Friends of the Richelieu. A river. A passion.



"Tout cedit pays est fort uny, remply de forests, vignes & noyers. Aucuns Chrestiens n'estoient encores parvenus jusques en cedit lieu, que nous, qui eusmes assez de peine à monter le riviere à la rame. " Samuel de Champlain


"All this region is very level and full of forests, vines and butternut trees. No Christian has ever visited this land and we had all the misery of the world trying to paddle the river upstream." Samuel de Champlain

Tuesday, April 23, 2013

2e lettre de Sandra Steingraber


Photo: Margie Rodgers. Reading Town Court, Schuyler County, NY. April 17, 2013

Ma traduction libre de la 2e lettre de Sandra Steingraber écrite de sa cellule de prison.

Pourquoi je suis en prison en cette Journée de la Terre

Ce matin, je n'ai pas d'idée quelle heure il est, il n'y a pas d'horloges en prison, et les lumières fluorescentes sont allumées toute la nuit, j'ai entendu le chant familier d'un moineau domestique et les notes liquides d'un cardinal. Il semblait y avoir un autre oiseau aussi, avec un chant en cascade. Pas une grive, un roitelet, peut-être? Les sons grinchants, tonnants, clinquants de la prison et les échanges des gardiens sur leurs radios, çà aussi, c'est toute la nuit, masquaient tout le reste. Mais le monde était là, dehors, je le savais.

La meilleure façon d'endurer la prison est de suinter la patience, et l'envelopper autour d'un coeur de détermination et d'abandon. Selon la loi de l'état de New York, tous les prisonniers à leur arrivée sont mis en isolation de la population incancérale jusqu'à ce que les tests pour la tuberculose soient fait et que les tests reviennent avec des résultats négatifs. Typiquement, cela peut prendre 3 jours. Être en isolement, cela veut dire que vous êtes embarrés dans votre cellule sans accès à un téléphone (le téléphone de l'aile D est situé à 4 pieds de mes barreaux, juste hors de ma portée); pas moyens d'avoir des livres (les 2 livres que j'ai dans ma cellule, qui m'ont été prêtés par un prisonnier compatissant, sont la Bible et "Carolina Moon" de Nora Roberts, un livre de 470 pages qui commence par la première phrase: "Elle caressa le corps d'un ami décédé."; et, bien sûr, pas de sans-fil, ni de cellulaires, pas de courriels ou d'Internet.

Je vous écris grâce à un crayon emprunté sur l'endos d'un formulaire de la prison intitulé "Chemung County Inmate Request Form", l'équivalent d'une demi-page. J'écris en tout petit et je fait la révision dans ma tête. Pardonnez-moi si les paragraphes sont bizarres, j'essaie d'économiser l'espace.

Hier, on m'a dit qu'il n'y avait pas de personnel médical disponible pour me faire passer mon test de tuberculose. Quand on m'a appelé pour que j'aille chez l'infirmière ce matin, elle m'a demandé pourquoi je n'avais pas subi mon test hier. Bien sûr qu'elle était là hier! Ce retard veut dire que je vais me joindre à la population de la prison et relâchée à partir de la fermeture de lundi au lieu de dimanche.

La frustration ne sert à rien et m'approche d'un sentiment de désespoir. Le laissez faire de l'abandon, ironiquement, me met en contact avec ma détermination.

Alors, lundi, pour le Jour de la Terre, j'émergerai de ma cellule et me joindrai à l'écosystème de la prison Chemung County Jail, où les voix des femmes sont fortes et défiantes. Stingray (pas son vrai nom) a brisé une dent hier. Quand elle l'a montré au gardien Murphy's Law (son vrai surnom), et a dit : "L'autre moitié est dans ma cellule.", Murphy's Law lui a répondu: "Alors, tu penses que la fée des dents va venir te voir?", et est parti.

Mais elle restait debout à la porte d'acier et demandait à avoir des médicaments contre la douleur, encore et encore, d'une voix que j'utilise pour mes discours lors des manifs. Pleine élocution. Qui se projette contre les poutres. Stingray est enceinte de 6 mois.

Elle les a eu, ses médicaments.

Stingray m'inspire. Comment pourrais-je profiter de mon temps ici, séparée de toute la race humaine par des avocats d'acier et de béton, pour parler haut et fort et avec un ton de défi à propos des plans d'affaires d'une compagnie qui s'appelle Inergy qui cherche à transformer ma communauté des Finger Lakes en un centre de transport et de stockage de gaz de combustibles fossiles? C'est mal que de comprimer et enterrer des gaz explosifs dans des cavernes de sel à côté et au-dessous d'un lac, le lac Seneca, qui sert de source d'eau potable pour 100,000 personnes. C'est mal de construire une torchère sur les rives de ce lac, car cela contribuera à polluer l'air avec des polluants dangereux, dont l'ozone mortelle. C'est mal pour le DEC et l'EPA et le FERC de plier les genoux devant une compagnie qui depuis les 12 derniers quarts a dépassé sa limite de déversement de produits chimiques dans ce lac. C'est mal pour une compagnie d'affirmer que toute l'information qu'elle possède sur la géologie de base de la roche mère elle-même est un secret commercial et cacher cette information du public et de la communauté scientifique. C'est mal d'empirer notre dépendance aux combustibles fossiles en ces temps d'urgence climatique.

Je pourrais exprimer des idées d'une façon plus éloquente s'il y avait du café en prison. Il y en n'a pas.

J'ai abouti dans la cellule #1 de l'aile D de la prison de Chemung County à cause de 3 choses. De un, c'est la décision de Inergy d'industrialiser la région des Finger Lakes où j'habite, et en ce faisant, aider et contribuer à l'industrie de la fracturation hydraulique en érigeant un endroit de stockage immense près de l'endroit où mon fils est né. Je considère cela comme un acte de profanation. C'est ce que les biologistes appellent la cause de proximité de ma décision d'accomplir un acte de violation de propriété en bloquant l'entrée de la station de compression d'Inergy.

La cause ultime est un commentaire publié l'automne dernier dans un journal que les biologistes lisent, la revue scientifique Nature, signé par Jeremy Grantham, qui n'est pas un scientifique, mais un économiste. Il remarquait que toutes les prévisions des changements climatiques, même les scénarios les plus extrêmes, étaient dépassées par des données en temps réel. En d'autres mots, notre problème de climat est pire que l'on pensait, même quand nous regardons les pires prévisions. M. Grantham a ensuite prié les scientifiques pour que cette connaissance soit mise de l'avant, en soulignant que personne ne porte attention à ces données: "Soyez persuasifs, soyez audacieux, faites-vous mettre sous arrestation (s'il le faut)."

Alors, me voici, sonnant la sirène d'alarme de ma cellule d'isolation en ce Jour de la Terre. Puisse ma voix soit aussi insistante que celle de Stingray.

