Friends of the Richelieu. A river. A passion.



"Tout cedit pays est fort uny, remply de forests, vignes & noyers. Aucuns Chrestiens n'estoient encores parvenus jusques en cedit lieu, que nous, qui eusmes assez de peine à monter le riviere à la rame. " Samuel de Champlain


"All this region is very level and full of forests, vines and butternut trees. No Christian has ever visited this land and we had all the misery of the world trying to paddle the river upstream." Samuel de Champlain

Friday, October 21, 2011

Agriculture - les inondations de 2011 ont-elles nui aux terres certifiées bio?

Photo: greenmountaingarlic.com

L'une des conséquences désastreuses des inondations que les gens ont connues pourrait peut-être bien la perte de leur certification biologique pour les agriculteurs. En effet, les eaux de crues peuvent contaminer une terre et lui faire perdre les critères sévères qui lui permettent la certification bio.

Silence complet sur ce sujet au Québec, alors voyons ce que l'on a fait chez nos voisins du sud, c'est-à-dire au Vermont. Voici une traduction libre d'un article d'un journal local.

Les champs biologiques sont sains après l'inondation.

Après voir fait de l'agriculture au Vermont pendant 40 ans, Paul Harlow a tendance à prendre les choses sur le long terme. Alors quand l'un de ses champs a été inondé après le passage de la tempête tropicale Irene, Harlow était inquiet de sa récolte ruinée, de la perte de ses ventes et des employés qu'il devait remercier, mais ce qui l'inquiétait vraiment, c'était la perte de sa certification biologique.

Après l'inondation, quand environ les deux tiers de ses champs étaient sous l'eau, il y avait un potentiel de contamination qui pourrait lui faire perdre sa certification biologique.

Les premiers tests menés par l'université du Vermont ont démontré que sa ferme, Westminster Organics, n'était pas affectée négativement par l'eau et donc que sa ferme continuera de recevoir sa certification bio du Northeast Organic Farming Association (NOFA).

"Si les tests auraient montré qu'il y avait contamination, cela aurait été terrible." disait Harlow à la mi-octobre. "Aujourd'hui, nous sommes optimistes et devrions être prêts pour l'année prochaine."

Les eaux d'inondation auraient pu potentiellement laissées derrière une variété de contaminants comme des hydrocarbures, des métaux lourds, des pesticides ou des pathogènes. Les fermiers bios doivent faire la preuve que leurs champs sont sans résidus de pesticides ou de d'autres produits chimiques.

Tous les champs qui étaient sous l'eau ont été testés par UVM Extension, et Harlow dit que la terre sera saine quand il labourera au printemps prochain. "J'ai fait faire des tests parce que je voulais savoir, et je paierai peut-être pour faire faire d'autres tests, juste pour me rassurer." dit Harlow. "Il semblerait bien qu'il n'y a rien là. Jusqu'à date, çà va."

Vern Grubinger, le spécialiste de légumes et petits fruits de l'UVM Extension a fait des tests semblables partout dans l'état, et il dit que jusqu'à date, aucune ferme bio ne risque de perdre sa certification bio à cause des inondations.

Grubinger dit que l'UVM a reçu du financement pour mener des tests pour les métaux lourds, et 80 champs agricoles de l'état on été testés.

"Il y avait beaucoup d'inquiétude parce que les métaux lourds peuvent persister pour longtemps et il n'existe pas de façon facile de s'en débarrasser." dit Grubinger. "Nous n'avons pas trouvé de concentrations élevées. C'est de très bonnes nouvelles."

Grubinger dit que c'est beaucoup plus difficile de faire des tests pour des pathogènes comme l'E.coli ou la listériose, mais ils pourraient se trouver dans n'importe quel champ, n'importe quand, et c'est très difficile et coûteux de tester les sols pour çà. Et même s'il y avait des pathogènes dans les eaux d'inondation, les pathogènes meurent après un certain temps, et les champs seraient prêts pour les semis après la fonte des neiges.

"C'est clair qu'il n'y a pas de gros problèmes." dit Grubinger. "Tous les tests sont sur base volontaire et les fermiers travaillent avec nous parce qu'ils veulent savoir. Jusqu'à date, il n'y a rien de plus dans les champs inondés que les petites quantités normales trouvées dans des champs qui n'ont pas été inondés."

Nicole Dehne, une administratrice de certification biologique pour la Vermont Farmers Certification Agency, dit que l'organisme décidera durant l'hiver combien de fermes pourraient devoir être testées avant le printemps. Elle a vérifié les résultats des tests de Grubinger et elle dit que jusqu'à date, il semblerait que la majorité des fermes biologiques du Vermont ne perdront pas leur certification à cause des inondations. Elle dit que NOFA ainsi que l'agence Agency of Agriculture et d'autres agences de l'état se concentreront aux endroits plus susceptibles d'avoir été endommagés, comme ceux qui se trouvent en aval de déversements chimiques ou pétroliers. Elle pense que la grande quantité d'eau et les courtes périodes de temps que les terres ont été inondées ont probablement protégé les fermiers bios d'être endommagés à long terme.

"Il y a eu de grands volumes d'eau et beaucoup de personnes étaient préoccupées, craignant que les champs pourraient être contaminés." dit Dehne. "Si les doutes persistent, nous feront plus de tests au printemps prochain, mais pour le moment, les tests nous reviennent avec des résultats négatifs, ou très bas. C'est bon signe." Photo: skinnypancake.com

"Organic fields OK after flood

After farming in Vermont for 40 years, Paul Harlow tends to take the long view on things.

And so when some of his fields were flooded following Tropical Storm Irene, Harlow worried about his ruined produce, his lost sales, and the staff he had to lay off, but he was really concerned about the status of his organic certification.

Following the flood, when Harlow had about two-thirds of his fields under water, there was a potential for contamination that could have put his organic certification at jeopardy.

Initial tests, conducted by University of Vermont Extension, show that his farm, Westminster Organics, was not adversely affected by the water and the farm will most likely continue to receive organic certification by the Northeast Organic Farming Association, or NOFA.

"If the tests showed there was contamination it would have been devastating," Harlow said Monday (October 17 2011). "At this point we are optimistic we will be in good shape next year."

The flood waters could have potentially left behind any number of contaminants including hydrocarbons, heavy metals, pesticides and pathogens. Organic farmers must prove that their fields are free of pesticide residue and other chemicals.

All of the fields that were under water have been tested by UVM Extension, and Harlow said the soil will be safe when he turns it over next spring.

"I did the testing because I wanted to know, and I may pay for more tests for my own peace of mind," Harlow said. "It does not seem like there is anything there. So far, so good."

UVM Extension Vegetable and Berry Specialist Vern Grubinger did similar tests all over the state, and he said so far not one organic farm is in danger of losing its organic certification due to flooding.

Grubinger said UVM received funding to conduct heavy metal tests and across the state 80 flooded fields were tested.

"There was great concern because heavy metals stick around a long time and there is no easy way to remove them from the soil," Grubinger said. "We did not find any elevated levels. It is extremely good news."

Grubinger said it is much more difficult to test for pathogens such as E. coli or Listeria, but they could show up in any field, at any time, and it is very difficult and expensive to test soils.

And even if there were pathogens in the flood water, the pathogens die out after time and fields should be ready for their first seeds once the snow melts.

"Clearly we are not having a big problem," said Grubinger. "All of the tests are voluntary and farmers are working with us because they want to know. So far there has been nothing more in the flooded fields than the tiny amount of background levels we find in non-flooded fields."

Nicole Dehne, organic certification administrator for the Vermont Farmers Certification Agency, said the organization will decide over the winter how many farms might need to tested before the spring.

She has been going over Grubinger's test results and she said so far it is looking like the majority of organic Vermont farmers will not lose their certification due to flood waters.

She said NOFA, along with the Agency of Agriculture and other state agencies, will look at areas that might have been more susceptible to damage, such as those down stream from chemical or petroleum spills.

Though she said the large amount of water, and relatively short amount of time that the fields were flooded, most likely protected organic farmers from long term damage.

"There was a high volume of water and a lot of people were concerned that the fields would be contaminated," Dehne said. "If there are any doubts, we will do some tests in the spring, but right now the tests are coming back negative, or very low. It is a good sign." "

Excerpts of article written by Howard Weiss-Tisman published here: http://www.reformer.com/localnews/ci_19135459

I can't help but wonder about the many fields that were flooded during the crest of the Richelieu River in May and June. Has any of OUR farmers took the time to have their soil tested?
Photo: Monkshood Nursery

Thursday, October 20, 2011

Gaz de schiste - quand notre eau en dépend

Photo: ecokaren.com

Qui ne sait pas encore que la ville de New York se fie d'un immense bassin versant pour lui procurer une abondante source d'eau potable à faibles coûts? En effet, grâce à des mesures draconiennes, d'immenses régions et réservoirs sont protégés jalousement afin que de l'eau pratiquement buvable soit acheminée vers les agglomérations grâce à un réseau compliqué de tunnels et de pipelines.

