Friends of the Richelieu. A river. A passion.



"Tout cedit pays est fort uny, remply de forests, vignes & noyers. Aucuns Chrestiens n'estoient encores parvenus jusques en cedit lieu, que nous, qui eusmes assez de peine à monter le riviere à la rame. " Samuel de Champlain


"All this region is very level and full of forests, vines and butternut trees. No Christian has ever visited this land and we had all the misery of the world trying to paddle the river upstream." Samuel de Champlain

Friday, September 30, 2011

Qui protégera l'île aux Foins?

Photo: naturecarignan.org

Cela fait au moins 7 ans que je suis ce dossier controversé, et je ne le maîtrise pas encore tout à fait. Pas facile à savoir qui dit vrai, qui dit faux, et qui cache certaines données importantes.

Alors je vais laisser Louis-Gilles parler pour moi:

"Un débat orageux oppose depuis des années une partie de la population de Carignan, en Montérégie, à un promoteur immobilier qui voudrait bien développer «son» île aux Foins d'une façon ou d'une autre, d'autant plus qu'il a eu derrière lui jusqu'à présent le conseil municipal, sans doute intéressé par l'apport de nouvelles taxes.

Une grande partie de ce débat porte sur la valeur écologique de la végétation forestière de la partie élevée de cette île. Elle abrite aussi des espèces animales assez peu communes.

Dimanche, les citoyens de Carignan vont se prononcer par référendum sur des modifications au zonage proposées par le conseil. Si elles sont avalisées, elles permettront au promoteur d'aller de l'avant moyennant certaines conditions.

Mais voilà que s'est produit récemment un événement majeur dont cette population ne semble pas avoir été informée. En effet, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MNRF) a avisé la Ville de Carignan par lettre du 2 septembre qu'il a relevé dans cette île «l'existence d'un écosystème forestier rare» (EFE), c'est-à-dire un écosystème d'une telle valeur que s'il n'était pas situé sur un terrain privé, il serait immédiatement classé et protégé par Québec. La municipalité avait d'ailleurs été avisée verbalement du verdict sans ambiguïté de Québec, qui l'invite à passer à l'action pour le protéger.

«La reconnaissance scientifique que nous vous adressons par la présente n'a donc qu'une valeur morale en soi, mais vous confirme que le groupement à tilleul et caryer cordiforme du bassin de Chambly est aussi exceptionnel et répond aux mêmes critères de rareté, d'intégrité et de qualité que les différentes forêts que le ministre a classées et protégées depuis 2002 sur les terres publiques placées sous sa responsabilité.»

Et la suite du message du MRNF est claire: «Nous vous invitons à prendre exemple de cette initiative et à rechercher les solutions permettant de protéger cette forêt ou de minimiser les impacts négatifs associés à sa transformation.»

Selon l'ingénieur forestier Normand Villeneuve du MNRF, entre ces différents scénarios, «la protection de ce site remarquable est souhaitable».

Pourquoi? Parce que «cet écosystème forestier exceptionnel (EFE) abrite une importante population de tilleuls d'Amérique et de caryers qui forment un groupement végétal peu commun à cet endroit. Les relevés d'inventaire indiquent la présence de tilleuls matures atteignant 55 cm de diamètre, 26 mètres de hauteur et 110 ans d'âge. Des caryers et des chênes rouges de plus de 60 cm de diamètre ont également été observés. Le tilleul, dans l'ensemble de la forêt, atteint plus de 50 % du couvert arborescent, ne laissant à l'érable à sucre qu'un maigre 5 % de recouvrement».

Le ministère, poursuit son représentant, «a désigné jusqu'à aujourd'hui, à titre de EFE, 208 sites sur les terres publiques de l'État. Ce pouvoir de classement légal ne concerne que les terres publiques et ne peut pas être invoqué dans le cas d'un site privé comme celui du bassin de Chambly. En forêt privée, ce sont les propriétaires et les municipalités concernés qui sont invités à assurer la conservation de tels sites.» Et non le ministère, comme l'a prétendu publiquement la Ville récemment.

On a vu il y a quelques semaines les citoyens de Sainte-Ursule, en Mauricie, se prononcer majoritairement pour la protection des chutes exceptionnelles situées dans leur municipalité, probablement les plus belles du sud du Québec, que leur Ville voulait exploiter en construisant une minicentrale hydro-électrique. À Carignan, une autre population se retrouve devant un réel enjeu de conservation, qui touche un site hors du commun, jugé «exceptionnel» par Québec. Pourrait-on imaginer d'autres manières de le mettre en valeur tout en préservant ce patrimoine pour les générations futures?

Les enjeux de conservation se multiplient d'ailleurs sur la Rive-Sud. Autant des municipalités comme Boucherville, Longueuil et Brossard ont une attitude exemplaire en matière de protection de leurs milieux humides, autant le message des citoyens frappe parfois des oreilles qui ne veulent pas entendre, comme à Saint-Bruno-de-Montarville où, après des audiences et un rapport très clair, la mairie s'entête à aller de l'avant avec le projet immobilier de la Futaie, en présentant son attitude comme une expression de leadership municipal. L'attitude beaucoup plus digne du maire de Sainte-Ursule, qui a soumis la question aux voix et suivi avec dignité le verdict populaire, devrait être imitée ici.

Heureusement que parfois, la vigilance de certaines fondations permet de lancer des initiatives de conservation avant que les territoires ciblé soient dévastés par de nouveaux projets immobiliers, de marinas, etc.

C'est ainsi que l'immense marais de Lochaber, situé dans une baie importante de l'Outaouais, entre Plaisance et Thurso, vient d'être acheté pour 4,8 millions par Canards illimités (CI) avec des contributions des gouvernements d'Ottawa et de Québec, qui ont fourni chacun 46 % de la mise de fonds. Cet ensemble de marais, de langues de terre et de milieux humides couvre une superficie de 715 ha, soit l'équivalent de 1300 terrains de football. Il s'agit d'un des dix plus grands complexes de milieux humides du sud du Québec. Cette acquisition, selon Bernard Filion, de CI, va «consolider le territoire public» de la région, qui abrite notamment le parc national de Plaisance tout près de là. Les marais de Lochaber seront désormais des terres publiques, accessibles à la chasse, mais dont la propriété sera transférée au MRNF en raison de son exceptionnelle valeur faunique. Bravo à tous ces partenaires, qui devraient peut-être jeter un coup d'oeil à l'île aux Foins... "

Texte de Louis-Gilles Francoeur publié dans Le Devoir ici: http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/332510/qui-protegera-l-ile-aux-foins

Thursday, September 29, 2011

Grands Lacs - les 5 chimiques les plus inquiétants

Photo: Canadian Press

"L'équipe de chercheurs du Bureau régional des Grands Lacs publie un rapport sur les nouvelles substances chimiques préoccupantes

La Commission mixte internationale reçoit un rapport rédigé par M. Saad Jasim, directeur du Bureau régional des Grands Lacs, en collaboration avec MM. Merih Otker Uslu et Nihar Biswas de l'Université de Windsor. Dans ce rapport, les auteurs, sous la direction de M. Uslu, analysent ce qui s'est publié entre 2007 et 2011 au sujet de la présence de nouvelles substances chimiques préoccupantes dans le bassin des Grands Lacs. Le rapport peut être téléchargé ici, et il est résumé ci-dessous.

Des composés pharmaceutiques, produits de soins personnels et composés perturbateurs du système endocrinien ont été décelés dans les eaux usées municipales, les eaux de surface, les eaux souterraines et les eaux potabilisées, ainsi que dans les sédiments et les organismes aquatiques partout dans le monde. Les composés pharmaceutiques actifs se divisent en plusieurs groupes : anti-inflammatoires, antibiotiques, antiépileptiques, bêtabloquants, etc. Les produits de soins personnels, comme les muscs et les cosmétiques, contiennent de nombreuses substances chimiques. Un vaste éventail de composés perturbent le système endocrinien, dont les hormones, les pesticides et les alkylphénols. Tous ces produits ont été réunis sous la dénomination de « nouvelles substances chimiques préoccupantes », et on s'y intéresse en raison de leurs possibles effets nocifs sur les animaux et les humains à un faible degré d'exposition. Parmi ces effets, il y a l'action toxique sur les organismes aquatiques, l'altération du système reproducteur des organismes aquatiques et la stimulation du développement de souches résistantes de bactéries qui présentent un risque pour la santé humaine.

De nouvelles substances chimiques préoccupantes sont décelées depuis longtemps dans divers milieux, mais leurs rejets dans l'environnement n'ont pas été entièrement réglementés par les autorités compétentes aux États-Unis et au Canada. Une évaluation complète des risques que présente chaque nouvelle substance chimique préoccupante devrait être effectuée par les autorités scientifiques et réglementaires. À cette fin, il faudrait procéder à l'analyse et à la surveillance environnementales, surtout dans les secteurs où des toxiques chimiques sont rejetés dans le milieu aquatique.

La contamination de l'environnement par les nouvelles substances chimiques préoccupantes imputable aux rejets agricoles, industriels et municipaux est connue dans le bassin des Grands Lacs, et la Commission mixte internationale y a désigné plusieurs « secteurs préoccupants ».

