l'environnement à cause du "potentiel de détérioration de la qualité de l'eau souterraine, en contribuant aux émissions de gaz à effet de serre, et aux risques d'explosion si le méthane gazeux s'accumule dans des sites inadéquatement ventilés."

L'étude de Waterloo demande aussi aux régulateurs et l'industrie d'immédiatement faire le monitorage et mesurer les émissions des dizaines de millier de puits abandonnés dans l'ouest du Canada. Il prend note aussi que les émissions documentées de gaz venant des trous de puits ne représentent qu'une fraction de ce qui s'échappe du sous-sol dans l'eau souterraine ou d'autres formations.

En Pennsylvanie, Kang a constaté que les puits abandonnés laissent fuir en moyenne environ 96 mètres cubes par année, mais il pourrait avoir entre 280,000 et 970,000 de tels puits dans cet état uniquement.

Environ 16% de tous les puits ne laissaient pas fuir de petites quantités, mais semblaient être des "super-émetteurs", ou gicleurs de méthane. Le puits qui polluait le plus laissait fuir 3,2 mètres cubes de gaz par jour, ou 1,168 mètres cubes de gaz par année. Cela représente presque une valeur de $300 de gaz naturel par année.

En comparaison, selon Enbridge, un résident canadien typique consomme 3,064 mètres cubes de gaz par année pour chauffer sa maison et son eau.

Environ 10% des puits fuient en Colombie-Britannique, mais il ne se fait pas de monitorage sur le taux de fuites venant des 10,000 puits inactifs ou abandonnés de la province. Certains puits fracturés hydrauliquement en production gazière sont devenus de super-émetteurs et peuvent laisser fuir jusqu'à 3,000 mètres cubes par an.

D'autres données étonnantes

Kang a aussi fait d'autres trouvailles étonnantes.

Les fuites de méthane de puits scellés, qui avaient été correctement scellés avec du ciment au moment de leur abandon, avaient des taux aussi élevés que les puits non scellés.

Les puits connectés aux formations de grès fuyaient plus souvent que les puits faits dans d'autres formations.

Elle a aussi découvert que l'éthane, le propane et le n-butane mélangés au méthane, tous des indicateurs que le gaz vient de zones visées par l'industrie, et non pas de sources naturelles comme des marais et des marécages.

Le poulx du méthane qui s'échappe dans l'atmosphère change avec le temps, également. Pendant l'hiver, les fuites sont à la baisse, tandis que durant l'été, de plus en plus de méthane sort des puits.

Les données étonnantes de l'étude de Princeton démontrent encore que les sceaux de ciment dans des puits actifs et abandonnés ont des fissures, se contractent et se fracturent avec le temps, ce qui permet au méthane de fuir et trouver la voie de la moindre résistance, comme des fractures naturelles.

Le gaz perdu peut voyager à des distances jusqu'à 14 kilomètres et se retrouver dans des rivières et des résidences.

Pour que les régulateurs et l'industrie s'occupent du problème, Kang suggère dans sa thèse de doctorat que "les gaz, incluant le méthane et d'autres hydrocarbures, qui sortent de puits pétroliers et gaziers abandonnés" devraient être considérés comme "une ressource alternative d'énergie."

Plus de puits abandonnés que récupérés

La contamination de l'eau potable avec du méthane a été documentée en Pennsylvanie, au Colorado et au Texas, ou partout où la fracturation hydraulique et des forages intenses ont eu lieu. Mais dans plusieurs des cas, les régulateurs ont rejetés du revers de la main les preuves scientifiques et sont arrivés à la conclusion que le méthane s'y trouvait là naturellement.

L'agence Alberta Energy Regulator gère une base de données de fuites de 316,439 puits rapportés par l'industrie qui remonte à 1910. Mais elle n'est pas accessible au public, et le régulateur n'a pas la politique de faire des tests sur les fuites de gaz sur les puits une fois qu'ils ont été abandonnés.

En ce moment, la responsabilité de l'abandon et la récupération des puits inactifs, des pipelines et des installations se chiffre à $32 milliards en Alberta. Pourtant, le régulateur détient $279 en titres de gage destinés à nettoyer les dégâts.

Les compagnies pétrolières et gazières abandonnent les puits à un taux beaucoup plus rapide qu'ils les récupèrent, un processus qui comprend une évaluation de cimentation et l'installation d'une soupape d'évent sur la tête du puits.

Theresa Watson, anciennement un régulateur de l'Alberta, disait dans une présentation de 2013 qu'un nombre grandissant de puits horizontaux à plusieurs stages fracturés hydrauliquement entraient directement en contact avec des trous de puits déjà existant avec le "potentiel d'avoir des impacts sur les actifs (d'autres propriétés de l'industrie) et l'eau souterraine."

Jusqu'à date, il y a eu plus de 20 cas de fracturations à haute pression faits par l'industrie qui ont entré en contact avec des puits avoisinants, résultant en des éruptions de fluides toxiques à la surface.

