Friends of the Richelieu. A river. A passion.



"Tout cedit pays est fort uny, remply de forests, vignes & noyers. Aucuns Chrestiens n'estoient encores parvenus jusques en cedit lieu, que nous, qui eusmes assez de peine à monter le riviere à la rame. " Samuel de Champlain


"All this region is very level and full of forests, vines and butternut trees. No Christian has ever visited this land and we had all the misery of the world trying to paddle the river upstream." Samuel de Champlain

Sunday, November 6, 2011

Gaz de schiste - la vérité sur la fracturation

Photo: Don Foley

Voici une traduction libre d'un excellent article publié dans la revue scientifique Scientif American dans l'édition de novembre 2011 écrit par Chris Mooney.

La vérité sur la fracturation: fracturer une couche profonde dans le schiste une seule fois pour libérer le gaz naturel pourrait comporter très peu de risques pour les sources d'eau potable, mais le répéter plusieurs fois pourrait devenir problématique.

Résumé: Si la fracturation se définit par une seule fracture dans le schiste profond, cette action pourrait être bénigne. Quand plusieurs fracturations sont répétées dans plusieurs puits adjacents, toutefois, les risques de contaminer l'eau potable pourrait augmenter. Si la fracturation est définie comme toute l'opération industrielle dans son ensemble, incluant le forage et le stockage des eaux usées, il y a déjà eu des cas de contamination documentés. Des tests avancés, comme ajouter des chimiques traceurs dans un puits pour savoir s'ils aboutissent dans l'eau potable, pourraient finalement prouver si oui ou non la fracturation est sécuritaire. Certains législateurs n'attendent pas l'arrivée d'une meilleure science: ils foncent et permettent la fracturation à encore plus grande échelle.

Est-ce que la fracturation pollue notre eau potable? Le débat est devenu hostile, et des scientifiques se prononcent publiquement.

Anthony Ingraffea, un prof en ingénierie au Cornell University et un expert en fracturation, la technique controversée pour extraire le gaz naturel, a eu beaucoup à dire, surtout depuis sa présence à la réunion d'Arlington, en Virginie en mars, organisé par l'EPA des États-Unis (U.S. Environmental Protection Agency). C'est là qu'il a rencontré des scientifiques travaillant pour les plus importantes compagnies gazières et de forage: Devon Energy, Chesapeake, Halliburton. Ils y étaient tous pour aider l'agence à déterminer si la fracturation hydraulique, accusée d'injecter des chimiques toxiques et du gaz dans des sources d'eau potable dans plusieurs états, était coupable comme certains l'avaient affirmé. La réponse se trouve au centre de la controverse grandissante dans les états de New York, la Pennsylvanie, au Texas et au Colorado, ainsi qu'en Australie, en France et au Canada.

La technique de base de la fracturation hydraulique a été utilisée dans des puits conventionnels depuis la fin des années 1940. Quand un puits vertical rencontre une couche de schiste, de l'eau avec des produits chimiques et du sable sont injectés à haute pression pour faire éclater le roc et libérer le gaz naturel. Ce n'est que dernièrement, toutefois, que la technique a été combinée avec une nouvelle technologie appelée directionnelle, ou forage horizontal: la capacité de tourner une mèche de forage jusqu'à 90 degrés et continuer de forer à l'intérieur de la couche, parallèle à la surface terrestre, pour des milliers de pieds de plus. On estime que les É.-U. ont 827 trillions de pieds cubes de ce gaz naturel non conventionnel soudainement accessible pour l'extraction, assez pour en fournir pendant des décennies, bien que des courriels de l'industrie publiés dans le quotidien The New York Times en juin laissent entendre que la ressource pourrait être plus difficile et plus dispendieuse à exploiter que les compagnies nous ont fait miroiter.

+++++++++++++++++++++++++++
Illustration de Don Foley

Cracker: des foreurs creusent jusqu'à une couche de schiste qui peut être à 5,000 pieds de profondeur, ou plus, pour ensuite tourner et continuer horizontalement pour jusqu'à 5,000 pieds de plus. La mèche est retirée; de l'eau, du sable et des chimiques sont pompés dans le puits pour fracturer le roc, le gaz ainsi libéré remonte avec le reflux. Les eaux usées contaminées sont entreposées dans des étangs à la surface ou dans des citernes.

++++++++++++++++++++++++++

Le plus gros problème à surmonter est que la fracturation horizontale, contrairement à la fracturation dans les puits verticaux, exige des quantités énormes d'eau et de chimiques. D'immenses étangs ou citernes sont aussi nécessaires pour stocker les eaux usées chargées de chimiques appelées "reflux" qui remontent le trou du puits après la fracturation.

Assis dans la salle, Ingraffea observait les scientifiques de l'industrie balayer de côté l'idée que la fracturation ait pollué des puits d'eau potable et était la cause des robinets de cuisine qui prenaient feu. Après tout, selon la logique, les couches de schiste peuvent être à un mille de profondeur ou plus, séparés par les aquifères peu profonds par des milliers de pieds de roc, ce qui expliquerait pourquoi elles n'avaient pas été exploitées jusqu'à date. La fracturation peut être puissante, mais pas tant que cela, en tout cas pas assez pour ouvrir de nouvelles fissures au travers autant de roc pour connecter des trous de forages horizontaux (appelés latéraux) avec l'eau souterraine près de la surface.

"J'ai vu de beaux PowerPoint qui décrivent ce qu'ils pensent être la réalité de ce qui arrive." dit Ingraffea, qui avait déjà travaillé avec le fournisseur international de gaz Schlumberger, mais qui est devenu l'un des principaux critiques scientifiques du boom gazier. "Dans chacun d'eux, le conférencier arrivait à la conclusion que c'était très improbable." Pourtant, explique Ingraffea, ces analyses regardent seulement une seule fracturation, une injection d'eau, dans un latéral, une seule fois. Afin de maximiser l'accès au gaz, toutefois, les compagnies peuvent forer une douzaine ou plus de puits verticaux, les uns auprès des autres, à un seul site de forage. Ils peuvent fracturer le latéral de chaque puits en plusieurs segments et parfois plusieurs fois.

"Vous avez trois dimensions spatiales et chronologiques" à prendre en ligne de compte, dit Ingraffea. Il doute qu'une seule fracturation puisse connecter les couches de shale à la surface. Pourtant il ajoute, "si vous regardez le problème comme je viens de le décrire, je pense que les probabilités augmentent. De combien? Je ne le sais pas."

Coupable par définition

Les scientifiques et législateurs qui tentent de répondre en ce moment aux questions complexes sont un peu en retard. Nous aurions profité de leur recherche avant que la fracturation devienne une telle controverse. La technique est la cause de conflits politiques dans New York, où le département de conservation de l'environnement (Department of Environmental Conservation - DEC) a dernièrement révélé un plan pour donner aux compagnies de forage accès à 85% des formations du Marcellus et de l'Utica qui se trouvent sous cet état. La fracturation ne serait pas autorisée dans les bassins versants des villes de New York et de Syracuse parce que leurs sources d'eau potable sont non filtrées entre la source et le citoyen.

Le département s'est fié pour donner le feu vert aux révisions de diverses études et dit qu'il projette d'encadrer sévèrement tout travaux de forage. Ces mesures remplacent essentiellement un moratoire sur la fracturation à la grandeur de l'état, malgré le fait que l'EPA n'est qu'à mi-chemin dans son étude préliminaire vers la fin de 2012. Le département, refusant d'attendre la science de l'EPA, s'est fixé comme objectif le mois d'octobre pour la règlementation finale, et les commentaires du public seront reçues jusqu'au début de décembre.

Les pressions pour forer dans l'état de New York avant les résultats de l'EPA oblige les experts d'essayer d'évaluer quels accusations à la fracturation ont plus de poids et lesquels ont besoin de plus de recherche pour les évaluer. Les réponses à cette question profondément confuse ultimement dépendront des définitions conflictuelles de la fracturation.

Si la fracturation est comprise comme étant le procédé au complet de forage pour le gaz non conventionnel du début à la fin, elle est déjà coupable de certaines infractions sérieuses. Les démarches industrielles massives exigent une quantité phénoménale d'eau, de 2 à 4 millions de gallons d'eau pour un seul latéral, ainsi que de 15,000 à 60,000 gallons de chimiques. En multipliant ces quantités par le nombre de puits forés sur un seul site, les chiffres deviennent étourdissants. Il faut aussi transporter les liquides nécessaires par des flottes de camions-citernes et installer des grandes citernes pour les stocker.

Ensuite les eaux de reflux doivent être gérées: jusqu'à 75% de ce qui est injecté dans le trou revient à la surface. Ce qui remonte est saturé non seulement d'un mélange de chimiques qui aident à la circulation des fluides de fracturation, à protéger les tuyaux et tuer les bactéries, parmi d'autres fonctions, mais aussi contiennent souvent des matériaux radio-actifs et des sels qui viennent des couches souterraines. Cette eau toxique doit être stockée sur place et ensuite transportée vers des usines de traitement, ou recyclée. La plupart des compagnies utilisent des étangs à ciel ouvert creusés à la surface. Plusieurs états exigent que le fond de ces bassins soient scellés avec des matériaux synthétiques pour éviter les fuites. D'autres exigent que les bassins soient à une distance suffisante des cours d'eau à la surface. Le problème, c'est que même quand ces précautions adéquates sont prises, les toiles qui scellent les bassins peuvent se déchirer, et durant les pluies abondantes, les bassins peuvent déborder. Sous les nouveaux règlements de New York, seulement les citernes scellées seront permises pour stocker les eaux de reflux, et des précautions contre les ruissellements doivent être prises.

Toutes ces procédures peuvent être la cause d'accidents. "Ce n'est pas une industrie sans risques." explique Terry Engelder, un expert en fracturation hydraulique au Pennsylvania State University qui est habituellement un promoteur du procédé mais qui a critiqué à l'occasion des compagnies qui en font. En effet, une série de reportages du New York Times a documenté la contamination possible d'importants bassins versants de rivières de la Pennsylvanie comme les rivières Susquehanna et Delaware parce qu'on aurait mal manipulé les eaux de reflux. Plus récemment, le DEP (Department of Environmental Protection) de l'état a imposé une amende de presque $1 million à Chesapeake pour avoir contaminé les puits d'eau potable de 16 familles avec du méthane après avoir foré avec des procédés inadéquats.

Ce genre d'impacts peuvent être causés par la fracturation si le terme se réfère au procédé industriel dans son ensemble, mais pas nécessairement si il veut dire uniquement l'injection d'eau sous terre qui fracture le roc après le forage. Même les personnes les plus connaissantes de cette question ne sont pas du même avis dans ces détails. "Il y a une réelle vulnérabilité quand il s'agit de telles quantités de chimiques sur le terrain, mais c'est une menace plus industrielle, plutôt qu'une menace venant de la fracturation elle-même." dit Val Washington, un ancien commissaire du DEC de New York. Mais Ingraffea de Cornell conçoit la chose sous un autre angle: "J'espère seulement que l'industrie arrête de jouer au jeu de dire 'la fracturation ne cause pas de contamination'. On doit forer pour fracturer. Ils se cachent derrière la sémantique et des définitions."

Pour démontrer que la fracturation comme l'industrie la décrit est le problème, nous devons examiner la menace présumée qui est simultanément la plus publicisée et pourtant la moins certaine: l'idée que l'eau injectée profondément dans le sol peut contaminer directement l'eau potable en créant des couloirs imprévus pour que le gaz ou le liquide puisse se déplacer entre le schiste profond et l'eau souterraine plus près de la surface.

++++++++++++++++++++++++++++++++++

ILLUSTRATION (ci-haut)

Complications:

Une fois qu'un site de forage et un bassin de rétention sont installés, un foreur peut creuser une douzaine de puits ou plus pour extraire le plus de gaz de schiste que possible. Trois endroits pourraient comporter le plus de potentiel de contaminer l'eau souterraine. Les bassins de rétention pleins d'eaux usées chargées de chimiques peuvent fuir ou déborder, ce qui est arrivé en Pennsylvanie en septembre à cause des inondations de la tempête tropicale Lee. Le ciment qui coffre le tuyau vertical peut fissurer, et de nouvelles fissures ouvertes par la fracturation peut connecter des fissures naturelles entre elles ou avec d'anciens puits.

À la gauche de l'illustration

Un scellage rompu: le ciment entoure le tuyau d'acier pour empêcher le méthane ou l'eau mélangée aux chimiques puissent monter et s'infiltrer dans les environs. Mais la cimentation mal faite peut craqueler ou avoir des vides qui permettent un passage à la contamination.

À la droite de l'illustration

Des passages cachés vers le haut: de nouvelles fissures ouvertes par les fluides de fracturation sous pression peuvent établir une connexion vers des fissures naturelles inconnues ou avec d'anciens puits abandonnés et scellés depuis des années, fournissant un passage imprévu pour le méthane ou les chimiques qui peuvent remonter vers l'eau souterraine.