La troisième raison est celle-ci: il y a 7 ans de cela, quand mon fils avait 4 ans, il m'a demandé un costume d'ours polaire pour passer l'Halloween, alors je me suis mise à coudre pour lui faire un costume fait d'un couvre-pied de chenille. Tout en sachant que le costume survivrait sûrement l'espèce. Dehors, dans la rue ce soir-là, en tenant une citrouille de plastique pour recevoir ses barres de chocolat, j'ai vu plusieurs espèces vouées à l'extinction: des enfants habillés en grenouilles, en abeilles, en papillons Monarque, et le symbole de l'Halloween lui-même, la petite chauve-souris brune.

La sympathie qu'on les enfants pour les animaux et leur disparition en devenir de notre planète m'a fait plier les genoux ce soir-là, sur un trottoir dans mon propre village. C'est l'amour qui m'a forcée à me relever. C'est l'amour qui m'a menée dans cette cellule de prison.

Mes enfants ont besoin d'un monde avec des insectes pollinisateurs et des populations de plankton et un climat stable. Ils ont besoin de rives de lacs qui n'ont pas de gaz d'hydrocarbures explosifs enterrés en dessous.

La fête des combustibles fossiles doit arriver à sa fin. Je crie à la porte d'acier. Pouvez-vous m'entendre maintenant?

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"Sandra Steingraber: Letter from Chemung County Jail, Part 2

April 19, 2013

“Why I am in Jail on Earth Day”

This morning – I have no idea what time this morning, as there are no clocks in jail, and the florescent lights are on all night long – I heard the familiar chirping of English sparrows and the liquid notes of a cardinal. And there seemed to be another bird too – one who sang a burbling tune. Not a robin–wren? The buzzing, banging, clanking of jail and the growled announcements of guards on their two-way radios – which also go on all night – drowned it out. But the world, I knew, was out there somewhere.

The best way to deal with jail is to exude patience, and wrap it around a core of resolve and surrender. According to New York state law, all inmates upon arrival are isolated from the general population until they are tested for tuberculosis and that test comes back negative. Typically, that takes three days. Isolation means you are locked inside your cell with no access to the phone (the phone for cell block D happens to be located, tantalizingly, four feet from my bars - just out of reach); no access to books (the two books I have in my cell, lent to me by an empathetic inmate, are the Bible and Nora Roberts’ Carolina Moon, which is a 470-page paperback whose opening sentence is, “She woke in the body of a dead friend.”); and, of course, no access to wi fi, cell phones, e-mail or the internet.

I am writing with a borrowed pencil on the back of the “Chemung County Inmate Request Form,” which is a half sheet of paper. I am writing small and revising in my head. (Forgive the paragraphing – I’m trying to save space.)

Yesterday, I was told that no medical personnel were available to administer my TB test. When I was called down to the nurse this morning, she asked why I didn’t have my TB test yesterday. Of course, she was available yesterday. The resulting delay means that I will join the prison population and be released from 24 hour lock-down on Monday, rather than Sunday.

Frustration will be counter-productive and place me closer to despair. Let–it–go surrender, ironically, keeps me in touch with my resolve.

So, Monday, which is Earth Day, I will emerge from my cell and join the ecosystem of the Chemung County Jail, where the women’s voices are loud and defiant. Stingray (not her actual nickname), broke a tooth yesterday. When she showed it to officer Murphy’s Law (that’s his actual nickname) and said, “the other half is in my cell,” Murphy’s Law replied, “So, you think the tooth fairy’s going to come?” And then he left.

But she stood at the iron door and called for pain meds, over and over in a voice that I use for rally speeches. Full oration. Projecting to the rafters. Stingray is six months pregnant.

She got her pain meds.

Stingray is my inspiration. How can I use my time here – separated from the whole human race by the layers of steel and concrete – to speak loudly and defiantly about the business plans of a company called Inergy that seeks to turn my Finger Lakes home into a transportation and storage hub for fossil fuel gases? It is wrong to compress and bury explosive gases in salt caverns beside and beneath a lake – Seneca – that serves as a source of drinking water for 100,000 people. It is wrong to construct a flare stack on the banks of this lake, which will contribute hazardous air pollutants, including death-dealing ozone, into the air. It is wrong for DEC and EPA and FERC to turn a blind eye to a company that has, for the last 12 quarters, exceeded its permitted discharge of chemicals into this lake. It is wrong for a company to claim that basic geological knowledge about the bedrock itself, is a proprietary trade secret and hide it from the public and from the scientific community. It is wrong to deepen our dependency on fossil fuels in a time of climate emergency.

I could express these ideas more eloquently if there were coffee in jail. There is not.

I was led to cell #1 in block D of the Chemung County jail by three things. One is the decision of Inergy to industrialize the Finger Lakes region where I live and, in so doing, aid and abet the fracking industry by erecting a massive storage depot near the birthplace of my son. I consider this an act of desecration. That’s what biologists call the proximate cause of my decision to commit an act of trespass by blockading the Inergy’s compressor station driveway.

The ultimate cause is a commentary published last fall in the journal that all biologists read – Nature – by Jeremy Grantham, who is not a scientist, but an economist. (www.nature.com/uidfinder/10.1038/491303a) He noted that all the projections for climate change – even the worst case scenarios – were being overtaken by real-life data. In other words, our climate situation is worse than we thought – even when we assumed the worst. Mr. Grantham then exhorted scientists who have this knowledge to be bold – noting that no one is paying attention to this data: “Be persuasive, be bold, be arrested (if necessary).”

So, here I am, ringing the alarm bell from my isolation cell on Earth Day. May my voice be as un-ignorable as Stingray’s.

The third reason is this one: seven years ago, when my son was four years old, he asked to be a polar bear for Halloween, and so I went to work sewing him a costume from a chenille bedspread. It was with the knowledge that the costume would almost certainly outlast the species. Out on the street that night – holding a plastic pumpkin will with KitKat bars – I saw many species heading towards extinction; children dressed as frogs, bees, monarch butterflies, and the icon of Halloween itself – the little brown bat.

The kinship that children feel for animals and their ongoing disappearance from us literally brought me to my knees that night, on a sidewalk in my own village. It was love that got me back up. It was love that brought me to this jail cell.

My children need a world with pollinators and plankton stocks and a stable climate. They need lake shores that do not have explosive hydrocarbon gases buried underneath.

The fossil fuel party must come to an end. I am shouting at an iron door. Can you hear me now?"