C'est pourquoi les autorités municipales voient d'un oeil très méfiant les gazières vouloir aller forer puis fracturer dans les régions montagneuses qui lui sont si chères. Par contre, au niveau de l'état de New York, l'appât du gains est difficile à résister, surtout en ces temps de morosité économique.

Voici une traduction libre d'un papier non-signé publié dans un journal local, ce qui me fait penser que ce pourrait être un éditorial.

La ville et l'état sont à 7 milles de distance sur le besoin de tenir la fracturation éloignée des sources d'eau. Le protecteur en chef de l'eau pour la ville de New York soulève une question primordiale sur les plans de forages intensifs pour le gaz naturel dans la partie supérieure de l'état.

Est-ce que les vibrations provoquées par le procédé connu sous le nom de fracturation hydraulique pourraient endommager les aqueducs souterrains de la ville, impactant l'écoulement si important d'un milliard de gallons par jour?

Les inquiétudes de Carter Strickland, le commissaire du département de protection de l'environnement de la municipalité doivent être étudiés sérieusement et ses questions répondues avant que le gouverneur Cuomo donne le feu vert aux premiers forages.

Le problème tourne autour de la technique de forage connue sous le nom de fracturation hydraulique à hauts volumes, grâce auxquels les réserves immenses de gaz naturel propre puissent être extraites dans les parties centrales et occidentales de l'état de New York.

La méthode implique que les forages iront à des milliers de pieds de profondeur pour ensuite pomper à haute pression de l'eau mêlée à des produits chimiques dans les puits d'une force suffisante pour craqueler le roc environnant et relâcher ainsi les pochettes de gaz.

Quels impacts auront cette activité sur les tunnels de béton âgés dans la roche avoisinante, personne ne peut en être certain, parce que cela ne s'est jamais fait jusqu'à date.

Pour éviter la possibilité de tels dommages, le DEP (Department of Environmental Protection) a demandé à l'état d'interdire la fracturation dans un rayon de 7 milles de tout aqueducs ou autre infrastructure qui transporte l'eau. C'est une distance plus grande que 90% des failles naturelles connues dans les formations géologiques avoisinantes.

L'état a répliqué en proposant une zone tampon de seulement 1,000 pieds, moins de 3% de ce que demande la municipalité, dans laquelle le forage pourrait être quand même permis à condition d'une permission spéciale.

"C'est insuffisant." a été la réaction de la ville, de la bouche de Strickland à une audience au début du mois d'octobre.

Il avait ajouté que la distance de 7 milles était un estimé "conservateur" et a annoncé que la ville finance une autre étude afin de déterminer la grandeur que devrait avoir la zone où le forage serait interdit pour assurer la sécurité du système d'aqueducs.

Cette étude doit être rigoureuse. Parce que les sources d'eau de millions de résidents de New York sont trop précieuses pour les mettre en danger.

Note personnelle: si les autorités de la ville de New York estiment que la fracturation doit se tenir à au moins 7 milles de ses sources d'eau potable, sûrement toutes les villes, villages et communautés rurales ont droit à la même protection de leurs sources d'eau potable, qu'elles soient de surface ou souterraines?


"City and state are nearly 7 miles apart on the need to keep fracking away from the water supply
New York City's chief water protector is raising a critical question about plans for intensive natural-gas drilling upstate:

Could tremors from the process known as hydrofracking damage the city's underground aqueducts, disrupting their all-important billion-gallon-a-day flow?

City Department of Environmental Protection Commissioner Carter Strickland's concern must be thoroughly studied and fully addressed before Gov. Cuomo allows the first well to be sunk.

At issue is a drilling technique known as high-volume hydraulic fracturing - fracking, for short - which holds the potential for tapping huge reserves of clean-burning natural gas across central and western New York.

The method involves drilling thousands of feet deep, then pumping chemical-laced water into wells at high pressure - strongly enough to crack the surrounding rock and release pockets of gas.

What effect this activity might have on aging concrete water tunnels occupying nearby rock, no one can be sure - because the situation has never come up before.

To head off this possibility of damage, the DEP asked the state to prohibit fracking within 7 miles of any aqueducts or other water infrastructure - a distance longer than 90% of the known fault lines and fissures in the surrounding bedrock.

The state responded by proposing a buffer of just 1,000 feet - less than 3% of what the city asked - in which drilling might still be allowed with special permission.

"Inadequate," was the city's judgment, as voiced by Strickland at a hearing last week (first week of October 2011).

He added that the 7-mile figure was "conservative" and announced that the city had commissioned a further study of how big a no-drilling zone should be to keep the water supply safe.

That study must be thorough. Because the water supply for millions of New Yorkers is too precious to put at risk."

Excerpts from editorial published here: http://www.nydailynews.com/opinions/2011/10/11/2011-10-11_frack__dont_fracture.html

One has to wonder: what's good for the goose is surely as good for the gander, isn't it? In other words, if New York city insists of keeping fracking 7 miles away from it's water, surely every city, town and community deserves the same protection?

Wednesday, October 19, 2011

Rivière Richelieu - plantation de semis d'arbres

La crue de 2011 de la rivière Richelieu a été exceptionnelle, il va sans dire. Sur un terrain riverain de Conservation de la Nature, en bordure du refuge faunique Pierrre-Étienne-Fortin, les eaux de l'inondation ont gardé des vinaigriers submergés juste assez longtemps pour les noyer.

En espérant qu'il s'agissait bien d'une crue qui se produirait qu'à tous les 100 ans, et ayant une quarantaine de semis de différents arbres sur mon terrain dont je voulais me débarrasser (dans mon carré de fraises, dans des plate-bandes de fleurs, en bordure de l'entrée asphaltée, etc...), j'ai obtenu la permission de les planter à cet endroit désormais dénudé d'arbres.

Si tout va bien, c'est à dire si un chien (ou un humain!) ne fasse pas ses besoins dessus, ou si on ne marche pas dessus, ou quoi d'autre, on aura une petite forêt bien établie dans 100 ans, quand se produira la prochaine crue exceptionnelle. (?)

Voici l'album photo de bébé (j'ai aussi planté quelques semis de pins argentés, mais je n'ai pas été capable de les retrouver pour en prendre une photo!):



















À mon grand plaisir, la tanaisie, maintenant devenue rare dans certaines régions du Québec, semble se plaire beaucoup ici, et on peut espérer une belle talle de fleurs l'an prochain sur ce site.

Aussi, une racine de vinaigrier a profité du drainage rapide sur le bord de la falaise, et tient bravement le bord de la rive à cet endroit.
The exceptionnal flood of 2011 in the Richelieu River lasted just long enough to drown a patch of sumacs on a riverside property belonging to Nature Conservancy of Canada.

And rather than waiting for nature to take over, I offered to plant some forty tree seedlings that are growing all over the place on my property. Nature Conservancy does not have any objections to my plans.

So if we're lucky, this 100 year flood we had in May won't happen again before these seedlings are well on their way to becoming a forest!

So here are the baby pictures (I also planted a few pine seedlings, but was not able to find them when I came back with the camera)!

Tuesday, October 18, 2011

Gaz de schiste en Pennsylvanie, un bonheur bien fragile

Photo: Ruth Fremson/The New York Times

En période de morosité économique, le boom gazier peut permettre à plusieurs de mieux respirer, et même de se lancer en affaires. Mais à quel risque? Et pour combien de temps durera la manne? Vous voulez savoir quel genre de jobs seront "créées" grâce à l'exploitation gazière anticipée par notre gouvernement dans la vallée du Saint-Laurent? Lisez ce qui suit.

Voici une autre traduction libre d'un article pris dans le journal The New York Times.

Le boom gazier aide la Pennsylvanie, mais certains sont préoccupés par les risques qui viennent avec.

Dans la ville de Montrose, en Pennsylvanie, Adam Diaz était pris dans une période économique morose, il y a de cela 3 ans. Des camions restaient immobiles dans sa carrière de grès bleuâtre et les scies étaient silencieuses dans sa cour à bois. Heureusement pour lui, les gazières se sont montrées à peu près à ce moment-là, et M. Diaz a saisi l'occasion. Il a commencé à transporter leurs déchets de forage. Il est passé d'un camion à 8 et est propriétaire d'une flotte de 53 camions. Ensuite, il restaura une vieille voie ferrée et loue 210 wagons qui transportent des conteneurs de déchets de forage. Il est passé de 30 employés à 180 et fait maintenant des affaires pour $45 millions de revenus par année.

D'autres résidents aussi prennent avantage du boom gazier. Certains sont fournisseurs aux compagnies pour des pièces mécaniques, d'autres sont plombiers. Un couple débrouillard a une roulotte-restaurant où ils vendent aussi des bas faits de laine d’alpaga aux foreurs venus de la Louisiane et du Texas, inhabitués au climat plus froid.

Le boom gazier transforme les petites communautés aussi, comme celle-ci (4,400 habitants) et revitalise l'économie de cette région jadis oubliée du nord-est de la Pennsylvanie. Les quelques hôtels ont agrandi, les restaurants sont pleins et les locations de maisons ont plus que doublé. "Il y a eu un effet de boule de neige à cause de l'invasion des gazières." dit M. Diaz, âgé de 33 ans, devant son entreprise florissante près d'ici.