Photo de Don Foley

+++++++++++++++++++++++++++++++++

Ciment coupable

Pour constater comment cette question est si complexe, il faut regarder les actions de mises en application des règlements de l'EPA en 2010 contre Range Resources, une gazière qui travaille dans la formation Barnett au Texas. L'EPA prétendait que deux puits d'eau potable résidentiels près de 2 puits de gaz de la compagnie avaient été contaminés avec du méthane d'origine profonde, ou thermogénique. Cette sorte de gaz vient des couches de schiste, contrairement au méthane biogénique qui est produit par des microbes dans des poches plus près de la surface où se trouvent typiquement les aquifères. L'EPA prétendait aussi que l'un des puits contenait des chimiques parfois utilisés en fracturation, comme du benzène, et fournissait de l'eau qui prenait en feu.

L'EPA avait ordonné à la compagnie de fournir de l'eau propre aux résidents lésés, de déterminer si d'autres puits aux alentours étaient contaminés, et d'entreprendre d'autres actions. Range Resources s'est défendu vigoureusement, contestant en cour l'accusation qu'elle en était responsable, soulignant les grandes distances horizontales et verticales. À partir de la mi-septembre, le procès légal était rendu dans une cour d'appel. Mais finalement, même si l'EPA a raison de dire que Range Resources est fautive, cela ne voudra pas dire que la fracturation en grande profondeur pourrait avoir causé le problème. L'agence a demandé à la compagnie de déterminer quel passages de gaz étaient en cause, et il pourrait y en avoir plusieurs. Le gaz pourrait avoir migré jusqu'en haut, en partant du schiste fracturé au travers d'un cheminement inconnu. Ou une cimentation fautive sur la partie verticale du puits, plus près de la surface, pourrait avoir été la source de contamination.

Une cimentation défectueuse est la première soupçonnée quand ont cherche des sources de contamination, et selon la définition de l'industrie, çà ne fait pas parti de la fracturation. En forant un puits, on doit passer au travers de couches peu profondes qui contiennent de l'eau souterraine, et on pourrait aussi passer au travers de poches inconnues de gaz. Les foreurs remplissent les vides entre le tuyau de gaz et le mur du trou du puits avec du ciment pour que le gaz libre ne puisse pas monter en dehors du tuyau et possiblement s'infiltrer dans l'eau souterraine. Une défectuosité du coffrage pourrait aussi permettre aux eaux de reflux, mêlées de chimiques poussées par la pression relâchée quand le schiste se fissure, de fuir.

La cimentation est le point faible évident, selon Anthony Gorody, un hydrogéologue et consultant pour des gazières qui a été un défenseur de la fracturation. D'autres scientifiques sont tout à fait d'accord. "Si le coffrage du puits est mal installé, le potentiel d'un passage pour que tout çà sorte est bien là." explique Robert B. Jackson, un écologiste et expert en eau du Nicholas School of the Environment de Duke University. Bien que plusieurs règlements gèrent la cimentation et bien que l'industrie fait des efforts pour améliorer ses pratiques, le problème n'est peut-être pas réglable. "Un pourcentage important de travaux de cimentation feront défaut." dit Ingraffea. "Ce sera toujours ainsi. C'est dans la nature de la bête."

Les contaminations causées par des mauvaises cimentations ont longtemps été un problème dans les puits traditionnels verticaux qui étaient parfois fracturés aussi. Selon l'ancien commissaire du DEC à Washington, "nous avons beaucoup de puits dans la partie ouest de l'état de New York qui produisent du pétrole et du gaz depuis des décennies. Et la fracturation était le moyen pour sortir le gaz de ces schistes très durs. Cela se fait depuis environ une vingtaine d'années." Ce qui est différent maintenant, selon elle, est que "parce que les profondeurs du gaz et la combinaison de la fracturation et le forage directionnel, au lieu de 80,000 gallons d'eau, c'est maintenant des millions de gallons d'eau par opération de fracturation." avec une grosse augmentation de chimiques qui viennent avec.

Non sécuritaire, peu importe la profondeur?

La pauvre cimentation est la cause d'un certains nombre de cas de contaminations d'eau souterraine durant des forages de gaz non conventionnel, dont le cas de $1 million de Chesapeake. "La migration du méthane est un problème à certains endroits. C'est absolument vrai." dit Engelder. La question est: est-ce qu'il pourrait y avoir d'autres causes. Si les problèmes d'eau souterraine est vraiment dû à la cimentation, on pourrait argumenter que la fracturation comme la définit l'industrie n'est pas en cause, et un encadrement plus serré est nécessaire pour passer à la loupe les compagnies pendant qu'elles forent, ce que propose justement l'état de New York en ce moment.

Le rapport le plus intriguant sur les migrations possibles du gaz est décrit dans un papier récent rédigé par Jackson et ses collègues publié dans Proceedings of the National Academy of Sciences USA. Il contient du matériel intéressant pour les environnementalistes autant que pour les industriels. Quand le document chaudement débattu a été rendu public, comme se rappelle Jackson en riant, les réactions variaient entre "vous m'avez sauvé la vie" à "respire par le nez".

L'équipe de Jackson a analysé des spécimens prélevés de plus de 60 puits d'eau potable privés au-dessus du schiste du Marcellus dans la région nord-est de la Pennsylvanie et au-dessus du schiste de l'Utica dans l'état de New York. On a trouvé du méthane dans 51 des puits, mais les puits les plus près des sites de forage en contenait davantage. Des analyses chimiques ont confirmé que la majorité du méthane était de la sorte venant des profondeurs, donc thermogénique, plutôt que biogénique fabriqué par des microbes plus près de la surface.

Aucun des spécimens ne contenaient des fluides de fracturation, toutefois, ou de saumures qui seraient venues des couches de schistes plus profondes. Jackson pense donc que la cause la plus probable des contaminations seraient des cimentations défectueuses et des coffrages des puits. Il ajoute une autre possibilité: la fracturation pourraient créer des fissures dont certaines pourraient remonter dans le roc au-delà de la couche horizontale du schiste elle-même. Si c'est le cas, ces fissures pourraient rejoindre d'autres fissures déjà existantes ou des ouvertures, permettant ainsi au gaz de se déplacer vers la surface. Les parties nord-est de la Pennsylvanie et de New York sont pleines d'anciens puits abandonnés, selon Jackson: "Et il y a 10 ans, les gens ne mettaient pas de coffrages, et ne bouchaient pas les puits quand ils en avaient fini. Imaginez ce fromage suisse plein de trous qui descendent des milliers de pieds: nous ne savons pas où ils se trouvent."Photo: Mike Groll

Difficile à faire accepter: des règlements sévères pourraient être la solution pour convaincre les citoyens qui craignent les pratiques de forage dangereuses, comme ces manifestants à Albany, New York, qui appuyaient une interdiction dans l'état.

+++++++++++++++++++++++++++

Pourtant, si le méthane rejoint l'eau potable à cause des forages de gaz non conventionnels, pourquoi est-ce que l'on ne trouve pas de chimiques de fracturation? Pour cela, Jackson et Engelder peuvent seulement émettre des hypothèses. Quand le méthane est libéré du roc, il y a encore assez de pression pour repousser l'eau et les chimiques à la surface par le trou du puits. Ce reflux diminue rapidement, par contre. Ensuite, bien que le gaz est assez léger pour se déplacer verticalement, l'eau, elle, ne l'est pas.

Tout de même, si les fractures hydrauliques pourraient connecter avec des fissures pré-existantes ou avec des vieux puits, les chimiques pourraient devenir un danger pour les eaux souterraines. De la fracturation hydraulique "hors zone" est possible. Kevin Fisher, un ingénieur qui travaille pour Pinnacle Technologies, une filiale de Halliburton Service, a étudié des milliers de fractures dans des puits horizontaux dans les formations Barnett et Marcellus grâce à de l'équipement de monitorage micro-sismique afin de mesurer leur portée. Fisher a trouvé que les fractures les plus extrêmes dans le Marcellus étaient de presque 2,000 pieds en longueur verticale. Ce qui laisse quand même une distance tampon, "une très bonne séparation entre le dessus de la fracture hydraulique et le bas des aquifères." selon Fisher.

D'autres ingénieurs interprètent ce genre de preuve d'un autre oeil. En Colombie-Britannique, au Canada, les législateurs ont catalogué 19 incidents distincts de "communication entre fractures", des nouveaux puits qui ont fini par se rejoindre avec d'autres puits de façons imprévues. Dans un des cas, un passage s'est formé entre des puits séparés par plus de 2,000 pieds. La commission de la province British Columbia Oil and Gas Commission a prévenu les opérateurs: "La propagation de fractures faite par des opérations de fracturations hydrauliques à grande échelle se sont avérées difficiles à prévoir." L'agence ajoute que les longueurs des fractures pourraient s'étendre plus loin qu'anticipé à cause des faiblesses dans les épaisseurs de roc superposées.

Rien de cela n'est une preuve que fracturer une couche de schiste horizontale ait pollué directement un aquifère. Lisa Jackson de l'EPA a dit dernièrement qu'aucun tel cas n'a été documenté, bien qu'elle ait ajouté qu'il y a des enquêtes en cours. L'absence de preuves n'est pas la preuve d'absence, toutefois. Chaque site est différent. Le New York Times et l'Environmental Working group ont révélé dernièrement qu'il y a eu un cas présumé de contamination en 1984, ce qui laisse entendre qu'un puits fracturé en Virginie Occidentale pourrait avoir communiqué avec un ancien puits abandonné tout près, ce qui aurait provoqué une pollution d'eau potable. L'industrie conteste la validité de ce cas.

Plus de science, trop tard?

Impliquer ou absoudre la fracturation, peut importe la façon que l'on comprenne le terme, exigera plus de données. Et ce sera le rôle de l'étude de l'EPA. L'agence étudie les différentes façons possibles de contaminer les sources d'eau potable par les forages: les bassins de rétention qui ne sont pas doublés d'une toile ou qui fuient, des cimentations mal faites, ou des voies de communication entre les fissures profondes avec la surface. L'EPA examinera 5 cas présumés de contamination d'eau souterraine pour en déterminer la cause, dont 2 en Pennsylvanie. L'agence fera aussi le monitorage d'activités de forage à venir du début des travaux jusqu'à la fin dans 2 sites additionnels. L'agence utilisera aussi des modèles virtuels afin de simuler ce qui se passe sous terre où personne ne peut faire de l'observation.

Les conseils d'Inraffea sont de développer un modèle élaboré qui peut réitérer un scénario qui inclurait plusieurs puits, plusieurs fracturations et des déplacements de gaz et de liquides à l'intérieur d'un mille cube de roc sur une période de plusieurs semaines de forages. "Vous allez avoir besoin de vraiment gros super-ordinateurs." dit-il, afin de déterminer les possibilités de contamination. "Montrez-moi çà, et je pourrai ensuite vous donner mon opinion entre 'pas plus de chance que la neige survive à l'enfer' et 'çà arrive à tous les jours'." Au minimum, ces modèles révèleraient les circonstances dans lesquelles les déplacements de gaz sont les plus possibles, les plus plausibles, qu'en d'autres circonstances, dit Ingraffea.

Ce genre de modélisation peut être difficile à trouver. Le modèle standard couramment utilisé par les académiciens sur les simulations des réservoirs souterrains et celui que l'EPA prévoit employer est appelé Tough 2, mais Ingraffea dit que ce modèle n'est pas de classe commerciale. Les grosses corporations utilisent leur propre modèles, et selon lui, "les meilleurs gens, les meilleurs logiciels, les meilleurs instruments et les meilleurs données sont tous au service des opérateurs et les compagnies fournisseurs." Ingraffea s'inquiète que Tough 2 "aurait des difficultés à inclure toutes les failles et les joints et la propagation des fissures" en détails suffisant pour pouvoir déterminer si un nouveau passage minuscule pourrait apparaître et laisser passer des fuites indésirées.

Entre-temps, Gorody et Jackson sont d'accord pour dire que l'EPA devrait faire le monitorage des chimiques dans les puits d'eau potable avant et après le début des forages dans les nouveaux sites. Les chimiques trouvés seulement après le début des forages jetteraient de sérieux doutes aux arguments souvent entendus de l'industrie que l'eau a été contaminée de façon naturelle avant le début des forages mais que les résidents ne s'en auraient pas rendu compte.