Certains de ces "heurts de fracturations" ont voyagé jusqu'à 2,400 mètres grâce à des fractures naturelles ou provoquées par l'homme ou des fissures avant de revenir à la surface. Plus de 30 tels évènements se sont produits en Colombie-Britannique. Tous sont un danger pour l'eau souterraine.

"Les squelettes sortent du placard," dit Watson dans sa présentation.

Kang arrive à la conclusion que les gouvernements ont besoin de faire un meilleur travail pour rapporter et faire le monitorage des puits abandonnés, parce qu'ils semblent être une source importante et inattendue d'émissions de méthane qu'on a ignorée jusqu'alors.

"Des mesures additionnelles sont requises pour caractériser et déterminer la distribution des flux de méthane venant des puits pétroliers et gaziers abandons en Pennsylvanie et d'autres régions," écrit-elle.

Une étude importante de 2014 faite par le chercheur britannique Richard Davies du Marine and Petroleum Geology est arrivée à la même conclusion et demandait pour du monitorage systématique à long terme pour les puits en production et abandonnés.

ENCADRÉ:

QU'ARRIVE-T-IL EN SASKATCHEWAN?

En 2012, la Saskatchewan, le deuxième plus important producteur de pétrole du Canada, avait plus de 87,000 puits pétroliers et gaziers dans son paysage. Environ 58,000 sont toujours en production, mais 24,000 puits ne pompent plus d'hydrocarbures.

Des 24,000 puits qui ne produisent pas, 9,700 sont inactifs depuis 5 ans ou plus.

Selon une étude récente de l'université de Waterloo, environ 20% des puits pétroliers et gaziers de la province, actifs et abandonnés, fuient du méthane dans le sol, dans l'eau souterraine ou dans l'atmosphère. Mais personne ne connait les quantités. Le problème est particulièrement criant dans la région de Lloydminster.

Le procureur général de la province rapportait en 2012 que "le nettoyage environnemental des puits pétroliers et gaziers existants ainsi que les infrastructures associées coûterait " au total $4 milliards.

Le procureur arrive à la conclusion qu'à partir du 30 septembre 2012, "le ministère de l'économie n'avait pas les processus efficaces pour gérer les risques financiers et environnementaux associés au nettoyage futur des puits pétroliers et gaziers et leurs infrastructures."

Le procureur décrit aussi le ministère comme étant un organisme en conflit (avec lui-même): "Les efforts du ministère pour développer l'industrie pourraient primer sur ses efforts pour protéger l'environnement. Le nettoyage des puits et de leurs infrastructures pourraient être un exemple d'un déséquilibre. Les programmes de redevances du Ministère ont contribué à la croissance du nombre de puits pétroliers et gaziers et leurs infrastructures. Toutefois, le Ministère fait très peu de progrès dans le nettoyage des puits orphelins et leur installations."

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Abandoned Oil Wells Spouting Significant Levels of Methane, Study Finds

Princeton researcher measures leaks that risk groundwater, and increasingly the climate.


By Andrew Nikiforuk, published in TheTyee.ca

A Princeton University study has found that leaks from abandoned oil and gas wellbores pose not only a risk to groundwater, but represent a growing threat to the climate.

Between 200,000 and 970,000 abandoned wells in the state of Pennsylvania likely account for four to seven per cent of estimated man-made methane emissions in that jurisdiction, a source previously not accounted for, the study says.

Pennsylvania, much like Alberta in Canada, is the oldest oil and gas producer in the United States and the scene of intense environmental controversy due to the impact of hydraulic fracturing on its well-punctured landscape.

For the study, the first of its kind, PhD student and civil engineer Mary Kang measured methane emissions from 19 abandoned wells in northern Pennsylvania.

Abandoned oil and gas wells can serve as pathways for methane, radon, brine and other hydrocarbons that can migrate into shallow groundwater aquifers, people's homes or into the atmosphere.

Methane is a powerful greenhouse gas with a global warming potential that is 86 times greater than carbon dioxide over a 20-year time frame.

As a consequence, leaks from the shale gas and conventional gas infrastructure could make the industry dirtier than coal production.

Scientists in the field have consistently found that models used by the oil and gas industry and regulators significantly underestimate methane leaks from valves, pumps, pipelines, gas plants and producing wells. Abandoned wells have now been added to the list.

Cornell University ecologist and methane expert Robert Howarth said the new study is important because it illustrates that emissions from oil and gas activities are much higher than government and industry estimates.

The problem of leaking abandoned wells "has not been well studied in the past and is not at all considered by the U.S. Environmental Protection Agency in their greenhouse gas emission estimates, nor by other academic studies such as mine. It is yet one more example of how little we really know about methane emissions from the oil and gas industry, and yet one more reason to believe that the EPA has been severely underestimating the total emissions," he said.

There is nothing terribly unique about Pennsylvania, added Howarth, "so I would expect this to be a problem affecting most if not all gas and oil fields."

The problem of wellbore leakage, however, is widespread and global, and involves millions of oil and gas wells. Well failures in Norway's offshore fields, for example, averaged 24 per cent in one analysis while well failures for newly-fractured shale wells in Pennsylvania average 6.4 per cent.