Mais le boom gazier provoqué par une technique avancée de forage appelée fracturation hydraulique, ou fracking, a aussi emmené ses problèmes, également. Bien que les gazières ont créées plusieurs emplois bien rémunérés, plusieurs résidents ne sont pas qualifiés. Quelques puits d'eau potable ont été contaminés. Les routes rurales étroites tombent en petits morceaux sous le poids des camions lourds. La disponibilité immobilière se fait rare et dispendieuse, et de plus en plus de résidents deviennent des sans-abri. Les services locaux et les infrastructures sont éprouvés au point de rupture.

"Très peu de revenus de taxes vont aux gouvernements locaux pour les aider à partager les bénéfices du développement économique." dit Sharon Ward, la directrice exécutif du Pennsylvania Budget and Policy Center, un organisme de recherche indépendant en politiques. Et certaines personnes se demandent si les bénéfices à court terme ont fait oublier les cycles de hauts et bas qui caractérisent cette industrie.

"Qu'arrivera-t-il à long terme? est la question importante qu'il faut se poser." dit Kathy Braiser, un prof de sociologie rurale à l'université Penn State. "Comment pourront profiter les communautés des bienfaits tout en tentant de mitiger les problèmes néfastes pour qu'elles soient prêtes quand le boom s'essoufflera?"

Le boom est alimenté par des réserves importantes de gaz dans la formation Marcellus, une vaste formation rocheuse qui se trouve sous plusieurs états de la côte Atlantique mais surtout concentrée en Pennsylvanie. La recherche de l'industrie indique qu'un puits typique dans le Marcellus peut générer des millions de dollars en bénéfices économiques, incluant des salaires, des taxes et des stimulations chez les fournisseurs. Les critiques disent qu'on gonfle les chiffres.

En Pennsylvanie, plus de 3,000 puits ont été forés depuis 3 ans et des permis pour des milliers de plus ont été émis. Dans le comté de Susquehanna, comté pauvre dont Montrose est sa capitale, 262 puits ont été forés par une demi-douzaine de compagnies gazières différentes depuis la fin de juillet. Il y a 400 permis pour en forer de nouveaux.

À ce temps-ci de l'année, les collines sont colorées par les coloris orangés de l'automne. Ici et là, ont aperçoit des sites de forages de 3 à 5 acres de superficie où les foreuses s'affairent et grondent 24 heures par jour, éclairant la nuit comme des colonies de soucoupes d'extra-terrestres.

Pour M. Diaz et le cercle local de gagnants comme les transporteurs d'eau et les opérateurs de motels, les plombiers et les serveuses, les avocats, les arpenteurs et les propriétaires de buanderies, les forages ont alimenté un tournant économique en leur faveur.

John et Phyllis DiGiori sont propriétaires d'un élevage d’alpaga et ont organisé un camion de concession alimentaire sur la route principale. Leur "roulotte à patates" vend des hamburgers et des frites, et offrent des vêtements chauds aux travailleurs qui viennent du Texas et de la Louisiane. "Demandez-nous de vous montrer nos bas fait de laine d’alpaga" clame une affiche écrite à la main collée dans la vitre pour commander la nourriture.

Dan et Gretchen Backer gèrent 40 chambres dans des hôtels et des appartements, dont le Inn à Montrose, et ont réagi au boom gazier en rénovant leurs chambres et ajouté des "extras" comme des écrans télé grand format. Maintenant, dit Mme Backer, ils ont doublé leur tarif qui est maintenant de $2,500 par mois pour un 2 chambres à coucher.

Bill Kelley sénior et son fils ont vu leur compagnie de location d'équipement prendre le l'expansion. Taylor Rental vend maintenant des pièces difficiles à trouver aux les gazières. Le père dit que sa compagnie a grossi de 40% tous les ans depuis les 3 dernières années. Son épouse tient sa propre compagnie florissante, PJ's Cafe, un établissement boucané où les travailleurs aiment se retrouver après leur travail. "Nous ne connaissons pas la récession qui afflige le restant de la planète." dit M. Kelley.

En effet, le chômage dans le comté était de 7,5% en août, à comparer avec le taux de l'état qui se tient à 8,,5%, et bien en-dessous du taux du pays qui est de 9,1%. M. Kelley le père aime à répéter un dicton des coureurs d'or: c'est pas les mineurs d'or de la Californie qui sont devenus riches, ce sont les gens qui leur vendaient les pelles.

George Stark, un porte-parole pour Cabot Oil and Gas Corporation, la principale gazière de la région, dit que les entrepreneurs locaux comme M. Diaz et les Kelley ont créé plus de 400 emplois liés à l'industrie gazière. Il dit que Cabot a engagé directement environ 100 travailleurs qualifiés pour les tours de forage, mais ajoute qu'à l'avenir, des résidents de la place pourraient recevoir la formation pour ces emplois.

La compagnie s'attend à forer ici pendant au moins 2 décennies encore, dit-il, et les puits produiront du gaz pour encore 3 décennies après çà. "Ce n'est pas seulement une pointe de courte durée" assure-t-il. "C'est probablement l'endroit le plus productif de tout le Marcellus, ici."

Mais l'intrusion gazière met à l'épreuve les services locaux. Cabot a donné $50,000 dernièrement à la Croix Rouge et a aidé à organiser une levée de fonds pour la construction d'un hôpital. Cabot a aussi dépensé $12 millions l'année passée pour la réparation des routes.

"C'est beaucoup d'argent pour un comté comme Susquehanna." dit MaryAnn Warren, une commissaire du comté. "Mais Susquehanna est pauvre, peut-importe la quatité de gaz qui se trouve ici."

Les compagnies paient certaines taxes, mais seulement à l'état, pas aux comtés. Et elles ne paient pas de taxes immobilières locales. Certains projets de loi, dont celui suggéré ce mois-ci par le gouverneur Tom Corbett, un Républicain, permettraient aux comtés d'imposer une taxe sur les puits et garder la majorité de l'argent, mais il n'y a pas d'entente sur cette approche. La Pennsylvanie est le seul état producteur de gaz naturel important qui ne taxe pas directement l'exploitation gazière.

Au moins la moitié des postes d'emploi dans Susquehanna County sont remplis par des employeurs qui viennent d'ailleurs, dit Timothy W. Kelsey, un prof d'économie agricole du Penn State. Il dit que c'est une proportion anormalement élevée, mais que le comté ne compte tout simplement pas assez d'employeurs pour retenir la main d'oeuvre ici. "Les gens qui ont des connections sont capables de ramasser les fonds et ils font de bonnes affaires." dit le professeur Kelsey. "Mais la majorité des dépenses liées au gaz naturel ne se fait pas à l'intérieur du comté."

Il y a aussi d'autres tensions, comme ceux entre des voisins, surtout ceux qui ont signé trop tôt des baux avec des gazières qui leur donnaient seulement $25 l'acre tandis que d'autres ont attendu et reçoivent plus de $5,000 l'acre.

D'autres tensions sont entre les résidents de la place et les travailleurs qui viennent d'autres états. "Nous venons ici, le logement est dispendieux et ils augmentent les tarifs." se plaint un travailleur venu de la Louisiane qui voulait rester anonyme à cause de l'hostilité locale.

Dee Stephens, 47 ans, est ancien prof du Missouri, et est l'une des rares femmes qui travaille aux puits. Elle dit qu'elle ne sent pas la bienvenue ici. "Tout le monde se sent menacé." dit-elle en parlant des résidents de la place. "Nous faisons notre travail, mais ils pensent que nous massacrons le paysage." Elle dit que ce n'est pas le cas. "Bien sûr qu'on ne remet pas tout en place comme Mère Nature sait si bien le faire, mais on fait notre possible."

Les entrepreneurs qui connaissent du succès sont très conscients de la fragilité de la nouvelle économie et certains prennent leurs précautions.

"À un moment donné, ils auront fini et s'en iront." dit Mme Backer, propriétaire du Inn à Montrose, en parlant des gazières. "Nous suivons leurs conseils et essayons de rembourser nos dettes." dit-elle. "Mais nous faisons tester notre eau quand même. Nous sommes tous préoccupés et espérons que les compagnies forent avec soin et que nos eaux sont en sécurité. On n'a pas nos têtes dans le sable."

Légende: Selon les lois de la Pennsylvanie, une telle affiche bien en vue sur une propriété serait suffisante pour interdire même du sondage sismique comme on a connu en Montérégie (Saint-Mathias, été 2010).
Photo: http://dearsusquehanna.blogspot.com/

"Gas Boom Aids Pennsylvania, but Some Worry Over the Risk

MONTROSE, Pa. — In the economic downturn three years ago, Adam Diaz idled the trucks at his bluestone quarry and silenced the saws at his lumber mill. Fortunately for him, the gas companies arrived at about the same time, and Mr. Diaz saw an opportunity. He started hauling their waste. He parlayed 1 truck into 8 and now has a fleet of 53. Then he revived a weedy rail spur and now leases 210 rail cars to haul more waste containers. His work force grew to 180 from 30 as he created a business that now has revenues of $45 million a year.