Geoffrey Thyne, un géologue pétrolier à l'institut Enhanced Oil Recovery Institute de l'université du Wyoming, suggère autre chose pour solutionner le casse-tête de la fracturation: forcer les compagnies à ajouter un traceur chimique facilement identifiable dans leurs mélanges secrets de fluides de fracturation. S'il se retrouve où il ne devrait pas y être, ce serait une preuve tangible. Thyne dit que l'ajout d'un traceur serait relativement facile à faire, bien qu'il ajoute qu'en général, l'industrie ne reçoit pas cette suggestion favorablement. L'EPA dit qu'elle songe à utiliser des traceurs. L'agence ajoute que beaucoup de l'information déjà reçue sur les chimiques utilisés dans la fracturation sont déclarés comme étant de l'information commerciale confidentielle par les compagnies impliquées, et donc l'EPA n'a pas dévoilé publiquement ces informations. Des nouvelles lois pourraient changer çà.

Des études faites par l'EPA et d'autres pourront éclaircir des affirmations complexes et contradictoires. Mais ces nouvelles connaissances pourraient venir trop tard. La fracturation "n'a jamais été enquêtée d'une façon approfondie" dit Amy Mall, une analyste de politiques sénior avec Natural Resources Defense Council (NRDC). "C'est une vaste expérimentation sans paramètres réels, solides et scientifiques qui guident l'expérimentation." Pourtant, New York semble convaincue qu'une règlementation sévère sera suffisante pour protéger ses citoyens.

Les résidents opposés à la fracturation dans New York, en Pennsylvanie et dans d'autres états affichent une pancarte qu'ils ont en commun: le mot "FRACK" en lettres blanches sur fond noir, avec un cercle rouge et une ligne diagonale par-dessus les lettres. C'est ironique de voir que bien que ce soit très possible que des gazières ont été coupables dans leur façon cavalière de forer des puits et se débarrasser des déchets, la technologie de la fracturation elle-même pourrait être disculpée. Les pancartes sur les terrains pourraient se tromper, mais les craintes seraient justifiées.

Lectures connexes:

Methane Contamination of Drinking Water Accompanying Gas-Well Drilling and Hydraulic Fracturing (Contaminations au méthane de l'eau potable liées aux forages gaziers et la fracturation hydraulique), Stephen G. Osborn et al. in Proceedings of the National Academy of Sciences USA, Vol. 108, No. 20, pages 8172–8176; May 17, 2010. www.nicholas.duke.edu/cgc/pnas2011.pdf

Environmental Protection Agency Draft Plan to Study the Potential Impacts of Hydraulic Fracturing on Drinking Water (Avant-projet de planification pour étudier les impacts potentiels de la fracturation hydraulique sur l'eau potable de l'EPA) Resources. A, February 2011. Available at www.epa.gov/research

Revised Draft Supplemental Generic Environmental Impact Statement on the Oil, Gas and Solution Mining Regulatory Progra m (Avant-projet révisé du rapport générique supplémentaire des impacts environnementaux du programme législatif des exploitations pétrolières, gazières et activités minières) . New York State Department of Environmental Conservation, September 2011. www. dec.ny.gov/energy/75370.html

Sur l'auteur: Chris Mooney est l'animateur de l'émission en ligne "Point of Inquiry" et est l'auteur de 3 livres, dont "The Replublican War on Science".

Lien: http://www.scientificamerican.com/article.cfm?id=the-truth-about-fracking
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
"THE TRUTH ABOUT FRACKING: Fracturing a deep shale layer one time to release natural gas might pose little risk to drinking-water supplies, but doing so repeatedly could be problematic

----------------
IN BRIEF

If fracking is defined as a single fracture of deep shale, that action might be benign. When multiple “fracks” are done in
multiple, adjacent wells, however, the risk for contaminating drinking water may rise. If fracking is defined as the entire
industrial operation, including drilling and the storage of wastewater, contamination has already been found. Advanced tests, such as putting tracer chemicals down a well to see if they reappear in drinking water, could ultimately prove whether fracking is safe or not. Some regulators are not waiting for better science; they are moving toward allowing fracking on an even wider scale.
-------------------

Is fracking polluting our drinking water? The debate has become harsh, and scientists are speaking out.

Anthony Ingraffea, an engineering professor at Cornell University and an expert on the controversial technique to drill natural gas, has had much to say, especially since he attended a March meeting in Arlington, Va., hosted by the U.S.Environmental Protection Agency. There he met scientists from top gas and drilling companies: Devon Energy, Chesapeake, Halliburton. All had assembled to help the agency determine whether fracking, accused of infusing toxic chemicals and gas into drinking-water supplies in various states, is guilty as charged. The answer lies at the center of escalating controversy in New York State, Pennsylvania, Texas and Colorado, as well as Australia, France and Canada.

The basic technique of “hydraulic fracturing” has been used in conventional-style wells since the late 1940s. When a vertical well shaft hits a layer of shale, chemically treated water and sand are blasted down at high pressure to crack open the rock and liberate natural gas. Only recently, however, has the technique been combined with a newer technology called directional, or horizontal, drilling—the ability to turn a downward-plodding drill bit as much as 90 degrees and continue drilling within the layer, parallel to the ground surface, for thousands of additional feet. The result has been a veritable Gas Rush. Sequestered layers of methane-rich shale have suddenly become accessible. The U.S. is estimated to have 827 trillion cubic feet of this “unconventional” shale gas within reach—enough to last for decades—although industry e-mails published by the New York Times in June suggest the resource may be more difficult and expensive to extract than companies have been claiming.


+++++++++++++++++++++++++++
Illustration

Crack it: Drillers bore down to a shale layer that can be 5,000 feet deep or more, then turn and continue horizontally as much as another 5,000 feet. The drill bit is retracted (bottom diagrams, left); water, sand and chemicals are pumped down the well to fracture the rock (center), releasing gas that flows back up with the fluid (right). The tainted wastewater is held in surface ponds or tanks.

Illustrations by Don Foley

++++++++++++++++++++++++++


The chief hurdle is that unlike fracking of vertical wells, horizontal fracking requires enormous volumes of water and chemicals. Huge ponds or tanks are also needed to store the chemically laden “flowback water” that comes back up the
hole after wells have been fractured.

As Ingraffea sat in the room, he watched industry scientists dismiss the idea that fracking has caused polluted water wells and flammable kitchen faucets. After all, the logic goes, the shale layers can be a mile or more deep, separated from shallow aquifers by thousands of feet of rock—precisely why they have been so difficult to tap until now. Fracking may be powerful, but it’s not that powerful—not enough to blow open new fissures through that much rock, connecting horizontal well bores (called “laterals”) to groundwater near the surface.

“I saw beautiful PowerPoint slides depicting what they think is actually happening,” says Ingraffea, who previously worked with the global gas supply company Schlumberger but has emerged as a leading scientific critic of the gas rush. “In every one, the presenter concluded it was highly improbable.” Yet, Ingraffea explains, these analyses considered only single
“fracks”—one water blast, in one lateral, one time. To maximize access to the gas, however, companies may drill a dozen or
more vertical wells, closely spaced, at a single site. They may frack the lateral for each well in multiple segments and perhaps multiple times.

“You’ve got three spatial dimensions and time” to consider, Ingraffea says. He doubts a single lateral frack can connect
the shale layers to the surface. Still, he adds, “if you look at the problem as I just described it, I think the probabilities go
up. How much? I don’t know.”

Guilt by Definition

The scientists and regulators now trying to answer this complex question have arrived a little late. We could have used their
research before fracking became a big controversy. The technique is the cause of political conflict in New York, where the Department of Environmental Conservation recently unveiled a plan to give drilling companies access to 85 percent of the
state’s portion of the Marcellus and Utica Shale formations. Fracking would not be allowed in the New York City or Syracuse
watersheds, because those water supplies are unfiltered between source and citizen.

The department based its go-ahead on reviews of various studies and says it plans to tightly regulate any drilling work. The actions essentially replace a previous statewide ban on fracking, despite the fact that the EPA is only midway through a major safety study due in preliminary form in late 2012. The department, unwilling to wait for the EPA’s science, was set to issue its final regulations in October, open to public comment until early December.

The push to drill in New York before the EPA’s results are ready is forcing experts to try to determine which charges against fracking hold some weight and which need new research to address. The answers to this deeply confused issue ultimately
depend on competing definitions of “fracking.”

If fracking is taken to refer to the entire process of unconventional gas drilling from start to finish, it is already guilty of some serious infractions. The massive industrial endeavor demands a staggering two to four million gallons of water for a single lateral, as well as 15,000 to 60,000 gallons of chemicals; multiply those quantities by the number of wells drilled at one site. Transporting the liquids involves fleets of tanker trucks and large storage containers.

Then the flowback water has to be managed; up to 75 percent of what is blasted down comes back up. It is laden not only with a cocktail of chemicals— used to help the fracking fluid flow, to protect the pipe and kill bacteria, and many other purposes—but often with radioactive materials and salts from the underground layers. This toxic water must be stored on-site and later transported to treatment plants or reused. Most companies use open-air pits dug into the ground. Many states require the bottoms of the pits to be lined with synthetic materials to prevent leakage. Some also require the pits to be a sufficient distance from surface water. The problem is that even when proper precautions are taken, pit linings can tear, and in heavy rains the pits can overflow. Under the proposed New York rules, only watertight tanks will be allowed to store flowback water, and runoff precautions must be made.

All these processes can cause accidents. “This is not a risk-free industry,” explains Terry Engelder, a hydraulic fracturing expert at Pennsylvania State University who has generally been a proponent of the process but has occasionally criticized companies involved. Indeed, a series of New York Times exposés have documented the possible contamination of major Pennsylvania river basins such as the Susquehanna and Delaware because of inadequate handling of flowback water. In Pennsylvania, household taps have gone foul or lit on fire, and companies have been cited and fined. Most recently, the state’s Department of Environmental Protection fined Chesapeake almost $1 million for contaminating 16 families’ water wells with methane as a result of improper drilling practices.

These kinds of impacts can be blamed on fracking if the term refers to the whole industrial process—but not necessarily if
it means just the underground water blast that fractures the rock after the drilling is done. Even the people most steeped in the issues can differ on this basic matter. “There’s a real vulnerability in having chemicals at these kinds of volumes out
there, but it’s more an industrial kind of threat, rather than a threat from fracking itself,” argues Val Washington, a former
deputy commissioner of New York’s Department of Environmental Conservation. But Cornell’s Ingraffea sees it differently:
“I just wish the industry would stop playing the game of ‘fracking doesn’t cause the contamination.’ You’ve got to drill to
frack. It’s a matter of semantics and definition that they’re hiding behind.”

To show that fracking as industry defines it is the problem, you have to examine the alleged threat that is simultaneously the most publicized and yet the most uncertain—the idea that water blasts deep underground can directly contaminate drinking water, by creating unexpected pathways for gas or liquid to travel between deep shale and shallow groundwater.

++++++++++++++++++++++++++++++++++

ILLUSTRATION

Complications:

Once a drill pad and wastewater pond are established, a driller may sink a dozen wells or more to fully tap the shale gas. Three spots may have the greatest potential to contaminate groundwater. Chemical-laden wastewater ponds can leak or overflow (center), which happened in Pennsylvania in September because of flooding by Tropical Storm Lee. Concrete that encases the vertical pipe can crack (inset, left), and new fissures opened by the fracking can connect to natural fissures or old wells (inset, right).

On left of illustration


Broken Seal: Concrete surrounds the steel gas pipe to prevent methane or chemically laden water from flowing up from below and seeping into the environs. But poor cementing can create cracks or voids that open a pathway for contamination.

On right of illustration


Hidden Routes Upward: New fissures opened by pressurized fracking fluid can connect to unknown natural fissures or old gas wells abandoned and covered years ago, providing an unforeseen pathway for methane or chemicals to flow up to groundwater.

Mike Groll AP Photo

+++++++++++++++++++++++++++++++++

Concrete Culprit

To see how complex this issue is, consider an EPA enforcement action in 2010 against Range Resources, a Fort Worth–based gas company that plumbs sites in Texas’s famed Barnett Shale. The EPA claimed that two residential drinking-water wells near two of the company’s gas wells were contaminated with methane of deep, “thermogenic” origin. That kind of gas originates in shale layers, unlike “biogenic”methane, which is produced by microbes in pockets closer to the surface, where aquifers typically are. The EPA also claimed that one of the wells contained chemicals sometimes used in fracking—
such as benzene—and was delivering flammable water.

The EPA ordered the company to provide clean water to the injured parties, to determine if any other nearby wells were
contaminated, and to take other steps. Range Resources fought back strongly— disputing in court the claim that it bore
any responsibility, noting the “long horizontal and vertical distances” involved. As of mid-September, the legal battle was in
a U.S. Court of Appeals. Crucially, however, even if the EPA is correct that Range Resources is at fault, that does not mean
fracking deep in the ground caused the problem. The agency asked the company to determine which “gas flow pathways”
were involved—and many are possible. Gas could have migrated all the way up from the fracked shale through some unknown route. Or a faulty cement job on the vertical part of the well, much closer to the surface, could have done the trick.