Link: http://www.facebook.com/notes/raising-elijah-by-sandra-steingraber/sandra-steingraber-letter-from-chemung-county-jail-part-2/572156746138145

Monday, April 22, 2013

Marche pour la Terre - Earth Day March

En route, un arrêt devant Place Ville Marie pour admirer le Mont Royal

Préparations de Fondation Rivières: déguisements en Shipi, le fantôme de Val Jalbert

Sur la Place des Festivals

En route vers la Place du Canada

La foule à la Place du Canada

Sunday, April 21, 2013

Sandra Steingraber, première lettre écrite en prison

Photo: The Bird Barn

Voici ma traduction libre de la première lettre écrite par Sandra de sa cellule du Chemung County Jail.
Le 18 avril 2013

Quand Henry David Thoreau a passé une nuit en prison pour un acte de désobéissance civile, décrivant l'expression de l'acte du fait même, on lui a donné un déjeuner de chocolat et pain brun. Le cabaret a été glissé sous les barreaux de ma cellule à 5h00 ce matin, mais il n'avait rien d'aussi appétissant dedans. En réalité, il serait difficile pour moi de vous dire quels étaient les ingrédients. On peut acheter des sachets de chocolat chaud (artificiel) disponibles au dispensaire, tout comme des nouilles ramen, du café décaféiné, des Jolly Rogers, du shampoing, des crayons, des enveloppes et du papier.

Il n'y a pas de fenêtre dans ma cellule. Les lumières sont allumées toute la nuit. La télévision est allumée toute la journée. Au travers les barreaux qui font le 4e mur de mon nouveau milieu de vie, je peux voir la passerelle où les gardes font la patrouille, ensuite une autre rangée de barreaux, et au delà de ces barreaux, je peux voir une fenêtre faite de plusieurs petits carreaux de vitre opaque. À environ 7 heures, l'une des prisonnières a demandé d'avoir de l'air frais, et le gardien que tout le monde appelle Murphy's Law a ouvert la fenêtre. Un tout petit peu.

Maintenant, à cause de cela, je peux me tenir debout sur mes barreaux et bouger ma tête dans plusieurs directions, et en sautant, je peux apercevoir au travers des réseaux de tous les barreaux un tout petit coin du monde extérieur. Il y a des maisons en rangées avec des fenêtres sans barreaux, ce seul fait me semble soudainement miraculeux, et je pense que j'ai aperçu un oiseau en plein vol. Pas d'arbres, par contre: seulement de la broche étirée en cerceaux. En quelque part, malgré le son retentissant de la télé, je peux entendre des cloches d'église sonner.

Thoreau avait dit à propos de sa propre expérience à être interné, que le confinement de son corps matériel était inconséquent, que la liberté, çà se passe dans la tête. Ou quelque chose comme çà. Je n'ai ni le livre, ni Google, pour m'aider à vérifier tout ces faits. Mais je suis très consciente de mon physique, et je pressens que ma vie biologique en prison fait parti de mon message. Bien que je suis coupée de tout, je connais et j'aime mes enfants et mon mari, le retour d'avril du chant des oiseaux et des fleurs sauvages et de la pollinisation et de la photosynthèse. Je crois que cet endroit est l'endroit tout désigné pour parler d'extraction de combustibles fossiles en général et l'infrastructure de la fracturation hydraulique en particulier.

J'habite maintenant un monde laid, misérable, bruyant et sans grâce. Il n'y a pas de fleurs, pas de nourriture locale délicieuse, pas de paysages tranquilles; même pas de café ni de thé.

Si nous ne voulons pas que New York devienne un prison de têtes de puits, de pipelines et de stations de compression; si nous ne voulons pas la violence de l'instabilité des changements climatiques et d'extinction massive d'espèces; si nous ne voulons pas léguer à nos enfants un monde diminué sans le chant des grenouilles, sans abeilles, sans formations de coraux, sans glace dans les océans; alors venir dans un endroit qui est si isolé des rythmes du monde naturel comme une cellule de prison n'est pas un endroit si inapproprié que cela pour le souligner.

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"Sandra Steingraber: Letter from Chemung County Jail, Part 1

April 18, 2013

When Henry David Thoreau spend a night in jail for civil disobedience – defining the term in the process – he was served chocolate and brown bread for breakfast. The tray that was slid under my bars at 5:00am this morning contained nothing as tasty. In fact, I’d be hard pressed to say what the ingredients were. Packets of instant hot cocoa (artificial) are available from the commissary for a price – along with ramen noodles, decaf coffee, Jolly Rogers, shampoo, pencils, envelopes and paper.

There is no window in my cell. The lights are on all night. The television is on all day. Through the bars that make up the fourth wall of my new living quarters, I have a view of the catwalk, which is patrolled by guards, and then another wall of bars, and beyond those bars is a window made up of small panes of opaque glass. At about seven o’clock, one of the inmates asked for fresh air, and the guard, whom everyone calls Murphy’s Law, cranked open the grid of panes, just a little.

Now, I can stand at my own bars, and move my head in different directions – jumping up and down works the best – and see through the scrims of multiple layers of bars – a glimpse of the outside world. There are row houses with windows and no bars – which in fact suddenly seems miraculous – and I thought I saw a bird fly by. No trees through; only slinky–like concertina wire. Somewhere, beyond the shouting of the television, there are church bells.

Thoreau said, about his own experience with incarceration, that the confinement of his physical self was inconsequential; that freedom was a state of mind. Or something like that. I have neither the book, nor Google, to help me fact-check. But I am very aware of my physical self, and sense that my biological life in jail is part of my message. Even though I am entirely cut off from everything, I know and love my children and my husband, the April return of birdsong and wildflowers and pollination and photosynthesis. I believe this is the place to speak about fossil fuel extraction in general and fracking infrastructure in specific.

I now inhabit an ugly, miserable, loud and ungraceful world. There are no flowers; no local, delicious food; no tranquil landscapes; and not even coffee or tea.

If we do not want New York to become a prison of wellheads, pipelines and compressor stations; if we do not want the violence of climate change instability and mass species extinction; if we do not want to leave our children a diminished world bereft of frog song, bees, coral reefs, sea ice; then coming to a place as far removed from the rhythms of the natural world as a jail cell is not an inappropriate place to say so."

Link: http://www.facebook.com/notes/raising-elijah-by-sandra-steingraber/sandra-steingraber-letter-from-chemung-county-jail-part-1/571737592846727

Saturday, April 20, 2013

Comprendre le schiste en Alberta

Photo: Jessica Ernst

"L’Association québécoise des fournisseurs de services pétroliers et gaziers (AFSPG) annonce la deuxième édition de sa Tournée des agriculteurs en Alberta.

En juillet, une douzaine d’agriculteurs québécois participeront à ce voyage en Alberta afin d’en apprendre davantage sur l’industrie pétrolière et gazière. L’AFSPG commandite cette tournée pour une deuxième année consécutive afin d’offrir l’opportunité à plus de Québécois d’approfondir leurs connaissances sur le gaz de schiste.