Other residents also began taking advantage of the “gas rush.” Some supplied the companies with machine parts; others laid pipe. One entrepreneurial couple opened a food wagon where they also sell alpaca socks to drillers from Louisiana and Texas who were unprepared for the cold.

The gas boom is transforming small towns like this one (population 4,400 and growing) and revitalizing the economy of this once-forgotten stretch of rural northeastern Pennsylvania. The few hotels here have expanded, restaurants are packed and housing rentals have more than doubled. “There’s been a snowball effect due to the gas companies coming in,” Mr. Diaz, 33, said recently at his bustling empire near here.

But the boom — brought on by an advanced drilling technique called hydraulic fracturing, known as fracking — has brought problems too. While the gas companies have created numerous high-paying drilling jobs, many residents lack the skills for them. Some people’s drinking water has been contaminated. Narrow country roads are crumbling under the weight of heavy trucks. With housing scarce and expensive, more residents are becoming homeless. Local services and infrastructure are strained.

“Very little tax revenue goes to local governments to help them share in the benefits of the economic development,” said Sharon Ward, executive director of the Pennsylvania Budget and Policy Center, an independent policy research organization. And some are asking whether short-term gains have obscured the long-term view of an industry marked by boom-bust cycles.

“What happens in the long run is the critical question,” said Kathy Braiser, associate professor of rural sociology at Penn State. “How can communities take advantage of the benefits and try to mitigate the negative issues so that they are well-positioned for when this does tail off?”

The boom has been driven by extensive gas reserves in the Marcellus Shale, the vast rock formation under several Middle Atlantic states and concentrated in Pennsylvania. Industry-backed research says that a typical Marcellus well can generate millions of dollars in economic benefits, including wages, taxes and stimulation through the supply chain. (Critics say the amount is exaggerated.)

In Pennsylvania, more than 3,000 wells have been drilled in the past three years and permits for thousands more have been issued. Here in Susquehanna County, a poor rural county of which Montrose is the seat, 262 wells had been drilled by a half-dozen different gas companies as of the end of July; permits have been issued for 400 more.

At this time of year, the roller-coaster hills are blanketed in the oranges of fall. Dotted among them are industrial well sites, typically three to five acres, where drills crank and groan around the clock, glowing at night like spaceship colonies.

For Mr. Diaz and a charmed circle of local winners — water haulers and motel operators, pipeline workers and waitresses, lawyers, surveyors and launderers — the drilling has fueled an economic turnabout.

John and Phyllis DiGiori, who own an alpaca farm, started a food concession truck along the main road. Along with burgers and fries, they now offer warm clothing to workers from Texas and Louisiana. “Ask us about our alpaca socks and more,” says a handwritten sign taped to the service window.

Dan and Gretchen Backer, who oversee 40 rooms in hotels and apartments, including the Inn at Montrose, responded to the boom by renovating their rooms and adding amenities like flat-screen TVs. Now, Ms. Backer said, they have doubled their rates, to $2,500 a month, for a two-bedroom rental.

Bill Kelley Sr., and his son, Bill Jr., have expanded their equipment-rental business, Taylor Rental, and now sell hard-to-find items to the gas companies. The senior Mr. Kelley said it has grown 40 percent in each of the last three years. His wife runs her own bustling business, PJ’s Cafe, a smoky roadhouse where off-shift gas workers congregate. “We’re not in the recession that the rest of the world is in,” Mr. Kelley said.

Indeed, unemployment in the county was 7.5 percent in August, below the state average of 8.5 percent, and below the national figure of 9.1 percent. Mr. Kelley Sr. likes to repeat a piece of wisdom handed down from the forty-niners: it was not the gold miners in California who got rich, it was the people who sold the shovels.

George Stark, a spokesman for the Cabot Oil and Gas Corporation, the dominant gas company here, said that local entrepreneurs like Mr. Diaz and the Kelleys had created more than 400 industry-related jobs. He said Cabot directly employed about 100 skilled workers on the rigs, but over time local residents would be trained for those jobs.

The company expects to be drilling here for at least two decades, he said, and the wells will be producing gas for three decades after that. “This isn’t a bust-type situation,” he said. “This is probably the sweetest spot in the Marcellus play.”

But the gas influx has put a strain on local services. Cabot recently gave $50,000 to the local Red Cross and has helped a fund-raising drive to build a local hospital. Cabot also spent $12 million last year on road repairs here.

“That is a heck of a lot of money for a county like Susquehanna,” said MaryAnn Warren, a county commissioner. “But Susquehanna is poor, and it doesn’t matter how much gas there is.”

The companies pay certain taxes, but only to the state, not to the counties. And they do not pay any local property tax. Various proposals, including one offered earlier this month by Gov. Tom Corbett, a Republican, would allow counties to impose a tax on the wells and keep most of the money, but there is no agreement on an approach. Pennsylvania is the only major gas-producing state that does not tax gas extraction directly.

Fully half of the work force in Susquehanna County is employed outside its borders, said Timothy W. Kelsey, a professor of agricultural economics at Penn State. He said that was an unusually high percentage, but the county simply did not have enough employers to keep the work force here. “The folks who have connections are able to get the dollars and they’re doing very, very well,” Professor Kelsey said. “But the majority of spending associated with natural gas isn’t being done in the county.”

There are other strains, some between neighbors, especially those who signed early leases with gas companies that yielded them only $25 an acre while others waited and got more than $5,000 an acre.

And some of it is between local residents and out-of-state workers. “We come up here, the housing is expensive and they raise the rates on us,” grumbled one worker from Louisiana who did not want his name used because of the level of local hostility.

Dee Stephens, 47, a former schoolteacher from Missouri, and one of the rare women who work on the wells, said she did not feel welcomed here. “Everyone feels threatened,” she said of local residents. “We’re doing a job, but they think we’re tearing up the land.” She said that was not the case. “Obviously we won’t put it back as perfectly as Mother Nature made it, but we’re doing the best we can.”

The successful entrepreneurs are highly conscious of the fragility of the new economy and some are hedging their bets.

“At some point they will finish and go away,” said Ms. Backer, owner of the Inn at Montrose, said of the gas companies. “We’re taking their advice and trying to pay off our liquid debt that we’ve gotten into,” she said. “But we still get our water tested. We’re all concerned about whether the companies are drilling safely and that our watersheds are safe. We’re not putting our heads in the sand.”"

Excerpts of article written by published in The New York Times here: http://www.nytimes.com/2011/10/15/us/hydraulic-fracturing-brings-money-and-problems-to-pennsylvania.html?_r=1
Photo: Lynn Selnick

Monday, October 17, 2011

Boues municipales - problèmes à Ottawa

Photo: Courtney Symons

On s'entend pour comprendre que le terme "boues municipales" veut dire ce qui reste en matières solides des égouts après avoir passés par l'usine de traitement des eaux usées. Autrement dit, de la merde, entre autres choses...

Voici une traduction libre d'un article d'un journal en ligne local de la région d'Ottawa. Les résidents de la région d'Ottawa sont autant incommodés par l'épandage des boues municipales que les résidents de Montréal et de la Montérégie sont incommodés par l'épandage de purin (porc, bovin et volaille). Justement, pendant que je tape au clavier, hier, je ne pouvais pas aller dehors tellement la senteur me prenait à la gorge et déclenchait une quinte de toux. Ce matin, j'ai entendu un journaliste de la radio CBC dire que çà puait à Montréal, tôt ce matin (14 octobre 2011). Vraiment, de la merde, c'est de la merde!

"L'épandage de fumier humain rend un propriétaire terrien malade.

Une femme de Kinburn dit que le champs agricole près de sa maison qui reçoit les excréments humains traités de la ville rend elle et ses animaux malades. Brenda Grey a ramassé 70 signatures pour sa pétition demandant que la Municipalité d'Ottawa cesse de se débarrasser du fumier humain en l'épandant dans le champs.

Aussi appelé boues d'égouts, les bio-solides sont en effet des eaux usées de sources humaines traitées qui servent comme engrais pour ajouter des nutriments aux sols. C'est comme du fumier, mais de source humaine. La municipalité d'Ottawa et la province de l'Ontario sont d'avis que les épandages de bio-solides sur les terres sont sécuritaires et complètement légaux quand ils sont répandus selon la réglementation mise en place par la province.

La dernière fois que la ville a disposé de bio-solides sur un champs, Grey dit qu'elle a attrapé un virus gastro-intestinal et plusieurs de ses bêtes ont attrapé des maladies.

Un test fait sur son eau de puits par le Ontario Ministry of Health and Long-Term Care a démontré des taux de concentration d'E.coli et de coliformes dangereux dans son eau de puits dont la cause serait une contamination par des eaux usées d'égouts. L'été dernier, Grey avait reçu un avis de la ville pour l'informer qu'il y auraut un autre épandage d'excréments humains traités sur une terre agricole située près de l'intersection nord-est de Mohr's Road et Hunt Line Road dans Kinburn cette année. "J'ai pensé 'Ils ne peuvent pas faire çà!'" dit Grey. "Je mourrai s'ils contaminent ce champs. Je ne suis pas encore remise de l'épandage qu'ils ont fait la dernière fois."