Le rapport présente une analyse de la documentation qui a été publiée entre 2007 et 2011 sur la présence de nouvelles substances chimiques préoccupantes dans le bassin des Grands Lacs. Les rapports et études scientifiques avalisés par des comités de lecture ont été tirés de la base de données Web of Science. Les nouvelles substances chimiques préoccupantes déterminées par la Commission mixte internationale sont les muscs synthétiques, agents tensioactifs fluorés, ignifugeants bromés et chlorés, alkylphénols éthoxylés, paraffines chlorées à chaîne courte, phtalates, produits pharmaceutiques, produits de soins personnels, pesticides et biphényles polychlorés (BPC) hydroxylés. D'après la liste donnée et la documentation, les nouvelles substances chimiques préoccupantes dont il est fait le résumé dans l'analyse sont classées comme suit : substances pharmaceutiques, pesticides, ignifugeants (ignifugeants bromés et chlorés, paraffines chlorées), agents tensioactifs perfluorés, alkylphénols, parfums de musc synthétiques, plastifiants et hydrocarbures aromatiques polycycliques. Les données sur les contaminants du passé que sont les biphényles polychlorés ont été exclues du rapport. Celui-ci traite de la présence de toutes les substances chimiques en question dans les influents et les effluents des stations de traitement des eaux usées, les eaux de surface et les eaux souterraines, les influents et les effluents des stations de potabilisation, les sédiments et le biote."

Lien pour le communiqué: http://www.ijc.org/rel/news/2011/110824_f.htm

Photo: DEQ Michigan

"5 chemical threats to the Great Lakes

The Great Lakes have faced various threats for years, from industrial pollution to invasive species, but another challenge worries many researchers these days — the emerging chemical threat.

It’s not just pesticides, as scientists are finding worrying levels of pharmaceutically active compounds such as anti-inflammatories, antibiotics, anti-epileptics, and beta blockers in lake water. As well, hormones, pesticides and alkylphenols have been identified as threats.

These products and medicines flushed down toilets and dumped into sinks are not stopped at water treatment plants, which are not geared to deal with them.

A new report prepared for the International Joint Commission by two Windsor, Ont., researchers has outlined the threats the chemicals pose. The International Joint Commission was formed by the U.S. and Canadian governments to find solutions to problems in the Great Lakes Basin.

The compounds “are receiving attention due to their potential adverse effects on animals and humans at low levels of exposure,” said the report, co-authored by Merih Otker Uslu and Nihar Biswas of the University of Windsor. They sound a warning later in the report, which is a review of data collected from 2007-11.

“The toxic effects on aquatic organisms, alterations on the reproductive system of aquatic organisms and the promotion of the development of resistant bacterial strains representing a health risk to humans, are among the adverse effects of these compounds.

“Although chemicals of emerging concern have been detected in different environmental compartments for a longtime period, their environmental releases have not been completely regulated by the regulatory communities in the United States and Canada.”

Uslu and Biswas called for a comprehensive risk assessment of each chemical of emerging concern.
Pharmaceutical substances

Sewage treatment plants are not designed to handle pharmaceutical substances, the report suggests, leading to a “vast” array of drugs in varying levels in the Great Lakes.

“The main concern regarding the presence of pharmaceutical residues in the aquatic environment has been focused on antibacterials which may promote the development of resistant bacteria strains representing a health risk to humans,” said the International Joint Commission report.

Substances such as antidepressants, antibiotics, and steroid hormones that eventually make it into groundwater that is then tapped into a house “may also pose adverse effects on humans.” The levels of pharmaceuticals found were quite low, and the study does not delve into how much water needs to be consumed before health is affected.

Levels of caffeine have been found as well.
Pesticides

The warning about pesticides in the lakes is simple and disturbing: “Many pesticides are suspected of being endocrine disruptors which can cause sexual abnormalities and reproductive failure.”

Elevated levels of pesticides are found in the Great Lakes during late spring and summer when agricultural activities are in full bloom. The studies considered by Uslu and Biswas found elevated levels of pesticide in watersheds that flow into the lakes, passing golf courses and farms on the way.

In one study, seven great blue heron colonies were sampled in the St. Lawrence River in 2001 and 2002. Samples were analyzed for 21 pesticides. More than half of these 21 pesticides were detected in about 50 per cent of the samples, the study stated.

The level of pesticides in the lakes, as well as the type of chemical, depends on where the test samples are taken. The Humber River watershed has higher levels of the chemical atrazine than the Don River watershed because it includes more agricultural area.
Flame retardants

Flame retardants are chemicals that can be added to paint or other materials.

“These substances are highly toxic and persistent in the environment. Due to high lipophilicity and stability, they have the potential for accumulation in sediments and bioaccumulation in wildlife,” said the report.

Some flame retardants have chemical structures similar to PCB, and “are also considered potential endocrine disruptors.”

Some types of retardants originate from manufacturing processes and can come from the air.
Synthetic musk fragrances

The musks are used in a number of products, including perfumes, cosmetics, detergents and cleaning products.

“Due to their lipophilic nature, synthetic musks could not be effectively removed in sewage treatment facilities and are retained in sewage sludges,” said the report.

Among fish taken in Chicago, the chemicals were found in all of the samples.
Bisphenol A

“Bisphenol A is a well-known plasticizer used to make polycarbonate plastics and epoxy resins. It is a highly persistent endocrine disruptor and therefore subjected to risk assessment studies by regulatory authorities around the world,” said the report.

It has been widely detected in drinking water, in Detroit and Windsor, Ont., and in the water of 17 other Ontario communities.

Bisphenol A was declared a toxic substance by Canadian authorities in October 2010. It does not pose a danger to human health though through food packaging uses, Health Canada said."

Link: http://www.cbc.ca/news/canada/story/2011/09/21/great-lakes-threat-list.html

Wednesday, September 28, 2011

Des algues bleues dans la rivière Châteauguay

Photo: SCABRIC

"Une analyse du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs a révélé, le 22 août dernier, la présence d'une très grande concentration de cyanobactéries aussi appelées algues bleues dans la rivière Châteauguay à la hauteur de la municipalité de Sainte-Martine à proximité du quai du parc Léveillé.

C'est la première fois que la présence de cyanobactéries est détectée dans la vallée de la rivière Châteauguay. C'est l'observation d'une couche verdâtre, presque fluorescente, de quelque 15m2 qui a sonné l'alarme à la Société de conservation et d'aménagement du bassin de la rivière Châteauguay (SCABRIC). «Dès que nous avons reçu le résultat de l'analyse, nous avons recommandé la prudence et la municipalité a été avisée. Les participants à la location d'embarcations ont tous été informés des mesures de précaution à prendre lors des contacts avec l'eau autour du quai : de ne pas la boire, de ne pas s'y baigner et de bien se laver lors d'un contact avec la peau ou les yeux», explique Félix Blackburn, directeur général de la SCABRIC, lors d'un point de presse tenu mercredi dernier.

L'organisme environnemental et la Ville de Sainte-Martine élaborent présentement un plan de communication pour informer la population des dangers relatifs. Des affiches devraient bientôt être installées à proximité du quai. Une concertation avec les municipalités de Châteauguay et de Mercier est également prévue car ces secteurs sont aussi vulnérables à la prolifération des algues bleues.
Non toxiques

Bien que les analyses aient conclu à un niveau de toxicité sous les seuils de détection, le président de la SCABRIC recommande la prudence et la collaboration de la population. «Cette première observation de fleur d'eau de cyanobactéries, même si elle n'est pas toxique, ne garantit en rien que les prochaines ne le seront pas. Car la présence de ces algues résulte de plusieurs années de dégradation de la qualité de l'eau.»

«Les conditions propices aux développements d'algues bleues étaient réunies depuis plusieurs années, spécifie Geneviève Audet, agente de l'environnement pour la SCABRIC. Cette partie de la rivière contient 20 fois plus de phosphores que la norme. Ajoutez à cela une eau peu profonde où il y a absence de mouvement et un réchauffement, et vous obtenez une prolifération de bactéries.»
Responsabilité collective

Les algues bleus comportent plusieurs risques pour la santé publique. Aussi la SCABRIC recommande-t-elle d'adopter un plan d'action concerté, tant du côté des municipalités que des citoyens. «Ce sont les petits gestes à l'échelle individuelle qui font toute la différence à l'échelle du bassin versant», mentionne Mme Audet. L'utilisation de savons et de détergents sans phosphates, l'entretien des installations septiques, l'ajout de végétation sur les rives des lacs et des cours d'eau, les alternatives écologiques aux fertilisants sont autant de petits gestes qui peuvent faire une différence.

Actuellement, on évalue que 70% du phosphore contenu dans la rivière provient des activités agricoles. Les 30% restants sont attribuables aux activités industrielles et municipales, et aux fausses septiques non conformes."

Tel que paru dans Le Soleil de Châteauguay ici: http://monteregieweb.com/main+fr+01_300+Des_algues_bleues_dans_la_riviere_Chateauguay.html?JournalID=24&ArticleID=718218

Tuesday, September 27, 2011

Barrages - un démantèlement, bon pour le poisson, bon pour l'électricité

Photo: Bobby Bascomb

Depuis une dizaines d'années, plus de 500 barrages ont été démantelés aux États-Unis, pendant qu'au Québec, on s'obstine à couler davantage de béton dans les dernières grandes rivières sauvages pour faire de l'électricité dont nous n'avons pas besoin!