Saskatchewan shows failure rates as high as 20 per cent. Extensive leaks from heavy oil wells (up to 45 per cent) have resulted in documented groundwater contamination in the Lloydminster area on the border of Alberta and Saskatchewan.

Escaping gas

Kang's findings reinforce the findings of a University of Waterloo study that called the nation's 500,000 leaky wellbores a threat to public safety and the environment due to "potential groundwater quality deterioration, contributions to greenhouse gas emissions, and explosion risks if methane gas accumulates in inadequately ventilated areas."

The Waterloo study also called for regulators and industry to immediately monitor and measure emissions from tens of thousands of abandoned wells in Western Canada. It also noted that documented gas emissions from wellbores represent only a fraction of what is escaping underground into groundwater or other formations.

In Pennsylvania, Kang found that abandoned wells leak on average about 96 cubic metres a year, but there may be anywhere from 280,000 to 970,000 such wells in the state alone.

About 16 per cent of all wells didn't leak small amounts, but appear to be "super-emitters" or methane gushers. The highest-polluting well seeped 3.2 cubic metres of gas a day, or 1,168 cubic metres of gas a year. That's nearly $300 worth of natural gas annually.

In comparison, according to Enbridge a typical Canadian resident uses 3,064 cubic metres of gas a year to heat their home and water.

About 10 per cent of all wells leak in British Columbia, but no monitoring is done on the rate of leakage from the province's 10,000 inactive or abandoned wells. Some producing hydraulically-fractured shale gas wells have become super-emitters and leak as much as 3,000 cubic metres a year.

Other startling findings

Kang also made several other startling findings.

Methane leaks from plugged wells, which were properly sealed with cement at the time of their abandonment, were just as high as rates from unplugged wells.

Wells connected to sandstone formations leaked more often than wells constructed in other formations.

She also found ethane, propane and n-butane mixed with the methane -- all indicators that the gas came from zones targeted by industry as opposed to swamps or natural sources.

The pulse of the methane flowing into the atmosphere changed over time, too. During the winter the leaks grew smaller, while during the summer more and more methane flowed from the wells.

The dramatic findings of the Princeton study again illustrate that cement seals in active and abandoned wells crack, shrink and fracture over time, allowing methane to leak and find the path of least resistance, such as natural fractures.

Stray gas can travel distances as great as 14 kilometres away and pop up in rivers and homes.

To get regulators and industry to address the problem, Kang suggested in her PhD thesis that "gases, including methane and other hydrocarbons, emitted from abandoned oil and gas wells" should be considered "as an alternative energy resource."

More abandoned than reclaimed

The contamination of drinking water with methane has been documented in Pennsylvania, Colorado and Texas, or wherever hydraulic fracturing and intense drilling has taken place. But in many cases, regulators have brushed aside scientific evidence and concluded the methane is naturally occurring.

The Alberta Energy Regulator maintains a database of leaks for 316,439 wells reported by industry dating back to 1910. But it is not in the public domain, and the regulator has no policy for testing gas leaks from wells once they have been abandoned.

Currently, the liability for the abandonment and reclamation of inactive wells, pipelines and facilities totals $32 billion in Alberta. Yet the regulator holds $279 million in security bonds to clean up the mess.

Oil and gas companies are abandoning wells at a much faster rate than they are reclaiming them, a process that includes a cement evaluation and the placement of a venting cap on top of the well.

Theresa Watson, a former Alberta regulator, noted in a 2013 presentation that an increasing number of horizontal multi-stage hydraulic fractured wells were directly contacting pre-existing wellbores with the "potential to impact assets (other industry property) and groundwater."

To date, there have been more than 20 cases of industry performing high-pressured frack jobs that connected with nearby wells, resulting in eruptions of toxic fluids to the surface.

Some so-called "frack hits" travelled as far as 2,400 metres through natural or man-made fractures and faults before coming to surface. More than 30 such events have happened in British Columbia. All pose risks to groundwater.

"The skeletons are coming out of the closet," said Watson in her presentation.

Kang concluded that governments need to do a better job reporting and monitoring abandoned wells, because they appear to be a significant and unexpected source of unaccounted methane emissions.

"Additional measurements are required to characterize and determine the distribution of methane fluxes from abandoned oil and gas wells in Pennsylvania and other regions," she wrote.

A major 2014 study by U.K. researcher Richard Davies in Marine and Petroleum Geology reached the same conclusion and called for systematic long-term monitoring for both active and abandoned wells. [Tyee]


WHAT'S HAPPENING IN SASKATCHEWAN?

By 2012, Saskatchewan, Canada's second-highest oil producer, had planted more than 87,000 oil and gas wells on the landscape. About 58,000 remain active, but 24,000 wells weren't pumping hydrocarbons.

Of the 24,000 non-producing wells, 9,700 have been dead for five or more years.

According to a recent University of Waterloo study, about 20 per cent of the province's oil and gas wells, active and abandoned, are leaking methane into soils, groundwater or the atmosphere. But no one knows in what amounts. The problem is particularly acute in the Lloydminster region.