En 2008, Grey avait reçu une lettre dans sa boîte postale venant de la Municipalité d'Ottawa pour lui dire que des biosolides seraient épandus sur un champs près de sa maison. Grey ne savait pas à quoi s'attendre, mais il y a eu une réaction immédiate à l'épandage qu'elle a remarquée tout de suite: "La senteur." dit-elle. "La puanteur était si épouvantable que nous sommes restés dans la maison. La visite nous demandais 'Brenda, cela sent comme des excréments humains! C'est quoi, çà?' La puanteur a duré pendant 2 semaines." Bien que les mauvaises odeurs ont forcé Grey et son mari Robert de canceller beaucoup de leurs activités sociales, les vrais problèmes ont débuté plus tard.

Quand ils ont emménagés dans leur nouvelle demeure en 2004, un test avait démontré que l'eau du puits était bonne à boire. Pendant l'hiver de 2008-2009, après que la ville ait épandu des excréments humains traités sur un champs agricole tout près, Grey a attrapé une infection bactérienne gastro-intestinale et a été obligée de prendre l'antibiotique Flagyl pendant 3 mois avant de commencer à se sentir mieux. L'infection s'est prolongée durant le printemps suivant et au début de l'été, et Grey souffrait de nausées, se sentait faible et devait faire plusieurs visites à l'urgence.

Les chiens de Grey ont aussi attrapé une infection bactérienne et ont aussi reçu une prescription de Flagyl.

L'un des chevaux de Grey qui était en pension dans un champs voisin qui avait été arrosé d'excréments traités a souffert de diarrhées et a dû être traité par intraveineuse par un vétérinaire qui soupçonnait que le problème pouvait être causé par le C. difficile, une souche de bactéries qui peut s'attraper par les excréments. Un autre cheval de Grey est mort cet hiver-là de l'équivalent d'asthme pour chevaux.

Grey a aussi commencé à souffrir de problèmes respiratoires qui lui ont donné une toux chronique. "Avant tout ceci, je n'avais pas été malade depuis 15 ans." dit-elle. "Pas un rhume, pas un virus, rien." Grey dit que les 3 mois passés à prendre du Flagyl étaient dangereux pour sa santé parce qu'elle souffre d'une maladie du sang après avoir eue une transfusion contaminée. "J'ai dit à mon mari 'Nous devons vérifier notre eau.' " dit Grey. Après avoir testé le puits en juillet 2009, le ministère Ministry of Health and Long Term Care a envoyé un rapport déclarant que leur eau n'était pas bonne à boire suite à une contamination d'égouts. La concentration total de coliformes était de 80 par 100 millilitres, et la concentration d'E.coli était à 4 par 100 millilitres.

Santé Canada a établit la norme acceptable de coliforme et d'E. coli pour l'eau potable à zéro. La concentration de coliformes peut être classée comme étant soit totale ou coliformes fécaux, la première étant acceptable dans l'eau jusqu'à 10 par 100 millilitres, mais la dernière fait référence aux E.coli et n'est pas acceptable pour la boire.

Les Grey ont une assez récente fosse septique qui avait été nettoyée récemment, alors elle dit qu'elle est assez certaine que la contamination n'est pas causée par une fosse défectueuse. Les autres sources de contamination pourraient être du fumier dans le puits, ce qu'on lui a dit quand elle avait rejoint un employé du programme de biosolides de la ville. Grey a payé pour l'installation d'un système de purification avec un filtre qui a ramener l'eau de son puits de 110 mètres de profondeur sécuritaire. Elle a commencé une campagne contre l'épandage de biosolides, a appelé tous les ministères du gouvernement qu'elle pensait auraient un rapport à ce problème, mais n'a pas pu trouver personne qui pouvait l'aider ou la compenser.

En juillet cette année, Grey a reçu une autre lettre de la Municipalité d'Ottawa pour l'informer qu'il y aurait un autre épandage de biosolides municipaux sur une terre agricole près de sa maison. Grey a démarré une pétition, amassant 70 signatures de ses voisins et ses clients (elle tient une pratique de psychothérapie à la maison). Grey n'est pas la seule qui s'oppose publiquement contre les biosolides.

Lisa Jones est propriétaire de Rideau Bus Lines avec son mari Stuart Simpson à North Gower. Elle aussi a souffert de problèmes de santé après l'épandage de biosolides près de sa résidence en 2001. Jones dit qu'elle a pris connaissance des biosolides à cause de la senteur. "Nous pensions que le chien avait ramené un siffleux mort à la maison." dit-elle. Cela s'est passé avant que la législation soit mise en place qui exige que les biosolides soient mélangés dans le sol, alors ils n'étaient que déposés sur le champs, jusqu'au bord de la clôture qui fait le tour de la propriété de Jones et Simpson. En dedans de quelques heures, Jones et sa famille souffraient de maux ce tête, de gorges et d'yeux irritées, de la nausée et des diarhées. Vu qu'ils géraient Operating Rideau Bus Lines de la maison, ils ne pouvaient pas partir de la maison, et ils ont découvert que c'était impossible d'empêcher la puanteur de pénétrer dans la maison. "Çà s'infiltre dans la maison." dit-elle. "À chaque fois que nous ouvrions la porte, la senteur entrait." La nausée et les diarrhées étaient si persistantes que Jones et Simpson ont contacté Glenn Brooks, leur conseiller municipal à ce moment-là. Il était venu chez eux et Jones dit qu'il trouvait la senteur révoltante, mais n'avait rien fait pour les aider. Ensuite, Jones a contacté Robert Cushman, médecin conseil de santé pour Ottawa.

Jones dit qu'elle s'est rendue compte que la Municipalité d'Ottawa n'avait pas avisé les résidents riverains qu'elle épandrait des biosolides, comme le dicte une loi provinciale. À cause de cet oubli et les actions militantes de Jones, un moratoire de 6 mois avait été déclaré, interdisant d'autres épandages de biosolides dans la région. Les 6 mois de répit ont aussi servi à mettre à jour les procédures municipales en regard des biosolides, et c'est à ce moment-là que les règlements ont été mis en place exigeant que les biosolides doivent être travaillés dans la terre. Jones dit que les diarrhées et les nausées de sa famille ont duré pendant 2 semaines après que les biosolides aient été mélangés dans le sol, mais n'a pas souffert de symptômes à long terme. Jones dit qu'elle ne peut pas croire que ce soit encore légal d'épandre des biosolides. "Personne ne devrait devoir vivre cela." dit-elle en pensant à ce qu'elle a vécu personnellement.

L'épandage de biosolides n'a rien de nouveau et se fait depuis plusieurs décennies.

La Municipalité d'Ottawa dit que 80% des municipalités en Ontario épandent tout ou une partie de leurs biosolides sur des terres. C'est une pratique qui se fait dans presque toutes les provinces et les états des É.-U. Les biosolides passent pour des engrais puisqu'ils contiennent des nutriments pour les plantes comme de l'azote, du phosphore et du potassium. On affirme que les biosolides aident à la structure des sols, améliorent la rétention de l'humidité et réduisent l'érosion des sols. Dans et autour d'Ottawa, les biosolides sont épandus depuis les 20 dernières années.

Les informations les plus récentes datent de 2009 et indiquent que 12,037 tonnes mouillées de biosolides ont été épandu à Ottawa. Un 47% de cela a été épandu dans West Carleton. Les boues d’égouts d'Ottawa sont produites à l'usine de traitement d'eaux usées de Robert O. Pickard à Gloucester. L'usine sépare l'eau des solides, filtre l'eau avant de la retourner dans la rivière Ottawa. Les solides inorganiques comme le sable et le gravier sont filtrés et retirés, ce qui ne laisse que les solides organiques, les matières fécales, donc, qui sont pompés dans des digesteurs anaérobiques qui compostent ces solides, un peu à la façon qu'un estomac digère la nourriture.

Il en résulte des boues d’égouts stabilisées comme le définit les règlements provinciaux: un mélange dégoûtant mouillé fait de solides à 3% ou 4% et le restant étant de l'eau.

La municipalité d'Ottawa ajoute une étape de plus en faisant passer ce produit dans des centrifugeuses à haute vitesse pour faire sortir le plus d'eau que possible. Il en résulte un matériau qui est de 28% à 32% solide. Vous pourriez en ramasser et en tenir dans vos mains. Cela a l'air de la terre arable foncée, humide qui sent le fumier. Quand on décide d'épandre des biosolides, la ville envoie des pré-avis aux résidents riverains à l'intérieur de 450 mètres des épandages, et les biosolides ne doivent pas être à moins de 90 mètres d'un puits ou 0,9 mètres d'un cours d'eau. Afin de réduire la senteur, on exige que les biosolides soient incorporés au sol la même journée de l'épandage.

Des tests sans frais sont aussi disponibles pour vérifier son eau par la municipalité si les résidents leur demande. Ces tests se déroulent jusqu'à 4 semaines avant l'épandage et entre 10 et 12 semaines après.

Erik Apedaile travaille pour le programme de biosolides de la ville d'Ottawa et dit que les épandages sont fait à la demande des agriculteurs et sont déversés sur ses terres aux frais de la ville. Il n'y a aucun échange d'argent. "C'est comme une relation symbiotique." dit Apedaile. "Le fermier en profite parce qu'il économise de l'argent en engrais et profite d'une bonne récolte de maïs. En plus, ils se font travailler la terre par la ville."