Les participants auront l’occasion de visiter leurs homologues albertains qui ont du développement gazier ou pétrolier sur leur propriété. Ils auront l’opportunité non seulement de visiter des puits afin de voir comment l’exploitation se réalise sur le terrain, mais ils pourront aussi discuter avec des agriculteurs qui côtoient l’industrie quotidiennement.

«Nous avons choisi cette destination parce que l’Alberta utilise les meilleures pratiques de l’industrie pour exploiter le gaz naturel, dans le plus grand respect de l’environnement. Je crois qu’en permettant à plus d’agriculteurs de visiter des sites de forage et de rencontrer des témoins de l’industrie, les participants pourront mieux comprendre l’industrie du gaz de schiste et dissiper les mythes qui sont véhiculés au Québec», a mentionné Mario Lévesque, président de l’AFSPG.

«L’été dernier, tous les participants sont revenus au Québec convaincus que la cohabitation harmonieuse entre l’industrie et l’agriculture était possible et c’est pourquoi l’AFSPG offre, encore cette année, l’opportunité à plusieurs autres Québécois de constater par eux-mêmes ce qu’il en est vraiment, au-delà des craintes et de la désinformation», peut-on lire dans un communiqué envoyé aux médias.

«Nous invitons les agriculteurs de la région des Basses-terres du St-Laurent qui sont intéressés à participer à la tournée à se rendre sur le site internet de l’AFSPG, au www.afspg.com, sous l’onglet "Activités" pour obtenir plus d’informations, puis à prendre contact avec nous pour compléter le formulaire de participation.

L’Association des fournisseurs de services pétroliers et gaziers du Québec (AFSPG), fondée en 2011, représente plus de 60 entreprises employant plus de 5 000 travailleurs et a pour mission d’informer les Québécois sur l’industrie pétrolière et gazière."

Lien: http://www.lecourriersud.com/Actualites/2013-03-20/article-3203350/Comprendre-le-schiste-en-Alberta/1


Des eaux usées de forages et de fracturations hydrauliques se font épandre sur des terres agricoles le 18 novembre 2012
Photo: Jessica Ernst

Ma traduction libre du reportage (communiqué de presse???) ci-haut:

Understanding shale in Alberta

The Quebec Association of oil and gas supplier services (AFSPG) will have it's second edition of farmers' tour in Alberta.

In July, a dozen Quebec farmers will be part of this Alberta trip in order to learn more about the oil and gas industry. The AFSPG sponsors this tour for a second year in a row so offer an opportunity to more Quebecois to better their knowledge on shale gas.

The participants will have the opportunity to visit their Albertan counterparts that have gas or oil development on their property. They will be able to visit wells to see how extraction is done in the field, and they will also be able to talk to farmers that rub shoulders with the industry every day.

"We have chosen this destination because Alberta has the best industry practices to exploit natural gas, in the most respect of the environment. I believe that by letting more farmers visit drilling sites and meet witnesses of the industry, the participants will be better able to understand the shale gas industry and dissipate the myths that are propagated in Quebec." mentioned Mario Lévesque, president of the AFSPG.

"Last summer, all the participants went back to Quebec convinced that harmonious cohabitation between the industry and agriculture is possible and that's why the AFSPG is offering again this year the opportunity for many more Quebecois to see for themselves what's really going on, beyond the fears and the misinformation." says the press release sent to the media.

"We invite the farmers of the St. Lawrence Lowlands that are interested to be part of the tour to go to the AFSPG website at www.afspg.com, under "Activités" to find more information, then to contact us to fill the participation form.

The Quebec association of oil and gas suppliers services, founded in 2011, represents more than 60 enterprises with more than 5,000 employees and has the mission to inform Quebecois about the oil and gas industry.
Photo: Jessica Ernst

Friday, April 19, 2013

Sandra Steingraber, faire de la prison comme action citoyenne non violente


Voici ma traduction libre du témoignage du Docteur Sandra Steingraber prononcé devant le juge qui venait de lui imposer une peine de 15 jours de prison pour avoir manifesté son désaccord à un projet gazier tiré de sa page Facebook.
Sandra Steingraber: Déclaration préparée lors de la sentence imposée dans la cour de Reading Town, le 17 avril 2013

Votre Honneur,

Je ne suis pas une avocate. Je suis biologiste et un être humain. Je suis également mère d'un enfant de 14 ans et un autre de 11 ans. Je représente toutes ces identités devant votre salle d'audience ce soir.

Je suis coupable d'avoir pénétré illégalement dans une propriété privée. Le 18 mars, je me suis tenue debout volontairement sur une propriété dont le propriétaire est la compagnie Inergy et bloqué l'accès à un site de station de compression qui est en construction, installation qui prépare des gaz d'hydrocarbures explosifs, du propane et du butane, afin de les stocker dans des cavernes de mines de sel abandonnées situées à côté et sous le lac Seneca.

Dans mon domaine de santé environnementale, le mot "trespass" (violation de propriété) a un signification. Violation de propriété toxique se réfère à une exposition humaine involontaire à un produit chimique ou un autre polluant. C'est une contamination sans consentement. Je crois, comme biologiste, que Inergy est coupable de violation de propriété toxique. Inergy ne respecte pas la régulation de l'EPA depuis les 3 dernières années. Malgré cela, Inergy a soumis une demande et a obtenu un permis de déversement de l'état de New York pour déverser 44,000 livres de plus de chlorure dans le lac Seneca à tous les jours. Cela représente 8,000 tonnes par année. Seneca Lake est la source d'eau potable pour 100,000 personnes. Ces déversements industriels violent la propriété des corps qui les avalent.

De plus, la cheminée de torchère de 60 pieds projetée par Inergy émettra des polluants aériens dangereux dont des précurseurs d'ozone, ainsi que les flottes de camions diesels qui transporteront le propane. Ce genre de pollution de l'air a des liens démontrés avec des risques de crises cardiaques et d'accidents vasculaires, des naissances prématurées et l'asthme chez les enfants. Ainsi, Inergy viole la propriété de notre air et nos poumons. Je le perçois comme un vrai danger pour mon fils de 11 ans qui a des problèmes d'asthme. Nous habitons à 15 milles à l'est, directement sous le vent, de cette installation.

Les projets d'Inergy pour industrialiser les rives du lac causeront de la pollution lumineuse et du bruit 24 heures par jour, 7 jours par semaine, et ce dans une communauté paisible. Ces formes de violation de propriété ont des conséquences sur la santé, dont des risques accrus de cancers du sein et de problèmes d'hypertension artérielle.

Et parce qu'Inergy construit des infrastructures pour le stockage et le transport de gas à effet de serre exploités grâce à la fracturation hydraulique dans le schiste, Inergy viole la propriété de notre climat et contribue à sa déstabilisation actuelle à un moment où la meilleure science nous démontre que nous devons rapidement tourner le dos aux combustibles fossiles de toutes sortes.