The province's auditor general reported in 2012 that "environmental cleanup costs of existing oil and gas wells and their associated facilities" total nearly $4 billion.

The auditor concluded that as of Sept. 30, 2012, "the Ministry of the Economy did not have effective processes to manage the financial and associated environmental risks related to the future cleanup of oil and gas wells and related facilities."

The auditor also described the ministry as a conflicted body: "The Ministry's efforts to develop the industry may override its efforts to protect the environment. The cleanup of wells and facilities may be an example of an imbalance. The Ministry's royalty programs have contributed to the growth in the number of oil and gas wells and facilities. However, the Ministry is making slow progress cleaning up orphaned wells and facilities."

Link: http://www.thetyee.ca/News/2014/06/14/Oil-Wells-Spout-Methane/

Saturday, June 14, 2014

Votre pelouse a-t-elle besoin de se faire fracturer?



Ma traduction libre d'un reportage publié dans la revue Newsweek.

Le 9 septembre 2009, le voisin de Suzanne Matteo est venu frapper à la porte de sa maison, une ancienne école construite durant les années 1800. La maison, peinturée en blanc, est sise sur une terre de 4 acres dans le comté rural de Pulaski, en Pennsylvanie, et est entourée surtout de vastes champs. En panique, le voisin a dit à Matteo qu'elle devait se rendre à New Castle avec son titre de propriété. Hilcorp, une compagnie de forage, donnait $3,000 par acre aux propriétaires de sa région avec en plus des promesses de redevances venant de la production de gaz en échange de leurs signatures pour des baux de forage.

"Pour moi, cela ne semblait pas correct," dit Matteo. "Mais tout le monde qu'on connaissait s'y rendait. À ce moment-là, personne n'avait entendu parlé de fracturation hydraulique. Tout le monde pensait qu'il s'agissait de puits conventionnels qu'on voyait déjà partout dans la partie ouest de la Pennsylvanie. Et $3,000? Bien des gens n'avaient jamais eu une telle somme dans leur compte de banque. Et si vous aviez 10 acres, vous veniez de gagner à la loterie."

Matteo n'est pas allée à New Castle cette journée-là, mais elle dit que Hilcorp a commencé à se montrer chez elle peu de temps après. La compagnie s'est mise à lui envoyer des lettres et des baux, et glisser des cartes sous sa porte. Une fois, un représentant de Hilcorp s'est montré en espérant lui parler. Matteo était enceinte à 9 mois, sa deuxième fille, et n'en pouvait plus. "Je lui ai rugi au visage, 'Vous n'êtes pas les bienvenus ici.'"

Un an passa. Puis, vers la fin du mois d'août, la compagnie a déposé une demande auprès de l'état pour forer sur de vastes régions qui incluaient des propriétés de Bob Svetlak, agé de 73 ans, également de Pulaski Township. Tout comme Matteo, il avait refusé de signer un bail de forage avec Hilcorp, et maintenant la compagnie tentait de se servir d'une loi de 1961 de "forced pooling" (NDLR:intégration forcée à un bail de forage; un propriétaire récalcitrant se fait encercler par des propriétés louées et par la loi devient obligé de laisser l'industrie forer chez lui) pour pouvoir accéder au gaz naturel qui se trouve sous sa propriété de 14,6 acres sans son consentement.

Matteo dit que quand elle a entendu parlé de l'action de Hilcorp pour envahir la propriété de Svetlak, elle savait qu'elle serait la prochaine. Elle-même, avec Svetlak et deux autres propriétaires terriens, représentent 35 acres qui tiennent tête à l'intérieur d'une région de 3,267 acres que Hilcorp proposait à forer comme une seule unité de forage. En effet, un voisin qui avait signé avec Hilcorp bientôt montra une lettre de la compagnie à Matteo qui encourageait les teneurs de baux de se présenter à une réunion devant le comité Environmental Hearing Board pour appuyer leur demande de forced pooling (une demande intitulée Well Spacing Application).

"En intégrant les lopins de terre en rouge, Hilcorp peut potentiellement forer deux fois plus de puits dans votre unité, ce qui permet à Hilcorp de développer au maximum les minéraux sous votre terre," disait la lettre, en ajoutant que sans le forced pooling, davantage de puits devront être forés et moins de gaz serait produit ainsi. Bref, la lettre laissait comprendre aux détenteurs de baux qu'à moins que leurs voisins récalcitrants soient forcés d'être intégrés, leurs propres redevances futures pourraient en souffrir.

La lettre contenait une carte où les terres de Matteo et les 3 autres propriétés qui n'avaient pas été louées étaient identifiées clairement en rouge.

Quand de vastes projets de forages viennent dans des régions rurales, presque tout le monde dans la communauté est impliquée, de près ou de loin. Hilcorp avait déjà plusieurs puits dans la région, et les trois des directeurs du comté qui voyaient aux cas de zonages et constituaient l'autorité ultime sur les permis autorisant les sites des puits, possèdent eux-mêmes des baux avec Hilcorp pour que la compagnie puisse forer sur leur propriété, selon les documents publics. L'une des directeurs, Lori Sniezek, est également une employée de Hilcorp. Elle s'est récusée l'an passé d'une décision de permis impliquant un puits de Hilcorp. Aucun employé de Pulaski Township n'a voulu passer un commentaire pour ce reportage.

