Friends of the Richelieu. A river. A passion.



"Tout cedit pays est fort uny, remply de forests, vignes & noyers. Aucuns Chrestiens n'estoient encores parvenus jusques en cedit lieu, que nous, qui eusmes assez de peine à monter le riviere à la rame. " Samuel de Champlain


"All this region is very level and full of forests, vines and butternut trees. No Christian has ever visited this land and we had all the misery of the world trying to paddle the river upstream." Samuel de Champlain
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Friday, April 29, 2011

La Rivière Richelieu fait parler d'elle

L'eau passe par-dessus la base de l'ancienne centrale hydro-électrique
Et à la hauteur du Barrage Chambly (côté Richelieu), l'eau a atteint la marque 6
L'an passé, vers la même date, le bas de la pancarte de Conservation de la Nature est à hauteur d'yeux (je mesure 5' 6")
mais aujourd'hui
Les Îles de Saint-Jean, au milieu de la rivière, se font bien rincer ces jours-ci
et remarquez l'infiltration d'eau qui cherche le plus court chemin vers l'aval
de plus près

Monday, March 29, 2010

Le castor: sa cabane et ses oeuvres


La fonte de la neige et de la glace nous laisse dévouvrir l'endroit où le castor a passé l'hiver sur le bord de la rivière devant chez moi. J'ai pu aussi prendre une photo du plus gros arbre qu'il a abattu: la neige et la glace étaient si épaisses que la coupe est maintenant à la hauteur des yeux!
À cause du castor et des glaces épaisses de cette année, le bord de la rive qui est la propriété de Conservation de la Nature en a pris tout un coup. En aval de la lignes d'arbres que mon voisin a bien voulu ne pas couper en 1998, la rive commençait à être protégée par des herbacées, des quenouilles, une variété surprenante d'osiers, de saules et de différents petits arbrissaux qui protégeaient la plage mais ennuyaient beaucoup les pêcheurs. Dans les herbacées, d'ailleurs, le printemps passé, j'avais surpris un bruant avec son nid.
Le bruant va devoir se trouver un autre abri cette année: parties sont les herbacées, quenouilles et arbustres! À la place, une cabane fait d'un amoncellement de branches de diamètres variées font lieu de résidence pour le castor. Un peuplier abattu grâce à ses dents acérées a d'ailleurs servi de garde-manger: les restes jonchent la plage.

Ces transformations me font réaliser comme notre climat change l'aspect de nos rivières d'une saison à l'autre, d'une année à l'autre. Non seulement laissée à elle-même la nature voit les arbres grandir, les forêts peupler les rives, mais les animaux, les crues et la météo détruisent en quelques mois ce qui aura pris quelques années à croître. Les changements des niveaux d'eau extrêmes, combinés avec les glaces et leurs débâcles, l'action du gel et du dégel sur les rives rocheuses, les arbres coupés par les castors et renversés par l'érosion, les lames de sédiments qui se font dragués par les blocs de glace et les mouvements du courant de la rivière font que la rivière change d'aspect drastiquement d'une année à l'autre. Je prenais cet état des choses pour acquis jusqu'à ce qu'une amie qui vit sur la rivière Altamaha nous donna un tour de bateau à vitesse étourdissante sur sa rivière. J'ai compris son manque de précaution quand j'ai réalisé que sa rivière en Georgie changeait presque pas d'une année à l'autre et qu'elle connaissait ainsi par coeur les endroits où se trouvaient les épaves et les bas fonds!

Spring thaw reveals where the beaver spent the winter: it's basically a pile of branches he cut off the many trees he fed on while hiding under the ice. The ice and snow accumulation made it possible for the beaver to cut one big tree at eye level! This portion of the riverbank is on Nature Conservancy land, and the part downriver from the line of trees my neighbor was nice enough to leave standing in 1998 was torn apart by ice-flows and the beaver's work. Here, the bank was protected from tall grasses, bushes and 2 meter high tree saplings; but not anymore! Last year, a sparrow had made her nest in those tall grasses and was not very happy seeing me. She will have to find some other place for her nest this year: the shore was wiped clean from all vegetation, except for a few saplings still standing.