La municipalité est gagnante également parce qu'elle se débarrasse des biosolides d'une façon moins dispendieuse que les autres méthodes alternatives comme l'incinération ou la disposition dans un site d'enfouissement. "Nous avons des gens, et nous vivons en communauté, et nous générons des déchets." dit Apedaile. "Les gens continuent de se servir de leur toilette. Nous n'arrêterons pas du jour au lendemain de générer des déchets, et nous devons en disposer de la façon la plus responsable que possible et le moins chèrement que possible. Ceci est la façon la plus soutenable de gérer ce matériel." Apedaile dit qu'il fait face à beaucoup de résistance venant des citoyens qui sont contre l'idée des biosolides. "Personne ne veut de biosolides à côté de chez eux." dit-il. "C'est une réaction viscérale. Personne ne nous appelle pour nous féliciter, et je comprends çà."

Apedaile dit que plusieurs précautions sont prises pour s'assurer que les biosolides ne nuisent pas à l'humain. L'agriculture a toujours comporté des risques, selon lui, dont l'usage de chimiques et pesticides, ou même opérer de la machinerie lourde.

Les micro-organismes dans les biosolides sont mélangés dans le sol (qui contient lui aussi des micro-organismes), mais ils ne sont pas mobiles, ne peuvent pas se déplacer par eux-mêmes. "C'est difficile de penser à un scénario où les pathogènes pourraient traverser une zone tampon de 90 mètres dans un puits." dit-il, en parlant de la distance séparatrice obligatoire entre les biosolides et un puits. "Ce n'est pas correct de dire que c'est impossible, mais on peut dire que ce ne serait pas probable."

Les biosolides contiennent du carbone, des nutriments comme l'azote et le phosphore, des métaux comme le fer et le magnésium, des bactéries et d'autres micro-organismes. Environ 70% de la masse des biosolides est de l'eau.

Certaines études ont été menées afin de tester les impacts potentiels des biosolides sur la santé humaine. L'une d'elle, à Wood County, en Ohio, a été menée par une équipe de chercheurs dont Sadik Khuder, un professeur à l'université de Toledo. Dans les années 1990, Khuder a aidé à mener une étude sur les travailleurs en manutention de déchets qui entraient en contact avec des boues de biosolides, et les résultats ont montré qu'ils souffraient d'un taux plus élevé d'une variété de maladies gastro-intestinales et de symptômes. Pour faire suite à cette étude, en 2006, Khuder et son équipe ont posté des sondages sur la santé de 437 résidents qui vivaient à l'intérieur d'un périmètre d'un mille où des biosolides étaient déposés, et 176 personnes qui n'ont pas été exposées aux biosolides comme groupe contrôle.

L'étude, baptisée Health Survey of Residents Living Near Farm Fields Permitted to Receive Biosolids, a démontré que certains symptômes de problèmes de santé étaient statistiquement élevés chez ceux qui étaient exposés aux biosolides. Ils avaient un taux plus élevé de sécrétions excessives de larmes, des ballonnements abdominaux, la jaunisse, des ulcères cutanés, de déshydratation, de perte de poids et de faiblesse généralisée. La fréquence de bronchites, d'infections respiratoires et de lambliase (une infection du petit intestin) étaient remarquablement plus élevée chez ceux qui étaient proches des biosolides. L'étude de Khuder concluait qu'il y avait un danger plus élevé de maladies respiratoires, gastro-intestinales et autres chez les résidents qui vivaient près des biosolides, mais ajoutait que davantage d'études seraient nécessaires pour en tirer une conclusion plus probante.

En ce moment, Khuder travaille sur d'autres études dans d'autres comtés aux États-Unis afin de déterminer les impacts des biosolides sur la santé humaine. Cette fois-ci, au lieu d'envoyer des sondages aux citoyens pour qu'ils répondent eux-mêmes aux questions sur leurs symptômes, l'équipe suit un groupe de gens avant, pendant et après l'épandage de biosolides afin d'en tirer des données. Khuder dit qu'ils sont à publier leurs études et ne voulait pas parler de ce qu'ils avaient découvert. "Je pense que cela cause un certain tort." Khuder a dit au sujet des épandages de biosolides sur des terres. "Mais si la communauté prend certaines précautions, je pense qu'ils apportent certains bienfaits à la communauté."

Eli El-Chantiry du comté de West Carleton-March dit que les biosolides sont un sujet chaud qui revient sur la place publique de façon sporadique. "Ce n'est pas une question si je pense que c'est une bonne idée ou non." dit-il. "Mais je pense que oui, c'est une bonne idée, et je pense qu'il n'y a pas de mal, si je me fie sur les informations qui me viennent des autorités sanitaires de la ville." Il ajoute que ce n'est pas une décision de la municipalité, mais une décision légale sous législation provinciale et approuvée par le ministère de l'agriculture de l'Ontario.

En plus, au début quand Ottawa n'offrait pas les biosolides aux fermiers, cela ne les arrêtait pas. "Les fermiers locaux s'arrangeaient pour trouver le produit venant d'ailleurs." dit El-Chantiry. "Que la ville les donne aux fermiers ou pas, ils pourraient toujours s'en procurer et l'épandre." La liste de lois et règlements en place pour les épandages de biosolides sur les terres voient à ce que les citoyens sont en sécurité, selon El-Chantiry. "Je sais que des gens déménagent ici près d'un fermier qui le fait et ils n'aiment pas çà, mais malheureusement, ici, çà fait parti de notre communauté agricole et nous devons vivre avec." dit-il.

Mais cela ne rassure pas Grey qui dit vivre dans la crainte de voir le jour arriver où des camions reviendront et qu'elle sentira cette terrible senteur. S'ils viennent épandre près d'ici encore, elle dit qu'elle fermera sa maison et devra vivre dans un hotel avec son mari jusqu'au gel. Elle dit que les champs environnants servent à cultiver du maïs-grain pour nourrir des animaux et des fèves pour consommation humaine.

Le fermier propriétaire de la propriété voisine de Grey ne veut pas parler aux médias.

Grey dit qu'elle a déposé une lettre écrite à la main dans sa boîte aux lettres (note personnelle: nous avons déjà fait çà à Richelieu aux frères qui voulaient construire une méga-porcherie et ils ont pris çà comme une mise en demeure. Nous avons reçu une lettre d'avocat en réplique) pour le prier de ne pas accepter une deuxième application de biosolides, mais elle n'a pas reçu de réponse. "C'est dégoûtant de voir que notre province et notre municipalité sont impliqués dans cette affaire." dit Grey. "J'avais confiance en eux. Je pensais qu'un appel à Santé Publique prendrait soin de cela. Et voilà où j'en suis, des centaines d'appels plus tard."
Photo: vernonsludge.blogspot.com

"'Humanure' dumping sickens homeowner

A Kinburn woman says a farmer’s field near her house where the city dumped treated human waste has made her and her animals sick. Brenda Grey has collected a petition with 70 signatures asking the City of Ottawa to stop dumping “humanure” on the field.

Also known as sewer sludge, biosolids are treated human wastewater used as fertilizer to add nutrients to the soil. It’s like manure, only using human waste instead. The City of Ottawa and the province of Ontario state that land application of biosolids is safe and completely legal when applied according to regulations put in place by the province.

The last time the city dumped biosolids on the field, Grey said she ended up with a gastrointestinal virus and several of her animals contracted illnesses.

A test of her well water by the Ontario Ministry of Health and Long-Term Care showed unsafe levels of E. coli and coliform in her well water, a result of sewage contamination. Last summer, Grey received a notice from the city, informing her that it would dump another load of treated human waste on agricultural land located at the northeast corner of Mohr’s Road and Hunt Line Road in Kinburn this year. “I thought, ‘They can’t do this,’” said Grey. “I will die if they contaminate that field. I still haven’t recovered from the last time.”

In 2008, Grey received a letter in the mailbox from the City of Ottawa telling her that biosolids would be spread on the field next to her house. Grey didn’t know what to expect, but there was one side effect of the dumping that she noticed right away. “The smell,” she said. “The smell was so outrageous that we didn’t even leave the house. People would come by and say, ‘Brenda, that smells like human waste, what is that?’ It smelled like that for two weeks.” Although the stench caused Grey and her husband Robert to cancel many of their social plans, the real problems came later.

When they moved to their new home in 2004, a test showed the well’s water was safe to drink. During the winter of 2008-09, after the city dumped treated human waste on a nearby farmer’s field, Grey contracted a gastrointestinal bacterial infection and was forced to take the antibiotic Flagyl for three months before recovering. The infection carried on into the spring and early summer, leaving Grey feeling nauseous and weak and she made multiple trips to the hospital emergency room.

Grey’s dog also contracted a bacterial infection, and was also put on Flagyl.

One of Grey’s horses, which was boarded next to another field that had been covered with treated waste, suffered from severe diarrhea and had to be treated intravenously by a veterinarian, who suspected the problem could be C. difficile, a type of bacteria that can be transmitted through feces. Another of Grey’s horses died that winter of heaves, the equine version of asthma.