Voici une traduction libre d'une transcription d'une émission radio sur le démantèlement de 2 barrages dans la plus grosse rivière dans le Maine, notre voisin au sud.

Le démantèlement du barrage dans la Penobscot River sera la bienvenue pour les poissons, mais le fournisseur d'hydroélectricité également.

La plupart des barrages qui se font démanteler surtout dans la partie nord-est des É.-U. avaient été construits au début du 20e siècle pour alimenter la révolution industrielle. Mais les petites usines et moulins n'y sont plus depuis belle lurette, et deux vieux barrages dans la rivière Penobscot disparaîtront eux aussi. La rivière est la plus importante de l'état du Maine.

Grâce à une collaboration bien spéciale, le projet de démantèlement des barrages sera pour le bonheur des poissons et de la compagnie d'électricité.

John Banks est le directeur des ressources naturelles de la Nation Penobscot. Il navigue adroitement son canot dans la rivière Penobscot. Il constate qu'il y a eu beaucoup de pluie cette année, et que cela fait l'affaire aux saumons. Il dit que pratiquement tout les affluents et les détours de la rivière portent un nom Penobscot.

Un peu en aval de Belfast, il y a une rivière appelée Passagassawakeag, un mot Penobscot qui veut dire un endroit pour attraper l'esturgeon à la fléchette la nuit. Quand les ancêtres de Bank utilisait une lumière pour attraper leur poisson, la rivière était pleine de millions de gaspareau, d'alose savoureuse et de saumon de l'Atlantique.

Les saumons étaient extrêmement importants comme source de protéines et pour la survie des membres des Premières Nations. Le saumon a aussi été important pour les communautés du début de la colonie le long de la rivière. Des clubs de pêche ont été implantés près des meilleures fosses. À chaque printemps, le premier pêcheur à attraper un saumon l'envoyait au président des États-Unis. À partir de 1830, le premier des 5 barrages a été construit pour alimenter les quantités sans cesse grandissantes de scieries qui s'implantaient le long de la Penobscot River. Les nouvelles industries polluaient l'eau et les barrages ont provoqué la diminution des montées de saumon. Les gens de la place qualifiait la rivière de polluée et salopée dans les années 1950 et 1960. Mais en 1972, la loi Clean Water Act commençait à réglementer les déversements dans la rivière. Et depuis les années 1980, des groupes environnementaux ont concentrés leurs efforts pour arrêter la construction de nouveaux barrages et démanteler les vieux.

Josh Royte est un planificateur environnemental pour l'organisme Nature Conservancy. Il dit que les poissons doivent pouvoir remonter et descendre les rivières, peut importe où ils vivent. Son organisme milite pour le démantèlement de barrages depuis des décennies, et les saumons sont l'espèce emblématique pour la restauration de la Penobscot River.

Selon Josh, la rivière Penobscot se trouve à être l'une des rivières qui a le meilleur potentiel pour la restauration du saumon de l'Atlantique au pays. Si des efforts doivent être faits pour ramener le saumon, cela doit se faire dans la Penobscot, selon lui.

En 1999, 7 groupes environnementaux et la tribu Penobscot se sont assis avec une compagnie qui fournit de l'électricité hydro-électrique afin de tenter de s'entendre. Laura Rose Day, la directrice exécutive du Penobscot River Restoration Trust, dit que c'était une rencontre de groupes qui ne semblaient pas avoir des points en commun au premier abord.

La production de l'électricité, des ressources culturelles de la tribu, les sports aquatiques, la pêche commerciale, tous les intervenants se sont mis ensemble pour trouver une solution qui répondraient aux besoins de tous et trouver un équilibre. De là est venu le projet Penobscot.

Après des années de négociations, le groupe est arrivé à une entente qui implique le démantèlement de 2 barrages et la construction d'une passe à poisson sur un troisième. Afin de compenser pour la perte de production d'électricité occasionnée par la perte des 2 barrages, la compagnie a déjà commencé à produire plus d'énergie à partir d'un affluent plus petit. Un barrage qui ne produisait rien depuis 10 ans a été remis en production pour fournir 30,000 mégawatts. Finalement, la compagnie produira la même puissance après qu'avant.

Day espère que ce projet démontre qu'il y a moyen que les gens travaillent ensemble pour faire fonctionner un projet commun. Fondamentalement, la compagnie produira éventuellement plus d'énergie dans des régions moins écologiquement sensibles. Le trajet principal de la rivière sera réhabilité et deviendra une autoroute à poissons.

Mais pour le moment, la rivière Penobscot ressemble plus à une rue résidentielle pleine de dos d'ânes et de nids de poule. Le premier obstacle pour un poisson qui arrive de l'Atlantique est le barrage Veazie Dam. Il y a une passe à poisson de 3 pieds de large à cet endroit. Les poissons qui réussissent à la trouver peuvent continuer de nager en amont. Ceux qui ne le trouve pas se cogne le nez sur un mur de ciment.

Le journaliste a rencontré Mitch Simpson sur le site du barrage tôt un matin. Simpson est un biologiste avec le département des ressources marines du Maine (Maine Department of Marine Resources) et est responsable de gérer la trappe à poisson à Veazie Dam. Cet obstacle sera démantelé à l'été 2013, mais entre-temps, c'est l'endroit clé pour la gérance du poisson de la rivière.

La trappe à poisson est un genre d'élévateur qui descend au fond de l'eau et remonte jusqu'en haut du barrage. Le journaliste et Simpson se tiennent sur un grillage de métal à la tête de l'ascenseur. Pendant que l'ascenseur monte du fond de la rivière, trois formes deviennent plus visibles.

Simpson s'exclame: "C'est bien du saumon de l'Atlantique! Au moins 3!" Il ouvre une porte de métal sur le côté pour apercevoir 3 gros saumons qui nagent en cercles serrés dans 3 pieds d'eau. Son assistant descend dans la trappe avec un tube énorme en plastique pour attraper chaque poisson individuellement et le transporter dans une citerne de transport. Simpson se penche au-dessus de la citerne pour mesurer les poissons et les examiner. Il constate une nageoire dorsale déformée: c'est probablement un poisson d'ensemencement. Grâce aux poissons d'ensemencement, la population se maintient stable. Seulement 3% à 5% des poissons qui remontent la Penobscot sont sauvages, ce que nous qualifions de sauvage.

Car certains des poissons attrapés ici sont envoyés à un labo d'alevinage où des biologistes en tirent des oeufs et élèvent des bébés saumons qui seront relâchés en amont éventuellement. Les autres saumons seront relâchés en amont, mais doivent d'abord être injectés avec une étiquette qui les identifiera individuellement. Chaque passe à poisson sur la rivière a son système d'antenne qui identifie les poissons au passage. Les étiquettes électroniques fonctionnent avec des lecteurs. Comme sur des autoroutes payantes, les poissons circulent dans la rivière et sont suivis.

Cette autoroute électronique permet aux scientifiques de calculer le temps nécessaire pour un saumon d'aller d'un barrage à un autre et la quantité exacte qui réussit le périple. C'est comme cela qu'ils ont découvert que le prochain barrage à être démanteler, le Great Works Dam, ne laisse presque pas de poissons passer. C'est le barrage qui sera démantelé l'été prochain. Cela sera un bon débarras, selon Simpson.

La rivière Penobscot est 260 milles de long dans l'état du Maine. Malgré les barrages, la rivière connaît toujours la plus importante montée de saumon de l'Atlantique des États-Unis, Contrairement au saumon du Pacifique qui meurt après avoir pondu, le saumon de l'Atlantique peut revenir plusieurs années pour frayer.

Mais Laura Rose Day dit que ce qui fait la rivière Penobscot vraiment exceptionnelle est le fait qu'elle abrite toujours des restant de populations de 11 espèces de poissons qui migrent de la rivière jusqu'à la mer. En réalité, les centaines de millions d'aloses qui reviennent toujours dans la Penobscot sont aussi importants, parce que, par exemple, quand un jeune saumon descend la rivière, le meilleur moyen de ne pas se faire manger est de voyager avec ces millions d'aloses. S'il voyageait seul, il aurait de bonnes chances de se faire manger par un cormoran.

Josh Royte du Nature Conservancy dit qu'une fois les barrages démantelés, les biologistes s'attendent à ce que les populations de poissons explosent. En ce moment, il y aurait environ 800 aloses dans la rivière, mais Royte espère que le chiffre dépasse 1,5 millions dans le futur. Tout comme le saumon, qui se dénombre autour de 2,000 en ce moment: on espère le voir dépasser les 12,000 à migrer sans la rivière à tous les ans. Selon Royte, c'est l'un des projets de restauration de rivière les plus emballants au monde.

John Banks continue de pagayer dans son canot, remontant le courant. Il dit que la rivière est le plus propre qu'il n'a jamais vu de sa vie, et a bien hâte de voir les barrages disparaître. Il a beaucoup d'espoir pour l'avenir, ainsi que pour l'avenir des générations futures de sa tribu: une rivière propre et en santé à leur portée.

La tribu Penobscot n'a pas pu profiter de ses droits ancestraux de pêche ici depuis plus de 100 ans. Mais d'ici quelques années, juste quelques générations de poissons, les membres de la tribu Penosbscot espèrent pouvoir pêcher le poisson dans la rivière comme le faisait leurs ancêtres.