This makes me realize how our climate shapes our rivers: ice-jams, the thaw and freeze action on rock, the drastic water level changes during spring thaw, all see to it that rocks move, trees keel over and are dragged long distances, and sandbars get transported from one bend to the next every year. A riverboat friend living along the Altamaha gave us a high-speed boat ride a few years back, and her fearlessness made me realize that her river in Georgia changed much more slowly, being much less subjected to weather extremes than our rivers up in Quebec: so she knew exactly where the driftwood and sandbars where as the river stayed very much the same from one year to the next, unlike ours!

Sunday, January 31, 2010

C'est bien un castor!

Une embâcle exceptionnelle cette année a forcé un castor de sortir de son trou aujourd'hui. Je me doutais qu'il y avait au moins un castor qui avait trouvé refuge dans l'aire naturelle propriété de Conservation de la Nature devant chez moi. Il avait laissé plusieurs cartes de visites: des troncs grugés sur le bord de l'eau m'ont mis la puce à l'oreille.

Mais cette semaine, après un redoux, de la pluie, puis un froid de canard et le frazil ont provoqué une embâcle de glace d'une hauteur impressionnante. J'utilise une des pancartes de Conservation de la Nature comme point de repère, et je crois bien que la glace ne l'a jamais frôlée de si près!
En marchant le long de la rive en tentant de croquer des photos qui raconteraient l'histoire, j'ai aperçu le castor sur le bord de la glace près de l'eau vive. Les branches de buissons ne m'ont pas permis d'avoir une bonne photo du castor, mais celui-ci m'a clairement fait savoir qu'il n'aimait pas se faire déranger durant son goûter: il plonge dans l'eau en tappant bruyamment l'eau de sa queue ronde et plate!
On a previous expedition by the river to catch a few nice pictures, I had suspected that a beaver had decided to spend the winter by the river on the property of Nature Conservancy. The beaver had chopped down a few trees along the bank, and I had spooked an animal under the ice butted against the bank: the animal had dived in the water with an exaggerated splash. Twice!

But today I had the proof that it's a beaver: I saw it! It was sitting on the ice, gnawing on branches, near open water. I just had the time to get a few pictures through the bushes till he decided he had enough of me. The beaver dived in the water, slapping his round flat tail on the surface of the water as a warning.

Thursday, January 14, 2010

Surveillance des glaces


Puisque ma dernière entrée est sur le monitorage des coliformes grâce aux ColiPlates, je devrais faire le pendant hivernal avec le mouvement Veille au Gel de Nature Canada. C'est la participation citoyenne qui aide les universitaires et le fédéral pour évaluer les changements climatiques sur la prise des glaces et les débâcles sur les plans d'eau du pays et en tirer possiblement des conclusions. http://www.naturewatch.ca/francais/icewatch/view_results.html Le problème avec les dates des prises et fontes des glaces, ce sont les influences des humains sur ce phénomène: les rejets d'eaux usées, les hausses dans les populations, les constructions d'infrastructures.

Et comme tout suivi environnemental, le Québec est pas mal en retard sur le reste du pays, comme d'habitude. À date, il n'y a que trois points de repères le long de la rivière Richelieu au Québec: des gens qui prennent note de leurs observations et les soumettent, soit par la poste, soit en ligne. L'un de ces trois points, c'est moi. J'observe et je note depuis 1997. Si je dois tirer des conclusions, c'est qu'en effet, il est très difficile de tirer des conclusions.

Il y a un certain nombre d'années que la rivière devant chez moi ne gèle pas d'une rive à l'autre. Depuis 1997, il y a presque autant d'années que la rivière gèle entièrement entre une date en janvier et dégèle à une autre date en février. Mais entre les deux, il y a des années complètement hors modèle. D'où l'importance d'avoir plusieurs observateurs à plusieurs endroits sur une période de temps assez longue pour pouvoir en tirer un modèle scientifiquement valable. Un engagement que les Québécois ne semblent pas prêts à faire.