Finalement, le risque d'accidents catastrophiques à cause du stockage de gas pétroliers liquéfiés dans les cavernes de sel sont biens réels. Cela s'est produit dans au moins 10 occasions. L'affaissement de terrain de 14 acres à Belle Rose, en Louisiane, qui fait les manchettes en ce moment, a été causé par une caverne de sel effondré. Cela a projeté du pétrole brut dans des eaux de surface et du gaz naturel dans l'eau souterraine.

En tant que biologiste, j'ai soumis des commentaires d'expert et des pétitions à propos de l'application de Inergy auprès du New York Department of Environmental Conservation et le Federal Energy Regulatory Commission. Toutefois, je suis gênée dans mes efforts pour juger de la solidité structurelle des cavernes de sel parce que la compagnie qui en est propriétaire insiste pour dire que la recherche scientifique qui documente l'historique de ces cavernes, dont au moins une est située au-dessus d'une faille géologique, est un secret commercial.

Votre Honneur, comment se peut-il qu'une historique géologique puisse devenir des renseignements commerciaux exclusifs? Sans accès à ces données, comment n'importe quel membre du public peut évaluer les risques que l'on nous oblige à endurer en transformant des cavernes de sel en briquets souterrains géants?

Pour terminer, mes actions avaient pour but de protester la violation de propriété d'Inergy dans notre air, notre eau, nos corps et notre sécurité. Mon petit geste pacifique de violation de propriété avait pour but d'en prévenir un beaucoup plus important et possiblement plus violent.

Les gens de Bellrose, en Louisiane, font maintenant face à la possibilité d'être relocalisés après l'effondrement catastrophique d'une caverne de sel chez eux. Des maisons familiales sont abandonnées. Et les affiches sur les pelouses devant les maisons vides disent "No trespassing".

Pour attirer l'attention à de tels dangers pour les Finger Lakes, et pour l'acte de protéger l'eau, porteuse de vie, j'ai pénétré illégalement dans une propriété privée. C'était un acte de désobéissance civile. Pour cela, et parce que j'ai un grand respect pour l'état de droit, ce pour quoi Inergy n'a pas, je suis disposée à aller en prison.

"Sandra Steingraber: Prepared Sentencing Statement for the Reading Town court, April 17, 2013

Your Honor, I am not a lawyer. I am a biologist and a human being. I am also a mother of a 14-year-old and an 11-year-old. I bring all these identities to your courtroom tonight.

I am guilty of an act of trespass. On March 18, I willfully stood on private property owned by the Inergy company and blocked access to a compressor station site that is being constructed in order to prepare explosive hydrocarbon gases, propane and butane, for storage in abandoned salt caverns that are located beside and beneath Seneca Lake.

In my field of environmental health, the word trespass has meaning. Toxic trespass refers to involuntary human exposure to a chemical or other pollutant. It is a contamination without consent. It is my belief, as a biologist, that Inergy is guilty of toxic trespass. Inergy has been out of compliance with EPA regulations every quarter for the past three years. In spite of this, Inergy applied for, and has received, from the state of New York a permit to discharge, every day, an additional 44,000 pounds of chloride into Seneca Lake.That’s 22 tons a day. That’s 8000 tons a year. Seneca Lake is a source of drinking water for 100,000 people. Those industrial discharges trespass into the bodies of those who drink it.

Additionally, Inergy’s planned 60-foot flare stack will release hazardous air pollutants, including ozone precursors, as will the fleets of diesel trucks hauling propane. This kind of air pollution is linked to heart attack and stroke risk, preterm birth, and asthma in children. Thus does Inergy trespass into our air and lungs. I see this as a real danger to my 11-year-old son, who has a history of asthma. We live 15 miles to the east—directly downwind—from this facility.

Inergy’s plans to industrialize the lakeshore will bring 24/7 light and noise pollution into a tranquil community. These forms of trespass also have health consequences, including increased risk for breast cancer and elevated blood pressure.

And because Inergy is building out infrastructure for the storage and transportation of greenhouse gases obtained by fracturing shale, Inergy trespasses into our climate and contributes to its ongoing destablization at a time when the best science show us that we need to be rapidly moving away from fossil fuels of all kinds.

Lastly, the risk of catastrophic accidents from the storage of liquefied petroleum gases in salt caverns is real. It has happened in at least 10 previous occasions. The 14-acre sinkhole in Belle Rose, Louisiana, which is now making headlines, was caused by a collapsed salt cavern. It sent crude oil gushing up into surface water and natural gas into groundwater.

As a biologist, I have submitted expert comments and petitions about Inergy’s application for permits to both the New York Department of Environmental Conservation and the Federal Energy Regulatory Commission. However, I am hampered in my efforts to judge the structural soundness of the salt caverns because the company that owns them insists that the scientific research that documents the history of these caverns—at least one of which sits on a fault line—is a trade secret.

Your honor, how can geological history become proprietary information? Without access to data, how can any member of the public evaluate the risks we are being compelled to endure by the repurposing of salt caverns into giant underground cigarette lighters?

In closing, my actions were taken to protest the trespass of Inergy into our air, water, bodies, safety, and security. My small, peaceful act of trespass was intended to prevent a much larger, and possibly violent one.

The people of Bellrose, Lousiana, are now facing relocation after the catastrophic collapse of the salt cavern there. Family homes are being abandoned. And the signs on the front lawns of the empty houses read, “No trespassing.”

To bring attention to such hazards for the Finger Lakes--and for the act of protecting water, which is life itself--I trespassed. It was an act of civil disobedience. For that, and because I have deep respect for the rule of law, which Inergy company does not, I am willing to go to jail."

Link: www.facebook.com/notes/raising-elijah-by-sandra-steingraber/sandra-steingraber-prepared-sentencing-statement-for-the-reading-town-court-apri/571372119549941

Photo: shaleshockmedia.org

Thursday, April 18, 2013

Gaz de schiste : les opposants sont prêts à collaborer


"Plutôt que de chercher la confrontation, le Regroupement interrégional gaz de schiste de la Vallée du Saint-Laurent (RIGSVSL) a décidé d’adopter l’approche de la collaboration avec le ministère de l’Environnement pour que soit finalement instauré un moratoire sur le gaz de schiste.

Après avoir rencontré le chef de cabinet au début du mois d’avril, le RIGSVSL a constaté à quel point le ministère manque d’informations sur le sujet. « Ils leur manque des bouts , fait valoir le coordonnateur général, Serge Fortier. Par exemple, ils ne possèdent pas la liste des produits toxiques contenus dans le procédé. Nous l’avons et nous allons la leur fournir afin de leur donner l’autre côté de la médaille. Nous voulons qu’ils aient d’autres renseignements que ceux fournis par les experts des pétrolières. »

Le RIGSVSL veut aussi être mis au courant de l’évolution du dossier afin que le moratoire soit imposé le plus rapidement possible. « On nous a dit que le ministère à d’autres dossiers à régler. On veut bien leur donner du temps, mais il est plus que temps de régler la question. Pour nous, ce devrait être la priorité des priorités », insiste Serge Fortier.