Banks veut remonter un peu plus la rivière. Il y a un endroit où les aigles se perchent souvent et il veut y emmener le journaliste. La scène se termine au chant des oiseaux. Photo: loe.org

"Removing Dams in Maine

An unusual collaboration has led to a deal that will remove two dams on the largest river in Maine. As Living on Earth’s Bobby Bascomb reports, the Penobscot River dam removals will not only benefit native fish, but also the hydroelectric utility.

GELLERMAN: Over the past decade, more than 500 dams have been removed in the United States, the majority in the Northeast. Most of the dams were built around the turn of the 20th century to power the Industrial Revolution. But the small factories and mills are long gone, and soon, so will two old dams along the Penobscot River in central Maine. It’s the largest river in the state. As Living On Earth's Bobby Bascomb reports, thanks to an unusual coalition, the dam removal project will serve the needs of fish and a power company far into the future.

BANKS: We’ve had a lot of rain this year. It’s been great for the salmon.

BASCOMB: It’s a warm, sunny day as John Banks paddles an Old Town canoe up the wide Penobscot River. Banks, the natural resources director for the Penobscot Nation, heads towards a favorite calm spot on the water. He says practically every tributary and bend in the river bears a Penobscot name.

BANKS: If you go down, downstate to the Belfast area, there’s a river called the Passagassawakeag which comes from a Penobscot word that refers to a place where you could spear sturgeon at night by torchlight.

BASCOMB: When Banks’ ancestors were using torchlight to catch their dinner, the river was thick with millions of alewife, shad, and Atlantic salmon.

BANKS: The salmon were extremely important to my ancestors in terms of protein and survival.

BASCOMB: The salmon have also been important for non-native communities along the river. Salmon club were established near fishing holes. Each spring, the first fisherman to catch a salmon sent that fish to the President of the United States. Starting in 1830, the first of five dams was built to power the growing number of sawmills that popped up along the Penobscot River. New industry polluted the water and dams diminished the once strong fish runs. Locals describe a filthy, polluted river in the 1950s and 60s. But by 1972, the Clean Water Act began to regulate discharge into the river. And since the 1980s, environmental groups have focused on blocking new dam construction and removing existing dams.

ROYTE: Fish need to move up and down streams, wherever they live.

BASCOMB: Josh Royte is a conservation planner with the Nature Conservancy. His organization has pushed for dam removal for decades, and salmon have become the poster species for Penobscot River restoration.

ROYTE: The Penobscot happens to be one of the rivers that has the highest potential for Atlantic salmon recovery in the country. And if we’re going to bring back salmon, we need to bring them back to the Penobscot River.

BASCOMB: In 1999, seven environmental groups and the Penobscot tribe sat down with a local hydropower utility to see if they could reach common ground. Laura Rose Day, executive director of the Penobscot River Restoration Trust, says it was an unusual gathering of groups with seemingly conflicting interests.

DAY: Power production, tribal cultural resources, recreational paddlers, commercial fishing, we all got together and said, "If we could do this again to better accommodate interests and bring back some balance, what would we do?" And the Penobscot project was the result of that.

BASCOMB: After years of negotiations, the group came up with a deal that will remove two dams and install a state of the art fish passage on a third. To offset power lost when the two dams are removed, the utility has already increased production on a smaller tributary. A dam on one branch that’s been idle for 10 years is now up and running again, producing 30,000 megawatts of electricity. Ultimately, the utility will be producing the same amount of energy as before the project began.

DAY: We hope that that is one thing that this project provides is an example of how people can work together and not only reach an agreement, but really make it stick. Basically, they’ll be increasing power in less ecologically damaging areas than the current dam. So the main stem of the river will be opened up; it will basically be the fish highway.

BASCOMB: Today, the Penobscot is less fish highway and more like a residential street full of speed bumps and potholes. The first obstacle for fish coming in from the Atlantic Ocean is the Veazie Dam.

BASCOMB: There’s a fishway here, three feet wide. The fish that find it can continue upstream. Those that don’t, bump their noses against a cement wall. The Veazie Dam will come down in the summer of 2013, but until then, it’s ground zero for managing fish on the river. I met Mitch Simpson at the dam on a cool morning. Simpson is a biologist with the Maine Department of Marine Resources and in charge of managing the fish trap at the Veazie Dam.

SIMPSON: This is the fish trap right here. The fishway is actually underneath - you see it down below there.

BASCOMB: The fish trap is essentially a tall elevator that goes from the bottom of the river to the top of the dam. Simpson and I stand on a metal grate that’s the top of the fish lift. As the floor rises below, us three dark shapes take form.

SIMPSON: Those are Atlantic salmon, yeah. At least three.

BASCOMB: Simpson opens a metal door on the side to reveal three large salmon swimming circles in two feet of water. His assistant climbs inside the trap with a large plastic tube to catch each fish and move it into a holding tank. Simpson leans over the tank to measure the fish and look at its overall condition.

SIMPSON: A deformed dorsal, like this one has, is typically a hatchery fish. The hatchery fish, right now, are pretty much sustaining the population. Only anywhere from three to five percent of the fish that come back to the Penobscot are wild - what we call wild.

BASCOMB: Some of the fish caught here are sent to a hatchery where biologists harvest the eggs and raise baby salmon to release upstream. The rest of the salmon are sent on their way, but first they are injected with a tag that uniquely identifies each fish. Every fishway on the river has an antenna system that identifies that fish as it passes.

SIMPSON: So when that tag goes through, it’s just like a tollbooth. Like the Easy Pass, so basically we’re giving all these fish an Easy Pass.

BASCOMB: The "easy pass" allows scientists to figure out how long it takes the salmon to go from dam to dam, and how many are actually getting through. That’s how they discovered that the next dam up - the Great Works Dam - allows almost no fish to pass through. The Great Works will be the first dam to come out next summer.

SIMPSON: That’ll be good to get rid of that one.

BASCOMB: At 260 miles, the Penobscot is the longest river in Maine. Despite the dams, it’s still home to the largest remaining Atlantic salmon run in the country. Unlike Pacific salmon, Atlantic salmon can return several times over to spawn.

DAY: Salmon get a lot of focus; they’re, you know, sort of the sexy fish.

BASCOMB: But Laura Rose Day says what makes the Penobscot really exceptional is that it still has remnant populations of all 11 species of fish that live in both this river and the sea.

DAY: The reality is that the 100s of millions of river herring that will rebound in the Penobscot River are equally important, because for instance, when a young salmon migrates down, one of their biggest ways to avoid being eaten is to travel down with all of these millions of herring, and if you’re the only fish coming down the river, well, the cormorant is going to have you for lunch.

BASCOMB: The Nature Conservancy’s Josh Royte says that once the dams come down, biologists expect fish populations to explode.

ROYTE: Where right now there maybe 800 or so American shad in the river, we hope that there’s over 1.5 million shad in the future. And for salmon likewise, it will be a huge increase from about the 2,000 that we see right now, to as many as 12,000 or more fish coming up and down the river every year. It’s one of the most exciting projects I know about for river restoration in the world.

BASCOMB: Back on the Penobscot River, John Banks continues to paddle his canoe upstream. He says the river now is as clean as it’s been in his lifetime, and he’s looking forward to the day the dams finally come down.

BANKS: So, I have a lot of hope for the future - for our future generations of tribal members, and their use of a clean, healthy river.

BASCOMB: The Penobscot tribe has not been able to exercise its fishing rights here for more than 100 years. But a couple years from now - that’s just a few fish generations away - the Penobscot expect to be able to fish in the river as their ancestors once did.

BANKS: Let’s just go up a little bit further. There’s a place up here where eagles often perch.

BASCOMB: For Living on Earth, I’m Bobby Bascomb on the Penobscot River in Central Maine."

Excerpts from article of Living on Earth published here: http://www.loe.org/shows/segments.html?programID=11-P13-00038&segmentID=6
Photo de Laura Rose Day prise par Bobby Bascomb

Monday, September 26, 2011

Gaz de schiste - la colère après les remords


Le dossier du gaz de schiste est un peu plus avancé dans l'état voisin de New York qu'il ne l'est au Québec. C'est pourquoi je pense important de suivre de près les réactions des résidents de cet état vis-à-vis les activités gazières et les actions de leur gouvernement.

Avant que le moratoire a été déclaré dans l'état de New York, du forage avait déjà débuté, et plusieurs citoyens avaient signé des autorisations pour qu'on vienne forer sur leur terre, avant que le dossier fasse scandale dans les médias. Plusieurs de ceux qui ont déjà signé le regrettent amèrement maintenant qu'ils en savent un peu plus sur les tenants et aboutissants de ce geste. Le regret et la honte ont fait place à la colère et la révolte.

Voici la traduction libre de quelques individus qui partagent leur expérience.

Les remords nourrissent la révolte contre la fracturation.

Comme j'ai dit dans mon reportage du 23 septembre dans le journal The New York Times, plusieurs propriétaires terriens qui ont loué leur terre pour le forage à la recherche du gaz naturel dans la partie nordique de l'état de New York commencent à regretter leur décision.

Des millions d'acres sont loués par des compagnies avides d'exploiter le schiste du Marcellus, et des dizaines de milliers de propriétaires terriens ont signé des baux, bien que ni l'association de l'industrie gazière ni les législateurs de l'état n'ont des statistiques précises sur le sujet.