Faulty cementing is the leading suspect in possible sources of contamination, and by industry’s definition it is not part of fracking. On the way down, any well has to pass through the near-surface layers that contain groundwater, and it could
also pass through unknown pockets of gas. Drillers fill the gap between the gas pipe and the wall of the hole with concrete
so that buoyant gas cannot rise up along the outside of the pipe and possibly seep into groundwater. A casing failure
might also allow the chemical flowback water, propelled by the pressure released when the shale is cracked, to leak out.

Cementing is the obvious “weak link,” according to Anthony Gorody, a hydrogeologist and consultant to gas companies
who has been a defender of fracking. Other scientists emphatically agree. “If you do a poor job of installing the well casing,
you potentially open a pathway for the stuff to flow out,” explains ecologist and water resource expert Robert B. Jackson
of Duke University’s Nicholas School of the Environment. Although many regulations govern well cementing and although
industry has strived to improve its practices, the problem may not be fully fixable. “A significant percentage of cement jobs
will fail,” Ingraffea says. “It will always be that way. It just goes with the territory.”

Contamination because of bad cementing has been a long-standing problem in traditional vertical wells, which were fracked at times, too. According to former DEC deputy commissioner Washington, “we’ve got a lot of wells in western New York that have been producing oil and gas for decades. And fracking was the way to get the gas out of these really hard shales; that has been going on for maybe 20 years.” What is different now with horizontal drilling, she says, is that “because of the depths of the gas and the combination of fracking and directional drilling, instead of 80,000 gallons of water it is now millions of gallons per fracking operation,” with the big increase in chemicals that go along with it.

Unsafe at Any Depth?

Poor cementing accounts for a number of groundwater contamination cases from unconventional gas drilling—including the $1-million Chesapeake violation. “Methane migration is a problem in some areas. That’s absolutely correct,” Engelder says. The question is whether any other causes exist. If the groundwater problem really turns on cementing, you might argue that fracking as industry defines it gets a pass, and tougher regulations are needed to scrutinize companies as they drill—precisely what New York State now proposes.

The most intriguing work on possible gas migration is described in a recent paper by Jackson and his colleagues in the
Proceedings of the National Academy of Sciences USA. It holds something for environmentalists and industrialists alike.
When the hotly debated paper came out, as Jackson jokes, the responses ranged from “you saved my life” to “get a life.”

Jackson’s team analyzed samples from more than 60 private drinking-water wells overlying the Marcellus Shale in northeastern Pennsylvania and the Utica Shale in upstate New York. Methane existed in 51 of the wells, but wells closer to drilling sites contained considerably more of it. Chemical analyses determined that much of the methane was of the deep, thermogenic kind rather than the biogenic kind of microbes nearer the surface.

None of the samples contained fracking fluids, however, or salty brines consistent with deep shale layers. Jackson therefore
thinks the likeliest cause of the contamination was faulty cementing and casing of wells. He notes another possibility: fracking may create at least some cracks that extend upward in rock beyond the horizontal shale layer itself. If so, those
cracks could link up with other preexisting fissures or openings, allowing gas to travel far upward. Northeastern Pennsylvania and upstate New York are “riddled with old abandoned wells,” Jackson observes. “And decades ago people didn’t case wells, and they didn’t plug wells when they were finished. Imagine this Swiss cheese of boreholes going down thousands of feet—we don’t know where they are.”

+++++++++++++++++++++++++++

photo

Tough sell: Strict regulations might be key to winning over citizens who fear unsafe drilling practices, such as demonstrators in Albany, N.Y., who supported a state ban.
+++++++++++++++++++++++++++


Yet if methane is getting into drinking water because of unconventional gas drilling, why aren’t the fracking chemicals? Here Jackson and Engelder can only hypothesize. When methane is first released from the rock, enough initial pressure exists
to drive water and chemicals back up the hole. That flow subsides rather quickly, however. Thereafter, although gas has
enough buoyancy to move vertically, the water does not.

Still, if hydraulic fractures could connect with preexisting fissures or old wells, the chemicals could pose a groundwater risk. Fracking “out of zone” can happen. Kevin Fisher, an engineer who works for Pinnacle Technologies, a Halliburton Service
firm, examined thousands of fractures in horizontal wells in the Barnett and Marcellus Shale formations, using microseismic
monitoring equipment to measure their extent. Fisher found that the most extreme fractures in the Marcellus Shale were nearly 2,000 feet in vertical length. That still leaves a buffer, “a very good physical separation between hydraulic fracture tops and water aquifers,” according to Fisher.

Other engineers read the same kind of evidence differently. In British Columbia, Canada, regulators catalogued 19 separate
incidents of “fracture communication”— new wells that ended up connecting with other wells in ways that were not expected. In one case, the communication occurred between wells that were more than 2,000 feet apart. As the British Columbia Oil and Gas Commission warned operators, “Fracture propagation via large scale hydraulic fracturing operations has proven difficult to predict.” The agency added that fracture lengths might extend farther than anticipated because of weaknesses in the overlying rock layers.

None of this constitutes evidence that fracturing a horizontal shale layer has directly polluted an aquifer. EPA administrator
Lisa Jackson recently stated that no such case has been documented, although she added that “there are investigations
ongoing.” Absence of evidence is not evidence of absence, however; each site is different. The New York Times and the
Environmental Working Group recently revealed an alleged contamination case from 1984, which suggested that a fracked
well in West Virginia may have intersected with an old, abandoned well nearby, leading to drinking-water pollution. Industry
contests the validity of the case.

More Science, Too late?

Implicating or absolving fracking, no matter how it is defined, will require more data. That’s where the EPA study comes in.
The agency is examining a variety of ways in which drilling could contaminate water supplies—from unlined and leaky storage pits, to faulty well cementing, to the possible communication of deep fractures with the surface. The EPA will examine five alleged cases of groundwater contamination to determine the cause, including two in Pennsylvania. The agency will also monitor future drilling activities from start to finish at two additional sites. It will also use computer modeling to simulate what is going on deep underground, where no one can watch.

Ingraffea’s advice is to develop a powerful model that can iterate a scenario of multiple wells, multiple fracks, and gas and liquid movements within a cubic mile of rock—over several weeks of drilling. “You’re going to need really big supercomputers,” he says, to determine the possibility of contamination. “You show me that, and I’ll tell you where I stand between ‘snowball’s chance in hell’ and ‘it’s happening every day.’ ” At a minimum, Ingraffea says, such models would reveal “circumstances in which gas migration is more possible, more plausible, than other situations.”

That kind of model may be difficult to find. The current standard used in academia to simulate underground reservoirs—
and the one that the EPA plans to use—is called Tough 2, but Ingraffea says it is not “commercial-grade.” Big corporations
use their own models, and in his view “the best and the brightest in terms of people, software, instrumentation and data
are all in the hands of the operators and the service companies.” Ingraffea worries that Tough 2 “would have a tough time
handling all the faults and joints and fracture propagation” in detail fine enough to determine whether a discrete new pathway for unwanted flow would emerge.

In the meantime, Gorody and Jackson agree that the EPA should monitor chemistry in drinking-water wells before and after drilling begins at new sites. Chemicals found only after drilling starts would significantly weaken the common industry
argument that water was naturally contaminated before drilling arrived but that the residents just didn’t notice.

Geoffrey Thyne, a petroleum geologist at the University of Wyoming’s Enhanced Oil Recovery Institute, has another suggestion for sorting out the fracking puzzle: make companies put an easily identifiable chemical tracer into their proprietary fracking fluid mixture. If it turns up where it’s not supposed to, that would be a smoking gun. Thyne says introducing a tracer would be “relatively easy,” although he adds that “in general, industry does not view this suggestion favorably.” The EPA says it is “considering” the use of tracers. The agency also says that much of the information it has received about the chemicals used in fracking has been claimed as “confidential business information” by the companies involved, and therefore the EPA has not made it available to the public. Legislation could change that situation.

Study by the EPA and others may bring clarity to complex, conflicting claims. But new insight may come too late. Fracking
“has never been investigated thoroughly,” says Amy Mall, a senior policy analyst with the Natural Resources Defense Council. “It’s a big experiment without any actual solid scientific parameters guiding the experiment.” Yet New York seems convinced that tight regulations will be enough to protect its citizens.

Residents opposed to fracking in New York, Pennsylvania and other states display a common lawn sign: the word “FRACK” in white letters against a black background, with a red circle and line through the word. The irony is, although it is very possible that gas companies have been guilty of carelessness in how they drill wells and dispose of waste, fracking technology itself may be exonerated. The yard signs would be wrong, yet the fears would be right.

More to explore:

Methane Contamination of Drinking Water Accompanying Gas -Well Drilling and Hydraulic Fracturing.
Stephen G. Osborn et al. in Proceedings of the National Academy of Sciences USA, Vol. 108, No. 20, pages 8172–8176; May 17, 2010. www.nicholas.duke.edu/cgc/pnas2011.pdf

Environmental Protection Agency Draft Plan to Study the Potential Impacts of Hydraulic Fracturing on Drinking Water Resources. A, February 2011. Available at www.epa.gov/research

Revised Draft Supplemental Generic Environmental Impact Statement on the Oil, Gas and Solution Mining Regulatory Progra m . New York State Department of Environmental Conservation, September 2011. www. dec.ny.gov/energy/75370.html

About the author: Chris Mooney is a host of the Point of Inquiry podcast (www.pointofi nquiry.org) and author of three books, including The Republican War on Science.

Above article was published in the November edition of Scientific American

Link to download 5 page pdf: http://www.scientificamerican.com/article.cfm?id=the-truth-about-fracking

Saturday, November 5, 2011

Gaz de schiste - coupable de tuer des poissons?

Photo: rackingunderground.blogspot.com

Même les scientifiques ont de la misère à s'entendre sur les phénomènes de contamination et sur les causes de désastres environnementaux!

Les milliers de poissons trouvés morts, est-ce la faute aux mines ou à l'exploitation gazière par fracturation? Voici un débat traduit d'un article trouvé dans le journal The New York Times.

Le mystère de la mortalité massive des poissons: un scientifique de l'EPA pointe du doigt aux forages dans le schiste.

Cela se passe en Virginie Occidentale, dans le cours d'eau appelé Dunkard Creek près de Blacksville. Qui a tué Dunkard Creek ?, demande l'entête.

Était-ce le ruissellement minier des exploitations de charbon qui a tué toute vie aquatique dans le ruisseau local où les gens de la place pêchent depuis toujours et sur les rives où ils aiment tant faire des pic-nics? Ou est-ce les forages dans le Marcellus et les saumures générées par les puits qui ont provoqué la floraison massive d'algues toxiques qui ont laissés une traînée de poissons morts pourrissant le long des lignes entre la Virginie Occidentale et la Pennsylvanie?

Deux années après l'un des pires phénomènes de mortalité massive de poissons de la Virginie Occidentale et la Pennsylvanie, celui de Dunkard Creek garde toujours des secrets: quelle est la mystérieuse raison des changements chimiques qui l'auraient provoquée?

L'EPA des États-Unis a terminé son enquête en disant que c'était la faute d'une mine de la région appelée Blacksville No. 2 et a conclu une entente hors cour. Consol Energy Inc. a dû déversé plusieurs millions de dollars.

Mais le biologiste en chef de l'EPA qui s'est occupé du cas questionne ce verdict et dit que l'explication la plus plausible serait les impacts environnementaux des forages dans la formation du Marcellus.

Des courriels obtenus par le journal grâce à la loi à l'accès à l'information révèlent que le biologiste de l'EPA Lou Reynolds disait à ses collègues que le ruissellement des mines de charbon n'est probablement pas le seul coupable. "Quelque chose a changé dans les bassins des mines." écrivait Reynolds dans un courriel de novembre 2009. Selon lui, le changement aurait pu venir du fait que les mineurs ont creusé plus creux dans un filon de charbon. Mais çà pourrait être aussi parce que les minières disposent d'eaux usées venant des charbons et du Marcellus dans leurs bassins de décantation. "L'une ou plusieurs de ces combinaisons de circonstances pourraient en être la cause." écrivait Reynolds.

Des porte-paroles de l'industrie donnent comme exemple un rapport rédigé par Reynolds, un membre d'une équipe de biologie d'eau douce du bureau régional de l'EPA à Wheeling,en Virginie Occidentale, qui nie que les déchets de forage ont provoqué la mortalité massive des poissons. L'un des proposants de cette théorie serait le documentaire anti-gazier Gasland.

Bien que le forage gazier a été considéré comme la cause dès le début, les scientifiques de l'EPA n'ont jamais trouvé de preuve irréfutable que les eaux usées des fracturations hydrauliques, ou fracking, générées par les puits gaziers sont la cause de la mortalité de poissons dans Dunkard Creek. Un an plus tard, le phénomène ne s'étant pas répété, Reynolds a suggéré à un collègue que l'une raison possible serait que cette année, il se fait pas de déversements massifs d'eaux de fracturation dans Dunkard. C'est une hypothèse sans fondements, mais plausible. Au mois de novembre, Reynolds écrivait à un fonctionnaire de relations publiques de l'EPA qu'il n'était pas certain que les mines étaient responsables d'à la fois des 2 dérangements chimiques importants qui ont eu lieu avant la mortalité massive des poissons.