Et le pétrole de schiste?

Les opposants déplorent toutefois l’approche électoraliste du gouvernement qui a annoncé, en février dernier, son intention de déposer un projet de loi visant à instaurer un moratoire sur l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste, mais pas sur le pétrole de schiste qui est présent sur la Rive-Nord.

« Apparemment qu’un moratoire ferait l’affaire de tous les partis, parce qu’il n’y a pas d’acceptabilité sociale. C’est compréhensible, parce que le prix du gaz n’est pas bon. Alors que le pétrole, c’est payant et personne n’en parle, raconte Serge Fortier. On dirait qu’ils ont voulu satisfaire tout le monde en donnant un nanane aux écologistes, en empêchant le gaz, et un autre aux pétrolières, en leur permettant le pétrole. »

Comme le fait valoir le coordonnateur général du RIGSVSL, qui représente une centaine de comités locaux, l’exploration et l’exploitation du pétrole de schiste sont tout aussi dangereuses, étant donné que le procédé de fracturation hydraulique est toujours en cause. « Nous ne voyons pas où est la logique sur le plan environnemental. Si quelque chose n’est pas bon pour un, il ne devrait pas être bon pour l’autre, s’insurge Serge Fortier. On dirait qu’ils essaient de faire la même chose avec le pétrole de schiste qu’ils ont fait avec le gaz de schiste, au départ. Ils n’en parlent pas pour pouvoir mieux le faire passer. »

Même s’il accepte de collaborer avec le gouvernement, le Regroupement n’a pas l’intention de faire de compromis pour autant. « La santé, la sécurité et le principe de précaution, pour nous, c’est non-négociable, insiste le coordonnateur. Nous voyons plus loin que ça. On ne peut pas se lancer dans quelque chose « sans trop savoir », en pelletant les problèmes à nos enfants et nos petits-enfants. Le système capitaliste n’est pas conçu pour voir à ça et c’est à nous d’être vigilants. »
Lien: http://www.sorel-tracyexpress.ca/Actualites/2013-04-16/article-3220567/Gaz-de-schiste-%3A-les-opposants-sont-prets-a-collaborer/1
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Sometimes (often...), headlines can have a complete different meaning than the article below them. Is it deliberate? Who knows... I certainly did not like the choice of words of this one. Here's my translation of a local newspaper article published recently.

Shale gas: the opponents are ready to collaborate

Rather than look for confrontation, the RIGSVSL (coalition of citizens' groups against fracking in the St. Lawrence Lowlands) has decided to adopt a collaborative stance with the Environment ministry in order to finally obtain a shale gas moratorium.

After a meeting with the chief of staff in the beginning of April, the RIGSVSL realized the ministry lacked some information on the subject. "There's missing pieces, says their general coordinator Serge Fortier. "For example, they don't have the list of toxic products used during the process. We do, and we will give it to them so they have the other side of the story. We want them to get information other than the one the industry experts provide them."

The RIGSVSL also wants to be kept abreast of any progress in the file so that the moratorium be made official as soon as possible. "We were told that the ministry has other files to take care of. We are willing to give them more time, but it's about time this question be resolved. As far as we are concerned, it should be at the top of their priority list." insists Serge Fortier.

And shale oil?

The opponents find regrettable the electioneering approach of the government that has broadcast last February it's intention to present a bill to establish a moratorium on the exploration and exploitation of shale gas, but not for shale oil found on the North-shore.

"It would seem that a moratorium would be satisfactory to all concerned, because there is no social acceptability. It's understandable, because the price of gas is low, while oil is profitable, and nobody talks about that, says Serge Fortier. It looks as if they want to please everybody by giving a pittance to the environmentalists by stopping the gas, and another to the oil industry, by allowing oil."

The general coordinator of the RIGSVSL, that represents about a hundred local committees, says that the exploration and the exploitation of shale oil are as dangerous because it's still about fracking. "We don't see the environmental logic in all this. If fracking is not good for the goose, it shouldn't be for the gander either, says Fortier. It looks as if they want to do the same thing with shale oil as they did with shale gas in the beginning. They won't talk about it so it could go ahead anyway."

Even if he accepts to collaborate with the government, the RIGSVSL does not intend to compromise. "Health, security and the precautionary principle, as far as we're concerned, are non negotiable, insists the coordinator. We plan ahead. We cannot go ahead in something half blind, by leaving the problems to our children and grandchildren. The capitalist system does not take that into account, and it's up to us to be vigilant."

Wednesday, April 17, 2013

Gaz de schiste - Évaluer les impacts des eaux usées


Voici ma traduction libre d'un texte d'introduction d'une étude scientifique récente écrit par Charles W. Schmidt.
Charles W. Schmidt, maîtrise en sciences, un écrivain scientifique qui s'est mérité des prix, résident de Portland, dans le Maine. Ses écrits ont été publiés dans les revues scientifiques Discover Magazine, Science et Nature Medicine.

Les eaux usées générées par la fracturation hydraulique (fracking) effectuée pour extraire le gaz naturel du schiste du Marcellus dépassent déjà les capacités des options de disposition existantes et continueront de le faire tant que le développement du gaz augmentera, selon une nouvelle étude publiée dernièrement. L'enquête n'a pas évalué les conséquences environnementales des eaux usées. Mais le principal auteur, Brian Lutz, un professeur adjoint du département de biologie de Kent State University, dit que les eaux usées des fracturations pourraient avoir une variété d'impacts sur la santé et l'environnement si la gestion n'est pas faite correctement. L'analyse s'est limitée à la Pennsylvanie qui domine la production de gaz de schiste aujourd'hui avec la Virginie Occidentale.

Pendant la fracturation hydraulique, un mélange fluide est pompé dans les profondeurs pour fracturer le roc afin de libérer le gaz naturel qui y est emprisonné, pour ensuite remonter par le puits jusqu'à la surface. Les fluides de fracturations peuvent aller de 3 à 7 millions de gallons d'eau par puits, mélangés avec du sable et un mélange complexe de produits chimiques qui peut inclure du naphtalène, de formaldéhyde, et une variété de composés organiques volatils, parmi d'autres substances.