Le groupe environnemental Citizens Campaign for the Environment a décidé de tenter de cumuler les données. Dans un rapport rendu public en juillet, le groupe disait qu'il avait réussi à identifier 20,000 baux dans 8 comtés dans la région des Finger Lakes, une région de 602,000 acres de superficie. Donc environ 30% des terres de ces comtés sont louées.

Dans les comtés comme Tompkins et Cortland, environ 40% des terres sont louées, selon le rapport.

Ellen Harrison, une scientifique en environnement à la retraite qui vit dans Tompkins County, a organisé le groupe appelé "Fleased" qui est composé de propriétaires terriens qui tentent de terminer leurs baux. Elle dit qu'à l'époque, il y a plusieurs années de cela, cela semblait avoir du sens que de signer ces baux. Selon elle, à ce moment-là, les risques environnementaux qui viennent avec la fracturation hydraulique horizontale, le procédé utilisé pour extraire le gaz du schiste dense, n'étaient pas sujet de débat si chauds comme ils le sont aujourd'hui.

À part de l'argent et la promesse de recevoir des paiements de redevances sur la vente du gaz, plusieurs teneurs de ces baux pensaient que le gaz naturel était une source d'énergie alternative au charbon qui était plus propre, selon elle.

"Nous consommons du gaz." dit-elle. "Nous ne voulions pas faire du pas dans ma cour."

La promotion faite par les représentants des gazières, connus sous le nom de "landsmen", était efficace, selon elle. Tous vos voisins signent, disaient ces émissaires, tout si bien en faire partie vous aussi, dit Mme Harrison en répétant les paroles de ces gens-là.

Pourtant, 3 procureurs général de New York, Eliot Spitzer, ensuite Andrew M. Cuomo, et maintenant Eric Schneiderman, ont reçu des plaintes venant des propriétaires terriens sur les tactiques de vente sous pression des landsmen. Quand il était procureur général en 2009, M. Cuomo avait accusé Fortuna Energy, maintenant Talisman Energy, d'utiliser des tactiques trompeuses et fallacieuses de l'industrie pour obtenir des baux et faire des pressions auprès des propriétaires pour prolonger leurs ententes, incluant des menaces d'obtenir des droits de rétention contre les propriétés.

Pour éviter d'être traîné en cour par l'état de New York, la compagnie a retiré tous les droits de rétention, retiré ses lettres de prolongement aux propriétaires terriens et payer $192,500 à l'état. Bien que les lois de l'état protège un peu les propriétaires terriens, plusieurs disent que les problèmes persistent.

Dryden, une municipalité dans le comté de Tompkins, a passé un règlement interdisant le forage dans son territoire. Des propriétaires terriens comme Marie McRae, âgée de 67 ans, qui avait loué 13 acres sur sa terre où elle vit et prend des chevaux en pension, est devenue une opposante passionnée aux forages. Elle dit qu'elle fait du porte à porte pour cumuler des signatures afin de faire passer l'interdiction de forer et maintenant est en campagne auprès des élus de la municipalité qui ont approuvé l'interdiction pour que l'interdiction demeure en place et intouchée.

Les élus qui y sont opposés comme Deb Shigley, une républicaine, dit que la municipalité a agit trop vite en instaurant une interdiction qui pourrait être renversée en cour juridique. (Une gazière a déjà entamé un procès dans ce sens)

Mme Shigley insiste pour dire que l'interdiction entrave aux droits des propriétaires terriens qui se fient aux revenus venant des forages pour vivre. Elle ajoute qu'elle a peu de sympathie pour ceux qui sont en train de changer d'idée.

"Si vous avez signé un contrat, vous ne pouvez plus dire que vous n'étiez pas au courant et que maintenant vous n'en voulez plus." dit-elle. "Vous avez accepté l'argent et vous devez respecter votre contrat."

Du côté opposé, Mme McRae paie pour des annonces dans les journaux pour attirer les votes en faveur de ses candidats. Elle dit qu'elle est devenue une activiste anti-forage en partie parce qu'elle se sentait coupable. "Je dois faire ceci." dit-elle. "J'ai signé mon nom au bas de ce bail, et je pressens que ce que j'ai fait, c'est leur donner la permission de violer ma terre."

Tandis que l'état travaille à finaliser les règlements autour des forages après avoir reçu les commentaires du public dont la période termine en décembre, ce n'est pas clair si les plusieurs régions qui sont louées pour le forage vont réellement voir les compagnies venir forer des puits, à cause des interdictions, les litiges et la quantité sans cesse grandissante des teneurs de baux qui regrettent leur décision.
Photo: MarcellusEffect.blogspot.com
"Remorse Breeds Rebellion Against Fracking

As I report in Friday’s Times (September 23), many landowners who leased their lands for natural gas drilling in upstate New York are now having second thoughts.

Millions of acres are under lease by companies eager to exploit the Marcellus Shale, and tens of thousands of landowners have signed leases, although neither the gas industry’s trade association nor state regulators have precise figures.

The environmental group Citizens Campaign for the Environment set out to keep track. In a report issued in July, it said it succeeded in identifying 20,000 leases in eight counties in the Finger Lakes region covering 602,000 acres; that amounts to roughly 30 percent of the counties’ land.

In counties like Tompkins and Cortland, about 40 percent of the land is under lease, the report said.

Ellen Harrison, a retired environmental scientist in Tompkins County who organized a group dubbed “Fleased,” made up of landowners who are trying to end their leases, said that several years ago it seemed to make sense to sign the leases.

Back then, she said, the environmental risks surrounding horizontal hydraulic fracturing, the process used to extract gas from dense shale, were not as widely debated as they are today.

Aside from the money and promise of royalty payments on any gas sales, she said, many leaseholders viewed natural gas as a cleaner alternative to coal as a source of energy.

“We use gas,” she said. “We didn’t want to be Nimby.”

The pitch from the gas companies’ representatives, known as landsmen, were effective, she said. All of your neighbors are signing up, these emissaries would say, and you might as well be part of it, Ms. Harrison recounted.

Yet three New York attorneys general — Eliot Spitzer, then Andrew M. Cuomo, and now, Eric Schneiderman — have fielded complaints from landowners about the landsmen’s pressure tactics. As attorney general in 2009, Mr. Cuomo accused Fortuna Energy, now Talisman Energy, of using “industry-prevalent misleading and deceptive tactics” to secure leases and then pressure landowners into extensions, including the threat of obtaining liens against properties.

To avoid being sued by New York State, the company agreed to remove any liens, rescind its extension letters to landowners and pay $192,500 to the state. Although state law offers some protections to landowners, many say the problems persist.

Dryden, a town in Tompkins County, recently passed a ban on drilling. Property owners like Marie McRae, 67, who leased 13 acres of the land where she lives and boards horses, have become passionate anti-drilling advocates. She said she knocked on doors to get signatures for the drilling ban and is now campaigning for the town board members who approved it so that the ban will remain intact.

Opposing candidates like Deb Shigley, a Republican, said the town “moved too quickly” in passing a ban that possibly could be overturned in court. (A natural gas company has already sued to pursue that goal.)

Ms. Shigley contends that the ban interferes with the rights of landowners who are counting on the drilling income. She adds that she has little sympathy for those undergoing a change of heart.

“If you signed the contract, you couldn’t now say, ‘I didn’t know and therefore I don’t want it,’ ”she said. “You took the money, and you’re under contract.”

On the opposing side, Ms. McRae has been placing newspaper ads seeking votes for her slate of candidates.

She said she become an anti-drilling activist partly out of guilt. “I have to do this,” she said. “I signed my name at the bottom of that lease, and I feel that what I did was give them permission to rape my land.”

As the state works on finalizing drilling regulations after a public comment period that ends in December, it is unclear how many leased areas will actually see wells drilled because of the bans, litigation and the growing ranks of balking leaseholders."

Excerpts of article written by Mireya Navarro published in The New York Times here: http://green.blogs.nytimes.com/2011/09/23/remorse-breeds-rebellion-against-fracking/

Photo: Scott Goldsmith for National Geographic

The shale gas question in New York state is a little ahead of Quebec, so I think it is particularly important to follow what is going on in our southern neighbor. Especially how the people react to the sudden intrusion of shale gas activities in rural and agricultural areas. There is almost no oil or gas extraction going on in Quebec, so people have no idea what is in store for them when it will really start.

In New York, as in everywhere in North America, the small farm is in dire straights. Some farmers had signed with landsmen well before the newspapers and the news made headlines about the shale boom. They were happy to hear that they could get a bit more income from their land while remaining the owners at the surface. But a lot of them regret doing so, and that is the message I want to impart to the people of Quebec: is the money really worth it?

Saturday, September 24, 2011

Gaz de schiste - Marc Durand commente l'émission Découverte du 18 septembre

Photo: Olivier Croteau

Reportage sur les fuites dans les puits de gaz de schiste à Découverte 18 septembre 2011

Commentaire sur le reportage du 18 septembre 2011 à l'émission scientifique Découverte à Radio-Canada

par Marc Durand, (participant pour un très court extrait dans le reportage)



Les problèmes très sérieux associés à la fracturation hydraulique et aux rejets massifs d'eau ainsi contaminée ont monopolisé l'attention des médias dans le dossier des gaz de schiste. C'est une question importante et ce sera toujours un aspect central du dossier, mais on ne doit pas oublier un autre problème tout aussi préoccupant: les fuites de méthane. L'émission Découverte a diffusé un reportage dimanche le 18 septembre sur ce sujet spécifique. Découverte a sollicité de moi une entrevue en février dernier; je crois donc utile de livrer quelques commentaires sur ce reportage.