L'agence s'est entendu en mars avec Consol Energy qui opère plusieurs mines de charbon locales et gère le drainage des mines actives et fermées. La compagnie est d'accord pour payer $6 millions en amendes suite aux allégations de pollution de l'eau, dont la mortalité de poissons de Dunkard Creek. Consol refuse d'admettre sa culpabilité, mais est d'accord pour dépenser jusqu'à $200 millions pour financer une usine de traitement d'eaux usées.

Quelques jours avant la signature et l'annonce de l'entente consensuelle cette année, Reynolds écrivait à un collègue que les opérations dans le Marcellus sur les rives du ruisseau étaient la façon la plus plausible qui aurait pu causer les algues dorées qui ont causées la mortalité de poissons de se répandre. "Il y a beaucoup d'eau qui est prélevée de ces ruisseaux pour servir à la fracturation du Marcellus." écrit-il. "Il y a toujours une certaine quantité d'eau qui reste dans le fond de la citerne et les boyaux sont ensuite mis dans d'autres cours d'eau. Jusqu'à date, ceci est probablement la façon que les algues dorées se sont déplacées d'un endroit à un autre."

Reynolds dit qu'on devrait interdire aux gazières de prélever des millions de gallons d'eau de Dunkard Creek destinés à la fracturation dans les puits du Marcellus.

Deux semaines après l'annonce du décrêt d'entente, le Président Obama annonçait son plan "Blueprint for a Secure Energy Future" qui prévoit une augmentation de la production domestique de gaz naturel, en plus des sources d'énergies renouvelables et nucléaires.

Officiellement, Consol dit qu'elle n'est pas responsable de la mortalité de poissons, bien qu'elle ait déversé des millions de dollars en amendes et s'engage à construire une usine de traitement. Et l'EPA dit qu'elle n'a jamais blâmé personne.

"Notre position a toujours été que nos déversements n'ont pas provoqué les algues dorées qui ont relâchées les toxines dans Dunkard Creek." La porte-parole de Consol Lynn Seay écrivait dans un communiqué envoyé par courriel. "Nous n'avouons pas notre culpabilité face à toutes ces allégations factuelles ou légales. Selon des experts nationaux, il y a plusieurs facteurs qui pourraient avoir provoqué les algues dorées de relâcher les toxines."

David Sternberg, porte-parole de l'EPA, dit que l'agence n'a pas présumé que les ruissellements miniers sont la seule cause de la mortalité massive de poissons. Il nous rappelle qu'un communiqué précédent de l'EPA disait: "La plainte dans ce dossier suggère que les déversements d'importantes quantités de chlorures et de TDS (Total Dissolved Solids - total de solides dissous) venant des opérations minières de Consol à Blacksville 2 et Loveridge dans le bassin versant de Monongahela River ont contribué aux impacts importants à la vie aquatique et aux conditions favorables à la prolifération d'algues dorées dans Dunkard Creek."

Rejoint au téléphone, Reynolds dirige les questions à Sternberg.

Le cours d'eau Dunkard Creek méandre d'un côté à l'autre de la frontière entre la Virginie Occidentale et la Pennsylvanie avant de se déverser dans la rivière Monongahela. Avant l’hécatombe de poissons de 2009, le ruisseau était l'un des cours d'eau les plus écologiquement varié de la région, habitat pour des moules d'eau douce, des salamandres et une riche variété d'espèces de poissons, de ménés minuscules jusqu'à des maskinongés de 3 pieds de long.

La municipalité de Blacksville, à environ 65 milles au sud de Pittsburgh, est coupée en 2 par le ruisseau et par la frontière entre les 2 états. Les rives sont bordées par des sycomores, les eaux calmes et chaudes du ruisseau sont un endroit prisé pour les gens de la place pour aller se baigner et pêcher l'achigan.

Après le début de mortalité de poissons en septembre 2009, un scientifique a rapporté que des salamandres qui vivent sous l'eau ont été aperçues grimpant sur la rive, tentant de se sauver de l'eau polluée. Des poissons ont remonté des affluents pour trouver de l'eau propre, s'entassant les uns sur les autres afin de tenter de s'éloigner du ruisseau contaminé.

Certaines observations les plus choquantes sont de Reynolds.

"Quel dégât!" a-t-il écrit à ses collègues. "Des poissons pourris, des moules et des protées jusqu'aux genoux - pas agréable, c'est même criminel. Les protées mortes ont l'air de vieilles chaussettes qui flottent dans l'eau. Les moules meurent, la viande se décolle de la coquille en pourrissant pour ensuite flotter et descendre le courant comme des méduses sorties de l'enfer. La puanteur de poissons pourris vous reste dans le nez pendant une journée ou plus."

Les doutes se sont tout de suite portés sur les forages du Marcellus qui ont pris beaucoup d'ampleur depuis les dernières années dans le sud-ouest de la Pennsylvanie et le nord de la Virginie Occidentale. Les mines de charbon ruissellent dans Dunkard depuis des années sans mortalité de poissons comme on a connu en septembre 2009.

Le forage dans le Marcellus génère des millions de gallons d'eaux usées salées appelées "saumures" - brine. Les foreurs injectent plusieurs millions de gallons d'eau rehaussée de chimiques dans le trou du puits. L'eau revient à la surface pleine de sels et d'autres substances plus toxiques que les chimiques du fluide lors de l'injection. Le mélange qui en résulte, appelé "flowback", "reflux", doit être entreposé.

Ce que les scientifiques peuvent dire avec certitude sur l’hécatombe de poissons est qu'une augmentation rapide de TDS, total de solides dissous, a été un facteur qui a joué en préparant des conditions favorables à une floraison d'algues toxiques. Ce qu'ils ne pourraient pas dire avec certitude, c'est ce qui aurait provoqué cette augmentation de TDS. Elle aurait pu être causée par le ruissellement des mines de charbon et les saumures des opérations de forage dans le Marcellus, les 2 à la fois.

Une autre analyse d'un scientifique qui a étudié le ruisseau a rapporté que la majorité des TDS venaient probablement des déversements à la mine No. 2 de Blackville et 2 autres sites miniers. L'institut de recherche West Virginia Water Research Institute a fait des prélèvements de spécimens d'eau à environ 20 milles en amont des poissons trouvés morts un peu avant l'incident. Ils indiquaient des concentrations élevées de TDS liés aux eaux usées minières, contenant des sulfates, et des concentrations peu élevées de TDS liés aux déchets gaziers, surtout des chlorures.

"Les signes dans l'eau sont dominés par les sulphates." dit Paul Ziemkiewicz, le directeur du National Research Center for Coal & Energy à l'université de la Virginie Occidentale.

L'EAP a aussi fait du monitorage en amont des poissons trouvés morts et il indiquait une concentration élevée de TDS liés avec le gaz, mais Ziemkiewicz dit que c'était tellement dilué que le temps que les spécimens se rendaient à la station de monitorage, les concentrations étaient à peine mesurables.

Que ce soit venant des mines de charbon ou des forages gaziers, Consol a joué dur avec Reynolds quand celui-ci a suggéré des nouvelles lois pour réglementer les TDS. Après une réunion avec des autorités de Consol et des fonctionnaires en environnement pour la Virginie Occidentale, Reynolds montrait sa frustration: "Ce serait comme si le Surgeon General invitait Malboro à la table pour mener une discussion sur le tabagisme comme étant la cause de cancers." écrit-il. "Je n'ai rien appris de nouveau pendant les 2 jours, excepté pour le fait que je réalise comment Consol va résister à la réglementation des TDS." Plus tard, il a envoyé des commentaires plus modérés aux organisateurs de la réunion.

Les autorités de l'EPA ont évité volontairement de nommer un coupable à premier abords, surtout le gaz naturel. À la place, ils ont expliqué que des TDS élevés avaient provoqué la floraison d'algues, sans préciser ce qui aurait provoqué le pic de TDS ou la floraison d'algues.

Des courriels indiquent que le fait de nommer un coupable pour l’hécatombe de poissons est un sujet délicat. Un fonctionnaire a dit que d'éviter de nommer une raison dans un communiqué de presse de l'EPA est d'une faiblesse flagrante. Mais un avocat de l'agence a dit que le choix des mots se devait d'être vague.

"Désolé, David, mais des affirmations fermes sur le comment les TDS se sont trouvés là s'approchent de plus en plus de notre action de notre mise en application des lois, sur laquelle nous y travaillons encore." répondait Nina Rivera, une avocate de l'EPA. "Nous pouvons dire que nous regardons les déversements dans le ruisseau, mais je ne suis pas prête à pointer du doigt à qui que ce soit."

Le rapport de novembre 2009 de Reynolds a mentionné indirectement que le ruissellement minier était le dernier communiqué public à propos de la mortalité de poissons dans Dunkard Creek jusqu'à la décision en mars.

En mars, les autorités de la Pennsylvanie ont arrêté un transporteur local de déchets, Allan Shipman, dont les camions servaient à la disposition des saumures de reflux générées par les gazières.

Les allégations contre Shipman, présentées devant un grand jury, disent qu'il a déversé incorrectement des saumures dans des affluents de Dunkard Creek. Mais les détails des accusations n'incluent rien à voir avec ce qui c'est passé en amont des poissons trouvés morts.
Photo: dunkardcreek.org

"In Fish-Kill Mystery, EPA Scientist Points at Shale Drilling

BLACKSVILLE, W.Va. -- Who killed Dunkard Creek?

Was it coal miners whose runoff wiped out aquatic life in the stream where locals have long fished and picnicked? Or was it Marcellus Shale drillers and the briny discharge from their wells that created a toxic algae bloom that left a miles-long trail of rotting fish along the West Virginia-Pennsylvania state line? Two years after Dunkard Creek suffered one of the worst fish kills ever in West Virginia or Pennsylvania, the reason for the chemical changes that spawned it remain a mystery.

U.S. EPA has ended its investigation and pointed the finger at a local coal mine, Blacksville No. 2, and entered a multimillion-dollar settlement with the owner, Consol Energy Inc.

But the lead EPA biologist on the case has challenged that idea, saying that the most likely explanation for the fish kill involves the environmental effects of Marcellus Shale drilling.

Emails obtained by Greenwire through a Freedom of Information Act request show EPA biologist Lou Reynolds telling colleagues that coal mine drainage is unlikely to be the sole culprit. "Something has changed in the mine pools," Reynolds wrote in a November 2009 email. The change, he said, could have come from miners digging deeper into a coal seam.
But it could also be the case, he said, that "Mining companies are disposing of [coalbed methane] and Marcellus water in the mine pool," or "Mining companies are taking [coalbed methane] and Marcellus water into their treatment ponds. "One or any combinations of the above might be happening," Reynolds wrote.

Industry officials have pointed to a report authored by Reynolds, a Wheeling, W.Va.-based member of the EPA's regional freshwater biology team, to refute claims that drilling waste caused the fish kill. The most prominent of those claims came in the anti-drilling documentary "Gasland" (Greenwire, Feb. 24).

Though gas drilling was viewed as a likely culprit early on, EPA scientists never found solid proof that wastewater from the hydraulic fracturing, or "fracking," of gas wells caused a fish kill on Dunkard Creek. A year later when the fish kill did not repeat itself, Reynolds suggested to a colleague that one possible reason is "because this year they aren't dumping massive amounts of frac water into Dunkard. That is unsubstantiated -- but plausible." Last November, Reynolds wrote to an EPA public affairs officer that "I am not so sure" that mining could account for both of the major chemical disturbances that preceded the fish kill.

The agency entered into an agreement in March with Consol Energy, which operates several local coal mines and manages drainage from the active and closed mines. The company agreed to pay $6 million in fines to settle water pollution allegations that included the Dunkard Creek fish kill. Consol made no admission of liability, but it agreed to spend up to $200 million on a water treatment plant (E&ENews PM, March 14).

A few days before the consent agreement was signed and announced this year, Reynolds wrote to a colleague that Marcellus operations on the creek are the most likely way for the fish-killing "golden algae" to spread. "There is water that is removed from these streams for use in Marcellus fracking," he wrote. "There is always some amount of water that gets left in the tank and hoses that then gets put into other streams. By far, this is the most likely way that GA [golden algae] will be moved around."

Reynolds said that Dunkard should be "OFF LIMITS" for gas companies looking to withdraw millions of gallons used to frack Marcellus wells.

Two weeks after the consent decree was announced, President Obama announced a "Blueprint for a Secure Energy Future" that called for expanding domestic production of natural gas, in addition to renewable fuel and nuclear.

Officially, Consol says it did not cause the fish kill, despite paying millions of dollars in fines and agreeing to build the treatment plant. And EPA says it never assigned blame.