Après avoir vu la lettre envoyée à ses voisins, Matteo et deux autres propriétaires récalcitrants ont entamé une poursuite contre Hilcorp, le département de protection de l'environnement de la Pennsylvanie et le Procureur général de l'état, prétendant que la loi de forced pooling est une violation de leur droit constitutionnel à la propriété privée, ainsi qu'une violation de la loi de l'état sur l'expropriation qui stipule que toute saisie de terre privée doit être pour une raison de bien public, pas privée.

Les lois sur le forced pooling sont peu connues mais se retrouvent dans 39 états. Elles obligent les propriétaires récalcitrants de se joindre à des ententes de locations gazières quand un nombre suffisant de leurs voisins ont déjà signé. Plusieurs de ces lois ont été mises en vigueur entre 1930 et 1970 pour les forages pétroliers et gaziers conventionnels, bien avant que le fracking fasse son apparition dans la plupart des états. La prémisse est bien simple: puisque le pétrole et le gaz tend à s'accumuler dans des "pools", des bassins qui s'étendent sous plusieurs propriétés, un puits pétrolier sur une propriété drainerait probablement le pétrole qui se trouverait sous les propriétés avoisinantes également. La loi voulait s'assurer que si votre gaz était extrait, vous seriez payé, même si vous ne vouliez pas que votre gaz soit extrait au préalable.

Maintenant, le boom de schiste qui s'étend pratiquement sur toute la nation a modifié les foreurs de se servir des lois de "forced pooling" pour la fracturation hydraulique.

La question de forced pooling se retrouve partout dans les cours de l'état et juridiques partout au pays. En Virginie Occidentale, un projet de loi pour étoffer la loi de forced pooling de l'état de 1931 ajoutant le fracking est mort au feuilleton de la Législature dernièrement pour la troisième fois en trois ans. En Caroline du Nord, un comité de travail chargé de structurer les lois de l'état sur la fracturation hydraulique a recommandé que les propriétaires terriens soient intégrés de force par forced pooling si au moins 90% de leurs voisins ont déjà signé des baux pour du fracking. La loi de 1965 de l'Ohio a été utilisé en douce pour le fracking depuis 2011, et des demandes d'applications pour intégrer de force par forced pooling (on dit "unitisation" en code légal en Ohio) ont augmenté autant que les forages dans le schiste. En Ohio, l'état prendrait en considération une demande de forced pooling si seulement 65% des propriétaires terriens ont signé. Le département des ressources naturelles de l'Ohio a reçu 27 demandes depuis 2011 venant de compagnies de forage qui veulent utiliser le forced pooling sur de vastes régions. Jusqu'à date, seulement 8 ont reçu le feu vert, selon Mark Bruce du département.

En Pennsylvanie, où les vastes formations de l'Utica et du Marcellus se trouvent sous la majorité des parties ouest et centrales de l'état, la bataille du forced pooling se corse. Après qu'elle se soit avérée trop controversée, les législateurs de la Pennsylvanie ont laissé tombé une disposition sur le "forced pooling" afin de faire entrer en vigueur sa loi de 2012 qui encadre la production du gaz naturel de la formation du Marcellus. Le gouverneur Tom Corbett, habituellement très favorable aux forages, est contre le forced pooling, le qualifiant de "pouvoir d'expropriation privé". Hilcorp semble être d'accord avec lui sans honte aucune. Dans l'édition d'avril 2012 du Pennsylvania Bar Association Quarterly, les avocats de Hilcorp Kevin Colosimo et Daniel Craig écrivaient que "les lois de pooling compulsif et d'unitisation dans les faits donne le pouvoir d'exproprier au privé; l'état utilise ses pouvoirs policiers dans les intérêts de propriétés privées pour l'usage privé." Hilcorp refuse de passer un commentaire pour ce reportage.

Un projet de loi présenté au Pennsylvania House l'an passé a pour but d'annuler la loi de forced pooling. La Républicaine Michele Brooks, qui a présenté le projet de loi, est une Républicaine qui est en faveur des forages, mais elle dit que les droits de propriété privée doivent primer. "Je veux que ce soit très clair que j'appuie l'exploitation de cette ressource du schiste et qu'elle ait de l'avant," dit Brooks. "Mais nous devons garder l'équilibre." Les foreurs peuvent négocier avec les propriétaires, ajoute Brooks, mais ils ne devraient pas être capable de les obliger à faire quoi que ce soit.

Typiquement, les puits fracturés sont fait avec plusieurs "jambes" qui sont forées horizontalement et s'étendent d'un point central. Le forced pooling a des avantages importants pour les foreurs qui aiment forer les jambes d'un puits en lignes droites au travers d'unités de terrain entièrement louées et intactes, dit Tim Carr, un géologue pétrolier et professeur à l'université West Virginia. Bien que la technologie des forages horizontaux pour fracture est suffisamment avancée que "vous pouvez forer tout autour" une propriété qui n'a pas été louée, s'il le faut, selon Carr, les foreurs pourraient tout de même "s'approcher beaucoup". Cela veut dire que le gaz sous une propriété qui n'est pas louée serait probablement drainée.