Ce reportage peut être visionné à ce lien : Découverte 18 septembre 2011: http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=%20http://www.radio-canada.ca/Medianet/2011/CBFT/2011-09-18_18_30_00_dec_2899_01_800.xml



Est-ce un reportage qui traite de façon correcte du sujet des fuites de méthane dans les puits gazier de l'Utica? Il y a le fond et la forme: pour le fond, en restreignant la question à l'état actuel des fuites, je pourrais dire oui, le reportage présente un bon portrait* de la question des fuites actuelles. Mais il traite aussi en toute fin, et de façon vraiment très sommaire, la question des fuites possibles dans le long terme, après l'abandon des puits. Là le fond du sujet est hélas mal présenté, car c'est beaucoup trop bref et vraiment incomplet. La cause de ces fuites se résumerait, selon les propos du reporter Jean-Hugues Roy, à la question de la remontée en pression dans les puits; c'est une toute petite partie de la question, car elle est combinée à la dégradation inévitable des coulis et des aciers des puits abandonnés (non mentionné dans le reportage). On ne dit pas non plus que l'abandon survient quand le débit devient non rentable et qu'à ce moment là, il reste 80% du méthane qui poursuit sa migration vers les fractures et que c'est cela qui explique pourquoi la pression remontera dans les puits. La migration du méthane vers les nouvelles fractures créées est un lent processus géologique qui en est encore à ses tout débuts quand les forages sont bouchés et abandonnés. On ne peut pas parler des fuites sans traiter de cela aussi. Tout ceci faisait partie de l'essentiel de l'entrevue que j'ai donné en février et qui est omis du reportage; cela aurait pris une minute de plus pour dire cela avec quelques mots, comme par exemple ceux mis en souligné ci- dessus dans deux phrases.



J'ai un gros bémol quant à la forme du reportage; là on sait bien que sur un sujet aussi nouveau et controversé, diverses thèses scientifiques et techniques s'affrontent. On peut parler d'arguments scientifiques pro et anti. Il y a aussi dans le reportage, du temps des entrevues, et des commentaires, disons ni pour, ni contre; dans ceux-là, je range les propos des employés du gouvernement, les propos du narrateur Jean-Hugues Roy, les animations de l'équipe d'infographie 3D de Découverte, toujours de haute qualité, etc.



Côté pro-gaz, on a donné tout le temps requis à la géologue de Talisman pour temporiser et minimiser toutes les questions traitées sur le sujet : avec six interventions pour une durée cumulative de 1 minute 40 sec, Mme Molgat défend bien le point de vue des cies gazières, comme quoi, les fuites, il n'y a rien là, pas de quoi s'inquiéter, on fera mieux la prochaine fois, etc. On sent que cette fois-ci Radio-Canada a peut-être pris de grandes précautions pour ne pas avoir de protestation de la part de Talisman, comme cela s'est produit après la diffusion de l'émission du 14 novembre sur les gaz de schiste.



Je me range du côté de ceux qui dans le débat apportent des arguments scientifiques contre cette industrie. Je ne ferais pas l'affront à mon collègue Maurice Dusseault de le ranger dans un camp ou l'autre, sans avoir son avis. J'ai apprécié dans le reportage qu'on lui ait donné du temps de bien expliquer ce qu'est un coulis; c'était visuel et bien fait. On omet simplement de préciser que les coulis comportent aussi en plus de l'eau et du ciment, des additifs pour le rendre plus fluide, et pour bien d'autres choses. Il l'a sûrement précisé, mais cela n'a pas été retenu dans les extraits de son entrevue. Monsieur Dusseault a beaucoup travaillé pour l'industrie des hydrocarbures de l'Alberta et je me dois de lui rendre hommage pour sa présentation très objective dans l'extrait diffusé.



Comme temps de reportage du côté des antis, on montre des séquences d'une manif et on interroge, comme c'est obligé, Dominic Champagne. Je n'ai rien contre M. Champagne, au contraire je l'apprécie hautement, mais encore une fois, ceux qui verront ce reportage pourront dire que d'une part, l'industrie présente l'opinion d'experts et d'autre part, les contres présentent celles d'artistes et de gens ordinaires émotifs.



À Découverte, j'aurais aimé qu'on présente plutôt des entrevues de scientifiques ou d'experts qui ont des arguments contre: il y en a plus de 150 au collectif scientifique mis sur pied à l'Université (http://collectif- scientifique-gaz-de-schiste.com/), ce n'est pas le choix qui manque. Je suis donc désolé de constater que cette contre-partie repose que sur les deux très courts extraits où je m'exprime dans ce reportage. Je dois avouer que je suis déçu; pas parce qu'on n'a retenu que 25 secondes (11s + 14s) d'une entrevue de 45 minutes. C'est court, beaucoup plus court que le temps donné à l'experte de Talisman, mais je ne retiens pas cela en termes de durée. Non je suis déçu du choix de n'avoir retenu pour moi que deux extraits, où je fais deux énoncés qui parlent du coût, ce qui n'est pas mon domaine de recherche. J'avais longuement exposé des éléments géotechniques pour exposer l'origine et l'évolution des fuites actuelles et pour les fuites futures, la dégradation des coulis et des aciers dans le temps, dans l'Utica qui continuera à libérer du méthane pour des siècles, etc. On a retenu pour le reportage que deux bouts d'entrevue, où les opposants auront le loisir de dire que je fais des affirmations non étayées et que parle d'impacts (coûts) hors de mon champ de compétence, qui est avant tout l'ingénierie géotechnique. Elle étaient pourtant bien étayées ces deux conclusions, mais comme je l'ai expliqué dans le premier paragraphe, la présentation scientifique du volet fuites à long terme est très tronquée dans le reportage, ce qui fait apparaître mes deux extraits bien peu scientifiques.



Ce que l'auditoire retiendra, c'est que les fuites existent, mais le gouvernement les surveille, sans trop s'inquiéter; les représentants des cies ajoutent que ce n'est pas grave du tout, qu'ils vont les réparer et que ce sera mieux la prochaine fois. Monsieur Paquin du MENVIQ ajoute que finalement, il n'y en a que deux fuites significatives sur les 19 cas du début du reportage. Pour le long terme, mes déclarations paraissent alarmistes, car privées de leurs explications préalables. Elles arrivent isolées, en porte-à-faux par

rapport aux données scientifiques présentées dans le reportage. Des déclarations sensationnelles isolées ainsi, ça peut convenir pour faire du sensationnalisme, mais cela ne cadre pas selon moi avec la rigueur scientifique qu'on a toujours à Découverte. Le reportage présente ensuite après moi, à nouveau, la géologue de Talisman, une sixième fois dans ce reportage, laquelle vient conclure que les fuites c'est pas grave du tout, un peu comme celles à la station d'essence pour la voiture. Le reporter termine en ramenant la problématique de tout cela à une question de culture (sic!) et une question de perception différente au Québec; sous-entendu, c'est normal cette première perception, car c'est nouveau, mais quand on aura l'industrie bien implantée, alors là on rejoindra peut-être la même culture universelle (celle du Texas et de l'Alberta?) dans la perception de cette industrie. Ce n'est pas très loin comme conclusion des thèses de Michaël Binnion de Questerre! La question de culture différente au Québec, certes ça existe si on souhaite analyser cela au point de vue sociologique, mais pourrait-on dans un reportage traitant d'ingénierie de forage et de données scientifiques, laisser cela de côté pour une autre émission et ne pas noyer encore une fois le poisson avec la même sauce? La bulle de méthane qui du fond du puits remonte vers la surface, ne sait pas et elle s'en fout qu'en haut en surface il y ait une culture différente. Elle va remonter selon les lois de la physique tout simplement. Peut-on garder la discussion sur ce terrain dans une émission scientifique?



La durée du temps qu'on m'a accordé n'est pas la cause de ma déception; c'est le choix, dans ce reportage, d'avoir mis uniquement en opposition à ceux de l'industrie deux très courts extraits choc, en les coupant de l'argumentaire scientifique et technique indispensable, comme unique présentation des opinions des scientifiques qui s'opposent, comme moi, à l'industrie des gaz de schiste. Je souhaite que ces commentaires soient perçus comme constructifs, car je crois toujours que Découverte joue un très grand rôle dans l'indispensable vulgarisation scientifique au Québec, y compris l'émission du 18 septembre dernier, qui malgré toutes mes critiques, était fort intéressante. Elle apportait notamment une bonne quantité de données que l'équipe a recueillies, le tout rendu dans une très belle présentation.



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* Un détail certes, il y a deux petites erreurs dans le commentaire du journaliste: J-H Roy explique les fissures annulaire de retrait quand le coulis durcit; il dit que "l'eau s'évapore". À 1000 ou 2000m sous la nappe, l'eau est partout et ne s'évapore certainement pas. Le coulis durcit dans une réaction chimique où il y a rétrécissement du volume solide, mais tout cela se passe dans l'eau, omniprésente dans ces vides et fractures. Précédemment il dit aussi "quand le ciment sèche, il rétrécit ". C'est ici aussi la même erreur, que fait souvent le commun des mortels, de percevoir le durcissement du béton ou du coulis de ciment comme un "séchage". Rien n'est plus faux: ce sont des réactions chimiques qui demandent de l'eau qui mènent à la prise et au durcissement du béton, comme du coulis. En fait si le mélange sèche avant de faire prise, on se retrouve avec de la poudre de ciment sans aucune résistance.