Depuis les années 1850, le gaz naturel est extrait de plusieurs formations géologiques relativement peu profondes. Mais des avancées avec la fracturation horizontale ont permis le développement des veines de gaz de schiste, la plupart se trouvant à plus d'un mille de profondeur dans la formation Marcellus et encore plus profondément dans d'autres formations comme le Woodford Shale en Oklahoma. En 2010, le gaz de schiste a fournit 23% de la production domestique du gaz naturel, à comparé avec 2% en 2000. Et de cette quantité, environ 10% venait du Marcellus qui depuis quelques mois est devenu le plus grand producteur de gaz de schiste des États-Unis. En même temps, la quantité d'eaux usées générées par les fracturations hydrauliques dans le schiste du Marcellus a multiplié par 6 entre 2004 et 2011, de façon telle que cela amoindri la proportion d'eaux usées générées par les forages pour le gaz conventionnel, même si la production de gaz conventionnel génère 65% plus d'eaux usées par unité de gaz récupéré que la fracturation hydraulique.

Selon Kevin Sunday, le secrétaire de presse adjoint du DEP (département de la protection environnementale de la Pennsylvanie), les producteurs de gaz en Pennsylvanie autrefois envoyaient leurs eaux usées aux usines de traitement d'eaux usées municipales pour les purifier et ensuite les déverser (traitées) dans les rivières. Mais avec le virage pour la production non conventionnelle, les eaux usées enrichies de métaux lourds, de radionucléides et de sels libérés des schistes souterrains sont devenues plus difficiles à traiter. Enlever les sels dissous est particulièrement dispendieux par distillation ou osmose inversé.

En soulignant ces préoccupations environnementales, le secrétaire du DEP Michael Krancer a demandé à l'industrie du schiste du Marcellus de cesser d'envoyer les eaux usées aux usines municipales en avril 2011. Selon Sunday, l'industrie s'est immédiatement pliée à cette consigne et a augmenté une pratique qui était déjà en marche, c'est-à-dire transporter les déchets vers des usines privées de traitement industriels qui étaient plus équipées pour faire la précipitation des métaux et filtrer les solides en suspension. Quand l'état avait imposé plus tôt des mesures plus restreignantes sur les normes de disposition des eaux usées traitées à 500 mg par litre de solides dissous totaux, les foreurs ont découvert que c'était plus payant d'investir dans des centres de traitement centralisés et mobiles pour recycler et réutiliser ces eaux usées dans des opérations de fracturations plutôt que les déverser dans l'environnement. Aujourd'hui, d'après Sunday: "On n'a jamais autant recyclé. Environ 70% des fluides de reflux se font réutiliser, et certains opérateurs recyclent à 100%."

Mais Lutz dit que la baisse de déversements d'eaux usées est venue avec une augmentation de quantité d'eaux usées transportées par camion vers l'Ohio pour en disposer par injection à grande profondeur, passant d'environ 26 millions de gallons en 2010 à 106 millions de gallons en 2011. La majorité de la géologie de la Pennsylvanie ne se prête pas à cette pratique, selon lui. Environ une douzaine de petits séismes liés aux injections d'eaux usées sous terre à des installations près de Youngstown, en Ohio, entre mars et décembre 2011 vont sûrement limiter les options de disposition à l'avenir, selon lui.

"Il y a eu une période de 11 mois l'an passé quand il n'y a pas eu de nouveaux permis d'émis pour des injections sous terre, mais ceci était un moratoire non officiel, pas spécifié dans les documents." dit Lutz. "Et pendant que des nouveaux permis sont maintenant accordés, ils ont ralenti le rythme de distribution des permis." De plus, les régulateurs de l'Ohio maintenant exigent une révision beaucoup plus exhaustive et stricte des dossiers géologiques, dit Lutz, ce qui fait que les injections souterraines sont beaucoup plus dispendieuses qu'auparavant. Finalement, il précise que les quantités d'eaux usées générées augmente expotentiellement en même temps que les opportunités de les gérer deviennent plus limitées. "Et cela crée l'opportunité pour augmenter l'exposition humaine." dit-il.

Selon Jim Erg, un consultant à son compte et ancien directeur du Bureau of Oil and Gas Management de la Pennsylvanie, les intervenants sont maintenant à débattre des options futures pour disposer des eaux usées, qui varient d'une augmentation de la quantité recyclée aux possibilités d'augmenter les puits d'injection près de la frontière de la Pennsylvanie avec l'Ohio, où la géologie s'y prête mieux.

Entre-temps, des chercheurs tentent de mieux comprendre les effets potentiels sur la santé par contact direct avec les eaux usées, en plus des autres façons d'être exposé aux opérations de fracturations. Selon Trevor Penning, le directeur du centre Center of Excellence in Environmental Toxicology de l'université de la Pennsylvanie, la plupart des cas rapportés de problèmes de santé liés à la fracturation jusqu'à date sont non confirmés. "Finalement, nous devons démontrer une association quelconque pour en faire la démonstration de cause à effet." dit-il. "Ce qui nous manque, ce sont des données d'exposition d'individus qui sentent que leur santé est impactée pour avoir vécu dans des communautés où il se fait de la fracturation hydraulique."

Parmi les autres efforts fait pour examiner les impacts sur la santé publique, le centre UPENN et 9 autres centres Environmental Health Core Centers financés par le National Institute of Environmental Health Sciences collaborent avec des compagnies de gérance pour analyser les données sur la santé dans les communautés et les mesures de qualité de l'eau, en comparant les régions où il se fait de la fracturation avec celles où il n'y en a pas. Selon Penning, la priorité en haut de la liste est d'identifier les dangers spécifiques des produits chimiques dans l'air et dans l'eau pour évaluer les risques pour la santé humaine.

Penning souligne que les produits chimiques dans les fluides de fracturation, bien qu'ils ne fassent qu'un très petit pourcentage du volume total liquide (0,5%-2,0%), sont présents en grande quantité vu l'important volume d'eau injecté dans chaque puits. "Ceci pose un problème complexe de mélanges," dit-il. "Et une préoccupation importante est le fait que les eaux usées fuiront des bassins de décantations dans les sources d'eau souterraines et de surface, là où l'humain pourrait être exposé."

"Estimating Wastewater Impacts from Fracking

Charles W. Schmidt

Charles W. Schmidt, MS, an award-winning science writer from Portland, ME, has written for Discover Magazine, Science, and Nature Medicine.