"Our position has always been that our discharges did not cause the golden algae to release toxins into Dunkard Creek," Consol spokeswoman Lynn Seay said in an emailed statement. "We did not admit liability or any of the factual or legal allegations in the consent decrees that resolved [West Virginia Department of Environmental Protection, West Virginia Department of Natural Resources and EPA] claims. According to national experts, there are many factors that could have caused the golden algae to release toxins."

EPA spokesman David Sternberg said the agency has not alleged that mine drainage is the sole cause of the fish kill. He pointed to a previous statement from EPA that said, "The complaint in this matter alleges that discharges of high amounts of chloride and TDS from Consol's Blacksville 2 and Loveridge mining operations in the Monongahela River Basin contributed to severe impairment of aquatic life and conditions favorable for golden algae to thrive in Dunkard Creek."

Reached by phone, Reynolds referred questions to Sternberg.

'What a mess!'

Dunkard Creek drifts back and forth across the West Virginia-Pennsylvania line before it flows into the Monongahela River. Until the 2009 fish kill, the creek was one of the most ecologically diverse waterways in the region, supporting freshwater mussels, mudpuppy salamanders and a wide spectrum of fish species from minnows to 3-foot-long muskies.

Blacksville, about 65 miles south of Pittsburgh, is cut in half by the creek, and also by the West Virginia-Pennsylvania border. The town's cemetery is in the Keystone State. Lined with sycamore trees, the warm, slow waters of the creek have been a popular place for locals to swim in and cast a line in hopes of landing bass.

After the fish kill started in early September 2009, one scientist reported that salamanders that live underwater were seen climbing up on the shore to escape the polluted water. Other fish swam into tributaries to find clean water, "stacking up" at the mouths as they tried to avoid the creek.

But some of the starkest observations came from Reynolds.

"What a mess!" he wrote to colleagues. "Up to our knees in rotting fish, mussels, and mudpuppys is no fun -- it's criminal. Dead mudpuppys look like sock puppets floating in the stream. Mussels die, the meat rots off the shell, then bloats and floats down the stream like a hellish jelly fish. The stench of rotting fish takes a day or more to work out of your scent memory."

Suspicion immediately focused on Marcellus gas drilling, which has boomed in recent years in southwestern Pennsylvania and northern West Virginia. Coal mines have been draining into Dunkard for years without a fish kill like the one in September 2009.

Marcellus Shale drilling creates millions of gallons of salty wastewater, called "brine." Drillers blast several million gallons of chemical-laced water downhole. The water comes back up, mixed with salts and other substances more toxic than the chemicals in the original fluid. The resulting mixture, called "flowback" must be disposed of.

What scientists could say definitively about the fish kill is that a swift increase in "total dissolved solids," or TDS, played a role, creating the conditions for a bloom of the toxic algae. What they couldn't tell is exactly what caused the increase. TDS can be caused by both coal mine drainage and waste brine from Marcellus Shale gas drilling operations.

Another scientist's analysis of the creek water indicated most of the TDS probably came from discharges at the Blacksville No. 2 mine and two other mines. The West Virginia Water Research Institute has been sampling water about 20 miles downstream from the fish kill since shortly before the incident. It showed high levels of TDS associated with mine water, containing sulfates, and low levels of TDS associated with gas waste, dominated by chlorides.

"The water signature is dominated by sulfates," said Paul Ziemkiewicz, the director of the National Research Center for Coal & Energy at West Virginia University.

EPA took early readings upstream of the fish kill that showed a high concentration of gas-associated TDS, but Ziemkiewicz said it was so diluted by the time it reached the WRI monitoring station that it barely registered.

'Glaring weakness'

Whether from coal mining or gas drilling, Reynolds got resistance from Consol on the idea of new regulations for TDS. After a meeting with Consol officials and West Virginia environmental officials, Reynolds expressed frustration. "It would be like the surgeon general inviting Marlboro to the table to lead a discussion on smoking as a cause of cancer," he wrote. "I learned nothing new in two days except how hard Consol will fight to keep TDS from being regulated." He later sent "toned down" comments to meeting organizers.

EPA officials consciously shied away from naming any particular culprit early on, particularly natural gas. Instead, they explained that high TDS had caused an algae bloom, without going into what caused the TDS spike or the bloom.

Emails show that naming a culprit for the fish kill was a sensitive subject. One staffer called the omission of a reason in an EPA news release (pdf) a "glaring weakness." But an agency lawyer said the wording needed to be vague.

"Sorry, David, but straight assertions on how the TDS got there gets closer and closer to our enforcement action, on which we are still working," EPA attorney Nina Rivera said in a reply. "We can say that we are looking at the discharges into the creek, but I'm not ready to point fingers."

Reynolds' November 2009 report that obliquely cited coal mine drainage was the last public statement on the Dunkard Creek fish kill before the settlement in March.

In March, Pennsylvania authorities arrested a local waste hauler, Allan Shipman, whose trucks were contracted to dispose of flowback brine from gas companies.

The allegations against Shipman, laid out in a grand jury presentment, say he improperly disposed of brine in tributaries of Dunkard Creek. But the specifics of the charges do not include anything that occurred upstream of the fish kill. "

Excerpts of article written by Mike Soraghan published in The New York Times here: http://www.nytimes.com/gwire/2011/10/12/12greenwire-in-fish-kill-mystery-epa-scientist-points-at-s-86563.html

Friday, November 4, 2011

Grands Lacs - les mortalités dûes au botulisme deviennent un évènement annuel

Photo: Simcoe.com

Des hécatombes de poissons et d'oiseaux deviennent un évènement annuel dans la région des Grands Lacs depuis 1998. Devrait-on s'en inquiéter? S'agirait-il d'un cas typique du canari dans la mine de charbon?

Voici une traduction libre d'un article de la fin d'octobre qui n'a pas fait les manchettes, mais qui, je crois, est tout de même très inquiétant.

C'est confirmé: c'est du botulisme.

Le ministère des ressources naturelles confirment que les tests menés à l'université de Guelph indiquent que c'est le botulisme qui expliquerait les oiseaux morts et les poissons s'échouant sur les plages du Wasaga Beach Provincial Park.

"Cet après-midi, nous avons su que certains des oiseaux que nous avions ramassés sur Christian Island et que nous leur avons fait parvenir sont positifs." dit John Cooper, un porte-parole du ministère. "C'est ce qu'à quoi nous nous attendions. Tous les indices de cet évènement en cours à Wasaga Beach concorde avec ce que nous avons vu ailleurs dans la région des Grands Lacs depuis 1998 quand des situations semblables ont vu des cas de poissons et d'oiseaux en agonie à l'automne." dit Cooper.

"C'est inquiétant, parce que çà devient un évènement annuel. C'était quelque chose rarement vu avant 1998 autour des Grands Lacs, et maintenant, c'est récurrent à tous les ans, mais cela ne semble pas avoir des impacts à long terme sur les différentes colonies d'oiseaux qui migrent au-dessus des Grands Lacs. Mais si cela continue à tous les ans, il y aura sûrement des effets à court terme pour certaines espèces d'oiseaux." dit Cooper.

"Il n'y a pas grand chose que l'on puisse faire pour que cela ne se produise pas, ou même d'atténuer le phénomène."

Des oiseaux et des poissons morts ont commencé à apparaître sur les plages de Wasaga Beach en août, mais cela s'est accéléré en fin de semaine de la fin d'octobre.

Cooper dit que ce lundi-là, les employés du ministère ont tenté de calculer le nombre de carcasses ramassées dans Wasaga Beach Provincial Park. Lundi, ils ont ramassé environ 1,000 oiseaux morts, encore 400 mardi, et 21 oiseaux et 55 poissons. Jeudi, c'était 8 poissons et 5 oiseaux.

Les carcasses ont été ramassées avec de la machinerie lourde et des camions de vidanges les ont transportées dans un site d'enfouissement. Cooper explique qu'un bon vent du large a repoussé les oiseaux et les poissons sur la plage.

Les résidents de la place ont critiqué le ministère pour avoir laissé les animaux morts sur la plage pendant 2 jours, attirant les photographes et les journalistes en quête d'images chocs.

Cooper explique qu'à cause du fait que le parc était fermé pour la saison, cela a pris jusqu'à lundi pour organiser une équipe de nettoyage en allant chercher du personnel d'autres parcs. Les pêcheurs se demandaient s'ils pouvaient manger leurs prises. Cooper confirme que si les poissons sont préparés et cuits correctement, la toxine du botulisme devrait être éliminée.Photo: Benjamin Ricetto/THE CANADIAN PRESS

"Botulism confirmed

The Ministry of Natural Resources says a test conducted at the University of Guelph has confirmed that botulism is to blame for the dead birds and fish washing up on shore at Wasaga Beach Provincial Park.

“As of this afternoon, out of some of the birds we sent down, a gull that was collected from Christian Island has tested positive,” said spokesperson John Cooper.

“That’s what we expected. All the indications of this ongoing event in [Wasaga Beach] is consistent with what we have seen elsewhere in the Great Lakes since 1998 where we have had similar situations in the fall with fish and birds dying,” said Cooper.

“From a concern standpoint, it’s becoming an annual event. It’s something that before 1998 was rarely seen in the Great Lakes and now we are seeing it every year but it doesn’t appear to have any long-term affects on these different populations of birds that are migrating through the Great Lakes. But if it continues every year then there will certainly be some short term implications to some of these birds,” said Cooper.

“There is not much we can do to prevent it from happening or trying to slow it down.”

Dead birds and fish began appearing along Wasaga Beach in August but there was an influx over the weekend (end of October 2011).

Cooper said Monday MNR staff did attempt to count the carcasses collected from Wasaga Beach Provincial Park.

On Monday staff collected about 1,000 dead birds, another 400 on Tuesday, on Wednesday they collected 21 birds and 55 fish and another eight fish and five birds on Thursday (today).

The carcasses were collected using front-end loaders and waste collection trucks are being disposed of at the landfill site.

Cooper said a strong onshore wind is the reason so many birds and fish were washing up on shore.

Local residents criticized the MNR for leaving the dead animals on the beach for two days, offering up gruesome images to television camera crews.

Cooper said with the park being closed for the season it took until Monday to organize a clean up because staff had to be called in from other parks.

Cooper said anglers have expressed concern over the safety of eating the fish they catch. He said properly preparing and cooking the fish will eliminate the botulism toxin. "

Excerpts from article written by Trina Berlo published here: http://www.simcoe.com/news/article/1233572--botulism-confirmed
Photo: Rita Bauer

Thursday, November 3, 2011

Gaz de schiste - quand l'état tourne contre ses citoyens

Photo: Shadia Fayne Wood

Des citoyens de Dimock, en Pennsylvanie, ont réussi à forcer une gazière qui a contaminé leurs puits d'eau potable de leur fournir de l'eau potable. Mais tout dernièrement, le département de la protection de l'environnement de l'état a dit que Cabot pouvait cesser les livraisons.

Je traduis ces articles, parce que je me dis, si on va de l'avant au Québec, il y aura sûrement des cas semblables, et nous serons pris de la même façon entre l'arbre et l'écorce, c'est-à-dire entre les compagnies qui se foutent de nous, et le gouvernement qui ne prend pas notre bord.

Voici une traduction libre d'un article du Associated Press.

Les foreurs ont l'obligation de fournir de l'eau.

Les autorités de l'environnement en Pennsylvanie n'inspirent pas confiance en décidant qu'une compagnie de forage peut cesser de fournir de l'eau potable aux familles qui ont des puits pollués au gaz.

Le département de la protection de l'environnement (DEP) de l'état a acquiescé à la demande de Cabot Oil & Gas Corp de cesser les livraisons d'eau aux quelques résidences rurales de Dimock, dans le comté de Susquehanna, en disant que la compagnie avait respecté l'entente de décembre 2010 dans laquelle est devait enlever le méthane de l'eau de ces résidents.

L'un des résidents, Bill Ely, décrit l'eau qui sort de ses robinets comme étant laiteuse. Elle n'était pas comme cela avant les forages de Cabot, dit Ely.

Cabot, dont les bureaux sont à Houston, a commencé les forages à la recherche du gaz naturel dans le schiste du Marcellus dans cette région il y a de cela 3 ans, mais les législateurs ont conclu que les forages mal faits ont permis au méthane de s'échapper dans l'aquifère local.

Au total 18 puits d'eau potable résidentiels ont été pollués. Le plan A voulait que ces résidents se connectent à l'aqueduc municipal, mais cela s'avéra trop coûteux.

En janvier 2009, la compagnie a commencé à fournir de l'eau. En avril 2010, on a interdit à Cabot de forer à l'intérieur d'un périmètre de 9 milles autour de Dimock.

Cabot va en appel de cette interdiction. Et le DEP a déjà répondu dans l'affirmative à la demande de Cabot de cesser les livraisons d'eau, en se basant sur les experts de Cabot qui disent que les tests démontrent que l'eau des résidences est maintenant saine à boire, pour faire à manger, se laver et laver les vêtements.