Dans les entrevues données par la géologue M. Molgat, il y a par contre beaucoup d'autres faits que j'ai relevés et qui méritont une réponse et des commentaires. Juste un exemple: l'experte de Talisman Energy Inc explique ainsi textuellement dans le reportage les fuites au puits de Leclercville: "c'est entre deux coffrages en acier inoxydable, le ciment qui est là, localement peut-être une colmatation qui n'est pas à 100%, et les gaz peuvent , euh bon, créer un chemin jusqu'à la surface..." Colmatation (pour dire colmatage), coffrages (pour dire tubage), parler d'inoy alors que c'est faux, c'est de l'acier ordinaire, qui rouille en surface que les gazières utilisent partout et de tout temps. Découverte avait aussi présenté Mme Molgat dans l'autre émission sur le sujet, celle du 14 nov.2010; Mme Molgat faisait aussi un triste traitement à la vérité scientifique; j'ai commenté cela à l'époque dans mon tout premier texte: Voir le 3e paragraphe . Cette experte a été nommée par le Gouvernement pour sièger à l'ÉES, cette commission d'experts "indépendants" qui en principe doit rendre un rapport qui va être déterminant pour les générations futures. Ça promet !

Tiré d'une entrée sur Facebook ici: https://www.facebook.com/notes/gaz-de-schiste/reportage-sur-les-fuites-dans-les-puits-de-gaz-de-schiste-%C3%A0-d%C3%A9couverte-18-septem/291496484199198

Photo: Marc Durand

Marc Durand, Doctor-Engineer in Applied Geology, gives his evaluation of the reporting of the scientific show "Découverte" broadcast September 18 2011 on Radio-Canada, the french Canadian public television channel, that talked about the leaking shale gas wells in Quebec. Marc Durand was one of the interviewees in the program.

Here's a translation from French of a text he published on Facebook.

The very serious problems that come with hydraulic fracturing and the massive quantities of contaminated wastewater produced from the practice have monopolized the attention of the media about shale gas in the province of Quebec. It is an important matter and will always be a central aspect of this question, but we must not forget another problem that is as worrisome: methane leaks. The program Découverte broadcast a reporting Sunday September 18 on this very subject. Découverte asked me for an interview last February: I feel that I must share my views on this report.

Is it a report that presents correctly the subject of methane leaks in the gas wells in the Utica. There is the content and the form. As for the content, by paring down the question to the actual leaks going on right now, I would say yes, the reporting gives a good evaluation of the question on the leaks as we speak. But the reporting talks briefly at the end of the potential leaks on the long term, after the wells have been abandoned. It is here that the subject is badly presented, because it is much to short and very incomplete. Listening to the reporter Jean-Hugues Roy, the cause of the leaks would be caused only by the repressurising of the wells. That is only a very small part of the question, because it is combined with the inevitable degradation of the cementing and the pipes of the abandoned wells. That is not even mentioned in the reporting. There is no mention either of the fact that the abandonment of the well comes when the production is no longer profitable, and it is at this time, there is still 80% of the methane that is still migrating in the fractures, and that is the reason that the pressure will start to rise in the wellbore. The migration of methane towards the new fractures provoked by the fracking is a long geological process that we are only starting to understand once the wellbore is capped and abandoned. One cannot talk about leaks without considering this also. All this was an essential part of the interview I gave in February and that was left out in the reporting. It would have only taken a few minutes more to explain this, like what I'm writing here.

I also have something to add about the form of the reporting. We know very well that on such a new and controversial subject, different scientific theories and techniques are not always agreeing. We can say that there exists pro scientific arguments as well as anti. There is also in this reporting some time spent on interviews and commentaries that you could say are not for or against; amongst those, I put the comments of the government employees, those of the narrator Jean-Hugues Roy, the 3-D animations of the program, very well done, by the way, etc...

On the pro-gas side, a lot of time was given to the Talisman geologist to minimize all the points discussed on the subject: with 6 interventions for a total time of 1 minute 40 seconds, Mme Molgat defends very well the gas industry's point of view, which is that there is nothing to worry about gas leakage, not to worry, we will do better next time, etc... We can tell that this time, Radio-Canada may have taken great care so not to be criticized by Talisman like it happened after the program of November 14 on shale gas.

I'm on the side of the debate that bring the scientific arguments against this industry. I will not insult my colleague Maurice Dusseault by putting him on one side or the other, even if I don't have his opinion on the subject. I appreciated the fact that he was given plenty of time to explain what jet grouting is (coulis). It was very visual and well done. The report forgot to mention though that grouting is made from more than water and cement: some additives make it more liquid, and many other reasons. He probably had mentioned it but it was edited out of his interview. Mr Dusseault worked a long time for the oil industry in Alberta and I must commend him for his very objective presentation in the broadcasted segment.

As for the time given to the anti side, some segments were showing a rally, and Dominic Champagne is interviewed, as he should be. I have nothing against Mr Champagne. On the contrary, I appreciate him greatly, but again, those that will watch this reporting will be able to say that on the one side, the industry presents experts' opinions, while on the other, the people against put forward artists and ordinary, emotional people's opinions.

On the program Découverte, I would have rather liked to see interviews with scientists or experts that have arguments against: there is more than 150 in the scientific collective put together at the University (UQAM - Université du Québec à Montréal - http://collectif- scientifique-gaz-de-schiste.com/). There is plenty to choose from. I am disappointed to see that the opposition is limited to 2 very short extracts of my interview in this reporting. I must admit that I am disappointed, not because they kept only 25 seconds (11 and 14) from an interview that lasted 45 minutes. It's very short, much too short, compared to the time allowed to the Talisman expert, but I not only say that about the amount of time. No. I am disappointed about the choice of comments they kept from my interview, comments about costs, which is not my expertise. I had explained in details the geotechnical elements about the origins and the evolution of the present leaks and the ones that will happen in the future, the degradation of the grout and the steel in time within the Utica shale that will continue to let methane come out for many centuries still, etc. They only kept 2 short parts of the interview for the report, where the opponents while have all the time to say that I say things without explanations and that I talk about costs, which is not my specialty (Doctor-Engineer in Applied Geology). These 2 conclusions where very well detailed, but like I've already explained in the first paragraph, the scientific presentation of gas leaks on the long term was shortened for the report, which make my 2 interventions not very scientific.

What the audience will remember is that the leaks exist, that the government is watching without worrying too much about them, that the industry's representatives add that it is not dangerous at all, that they will repair them and it will be better done next time. Mr Paquin of the MENVIQ adds that in the end, there is only 2 leaks to speak of from the 19 mentioned at the beginning of the program. As for the long term, my declarations seem alarmist, because they are without the explanations that go with them. They come isolated, apart from the scientific data presented in the report. Such sensational declarations presented in isolation like this are all right to do sensationalist journalism, but that doesn't jive with the scientific rigor we are used to find in the Découverte program. The reporting then brings back, after my intervention, the geologist from Talisman for the sixth time to conclude that the leaks are not dangerous at all, a bit like the emanations encountered when one fills the gas tank of a car. The reporter then concludes that the whole question is a problem of culture and a different perception of the industry in Quebec. It is suggested that this perception is normal, because it is new, but that once the industry is well established, then Quebec will adopt the universal culture (that of Texas or Alberta?) of the gas industry. That conclusion is not very far from the discourse of Michaël Binnion from Questerre! The question of culture being different in Quebec, that certainly exists if one would want to analyze the question from a sociological viewpoint, but in a report talking about drilling engineering and scientific data, could we leave that for another program and not keep diluting this problem in the same old way? The methane bubble that bubbles up from the bottom of the well to reach the surface does not know and doesn't care that there is a different culture there. The methane bubble will simply come up respecting physics laws. Can we restrict ourselves to that on a scientific program?

The time allowed to me is not the cause of my disappointment. It is the choice made in this reporting to allow only very short comments against the industry, to put aside the indispensable scientific and technical arguments that should have come with the presentation of the opinions of the scientists that oppose the shale gas industry like myself. I hope that these comments be perceived as being constructive, because I still believe that Découverte plays an important role of scientific vulgarization in Quebec, including the September 18 program witch, despite my critics, was nevertheless very interesting. It brought a good amount of data put together by the team, the package well presented.

N.B.: A small detail. There are 2 very small errors in the journalist's comments: J.-H. Roy explains that the fissures around the annulus form once the grout dries. He says that the water evaporates. At 1,000 to 2,000 meters under the aquifer, water is everywhere and certainly does not evaporate. The grout hardens by chemical reaction in which there is shrinkage of the solid volume, but all this happens within water, water everywhere in these holes and fractures. Before that, he also says that the cement dries, it shrinks. This is the same mistake, one that many folks tend to make, that perception of hardening of concrete or cement grout is due to drying. It is very false: it is chemical reactions that require water that makes concrete "take" and harden, as it is for grout. In fact, if the mix dries before the hardening, we are left with cement powder with no resistance at all.