Wastewater produced by hydraulic fracturing (“fracking”) for natural gas in the Marcellus Shale is already overwhelming disposal options and will continue to do so as gas development increases, according to newly published research.1 The investigation did not evaluate environmental consequences of the wastewater. But lead author Brian Lutz, an assistant professor in the Kent State University Department of Biology, says fracking wastewater could have a range of environmental and health impacts if not managed correctly. The analysis was limited to Pennsylvania, which along with West Virginia dominates Marcellus shale gas production today.2

During fracking, a fluid mixture pumped deep underground fractures the rock to liberate trapped natural gas, which then rises through the well to the surface. Fracking fluids amount to between 3 and 7 million gallons of water per well,3 mixed with sand and a complex chemical mixture that can include naphthalene, formaldehyde, and a variety of volatile organic compounds, among other substances.4

Since the 1850s, natural gas has been extracted from a number of relatively shallow formations. But advances in horizontal fracking have enabled the development of shale gas deposits, most of which are more than a mile underground in the Marcellus and even deeper in other formations such as the Woodford Shale in Oklahoma.5 In 2010 shale gas contributed 23% of domestic natural gas production, compared with 2% in 2000.1 And of that, about 10% came from the Marcellus, which in recent months has become the biggest producer of shale gas in the United States.2 Correspondingly, the amount of wastewater generated by fracking in the Marcellus rose nearly sixfold between 2004 and 2011, such that it increasingly dwarfs amounts produced by conventional gas drilling—even though conventional gas production generates 65% more wastewater per unit of recovered gas than fracking does.1

According to Kevin Sunday, the deputy press secretary with the Pennsylvania Department of Environmental Protection (DEP), gas producers in Pennsylvania traditionally sent their wastewater to municipal water treatment plants for purification and then discharge into rivers. But with the shift to nonconventional production, the wastewater—which is enriched with heavy metals, radionuclides, and salts liberated from the shale rock below1—became harder to deal with. Removing dissolved salts, in particular, requires expensive distillation or reverse osmosis.

Citing these environmental concerns, DEP secretary Michael Krancer called on the Marcellus Shale industry to cease wastewater delivery to municipal sewage plants in April 2011.6 According to Sunday, the industry immediately complied and accelerated what was already an ongoing shift of delivering the wastes to private industrial treatment facilities that were better able to precipitate metals and filter out suspended solids. When the state had earlier imposed a more stringent discharge standard for treated wastewater of 500 mg/L of total dissolved solids, drillers had found it more cost-effective to invest in centralized and mobile wastewater treatment for recycling and reuse in fracking operations than to discharge into the environment. Today, Sunday says, “Recycling has never been higher. About seventy percent of flowback water gets reused, with some operators at a hundred percent.”

But Lutz says the decline in wastewater discharge was also met with a significant increase in the amount of wastewater trucked to Ohio for disposal via underground injection, from roughly 26 million gallons in 2010 to 106 million gallons in 2011. Most of Pennsylvania’s geology is not amenable to this practice, he says. Roughly a dozen small earthquakes linked to underground wastewater disposal at facilities near Youngstown, Ohio, between March and December 2011 will likely constrain that disposal option in the future, he adds.

“There was an eleven-month window last year of no new permits being issued for underground injection, but this was an unofficial moratorium, not specified in the documents,” Lutz says. “And while new permits are now just being issued, they have slowed the rate of permit approvals.” Moreover, Ohio regulators now require far lengthier and more thorough review of geological records, Lutz says, which serves to make underground disposal much more expensive than it used to be. The bottom line, he emphasizes, is that the amount of wastewater being generated is going up exponentially at the same time that opportunities for managing it are becoming more limited. “And this creates more opportunities for human exposure,” he says.

According to Jim Erb, a private consultant and former director of Pennsylvania’s Bureau of Oil and Gas Management, stakeholders are now debating future disposal options that range from increases in wastewater recycling to the possibility of more injection wells near Pennsylvania’s border with Ohio, where the geology is more suitable.

Meanwhile, researchers are trying to get a better handle on potential health effects from contact with the wastewater, in addition to other exposures linked to fracking operations. According to Trevor Penning, director of the University of Pennsylvania (UPENN) Center of Excellence in Environmental Toxicology, most reports of health problems linked to fracking thus far are anecdotal. “At the end of the day, we need to show some kind of association to demonstrate causality,” he says. “What we are missing is exposure data on individuals who feel their health is being impacted by living in communities where fracking is happening.”

Among other efforts to examine public health impacts of fracking,7,8,9 The UPENN center and nine other Environmental Health Core Centers funded by the National Institute of Environmental Health Sciences are collaborating with managed care companies to analyze community health outcomes data and water quality measurements, comparing localities where fracking is occurring with those where it’s not. According to Penning, the top priority is to identify specific chemical hazards in both air and water for human health risk assessment.

Penning points out that chemicals in fracking fluids—although they make up only a small percentage (0.5–2.0%) of the total aqueous volume—are present in large amounts given how much water goes into a single well. “This is a complex mixtures problem,” he says. “And a major concern is that wastewater will leak from holding ponds into groundwater and surface water supplies, where human exposures are possible.”

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References

1. Lutz BD, et al. Generation, transport, and disposal of wastewater associated with Marcellus Shale gas development. Water Resources Res; http://dx.doi.org/10.1002/wrcr.20096 [online 8 Feb 2013].

2. EIA. Natural Gas Weekly Update [website]. Washington, DC:U.S. Energy Information Administration, U.S. Department of Energy (updated 7 Mar 2013). Available: http://www.eia.gov/naturalgas/weekly/ [accessed 15 Mar 2013].

3. Ramudo A, Murphy S. Hydraulic Fracturing—Effects on Water Quality. Cornell University City and Regional Planning (CRP 5072). Ithaca, NY:Cornell University (12 Dec 2010). Available: http://goo.gl/hwCCG [accessed 15 Mar 2013].

4. NYSDEC. Preliminary Revised Draft: Supplemental Generic Environmental Impact Statement on the Oil, Gas, and Solution Mining Regulatory Program. Albany, NY:New York State Department of Environmental Conservation (30 Sep 2009). Available: http://www.dec.ny.gov/data/dmn/ogprdsgei?sfull.pdf [accessed 15 Mar 2013].

5. Sumi L. Shale Gas: Focus on the Mercellus Shale. Durango, CO:Oil & Gas Accountability Project, Earthworks (May 2008). Available: http://goo.gl/xaxyR [accessed 15 Mar 2013].

6. Pennsylvania DEP. Pennsylvania DEP Calls on Natural Gas Drillers to Stop Giving Treatment Facilities Wastewater. Harrisburg, PA:Department of Environmental Protection (19 Apr 2011). Available: http://goo.gl/h6lCY [accessed 15 Mar 2013].

7. Geisinger Leads Marcellus Shale Initiative. Geisinger Research Connections. Danville, PA:Geisinger Health System (Winter 2013). Available: http://goo.gl/MIpTP [accessed 15 Mar 2013].

8. EPA. Natural Gas Extraction—Hydraulic Fracturing [website]. Washington, DC:U.S. Environmental Protection Agency (updated 11 Mar 2013). Available: http://www2.epa.gov/hydraulicfracturing [accessed 15 Mar 2013].

9. Pennsylvania DEP. Comprehensive Radiation Study Plan for Oil & Gas Operations (2013). Harrisburg, PA:Department of Environmental Protection. Available: http://goo.gl/n44QY [accessed 15 Mar 2013].


Link: http://ehp.niehs.nih.gov/121-a117/
Photo: Erin Trieb