Grey also developed a respiratory problem resulting in a chronic cough. “Prior to this, I hadn’t been sick for 15 years,” she said. “Not a cold, not a virus, nothing.” Grey said the three months she spent taking Flagyl was dangerous to her health because she suffered from a blood disease as a result of a tainted blood transfusion. “I said to my husband, ‘We have to check the water,’” Grey said. After testing the well in July of 2009, the Ministry of Health and Long Term Care sent a report saying their water was unsafe to drink as a result of sewage contamination. The total coliform level was 80 per 100 millilitres, and the E. coli level was at four per 100 millilitres.

Health Canada states that the safe level of coliform and E. coli in drinking water is zero. Coliform can be categorized as either total or fecal coliform – the former being acceptable in water up until 10 per 100 millilitres, but the latter being related to E. coli and not suitable for drinking.

The Grey’s have a fairly new septic tank which has been recently cleaned, so she said she is confident it wasn’t the result of a faulty tank. Other causes of contamination could have been manure getting into the well, which is what she was told when she contacted a staff member with the city’s biosolids program. Grey paid for a purification system to be installed with a filter that restored the water from her 110-metre-deep well back to safety. She started a campaign against the spreading of biosolids, calling every government ministry she could think of, but was unable to find anyone who could help or compensate her.

Last July, Grey received another letter from the City of Ottawa informing her that there would be another application of municipal biosolids on agricultural land located on a field near her home. Grey began a petition, collecting 70 signatures from neighbours and clients of her psychotherapy practice she runs out of her home. Grey isn’t the only one who has gone public with her protests against biosolids.

Lisa Jones, who owns Rideau Bus Lines with her husband Stuart Simpson in North Gower, experienced negative health effects from biosolids deposited next to their home in 2001. Jones said she first became aware of the biosolids because of the smell. “We thought the dog had brought in a dead groundhog,” she said. This was before legislation was put in place requiring biosolids to be mixed in with the soil, so they were piled on top of the field, right up against the fence surrounding Jones’ and Simpson’s property. Within hours, Jones and her family had headaches, itchy throats, sore eyes, nausea and diarrhea. Operating Rideau Bus Lines from their home prevented Jones and Simpson from leaving, and they found it impossible to keep the smell out of their home. “It filters right into the house,” she said. “Every time you open the door, the smell comes in.” The nausea and diarrhea were so persistent that Jones and Simpson contacted Glenn Brooks, their city councillor at the time. He came to their house and Jones said he was repulsed by the smell, but didn’t do anything to help them. Next, Jones approached Robert Cushman, then Ottawa’s medical officer of health.

Jones said she discovered that the City of Ottawa had not notified nearby residents that they would be dumping biosolids as required under provincial law. Because of this slipup and Jones’ activism, a six-month moratorium was put in place forbidding any further biosolid deposits in the area. The six months were also used to update the city’s biosolid procedures, and it was then that regulations were put in place requiring biosolids to be worked into the soil. Jones said that her family’s diarrhea and nausea lasted for two weeks after the biosolids were finally mixed into the earth, but she has not experienced any long-term health effects. Jones said she can’t believe it’s still legal to deposit biosolids. “Nobody should have to go through that,” she said of her experience.

Land application of biosolids is nothing new, and has been practiced for decades.

The City of Ottawa’s says 80 per cent of municipalities in Ontario either apply all or a portion of their biosolids to soil. It is practiced in almost every province and U.S. state. The biosolids are used as fertilizer, as they contain plant nutrients such as nitrogen, phosphorus and potassium. They reportedly build up the soil structure, improve moisture retention and reduce soil erosion. In and around Ottawa, biosolids have been dumped on and off for the past 20 years.

In 2009, the most recent information available, 12,037 wet tonnes of bisolids had been deposited in Ottawa. Forty-seven percent of that was distributed in West Carleton, mostly in what used to be identified as Fitzroy township. Ottawa’s sewer sludge is produced at the Robert O. Pickard wastewater treatment plant in Gloucester. The plant separates water from solids, filtering out the water and sending it back to the Ottawa River. Inorganic solids like sand and grit are filtered out, leaving only the organic solids – fecal matter – which are pumped into anaerobic digesters that break down those solids, much like a stomach would digest food.

Stabilized sewage sludge is the resulting product, as defined by provincial regulations: a wet, mushy mess consisting of three to four per cent solids and the rest, water.

The City of Ottawa goes a step further, sending it through high-speed centrifuges which squeeze out as much water as possible. The result is material that is 28 to 32 per cent solid. You could pick it up and hold it in your hand; it looks like damp, dark topsoil and smells like manure. When the decision is made to spread biosolids, the city gives advanced notice to residents within 450 metres of the spreading, and the biosolids must remain more than 90 metres away from a well or 0.9 metres from groundwater. To minimize the smell, it is required to mix the biosolids into the soil on the same day they are applied.

No-charge well testing is also provided by the city upon request. Tests are taken up to four weeks before the spreading and between 10 and 12 weeks afterwards.

Erik Apedaile works with the City of Ottawa’s biosolid program, and said that land applications are requested by farmers and spread onto the farmer’s land at the city’s expense. No money exchanges hands. “It’s sort of like a symbiotic relationship,” Apedaile said. “The farmer benefits because they save money on fertilizer and they’re going to get a very good corn crop. Secondly, they’re going to get their land worked by the city.”

The benefit to the city is that the biosolids are disposed of more cheaply than using alternative methods like incineration or dumping into a landfill. “We have people, and we live in communities, and we make waste,” Apedaile said. “People are going to keep using the toilet. We’re not going to stop generating waste, and we have to manage it in the most responsible and cost-effective way that we can. This is probably the most sustainable way of managing this material.” Apedaile said that he faces a lot of resistance from citizens who are against the idea of biosolids. “Nobody likes biosolids next door to them,” he said. “It’s a visceral reaction. Nobody is calling us up and congratulating us, and I understand that.”

Apedaile said that many safety precautions are taken to ensure that biosolids don’t cause harm to humans. There has always been risk associated with farming, he said, including using chemicals and pesticides or even operating heavy machinery.

The microorganisms in biosolids are mixed in with the soil (which also contains microrganisms) but they are not motile, meaning they cannot move on their own. “It’s difficult to think of a scenario where pathogens could move through a 90-metre buffer into a well,” he said, referring to the required distance that biosolids must remain from a well. “It’s not appropriate to say that it’s impossible, but we can say it’s not in the realm of the probable.”

Biosolids contain carbon, nutrients like nitrogen and phosphorus, metals like iron and magnesium, bacteria and other microorganisms. Approximately 70 per cent of the biosolids’ mass is water.

Some studies have been done to test the potential health effects of biosolids on humans. One in Wood County, Ohio, was led by a team of researchers including Sadik Khuder, a professor at the University of Toledo. In the 1990s, Khuder helped conduct a study on waste treatment workers who came in contact with biosludge, and results found that they had a higher rate of various gastrointestinal diseases and symptoms. As a follow-up to this study in 2006, Khuder and his team mailed health surveys to 437 residents who lived within a mile of a biosolids deposit, and 176 people who were not exposed to biosolids. The study, entitled Health Survey of Residents Living Near Farm Fields Permitted to Receive Biosolids, found that some health symptoms were statistically significantly elevated in those exposed to biosolids. They had a higher rate of excessive secretion of tears, abdominal bloating, jaundice, skin ulcers, dehydration, weight loss and general weakness. The frequency of bronchitis, upper respiratory infection and giardiasis (an infection of the small intestine) were also significantly elevated in those close to biosolids. Khuder’s study concluded that there was an increased risk for certain respiratory, gastrointestinal and other diseases among residents who lived close to biosolids, but added that more studies needed to be done to determine this conclusively.

Currently, Khuder is working on studies in other counties in the United States to determine the health effects of biosolids on humans. This time, instead of sending surveys for citizens to self-report their symptoms, the team is following a group of people before, during and after the dumping of biosolids to take measurements. Khuder said they are in the process of publishing these studies, and could not discuss his findings. “I think there is some harm,” Khuder said about the land application of biosolids, “but if the community takes some precautions I think they can be valuable assets to the community.”

West Carleton-March Coun. Eli El-Chantiry said that biosolids are a hot-button topic that surfaces every now and again. “It’s not about whether or not I think it’s a good idea,” he said, “But I do think it’s a good idea, and I think there is no harm based on (information from) the city’s medical health officers.” He added that it’s not a city decision, but is instead one made legal under provincial legislation and is approved by the Ontario Ministry of Agriculture, Food and Rural Affairs.

Plus, in the early days when Ottawa wasn’t offering biosolids to farmers, it didn’t stop them. “Local farmers still managed to find the product from other places,” El-Chantiry said. “Whether the city gives the farmers biosolids or not, they could still use them.” The list of rules and regulations in place for land application of biosolids keeps citizens safe, El-Chantiry said. “I know some people move out here near to a farmer that does it and they don’t like it, but unfortunately this is part of our farming community and we have to live with it,” he said.