Pourtant, le DEP avait envoyé les résultats de ses propres tests depuis plusieurs mois au journal local: les données indiquaient que les niveaux de méthane ont atteints des pics plusieurs fois en 2011 dans plusieurs des maisons impliquées.

Dans 5 des résidences, la quantité de gaz a atteint des niveaux potentiellement explosifs. Aussi récemment qu'au mois de mai, le DEP a soupçonné l'intégrité de plusieurs des puits existants de Cabot, suggérant que la construction défectueuse pourrait contribuer aux fuites de méthanes qui se poursuivent. Cabot nie ceci.

Le DEP soustrait à Cabot l'obligation de livrer de l'eau à partir du 1er novembre. La controverse sur la source et les quantités de méthane se poursuit, en même temps que certains résidents entament des procédures légales contre la compagnie.

Vu les preuves contradictoires, le DEP ne devrait pas enlever l'interdiction de forer. Et l'agence n'aurait pas dû permettre à Cabot de se départir de son devoir de fournir de l'eau potable tant que la situation, et l'eau, ne soient plus limpides.
Photo: protectingourwaters.wordpress.com

"Gas drillers have obligation to provide water

Pennsylvania's environmental officials don't inspire confidence by ruling that a gas drilling company can stop providing potable water to families with gas-polluted wells.

The state Department of Environmental Protection granted Cabot Oil & Gas Corp's request to stop delivering water to a number of homes in rural Dimock, in Susquehanna County, saying the company had complied with the terms of a December 2010 settlement agreement to remove methane gas from the residents' water.

But residents themselves and even the DEP's own records indicate that gas remains a problem in their drinking water.

One resident, Bill Ely, describes the water coming from his taps as looking like milk. It wasn't that way before Cabot began drilling, Ely said.

Houston-based Cabot began drilling for the natural gas in the Marcellus shale deposit here three years ago, but regulators concluded that faulty drilling allowed methane to escape into the local aquifer.

A total of 18 residential water wells were polluted. An early plan called for the residents to connect to the municipal system, but this was deemed too costly.

In January 2009, the company began providing water. Cabot was banned from drilling in a 9-square-mile area of Dimock in April 2010.

Cabot is appealing the drilling ban. And the DEP has already granted the company's request to end the delivered water based on Cabot officials' claim that tests show the residents' water is now safe for drinking, cooking, bathing and laundry.

Yet the DEP had forwarded its own sampling results covering several months to the Times Tribune of Scranton; the data show that methane levels have spiked repeatedly during 2011 in several of the affected homes.

In five of the homes, the amount of gas reached potentially explosive levels. As recently as May, the DEP challenged the integrity of several of Cabot's existing gas wells, suggesting faulty construction might be contributing to continuing methane leaks. Cabot disputes this.
The DEP released Cabot from further water deliveries starting Nov. 1. Controversy over the source and amount of methane in the gas continues even while some affected residents are suing the company.

Given the conflicting evidence, the DEP should not lift the drilling ban. And the agency should not have released Cabot from its water delivery duties until the situation, including the water, is more clear.

— The Associated Press, Pocono Record. Link: http://www.pottsmerc.com/articles/2011/10/29/opinion/srv0000014895199.txt
Photo: Hudson Riverkeeper

Wednesday, November 2, 2011

Pesticides - quand le remède ne fait qu'empirer les choses



Un produit qui est conçu pour tuer des maringouins porteurs du Virus du Nil occidental semble nuire à la pêche aux homards au large de New York. C'est en tout cas ce qu'affirment les pêcheurs. Faudra-t-il choisir entre les maringouins ou les homards?

En tout cas, ce qui est certain, ce que le plus que nous nous entourons de produits toxiques pour tuer des créatures dans notre environnement, il faut être bien conscient que cela aura des répercussions plus loin, plus tard, en quelque part, et forcément, ce ne sera pas de bonnes nouvelles.

Voici une traduction libre d'un article qui parle de telles répercussions.

Un pesticide de la ville de New York est blâmée pour la mortalité d'homards de fin de saison

Les pêcheurs de homards du détroit de Long Island sont aux prises avec une mortalité d'homards d'un cycle de 12 ans qui menace le gagne-pain des quelques survivants de l'industrie. Ils ont demandé au début d'octobre aux législateurs de l'état de persuader leurs voisins de la ville de New York de changer d'insecticide utilisé pour réduire la population de maringouins.

Ils sont convaincus que le pesticide methoprene épandu dans les égouts de New York pour tuer les maringouins qui pourraient être porteurs du virus du Nil occidental serait responsable de l'hécatombe d'homards en cette fin d'été dans la région ouest du détroit après les pluies diluviennes causées par le passage de la tempête tropicale Irene.

"C'est la faute de New York." dit Roger Fate, un marchand de fruits de mers de Darien et pêcheur de homards. "C'est ce que nous savons."

Michael Kalaman, un pêcheur d'homards de Norwalk, dit que les gens qui font du détroit leur gagne-pain sont ceux les mieux placés pour le savoir. "Nous aimons notre boulot." disait-il lors d'une réunion d'une vingtaine de personnes dans les bureaux de la Législature. "Nous sommes les intendants ultimes de l'environnement."

Kalaman dit que le chimique est sournois. "Çà coule dans le fond comme un banc de brouillard et roule avec les marées." impactant toute vie aquatique, des poissons jusqu'aux micro-organismes.

Pendant une réunion organisée par le représentant démocrate du House Terry Backer, le directeur exécutif de l'OBNL Soundkeeper Fund, les pêcheurs de homards avaient dit au printemps passé que la récolte était robuste, contrairement à l'ordinaire, si on compare aux mortalités de 1999 quand il y avait 1,000 personnes qui travaillaient dans l'industrie du homard. Maintenant, il y a moins de 80 personnes qui gagnent leur vie en attrapant le délicieux crustacé.

Il y a 2 mois, par contre, après les pluies records d'août, on suspecte un déversement d'eaux pluviales venant de New York contenant du methoprene dans le détroit qui aurait calé au fond de l'eau, impactant les homards de la même façon que le produit attaque un lointain cousin du crustacé, les maringouins.

Dans un vidéo de 5 minutes, le capitaine du bateau de pêche aux homards Dark Horse a démontré comment des douzaines d'homards morts ou mourants, des crabes et des poissons ont été sortis des pièges et rejetés à l'eau.

Parce que la partie ouest du détroit est restreinte, les courants marins sont plus faibles, tirant les concentrations du pesticide vers le large à l'est. Le Connecticut se sert d'un pesticide moins mortel, le bacillus thuringiensis israelensis (Bti), pour diminuer la population de maringouins.

Après les pluies abondantes emmenées par la tempête tropicale Irene, les homards du détroit à l'ouest ont commencé à montrer des signes de maladies, selon des professionnels de la pêche.

William Hyatt, à la tête de l'unité des ressources naturelles du Department of Energy and Environmental Protection de l'état, a dit à la réunion que l'usage des pesticides par l'état cette année a été "minime".

Backer dit que ce serait difficile pour le Connecticut de convaincre New York de changer ses habitudes.

"Je ne sais pas s'il y aurait moyen pour nous de le faire." disait Backer durant la réunion. "Je crois qu'il y a toute une panoplie de causes." dont les eaux plus chaudes et les chimiques qui ruissellent après un orage.

Leone et Duff disent qu'ils veulent cumuler le plus d'information que possible pour la prochaine réunion en février, en espérant qu'ils pourront aider une industrie qui a déjà fait pour $100 millions d'affaires par année.
Photo: Spencer Platt/Getty Images

"N.Y. pesticide use blamed for late-summer lobster die-off

Long Island Sound lobster fishers, grappling with the 12th year of a tragic die-off that threatens the livelihood of the few left in the industry, asked state lawmakers on Wednesday (October 5 2011) to persuade neighboring New York to change the chemical it uses to attack mosquitoes.

They are convinced that the pesticide methoprene, which is put in New York storm sewer catch basins to kill mosquitoes that may carry the West Nile virus, is responsible for a late-summer lobster die-off in the western section of the Sound following the rains of Tropical Storm Irene.

"New York is the one at fault," said Roger Frate, a Darien seafood merchant and lobsterman. "This is what we know."

Michael Kalaman, a Norwalk lobster fisherman, said the people trying to make a living on the Sound know it best. "We love what we do," he said during a meeting attended by about 20 people in the Legislative Office Building. "We're the ultimate stewards of the environment."

Kalaman said the chemical is insidious. "It goes to the bottom like a fog bank and rolls around in the tide," affecting all water life from fish to micro-organisms.

During a meeting arranged by state Rep. Terry Backer, D-Stratford, executive director of the nonprofit Soundkeeper Fund, lobster fishers said last spring the harvest was robust, for a change, compared to the die-off that dates back to 1999 when there were 1,000 people in the lobster industry. Now there are fewer than 80 making their living catching the tasty crustaceans.

Two months ago, however, with record rainfall in August, a suspected storm runoff from New York containing methoprene hit the Sound and sank to the bottom of the water column, affecting lobsters the same way it attacks the shellfish's distant cousins, mosquitoes.

In a five-minute video, Kalaman, captain of the lobster boat Dark Horse, showed dozens of dead and dying lobsters, crabs and fish that were pulled from traps and tossed back into the Sound.

Because the western stretch of the Sound is constricted, there are weaker currents pulling the pesticide concentrations out toward open water to the east. Connecticut uses less-lethal bacillus thuringiensis israelensis, or bti, to control mosquitoes.

After the heavy rainfall of Tropical Storm Irene, the lobsters in the western Sound immediately began to show signs of illness, said the fishing professionals.

William Hyatt, chief of the natural resources unit of the state Department of Energy and Environmental Protection, told the meeting that the state's use of pesticides this year has been "minimal."

Backer said it would be hard for Connecticut to persuade New York to change its habits.

"I don't know if we have a way of getting at it," Backer said during the meeting, which was co-sponsored by state Sen. Bob Duff, D-Norwalk, and state Sen. Carlo Leone, D-Stamford. "I believe that there are a whole host of multiple causes," including warming water and chemicals leaching into the water after storms.

Leone and Duff said they want to gather as much information as possible so that when the General Assembly meets again in February it will be able to help an industry that was once worth $100 million a year."

Excerpts of article written by Ken Dixon published here: http://www.ctpost.com/local/article/N-Y-pesticide-use-blamed-for-late-summer-lobster-2204057.php

Tuesday, November 1, 2011

Gaz de schiste - la criminalité à la hausse

Légende: Une tour de forage près du cimetière de Rosebud, AlbertaPhoto: Jessica Ernst

Avec le boom gazier vient un afflux de machinerie lourde, de camions-citernes et d'équipement de toutes sortes, ainsi que les employés engagés pour les faire fonctionner. La main d'oeuvre est souvent jeune, d'ailleurs, aux mœurs différentes, peut-être, mais surtout loin de chez eux, et avec un chèque de paye enivrant pour plusieurs. Il en résulte un tissu social déchiré pour les communautés qui doit soudainement héberger, nourrir et distraire cette invasion pas toujours la bienvenue.

Voici une traduction libre d'un article qui laisse entrevoir les problèmes que cela comporte pour tout le monde.

Le boom de forages emmène une vague de criminalité dans les petits villages

C'est une version moderne du Far West d'une autre époque: des petites communautés qui connaissent un boom de forages pétroliers ou gaziers sont aux prises aussi avec une augmentation marquée de conduite avec facultés affaiblies, des batailles dans les bars, et d'autres problèmes de comportement. On pointe du doigt surtout l'arrivée de jeunes hommes qui se retrouvent avec beaucoup d'argent dans leurs poches et rien à faire après leur quart de travail.

Les autorités en Pennsylvanie et d'autres états se pressent à préciser que la majorité des travailleurs qui viennent avec les activités de forage sont respectueux des lois. Mais ils admettent aussi que l'industrie du forage importe des hommes qui triment dur, lèvent le coude et bagarreurs, et à certains endroits, menacent de mettre à rude épreuve les capacités des forces de l'ordre locaux.

Certains groupes policiers tentent d'engager plus de personnel mais sont en compétition directe avec l'industrie elle-même pour se trouver de la main d'oeuvre qualifiée.

"D'un côté, il faut apprécier la manne qui nous tombe dessus." dit le shérif Scott Busching de Williams County, dans le Dakota du Nord. "D'un autre côté, nous devons voir à contrôler tout çà pour s'assurer qu'il nous reste quelque chose une fois qu'ils seront partis. Nous en sommes au point que nous sommes presque dépassés par les évènements. Nous en sommes très près."

Dans Bradford County (le comté le plus foré de toute la Pennsylvanie) où on est dans la 3e année du boom gazier du Marcellus, l'arrivée d'hommes venant du Texas, de l'Oklahoma, de la Louisiane et d'ailleurs est venue avec une augmentation d'arrestations, des infractions des lois de la circulation, des ordres pour protéger les gens d'abus de pouvoir et des mandats pour des gens qui ne se présentent pas à la cour, selon les autorités policières.