Combinez ce phénomène d'insouciance avec les baisses de budget dans les différents ministères qui se penchent sur les dossiers du climat et de l'environnement, et on se retrouve dans un pays de plus en plus ignorant.
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Since my last posting was about keeping track of coliform pollution thanks to ColiPlates, I should follow with some other type of monitoring, one that involves observing and noting the dates that ice covers and melts on our rivers and lakes. Nature Canada does that with IceWatch, part of its Nature Watch programs.http://www.naturewatch.ca/english/icewatch/ The idea is to get regular folks help gather data and hopefully find some kind of patterns or another proof of climate changes. The problem with ice jams and ice melts is that human activity can skew data very easily with population changes, water treatment plants outflows and construction projects.

Like all things environmental, Quebec lags behind. Only three observation points bring in data from the Richelieu River, and one of them is mine. I report my observations since 1997. My conclusions are that it is very hard to draw any conclusions. There are as many years that the river in front of my home never froze over as there are years that the river froze up in January to melt later in February. And a few years that don't fit in any pattern at all. This can only back the importance of having many observations at many points for a long time to have any scientific value at all. A commitment Quebecers don't seem to be ready to make.

The fact that we don't seem to bother, combined with budgets cuts in departments that keep track and study climate change and the environment, make us a country sinking deeper into ignorance.

Sunday, December 13, 2009

La magie du temps et des saisons




Vous regardez la rive de la rivière Richelieu devant chez moi, direction nord, maintenant propriété de Conservation de la Nature - Canada. Comme vous pouvez le constater, la pente à la droite de la photo qui mène à la rue en haut est passablement à pic. La formation de la rangée d'arbres à la gauche de la photo s'est formée d'une façon assez intéressante. Il n'y a pas si longtemps, la rangée d'arbres à gauche et le sentier au centre de la photo n'étaient pas là: c'était le fond de la rivière et de l'eau à l'année longue.

Mais avec le temps, l'érosion de la pente à droite a fait que la rivière s'est fait moins profonde à cet endroit, si bien que bientôt des herbes sont apparues. Ces herbiers ont ensuite filtré l'eau de la rivière chargée de sédiments, surtout au printemps et après les pluies, accumulant des nutriments et se transformant peu à peu en terre ferme ou presque. J'assume que le courant de la rivière a aussi apporté des matières végétales, incluant des graines d'arbres. J'ai remarqué qu'après 2 étés particulièrement secs, une rangée d'arbres de plusieurs essences s'est mise à germer, parrallèle au courant de l'eau.

Je craignais que les débâcles particulièrement sévères détruiraient cette rangée d'arbres, mais elle survit encore. Remarquez le pied de l'arbre à la gauche de la photo: l'écorce est ouverte et une blessure béante peine à guérir. C'est que cet arbre est le premier dans la rangée, subissant le pire des glaces lors des fontes, et ce à chaque printemps. L'avantage de cette rangée d'arbres est que maintenant, ce qui était jadis la rive est maintenant protégée de l'érosion des vaques et des glaces.

Le sentier s'est formé par le va et vient des pêcheurs et promeneurs: il est innondé à la crue du printemps, mais pour le reste de l'année, il est maintenant la façon la plus aisée de parcourir cette section de la rive est du Richelieu. La végétation et les oiseaux durant la saison estivale en font un petit coin du paradis.


The magic of time and of the seasons

You see here the bank of the Richelieu river in front of my home, looking north. It now belongs to Nature Conservancy Canada. As you can see, the river bank on the right is quite steep, going up to street level. The way the row of trees on the left came to be is quite interesting: not so long ago, that row of trees and the path in the middle were not there. That was still the river bottom, and the water level came up to there the whole year through.

But in time, the bank on the left eroded, making the river shallower there, and grasses and cattails began to grow. They in turn filtered the water flowing down the river, accumulating sediment and vegetation, building up silt material, slowly turning the river bottom into dry land. The wind and water probably brought tree seeds also, for after 2 years of fairly dry summers, a row of trees started to germinate, parallel to the river.

I feared that severe ice jams would destroy this frail row of young twigs, but they survived. Note the tree on the left: the bark is damaged by the ice at every ice melt, year after year, as this tree is the first of the row, bearing the brunt of the assault. Now, what used to be the shore is protected from the waves and the ice from this row of trees.

The path in the middle is used by people walking up and down the shore: it is under water during the spring flood, but is a very easy way to get around for the rest of the year. During the summer, vegetation and birds make it a small paradise.