In the Molgat interviews, I noticed many other facts that need to be addressed and commented. Just one example: the expert of Talisman Energy Inc. explains textually in the reporting the well leaks in Leclercville. She says that the leak is between 2 stainless steel casings where the cement is there but the seal is not 100% and the gases may find a way to the surface. A bad choice of terms also for filling up (colmatage), casings instead of tubings, talking about stainless steel, which is completely false, it is ordinary steel that rusts on the surface, used by the gas industry everywhere and all the time. The program Découverte had also presented Ms Molgat in another show on the subject on November 14 2010. At the time, Ms Molgat gave a poor rendition of scientific truth. I had also commented that interview in another text. This expert had been chosen by the government to sit on the ÉES (Évaluations Environnementales Stratégiques) committee. This commission made of "independent" experts must present a report that will determine the future of many generations to come. Not very promising!



Link for the original text in French: https://www.facebook.com/notes/gaz-de-schiste/reportage-sur-les-fuites-dans-les-puits-de-gaz-de-schiste-%C3%A0-d%C3%A9couverte-18-septem/291496484199198

Friday, September 23, 2011

Rivière Richelieu - post crue 2011

Richelieu, ville aux pancartes:
Mais en regardant de plus près, entre les arbres:
Une visite au Parc Fortier nous donne le temps ne mieux apprécier le paysage




La pointe de l'Île Saint Jean qui s'est fait érodé par la crue du début de mai:


Des arbres qui tiennent encore, et ceux qui ont perdu la bataille:







Les canards semblent s'y plaire:



Des iles dans le delta à l'entrée du Bassin de Chambly sont immergées

Thursday, September 22, 2011

Porcheries - les maladies suivent les cochons partout en Amérique du Nord


Les maladies du porc se propagent avec les déplacements des bêtes. Dans l'animation ci-haut, les porcelets viennent d'un élevage en Ontario et sont exportés aux États-Unis.

L'Alberta est la province qui exporte le plus de porcs vivants aux États-Unis, suivi par l'Ontario. Mais j'ai traduit l'article suivant qui explique la migration des maladies qui viennent avec les porcs en Amérique du Nord pour illustrer comment les maladies suivent ces méga-porcheries, invention du diable, selon moi. Pour en avoir 3 au nord-est de ma maison et une autre au sud, croyez-moi, je ne vois pas ces installations d'un bon oeil, si ce n'est que pour la santé des rivières qui les irriguent. Mais ma santé et celle de mes voisins est également en jeu. Voici la traduction libre de l'article en question:

Est-ce que les cochons emmènent la grippe dans votre état? Des chercheurs ont monté une carte de grippes répandues par les porcs.

Des nouvelles animations illustrent comment plusieurs souches de grippe traversent les États-Unis pour se mêler aux centres importants des plus grosses populations de porc en place, en espérant aider à établir des stratégies de monitorage durant les futures pandémies.

Pour des millions de porcs des États-Unis, leur courte vie sera bien active: ils seront nés dans un état, engraissés et abattus dans un autre, ces cochons se promènent beaucoup. Ainsi que leurs infections.

Comme porteurs et milieu de propagation fertile de souches de la grippe A qui pourrait provoquer des maladies ou même des pandémies chez les humains, les porcs sont des sujets importants pour les chercheurs spécialisés dans le domaine grippal. Mais dans une industrie aussi considérable au travers les É.-U., les scientifiques commencent seulement à comprendre ce mélange continuel de différents cheptels de porcs et leurs virus dans son ensemble. Martha Nelson fait de la recherche au Fogarty International Center au National Institutes of Health et a fait une présentation au 4e groupe de travail européen à Malte au début de septembre.

Et les infections ne voyagent pas seulement dans une direction. Les porcs peuvent attraper les microbes des humains également, et la grippe est l'un des pathogènes porcins les plus dispendieux à traiter pour l'industrie de 113 millions de porcs aux É.-U. avec un chiffre d'affaire de $19 milliards. Durant les dernières décennies, l'élevage des porcelets c'est déplacé de la parti sud-centre et sud-est, où les porcs sont transportés vers les états riches en maïs grain dans le midwest afin de les engraisser et les abattre. Cela coûte beaucoup moins cher de transporter les porcs vers le maïs que le contraire, selon Nelson. Elle et ses collègues ont décrit le procédé dans les détails dans un rapport scientifique publié dans PLoS Pathogens en juin.

Aux fins de l'étude, ils ont analysés la génétique de plus de 1,500 séquences d'hémagglutinine (HA1) prélevés pendant 7 ans. Nelson et ses collègues ont découvert que la grippe chez les cochons suit les déplacements de longue distance à partir du sud-est vers le midwest, dont la plupart du H1N1 d'origine humaine qui arrive aux porcheries du midwest venant du sud-est, et la plupart des grippes H1N2 d'origine porcine venant du sud-centre des É.-U.

Et cela veut dire que le midwest, étant la destination finale pour plusieurs de ces cochons, sera probablement le réservoir de plusieurs variantes génétiques distinctes où elles pourront circuler et s'échanger des segments grâce à l'importation continuelle de virus de grippe porcine venant de d'autres régions, selon les chercheurs. En d'autres mots, les grands centres porcins dans les parties du midwest du pays deviennent des bassins de plusieurs souches du virus, lui donnant plus de chances d'échanger des gènes et potentiellement se transformer en variétés qui sont plus dangereuses et plus facilement transmissibles qui pourraient devenir pandémiques chez les humains.

Nelson et ses collègues ont créé des animations qui illustrent l'étalement du virus avec les déplacements des porcs. Les lignes sont la trajectoire de l'influenza de porc H1N2 sur les routes les plus empruntées par les camions de porcs. Les cercles grossissants représentent les quantités de grippes d'origine humaine dans les cheptels de porcs. Les populations virales augmentent au début en Oklahoma, ensuite au Minnesota et en Iowa, parce que les cochons se déplacent des régions sud-centre vers le midwest.

"Comprendre l'importance du transport des porcs sur de grandes distances dans l'évolution et la dissémination spatiale des virus de l'influenza chez les porcs pourrait aider à établir les stratégies futures afin de surveiller et contrôler la grippe." peut-on lire dans la conclusion du rapport de Nelson et ses collègues.


Dans l'animation ci-haut, les pouponnières des Carolines vendent leurs bêtes à plusieurs autres sites d'engraissement partout aux États-Unis.
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Are Pigs Bringing the Flu to Your State? Researchers Map Influenza Spread by Hogs

New animations show how various strains of the flu travel across the U.S. to mingle in the major hog production centers in the Midwest, suggesting strategies to monitor for future pandemics

For millions of U.S. pigs, their short lives are going to be full of travel. Born in one state, fattened and slaughtered in another, these hogs get around. And so, too, do their infections.

As carriers—and fertile mixing grounds—for influenza A strains that could cause illness or even pandemic in humans, hogs are important subjects for flu researchers. But with such a massive industry across the U.S., scientists are only just starting to get a handle on this continual mingling of various stocks of hogs and viruses, Martha Nelson, a researcher at the Fogarty International Center at the National Institutes of Health, explained earlier this month (September 2011) at the fourth European Working Group on Influenza conference in Malta.

And the infections don't just go one direction. Pigs can catch human strains as well, and influenza is one of the most costly porcine pathogens for the $19-billion, 113-million-hog U.S. industry. In the past few decades early pig rearing has moved to the south-central and southeastern U.S., from where hogs are shipped to the corn-rich states in the Midwest for fattening and processing. (It's a lot cheaper to ship the pigs to the corn than vice versa, Nelson pointed out at the meeting.) Nelson and a group of colleagues described this process in more detail in a June PLoS Pathogens paper.

For the study, they analyzed the genetics of more than 1,500 hemagglutinin (HA1) sequences collected over the course of seven years. Nelson and her colleagues found that flu in pigs "follows long-distance swine movements from the southern U.S. to the Midwest," with most of the human-origin H1N1 arriving at Midwest hog farms coming from the Southeast, and most of the swine-origin H1N2 coming from the south-central U.S.

And that means the Midwest, as the final destination for many of these pigs, is "likely to provide a reservoir for multiple genetically distinct variants to co-circulate and exchange segments via re-assortment because of the continual importation of swine influenza viruses from other regions," the researchers noted. In other words, the big pig centers in the midwestern parts of the country become pools of various strains of the virus, giving it more opportunities to swap genes and potentially turn into more harmful, more easily transmitted varieties that could go pandemic in people.

Nelson and her colleagues created animations that show the spread of the virus among traveling pigs. The lines show the path of swine influenza H1N2 along common hog routes over time. The swelling circles represent the amount of human-origin influenza in swine population, "with the viral populations increasing first in Oklahoma and then in Minnesota and Iowa," as pigs move from the south-central to the Midwest.

"Understanding the importance of long-distance pig transportation in the fevolution and spatial dissemination of the influenza virus in swine may inform future strategies for the surveillance and control of influenza," Nelson and her colleagues concluded in their paper.

Want to find out more about where your state's hogs, cattle and sheep are coming from? Check out the U.S. Department of Agriculture's "Interstate Livestock Movements: State-to-State Flows" interactive maps to search by state and animal."

Excerpts from article written by Katherine Harmon published in Scientific American here:
http://www.scientificamerican.com/article.cfm?id=map-swine-flu-spread