But none of this is comfort to Grey, who said she lives in fear of the day she will see the dump trucks returning and she smells that awful odour. If they dump near her again, she said she will board up her house and have to stay in a hotel with her husband until the ground freezes. She said that the nearby fields are used to grow corn for animals and beans for human consumption.

The farmer who owns the property next to Grey declined to comment.

Grey said she delivered a handwritten letter to his mailbox pleading with him to stop the second dumping of biosolids, but she received no reply. “It’s disgusting that our province and our city are involved in this,” Grey said. “I trusted them. I thought that one call to public health would do it. And here I am, hundreds of calls later.”"

Excerpts from article written by Courtney Symons published here: http://www.yourottawaregion.com/feature/article/1224782--humanure-dumping-sickens-homeowner

Sunday, October 16, 2011

Gaz de schiste fait disparaître les oiseaux

Photo: wiki
Une scientifique de l'université de Wyoming constate qu'au fur à mesure que les activités de forage augmentent, les oiseaux chanteurs disparaissent. Un autre pensez-y bien avant de laisser les gazières envahir la vallée du Saint-Laurent!

Voici une traduction libre d'un article écrit pour Reuters.

Des populations importantes d'oiseaux déclinent dans les plaines d'armoises (sagebrush) dans le sud-ouest du Wyoming au fur à mesure que les activités pétrolières et gazières prennent de l'ampleur, selon une récente étude d'une scientifique de l'université du Wyoming. Anna Chalfoun, une écologiste aviaire du Wyoming Cooperative Fish and Wildlife Research Unit, mène la recherche qui pourrait bien être la première qui décrit les impacts du boom énergétique sur les oiseaux chanteurs de la région prénommée Intermountain West. Les oiseaux qui dépendent d'armoises pour se nourrir, s'accoupler et se reproduire sont particulièrement affectés. La recherche a été publiée dans la dernière édition du journal scientifique The Journal of Wildlife Management et pourrait aider à planifier les sites futurs d'exploitation pétrolière et gazière dans les états de l'ouest des É.-U.

Les écosystèmes d'armoises ici ont été fragmentés ou dérangés pour permettre le développement d'une panoplie d'activités, de l'urbanisation jusqu'aux parcs éoliens. Les activités énergétiques ont pris de l'ampleur depuis 2 décennies sur des terres publiques jusqu'alors habitées par les armoises dans cette partie sud-ouest du Wyoming. C'est là que les biologistes ont déjà constaté des dommages causés aux habitats de gibier à plume comme le trétas des armoises.

Maintenant, Chalfoun et ses collèques se concentrent sur les oiseaux migrateurs comme le Bruant de Brewer et le Bruant de Bell, toutes deux espèces classées fragiles par le Bureau of Land Management (BLM). Les oiseaux connaissent des déclins de population partout dans la région, jusqu'à 3% par année, selon l'étude.
photo: myoshu.net
Les scientifiques font le lien entre les populations de ces bruants en diminution ainsi que le Bruant vespéral dans 2 régions de forages gaziers et un pétrolier au Wyoming avec la concentration des puits de forages. C'est ainsi que leur étude a pu mesurer la concentration de l'exploration et l'exploitation pétrolière dans une région donnée. Les chercheurs ont constaté une diminution plus sévère des populations d'oiseaux là où les puits, les routes d'accès et les activités humaines étaient à leur plus fort.

La région de forages nommée Jonah au sud de Pinedale, au Wyoming, est l'une des régions les plus intensément exploitées pour son gaz naturel de toute l'Amérique du Nord, selon le BLM. Ici, les scientifiques ont constaté les plus importantes pertes de population de Bruant de Brewer et le Bruant de Bell, avec un taux estimé de déclin de 6 oiseaux pour chaque 10 puits forés additionnels par kilomètre carré.

Mais les activités de forage n'ont pas impacté tous les oiseaux de la même façon. Pour des raisons que l'on ignore encore, le nombre d'Alouettes hausse-col a augmenté en même temps que les activités dans une région de forage se sont accélérées, et les Moqueurs des armoises ne semblaient pas être dérangés par l'industrie, selon l'étude.

Bien que la perte d'habitats et les altérations au paysage ont été cités comme étant des facteurs impliqués dans le déclin des espèces de bruants des armoises, il est aussi possible que les régions très développées ont facilité l'invasion de prédateurs comme les ratons laveurs.

"Une hypothèse voudrait que dans les régions où il se fait plus d'activités humaines, cela attire les prédateurs généralistes." dit Chalfoun.

Des environnementalistes comme Erik Molvar du Biodiversity Conservation Alliance dit que le BLM, qui gère les pétrolières et les gazières sur les terres fédérales, devrait exiger des méthodes de forage qui endommagent moins les armoises.

On cite en exemple le forage directionnel qui demande moins de puits et ont une empreinte environnementale moins importante. Un fonctionnaire du BLM dit l'agence reconnaît les impacts du développement énergétique pendant les évaluations environnementales en étudiant les projets proposés.

BP America, qui possède des puits dans la région de forage Jonah se dit un leader en techniques comme le forage directionnel: "Nous pouvons produire plus d'énergie tout en impactant moins d'habitat." dit Daren Beaudo, un porte-parole de BP, dans un communiqué.

Encana Oil & Gas Inc. dit que des facteurs géologiques et économiques ont motivé la compagnie à utiliser des méthodes conventionnelles comme les forages verticaux dans ces opérations dans la région Jonah. Cette méthode exige plus de puits et plus de circulation routière. Le porte-parole Doug Hock dit qu'Encana ne contestera pas les données de ce rapport scientifique, et songe à faire du forage directionnel pour un nouveau projet de gaz naturel au Wyoming qui verra pas plus de 3,500 nouveaux puits pour les prochaines 10 années. "Nous continuerons à suivre les études futures au fur à mesure qu'elles sortiront afin de saisir les chances de mitiger davantage les impacts." dit-il.
Photo: timdbarnettphotography.com

"Songbirds decline as Wyoming oil and gas soars: study

Key populations of songbirds are in decline in the sagebrush plains of southwestern Wyoming as oil and gas development there increases, a University of Wyoming scientist said on Thursday (October 13 2011). A study led by Anna Chalfoun, an avian ecologist with the Wyoming Cooperative Fish and Wildlife Research Unit, is thought to be the first to shed light on how the energy boom in the Intermountain West is affecting songbirds that rely on sagebrush for feeding, mating and nesting. The research, published in a recent edition of The Journal of Wildlife Management, may aid in shaping the design of future oil and gas fields in Western states.

Sagebrush ecosystems there have been fragmented or otherwise altered to allow for development of everything from cities to wind farms. Energy activities have ramped up for two decades on sage-covered public lands in southwestern Wyoming, where biologists have already tracked damage to the habitat of game birds such as the greater sage grouse.

Now Chalfoun and University of Wyoming colleagues are sharpening the focus on migratory songbirds like Brewer's sparrows and sage sparrows, both classed as sensitive species by the Bureau of Land Management. The birds are suffering range-wide declines of up to 3 percent a year, the study said.

The scientists linked dwindling numbers of those sparrows and vesper sparrows in two gas fields and an oil field in Wyoming to the density of drilling wells, which the study used to gauge the level of petroleum exploration and production in a given area. Researchers found the steepest declines where the presence of wells, roads and human activity was greatest.

HUMAN ACTIVITY

The Jonah field south of Pinedale, Wyoming, ranks among the most highly concentrated and productive natural gas fields in North America, according to the BLM. There, scientists found comparatively higher losses among the Brewer's sparrow and the sage sparrow, with the estimated rate of decline at six birds for every 10 additional wells per square kilometer.

But energy development did not affect all songbirds alike. For unknown reasons, the number of horned larks rose with well density in one gas field, and sage thrashers appeared unaffected by the industry, the study showed.

While habitat loss and alteration were cited as factors in the decline of sagebrush sparrow species, it was also possible that heavily developed areas opened the way for invading predators, like raccoons.

"One hypothesis is areas with human activities attract generalist predators," Chalfoun told Reuters.

Environmentalists like Erik Molvar of the Biodiversity Conservation Alliance said the BLM, which regulates oil and gas production on federal lands, should demand drilling methods that lessen damage to sagebrush.

An example is directional drilling, which requires fewer wells and a smaller footprint. A BLM official said the agency recognizes the impacts of energy development in environmental assessments for proposed projects.

BP America, which owns wells in the Jonah field, is said to be a leader in applying techniques like directional drilling. "We can produce more energy without impacting as much habitat," Daren Beaudo, BP spokesman, said in a statement.

Encana Oil & Gas Inc. said geologic and economic factors drove that company to employ conventional methods like vertical drilling in its Jonah field operations. That method demands more wells and more traffic. Spokesman Doug Hock said Encana did not dispute the data in the study, and was eyeing directional drilling for a new natural gas project in Wyoming that would allow for no more than 3,500 wells over 10 years. "We're going to continue to monitor future studies as they are done for opportunities to look at further mitigation," he said."

Excerpts of article written by Laura Zuckerman published here: http://www.reuters.com/article/2011/10/14/us-songbirds-wyoming-idUSTRE79D05320111014
Photo: greglasley.net