En d'autres mots, en ne signant pas un bail, "vous n'empêcherez pas qu'un puits soit foré. Vous vous priverez de l'argent qu'il génèrerait," dit Carr.

De plus, si une unité (de terrain) est morcelé par des propriétaires récalcitrants, les foreurs pourraient devoir forer un plus grand nombre de puits pour pouvoir rejoindre la même quantité de gaz qu'ils pourraient soutirer si l'unité était intacte. Si, par exemple, Hilcorp pourrait exproprier (force-pool) la propriété de Matteo, la compagnie pourrait forer directement au travers toute l'unité à partir d'un seul puits. Si la compagnie ne peut pas le faire, elle pourrait devoir forer 2 puits, l'un de chaque côté de la propriété de Matteo. Chaque puits additionnel peut coûter environ $7 millions, selon Carr. En plus d'économiser sur ces dépenses, l'industrie du gaz argumente que forer moins de puits veut dire que moins de terrain se fait impacter et moins de déchets sont générés.

Pour Matteo, qui a déménagé avec sa famille à Pulaski Township il y a 7 ans, la qualité "immaculée" de l'endroit est ce qui l'a attirée tout d'abord. Maintenant, dit-elle, elle peut entendre des bruits de construction venant d'un puits qui se fait fracturer situé à plus d'un mille de chez elle, et les flammes de la torchère illuminent la nuit comme un "feu d'artifices." Si Hilcorp gagne cette poursuite, un nouveau puits sera foré à trois quart de mille de chez elle sur sa rue. Mais les problèmes de santé sont ce qui lui font le plus peur.

"Ma plus grande crainte est de voir mes enfants tomber malades," dit Matteo. "Pourquoi? Pour un petit essor économique? Et quoi, ensuite?"

Des documents obtenus par Newsweek indiquent que les cas de contaminations de l'eau se sont déjà produits dans la région, près de puits de Hilcorp. Une lettre envoyée par le département de la protection de l'environnement de l'état à un propriétaire terrien de Pulaski en 2013 mentionne que du gaz naturel venant d'un forage tout près avait migré vers une "sous-surface peu profonde" dans la région du propriétaire. La lettre mentionne que la menace avait été mitigée et que l'eau était redevenue saine à boire, mais ajoutait que c'était "sage de garder en tête les dangers du méthane" et faisait la recommandation que le propriétaire évente son puits d'eau potable pour éviter que le méthane s'accumule dedans.

Un autre document, datant de 2012 celui-là, préparé par Moody, le groupe de consultants environnemental de Hilcorp, mentionne que 3 jours après le début du forage d'un puits de Hilcorp dans Pulaski Township, un voisin tout près avait "fait la remarque que son eau était normale avant qu'il aille se coucher vers 1h." Quand son épouse l'a réveillé le matin suivant, "elle avait remarqué que l'eau avait une couleur très foncée....elle l'a laissé couler pendant plus d'une heure et cela n'a rien changé." Quelques jours plus tard, Moody a découvert que le méthane s'infiltrait dans leur sous-sol en suivant l’équipement qui apportait le courant pour leur pompe de puits d'eau potable.

La contamination au méthane de l'eau potable près des sites de fracturations du schiste est chose commune. Une étude de 2011 faite dans la Pennsylvanie et dans New York a trouvé que la concentration de méthane dans l'eau potable augmentait au fur à mesure que le puits d'eau potable s'approchait d'un puits de gaz de schiste en production. Les concentrations de méthane observées dans l'étude étaient suffisamment élevées pour être un "risque potentiel d'explosion." Une autre étude de 2012 avait trouvé que les gens qui vivent en dedans d'un demi-mille d'un puits fracturé risquaient davantage d'avoir des effets sur leur santé, effets associés à la pollution de l'air. Une étude avait trouvé un lien au Colorado entre des anomalies congénitales et les mères qui habitaient en dedans de 10 milles de régions intensément fracturées pendant leurs grossesses.

Malgré les préoccupations pour la santé, certains voisins de Matteo perdent patience avec elle et les autres qui retardent les redevances qu'ils recevraient si la production du gaz pouvait aller de l'avant. Bruce et Jody Clingan, propriétaires d'un terrain de golf de 200 acres tout près, on reçu un boni de plus de $500,000 quand ils ont signé avec Hilcorp, en plus des 18% de redevances sur la production à venir. Bruce Clingan a dit à la station télé CBS qu'il ne comprenait pas pourquoi le "1%" de propriétaires terriens dans l'unité proposée pouvait empêcher les forages auxquels les 99% avaient consentis.