Dans le coeur de la région ouest du Dakota du Nord où se fait l'exploitation pétrolière, la conduite avec facultés affaiblies et voies de fait sont à la hausse après que des milliers de travailleurs se sont retrouvés dans la régions et se sont installés dans des appartements et les villages-roulottes connues sous le nom de "man camps". La partie sud-ouest du Wyoming, active en exploitation gazière, connaît elle aussi une hausse de comportements anti-sociaux.

"C'est sûr que nous buvons beaucoup. Je ne vous mentirai pas." dit Jordon Bourque, un inspecteur de tuyauterie de 23 ans de Lafayette, en Louisiane, en buvant sa bière dans un bar de Williamsport, en Pennsylvanie, ce soir-là.

Mais il dit que la plupart des gens de l'industrie obéissent aux lois et que les autorités en Pennsylvanie sont moins tolérant pour les "causeurs de trouble" que la police de village au Texas, où les travailleurs de sites de forages ont l'habitude de fêter et où les forces de l'ordre leur laissent beaucoup de "lousse".

"Vous pouvez y faire ce genre de chose et vous en tirez indemne." dit Bourque. En Pennsylvanie, "ils voient çà d'un oeil complètement différent."

En sortant d'une binnerie de Towanda, dans la partie nord de la Pennsylvanie, Jason Phillips, un superviseur d'équipement de forage de 30 ans de Coldspring, au Texas, dit que le problème n'est pas vraiment l'industrie du forage: "C'est la jeunesse qui fait beaucoup d'argent." Tant qu'à lui, dit-il, "Je suis une personne assez tranquille."

Le boom de forages s'est réalisé grâce au forage horizontal et la fracturation hydraulique, "fracking", une technique qui fait éclater les couches de roc pour libérer le gaz naturel. On a besoin de beaucoup d'employés pour opérer la machinerie de forage, conduire les camions, manipuler les produits chimiques, faire de la tuyauterie et d'autres tâches manuelles.

Les journées de travail sont longues. Certains employés travaillent 2 semaines, puis ensuite prennent 2 semaines de congé. Des travailleurs manuels ou les chauffeurs de camions qui commencent peuvent faire $40,000 ou plus, tandis que les travailleurs sur les tours de forage peuvent facilement gagner le double de cela. Leurs employeurs paient souvent les frais d’hôtels, les repas et presque tout le reste.

Dans le comté de Sweetwater, au Wyoming, où l'exploration du gaz naturel s'est surtout faite il y a de cela une décennie déjà, la population a passé de 37,600 en 2000 à 43,800 en 2010, et les arrestations pour ébriété, drogues et conduire avec les facultés affaiblies ont doublé, de 603 en 2000 à 1,535 en 2008, selon les statistiques de l'état. Depuis ce temps-là, cela s'est calmé: 1,128 en 2010. D'après le porte-parole du bureau du shérif, c'est à cause de l'économie fléchissante.

Dans le comté de Bradford, en Pennsylvanie, les arrestations pour conduite avec facultés affaiblies sont en voie d'atteindre une augmentation de 40% cette année après avoir connu une augmentation de 60% l'an passé, selon les autorités. Le nombre de délits criminels a augmenté de 35% en 2010.

Le shérif Clinton Walters dit que ses officiers ont connu des augmentations de 25% depuis l'année passé en mandats pour tout, des gens qui ne comparaissent pas en cour jusqu'à des demandes de protection. La vague d'arrestation est telle que son véhicule de travail n'est plus assez grand pour transporter tous les prisonniers entre la prison jusqu'à la cour de justice, selon lui.

Les cas de conflits entre les gens de la place et les "étrangers" abondent, que ce soit des cas de rage au volant ou des batailles pour une femme.

Renee Daly, 27 ans, de Montrose, en Pennsylvanie, dit qu'elle connaît personnellement 3 cas de mariages gâchés parce que les femmes locales ont abandonné leurs maris pour se lier avec des travailleurs de chantiers gaziers.

C'est "parce que ces gentlemen du sud, avec leur accent, et les filles emménagent avec eux, pour vivre aux crochets de ces jeunes travailleurs." dit-elle. "Vous finissez par dépenser leur argent, et ils sont parti pendant 2 semaines."

Portant un T-shirt clamant: "My Indian name is crawling drunk", mon nom d'indien est ivre-mort, Jeanette Pratt, une recherchiste en titres immobiliers de Monroe, en Louisiane, parcourt la campagne pour les gazières et travaillait dernièrement dans Montrose. Elle dit que la différence est du fait que les travailleurs des sites de forages venant de l'extérieur "ont beaucoup d'argent pour faire la fête", beaucoup plus que les gens de la place.

Dans la ville prospère de Williston, dans le Dakota du Nord, certains bars sont maintenant houleux, et le nombre d'appels à cause de problèmes familiaux et les arrestations pour des crimes comme la conduite avec facultés affaiblies, voies de fait et vols dans la première moitié de 2011 est déjà le double du total de l'an 2010, dit le shérif Busching.

Busching et la police de Williston se dépêchent pour engager du personnel mais disent qu'ils ne peuvent pas payer suffisamment leurs nouveaux officiers pour qu'ils puissent se payer un loyer, et plusieurs employés potentiels de la place ont plutôt choisi des emplois mieux rémunérés de l'industrie du forage.

"J'ai augmenté mon nombre d'employés, et je vais continuer d'engager, mais je ne pourrai pas le faire si je ne peux pas leur trouver un endroit où demeurer." dit Busching. Le chef de police de Williston Tom Ladwig dit qu'il engage directement des académies de police au Minnesota et les officiers dorment sur les divans de leurs collègues en attendant de se trouver une place pour s'installer.

Les médecins doivent traiter plus de patients avec des maladies transmises sexuellement. Dans un des plus important comté qui connaît beaucoup de forages, les cas sont passés de 237 en 2010 à comparé avec seulement 145 en 2008.

Il y a aussi des rumeurs de prostitution.

Dans des régions rurales au sud du Texas où les forages font juste commencer, le chef de police de la ville de Dilley, Robert Garza, dit qu'il a entendu parlé qu'un club serait construit dans un endroit isolé pour pouvoir fournir des prostituées aux travailleurs de l'industrie du forage.

Les policiers de la région ont rapporté des activités inhabituelles depuis quelques mois: de la circulation routière très tôt le matin: de très belles jeunes femmes en BMW qui s'avèrent venir de la région de Houston, qui est à au moins 5 heures de route de Dilley.

Photo: aladywithacamera.blogspot.com

"Drilling boom brings surge in crime to small towns
In a modern-day echo of the raucous Old West, small towns enjoying a boom in oil and gas drilling are seeing a sharp increase in drunken driving, bar fights and other hell-raising, blamed largely on an influx of young men who find themselves with lots of money in their pockets and nothing to do after they get off work.

Authorities in Pennsylvania and other states are quick to point out that the vast majority of workers streaming in are law-abiding. But they also say the drilling industry has brought with it a hard-working, hard-drinking, rough-and-tumble element that, in some places, threatens to overwhelm law enforcement.

Some police departments are trying to hire more officers but are hard-pressed to compete with the industry for applicants.

"On one hand, we need to count our blessings," said Sheriff Scott Busching of Williams County, N.D. "On the other hand, we need to see if we can control this so it isn't chickens one day and feathers the next. ... We have come to the point here where we're almost overwhelmed. It's very close."

In Bradford County, Pennsylvania's most heavily drilled county in the 3-year-old rush to tap the Marcellus Shale, the nation's largest-known natural gas reservoir, the stream of men from Texas, Oklahoma, Louisiana and elsewhere has been accompanied by increases in arrests, traffic violations, protection-from-abuse orders and warrants issued for people who don't show up in court, law enforcement officials said.

In the heart of western North Dakota's oil patch, driving under the influence and assaults have spiked after thousands of workers descended on the area and settled in apartments and trailer villages known as "man camps." Southwestern Wyoming's booming gas fields also have seen a rise in rowdy behavior.

"We definitely do drink a lot. I ain't going to lie," said Jordon Bourque, a 23-year-old pipe inspector from Lafayette, La., who was drinking beer at a bar in the Williamsport, Pa., area one recent night.

But he said that many in the industry obey the law and that authorities in Pennsylvania have less tolerance for troublemakers than police in small-town Texas, where rig workers are used to raising hell and getting a pass from law enforcement.

"You can do that (stuff) and get away with it," Bourque said. In Pennsylvania, "they look at it totally different."

Leaving a diner in Towanda in northern Pennsylvania, Jason Phillips, a 30-year-old drilling-equipment supervisor from Coldspring, Texas, said the problem is not really the drilling industry , "it's young people making a lot of money." As for himself, he said, "I'm not too much of wild person."

The boom in drilling has been made possible by horizontal drilling and hydraulic fracturing, or fracking, a technique that cracks open rock layers to free natural gas. Large numbers of workers are needed to operate drilling equipment, drive trucks, handle chemicals, lay pipeline and perform other tasks.

The hours are long. Some employees put in two weeks on, two weeks off. But entry-level laborers or truck drivers can make $40,000 or more, while workers on the drilling rigs can easily pull down twice that. Their employers often pick up the tab for hotels, meals and practically everything else.

In Sweetwater County, Wyo., where natural gas exploration boomed about a decade ago, the population increased from 37,600 in 2000 to 43,800 in 2010, and arrests for drunkenness, drugs and DUI more than doubled from 603 in 2000 to a peak of 1,535 in 2008, according to state figures. Since then, the numbers have eased to 1,128 in 2010, a decline that sheriff's spokesman Detective Dick Blust Jr. credited to the sluggish national economy.

In Pennsylvania's Bradford County, DUI arrests by state troopers are on track to rise 40 percent this year after climbing 60 percent last year, District Attorney Dan Barrett said. The number of sentences handed out for criminal offenses was up 35 percent in 2010, he said.

Sheriff Clinton Walters said his officers are handling about a 25 percent increase from last year in everything from warrants for people who fail to appear in court to protection-from-abuse orders. The flood of arrests is such that his office's van is no longer big enough to transport all the inmates at once from jail to court, Walters said.

Stories abound about friction between locals and out-of-towners, whether road rage incidents or fights over women.

Renee Daly, 27, of Montrose, Pa., said she knows of at least three marriages that ended when local women abandoned their husbands for gas-field workers.

It's "because of these Southern gentlemen, with their Southern accents, and the girls move in with these guys to take care of them," she said. "You get to spend their money, and they're gone two weeks at a time."

Wearing a T-shirt emblazoned "My Indian name is crawling drunk," Jeanette Pratt, a title searcher from Monroe, La., who travels the country for the gas industry and was on assignment recently in Montrose, said the difference is that the out-of-town rig workers "have a lot more money to party with" than the locals.

In the North Dakota boomtown of Williston, some bars have become rough, and the number of domestic-disturbance calls and arrests for such crimes as DUI, assault and theft in just the first half of 2011 was twice the total for all of 2010, said Busching, the sheriff.

Busching and Williston police are scrambling to hire but say they can't pay enough for their new officers to afford the high rents, and many would-be local applicants have opted for a higher paycheck in the drilling industry.

"I have increased staff, and I'm going to increase again, but I can't until I find a place for them to live," Busching said. Williston Police Capt. Tom Ladwig said he has been hiring from police academies in Minnesota and has officers staying on couches in colleagues' apartments until they can find their own places.

Doctors are treating more patients for chlamydia, a sexually transmitted disease, in some of the biggest oil-producing counties in western North Dakota , 237 cases in 2010 compared with 145 in 2008 , although the state's disease-control chief, Kirby Kruger, said that it is difficult to call three years of data a real trend.

There are also rumors of prostitution.
In rural southern Texas, where exploration for oil and gas in the Eagle Ford Shale is just getting under way, Robert Garza, police chief in the town of Dilley, said he has heard talk about plans to build a club "down in the boonies" that would supply prostitutes to drilling industry workers.

Police departments in the area have reported unusual activity in recent months: early morning traffic stops with "very young, attractive girls in BMWs" from the Houston area, at least a five-hour drive from Dilley, Garza said.

Back in Pennsylvania, a Bradford County commissioner, Doug McLinko, said the crime spike doesn't change his mind about the importance of the drilling boom to the local economy. Other states, he said, would "cut an arm off" to have such a surge.

"I'm always a little apprehensive about painting this as a big problem around the county, because it just isn't," McLinko said. "A lot of these people are really well-behaved. ... To a large degree, is it out control or a major issue? Absolutely not.""

Excerpts of article written by Mark Levy for the Associated Press published here: http://www.pittsburghlive.com/x/pittsburghtrib/news/breaking/s_763893.html

Photo: terrainforma.ca