Ce qui est pourquoi Matteo croit que sa poursuite n'est que le commencement. "Je sais que je suis dans le pétrin, peut importe ce qui arrive," dit-elle. "Il y aura des puits près de chez moi, peu importe ce qui arrivera. Il y a un important propriétaire terrien derrière moi et de l'autre bord de la rue qui aimerait bien avoir cet argent d'un site de forage. Mais je sais qu'on se sert de nous pour créer un précédent. S'ils gagnent contre nous, cela se reproduira partout ailleurs."

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Your Lawn Need Fracking?
By Zoë Schlanger / June 12, 2014

On September 9, 2009, Suzanne Matteo’s neighbor knocked on the door of her home, a former schoolhouse built in the 1800s. The house, painted white, sits on four acres in rural Pulaski Township, Pennsylvania, surrounded mostly by fields. With a panicked look, the neighbor told Matteo that she had to get down to nearby New Castle with the deed to her land. A drilling company, Hilcorp, was giving landowners in Matteo’s area $3,000 per acre they owned, plus the promise of royalties on gas production, in exchange for their signatures on drilling leases.

“To me, it didn’t sound right,” Matteo says. “But everybody we knew, they flocked there. At this time, nobody had heard of hydraulic fracturing. Everybody thought these were the conventional wells you see everywhere in western Pennsylvania. And $3,000? A lot of people have never had that amount in their bank account at one time. And if you had 10 acres, you’ve hit the lottery.”

Matteo didn’t go to New Castle that day, but she says Hilcorp started showing up at her house shortly after. It sent letters and leases, and stuck cards in her doorjamb. Once, a Hilcorp representative came by, hoping to speak with her. Matteo was nine months pregnant with her second daughter, and fed up. “I just growled at him, ‘You’re not welcome here.’”

A few years passed. Then, late last August, the company filed an application with the state to drill on a large swath of land that includes property owned by Bob Svetlak, 73, also of Pulaski Township. He, like Matteo, had refused to sign a drilling lease with Hilcorp, and now the company was trying to use a 1961 “forced pooling” law to access the natural gas beneath his 14.6 acres without his consent.

Matteo says that when she heard about Hilcorp’s move on Svetlak’s property, she knew hers would be next. She, along with Svetlak and two other property owners, represent 35 holdout acres within the 3,267-acre area that Hilcorp has proposed as a drilling unit. Sure enough, a neighbor who had leased to Hilcorp soon showed Matteo a letter from the company encouraging leaseholders to attend a meeting before the state Environmental Hearing Board to cheer on its forced pooling application (referred to as a Well Spacing Application).

“By integrating the tracts in red, Hilcorp can potentially drill twice as many wells into your unit, allowing Hilcorp to fully develop the minerals beneath your land,” the letter said, adding that without forced pooling, more wells would need to be drilled and less gas would be produced. In short, the letter implied to the leaseholders, unless their holdout neighbors were forcibly pooled, their own future royalties would be in jeopardy.

The letter included a map, with Matteo’s land as well as three other unleased tracts clearly identified in red.

When large drilling projects come to rural areas, nearly everyone in the community is somehow involved. Hilcorp already has many wells in the area, and all three of the Pulaski Township supervisors—who handle zoning cases and are the final permitting authority for well placement—have leases with Hilcorp to drill on their land, according to public records. One of them, Lori Sniezek, is also a Hilcorp employee. She recused herself last year from a permitting decision involving a Hilcorp well. No Pulaski Township employee would comment for this story.

After seeing the letter sent to her neighbors, Matteo and two other holdout property owners filed a lawsuit against Hilcorp, the Pennsylvania Department of Environmental Protection and the state attorney general, alleging that the forced pooling law is a violation of their constitutional right to private property, as well as a violation of state eminent domain law, which stipulates that any taking of private land must be for a public, not private, purpose.

Forced pooling laws are little known but on the books in 39 states. They compel holdout landowners to join gas-leasing agreements when enough of their neighbors have already signed on. Many of the laws were enacted between 1930 and 1970 for conventional oil and gas drilling, long before fracking existed in most states. The premise was simple: Since oil and natural gas tend to accumulate in “pools” that likely flow beneath several properties, a petroleum well on one property would probably drain oil from beneath neighboring properties as well. The law was intended to make sure that if your gas was drained, you got paid—even if you didn’t want your gas drained in the first place.

Now, the nearly nationwide shale boom has prompted drillers to try to apply forced pooling laws to hydraulic fracturing.

The issue of forced pooling is popping up in statehouses and courthouses across the country. In West Virginia, a bill to expand the state’s 1931 forced pooling code to include fracking recently died in the Legislature for the third time in three years. In North Carolina, a study group charged with crafting the state’s fracking laws recommended that landowners be forcibly pooled if at least 90 percent of their neighbors have already signed fracking leases. Ohio’s 1965 law has already been quietly used for fracking since 2011, and applications to forcibly pool (“unitization” in Ohio code parlance) are increasing along with shale drilling. In Ohio, the state will consider a forced pooling application after just 65 percent of landowners have signed on. The Ohio Department of Natural Resources has received 27 applications since 2011 from drilling companies to force-pool large tracts of land. So far, only eight have been approved, according to the department’s Mark Bruce.

In Pennsylvania, where the massive Utica and Marcellus shale formations underlie much of the western and central parts of the state, the forced pooling fight is getting grisly. After it proved too controversial, Pennsylvania legislators dropped a forced pooling provision in order to pass its 2010 law regulating natural gas production in the Marcellus formation. Gov. Tom Corbett, otherwise strongly pro-drilling, is opposed to forced pooling, calling it “private eminent domain.” Hilcorp appears to unabashedly agree. In the April 2012 edition of the Pennsylvania Bar Association Quarterly, Hilcorp attorneys Kevin Colosimo and Daniel Craig wrote that “compulsory pooling and unitization laws effectively grant a private power of eminent domain; the state exercises its police power to take an interest in private property for private use.” Hilcorp declined to comment for this story.

A bill introduced in the Pennsylvania House last year aims to repeal the forced pooling law. Rep. Michele Brooks, who sponsored the bill, is a pro-drilling Republican, but she says private property rights must come first. “I want to make it very clear that I support using this [shale] resource and advancing it,” Brooks says. “But we have to balance that.” Drillers can negotiate with property owners, Brooks adds, but they shouldn’t be able to force them into anything.

Fracking wells are typically made up of several “legs” that are drilled horizontally and radiate out from a central location. Forced pooling has significant advantages for drillers, who like to drill the legs of a well in straight lines across intact, fully leased “units” of land, says Tim Carr, a petroleum geologist and professor at West Virginia University. Although horizontal drilling technology for fracking has advanced far enough that “you can drill right around” an unleased property if you had to, according to Carr, the drillers would still “come awful close.” This means the gas under the unleased property will probably get drained.

In other words, by not signing a lease, “you’re not going to stop a well being drilled. You’re going to stop yourself from getting money for it,” Carr says.

Plus, if a unit is broken up by holdout landowners, drillers may need to drill additional wells to access the same amount of gas that they would have gotten if the unit was intact. If, for example, Hilcorp could force-pool Matteo’s land, they could drill straight across the whole unit from a single well. If they can’t, they may need to drill two wells—one on either side of Matteo’s property. Each additional well can cost about $7 million, according to Carr. In addition to the cost savings, the gas industry argues that drilling fewer wells mean less land is disturbed and less waste is produced.

For Matteo, who moved with her family to Pulaski Township seven years ago, the “pristine” quality of the area was its original appeal. Now, she says, she can hear construction noise from a fracking well that sits a little over a mile away from her house, and the flames from the well flare light up the sky at night “like fireworks.” If Hilcorp wins the lawsuit, a new well will be drilled three-quarters of a mile down her road. But the health issues are the most frightening.

“My biggest fear was that my kids will get sick,” Matteo says. “What, for a short spike in the economy? And then what?”

Documents obtained by Newsweek show that instances of water contamination have already occurred in the area, near Hilcorp wells. One letter sent by the Pennsylvania Department of Environmental Protection to a Pulaski homeowner in 2013 stated that natural gas from nearby drilling had migrated to the “shallow subsurface” of the land in the homeowner’s area. The letter said that the threat had been mitigated and that the water was again safe to drink, but it also advised that it was “wise to keep in mind the hazards of methane” and recommended that the homeowner vent the drinking-water well to avoid gas buildup.

Another document, from 2012, prepared by Moody, Hilcorp’s environmental consulting group, shows that three days after Hilcorp began to drill for a well in Pulaski Township, a nearby resident “observed his water to be normal prior to going to bed about 1:00 a.m.” When his wife woke the following morning, “she observed the water to be very dark in color…the water was allowed to run for over an hour and it did not clear up.” A few days later, Moody found that methane was entering the couple’s basement by way of equipment that supplied power to their water well pump.

Methane contamination of drinking water near shale fracking sites is common. A 2011 study conducted in Pennsylvania and New York found that the concentration of methane in drinking water was higher the closer the water well was to an active shale gas well. The methane concentrations observed by the study were high enough to pose a “potential explosion hazard.” Another study, from 2012, found people who live within a half-mile of a fracking well were at greater risk for health effects associated with air pollution. One study found an association in rural Colorado between birth defects and mothers who lived within 10 miles of heavily fracked areas while pregnant.

Despite the health concerns, some of Matteo’s neighbors are frustrated with her and others for holding up the royalties they will receive once the gas starts flowing. Bruce and Jody Clingan, who own a 200-acre golf course nearby, received a bonus of over $500,000 when they signed with Hilcorp, plus 18 percent royalties on future production. Bruce Clingan told CBS that he couldn’t understand why “1 percent” of landowners in the proposed unit could prevent drilling to which the other “99 percent” have consented.

Which is why Matteo believes her lawsuit is just the beginning. “I know I’m screwed, no matter what,” she says. “There’s going to be wells near me no matter what. There’s a large landowner behind me and across the street that would probably love the money for a well pad. But I know we’re getting used as a precedent. If they get away with this with us, it’s going to happen everywhere.”

Link: http://www.newsweek.com/2014/06/20/your-lawn-need-fracking-254499.html